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Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Ven 14 Déc 2018 11:08
par JeanMarc
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Kiosques à Musique — Petits Plus

LAMALOU-LE-HAUT - Kiosque du Parc
(HÉRAULT)

III — Etablissement thermal de Lamalou-le-Haut et Kiosque à musique

C'est à la suite de la découverte, faite par Virginie Guibal-Durivage, sur une pièce de terre qu'elle possède à Mourcairol, sur le hameau de Lamalou-le-Haut, d'une source thermale d'une température de 32°, que le préfet de l'Hérault désigne, en date du 19 janvier 1844, MM. A. Bernard, A. Martin et L.-V. Audouard-fils aîné, afin qu'ils réalisent les analyses chimiques nécessaires à sa future homologation. Ceux-ci se rendent donc, le 26 mai 1844, sur les lieux de ladite source.
Les choses ne traînent pas en longueur : l'ouverture de l'établissement thermal est autorisée par une ordonnance ministérielle du 2 juillet 1844 et le 10 juillet 1844, le docteur Caudinet en est nommé inspecteur.
De 1845-1848, l'architecte-géomètre Victor Aujoulet (né en 1803) et l'ingénieur des Mines Jules François, construisent l'établissement des bains de Lamalou-le-Haut, le long du chemin de Lorte (L'Horte), sur le lieu-dit le Champ du Pré.

Lamalou-le-Haut - Etablissement thermal
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Le premier édifice est constitué d'un bâtiment d'un niveau, aménagé le long du vaste terrain qui sera progressivement planté de châtaigniers et aménagé en parc paysager. L'exploitation des Thermes, assurée par sa propriétaire Octavie Recouly, veuve Audibert, associée à Victor Aujoulet puis à son fils Denis Aujoulet, est malaisée en raison de son accès non carrossable en direction de Lamalou-le-Bas.
Aussi, dès le 20 février 1848, Madame Audibert adresse-t-elle à la municipalité une lettre appuyant le projet de la construction du chemin vicinal n° 22, partant de la route départementale n°8, pour la portion du pont de Capus aux Bains de Lamalou-le-Haut.
Le 10 juin 1849, le maire, Ferdinand Ferret, et son conseil municipal rejettent ce projet, considérant que la confection du chemin vicinal ne profite qu'à Madame Audibert, et que d'autre part, la municipalité a de gros travaux urgents à effectuer, notamment la construction d'une fontaine, d'une maison d'école et d'une maison commune qui lui font défaut...
Dame Audibert qui ne lâche pas l'affaire, réitère et fait intervenir, le 1er mars 1851, le sous-préfet de Béziers afin qu'il procède au classement du futur chemin vicinal n° 22 reliant le pont de Capus aux Bains de Lamalou le Haut
(portion indispensable à la commune de Villecelle puisque c'est par cette voie seule que s'effectuent l'approche et l'abord de son chef lieu) et qu'il fasse exproprier les terrains nécessaires à cette construction dès le 14 mars courant. Le 11 mars 1851, le Conseil municipal, surpris par la manoeuvre, ne s'en laisse pas conter et fait à nouveau obstacle à la demande Audibert, considérant que la municipalité n'a, en aucun cas, à participer à l'édification d'une voie qui n'est destinée qu'aux intérêts des Bains de Lamalou-le-Haut et fait par conséquent opposition aux décisions de la préfecture.
En dépit du mécontentement de certains membres du conseil municipal et de quelques propriétaires de
belles propriétés qui seront amputées partiellement par les expropriations envisagées, le chemin vicinal n° 22 voit le jour et Madame veuve Audibert obtient enfin un chemin d'accès pour ses Thermes.
En 1852, on paie le solde des expropriations relatives à l'ouverture du chemin vicinal n° 22 pour 2104 f 80.
Le préfet de l'Hérault confirme, le 20 septembre 1853, que le chemin de grande communication n° 22 est effectivement terminé depuis le début de la saison des bains. Cette route reliant Lamalou-le-Haut, passant par Lamalou-Centre pour rejoindre Lamalou-Le-Bas, d'une longueur de mille cinq cent mètres, est plantée de platanes, tout au long, de 1853 à 1855.

Plan de Lamalou le haut en 1899
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Plan de Lamalou-les-Bains en 1899
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En 1856, la veuve Audibert fait construire, dans le prolongement des Thermes, un Hôtel, donnant directement accès aux bains et piscines par un corridor et des escaliers. L'année suivante, les bâtiments sont encore agrandis : une table d'hôte, un café, un billard, un piano, un salon de compagnie et un grand nombre de chambres avec cabinets y sont aménagés. Un second hôtel annexe, Le Petit-Paris, également propriété des Audibert-Aujoulet, est proposé à la clientèle thermale, malgré son emplacement peu favorable puisque situé près de sa concurrente Stoline Cère des Thermes de Lamalou-le-Bas. Le Petit-Paris, ancienne propriété d'un certain Castelbou en 1842, défrayera la chronique lorsqu'il sera tenu par Léon Cancel, tenancier des cercles de jeu lamalousien (voir notre publication précédente sur le Kiosque du Casino de Lamalou).

Lamalou-le-Haut - Entrée du Grand Hôtel des Thermes — Etablissement thermal et hôtel donnant sur le parc
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Tandis que Victor Aujoulet dirige l'Etablissement des Bains, M. Roque a la charge de l'Hôtel du Petit-Paris et du Grand Hôtel des Thermes.
En 1858, M. Rouquairol devient fermier de l'Hôtel du Petit-Paris, M. Roque gardant la direction de l'Hôtel des Thermes.
Les sources d'eaux minérales de l'établissement thermal de Lamalou-le-Haut sont déclarées d'intérêt public par décret du 26 août 1865, avec un périmètre de protection fixé par décret du 12 juin 1867. Sont incluses dans cette réglementation six sources : la source Chaude dite source François, la source Tempérée dite Ancienne, la source de Moïse, source du Petit-Vichy, dite aussi de Taussac ou de La Veyrasse, la source de la Mine et la source Carrière.
A partir de mai 1869, M. Rouvière, prend la direction des Bains et du Grand-Hôtel, restant associé aux Aujoulet jusqu'en 1880 ; Octavie Audibert, née Recouly est probablement décédée en 1869.

Lamalou-le-haut - Annonces publicitaires en 1857, 1861 et 1872
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Le chemin de grande communication n° 22 étant trop étroit, la municipalité décide, afin de l'élargir, d'exproprier une bande de terrain (4 ares sur les lots cadastraux 222, 223 et 206) située le long de l'établissement thermal, appartenant à Victor et Denis Aujoulet.
Lamalou-le-Haut, excentré sur la commune, ne disposant que de peu de distractions puisque le casino théâtre est implanté sur Lamalou-le-Bas, est à l'affût du moindre écho musical sur le pays et organise à toute occasion des fêtes locales, sollicitant la participation de formations musicales de la région, la commune n'en disposant pas. L'orchestre du Casino est également appelé à la rescousse lors de la saison des bains, les divers cahiers des charges de la municipalité prévoyant que cet orchestre doit se produire à Lamalou-le-Haut deux à trois fois la semaine.

Début 1883, Louis-Victor Gesta fait l'acquisition du domaine Thermal de Lamalou-le-Haut. Louis-Victor Gesta (1828-1894), maître verrier, est, depuis 1852, à la tête d'importants ateliers de fabrication de vitraux, sa manufacture fournissant son travail à des milliers d'églises en France.
Le maître verrier charge aussitôt Jean Pailhès, architecte ingénieur, de réhabiliter et réorganiser le parc de l'établissement thermal et de faire surélever d'un étage l'hôtel.
En août 1883, Pailhès fait édifier un
Kiosque à musique, inaugurant ainsi la série des quatre kiosques (Usclade, Casino et la Vernière) qui feront le bonheur des mélomanes lamalousiens pendant de nombreuses décennies.
Installé dans le parc, face au Grand Hôtel des Thermes, ce Kiosque à musique hexagonal, aux colonnes en fonte et rambardes en bois, largement décoré d'ornementations de bois découpé et ajouré, recouvert d'une toiture en zinc, est accessible à l'aide d'un escalier de cinq marches.


Lamalou-le-Haut - Kiosque à musique, parc et hôtel des Thermes — Grand Hôtel et Etablissement thermal
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Un orchestre est engagé à demeure, lors de la saison, donnant un concert de deux heures, chaque après-midi. Des jeux, des guignols et des tirs sont organisés. Même les baigneurs de Lamalou-le-Bas et du Centre viennent assister à ces concerts.
En décembre 1883, Gesta, rachète auprès de Berthe Bourges et Gonzague Eustache son époux, les Thermes de Lamalou-Centre.
Le 19 mai 1889, la municipalité décide d'attribuer des noms à ses voies et places : à hauteur de l'établissement thermal de Lamalou-le-Haut, la route prend le nom d'avenue Combal (future avenue François Boissier, aujourd'hui) ; la place de Lamalou-le-Haut, devant le Grand Hôtel des Thermes est baptisée place du Parc (future place de Gaulle).
Louis-Victor Gesta qui a vu un peu trop grand, tombe en déconfiture en 1890. Tous ses biens sont saisis et vendus les uns après les autres, son château de Toulouse, mais également ses hôtels et établissements thermaux.
Le 21 novembre 1890, l'Etablissement thermal et le Grand Hôtel des Thermes de Lamalou-du Haut, mis à prix 10.000 francs, sont adjugés à 145.100 francs ; l'Hôtel du Petit-Paris, mis à prix 5.000 francs est vendu 132.500 francs ; les Thermes de Lamalou-Centre partent pour 58.455 francs.

Lamalou-le-Haut - Annonce adjudication des biens de Louis Victor Gesta en 1890
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Le domaine Thermal de Louis-Victor Gesta tombe dans l'escarcelle de l'architecte Jean Pailhès, associé à Louis Ecal, à Pierre Martel et à François de Gentil Baichis (ancien officier de marine chef d'escadron au 16e régiment territorial) et son épouse Madeleine Durand. Ceux-ci y resteront jusqu'à la vente de leur bien par licitation, organisée pour le 30 octobre 1899, avec une mise à prix de 100.000 francs.
Grâce à cette vente forcée, les huissiers et autres commissaires-priseurs nous donnent une description précise du domaine vendu :
L'Hôtel attenant aux Thermes, est élevé d'un étage sur rez-de-chaussée sur les lots cadastrés n° 221, 222, 225, 226, 227 ; il possède 58 chambres ; au-dessus de sa grande porte d'entrée sur la route est indiqué en lettres dorées : Hôtel des Thermes.
Sur le derrière de l'hôtel, il existe un grand parc bien ombragé, dans lequel il a été édifié un grand Kiosque.
En outre, dans le parc se trouve un Café, une maison appelée l'Hermitage et une grande tour dans laquelle se trouve un grand bassin alimenté par un bélier hydraulique servant à l'arrosage des promenades et des plantes dudit parc.
Le domaine inclut également une maison appelée le Petit Vichy, des écuries et remises, une Chapelle de l'autre côté de la route, des terres labourables, châtaigneraies, bois et taillis...

Les acquéreurs du Grand Hôtel des Thermes, de l'Etablissement Thermal et de ses dépendances à Lamalou-le-Haut sont Benjamin Cros (né en 1859) et son épouse Louise Aguillon. Ceux-ci s'installent pour longtemps puisqu'ils tiennent toujours cette affaire après 1934.
Fins stratèges, ils marient même leur fils Alphonse Maxime Cros (né en 1882), maître d'hôtel, le 2 mai 1906, à Albertine Rouquairol. Les parents de cette dernière ne sont pas inconnus dans le monde du thermalisme et de l'hôtellerie : son père Albert, était, en 1886-1887, gérant-fermier de l'établissement thermal de Lamalou-Centre ; sa mère Clémentine, veuve d'Albert, est propriétaire du Grand Hôtel de la Paix, situé près de l'église et des Thermes de Lamalou-le-Bas.

Lamalou-le-Haut - Publicité 1900 établissement et hôtel — Grand Hôtel des Thermes
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Pendant l'été 1903-1904, Benjamin Cros fait surélever son hôtel d'un deuxième étage.
Le 24 avril 1904, le Conseil municipal annonce qu'
un bronze admirable accompagné de décors de la manufacture de Sèvres, le tout offert par le Ministre des Beaux-Arts, sera bientôt inauguré à Lamalou-le-Haut, pour compenser le monument Charcot installé à Lamalou-le-Bas.
Le bronze en question,
le Chanteur indien, réalisé depuis 1885 et déposé au Jardin du Luxembourg, oeuvre du sculpteur André Laoust (1843-1924), sera placé au faîte d'une fontaine monumentale exécutée gracieusement par la manufacture. M. Blanc, architecte, chargé du monument, établit un devis de 5.000 francs pour sa réalisation.
Le 20 janvier 1905, la fontaine est approuvée par la municipalité et l'emplacement de son installation est définitivement adopté : place du Parc, sur le côté du Grand Hôtel des Thermes de Lamalou-le-Haut, face au parc Thermal. A la demande de la mairie, Benjamin Cros fait don sans charges ni conditions, à la municipalité, d'une parcelle de terrain, en nature de jardin, d'une contenance de 92 m², estimée à 184 francs, suivant procès-verbal d'expertise dressé par M. Louis Tassin, architecte communal, destinée à l'érection de ladite fontaine monumentale.
Le 10 avril 1905, Laoust obtient 2.000 francs pour les travaux d'art de la fontaine, tandis que M. Davy signe un devis pour la maçonnerie du monument s'élevant à 2.086 fr 15.
Le 25 février 1906, un traité est passé avec M. Sigala Marins, sculpteur à Béziers, pour la réalisation de la fontaine en pierre de Lens pour 1.300 francs.
Le monument inauguré en 1907, donne lieu à un décompte définitif arrêté, le 17 août, à la somme de 5.880 fr 80.
(Laoust : 2.000 fr. ; Davy 2.086 fr 15 ; Sigala 1.300 fr. ; Plomberie zinguerie 214 fr 65 ; Blanc 280 fr.)

Lamalou-le-Haut - Monument Le Chanteur indien et l'Hôtel des Thermes, place du Parc — Kiosque du Parc
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En 1942, le bronze Laoust est fondu par les allemands. Il sera remplacé par un nu féminin en marbre réalisé par René Baucour (1878-1969)
Le Kiosque à musique du Parc est vraisemblablement rasé lors de la transformation de l'Hôtel et de l'Etablissement Thermal en Centre de Rééducation pour enfants à la suite de l'acquisition du domaine thermal par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale.
Kiosque supprimé.

voir ici, Etablissement thermal de Lamalou le Haut sans Kiosque, aujourd'hui. Bronze Laoust fondu, remplacé par un nu féminin. (1/2) (2/2).

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publié par Jean Marc Jeu 13 Déc 2018 19:35

15 août 1861 — Fêtes de Lamalou-le-Haut clôturées par un concert de l'Orphéon d'Hérépian
— Lamalou-le-Haut a célébré le 15 août avec un éclat inaccoutumé. La fête, habilement organisée par les soins du lieutenant B., très actif, quoique malade, a été pleine d'intérêt, malgré la chaleur tropicale qui transformait en ardente fournaise cette gorge aux flancs verdoyants de châtaigniers.
Dès le matin, des drapeaux tricolores flottaient aux fenêtres de l'hôtel. Un arc de triomphe élégant, surmonté d'oriflammes, s'élevait à l'entrée de l'Esplanade qui s'étend en avant du perron. Çà et là des inscriptions ; entr'autres : Vive l'Empereur ! Vive la France ! Vive Lamalou-le-Haut !
A trois heures, quelques fusées lancées du haut du balcon, ont donné le signal des jeux. Un gracieux essaim de dames se pressait au centre de l'Esplanade, et ajoutait à la fête ce charme d'élégance que rien ne saurait remplacer. Dans l'enceinte réservée se trouvaient des concurrents nombreux, portant au bras un signe distinctif ; c'étaient pour la plupart des enfants des villages voisins, à l'oeil vif, à la démarche fière, au teint coloré par l'air pur des montagnes.
La course aux sacs a été fertile en joyeux incidents. Les jeux de la bouteille et de la poêle ont obtenu un grand succès de rire, surtout la figure barbouillée de suie d'un jeune enfant, et ses efforts comiques pour faire disparaître la noble poussière du combat.
La fête du soir a été plus brillante et plus animée encore ; la foule encombrait les abords de l'hôtel ; les autres établissements et les villages voisins avaient fourni leur contingent de spectateurs. Dès que le soleil, disparaissant derrière les hautes cimes du Carous, a laissé tomber dans la vallée la fraîcheur et l'ombre, la façade des bains s'est subitement éclairée, de longs rubans de feu multicolores ont couru tout à l'entour de l'Esplanade.
Alors un ballon rasant quelques secondes le sol qu'il semblait quitter à regret, s'est élancé majestueusement dans les airs, entraînant à sa suite une gerbe de flamme qui peu à peu s'est confondue avec les étoiles dans l'azur d'un ciel sans nuage. Une légère brise du sud-ouest l'a entraîné vers les hauteurs du Capimont, derrière lesquelles il a bientôt disparu, suivi des regards de tous.
Le signal du feu d'artifice a été donné par des feux de bengale allumés de la main des dames composant la commission. Au même instant, des fusées volantes ont sillonné l'air d'une traînée lumineuse, et jeté à de grandes hauteurs une pluie d'étincelles bleues, rouges, vertes. Les chandelles romaines, les soleils, les pièces d'artifice ont successivement brillé et rempli l'air de salves bruyantes. Pendant plus d'une heure, des jets de feu n'ont cessé de répandre, sur les rangs pressés de la foule, leurs lueurs fantastiques.
L'Orphéon d'Hérépian est venu clore dignement cette journée de fête. C'était la première fois qu'il tentait l'épreuve dangereuse d'une audition publique.
Dès le premier chœur, l'habileté de cette société chorale a surpris l'auditoire, qui lui a témoigné sa satisfaction, par de nombreux bravos. Encouragés par cette sympathie, les jeunes débutants ont chanté avec un ensemble et une finesse rares : Les Maçons ; France ! et quelques autres morceaux du festival de Paris. Les auditeurs, émerveillés, croyaient entendre un Orphéon déjà aguerri aux luttes difficiles des concours, alors qu'il compte à peine quelques mois d'existence.
Les chanteurs étaient heureux de se voir félicités par la société d'élite qui se presse en ce moment aux bains de Lamalou-le-Haut, mais surtout par tant de belles et gracieuses dames qui leur prodiguaient des applaudissements avec une si aimable bienveillance.
Deux d'entr'elles ont adressé au président M. Vidal et au directeur M. Mégé, au nom de tous les baigneurs, quelques-unes de ces paroles flatteuses qui sont la plus douce des récompenses.
Nous devons joindre nos éloges à ceux plus précieux qu'on leur a décernés : ensemble harmonieux, sonorité agréable, entrain expressif, telles sont les qualités qui distinguent cette Société appelée à figurer avec honneur parmi celles dont le Midi est justement fier. Persévérance et bonne entente, Messieurs les Orphéonistes, et vous cueillerez les palmes des concours.
Cette fête brillante laissera un gracieux souvenir dans l'esprit des nombreux spectateurs.

10 août 1881 — Concert de la Philharmonique de Saint-Nazaire de Ladarez à Lamalou-le-Haut
— Dimanche dernier, la Philharmonique de Saint-Nazaire de Ladarez a donné un concert à Lamalou-le-Haut. Cette musique a charmé son auditoire par l'exécution parfaite de plusieurs beaux morceaux de son répertoire.

8 septembre 1883 — Louis-Victor Gesta, nouveau propriétaire de l'Etablissement Thermal de Lamalou-le-Haut, rénove le domaine. Construction du Kiosque à musique
— On sait maintenant dans toute la France que M. Louis Victor Gesta, de Toulouse, a récemment acheté
la station thermale de Lamalou-le-Haut. Mais ce que peu connaissent, ce sont les travaux gigantesques par lesquels, dans l'espace de quelques mois, le célèbre artiste-verrier a transformé sa propriété.
Dans des terrains jusqu'ici négligés, de larges allées s'étendent maintenant à perte de vue et des promenades que les broussailles avaient envahies offrent de nouveau au baigneur, l'ombre et l'arôme balsamique de leurs vieux pins. Des ruisseaux et des torrents inabordables sont devenus des cours d'eau délicieux où des cygnes prennent leurs ébats. Mille petits sentiers, ou bien des escaliers taillés dans la pierre, ou bien des passerelles suspendues donnent accès aux sources minérales qui jaillissent des rochers dans le ruisseau, séparant la commune de Villecelle de celle deTaussac.
Mais une vraie merveille, c'est le pont de fer jeté au-dessus de l'ombreuse et fraîche allée du Petit Vichy et par lequel les pelouses du coté est sont reliées avec le vaste jardin que tout le monde connaît et fréquente, surtout aujourd'hui.
Le centre de ce jardin s'est, en effet, enrichi d'un superbe kiosque en fonte, autour duquel, chaque soir, une fois la chaleur tombée, tout le monde des trois Lamalou vient entendre de charmants concerts.
Enfin, cet ensemble de curieuses beautés, nées en quatre mois, ont un couronnement : au-dessus de la roche Moïse, M. Gesta a fait élever une tour monumentale servant de château d'eau, au sommet de laquelle on arrive par quatre-vingts degrés et d'où l'eau thermale ou potable, vomie par des dauphins, va, la première, baigner les plates-bandes fleuries, et l'autre, remplir les réservoirs de l'hôtel.

Lamalou-le-Haut - Parc de l'établissement et Kiosque à musique — Kiosque à musique
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3 septembre 1899 — La Fanfare de Mazamet en concert au Kiosque du Parc de Lamalou-le-Haut
— Beaucoup de monde, beaucoup de mouvement à Lamalou. Dimanche, la fanfare et la société de gymnastique de Mazamet d'une part, avaient organisé un concert dans le vaste parc de Lamalou-le-Haut, tandis que l'Écho de la Mare, avec un programme des mieux composés, attirait au café de la Poste de nombreux auditeurs. Le succès a été grand de part et d'autre, car de nombreux promeneurs étaient venus grossir le nombre des baigneurs en ce moment à Lamalou.

16 septembre 1900 — Le parc de Lamalou-le-Haut, havre de paix
— La fin des fortes chaleurs n'a pas éloigné les baigneurs de notre charmante station, où ils se trouvent bien.
Les jardins et les promenades sont toujours très fréquentés, surtout les abords de Lamalou-le-Haut qui sont ravissants. On ne rendra jamais assez justice à ce coin d'ombre et de solitude pour le charme pénétrant qu'il dégage. Les châtaigniers, très élevés, se rejoignent, l'air y est plus frais, et la nature, malgré la main de l'homme, y marque son empreinte.
Au Casino, où les représentations sont suivies, excellente semaine, avec Carmen, La Poupée, Faust, Gilette de Narbonne, La Fille du Régiment, L'Amour mouillé, Les Petites Michu, Le Songe d'une nuit d'été, etc.


27 août 1902 — Concert dans le Parc de Lamalou-le-Haut
— Dimanche, dans l'après-midi, les frais ombrages du délicieux parc de Lamalou-le-Haut ont frissonné des échos d'un brillant concert donné au profit de l'achèvement de l'église paroissiale de Lamalou le-bas, dans la grande salle située à l'entrée du parc et mise gracieusement à la disposition des organisateurs de cette matinée par M. Cros-Aguillon, l'aimable directeur de l'établissement thermal.
Presque toute la bonne société des baigneurs s'y était donné rendez-vous.
Après que M. le docteur Cauvy eut exposé en un langage des plus élégants le but charitable de ce concert, des artistes amateurs dont nous regrettons de ne pouvoir dire tous les noms ont, tour à tour, charmé l'auditoire par leurs chants, monologues et morceaux de musique exécutés avec une grande virtuosité.
Citons parmi ces amateurs : M. le Docteur Michaux, violoncelliste de talent, M. Durand, flûtiste de mérite, M. Alphonse Cros, pianiste distingué ; Mme Lenoir et M Bouché, qui ont dit de façon remarquable de charmants monologues, et particulièrement, M. le Docteur Montoya, le poète chansonnier bien connu, que Lamalou a la
bonne fortune de posséder en ce moment. A diverses reprises, il a provoqué les applaudissements enthousiastes de l'auditoire par ses chansons et ses poésies ravissantes qu'il a dites avec un sentiment exquis.
A la fin du concert, M. le curé de Lamalou a adressé à son tour quelques paroles de remerciement à toutes les personnes qui avaient prêté leur concours à ce charmant concert, à la nombreuse assistance qui en avait assuré le succès et leur a donné rendez-vous à l'année prochaine.

13 août 1921 — Grand bal et concert de la Symphonie biterroise dans le parc de Lamalou-le-Haut
— Hier, vendredi, dans salle du parc de Lamalou le-Haut, un grand bal travesti et masqué déroula ses intrigues multicolores et mystérieuses.
Aujourd'hui dimanche, deux grands concerts seront donnés par la Symphonie Biterroise, l'un le matin, dans le parc du Casino, l'autre l'après-midi dans le magnifique parc de Lamalou-le-Haut.
Demain lundi, 15 août, grand festival artistique avec le concours de Mme Kossa, la talentueuse falcon du Grand-Théâtre de Genève, de M. Cavaillé, fort ténor et des principaux artistes du Théâtre du Casino.
Le 21 août, grande bataille de fleurs, concours de voitures décorées ou fleuries, nombreux prix et certainement gros succès en perspective, car le Comité est très actif en ses innovations.

30 juillet 1922 — Inauguration du Théâtre de la nature dans le parc des Thermes de Lamalou-le-Haut
— Le 30 juillet sera inauguré le théâtre de la nature de Lamalou-les-Bains. Ce théâtre, installé dans le parc de l'établissement thermal de Lamalou-Ie-Haut ne laisse rien à désirer et son aménagement est aussi parfait que celui de Bagnères-de-Luchon.
C'est le Comité des fêtes de Lamalou qui a eu l'heureuse initiative de cette création qui aura la plus heureuse répercussion sur la vie dans cette coquette station thermale.
Pour cette inauguration, le Comité s'est assuré le concours des artistes très connus de la Comédie Française et de l'Odéon qui interpréteront Andromaque, le chef-d'œuvre universel et si dramatique de Racine.
M. Alexandre et Mlle Jane Pelvair, tous deux sociétaires de la Comédie-Française, brillent au premier rang de la phalange comme des étoiles de première grandeur. Autour d'eux, MM. de Rigoult, Pfister et Chapuis, Mlles Monys, Prad, Ormu et Charpal, tous du théâtre de l'Odéon forment un ensemble parfait de talent et d'homogénéité.
Il y aura foule à Lamalou, le 30 juillet, pour assister à cette inauguration.

14 août 1934 — Concours hippique dans le parc de Lamalou-le-Haut
— L'annonce de cette grandiose manifestation inédite dans notre région, a soulevé d'unanimes approbations.
En premier lieu, il faut reconnaître en toute franchise l'activité sans bornes dont fait preuve cette année le Comité des fêtes et des sports. Avoir pu, dans un temps relativement court obtenir les autorisations des pouvoirs publics et de la Société des Sports Hippiques de France, et surtout s'assurer la participation des meilleures écuries du Bilerrois et du Roussillon, c'est en vérité un tour de force qu'il nous est agréable de signaler.
A l'heure actuelle, seize concurrents sont engagés pour disputer les trois épreuves du beau programme qui se déroulera le dimanche 26 août sur le magnifique terrain ombragé des Thermes de Lamalou-Ie-Haut, que MM. Cros-AguilIon, avec leur grâce coutumière, ont bien voulu mettre à la disposition du Comité des Fêtes et des Sports.
Nous donnerons dans une prochaine note, le nom des chevaux, les montes et les propriétaires.

2 au 4 juillet 1939 — Programme des Fêtes du vin à Lamalou-les-Bains
— Le cortège se formera à Lamalou-le-Haut, le 4 juillet, où aura lieu la réception des délégations et des personnalités ; puis descendra au Casino, précédé de la Musique Lamalousienne. Un banquet de 600 couverts sera servi dans le Parc du Casino, à midi.

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Lun 17 Déc 2018 12:07
par JeanMarc
LAMALOU-LES-BAINS (LES AIRES) - Source et Kiosque de la Vernière
(HÉRAULT)

IV — Source de la Vernière et Kiosque à musique

Etonnamment, la quasi totalité des cartes postales anciennes relatives au hameau de la Vernière qui nous intéresse, portent la légende fautive de la commune de Lamalou-les-Bains, au lieu de Les Aires. En 1845, la commune de Mourcairol est scindée en deux communes : Les Aires et Villecelle. En 1879, le nom de Lamalou-les-Bains est attribué à Villecelle.
Le fleuve l'Orb marque clairement la frontière entre Villecelle-Lamalou, rive droite, et Les Aires, rive gauche.

Le cadastre des Aires nous indique qu'en 1827, dans le Domaine de Barbio dépendant du lieu-dit La Vernière, une source alimente une
Fontaine de Santé située au bord de l'Orb, le long du Chemin des Aires à Margal, face à l'angle du chemin dit de Bain Nègre ; à cet emplacement, un petit bâtiment y est déjà édifié perpendiculairement au fleuve ; une buvette est installée dans une construction primitive aménagée à cet effet, creusée dans le sol.
Ses eaux minérales sont décrites, en 1818 puis en 1830, comme ayant une odeur fade, un goût fortement acidulé et métallique, contenant de l'acide carbonique en quantité assez considérable, des carbonates de soude, de magnésie, de chaux et de fer. Après plusieurs études faites sur sa composition chimique, l'eau de la source de La Vernière fera l'objet d'un arrêté ministériel d'autorisation le 18 avril 1861.

Plan du lieu-dit de La Vernière, commune de Les Aires en 1827
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Plan de Les Aires La Vernière en 1937
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Une passerelle précaire en bois est édifiée au dessus de l'Orb, permettant de relier Les Aires à Lamalou, distants d'un demi-quart de lieue. En 1853, essayant de tirer parti de l'emplacement de sa belle maison d'agrément à la sortie de Lamalou, sur l'Orb, située à l'entrée du pont rustique, en vis-à-vis de la Source de La Vernière située sur la rive opposée, le sieur Jean Carel (et son épouse Marie Duclos) y aménage l'Hôtel dit Carel.
Carel fait d'ailleurs éditer régulièrement des "réclames" pour attirer la clientèle aussi bien des Thermes de Lamalou que de la Source de La Vernière. Ainsi, le 28 juin 1853 :
Avis aux baigneurs. Le propriétaire de l'Hôtel Carel, près du pont des bains de Lamalou, à proximité des eaux de La Vernière et des bains, a l'honneur de prévenir les personnes qui voudront bien lui accorder leur confiance qu'elles trouveront chez lui tout le confortable qu'elles peuvent désirer, et qu'elles seront servies avec zèle, promptitude et convenance.

En octobre 1863, Antonin Soucaille nous relate son périple régional au cours duquel, à la sortie du chemin de Lamalou, il découvre l'Hôtel Carel : il faut indiquer ce lieu charmant d'habitation, parce que tout près a été tracé un sentier conduisant à la source de la Vernière. Une passerelle jetée sur la rivière d'Orb en facilite l'accès aux visiteurs. L'eau de cette source, située dans la commune des Aires, est froide, alcaline, gazeuse et ne se prend qu'en boisson. Des bancs de gazon ont été disposés çà et là pour la commodité de ceux qui s'y rendent.

L'utilisation de la source de La Vernière reste cependant très confidentielle. M. Bourges, propriétaire de l'établissement thermal de Lamalou-Centre et de sa source de Capus, également fermier de la Source de La Vernière, tente, à partir de 1863, de commercialiser ses deux eaux minérales (expédiées en caisse, à 40 centimes la bouteille verre et emballage compris). On essaie même de vendre les eaux de la Vernière sous le nom de source Nègre, le Bain Nègre étant un nom attribué à un ruisseau et au chemin attenant à la source de La Vernière.

Les Aires - Passerelle au Gué de la Vernière — Annonce Hôtel Carel 1853 ; Annonces ventes sources Nègre et Vernière 1864
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Après avoir tenté le succès dans son Hôtel de Lamalou, face à La Vernière, Jean Carel finit par déchanter et passe de nombreuses annonces en 1863, pour céder sa propriété (lot cadastral 929, 930 et 931), tout d'abord au prix de 30.000 francs, qu'il s'empresse de diminuer à 18.000 francs. Faute d'acquéreur, il baisse à nouveau ses prétentions et, quatre ans plus tard, le 10 mars 1867, cède sa maison et ses dépendances pour 12.000 francs, au docteur Jean-Pierre Viguier.

A l'apparition du Casino de Lamalou-le-Bas en 1881 et de l'invasion de cercles de jeux qui va suivre, on vient jouer à La Vernière, certes modestement.
Cet engouement sera de courte durée. Les cercles ayant été fermés par le tribunal correctionnel de Béziers en 1884. Les inconditionnels constatent amèrement, en juillet 1887 :
« Tous les jeux sont interdits à Lamalou, même le loto à un sou qui faisait à La Vernière le bonheur des grands parents et des enfants installés au frais sous les grands arbres au bord de l'Orb."

Les Aires - Passerelle menant au restaurant de la Vernière — Entrée vers le restaurant de La Vernière
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La notoriété de la Source de la Vernière va décoller en 1890, grâce à la déconfiture de Louis-Victor Gesta, sur les établissements de Lamalou-le-Haut et Lamalou-Centre (voir notre précédente publication ci-dessus), et bien entendu à l'esprit d'entreprise d'un certain Paul Poujol, limonadier de son état.
En juin 1890, Paul Poujol ouvre un établissement sur la Source de La Vernière, où il organise de multiples fêtes, concerts, lancement de montgolfière, fêtes vénitiennes, jeux, feux d'artifices...
Pour cela, il fait réaliser, durant les mois qui précèdent, de grands travaux. Un Restaurant avec une grande terrasse, de même qu'un Casino et son Cercle sont créés. La construction rustique qui recouvrait la buvette est supprimée et remplacée par une grotte, accessible en descendant quelques marches dans le sol, surmontée d'un
Kiosque à musique. De forme octogonale, il est constitué d'une rambarde en bois découpé entourée de huit poteaux, préfigurant une toiture qui ne sera construite qu'ultérieurement.

Poujol engage, pour le lancement de sa "guinguette", un orchestre de 20 musiciens dirigé par M. Colo-Bonnet, chef d'orchestre habitué des salles de spectacles montpelliéraines. Les concerts sont donnés sur le Kiosque à musique de neuf heures à onze heures du matin et de deux heures à six heures du soir.

Le tout-Lamalou ingambe — les baigneurs moins vaillants restant au Casino voisin — se précipite sur La Vernière, empruntant la passerelle instable, appelée à cette époque le pont Carel.
Les formations musicales de la région sont appelées à la rescousse, notamment la Fanfare de Bédarieux et l'Orphéon Sainte-Cécile bédaricien.
Ainsi, pendant trois saisons, La Vernière, méconnaissable, est en perpétuelle fête.
Paul Poujol, dépensant vraisemblablement sans compter, l'affaire se termine, le 25 août 1892, au tribunal de Béziers : la société qu'il avait créée sous le nom de Poujol et Cie est mise en liquidation judiciaire ; avec lui sont également condamnés en tant qu’associés les sieurs Henri Le Verrier, négociant en vins à Béziers, et Clavel Antoine, marchand de volaille, à Capestang. (1)

Les Aires - Kiosque à musique de la Vernière, sans toiture
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Fort de ce succès au bord de l'Orb, un certain Antonin Massabiau, distillateur, a l'idée de créer et construire des Arènes, en 1895, à quatre cents mètres de la source de La Vernière et d'y organiser des corridas, destinées au public lamalousien et biterrois friand de ces spectacles. Les arènes de Bardio auront de légitimes retentissements jusqu'en 1900, date à laquelle Massabiau devra céder son domaine mis en liquidation au prix de treize mille francs. Les Arènes continueront à fonctionner jusqu'en 1990.

En 1900, on retrouve un certain M. Bonhomme à la tête de l'établissement de La Vernière. Le restaurant et le casino restent l'attraction première des lieux, accompagnés de concerts qui sont donnés régulièrement lors de la saison thermale.
Si des colonnes en bois et une toiture couverte en tuiles sont construites sur le Kiosque à musique vers 1902-1903, ce ne sera que de courte durée.
Vers 1910, le kiosque est totalement démonté ; la grotte sur lequel il était construit et qui abritait la Source, est supprimée. L'escalier d'accès aux sources est réaménagé et le kiosque, devenant uniquement un kiosque-buvette, est reconstruit au-dessus : l'entrée dans le kiosque ne donne accès qu'à l'escalier descendant à la Source.

Les Aires - Kiosque à musique définitivement transformé en Pavillon-Buvette de la Vernière — Arènes de Barbio et passerelle sur l'Orb
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En février 1925, les municipalités de Les Aires et de Lamalou-les-Bains décident de procéder au remplacement de la très précaire passerelle Carel, qui a déjà été emportée plusieurs fois lors des crues de l'Orb, par un pont plus solide et confortable. Le 2e régiment du génie va déployer 450 de ses hommes, 12 officiers et 50 chevaux pour cette tâche à réaliser en quarante-huit heures chrono. Cent de ces hommes et cinq chevaux seront logés dans les dépendances du restaurant de la Vernière et du domaine de François Gâches, le nouveau propriétaire.
L'inauguration de ce nouveau pont sur l'Orb aura lieu le 20 avril 1925.
Les crues n'en finiront pas pour autant de régulièrement submerger la passerelle, ainsi ce 19 novembre 1935 provoquant la coupure des communications entre La Vernière et Lamalou-les-Bains

L'établissement de la Source de La Vernière, n'ayant plus d'orchestre et de kiosque à musique, François Gaches (1866-1934) et son épouse se consacrent au Restaurant et à l'organisation de noces et banquets. Son auberge est réputée pour ses écrevisses, truites et goujons.
En juin 1934, à bord de son auto, François Gaches, accompagné de son fils André, 20 ans, emboutit un pylone. Tous les deux disparaissent lors de cet accident.
La veuve de François Gaches, née Gaudran, va se remarier en 1937 avec un certain Lescure et va continuer son activité de restauration et de vente des eaux de la source de La Vernière, jusqu'à son décès le 14 janvier 1940.

La source La Vernière continue son exploitation jusqu'en 1981. En 1987, un nouveau forage, sur Les Aires, a remplacé l'ancien et une nouvelle autorisation a été donnée le 28 juin 1990.
Un second forage, réalisé en 1993 près de la gare de Lamalou, sur la rive droite de l'Orb, va fournir, en 1998, une source complémentaire qui, mélangée à la source de La Vernière, permet d'alimenter suffisamment les besoins de l'Usine d'embouteillage de La Vernière.
Source et Kiosque-buvette ont bien entendu disparu depuis longtemps, de même que concerts, restaurant, casino, fêtes et feux d'artifice.
Kiosque supprimé.

voir ici, Etablissement d'embouteillage de la Vernière, sans kiosque, aujourd'hui.(1/3) (2/3). (3/3).

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publié par Jean Marc Lun 17 Déc 2018 09:05

2 juillet 1890 — Concert de l'Orphéon Sainte-Cécile de Bédarieux dans l'établissement-guinguette de La Vernière
— L'affluence des baigneurs et promeneurs a encore augmenté cette semaine. Tous les hôtels et un grand nombre de maisons meublées sont au complet.
Les propriétaires de l'établissement de la Vernière avaient eu hier l'excellente idée de demander pour le concert de l'après midi le concours de l'Orphéon Sainte-Cécile de Bédarieux qui a été fort applaudi.


18 juillet 1890 — Grande fête à La Vernière. L'Orchestre de La Vernière et la Fanfare de Bédarieux en concert sur le Kiosque à musique
— Bédarieux-Fanfare assistera dimanche soir à l'inauguration des fêtes de nuit qui seront données à La Vernière. Voici le programme des morceaux qu'exécutera cette Société : 1. L'Étendard, allegro, par R. Bajus. — 2. Rêve enchanteur, cavatine pour baryton solo, par Ch. Abbiate. — 3. Cybèle, fantaisie, par E. Mullot. — 4. La Fille du Tambour-major, opéra d'Offenbach. — 5. La Tourterelle, polka, par E. Marsal.
L'orchestre habituel des Concerts de la Vernière, sous l'habile direction de M. Colo-Bonnet alternera avec notre musique. Des chœurs se feront également entendre.
Dans la journée, l'orphéon Sainte-Cécile donnera un concert dont voici le programme :
1. Les Paysans, par Saintis. — 2. Aubade languedocienne, par L. de Rillé. — 3. Adieux aux hirondelles. — 4. Patrie, par L. de Rillé.
On nous assure que ces fêtes seront particulièrement brillantes, l'éclat en étant rehaussé par un feu d'artifice et des illuminations, parties de canotage sur l'Orb, jeux divers, etc.
Nous souhaitons plein succès aux organisateurs.

27 juillet 1890 — Les fêtes organisées par Paul Poujol continuent à La Vernière
— La Vernière — M. Poujol, qui vient d'ouvrir un magnifique établissement à La Vernière, près Lamalou, inaugurera dimanche 27 courant, une série de fêtes de nuit, dont voici le programme :
A trois heures, lancement d'un ballon Montgolfier, qui annonce l'ouverture de la fête.
Concert symphonique par le brillant orchestre de l'établissement, sous la direction du maestro Collo-Bonnet.
L'orphéon et la musique de Bédarieux, qui vient d'obtenir un premier prix au concours du Puy, viendront rehausser l'éclat de la fête.
A huit heures, grand concert par l'orchestre de l'établissement, avec le concours de l'Orphéon et de la musique de Bédarieux.
Éclairage du parc à giorno, fête vénitienne, embrasement du parc. La fête se terminera par un feu d'artifice et l'ascension de ballons lumineux.

3 août 1890 — Chaque fin de semaine est attendue impatiemment par les promeneurs et mélomanes
— La Vernière. — Nous sommes heureux de pouvoir communiquer à nos lecteurs que M. Poujol, le directeur de l'établissement de La Vernière, toujours désireux d'être agréable à ses nombreux clients, donnera, dimanche 3 août une brillante fête de jour et de nuit au charmant séjour de La Vernière.
Nous pouvons donner le programme : à partir de trois heures de l'après-midi, l'orchestre, sous l'habile direction du sympathique maestro Colo-Bonnet, fera entendre les meilleurs morceaux de son répertoire. Les intermèdes seront remplis par divers jeux, tels que : mat de cocagne, jeu de la poêle avec prix, ascension de ballon Montgolfier, bal d'enfants. A huit heures du soir, grande fête de nuit ; la passerelle et le parc seront éclairés à giorno, ascension de ballons lumineux. A dix heures, brillant feu d'artifice, embrasement du parc et de la grotte.
Bien certainement on se pressera en foule dans le frais et coquet établissement de La Vernière.

17 août 1890 — Fête de nuit à La Vernière
— Fête de nuit. — Ce soir, à 8 heures ½, doit avoir lieu la seconde fête de nuit au bassin de la Vernière. La fête comportera un grand concert symphonique et vocal.
La chorale Sainte-Cécile et la fanfare de Bédarieux nous donneront leurs meilleurs morceaux pendant les intermèdes du concert vocal, composé avec le concours d'excellents artistes des théâtres de province. Citons : MM. Petit, fort ténor ; Lapeine, ténor léger ; Bodon, baryton ; Arnaud, basse chantante ; Margé, violon solo, lauréat du Conservatoire de Toulouse. M. Maraval tiendra le piano. M. Colo-Bonnet st son brillant orchestre exécuteront plusieurs morceaux de choix.

Les Aires - Source, Kiosque à musique, Parc et Etablissement de la Vernière
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25 juin 1892 — Paul Poujol réclame le remplacement de la passerelle emportée par les crues
— La Vernière. Nous sommes heureux de constater que M. Poujol, l'intelligent directeur de l'établissement qui dépend de la Vernière, pousse activement les travaux nécessités par l'aménagement d'une passerelle qui reliera ledit établissement à notre station.
Dimanche prochain, les visiteurs qui viendront en villégiature à Lamalou pourront donc se rendre à La Vernière sans s'exposer sur une passerelle provisoire et rudimentaire que redoutent même les plus ingambes.
Comme exemple des lenteurs administratives, nous pourrions citer le cas de M. Poujol, qui demande vainement depuis trois mois l'autorisation de rétablir la passerelle qui existait précédemment et qui n'a pu résister aux crues hivernales de la rivière.
Nous croyons savoir que M. Poujol s'occupe déjà de l'organisation de fêtes brillantes pendant le cours de cette saison.

Les Aires - Annonce juillet 1891 Etablissement la Vernière
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8 juillet 1892 — La passerelle rétablie, les concerts reprennent à La Vernière
— La Vernière a inauguré dimanche dernier, ses concerts de jour. On fait les plus grands éloges de l'orchestre, magistralement conduit par M. Guiraud. Là, du moins, il est possible d'applaudir des musiciens français , contrairement à ce qui se passe dans un autre établissement où l'on se plait à reconnaître à des étrangers toutes les qualités et toutes les vertus que l'on dénie à nos compatriotes rigoureusement exclus.

22 juillet 1892 — La première fête de la saison à La Vernière
— C'est après-demain dimanche que doit être inaugurée, à la Vernière, la première fête de la saison, l'inclémence du temps n'ayant pas encore permis de le faire.

14 et 15 août 1892 — La dernière apparition de Paul Poujol à La Vernière avant sa mise en liquidation effective
— Dimanche 14 et lundi 15 août, jour de l'Assomption, il y aura une véritable solennité artistique à la Vernière.
Le programme en est des plus variés et les artistes qui y prendront part, sont des plus avantageusement connus.
A côté de M. Delmas, ténor, l'heureux créateur de la Damnation de Faust à Montpellier, dont la réputation n'est plus à faire, nous relevons ceux de M. Lapeysonnie, violoncelliste d'avenir ; de M. Badou, baryton ; de M. Bessède, l'inimitable comique fin de siècle.
Le piano sera tenu par M. Combes. Joignons à cet ensemble le concours de l'excellente musique Bédarieux-Fanfare, dirigée par son habile chef M. Lauret.
L'orchestre, dirigé par M. P. Guiraud, exécutera les meilleurs morceaux de son répertoire.
Tout ce merveilleux ensemble sera agrémenté par la vue d'un panorama magnifique.

6 juillet 1897 — Une des rares descriptions de tauromachie dans les Arènes de Barbio à La Vernière
— Arènes de Barbio. Par une délicate attention, M. Massabiau, directeur des Arènes de Barbio, avait invité les représentants de la presse locale à se rendre à la deuxième corrida de six toros croisés espagnols que devait combattre le matador Chuffero, assisté de sa cuadrilla Madranial, Foco, Abanero, Pajarero, banderilleros, et du célèbre L'Aiglon, sauteur à la perche.
Dimanche, dès trois heures de l'après-midi, les issues de ce vaste local sont toutes larges ouvertes au public arrivant de toutes les directions et les guichets sont envahis. Deux mille personnes assistent au spectacle.
A trois heures et demie l'orchestre donne le signal de l'abrimiento par un morceau entraînant.
Les combattants entrent en lice et les portes du toril laissent passage à un torero de robe noire.
Les exercices du saut de la perche et de la pose des banderilles avaient été bien exécutés, quand vers la fin, au moment de l'enlèvement des cocardes, le matador Chuffero, à la face abuhado, est blessé par la brute d'un coup de corne sous l'aisselle droite, ayant occasionné une cuchillada de huit centimètres de long sur deux de profondeur.
M. le docteur Descays a prodigué les premiers soins au blessé qu'on a du porter en voiture à Lamalou-les-Bains. La blessure ne parait pas être d'une grande gravité, le matadero pourra, de l'avis du docteur, reprendre son travail dans quinze jours.
Malgré cet incident, le chef de cuadrilla a pris la direction et les divers exercices exécutés par les 2e et 3e toros ont été passablement remplis, bien que ce dernier, d'une grande mollesse, voulut gagner le toril en sautant la barrière plusieurs fois.
Le 4e toro, celui qui devait engager la lutte corps à corps avec l'Aiglon, est rentré dans la piste abrasademente, ce qui a fait tenir sur leur garde les matadores. Pendant près d'une heure, l'Aiglon n'a pu parvenir à saisir le toro par ses cornes et on a du y renoncer.
En somme, la course a été assez émouvante et le public généralement satisfait.

Les Aires - Buvette de la Vernière — Arènes de Barbio
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13 mai 1900 — M. Bonhomme, le nouveau propriétaire de La Vernière, engage Ernest Phelizon, chef d'orchestre, pour la saison
— A La Vernière, M. Bonhomme, le directeur de ce charmant et coquet établissement, se propose, cette année, de ne rien négliger pour assurer à ses nombreux visiteurs tout le confortable possible.
La partie concert a été confiée à M. Ernest Phelizon, le chef d'orchestre bien connu, qui vient de traiter avec un excellent trio, le trio Boulet, dont on nous dit le plus grand bien.

7 août 1910 — Concert de la Fanfare du Bousquet-d'Orb au "Casino" de La Vernière
— 29 juillet 1910. La Fanfare du Bousquet-d'Orb informe ses membres honoraires qu'elle est engagée au Casino de la Vernière pour un festival qui doit avoir lieu le dimanche 31 juillet.
A cet effet, MM. les membres honoraires et leur famille bénéficieront des prix de faveur pour le transport en tramway et devront se faire inscrire chez M. Oustric, trésorier, avant samedi à midi.
Départ dimanche à midi précis. Retour à 2 heures du matin.
— 6 août 1910. Festival de la Vernière. Le concert que la Fanfare devait donner le 31 juillet au Casino de la Vernière est remis au dimanche 7 courant.
Sauf mauvais temps, la fête sera des plus brillantes, car la direction ne néglige rien pour être agréable aux amateurs de chant et de musique. Une fête de nuit et un bal champêtre clôtureront cette belle journée.


24 février 1925 — Construction du Pont de La Vernière par 450 hommes dépendant du 2e régiment du génie, en remplacement de la passerelle Carel
— Construction d'un pont à La Vernière. Lamalou-les-Bains. Sur l'initiative de la municipalité de Lamalou-les-Bains, en plein accord avec la municipalité des Aires et le bienveillant appui de l'administration départementale, le 2e régiment du génie a été appelé à étudier la possibilité de construction d'un pont reliant les deux rives de l'Orb, au débouché du vallon de Lamalou, le pont projeté devant mettre en communication deux voies départementales : le chemin d'Intérêt commun numéro 55 d'Hérépian au Poujol par les Aires et le chemin de grande communication numéro 35 de Lodève à Castres.
Pour les habitants de la commune des Aires, c'était l'accès facilité du marché et des distractions de la station thermale ; pour les hôtes de Lamalou, c'était l'approvisionnement plus abondant du marché aux légumes et aux fruits, et un accès permanent et pratique à la Source si appréciée de la Vernière, une voie ouverte aux excursions si attrayantes de la rive gauche de l'Orb.
Les études techniques du génie ont conclu à la possibilité d'établir, à des conditions pratiquement abordables, le pont envisagé.
Les municipalités de Lamalou-les-Bains et des Aires ont établi, en pleine entente avec l'administration préfectorale, les moyens de réalisation.
Jeudi 19 février, le commandant Lémery et le lieutenant Poltge sont venus, au nom du colonel commandant le 2e génie, arrêter avec les municipalités, la mise au point de tous les éléments utiles à la construction du pont.
Quatre cent cinquante hommes, sous la direction de douze officiers, participeront à l'établissement du pont et des voies d'accès.
Le dimanche 5 avril arriveront 137 hommes et un officier, chargés des terrassements et des œuvres de maçonnerie. Ces hommes seront logés à l'hôpital militaire. Le lundi 20 avril arriveront 320 hommes et 11 officiers, qui assureront l'établissement du pont et la mise en service immédiate de l'ensemble de l'ouvrage. Le pont lui-même sera construit en 48 heures, sous la direction personnelle du colonel el du lieutenant-colonel du régiment.
Le général directeur du génie au ministère de la Guerre viendra inspecter le travail. Les 320 hommes et les 50 chevaux arrivés le 20 avril seront logés ; 100 hommes et cinq chevaux sur la rive gauche de l'Orb, dans les dépendances du restaurant de la Vernière et du domaine de M, Gâches ; les 220 autres hommes et 45 chevaux dans les dépendances des hôtels Mas, des Bains et du Nord.
Le dimanche 20 avril, en présence des autorités civiles et militaires, aura lieu l'inauguration.

19-20 novembre 1935 — La construction de la nouvelle passerelle sur l'Orb en 1925, n'empêche par les eaux de le submerger
— Le mauvais temps. Dans la nuit de mardi à mercredi, un vent d'une extrême violence, accompagné de pluie, s'est abattu sur notre région. Les routes étaient recouvertes de branches d'arbres. Le Bitoulet et l'Orb ont aussitôt grossi. Mercredi, à 13 h. 30, les eaux de l'Orb recouvraient la passerelle de la Vernière coupant ainsi la communication de Lamalou à la Vernière.
Espérons que la pluie cessant, la rivière rentrera dans son lit.

Les Aires - Nouvelle passerelle sur l'Orb — Kiosque buvette de La Vernière
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20 juin /1937 — Concours de pèche dans le parc de La Vernière
— Lamalou-les-Bains et La Vernière. Les Martins Pêcheurs. Dimanche 20 juin grande fête organisée par la Société des Martins-Pêcheurs.
A 7 heures dans le parc de la Vernière, tirage au sort pour le concours de pèche. Fin du concours à 9 heures. Pèche libre de 9 à 11 heures. Distribution des prix. Midi, déjeuner friture du concours. Un prix spécial pour la pèche, emplacement libre.
A 16 heures parc du Casino, grand bal d'enfants costumés. Jazz Printania. Au Kiosque, orchestre du Casino. Le soir au Théâtre grande soirée de gala. Voir programme.

(1) Paul Poujol.
Est-ce le même Paul Poujol qu'on retrouve le 18 juin 1892 et les jours suivants, annonçant à grand renfort de petites annonces dans les journaux, l'ouverture au 1er étage, du Restaurant du Casino de Palavas les Flots ?
De même, à Agde, le commerce d'un certain Paul Poujol, limonadier propriétaire, est saisi le 9 avril 1893.

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Ven 21 Déc 2018 19:51
par JeanMarc
LAMBALLE - La Grande Place, un jour de Cavalcade
(CÔTES D'ARMOR)
Construit de la fin du Xè siècle au début du XIe, le premier château de Lamballe est démoli, rebâti et agrandi à plusieurs reprises. Ses fortifications, flanquées de 14 tours à leur apogée, sont détruites au XVe siècle.
Le gouverneur de Bretagne, César de Vendôme dit César Monsieur (1594-1665), duc de Penthièvre et de Mercoeur, ayant fomenté un complot à l'encontre du cardinal de Richelieu, ce dernier fait incarcérer César à Amboise, le 12 juin 1626. Et, le 30 juillet 1626, ordre est donné par Louis XIII de faire raser Lamballe : du 15 septembre au 28 novembre 1626, le château et le reste de ses fortifications sont entièrement démolis. Deux siècles plus tard, en 1834, ne subsistent que les vestiges de la Tour aux Choués (Chouettes), la Porte de Saint-Martin et la Porte de Bario ; la tour aux Chouettes est abattue en 1894, la Porte de Bario l'a précédée en 1848.
Face à la Porte de Bario, — côté intra-muros de la ville, préalablement à la destruction de ses fortifications — la petite place du Martrai est contiguë à la
Place constituant l'élément central de Lamballe. En 1682, on y tient déjà un marché hebdomadaire chaque jeudi. Six foires annuelles, se déroulant, pour les plus importantes, sur le Champ-de-Foire — qui, lui, était situé hors les murs de la ville avant que l'enceinte ne soit démantelée —, y sont autorisées et très fréquentées, dont deux mobiles, la foire de Mars et la foire de l'Ascension ; les quatre autres sont celles de la Saint-Jean du 25 juin, celle de la Saint-Barthélémy du 24 août, la Saint-Denis le 9 octobre et la Saint-Simon et Jude le 28 octobre.
Les noms des rues avoisinant la Place, plus tard appelée place du Marché, attestent de son activité et de sa propension aux échanges marchands : la rue au Froment, la rue aux Pots.

Plan de Lamballe en 1831
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La présence du haras national à Lamballe, installé en 1825, construit sur les plans de l'architecte Frolicher, au prix de soixante deux mille francs payés par l'Etat et la commune, et surtout les nombreuses courses de chevaux qui en sont la conséquence, parfois accompagnées de la sortie de la Fanfare municipale lamballaise, drainant la majeure partie des amateurs ou promeneurs, laisse peu de place aux concerts musicaux qui passent ainsi au second plan. Les cérémonies religieuses, défilés du 15 août, pèlerinages de la Saint-Amateur, pardons et autres bénédictions de la fête-Dieu, représentent le second point d'attraction des Lamballais.
Aussi, il ne reste que quelques événements où la musique peut se fait entendre, notamment lors de la fête de la Saint-Jean se déroulant en juin, tantôt sur la Promenade du Champ de foire, aménagée et plantée d'ormeaux en 1759 le long de l'ancienne enceinte, tantôt sur les promenades du Château qui, elles, sont arborées depuis 1643.
La fête nationale du 14 juillet, selon les années, est également un jour important pour les lamballais, au cours duquel, bals, dérobées et concerts sont également de la partie. C'est précisément un 14 juillet, celui de l'année 1892, que le premier
Kiosque à musique de Lamballe est édifié, sur la Grande Place. De forme hexagonale, il est construit en bois, un escalier de dix marches donne accès à la scène ; démontable, il sera sorti à chaque événement majeur. M. Hélouvry, chef de la Musique municipale depuis 1881, a dirigé la construction de ce joli kiosque qui est le plus bel ornement de la Place. Son inauguration a été assurée par un concert donné par la Musique municipale et par la renommée Fanfare de l'Ecole primaire supérieure de garçons, lesquels y ont interprété ce jour-là la Marseillaise, le Chant du départ, l'Hymne Russe et plusieurs morceaux parmi lesquels des motifs bretons qui ont été fort goûtés.

Lamballe - Kiosque à musique sur la Grande Place — Fanfare de l'Ecole Primaire Supérieure de garçons
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Mais c'est essentiellement pendant la Fête des Courses se déroulant sur trois jours, chaque dernier dimanche de juillet et les deux jours qui suivent, que Lamballe se transfigure. Bals, jeux, concerts, danses publiques accompagnées du biniou, défilés, retraites aux flambeaux se succèdent ; des courses de vélocipèdes viennent s'intercaler en intermèdes à toutes ces fêtes, tandis que les traditionnelles courses de chevaux en sont le prélude.
Les courses de vélocipèdes se déroulent sur le Champ de foire, transformé en vélodrome à cette occasion. Les courses de chevaux, créées à Lamballe en 1852, ont lieu, quant à elles, sur l'hippodrome installé sur la lande des Houssas, faubourg de Maroué ; en juillet 1904, les courses seront transférées sur le nouvel hippodrome de Kerrozen, près du château éponyme, sur la route de la Malhoure, près du lieu-dit le Chauchix.
En 1864, le règlement affiché des courses annuelles de l'hippodrome organisant fêtes de nuit, feux d'artifices et bal champêtre à cette occasion, stipule que
la dérobée sera défendue, mais que le balancé et la chaîne auront lieu.

Le Kiosque à musique démontable est ainsi attesté à plusieurs reprises à partir de 1892, essentiellement pendant les courses annuelles de juillet, et c'est lors de celles se déroulant du 27 au 29 juillet 1902 qu'Emile Hamonic (1861-1943), photographe et éditeur de cartes postales briochin, immortalise par un seul et unique cliché, ce Kiosque. Ce jour-là, la municipalité décide de remplacer les sempiternelles courses vélocipédiques, par une Cavalcade monstre, à faire pâlir d'envie la célèbre fête des fleurs de Saint-Brieuc. C'est probablement en prévision de ces fêtes que Louis Converset, maire de 1900 à 1909, fait connaître à son conseil le 22 février 1902 que la Musique municipale, apparemment dépourvue de chef d'orchestre, vient d'être réorganisée sous la direction de M. Labrot, gagiste au 71e régiment d'infanterie.
D'autres fêtes et d'autres cavalcades auront lieu à Lamballe, mais celle de 1902 restera gravée dans la mémoire des lamballais.

Lamballe - 13 juillet 1902 Annonce Cavalcade et Fêtes de Lamballe du 27 au 29 juillet 1902
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Démontable et donc de nature éphémère, le kiosque à musique disparaît avant 1914. L'hippodrome de Kerrozen, où étaient également organisées des fêtes d'aviation, ferme définitivement ses portes en 1997. Le Champ de foire, quant à lui, est devenu aujourd'hui un vaste parking, tandis que la place du Marché est restée intacte.
Kiosque disparu.

voir ici Place du Marché de Lamballe, aujourd'hui. (Les Régalades) (1/5) (2/5) (3/5) (4/5) (5/5)

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publié par Jean Marc Ven 21 Déc 2018 09:15

28 juillet 1891 — Un des rares concerts détaillés sur la Place de Lamballe
— Musique de Lamballe. Programme du 28 juillet 1891 :
1. Le Petit Touriste, allegro. — 2. Faust, grande fantaisie de Gounod. — 3. Trianon, gavotte. — 4. Psst !!, mazurka. — 5. Les Bébés, polka. — 6. Les Pâquerettes, valse.
Le Chef de Musique : Hélouvry.

En dépit du ton un peu mièvre de ce compte rendu, nous tenons à le publier, puisqu'il atteste de la présence du premier Kiosque à musique de Lamballe
14 juillet 1892 — La Fête Nationale à Lamballe. Inauguration d'un Kiosque à musique démontable sur la Place. M. Hélouvry dirige la Musique municipale et la Fanfare de l'Ecole primaire supérieure
— Jeudi, la Fête Nationale a été célébrée dans notre ville avec beaucoup plus d‘entrain que les années précédentes.
Le matin, les habitants ont été réveillés par de formidables détonations à rendre jaloux le Mont-Valérien lui-même, et les cloches de toutes les églises ont gaiement carillonné pendant un quart d'heure au moins. Mais le jeudi est jour de marché à Lamballe ; aussi, la journée s'est-elle passée fort tranquillement, sans aucun divertissement.
Seule la musique du collège parcourant la ville dans la matinée pour saluer la municipalité et notre digne inspecteur primaire, mettait un peu d'animation dans nos rues.
Mais dans la soirée, la population s'est dédommagée de la contrainte que les affaires lui avaient imposée pendant toute la journée. Dès huit heures, prévenus par de nouvelles salves d'artillerie, les habitants commençaient à se réunir sur la Place autour d’un kiosque fort élégamment construit et supérieurement décoré. Là, sous l'habile direction de M. Hélouvry, les musiciens de la ville et ceux du Collège réunis nous ont fait entendre la Marseillaise, le Chant du départ, l'Hymne Russe et plusieurs morceaux parmi lesquels des motifs bretons qui ont été fort goûtés, On y a surtout remarqué une musette qui a charmé l'auditoire.
Vers neuf heures, on a commencé à illuminer les maisons dans toutes les rues et principalement sur le parcours que devait suivre la retraite annoncée.
L'Hôtel-de-Ville, orné de drapeaux, de lanternes multicolores et de guirlandes de verdure, faisait honneur à la municipalité républicaine que les Lamballais ont mis à leur tête.
Le Haras était magnifiquement décoré ; la facade était couverte de drapeaux, de verres de toutes couleurs, de lanternes vénitiennes. Dans la cour, un long cordon de lumières, des mâts fort bien pavoisés et illuminés, délimitaient un vaste espace au milieu duquel se détachait, sur un piédestal garni de fleurs, un cheval dont les lignes étaient dessinées par des verres blancs et les yeux figurés par un verre rouge. Ce décor était d'un effet superbe. L'Administration des Haras a certes fait tout ce qui dépendait d'elle pour rehausser l'éclat de la fête.
A la Caserne de Gendarmerie, la foule charmée pouvait voir ce qu’on arrive à faire avec peu d'argent, beaucoup de goût et énormément de bonne volonté. Le long de la rue, des sapins plantés en bordure étaient surchargés de lanternes vénitiennes : la facade était complètement cachée par une profusion de drapeaux, de lanternes aux couleurs françaises et même aux couleurs russes, d'énormes guirlandes de lierre et par une quantité d'ornements du meilleur goût. Sous la porte, on avait, avec des branchages, formé une grotte bien éclairée au fond de laquelle flamboyaient deux lettres gigantesques RF. Enfin, devant la porte, un jet d'eau fort ingénieusement disposé, fonctionnait très bien, au grand ébahissement et à la grande joie des passants. La retraite s‘est arrêtée un instant devant la gendarmerie : la musique a joué la Marseillaise et la foule a vigoureusement acclamé nos braves gendarmes qui certes méritaient bien ces applaudissements.
Au passage de la retraite, sur le Champ-de-Foire un beau feu d'artifice a été tiré par les soins de M. Kervella. Puis les musiciens se sont rendus de nouveau sur la Place où ils ont joué une dernière fois la Marseillaise. On a encore tiré quelques fusées et chacun est rentré chez soi charmé de ce qu'il avait vu.
Merci aux musiciens de la ville et du collège, qui, pendant trois heures, se sont prodigués pour nous faire passer une soirée charmante ; merci surtout à leur infatigable chef qui a su choisir les beaux morceaux que nous avons entendus et applaudis et qui avait bien voulu diriger dans la journée la construction du joli kiosque qui était le plus bel ornement de la Place. N'oublions pas non plus les sapeurs-pompiers qui sont venus escorter et diriger la retraite pendant sa marche dans les principales rues de la ville.

24 au 26 juillet 1892 — Fêtes des Courses de Lamballe
Programme des Fêtes
— Première journée, dimanche 24 juillet à 2 heures : Courses sur l'Hippodrome. — De 3 à 6 heures, sur les promenades du château : Bal d'enfants au son du biniou. — A 8 heures du soir, danses publiques, illuminations, feux de bengale et pièces d’artifices.
— Deuxième journée, lundi, de 1 heure à 4 heures. Courses de vélocipèdes sur le champ de foire, pendant lesquelles la musique municipale fera entendre les meilleurs morceaux de son répertoire. — A 8 heures ½, sur les Promenades du Château, bal de nuit et grandes illuminations. — A la fin de la fête de nuit, retraite en musique jusque sur la Place.
— Troisième journée, mardi, de 9 heures à midi, dans les ccarrières du Bout-du-Val, grand concours de tir d'amateurs. — De 2 à 3 heures, sur la Place, Concert donné par la musique municipale, sous la direction de M. Helouvry.
Pendant le Concert, une quête sera faite au profit des pauvres.
A 4 heures, bal sur les promenades du Château. — A 8 heures ½, sur les mêmes Promenades, Bal de Nuit. — A 11 heures, retraite aux flambeaux avec chars.
Compte rendu des Fêtes. M. Hélouvry et sa musique municipale en concert sur le Kiosque
— Après trois journées de fêtes d'un intérêt excessif et d'une gaîté la plus grande, Lamballe est rentré dans le calme de sa vie habituelle.
Chacun de nous encore sous le charme de ces amusements se rappelle avec joie et aussi (il faut l'avouer) avec fierté le succès de notre petite localité, dans la réussite de ces organisations diverses.
Dès samedi soir, les lamballais déclaraient ouvertes les fêtes par une retraite qui parcourait la ville aux sons de la fanfare.
L'après-midi du dimanche s'annonçait charmante. Le temps était aussi pur que l‘on pouvait le désirer : les étrangers affluaient dans notre ville. La gaîté régnait partout.
Notre hippodrome, au milieu de la lande aride, avait pris un cachet tout particulier. De très beaux équipages, de fort belles toilettes, un public nombreux présentait un coup d'œil charmant.
Les courses en elles mêmes offraient aux amateurs un réel intérêt. Nos propriétaires de trotteurs bretons rencontraient des concurrents sérieux que nous avaient envoyés la Normandie et la Vendée. La lutte acharnée qui s’engagea entre ces chevaux de valeur, mettait l'émotion aux cœurs des spectateurs les plus froids. Chacun se passionnait pour tel en tel cheval, pour telle ou telle écurie et les commentaires marchaient leur train. Un military mené avec beaucoup de tact et de prudence ajoutait à l'enthousiasme du public.
Les courses de galop ont aussi obtenu un succès presque inattendu. Sans accident, sans réclamations, la fête ne pouvait mieux réussir.
Le soir, nos promenades du château prenaient un aspect féerique. Une illumination très riche éclairait nombre de danseurs, qui, au son d'un orchestre brillant, ont profité de quelques bons instants de plaisir. Coup d'œil charmant que ces quadrilles qui d'un bout à l'autre des allées, d'un mouvement uniforme, présentaient au regard les toilettes les plus variées : quelle franche gaieté ! Quel entrain !
De temps en temps, la couleur locale se faisait sentir : le biniou demandait place à l'orchestre et ses notes gaies et bruyantes nous rappelaient que la lande bretonne, elle aussi, a ses joies et ses gaietés. La longue chaîne des dérobées obéissant aux mesures cadencées de cette musique, serpentait au milieu des rires et des causeries intimes.
Danseurs et danseuses se disaient au revoir et se donnaient rendez-vous pour le lendemain, se promettant encore quelques bons quadrilles et polkas.
Le lundi, la « great attrattion » de la journée était les courses de vélocipèdes. Le champ de foire transformé en magnifique Vélodrome, livrait une piste splendide aux amateurs de ce sport. Un public très nombreux était venu admirer les coureurs dont l'agilité extraordinaire faisait le plus grand éloge de leur vigueur et de leur adresse. Malheureusement, comme toujours il y eu à déplorer quelques accidents, dont la gravité n'a pas été celle que l'on eut pu craindre.
Le lundi soir, les infatigables danseurs reprenaient leur entrain, et le bal était, vers 11 heures, dans le plein de sa gaieté. Les illuminations plus brillantes que la veille ajoutaient encore à la jeunesse et la gentillesse des danseuses.
Tout était charmant et chacun se retirait à minuit, voyant avec peine les fêtes approcher de leur fin.
Le mardi, un programme bien rempli clôturait la série des fêtes.
Le matin, un tir à la cible réunissait une foule de tireurs, où chacun rivalisait d'adresse, passait une matinée agréable.
L'après-midi, la musique municipale donnait sous le kiosque gracieux que tout le monde connaît, construit au milieu de notre Place, un concert dont le programme choisi, laissait les auditeurs sous le charme.
Notre fanfare de plus en plus dévouée, toujours prête à faire plaisir à la population lamballaise, exécutait avec brio, quelques morceaux de son répertoire.
L'après-midi un bal d'enfants réunissait tous les bébés de notre ville pour danser. C'était certes un des jolis instants de la journée. Tous ces bébés en robes fraîches, aux boucles blondes s'abandonnant à la joie la plus franche prenaient leurs ébats aux sons de la musique.
Le mardi soir, nos danseurs pour la dernière soirée semblaient par leur entrain exprimer tous leurs regrets de voir la clôture des fêtes et remercier ainsi les commissaires du zèle et de l‘activité qu'ils avaient déployés dans l'organisation de ces fêtes. A 11 heures, la foule descendait sur la place on un char décoré avec un goût exquis, laisse balancer au gré des vents un grand nombre de lanternes vénitiennes de toutes couleurs. Une retraite en musique, suivie d'une foule considérable parcourait les rues à la suite de ce char.
Il était minuit et les fêtes terminées.

Lamballe - La Place (à gauche, reconstruction du dôme de l'Eglise Saint-Jean en cours)
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14 juillet 1897 — Fête nationale : concert, sur la Place, des Trompettes du dépôt d’Etalons et de la Musique de l'Ecole primaire supérieure
— Ville de Lamballe. Fête nationale du 14 Juillet.
A 5 h. du matin. — Sonnerie de cloches pendant 10 minutes. — De 7 à 8 h. du matin. — Distribution de pain aux indigents, par les soins du Bureau de Bienfaisance. — A Midi. — Deuxième sonnerie de cloches pendant ¼ d'heure. — De 4 ½ à 5 h. ½. — Concert sur la place par la Musique de l'Ecole primaire supérieure.
A 8 h. du soir, les Musiques de la Ville et de l'Ecole primaire supérieure et les Trompettes du dépôt d’Etalons, exécuteront divers morceaux de leurs répertoires.
Illuminations des édifices publics et des maisons particulières.
A 9 h. — Retraite aux flambeaux par toutes les musiques, avec le concours de la compagnie des sapeurs-pompiers. — A 10 h. — Grand Feu d'artifices sur le Champ-de-Foire.

24 au 27 juillet 1897 — Fêtes courses de Lamballe
Le Samedi 24 Juillet à 8 h., grande retraite en musique avec Pyramides, Lantemes vénitennnes, etc., sur tous le parcours du cortège.
— 1ère Journée. Dimanche 25 Juillet à 2 heures, courses sur l'hippodrome. — 8 h. Bal Champêtre sur les belles et pittoresques promenades du Château. — Illuminations. Feux de Bengale et fusées volantes. — Intermèdes variés. — Clôture de la journée à minuit par une retraite jusque sur la grande Place illuminée.
— 2e Journée. Lundi 26 Juillet à 9 heures, Grand Concours de Tir d'amateurs au fusil de chasse : nombreux prix, dont un beau fusil Lefaucheux. — A 2 heures, courses vélocipédiques organisées par le V.C.L.
La Musique Municipale se fera entendre pendant les Courses. Grandes Illuminations. A la fin de la fête, Retraite en musique jusque sur la Place.
— 3e Journée. Mardi 27 Juillet à 10 heures, courses à pied, autour de l'enceinte de la Gare. Soit : boulevard Jobert, Route de Paris à Brest, boulevard sud de la Gare et rue Mouëxigné. — Le soir à 8 h., sur les Promenades, Bal de nuit. — A 2 heures, représentation théâtrale sur les Promenades du château. — 3 à 4 heures, tirage de la Grande Loterie des Fêtes. — Le soir à 8 heures, bal de nuit.
Clôture des Fêtes à 10 heures par une Grande Retraite aux Flambeaux, avec Pyramides venitiennes. Feux de Bengale. etc.

6 juillet 1902 — Grande Cavalcade costumée avec voitures et chars décorés annoncée par la société des Fêtes de Lamballe
— La Société des fêtes de Lamballe, dans l'une de ses réunions, a décidé de changer son programme des années précédentes et de remplacer les Courses de Vélocipèdes, qui avaient lieu le lundi après midi par une Grande Cavalcade costumée avec voitures et chars décorés.
Pour embellir et donner plus d'éclat à cette fête, elle invite instamment toutes les personnes de bonne volonté à installer elles-mêmes, et selon leur fantaisie, des voitures ou des chars ornés pour joindre au cortège.
Le Comité se proposant, d'ailleurs d'attribuer des récompenses pour les meilleures décorations, ou celles les plus amusantes.

27 au 29 juillet 1902 — Compte rendu de la Cavalcade et des fêtes de Lamballe
— Les Fêtes de Lamballe. Lamballe est décidément en train d'acquérir une légitime célébrité par l'éclat et l’entrain de ses fêtes. Dimanche, malgré un temps maussade, les courses ont été fort belles. Lundi, la cavalcade remporta un succès inouï et mardi enfin le bal d'enfants et les jeux clôturèrent dignement cette période de réjouissances, dont les Lamballais garderont longtemps le souvenir.
Le Bal. — Tout autour de l’enceinte, des guirlandes de lampions et de verres multicolores s‘élancent des arbres, s'entrecroisent, se mêlent. C'est un étincellement, un fourmillement de petites lueurs faibles et douces, versant leur clarté paisible sur la foule des danseurs. Du haut d'une estrade enguirlandée, un orchestre choisi mène le bal.
Rien n'est plus joli que tous ces couples aimables, joyeux, infatigables, tourbillonnant, polkant, mazurkant, guidés par le rythme entraînant des plus charmants airs de danse qui se puissent trouver. Le quadrille surtout était à voir et son exécution chaque fois plus parfaite et plus ordonnée, soulevait l'enthousiasme de ceux pour qui ce spectacle était nouveau. Puis après avoir dansé près de quatre heures, qui passèrent hélas ! aussi vite que des minutes, les Lamballais se séparèrent vers minuit, avec encore la perspective d'autres bals, et l'assurance pour le lendemain d'une fête aimable et gaie entre toutes.
Lundi, la Cavalcade — Jamais même la fête des fleurs de Saint-Brieuc, si justement renommée, ne fit admirer dans son défilé de si jolis chars, de si aimables choses. Et tout l'honneur de cette fête inoubliable revient à l'initiative des Lamballais qui, bannissant tout esprit de caste, ont travaillé fiévreusement à l'édification, à l'ornementation de chars vraiment remarquables par leurs décors somptueux et variés.
Des sapeurs barbus, le chef garni d'un lourd bonnet à poil, ouvrent la marche. Le char des Druides suit. Fort curieux et très vrai, ce char, fait d'un menhir et d'un dolmen moussus, auprès desquels se tenaient de superbes druides à longue barbe blanche, noblement drapés dans des tuniques blanches, et avec dans la main, les uns une lyre, les autres une faucille, tandis que sur leur front étaient posées des couronnes d'or. Puis suivent, loin derrière, comme dans l'histoire, les guerriers du moyen âge, des princes charmants avec des pages merveilleux, des connétables à lair féroce, des bandes titubantes de ribauds et de fous qui se tiennent par le bras. Voilà le char des bébés, le clou de la fête dirons-nous. Figurez-vous, en effet, une admirable corbeille, à l'extérieur décorée savamment de fleurs et de glaces miroitantes et à l'intérieur tout remplie d'adorables enfants aux travestis pleins de charme et d'imprévu, aux jolis visages frais et roses, souriant chaque fois que des gros sous tombent dans les bourses qu'ils tendent et que les spectateurs soucieux d'amoindrir les misères des pauvres, s'évertuent de remplir. Suivent encore le char de la musique, où ont pris place de nombreux musiciens, costumés en soldats Louis XV, puis des hussards d'Augereau, un conventionnel aux armées, tous très brillamment costumés et très élégamment montés. Le char de l'Agriculture, garni de gerbes, de laitières et de jolis enfants, est d‘un très bel effet.
Des voitures fleuries, garnies de bébés défilent encore. On admire fort, l'œuf d'où sort un tout petit enfant et les deux petits attelages. Puis c’est encore le char de la Chasse, formé d'une hutte cachée sous le feuillage, et décorée de têtes de cerf, de dépouilles d'animaux ; à l'intérieur ont pris place les meilleurs cors du pays qui sans cesse lancent les meilleurs morceaux de leur répertoire si varié et si fantaisiste. Des meules de chiens féroces suivent le char. De très bon goût aussi le char de la Meunerie, représentant un moulin aux ailes toujours en mouvement et au pied duquel se tiennent deux très jolies meunières. Des mitrons, très naturels, poudrés de blanc, suivent par derrière. Enfin cette admirable cavalcade se termine par le défilé fort amusant, grotesque à souhait, des pompiers de Nanterre, qui escortent un maire de circonstance.
Sur tout le long parcours, cette cavalcade a remporté un succès énorme. Tous les numéros étaient acclamés à mesure quils passaient. La gaieté était vraiment dans l'air et, sur la Place où se terminait la fête, on se battit aux confettis avec une ardeur étonnante.
A 6 heures, la fête était terminée.
La fête de nuit ne fut pas indigne de la fête de jour.
Le bal eut lieu dans le même décor de lampions et de verres multicolores, et avec non moins d'entrain. La place manquait même aux danseurs plus nombreux et plus endiablés encore que la veille, malgré la fatigue du bal précédent et les nuages de poussière. Les polkas, quadrilles, scottish et autres danses se succédaient presque sans intervalle et ce n'est que fort avant dans la nuit que le bal s'est terminé.
Le lendemain, mardi, c'était la clôture des fêtes que cette journée termina dignement.
Le matin, d'habiles tireurs s’évertuèrent à percer des bonshommes de tôle, mais la vraie fête tout l'après-midi. Le bal d'enfants et les jeux divers provoquèrent et l'admiration et les rires fous de l'assistance extrêmement nombreuse. Le soir enfin, le bal eut lui aussi beaucoup de succès et la retraite fut suivie tout le long de son parcours par une foule à la gaieté bruyante.
Prix attribués aux chars de la Cavalcade
Le Jury, chargé de statuer sur les récompenses à attribuer aux chars, voitures, etc., les mieux décorés, a décerné les prix suivants :
Premier prix. — Char de l'Agriculture décoré par les soins de MM. Lesné, Commault. Hingant, Bertin, Jules Noël, etc,
Second prix. — Char du Moulin, si délicatement agencé par MM. Caillibotte et Cantin.
Mention honorable. — Char décoré par les soins de M. Romac
Les quatre Chars dont la Société des Fêtes avait décidé la création et qui sont par conséquent en dehors du Concours, étaient le Char des Druides, construit par M. Legendre, le Char des Enfants, qui est un souvenir de celui si beau créé par M. X... en 1887, le Char des Musiciens, décoré par M. Tardivel sur une voiture gracieusement prêtée par M. Levacon, enfin, le Char des Chasseurs, si bien agencé et si joyeusement habité pendant la Cavalcade, oeuvre de MM. Droguet, Lasnier et Hervé.

Lamballe - La Place, un jour de marché
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14 juillet 1904 — Concert sur la Place par la musique municipale et les élèves des Ecoles communales des garçons, lors de la Fête Nationale
— Ville de Lamballe. Fête Nationale du 14 Juillet 1904. A 5 heures du matin, sSonneries de cloches pendant 10 minutes. — De 7 heures à 8 heures, distribution de pain aux indigents, à la Mairie, par les soins du Bureau de Bienfaisance. — A midi, deuxième sonnerie de cloches.
A 8 heures du soir. — Concert sur la Place par la musique municipale et les élèves des Ecoles communales des garçons.
A 9 heures. — lllumination des bâtiments communaux, édifices publics et des maisons particulières. — A 9 heures et demie, retraite aux flambeaux avec le concours des Sapeurs-Pompiers. — A 10 heures et demie, feu d'artifice sur le Champ de Foire.

31 juillet au 2 août 1904 — Fêtes des courses de Lamballe
Fêtes des Courses de Lamballe, sous la présidence d'Honneur de M. le Maire.
— Samedi 30 Juillet, ouverture des fêtes. Retraite en musique, clairons et tambours des Pompiers, Pyramides de lanternes vénitiennes.
— Première journée : Dimanche 31 Juillet, à 5 heures du matin, tir offert par la Municipalité aux Sapeurs-Pompiers et à la Musique. — A 7 heures, ouverture du Grand Concours Public de la « Société de Tir » de Lamballe. — A 2 heures, courses de chevaux sur le nouvel hippodrome de Kerrozen. — A 8 heures, bal de nuit sur les belles et pittoresques Promenades du Château ; illuminations électriques, girandoles de verres, ballons et lanternes vénitiennes.
— Deuxième journée : Lundi 1er Août, de 7 heures du matin à 11 heures, 2e journée du Concours de Tir. — A 2 heures, deuxième journée de courses de chevaux. — Le soir, à 8 heures sur les Promenades, bal champêtre ; grandes illuminations comme la veille. A la fin du bal, retraite en musique jusque sur la Place éclairée à l'électricité.
— Troisième journée : Mardi 2 Août, troisième journée du Concours de Tir. — A 3 heures, sur les Promenades du Château, bal d'enfants au son du biniou. — A 4 heures, jeux divers : Baquet russe, tourniquet, courses en sacs, casse-pots, jeux de tonneaux, etc. — Le soir, à 8 heures, Grand Bal champêtre ; mêmes illuminations que les jours précédents. A minuit, retraite en musique jusque sur la Place. Clôture des Fêtes.
Nota. — Pendant les trois soirées du Bal, indépendamment de l'orchestre, les Binious feront danser des rondes et autres danses bretonnes.

21 décembre 1908 — La musique municipale de Lamballe en concert à Guingamp pour la Sainte-Cécile
— Guingamp. Hier, a été fêtée la Sainte-Cécile par la musique municipale de Lamballe. A 8 heures, messe avec accompagnement de la musique de 3 heures à 4 heures, concert qui a été très applaudi par le public. A 7 heures, un banquet réunissait la société à l'Hôtel des Voyageurs.

4 août 1912 — Fête d'aviation sur l'hipppodrome de Kerrozen de Lamballe, suivie du traditionnel bal sur la Place
— La fête d'aviation de Lamballe a obtenu un succès inespéré. Le mauvais temps persistant cessa vers une heure et l'après-midi fut belle.
Une foule évaluée à 5.000 personnes se pressa sur l'hippodrome de Kerrozen, dont l'agencement était parfait. Cependant Ladougne, en raison de violents remous à certaine hauteur dans l'atmosphère, préféra attendre quelques heures avant de partir. Ce n'est que vers six heures qu'il exécuta deux superbes vols, accomplissant de larges circuits à trois cents mètres et volant sur divers quartiers de la ville. Les départs et atterrissages furent des plus habiles et des plus intéressants et le public ne ménagea pas ses applaudissements au courageux pilote.
Celui-ci déclara d'ailleurs qu'il avait éprouvé la plus grande difficulté à lutter contre le vent.
Durant l'après-midi un groupe de jeunes filles vendit des broches-aéroplanes et cartes postales souvenirs.
Le soir, au bal, une ovation chaleureuse accueillit l'aviateur. La musique interrompit un quadrille pour entonner La Marseillaise. Et sous les milliers de lumières qui brillaient comme autant d'étoiles, la réception au pilote avait l'air d'une apothéose.

Lamballe - La Place du marché
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12 juillet 1931 — La Musique municipale de Dol en concert sur la place du Marché de Lamballe
— Dimanche dernier 12 juillet la Musique Municipale de Dol, accomplissant sa promenade annuelle, s'est arrêtée à Lamballe et a donné un concert sur la place du Marché, de 10 heures ½ à 11 heures ¼.
Une très nombreuse assistance entourait les musiciens qui furent très applaudis. Sitôt le concert terminé, les musiciens furent conduits à la Mairie où M. le maire de Lamballe, assisté de M. Tremet, adjoint ; M. Pascal, conseiller général ; MM. Tessier, Henri Morvan et Eugène Gouret, conseillers municipaux, leur fit visiter la Mairie et sa nouvelle salle des Fêtes.
Après cette visite, les musiciens de Dol, accompagnés de M. Méance, président de la Société, et de M. Launay, vice-président et adjoint au maire, se rendirent à la salle du Conseil municipal où un vin d'honneur fut servi en leur honneur.
Un banquet de soixante et quelques couverts attendait les convives à l'Hôtel Bertain ; ce déjeuner fort bien servi fut plein d'entrain et de gaieté et, en quittant de table, toute la Société s'embarqua en autos et autos-cars, pour terminer cette journée bien commencée pour visiter Le Val-André. Erquy, Sables-d'Or-les-Pins, Matignon, Le
Guildo, Ploubalaye, et rentrer à Dol par le pont de la Hisse.

26 et 27 juillet 1936 — La musique des équipages de la Flotte de Brest inaugure les nouvelles tribunes du pesage de l'hippodrome de Kerrozen lamballais
— Dimanche 26 juillet. Comme on le sait, la Société des Courses de Lamballe a voulu inaugurer par deux journées de gala les nouvelles tribunes du pesage qu'elle a fait édifier.
Aujourd'hui et demain, nous assisterons à deux agréables journées de sport hippique qui se doubleront d'une fête mondaine à laquelle la fameuse Musique de la Flotte apportera son concours.
Elle formera pour ceux que les baraques du mutuel ne hantent pas trop exclusivement, une appréciable diversion entre les courses.
Les propriétaires eux-mêmes ont apporté leur tribut aux efforts méritoires de la Société en laissant engagés un bon nombre de chevaux dans toutes les compétitions. C'est maintenant au public de contribuer à l'harmonie générale en venant à l'hippodrome de Kerrozen, où il n'aura pas à regretter son déplacement, puisque tous les agréments lui sont promis, et notamment en ce qui concerne la partie technique qui reste la principale attraction du programme, et dont le succès est assuré.
La journée de dimanche se compose d'une course au trot, quatre courses plates et un steeple-chase.
— 29 juillet 1936. Le très beau concert, donné par l'excellente musique des Equipages de la Flotte, a clôturé cette magnifique séance à laquelle un public très nombreux et très intéressé avait assisté dans les tribunes que le Haras avait fait organiser pour la circonstance.
Tout ce public se retrouvait l'après-midi au champ de courses de Lamballe, où nous avons vu du beau sport.

Formations musicales actives à Lamballe en 1909 :
Fanfare municipale, direction Drieux, 35 exécutants ;
Fanfare de l'Ecole primaire supérieure, direction Hilly, 27 exécutants.

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Lun 7 Jan 2019 12:39
par JeanMarc
LAMBERSART - Le Parc de la Mairie
(NORD)
En 1800, Lambersart compte à peine plus d'un habitant par hectare (724 âmes pour 616 hectares), et la quasi totalité de son territoire est occupée par des terres agricoles cultivées. C'est au cours des années 1880, industrialisation oblige, que la population s'accroît de façon exponentielle, passant à quatre mille habitants en 1890, doublant à huit mille en 1906 (vingt huit mille aujourd'hui).

Plan de Lambersart en 1905 quartier Canteleu et Parc des Charmettes
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Plan de Lambersart en 1905 parc des Charmettes
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Léon Crépy (1837-1906) se trouve être un des acteurs de cette rapide industrialisation. Fils de Louis-Charles Crépy, salineur et fabricant de coton installé à Lille, Léon Crépy et ses frères Edouard et Eugène, empruntent la voie textile. Léon s'associe avec son frère Eugène, tout d'abord dans une filature de lin à Seclin, puis dans une filature cotonnière à Lille.
Tandis qu'Eugène Crépy (1839-1916) est installé à Lille, rue de Boulogne, Léon Crépy acquiert un terrain entre les rues Flament-Reboux et Vaillant, sur le hameau de Canteleu de Lambersart et y fait édifier, en 1889, une grande filature de coton. Dix ans plus tard, l'usine compte quatre cents employés.

Lambersart - Filature Crépy vers 1895 et 1930 (archives municipales Lambersart)
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En 1896, Léon Crépy et ses enfants, Maurice et Fernand, achètent les terrains de la ferme Defives, lieu-dit rue du Bois, circonscrits entre le Chemin de Carnoy, la rue du Bois, l'avenue des Acacias et l'avenue de Boufflers. Maurice-Charles Crépy (1866-1935), qui continuera les affaires de son père, reprend les parcelles contiguës à la ferme Defives, le long du chemin vicinal de Carnoy n° 21. Les lots situés au sud des terrains de la rue du Bois, côté avenue de Boufflers, sont attribués à Fernand-Achille-Germain Crépy (1868-1909).
De 1902 à 1904, Fernand Crépy fait édifier, sur sa parcelle, le Château dit des Charmettes et aménager un parc avec un petit étang, auprès duquel il fait construire un
Kiosque à musique. D'aspect rustique, de forme décagonale, ce kiosque est constitué de colonnes et rambardes en ciment armé imitant les troncs et branches d'arbres ; sa toiture est en chaume.
Après le décès de Fernand Crépy, sa veuve Denise Julie Bocquet (1876-1931), se remarie avec Auguste Poullier, adjoint au maire, qui, lui aussi, la laisse veuve en 1924.
De son côté, Maurice Crépy cède, en 1910, son lot Defives, dit du
Pré Fleuri à son cousin, Gabriel Crépy, fils d'Eugène, filateur à Lille. De 1911 à 1913, Gabriel y fait édifier un Château, sur les plans de Henri et Jean-Baptiste Maillard, face au Château des Charmettes ; le parc des deux châteaux, à usage commun, est conçu par l'architecte paysagiste lillois Jules Contal.

Lambersart - Château de M. Crépy aux Charmettes édifié en 1902-1904, mairie de 1937 à 1940 — Parc du Château, Kiosque à musique rustique et petit étang ; au fond, Château du Pré Fleuri, future mairie (archives municipales Lambersart)
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Alors que Lambersart est occupé par les allemands pendant le conflit 1914-1918, le colonel Bolze, commandant de la place, fait réquisitionner le Château du Pré Fleuri. En 1916, il fait arrêter Eugène et Gabriel Crépy en tant qu'otages et Auguste Bonte (1853-1916), maire de la commune, de 1897 à 1916. Tous trois meurent des suites des traitements qui leur sont infligés...
En mai 1920, après six années de fermeture, la filature et retorderie de coton Crépy fils et Cie, toujours dirigée par Maurice Crépy, est rouverte.

La mairie de Lambersart, qui se situait depuis 1893 à l’angle de l’avenue Delécaux et de l’Hippodrome, étant devenue trop étroite, la municipalité décide, en 1937, d'acquérir le Château des Charmettes pour y aménager son nouvel hôtel de ville. La propriété des Charmettes, acquise par une société mutuelle auprès des héritiers de Denise Julie Bocquet, veuve de Fernand Crépy et d'Auguste Poullier, est louée à la municipalité 35.000 francs par an, le bail de 18 ans étant assorti d'une promesse de vente fixée à 890.000 francs.
Trois ans après, le 30 mai 1940, la mairie du Château des Charmettes est incendiée lors du nouveau conflit.
L'ancienne ferme Defives est détruite en 1944.

La municipalité toujours en quête d'un hôtel de ville, depuis la disparition des Charmettes, jette son dévolu sur le Château du Pré Fleuri en 1945 et décide, le 26 octobre 1945 d'exproprier sa propriétaire actuelle, Suzanne-Stéphanie Charlotte Ladame, veuve de Gabriel Crépy (1877-1955). De longues négociations ont lieu avec la veuve Crépy qui finit par obtenir huit millions et demi de francs en 1947.
La vente une fois finalisée le 21 janvier 1949, le Pré Fleuri fait l'objet de gros travaux, notamment de toitures et planchers, dirigés par l'architecte Buhrer. Dans le même temps, le 10 février, les ruines du château des Charmettes sont arasées, l'étang est supprimé. L'année suivante, le paysagiste Desrumaux est chargé de réaménager le Parc des Charmettes.

La filature continuée par Claude Crépy, à partir de 1935, ferme définitivement ses portes en 1964. Les locaux administratifs sont rachetés par l'Urssaf, transformés en bureaux. Par la suite les locaux sont rachetés par un bailleur social.
Le Kiosque à musique est, aujourd'hui, reconstruit sous une autre forme et avec d'autres matériaux : rambarde en acier, colonnes en béton et toiture en zinc.
Kiosque remplacé toujours en place.

voir ici Le Parc des Charmettes de Lambersart et son kiosque, aujourd'hui.(1/4) (2/4) (3/4) (4/4)
Hôtel de ville de Lambersart (Château du Pré Fleuri), aujourd'hui.(1/2) (2/2)

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publié par Jean Marc Lun 7 Jan 2019 08:20

Compte tenu du caractère privatif du Kiosque à musique du Château de la famille Crépy depuis sa date de construction en 1904 jusqu'à la prise de possession du domaine par la municipalité en 1937 pour y installer sa mairie, il nous a été impossible de trouver la moindre mention de concert ou de festivité dans le Parc des Charmettes, hormis une réunion de l'ensemble des musiciens de l'Harmonie des Enfants du Nord photographiée en 1923 devant le château, en présence de Denise Bocquet, veuve de Fernand Crépy, et de son nouvel époux Auguste Poullier.

Lambersart - Harmonie des Enfants du Nord devant le château des Charmettes en 1923 (Denise Bocquet et Auguste Poullier en 1er plan) (archives municipales Lambersart) — Parc des Charmettes et Kiosque à musique
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26 juin 1899 — Les ouvriers de Léon Crépy ne sont pas exempts de grève
— Les ouvriers rattacheurs de la filature de coton Léon Crépy et fils, qui emploie quatre cent cinquante ouvriers à Canteleu-Lambersart, se sont mis en grève à propos d’une transformation dans le matériel.
29 juin 1899 — Les conflits sociaux sont de courte durée chez Léon Crépy !
— La grève des ouvriers rattacheurs de la filature Crépy et fils à Canteleu-Lambersart, est terminée ; les ouvriers ont repris le travail aux conditions proposées par les patrons.

13 septembre 1940 — Quelques nouvelles de Lambersart pendant la guerre : filature Crépy détruite, le Château-mairie des Charmettes incendié, 400 immeubles détruits...
— Les destructions dans le Nord. Le Petit Parisien a donné des renseignements sur les destructions dans le Nord.
A Lille, un engagement de quelques heures s'est livré sur la place de Tourcoing, entraînant la destruction des immeubles bordant la place, principalement le long des grands côtés de ce vaste rectangle. Furent seules à peu près épargnées les deux importantes maisons de rapport tonnant angles.
Lambersart a été le siège d'une énergique résistance, opposée à l'adversaire par des éléments de la division marocaine. Retranchées dans les jardins du Colisée et dans la propriété de M. Charles Van Cauwenberghe, maire de la ville, ces troupes arrêtèrent, trente-six heures durant, l'avance allemande qu'appuyaient de forts contingents motorisés. Dans Lambersart, plus de 400 immeubles sont détruits ; la nouvelle mairie elle-même, « Les Charmettes » a été incendiée. Des archives municipales, il ne reste rien.
D'autres quartiers de Lille ou de la périphérie ont beaucoup souffert : le quartier de Canteleu et la commune de Lomme ; la grande filature Crépy est détruite. L'église du Saint-Sépulcre très endommagée.

19 juin 2010 — Concert sur le Kiosque à musique des Charmettes restauré
— Comme beaucoup de ceux qui ont assisté hier aux cérémonies lambersartoises je n'ai pas eu à choisir. J'ai même pu profiter de l'excellent concert donné par l'Harmonie Municipale de Lambersart sous le kiosque du parc des Charmettes. Jean Luc Baelden nous avait sélectionné des morceaux cultes : la 2 ème D.B. ; le mur de l'Atlantique ; la 7 ème Compagnie ; American Patrol ; In the mood... Il ne manquait que des hommes aux cheveux gominés et des femmes aux jupes plissées et hauts talons.
Pour la nostalgie on devrait organiser plus souvent des concerts dans ce kiosque.

13 septembre 2016 — Le vieux Platane dominant le Kiosque à musique des Charmettes reçoit un label
— Lambersart et le platane du kiosque du parc des Charmettes devient « remarquable ». Ils sont vingt tout au plus, dans le Nord–Pas-de-Calais, à être ainsi distingués. Ce mardi, le platane du kiosque du parc des Charmettes a reçu le label « Arbre remarquable de France ». Un peu plus qu’une simple distinction, qui le rend intouchable.
Il est là depuis plus de cent ans. Indéracinable. Mais dans le monde des platanes, où certains sujets vivent plus de 500 ans, c’est encore un petit jeune. Si le platane du kiosque, dans le parc des Charmettes, a été remarqué par l’association Arbres, c’est pour d’autres raisons.
« On peut mettre à l’honneur un arbre par rapport à son âge ou son histoire, détaille Georges Feterman, président d’Arbres. Mais ici, c’est surtout sa forme étonnante et ses dimensions impressionnantes qui sont intéressantes. » Intéressantes au point de mériter le label « Arbre remarquable de France » remis officiellement à la ville via ses élus, ce mardi matin. Un label national rare, si l’on considère que seuls 400 arbres ont été distingués à travers toute la France et vingt tout au plus dans le Nord–Pas-de-Calais.
Avec ses 23 mètres de haut et 35 mètres d’envergure, avec ses six branches qui partent très près du sol, le platane du kiosque rejoint, dans le camp des labellisés lambersartois, un marronnier du clos Saint-Pierre, labellisé lui il y a trois ans. « À travers ce platane, c’est l’ensemble des platanes de Lambersart qui sont mis à l’honneur », complète le président Feterman.
Ce dimanche, le parc des Charmettes (derrière l’hôtel de ville de Lambersart) accueille la Fête de l’arbre (de 10 h à 19 h), avec des ateliers de grimpe, de créations de nichoirs (entre autres), un atelier de sculpture, des promenades à dos de poneys… Grand feu d’automne à 17 h 45.

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Ven 11 Jan 2019 13:56
par JeanMarc
LAMBERSART - Place du Docteur Martin
(NORD)
Si les fêtes du Colisée Royal du hameau de Canteleu, situé sur la commune de Lambersart, ont attiré, à partir de 1787, les bambochards et noceurs de la grande voisine lilloise, et inspiré François Watteau dans son célèbre tableau (voir ici), celles-ci n'auront en fait qu'une existence très éphémère : en 1792, ce parc, avec sa rotonde, son parc paysager et ses guinguettes, son lac, son île et son temple, est quasiment détruit, en raison du siège autrichien de la citadelle toute proche. (1)
Quelques guinguettes viendront s'installer au siècle suivant à Lambersart, toujours situées sur Canteleu, en périphérie de Lille, près de l'hippodrome et du vélodrome lambersartois créés en 1884.

Plan de Lambersart en 1905 quartier Canteleu et Parc des Charmettes
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Plan de Lambersart en 1905 — Quartier Canteleu sud, place du docteur Martin
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Fort de sa prééminence, Canteleu tente même, en 1875, épaulé par une partie du conseil municipal, alors que Louis Lelong est maire, de faire ériger son hameau en commune indépendante. Canteleu ayant son église, et également ses écoles de filles et de garçons, la municipalité de Lambersart rejette la proposition en raison des frais qui en seraient la conséquence.

Les formations musicales sont nombreuses à Canteleu et Lambersart : la fanfare Les Enfants du Nord, fondée en 1863, est la plus ancienne connue, suivie par l'Harmonie municipale créée en 1885. Apparemment peu actives sur la commune, faute de lieu de représentation, elles se produisent essentiellement sur leur grande voisine lilloise, avec la certitude d'y trouver un public de choix.
Si le Kiosque à musique, que nous avons évoqué sur notre précédente publication relative au parc des Charmettes, est édifié dès 1904, il semble que les musiciens n'y ont que rarement donné des concerts, compte tenu de l'appartenance privative dudit kiosque à la famille Crépy.

Lambersart - Place de l'Amiral Courbet avant l'édification du Kiosque à musique
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C'est seulement en 1928 que Georges Petit (1872-vers 1942), maire de 1925 à 1929, décide son conseil municipal à faire édifier un Kiosque à musique sur la Place de l'Amiral Courbet. Cette place, à laquelle on a attribué le nom de l'amiral Amédée Courbet en 1888, est située à quelques mètres de l'ancien parc du Colisée Royal, et à proximité immédiate de l'hippodrome et du vélodrome.
De forme octogonale, ce kiosque à musique est accessible par un escalier de huit marches en pierre ; sa toiture en zinc repose sur des colonnes en fonte, une rambarde de fer forgé est fixée sur son soubassement en briques et en pierre. Une plate bande fleurie et quelques buissons entourent l'édicule protégé par une grille soigneusement clôturée.
Le nom de la Place de l'amiral Courbet est remplacé, dès 1930, par celui du docteur Léon Georges Marie Martin (1853-1929), actif à Lambersart, dont on ne connaît quasiment rien, hormis le fait qu'il aurait été
médecin des pauvres.

Ce kiosque à musique ne sera pas conservé longtemps puisqu'en 1950, la municipalité le fait abattre pour y installer un de ces fameux bacs à sable microbiens dont on a affublé la France entière pendant des décennies.
Kiosque supprimé.

voir ici Place du Docteur Martin à Lambersart sans kiosque, aujourd'hui.(1/2) (2/2)

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publié par JeanMarc Jeu 10 Jan 2019 19:07

Quelques événements musicaux ou festifs à Lambersart
26 septembre 1875 — L'Orphéon de Lambersart participe au grand concours international de chant choral organisé à Bruxelles.
7 juillet 1892 — De nombreux Valenciennois se rendront dimanche prochain 10 Juillet, à Lambersart, pour prendre part à la Fête de la Goyère qui aura lieu à 4 heures du soir, à l'établissement du Canon d'Or.

14 juillet 1900 — La fête nationale à Lambersart. Jeu de grenouilles à brouette place de l’Amiral-Courbet. Promenade musicale des « Enfants du Nord »
— A Lambersart. Voici le programme de la fête du 14 Juillet pour l’année 1900 :
A neuf heures du matin, courses à pied pour tous les amateurs de la commune. Départ de l'estaminet de l’Alliance, rue du Bois ; arrivée à la Taverne de l’Espérance, extrémité de l’avenue de 1’Hippodrome.
Le matin, grand lâcher de pigeons voyageurs.
— Section du Bourg. — A dix heures, jeu de grenouilles à brouettes.
A deux heures, jeux de bouchon à la Maison-Rouge, au Vert-Feuillage, rue Marlière.
A trois heures, jeux de bouchon avenue Pottié, estaminets Lheureux et de l’Espérance.
A quatre heures, jeu de baigneau, rue Desmazières ; jeu de boules pour femmes près de Saint-Clément.
De six heures à sept heures du soir, promenade musicale par l’Harmonie municipale.
— Section de Canteleu. — A 11 heures, jeu de grenouilles à brouettes, place de l’Amiral Courbet ; jeu de seau, rue de l’Eglise.
A deux heures, Jeux de bouchon à La Carnoye, rue des Blanchisseurs, rue Dumoulin, avenue de Soubise.
A trois heures, jeux de bouchon rue Flament-Reboux, rue Bernard, me Béharel, avenue Sainte-Cécile.
A cinq heures, jeux de boule pour femmes rue Vaillant et à la Carnoye.
De six heures à sept heures, promenade musicale par la fanfare les Enfants du Nord de Canteleu.
La distribution des prix aura lieu à sept heures, à l’ancienne mairie pour le Bourg et à l’école de garçons pour Canteleu.
Le soir, illumination des édifices communaux.

4 janvier 1904 — Faute de kiosque à musique, l'harmonie municipale se produit à l'Eglise de Lambersart
— L'Harmonie municipale de Lambersart s'est fait entendre à l'église, à l'occasion de la Sainte-Cécile, sous l'habile direction de M. Marissal.
Cette audition a été suivie d'un banquet servi à la Maison-Rouge. Un fort joli concert a terminé le banquet.


21 août 1904 — Concert de l’Harmonie municipale, jardins de la laiterie de l’hippodrome
— Lambersart — L’Harmonie municipale offre un grand concert à ses membres et à leur famille, le dimanche 21 août 1904, de 7 à 9 heures du soir, dans les jardins de la Laiterie de l'Hippodrome, illuminés pour la circonstance.
En cas de mauvais temps, le concert sera remis à une date ultérieure.


16 janvier 1905 — Vingtième anniversaire de la fondation de l'Harmonie municipale de Lambersart
— L'Harmonie municipale de Lambersart a célébré, avec éclat le vingtième anniversaire de sa fondation.
Le matin, à l'église, elle a fait entendre, sous l'habile direction de M. Marissal, une fantaisie sur le Prophète, "Dans la prairie" de Guillemant, "Joyeuse entrée" de Van Gael, qui ont produit une excellente impression.
L'après-midi, un banquet de 120 couverts, réunissait, dans les salons Thumerelle, les membres actifs et honoraires de la Musique municipale. M. Auguste Bonte, député maire, présidait, ayant à ses côtés MM. Wallaert, G. Vandame, Nicolle, C. Delattre, président de la société, Marissal, directeur, L. Cousin, sous-chef, Auquart, Herbant.
Cette fête s'est terminée par un concert improvisé.

Lambersart - Fanfare sur l'avenue de Dunkerque vers 1910 — Kiosque à musique place de l'Amiral Courbet
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3 juillet 1910 — Grande cavalcade de Lambersart dont la dislocation a lieu place de l’Amiral-Courbet. Six kiosques à musique démontables sont édifiés sur les diverses places dont celle de l’Amiral-Courbet qui accueille l’Harmonie des Etablissements Agache de Pérenchies et la Fanfare Les Enfants du Nord
— Les fêtes de Lambersart. Ainsi que nous l’avons annoncé, des fêtes brillantes sont organisées aujourd'hui dimanche, à Lambersart. Voici la composition du cortège, et l'itinéraire qu'il suivra.
A deux heures, formation du cortège, avenue de l’Hippodrome (partie comprise entre la Mairie et l'avenue du Colisée).
Le défilé commencera à deux heures et demie précises dans l’ordre suivant :
Vélos fleuris, Société de gymnastique « La Pro Patria du Marais-de-Lomme, Fanfare des trompettes dévoués de Marquette, Harmonie Municipale de Lambersart, voitures fleuries, Char colombophile, Fanfare de Saint-André, l’Avenir du Marais-de-Lomme, Char de l’Industrie, la Lyre musicale du Marais, l'Harmonie des accordéonistes lillois, Char de l’Horticulture, Société de gymnastique la St-Louis de Lambersart, la Fanfare municipale de Lomme, la Fanfare des sapeurs-pompiers d’Haubourdin, l’Harmonie municipale de Wambrechies, la Fanfare des Enfants du Nord.
Sur tout le parcours du cortège, explosion de bombes avec surprises.
Itinéraire du cortège : Avenue de l’Hippodrome, avenue du Colysée, rue François-Verly, rue Bernard, place de l’Amiral-Courbet, rue des Fours, rue Dumoulin, rue de l’Abbé-Desplanques, rue Béharel, rue Flament-Reboux, rue Volta, avenue Boufflers, rue Quencq-de-Selingue, rue de la Carnoye, place de l’Eglise de Lambersart, rue du Bourg, rue de Lille, avenue Pottier, rue Notre-Dame, avenue Becquart, rue de Lille, rue du Bourg, avenue de l’Hippodrome, avenue de 1’Amiral-Courbet et place de l'Amiral-Courbet où aura lieu la dislocation.
A sept heures, concerts sur les kiosques désignés :
1° au Colisée : Harmonie des Accordéonistes lillois et Harmonie municipale de Loos ;
2° kiosque place de l’Amiral-Courbet : Fanfare Les Enfants du Nord et Harmonie des Etablissements Agache de Pérenchies ;
3° kiosque rue Dumoulin : Chorale la Patoisante de la Madeleine, Fanfare l’Avenir du Marais-de-Lomme et Fanfare des Sapeurs-Pompiers d’Haubourdin ;
4° Rue de la Carnoye : Fanfare municipale de Lomme et Harmonie de Wambrechies ;
5° Place de l‘Eglise : Harmonie municipale de Lambersart et Symphonie Notre-Dame de Lille ;
6° Au Canon d'Or : Fanfare Saint-André et Harmonie municipale de La Madeleine.

Lambersart - Place du Docteur Martin et Kiosque — Place du docteur Martin, kiosque remplacé par un bac à sable
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Formation musicales actives à Lambersart en 1909 :
Harmonie municipale, fondée en 1885, président Delabelle, direction Marissal, 45 exécutants ;
Fanfare des Prévoyants ;
Le Club des Quinze (chorale), président Toussaint, direction Wallez, 30 exécutants.


Faubourg de Lille : Canteleu :
Les Enfants du Nord (fanfare), fondé en 1863, président L. Plancq, direction Millécamps, 49 exécutants ;
Fanfare de Canteleu, 28 exécutants.

(1) Le Colisée (ou Colysée) Royal de Lambersart
— C'est à l'instigation du prince de Soubise et de quelques notabilités lilloises que ce projet est dû. Le 9 mai 1777, Pierre-Alexandre Muiron fait l'acquisition de la ferme de la Petite Pecquerie, située au lieu-dit le Pont de Canteleu, commune de Lambersart, au nord de la Citadelle de Lille. François Verly, architecte, est chargé de dresser les plans de ce vaste parc. Prairie, terrains inoccupés, fossés et ornières sont transformés. L'inauguration de ce lieu enchanteur a lieu en juin 1787.
Quelques annonces et comptes rendus de diverses fêtes ou concerts au Colisée, au charme certes désuet du passé, ont été conservés :
12 juin 1887 — Samedi dernier il y a eu un concert d'amateurs dans la belle rotonde. Mademoiselle Simon y exécuta sur la harpe, plusieurs morceaux qui ont fait le plus grand plaisir...
29 juin 1787 — Aujourd'hui, joute avec les bateaux sur le grand bassin. Chaque parti combattant aura sa musique particulière...
7 août 1787 — Hier, la fête extraordinaire donnée dans ce jardin délicieux a été des plus brillantes. La belle rotonde était supérieurement illuminée en bougie...
24 septembre 1787 — Le sieur Boutry, artificier, donnera à son bénéfice, le lundi 24, une fête de nuit dans ce jardin, si le temps le permet. Il y aura illuminations de différents genres.
26 mai 1788 — Le samedi 26, le prince de Condé et son petit-fils le duc d'Enghien ont été au Colisée où les entrepreneurs avaient fait préparer une fête brillante. Le duc d'Enghien a bien voulu danser une contredanse et fait l'honneur à Madame de Montrosier de lui donner la main. La contredanse faite, on est passé dans le jardin où un petit feu d'artifice avait été dressé à la hâte par le sieur Boutry sur les bords de la pièce d'eau...
Le Colisée royal, dont il ne reste que le Temple d'amour construit sur l'île du petit lac, est revendu le 19 octobre 1793 à la rentière lilloise Rose Laga. Il passe ensuite dans les mains de la famille Ingiliard de la Bretaigne le 18 thermidor an V (5 août 1797), puis de la famille Brame et enfin de la famille Groulois.
Le domaine est occupé par Edmond Ory (1847-1936), avocat, urbaniste et promoteur, gendre des Groulois dont il a épousé la fille, Léonie.
Aujourd'hui, un stade est installé à l'emplacement de l'ancien parc du Colisée...

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Lun 14 Jan 2019 10:49
par JeanMarc
LANDRECIES - Le Jardin Public et Monument
(NORD)
La ville de Landrecies est constituée de deux quartiers, la ville haute et la ville basse, séparées par la Sambre, chacun desdits quartiers étant fortifiés depuis le XIIe siècle. Attaquée et ruinée à plusieurs reprises, la cité se dote au XVIe siècle de bastions et demi-lunes, de courtines et de fossés. Louis XIV, qui finit par s'emparer définitivement de Landrecies en 1659, charge l'inévitable Vauban de renforcer l'enceinte.
Trois casernes sont construites au XVIIIe siècle : le Pavillon en 1740 et la caserne Saint-Philippe sur la ville haute ; la caserne Saint-Charles sur la ville basse. Seules deux portes ont un accès extérieur à la forteresse : la porte de France au sud, la porte du Quesnoy au nord. Une autre porte, dite porte de la Redoute, permet de relier les villes haute et basse en franchissant une passerelle en bois sur la Sambre.


Plan de Landrecies en 1739
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Cette triple enceinte de remparts occupée par les quelques milliers d'hommes de sa garnison ne feront cependant pas le poids face à la Première coalition (Prusse-Autriche-Hollande etc.) qui, en butte à la France en révolution, va s'attaquer à cette forteresse : après un siège commencé le 17 avril 1794 et trois jours de bombardements incessants, Landrecies capitule le 30 avril ; la ville est totalement anéantie, seules cinq maisons restent intactes, deux mille civils et militaires ont été massacrés.
Détruite et quasiment abandonnée, la ville est reprise sans mal par les Français le 17 juillet 1794.
Le conseil municipal landrecien décide, le 3 novembre 1794, de renommer les casernes : le Pavillon situé sur les remparts, devient la caserne de l'Egalité et plus tard caserne Biron ; Saint-Philippe est baptisé caserne des Sans-Culottes, puis caserne Dupleix ; enfin Saint-Charles est appelé caserne de l'Union avant d'être appelé Caserne Clarke.

La première moitié du dix-neuvième siècle est consacrée à la reconstruction de la ville : l'Hôtel de ville en 1807, l'Eglise en 1822... Les remparts sont aménagés en promenades complantées de près de deux mille arbres.
Landrecies, qui conserve son statut de place forte, voit se succéder de nombreux régiments : l'infanterie à Saint-Philippe avec le 36e de ligne, le 55e, le 74e régiment d'infanterie et enfin le 84e R.I. à partir de 1873 ; la cavalerie à Clarke (Saint-Charles), avec les 7e, 9e et 8e régiment de cuirassiers ou encore le 3e régiment de hussards...

Le pont enjambant la Sambre devant être remplacé par une passerelle en fer, le passage entre la ville haute et basse est, pendant cinq jours, du 17 au 21 mars 1858, totalement interrompu.

Landrecies - Fortifications avant démantèlement, porte de la Redoute et vue sur la Ville basse et la passerelle en fer
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Le long du cours de la Fontaine, l'Esplanade, vaste quadrilatère longeant la caserne Clarke, est consacrée aux foires, comices agricoles, festivals, concerts, manoeuvres de cavalerie et bien entendu aux deux ducasses annuelles de juin et septembre.
L'Esplanade est également le lieu des exécutions capitales, la plus médiatisée étant celle du 9 septembre 1865 : ce jour-là, alors que l'échafaud est installé
dans l'angle formé par le rempart et le quartier de cavalerie, Joseph Manesse éternue dans le sac, au milieu de plus de cinq mille personnes agglutinées sur l'Esplanade. Manesse était l'auteur de l'assassinat de six membres de la famille Largillière, perpétré le 17 mars 1865 dans la commune du Favril, limitrophe de Landrecies.

Si les musiques militaires sont présentes à chaque occasion festive, les musiques landreciennes civiles ne sont pas de reste : la
Musique communale est dirigée pendant de nombreuses années, entre 1830 et 1855, par M. Madoulé père ; reprise en 1856 sous le nom de Société Philharmonique, elle est dirigée par M. Pechie, et, à partir de 1861, la Société musicale de Landrecies est reconstituée, prenant le nom de Musique-Fanfare. Cette dernière prend part à de fréquents festivals, concerts et cavalcades organisés à Landrecies mais également dans la région, outre-quiévrain ou encore en région parisienne.

Le 28 novembre 1893, une convention est passée entre le maire de Landrecies et les départements de la guerre et des finances, permettant à la ville d'acquérir, pour cent mille francs, les terrains liés au futur démantèlement des fortifications. Cette cession est entérinée par la loi du 20 août 1894. Le 13 septembre 1894, le décret n° 28507 décide de rayer la place de Landrecies du tableau de classement des places de guerre.
Aussitôt, la municipalité s'empresse de procéder à l'abattage des arbres qui ornaient les remparts : le 7 novembre 1894, un premier lot de 415 arbres qui croissaient sur les fortifications partent en adjudication ; ils sont suivis le 17 décembre par 878 autres dont
certains atteignent deux mètres cinquante de circonférence, puis encore le 18 novembre 1895 par 215 frênes et ormes...

Landrecies - Annonces adjudications des coupes d'arbres des fortifications
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Les travaux de démantèlement de l'enceinte landrecienne sont confiés, le 23 mai 1895, à Ovide Bonnet, entrepreneur dunkerquois qui commence les travaux le 1er juin : le devis initial prévu à 230.000 francs est ramené après rabais à 135.000 francs. Le 20 avril 1896, des travaux complémentaires de 20.000 francs, relatifs au remblaiement des fossés, est mis en adjudication.

Plan de Landrecies en 1932
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Dès le 23 mai 1895, la municipalité prévoit de faire édifier une colonne commémorative du siège de Landrecies en 1794 sur la belle et large avenue qui doit partir du pont du canal, fixant la date de cette inauguration pour le 3 avril 1796. Cette anticipation sera par trop présomptueuse au vu de l'immense tâche de démantèlement de la place landrecienne qui durera finalement jusqu'en 1899.
Une fois les fortifications arasées, de nouvelles rues et places sont tracées, des îlots de constructions sont créés, et un petit
Jardin public voit le jour, aménagé et planté de marronniers, le long du canal de la Sambre, au bord du tout nouveau quai de l'Esplanade. A l'entrée du jardin, dénommé également allées des marronniers, une nouvelle place est aménagée, la place des Anglais, sur l'emplacement de l'ancien bastion et de la porte de la Redoute, en face de la passerelle de fer menant à l'Esplanade et à la Caserne Clarke.

Landrecies - Le Jardin Public Image

Le 22 avril 1899, Paul Deloffre, maire de Landrecies procède enfin à l'adjudication du Monument commémoratif du Siège de 1794, pour un montant fixé à 5 388 fr. 40. L'architecte lillois, Louis Marie Cordonnier (1854-1940), est chargé de sa conception, la réalisation est confiée à l'entreprise de Nestor Houart.
Inauguré sur la place des Anglais lors d'une fête somptueuse se déroulant du 13 au 15 août 1899, au cours duquel, un grand festival musical est organisé, ce monument, qui sera baptisé
la Colonne, est composé d'une stèle carrée en pierre de Soignies, avec en son centre un bouclier en bronze portant l'effigie du millésime 1794 et l'inscription autour « La ville de Landrecies a bien mérité de la patrie ». Cette pyramide quadrangulaire, quelques journalistes ne s'y trompent pas, est de forme particulièrement inélégante...
Le 29 septembre 1900, la ville de Landrecies est décorée de la croix de la Légion d'honneur en raison de son attitude courageuse en 1794 et, le 30 août 1903, une fête grandiose est organisée pour célébrer cet événement.

Landrecies - Monument commémoratif du siège de Landrecies inauguré place des Anglais, en face de la passerelle sur la Sambre
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Le Kiosque à musique de Landrecies est construit, vers 1908-1910, dans le Jardin Public. De forme octogonale, apparemment constitué de colonnes et d'un garde-corps en bois, sa toiture est en zinc.
L'emplacement choisi pour l'installation du Monument de 1794 ayant été décidé à la hâte, les landreciens s'aperçoivent après coup que la place des Anglais, également appelée place de la Colonne, n'était pas le lieu idéal, gênant quelque peu la circulation. Aussi, est-il décidé, en 1913, de transférer le Monument commémoratif 1794 sur les allées des Marronniers, devant le Kiosque à musique.

Landrecies - Jardin public et Kiosque à musique — Monument du siège de 1794 et Kiosque à musique
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Les Allemands occupent Landrecies dès le 26 août 1914 et n'en partiront qu'en novembre 1918, à l'issue de nombreux bombardements détruisant à nouveau une grande partie de la ville.

Landrecies - Place des Anglais après la guerre 1914-1918 — Caserne Clarke après guerre
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Vers 1930, la passerelle sur le canal de la Sambre est remplacée par un pont en béton.
Le Kiosque à musique a disparu après les années 1940, le monument restant seul en place. La caserne Clarke, restaurée en 2007, est affectée aux locaux de la Communauté de communes du Pays de Mormal.
Kiosque supprimé.

Voir ici le Jardin public de Landrecies sans son kiosque, aujourd'hui. (1/3) (2/3) (3/3)
Ancienne caserne Clarke de Landrecies, aujourd'hui.

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publié par Jean Marc Lun 14 Jan 2019 08:32

8 mars 1842 — Cavalcade à travers les rues de Landrecies
— La ville de Landrecies, marchant sur les traces du Quesnoy et de Bavay, s'est occupée des préparatifs d'une marche triomphale dont la bienfaisance envers les pauvres est le premier mobile.
Soliman III, entouré d'une brillante escorte composée de fantassins et de cavaliers, étendards et musique en tête, a dû parcourir la ville et les faubourgs, hier dimanche 6 mars, à 11 heures du matin.

18 mars 1848 — La musique de la garde nationale active à Landrecies
— Le 3e bataillon du 55e de ligne a quitté Avesnes lundi matin pour se rendre à Landrecies où il va tenir garnison. La garde nationale avec la musique, s'est portée à la rencontre du bataillon avec lequel elle est rentrée en ville. Le second bataillon du 7e léger, se rendant à Maubeuge est arrivé mercredi a Avesnes.

14 mars 1856 — M. Pechie dirige la société philharmonique de Landrecies
— La société philharmonique de Landrecies, sous la direction de M. Pechie, qui en est le chef, se propose de donner le 16 de ce mois, dimanche des Rameaux, dans les salons de la mairie de cette ville, un brillant concert vocal et instrumental au profit des pauvres. Plusieurs dames doivent concourir au charme de cette fête musicale.

La bataille de Magenta, livrée le 4 juin 1859 pendant la campagne d'Italie, se termine par une victoire franco-sarde conduite par Napoléon III contre les Autrichiens du maréchal Ferencz Gyulai.
14 juin 1859 — Le corps de musique de Landrecies en grande forme, après la victoire de Magenta
— On nous écrit de Landrecies : Notre ville était encore toute entière dans l'enthousiasme que la dépêche de dimanche avait causé, lorsque la voiture de neuf heures du soir arriva pavoisée d'un drapeau. Aussitôt toute la ville fut réunie et au premier mot de la lettre que portait le courrier : Milan est pris ! les applaudissements, les cris de Vive l'Empereur ! Vive l'Italie ! répétés par mille voix se firent entendre dans toutes les rues ; toutes les maisons se trouvèrent illuminées spontanément et comme par enchantement ; le corps de musique, réuni en quelques minutes, exécuta, jusqu'à minuit, avec un entrain admirable un grand nombre de morceaux qui furent chaleureusement applaudis par les nombreux auditeurs.

29 janvier 1861 — La Musique-Fanfare de Landrecies réorganisée
— La Société musicale de Landrecies vient de se reconstituer sous la dénomination de Musique Fanfare. A l'instar des villes voisines, elle s'est constituée sous le patronage de membres honoraires, et son conseil d'administration vient d'être installé.
Il est heureux de voir se développer les Sociétés qui encouragent les arts et procurent des plaisirs moralisateurs : l'appel que la Société a fait aux habitants a été entendu et plus de cent cinquante signatures ornent aujourd'hui son règlement ; sous un tel patronage elle ne peut faillir à son but et la ville n'aura bientôt rien à envier à ses voisines où l'art musical est en si grand honneur.
La Société se propose de donner prochainement un concert pour remercier ses membres honoraires de leur bienveillant concours et tout fait espérer qu'il sera digne de l'émulation qu'il fait naître.

2 mars 1861 — Concert de la Musique municipale
— Le grand concert vocal et instrumental que la société de musique de la ville de Landrecies offre dimanche prochain à ses membres sociétaires, s'annonce sous les plus heureux auspices et promet d'être encore plus brillant qu'on ne l'espérait.
Nous apprenons que la Société a reçu l'avis qu'elle pouvait compter sur le concours d'un artiste étranger, M. Putzeys de Bruxelles, violoniste distingué, dont la participation devra rehausser encore l'éclat de cette fête.


14 juillet 1861 — Festival musical à Landrecies
— 22 mai 1861. Annonce du festival. On nous annonce qu'un grand festival musical et militaire aura lieu à Landrecies, vers les premiers jours de juillet prochain. Le conseil municipal, à la presqu'unanimité, a, sur la demande collective des membres de la commission musicale et des officiers de la compagnie de pompiers, voté le crédit nécessaire pour faire face aux frais que nécessitera cette fête qui promet d'être magnifique et dont nous publierons incessamment le programme.
— 27 juin 1861. 27 musiques et 18 compagnies de sapeurs-pompiers présentes au festival
— On mande de Landrecies que jusqu'à ce jour 27 musiques et 18 compagnies de sapeurs-pompiers ont répondu affirmativement à l'invitation qui leur a été adressée pour la fête du 14 juillet, qui se compose, comme on sait, d'un grand festival pour les musiciens et d'un tir à la cible pour les sapeurs-pompiers.
Ces chiffres parlent haut et disent éloquemment ce que promet d'être la fête offerte par nos voisins, qui ne négligent rien pour la rendre aussi brillante que possible.

— 24 juillet 1861. Compte rendu du festival
— Landrecies. Notre ville s'est distinguée dans son festival du 14 juillet. Ses principales rues et places
étaient pavoisées et bordées de hauts sapins verts, de mâts aux girandoles, d'arcs-de-triomphe improvisés.
Deux estrades élégantes décoraient le milieu des deux principales places de l'Hôtel-de-Ville et de l'Esplanade, en un mot, ce n'était partout que festons et astragales. Vers les neuf heures du matin, les différents corps de musique et les nombreuses compagnies de pompiers furent reçus en dehors des fortifications par les autorités communales et conduites à l'Hôtel-de-Ville pour le vin d'honneur. Cette fois, la triple enceinte de rempart laissait passer de paisibles et nombreux visiteurs : 1.200 musiciens, 1.000 pompiers, tel était d'après le programme, l'effectif approximatif.
Si les hôtes étrangers ont pu remarquer les dates néfastes et glorieuses de 1659, 1712 et 1794 inscrites sur des bombes, à l'avenir le 14 juillet pourra figurer sur une lyre ; car, à vrai dire, il s'est fait dans Landrecies, ce jour-là, beaucoup de musique et de la bonne : il suffit, d'ailleurs, de citer Maubeuge et Le Quesnoy pour être compris. Nous dirons plus : parmi les corps de musique moins nombreux, nous avons pu entendre d'excellents morceaux : Haumont, Solre-le-Château, Bavay, Avesnes. etc., ont été bien applaudis. Mais la musique qui a le plus particulièrement captivé l'attention de la commission et du public, c'est, sans contredit, celle d'un Pension de Saint-Quentin : on était loin d'attendre une aussi bonne exécution d'aussi jeunes musiciens ; aussi regrettons-nons de ne pouvoir nommer le jeune chef de cette musique, à qui la commission musicale a adressé les plus chaleureuses félicitations et décerné deux médailles.
Les compagnies de pompiers ont défilé avec un ensemble remarquable, et, toutes avaient une brillante tenue. Nous avons vu plusieurs de ces compagnies manoeuvrer comme nos troupiers.
Enfin, le feu d'artifice, la distribution des médailles, le bal public ont terminé cette belle journée dont Landrecies gardera longtemps le souvenir.

23 février 1862 — Concert et bal à Landrecies
— Dimanche dernier, un concert suivi d'un bal était donné à Landrecies, par la société musicale, avec quête au profit des pauvres.
Deux musiciens de Saint-Quentin y ont obtenu un grand succès : ainsi M. Daub fils, artiste dont on connaît le talent, y a joué un morceau pour le cor, qui a été vivement applaudi. M. Hibon, pianiste amateur très distingué, comme on sait, a exécuté les variations originales et charmantes qu'il a composées sur l'air Ah ! vous dirai-je maman, et qui ont été des plus goûtées.
Des variations sur un thème tyrolien, une fantaisie sur un thème allemand, par M. Nauwelaers, flûtiste de Maubeuge, et des fantaisies pour violon, par M. Bataille, ont aussi causé beaucoup de plaisir.

Le 17 mars 1865, Joseph Manesse, beau-frère d'Isidore Largillière dont la famille est installée au Favril, à côté de Landrecies, va perpétrer un carnage sur la famille de celui-ci : Isidore, ses enfants Martial et Bibiane, sa soeur Désirée et la fille de celle-ci, Léopoldine, sont massacrés. Manesse comptait, à l'issue de ces meurtres, hériter de la maison et des biens de ses victimes...
Condamné à être guillotiné, il est exécuté le 9 septembre 1865 sur l'Esplanade de Landrecies, devant la caserne Clarke.
13 septembre 1865 — Exécution de l'assassin Manesse.
— L'horrible drame du Favril vient d'avoir son dénouement ; une sanglante expiation a vengé la société de l'attentat du 17 mars. Manesse a été exécuté samedi matin à six heures sur l'Esplanade, à Landrecies, en présence d'une foule énorme de curieux de tout âge, de tout sexe et de toute condition, accourus de dix lieues à la ronde à ce funèbre rendez-vous.
Dès la veille, la nouvelle de l'exécution avait attiré à Landrecies une foule considérable d'étrangers ; partout dans les maisons particulières, dans les lieux publics, dans les rues et sur les places, on ne s'occupait que de Manesse. L'arrivée en ville de toutes les brigades de gendarmerie à cheval de l'arrondissement et d'une compagnie d'infanterie venue de Cambrai pour renforcer la garnison, prêter main-forte à l'autorité et maintenir l'ordre, avait encore augmenté l'animation qui allait toujours grandissant. Les hôtels trop étroits et remplis jusqu'aux combles étaient contraints de refuser l'hospitalité à un nombre infini de voyageurs qui s'en allaient par les rues cherchant, à grand bruit, un gîte impossible à trouver.
Bon nombre d'habitants ne se sont pas couchés de la nuit, qui a été des plus bruyantes. On ne cessait d'entendre circuler les voitures et les piétons arrivant de tous les côtés ; pendant toute la nuit, les diverses routes débouchant à Landrecies offraient l'étrange spectacle de longues caravanes se dirigeant toutes vers un même point.
Dès trois heures du matin, plus de cinq mille personnes encombraient l'Esplanade, sur laquelle l'instrument du supplice se dressait dans l'angle formé par le rempart et le quartier de cavalerie.
Mais bientôt toute la garnison, infanterie et cavalerie, formait une ligne serrée autour de l'échafaud et faisait refluer à une grande distance la foule compacte des curieux.
Le jour se levait, à peine que la place entière était envahie ; les maisons de la Basse-Ville regorgaient de spectateurs qui s'établissaient jusque sur les toits. Deux heures s'écoulèrent, deux longues heures de lutte entre le flot toujours grossissant des spectateurs et la troupe, qui avait la plus grande peine à maintenir l'espace libre autour de l'échafaud. Il est incroyable qu'on n'ait eu à déplorer aucun accident dans cette foule composée d'hommes, de femmes et d'enfants de tout âge. Sans cesse, les individus les plus rapprochés étaient poussés sous les pieds des chevaux des dragons qui, fatigués des assauts continuels qu'on leur livrait, avaient fini par montrer
un assez mince respect pour la foule.
Enfin, à cinq heures, la presse était devenue telle sur toute l'étendue de l'Esplanade que tout mouvement était rendu impossible. L'échafaud était entièrement monté et le sinistre couteau, essayé par l'exécuteur des hautes-oeuvres, avait déjà glissé plusieurs fois dans ses rainures.
A cinq heures et demie, Manesse, accompagné du digne aumônier qui ne doit le quitter qu'au dernier moment, monte dans la fatale charrette où les bourreaux de Douai et d'Amiens prennent place à côté de lui.(...)

Landrecies - La Caserne Clarke et l'Esplanade — Nouveau pont sur la Sambre et caserne Clarke
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18 mars 1866 — Grande cavalcade à Landrecies
— Les jeunes gens de la ville de Landrecies ont organisé pour demain, 18 mars, dans un but de bienfaisance, une grande cavalcade, avec marche aux flambeaux, feu d'artifice, illumination, etc. La fête se terminera par un bal qui sera dans les dans les salons de l'hôtel de ville.

22 septembre 1866 — La musique-fanfare de Landrecies au concours musical de Tournai
— La musique-fanfare de Landrecies s'est rendue au grand concours de musique qui a eu lieu dimanche à Tournai. Elle n'a pas craint de se mesurer en seconde division avec les fanfares belges, si justement renommées.
Audaces fortuna juvat... La musique de Landrecies avait, entr'autres, une terrible concurrente ; la société des Fanfares de l'Amitié, d'Eugies ; elle a dignement soutenu le combat et remporté le 2e prix.
C'est un beau succès dont la ville de Landrecies a le droit d'être fière.


25 juin 1867 — Concours musical organisé sur l'Esplanade pour le 30 mai
— La ville de Landrecies offre le dimanche 30 de ce mois un concours de musiques instrumentales. Des prix personnels seront décernés au meilleur soliste dans chaque division française ou belge, d'harmonie ou de fanfares.
Les sociétés qui n'auraient pas eu le temps de se préparer à subir l'épreuve du concours sont invitées à prendre part à un festival, qui aura lieu sur l'Esplanade ; des médailles commémoratives leur seront offertes par la musique et la compagnie de pompiers de Landrecies.


6 juillet 1867 — Fête patronale et concours musical
— Dimanche a eu lieu à Landrecies l'inauguration de la nouvelle fête patronale, et le concours international de musiques dont nous avons parlé précédemment. Un tir à la cible auquel ont pris part près de trois mille hommes a été offert, aux compagnies de sapeurs-pompiers.

30 septembre 1878 — Commémoration de Landrecies relatives au siège de 1794
— Dimanche, jour de la fête communale, la ville de Landrecies a inauguré les tables commémoratives apposées sur la façade de son Hôtel-de-Ville à la mémoire de Dupleix et du décret de la convention nationale du 28 ventôse an III, portant que Landrecies a bien mérité de la patrie.
Plusieurs musiques des environs ont pris part à cette solennité qui avait attiré une nombreuse affluence.


1er septembre 1881 — La musique de Landrecies à Saint-Maur
— La musique de Landrecies a remporté dimanche au concours de Saint-Maur, trois premiers prix : lecture à vue, exécution, soli.

27 juillet 1884 — La musique de Cartignies s'égare à Landrecies, arrosant immodérément ses succès musicaux !
— Cartignies. On nous écrit de cette commune : Lundi matin, la commune prenait un air de fête. On venait d'apprendre que la Fanfare, partie la veille au concours de Saint-Simon avait remporté en 3e division, 2e section, le premier prix de lecture à vue, le premier prix ascendant d'exécution, à l'unanimité, avec félicitations et le premier prix de soli, à l'unanimité.
En quelques heures les jardins étaient dévastés et la place publique décorée ; un groupe de jeunes filles habillées de blanc, chargées de bouquets, le conseil municipal et une foule sympathique étaient prêts à aller au-devant de la petite phalange qui venait de remporter un si beau succès.
Mais il a fallu attendre longtemps le retour.
La fanfare avait été arrêtée à Landrecies par une députation de la musique de cette ville, ayant à sa tête M. Paul Deloffre, son président, et par M. Marie-Soufflet, maire, qui ont félicité les vainqueurs et leur ont offert des rafraîchissements.
A Prisches, nouvel arrêt et nouveaux rafraîchissements. La fanfare de cette commune, rentrée le matin du même concours, et aussi couverte de lauriers (elle avait remporté trois premiers prix) et ayant à sa tête M. Cinglant, son président et M. Béthune, adjoint au maire, est venue devancer sa voisine et l'a accueillie avec la plus grande cordialité.
Enfin, vers trois heures de l'après-midi, nos musiciens faisaient leur entrée dans le village devancés par la petite jeunesse et la municipalité, et escortés par une suite nombreuse ayant la joie peinte sur le visage.
Des vins d'honneur furent offerts comme bien on pense. M. Boutrouille, président de la fanfare, invita ensuite toute la députation à prendre chez lui un dernier rafraîchissement et l'on se sépara en se donnant rendez-vous le soir, à un bal offert par la Société.
Malheureusement, l'inclémence du ciel ne permit pas de donner toute la suite désirable à cette fin de la fête.

15 juillet 1894 — Fête nautique sur la Sambre à Landrecies ; les sociétés musicales sont de la partie
— Une magnifique fête nautique, favorisée par le beau temps, a été donnée le 15 à Landrecies au milieu d'une affluence énorme de spectateurs venus de tous les environs.
Plusieurs sociétés musicales avaient bien voulu prêter leur concours à cette fête. Le programme comportait six courses. Trois sociétés ont pris part au concours : le Rowing club et le sport nautique de Lille, et les jouteurs de Berlaimont. Tous les prix (trois à chaque course) ont été remportés par les sociétés lilloises.
Cette fête s'est terminée par un bal.


23 mai 1895 — Calendrier des fêtes à Landrecies ; l'érection de la Colonne n'aura en fait lieu qu'en 1899
— L'opération du démantèlement n'étant pas assez avancée pour permettre d'élever cette année la colonne commémorative du siège de 1794, la municipalité de Landrecies a décidé de reporter cette cérémonie à l'année prochaine.
En conséquence la municipalité a fixé aux dates suivantes les différentes fêtes projetées :
28 juillet 1895 : Concours de la Société d'agriculture de l'arrondissement et fête nautique.
18 août 1895 : Festival de musique, tir à la cible pour les sapeurs-pompiers, les sociétés de tir et d'instruction militaire, fête de gymnastique, avec fortes primes en sus des prix. Les invitations viennent d'être lancées à toutes les sociétés de musique, harmonies, fanfares, orphéons, sociétés de trompettes, trompes de chasse, et à toutes les Compagnies de Sapeurs-pompiers.
Enfin le 3 avril 1896 : Erection de la colonne. Des dispositions sont prises pour que la belle et large avenue qui doit partir du pont du canal pour aboutir à la colonne soit inaugurée ce jour-là.


23 juin 1898 — Joutes nautiques sur le canal de la Sambre. Grande concert sur la Place et Bal sur l'Esplanade
— La Ville de Landrecies prépare pour le dimanche 3 juillet 1898, à 2 heures, une grande fête nautique avec joutes sur le canal de la Sambre (100 jouteurs), courses aux marcassins, canards, etc.
A l'issue des joutes il y aura sur la Place, grand concert par des musiques de 1er ordre et la journée sera terminée par un bal sur l'Esplanade.
Cette fête promet d'être très brillante et d'attirer beaucoup de monde.


Landrecies - Kiosque à musique du Jardin Public — Monument du siège de 1794, kiosque visible dans le fond
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13, 14 et 15 et 18 août 1899 — Fêtes à l'occasion de l'érection du monument commémoratif des sièges de Landrecies de 1794
22 janvier 1899 — Annonce des fêtes.
— La ville de Landrecies prépare pour les 13, 14 et 15 août 1899 de grandes fêtes à l'occasion de l'érection d'un monument rappelant les sièges qu'elle a soutenus, et principalement celui de 1794, à la suite duquel la Convention décréta que la ville de Landrecies et ses habitants avaient bien mérité de la Patrie.
Le programme de ces fêtes comprend :
Dimanche 13 : Inauguration du monument, festival et tir à la cible.
Lundi 14 : Concours de manoeuvre de pompes à incendie, concours de solis. 1.500 francs de prix seront attribués à ce concours.
Mardi 15 : Grande fête militaire avec cortège représentant un épisode du siège de 1794.
Dimanche 18 août : Grand festival d'orphéons, harmonies, fanfares et trompettes. 2.500 francs de primes en espèces seront tirées au sort entre les Sociétés présentes.

13 août 1899 — Programme des Fêtes patriotiques de Landrecies
— L'ornementation de la ville promet d'être une merveille. Les adhésions des plus célèbres sociétés de musique, de compagnies de sapeurs-pompiers, d'anciens combattants, de secours mutuels, de gymnastique, d'instruction militaire, etc, ont atteint le chiffre de 127.
Le dimanche, il y aura festival, tir à la cible, inauguration du monument, concerts, etc. A deux heures, réception du vieux drapeau de la garde nationale de Maubeuge.
Le soir, la Grande Harmonie de Maubeuge, réputée avec raison comme une des meilleures musiques de France, donnera un concert sur la Grande Place.
L'inauguration du monument commémoratif du siège de 1794 aura lieu à deux heures trois quarts, sous la présidence d'honneur de M. le général de Galliffet, ministre de la guerre ; de M Vatin, préfet du Nord ; de M. Evrard-Eliez, député, et en présence des autorités civiles et militaires.
Le soir illumination de toutes les rues et grand bal.
Journée du lundi 14 août.
Voici la liste des compagnies de sapeurs-pompiers qui participeront au concours de manoeuvres de pompes et de sauvetage : Fourmies, Le Nouvion, La Bassée, Hautmont, La Groise, Etréaupont, Basuel, Etaves, Le Cateau, Hirson, Inchy-Beaumont, Condé, Liévin, Longchamps, Solesmes, Le Quesnoy.
Les sociétés de trompettes de Berlaimont, Croix, Wasquehal, les pupilles de Pommereuil, etc, et un nombre considérable de musiciens prendront part aux concours de soli qui aura lieu le même jour.
Journée du mardi 15 août
La ville de Landrecies organise avec le concours de la musique des canonniers sédentaires de Lille, de la fanfare municipale et de la société de gymnastique d'Hautmont, une pantomime militaire représentant la reprise de la Ville par les troupes françaises.
Nous rendrons compte de cette fête qui, par son originalité, par le luxe des costumes et par l'ingéniosité des figurants, sera certainement le clou de ces trois grandes journées patriotiques.


Landrecies - Passerelle sur la Sambre, vue de l'Esplanade ; en face place des Anglais et monument du siège de 1794 — Monument 1794 inauguré en 1899
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8 janvier 1901 — La ville de Landrecies décorée
— La distinction honorifique qui avait été accordée à Bazeilles, Lille, Valenciennes et Paris, vient d'être conférée à la ville de Landrecies.
Le rapport du ministre de la guerre motive ainsi cette mesure :

La ville de Landrecies, après s'être illustrée par les sièges de 1543, de 1647 et de 1712, a subi celui du 17 au 30 avril 1794, pendant lequel un bombardement des plus violents et d'une durée de quatre jours la réduisit en cendres ; malgré ce désastre, qui ne laissa subsister que cinq maisons, les magistrats de la ville ne cessèrent d'offrir à la défense un concours dévoué. Aussi, pour reconnaître cette attitude patriotique, la Convention nationale déclara-t-elle, le 27 ventôse an III, que les habitants de Landrecies avait bien mérité de la patrie, qu'il y serait élevé une colonne en marbre pour perpétuer le souvenir de leur généreux dévouement et que les maisons détruites par l'effet du siège seraient reconstruites aux frais du Trésor public.
La ville de Landrecies remplit donc les mêmes conditions que celles de Lille et de Valenciennes, et il parait équitable de lui accorder la même distinction.

Ce rapport, publié hier au Journal Officiel, est suivi d'un décret du Président de la République signé de M. Emile Loubet, général L. André, MM. Waldeck-Rousseau et Monis et autorisant la ville de Landrecies à faire figurer dans ses armoiries la croix de la Légion d'honneur.

9 janvier 1901 — Manifestations populaires lors de la décoration de Landrecies
— Une manifestation populaire a accueilli la nouvelle de la décoration de notre ville. Le maire a fait immédiatement prévenir la musique et la compagnie de sapeurs-pompiers, pendant qu'on ornait la façade de l'hôtel de Ville.
A une heure, le Journal officiel apporte la confirmation de la bonne nouvelle du matin : les cloches se mettent en branle, le conseil municipal et toutes les sociétés constituées de la ville se réunissent sur la place. Le maire, du haut du perron de l'hôtel de ville, fait ouvrir le banc et donne lecture du rapport du ministre de la guerre et du décret du président de la République qui décore Landrecies. Puis il attache la croix au drapeau de la ville qui porte comme devise les termes mêmes du décret de la Convention : « Les habitants de Landrecies ont bien mérité de la patrie »
Il présenté ce drapeau à la population assemblée sur la place en disant :
Au nom des petits-fils, des neveux des héros de 1794, je jure que tous les Landreciens sauront être à la hauteur du patriotisme et du dévouement de leurs ancêtres, et que comme eux ils donneraient leur vie pour la gloire et la grandeur de la patrie. Vive la République !
La compagnie de sapeurs-pompiers présente les armes et la musique joue la Marseillaise, au milieu d'un enthousiasme général.
Le drapeau décoré a été ensuite promené triomphalement dans les principales rues de la ville, pendant qu'à l'hôtel de ville on vidait des coupes de champagne en l'honneur de Landrecies et de la République.
Une fête sera organisée à l'occasion de la décoration de Landrecies.

30 août 1903 — Fêtes à l'occasion de l'attribution de la croix de la Légion d'honneur à la Ville de Landrecies
— La petite ville de Landrecies a déployé des splendeurs inaccoutumées à l'occasion des fêtes organisées pour célébrer la remise qui va lui être faite de la croix de la Légion d'honneur.
Les rues sont ornées partout comme jamais elles ne l'ont été ; l'Hippodrome de la ville-basse, où aura lieu, lundi, la représentation des fastes de Landrecies ; la gare, la mairie et la place, qui vont être pendant deux jours le centre d'une activité dont on ne se fait pas une idée ; l'hospice des vieillards, où va être posée solennellement la
première pierre d'un nouvel hôpital ; les faubourgs eux-mêmes par où se déroulera aussi bien et même mieux que par les rues de la ville, trop petite pour un tel déploiement, un cortège inoubliable ; tout resplendit d'une ornementation brillante et variée où la note dominante est donnée par les couleurs patriotiques claquant au vent. Depuis huit heures c'est un fourmillement continu à travers toute la ville et ses alentours immédiats ; tambours et clairons, innombrables, font partout retentir les airs de leurs notes guerrières.
Le cortège parcourt les rues de la ville, entre deux haies ininterrompues formées par 170 sociétés de musique, de pompiers et de gymnastique réunissant 7.000 participants ; il y a ici vingt mille visiteurs.
Vers dix heures et demie, une véritable marée humaine s'est portée à la gare.
A onze heures arrive le général André, ministre de la guerre, accompagné du préfet, des généraux Jeannerod, Courbassin, Sonard, Rtburck, Jacquelot, de Mr Maxime Lecomte, sénateur, de MM. Lozé, Eliez, Defontaine,
Pascal, Loty, Bercy, députés, du capitaine Miégeville et du lieutenant de vaisseau Guichamans. Il est reçu à la gare par le maire, M. Deloffre, et les autorités militaires ou politiques du département. Un déjeuner intime est servi ensuite chez le maire.
A deux heures et demie, a lieu la remise de la décoration à la ville ; une cantate est chantée et exécutée par la chorale du Cateau et l'Harmonie municipale.
Le défilé des sociétés a lieu ensuite sur l'Esplanade.
Après le banquet qui est servi à l'hôtel de ville, le ministre de la guerre reprendra à huit heures trente le train qui le ramènera à Paris à onze heures.
Demain, grande représentation militaire les Fastes de Landrecies, scènes représentant les épisodes des principaux sièges de la ville.

Landrecies - Vue aérienne du Jardin Public et de la Sambre
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Seule la Musique municipale (fanfare), présidée par Paul Deloffre et dirigée par L. Delvalle, comptant 45 exécutants, est active à Landrecies en 1909. En 1911, M. Fernand prend la place de Delvalle.
En 1904, M. Chabert et l'homme orchestre du Nord. Il dirige les musiques de Landrecies, de Sars Poteries et du Cateau. Le 30 juin, il est choisi pour diriger « L'Harmonie d'Hautmont », en remplacement de M. Van Remoortel, qui prend sa retraite.

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Ven 18 Jan 2019 19:06
par JeanMarc
LANGEAIS - La Place du 14 Juillet
(INDRE ET LOIRE)
Le bourg langeaisien — connu pour son Château que les chroniqueurs ont amplement commenté —, situé au bord de la Loire, est copieusement arrosé par le ruisseau du Breuil (anciennement appelé le Boire) et la rivière de la Roumer qui tous deux rejoignent le fleuve, provoquant régulièrement, depuis des siècles, crues et inondations sur la ville, en dépit de la levée, construite pour endiguer ce phénomène en seconde moitié du XVIIIe siècle et confortée en 1842. Ce problème récurrent ne sera résolu qu'après la réalisation de gros travaux de dérivation de la Roumer, exécutés de 1884 à 1891.

Le long de la levée de la Loire et protégées par elle, les voies et la Station de chemin de fer de Langeais ont ainsi pu être installées à partir de 1846 pour être inaugurées en décembre 1848 sur la section Tours-Saumur. Afin d'accéder de la gare au bourg de Langeais, le
chemin ou retrait du Lion d'Or, traversant le pont du Breuil et longeant d'un côté la confluence de la Roumer et du Breuil et de l'autre le Pré des Perraults, est aménagé et élargi, devenant la rue de la Gare.
La dénomination
chemin ou retrait du Lion d'Or provient de la présence, attestée dès avant 1779, de l'auberge du Lion d'Or sur la rue Basse, face au pont menant audit chemin. (1)

Plan de Langeais en 1829
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La rue de la Gare, vierge de constructions, accueille sa première maison, à l'allure d'Hôtel particulier, au début des années 1860, comme en témoignent les cartes d'état-major de 1866 ; elle se situe en face de l'auberge du Lion d'Or près du pont traversant le Breuil. Ce bâtiment, propriété de Léon Boyer (1828-1898), conseiller municipal de 1880 à 1895, riche affairiste du Pérou, est cédé, en 1880, à la municipalité, en vue d'y installer une école destinée aux filles. Finalement, ce sera la Mairie qui prendra possession des locaux, l'école libre de filles de Langeais étant transformée, pendant l'année 1882, en école publique.

La municipalité qui, depuis 1878, est à la recherche d'un terrain pour sa future école de garçons, jette son dévolu sur le
Pré des Perraults, rue de la Gare. Ce terrain appartient au contre-amiral marquis Gustave-Louis Du Rousseau de Fayolle (1816-1899), conseiller municipal 25 ans durant, lequel accepte de le céder à la ville. Fayolle, en dehors de ce Pré, est à la tête du domaine de Châteaufort situé sur Langeais-nord, au bord de la Roumer. En 1879, le conseil municipal arrête le chiffrage de la construction de cette école à 59.840 francs et sollicite une aide de l'état à hauteur de 29.587 francs, mais n'obtient, le 4 février 1879, que 14.000 francs ; le 19 janvier, une subvention de 1.000 francs est accordée pour acquérir le mobilier de l'école s'élevant à 2.410 francs.
Le 8 août 1880, Victor Archambault, maire de Langeais de juin 1880 à 1888, pose la première pierre de l'école qui sera achevée l'année suivante.

Langeais - Mairie et place du 14 juillet, pont du Breuil en avant-plan — Ecole des Garçons
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La Fanfare de Langeais, fondée en 1860, composée de huit musiciens lors de sa création, pour la plupart faisant partie du corps des sapeurs-pompiers, monte rapidement en puissance et notoriété. En 1876, M. Biermant, son chef, dirige 32 exécutants en 1ère division ; l'année suivante la phalange se compose de 36 membres et passe en division supérieure. On la voit notamment se produire au concours musical d'Orléans le 14 mai 1876, au festival sur le Mail d'Angers le 20 mai 1877, à celui des Sables d'Olonne le 3 août 1879... La plus parfaite entente semble régner à Langeais.
Lors de la pose de la première pierre de la future Ecole des Garçons, rue de la Gare, le 8 août 1880, une altercation survient entre le maire et le chef de la Fanfare. Victor Archambault, estimant que lors des cérémonies, M. Biermant et sa Fanfare ont joué par trop mollement La Marseillaise et le Chant du Départ, décide qu'au grand banquet devant avoir lieu à six heures, ce sera la Musique de Cinq-Mars, commune voisine, qui viendra égayer la compagnie.
Aussi, le lendemain, 9 août, Biermant et ses musiciens remettent-ils leur démission au maire ; Archambault refuse cette démission et la transforme en révocation. S'ensuit un procès devant le tribunal de Chinon, poursuivi en cour d'Appel à Orléans. (2)
Pendant que le maire engage une nouvelle formation dénommée la Fanfare Municipale, Biermant, de son côté, forme la sienne qu'il appelle la Fanfare Saint-Cécile, pour le plus grand plaisir des langeaisiens qui détiennent maintenant deux fanfares.
Les esprits s'étant apparemment calmés à Langeais, le conseil municipal décide en 1883 d'aménager la rue de la Gare, devenue place de la Mairie et d'y faire planter des rangées de platanes. En octobre 1883, Victor Archambault, toujours attaché à la musique, charge Robert Daviau, architecte de Chinon, d'établir plan et devis pour la construction d'un Kiosque à musique sur la place de la Mairie. Le coût estimatif de cet édifice est fixé à 2.750 francs.
Inauguré en mars 1884, le Kiosque à musique est édifié, près de la gare, à l'entrée de la place de la Mairie, qui sera rebaptisée place du 14 juillet ; il est construit sur un soubassement en pierre et briques, abritant une cave de rangement ; de forme octogonale, ses colonnes sont en fonte, sa toiture en zinc et son garde-corps en fer forgé.

Langeais - Place du 14 juillet et Kiosque à musique
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Les deux fanfares continuent à se produire simultanément sur le kiosque pendant des décennies : en 1909, M. Biermant dirige toujours la Fanfare Sainte Cécile, tandis que la Municipale, un temps sous la baguette de M. Tarcy, passe sous celle de M. Massoteau.
Le 13 décembre 1940, deux baraquements sont édifiés près du kiosque à musique sur la place du 14 juillet : par ordre du ministère des Affaires étrangères, la mairie de Langeais a été chargée d'y répartir 61 réfugiés, pour la plupart polonais. Ceux-ci vont y rester pendant plusieurs mois.
Après le conflit, l'école des garçons, qui a perdu son campanile, devenue le groupe scolaire Henry Pellet, va être largement agrandie sur les terrains de l'ancien Pré des Perraults, accueillant en outre un complexe sportif.
Dans les années 1950, la place du 14 juillet est dotée d'une grille placée au devant du Kiosque à musique, interdisant toute circulation automobile sur ladite place ; mais ces bonnes intentions disparaissent rapidement et la grille est supprimée peu après, faisant la part belle à un parking.
Kiosque toujours en place.

voir ici, Place du 14 juillet de Langeais et son Kiosque à musique, aujourd'hui. (1/4) (2/4) (3/4) (4/4)

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publié par Jean Marc Ven 18 Jan 2019 14:48

Quelques nouvelles des Fanfares de Langeais
14 mai 1876 — Lors du concours musical d'Orléans du 14 mai 1876, les 32 musiciens de la Fanfare de Langeais, dirigés par M. Biermant, classés en 1e division, obtiennent le second prix et une médaille vermeil grand module.
19 au 21 mai 1877 — La Fanfare de Langeais, 36 exécutants, participe au grand concours du 19 au 21 mai, organisé sur le Mail d'Angers. Elle y joue, en division supérieure, un fragment de la Croisade des Dames de Schubert et l'ouverture de la Symphonie d'un certain Gabriel.
8 août 1879 — La fanfare de Langeais concourait dimanche 3, aux Sables-d'Olonne, en division supérieure.
Elle a obtenu une médaille de vermeil pour lecture à vue et une médaille d'or pour son exécution de l'Africaine. Dans le concours d'honneur entre la Société de Saint-Maixent et la fanfare de Langeais, cette dernière, à l'unanimité du jury, a obtenu la couronne de vermeil.

Ce résultat fait le plus grand honneur à la fanfare de Langeais et à son habile chef, M. Biermant. Nous ne savons pas, dit l'Indépendant de Tours, si les médailles qu'ils ont si vaillamment gagnées sont creuses, comme celles du dernier concours de Poitiers ; mais nous sommes certains que, pour la fanfare aujourd'hui couronnée de lauriers, elles sont et seront toujours sans revers.
21 et 22 mai 1882 — La fanfare Sainte Cécile de Langeais, toujours dirigée par Biermant, remporte une palme de vermeil et un prix de 100 francs au concours musical de Nantes des 21 et 22 mai 1882.
17 au 19 mai 1891 — La fanfare Sainte-Cécile de Langeais essuie les plâtres au concours musical de Nantes qui réunit 93 musiciens au jardin des plantes. Ce jour-là, sous des pluies diluviennes, la prestation de notre fanfare, classée en division supérieure, est qualifiée de médiocre après l'audition de sa fantaisie soi-disant originale de Painparé. Tant et si bien que le jury décide de supprimer le prix de mille francs qui devait lui être attribué, et de le répartir entre d'autres sociétés...
En 1893, la fanfare Sainte Cécile est toujours dirigée par Biermant et la fanfare des sapeurs pompiers est dirigée par Bouvier ; la fanfare de Cinq-Mars, sa voisine, est également dirigée par Bouvier.
En 1899, la Fanfare Sainte-Cécile de Biermant, avec 35 exécutants, est en division supérieure. ; la Fanfare municipale, dirige par Connen est également en division supérieure avec 30 musiciens.
22 juillet 1906 — La Fanfare municipale de Langeais prend part au concours musical de Honfleur.

21 et 22 août 1910 — Comice agricole et festival de musique à Langeais
Langeais. Comice agricole. — Voici le programme des fêtes :
Dimanche 21 août.
Exposition et concours d’animaux et produits agricoles, exposition scolaire, festival de musique, concours de pompes à incendie.
A 9 heures, réception des jurys des sociétés musicales et des compagnies de sapeurs-pompiers.
A 9 h. ½, théorie pour officiers et sous-officiers. — A 10 heures, revue du matériel.
A 1 heure, réception à la gare des autorités.
A 1 h. ½, grande revue et défilé de 40 sociétés (sociétés musicales et compagnies de sapeurs-pompiers).
A 2 h. ½, morceau d’ensemble (600 exécutants), concours de manœuvres de pompes à incendie.
A 3 heures, concerts par les sociétés musicales.
A 3 heures, place du Marché, distribution solennelle des récompenses du Comics agricole.
A 5 h. ½, distribution des récompenses aux sociétés musicales et compagnies des sapeurs-pompiers.
A 6 heures, au Théâtre, grand banquet par souscription.
A 8 h. ½, fête de nuit, concert par la musique municipale des sapeurs-pompiers de Tours, dirigée par M. Lannoy, feu d'artifice.
Lundi 22 août
Courses de bicyclettes, courses à pied, mât de cocagne, tirs à la carabine, grande cavalcade enfantine, retraite aux flambeaux, bal public.

Langeais - Kiosque à musique place du 14 juillet, campanile de l'école de garçon en haut à droite — Kiosque à musique et grille barrant l'accès automobile à la place du 14 juillet
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24 juin 1923 — Concert de la Fanfare Municipale, place du 14 juillet
— Programme du concert du 24 juin 1923, à 21 heures, place du 14 Juillet :
l. Marche de la Jeunesse, allegro. (Boyer). — 2. Fête Flamande, ouverture. (Fernand). — 3. Auréole de paix, valse. (Roby). — 4. Au Printemps, fantaisie. (Fernand). — 5. P’tite folle, polka (Andrieu).
Le président, A. Grandpierre. Le Chef, F. Loriau.


22 juin 1924 — La Lyre du Commerce de Tours en concert place du 14 juillet
— Concert de gala. La Fanfare Municipale a le vif plaisir d’annoncer à la population langeaisienne que la Lyre du Commerce de Tours se fera entendre place du 14 juillet à Langeais, le dimanche 22 juin, à 4 heures de l’après-midi, sous la haute direction de M. Etesse.
Nous espérons que les auditeurs — et les membres honoraires de la Fanfare en particulier —se presseront nombreux pour applaudir l'artistique société dont la renommée n’est plus à faire.
Voici le programme que les dilettantes auront l’agrément d’apprécier :
1° Le Cimbre, allegro. (Signard). — 2° Ouverture du Calife de Bagdad. (Boiëldieu). — 3° La Maconnaise, fantaisie pour hautbois. (Garimond). — 4° Grande mosaïque sur la Traviata. (Verdi). 5° Mina, valse (Haring).


Quelques concerts sur la place du 14 juillet de Langeais
29 juin 1924 — Fanfare municipale. — Programme du concert du 29 juin 1924, à 9 heures du soir, place du 14 Juillet : l. Mortcerf, allegro. (Delchevalerie). — 2. Fraternité, ouverture (Derême). — 3. Souvenir d’Espagne, habanera (Marsal). — 4. La Mascotte, fantaisie (Audran). — 5. Sur les flots, valse chantée (Morand). Le Chef, F. Loriau.
13 juin 1926 — Langeais. Sortie de la Musique. La Fanfare Municipale organise une promenade qui aura lieu les 19, 20 et 21 juin. Le départ aura lieu le 18 juin, vers 21 h 30. L’endroit choisi pour cette promenade est Paramé. MM. les membres honoraires sont invités à y prendre part ; les inscriptions seront reçues chez M. Fardeau avant le 13 juin, dernier délai.
Avant de faire ce voyage la Fanfare nous donnera dimanche 13, à 20 h. 30, place du Quatorze Juillet, un concert dont voici le programme : l. A la France, allegro (Romsberg). — 2. Première Ouverture de concours (H. Fernand). — 3. Le Chalet, air de basse (soliste : M René Renard) (A. Adam). — 4. Au Printemps, fantaisie (E. Fernand). — 5. Santiago, valse (Corbin). Le président, L. Dargouge ; Le chef, F. Loriau.

4 juillet 1926 — La fanfare municipale de Langeais donnera le dimanche 4 juillet, à 21 heures, sous l’habile direction de M. Loriau, place du 14 Juillet, un concert dont voici le programme : l. Les Enfants de Langeais (Loriau). — 2. Les Glaneuses, ouverture (H. Fernand). — 3. Nuits de Chine, fox-trot. (E Dumont) — 4. Fantaisie sur « Rip » (Planquette). — Joyeuse Espagne, valse chantée (Gallier).

(1) L'auberge du Lion d'Or est toujours existante, à l'heure actuelle, sous les enseignes de Bar-Hôtel-Restaurant Errard.

(2) Procès entre Victor Archambault, maire de Langeais et M. Biermant et sa Fanfare.
Le maire de Langeais et sa fanfare.
M. le maire de Langeais n'est pas heureux ! Dans son impatience il avait rappelé du jugement provisoire prononcé par le tribunal de Chinon qui ne lui donnait tort qu'à moitié, la Cour d'appel d'Orléans vient de le condamner tout à fait.
On se rappelle l'origine du procès : le 8 août dernier, la ville de Langeais donnait une fête patriotique dont voici le programme :

FÊTE NATIONALE DU 8 AOUT 1880.
Programme :
6 heures du matin. — Au lever de l'aurore, 25 coups de canon.
11 heures du matin. — Réunion des invités à la mairie, 25 coups de canon.
Midi. — Réception des autorités à la gare, 25 coups de canon.
2 heures. — Pose de la première pierre de l’école, 25 coups de canon.
3 heures. — Joutes sur l’eau, 25 coups de canon.
6 heures. — Banquet patriotique — 25 coups de canon.
9 heures. — Feu d’artifice. — 25 coups de canon.

Après tant de coups de canon, comme l'a dit le spitituel avocat de la fanfare de Langeais, on ne pouvait finir que par une bataille. C'est ce qui arriva ou à peu près. La municipalité, trouvant que la fanfare avait joué un peu mollement la Marseillaise et le Chant du départ, fit appel aux poumons plus patriotiques de la Musique de Cinq-Mars qui vint, pendant le banquet, donner une leçon aux Langeaisiens. Ceux-ci ne trouvèrent pas ce dessert à leur goût. Ils ne sentirent pas la délicatesse du procédé, et, le lendemain tous les musiciens envoyèrent en masse leur démission au maire. Ils reprennent leur liberté ; ils feront de la musique comme et quand bon leur semblera,
mais la municipalité n'aura plus à compter sur leur concours dans aucune fête publique pour assister la compagnie de pompiers. Assurément, c'était leur droit.
Mais M. le maire ne l'entend pas ainsi. D'abord il refuse la démission, non qu'il veuille conserver quand même les musiciens, mais parce qu'il tient à s'offrir son petit arrêté de révocation. Puis tous les moyens vont lui être bons abattre cette musique récalcitrante. L'intimidation elle-même.
Ce procédé si cher aux tyrans, si réprouvé des républicains, va être employé pour lui, sans succès d'ailleurs. Je me trompe, car en menaçant la société de musique, qui n’est pas autorisée, de la police correctionnelle, il va la forcer à réduire à vingt le nombre de ses membres, puis il s'en fera un argument au procès pour prouver que le trouble et la désorganisation se sont introduits dans la Société ; on n’est pas plus délicat ! Et c’est au procès que M. le maire devient épique, parodiant une phrase célèbre : « Les musiciens de Langeais, dit-il, seront sapeurs-pompiers où ils ne seront pas ! »
Du moment que vous avez fait partie du corps des pompiers, vous ne pouvez avoir d'existence en dehors de lui. Vous dépendez entièrement de la municipalité, et tout ce que vous avez lui appartient.
Ainsi, peu importe que la fanfare de Langeais ait eu une existence antérieure à celle des pompiers ; qu'elle ait eu un autre uniforme ; qu’elle ait vécu par d'autres secours que par ceux de la mairie ; il suffit que cette fanfare ait fait partie de la compagnie de pompiers pour qu'elle ne puisse plus exister une fois séparée d'elle ; du moment qu'elle veut reprendre son indépendance, ses instruments, ses médailles, sa bannière, tout ce qu'elle possède enfin doit être abandonné à la ville !
Cette étrange théorie avait été pauvrement soutenue à Chinon par Me Billière. Me Johanet, malgré son talent très réel et universellement reconnu, n'a pu la faire admettre à Orléans. Me Desplanches n’a pas eu de peine à démontrer à la cour combien étaient exorbitantes, les prétentions municipales, et la Cour d'appel d’Orléans, dans sa séance du 25, a rendu un arrêt par lequel elle juge que les instruments, médailles, diplômes et bannières sont la propriété de la fanfare de Langeais, déclare la commune mal fondée en sa demande, l'en déboute et la condamne aux dépens.
Même les diplômes ! Le maire avait été bien habile, pourtant il y en a quinze, tous déposés à la mairie. Cinq portent cette mention : « Décerné à la musique des sapeurs-pompiers », ceux-là on les a produits à la Cour, mais les dix autres qui portent cette simple mention : « Décerné à la fanfare de Langeais », on les avait prudemment laissés à Langeais.
Passons, et terminons en répétant à la municipalité Langeaisienne le conseil que lui donnait Me Desplanches en terminant : « La fanfare de Langeais vous quitte, fondez-en une autre pour la remplacer. Faites comme elle qui, à son début, en 1860, n'avait que huit membres, et est arrivée au nombre respectable de trente-cinq. Commencez une nouvelle fanfare qui s'agrandira peu à peu, et si vous éprouvez une certaine difficulté à former vos nouvelles recrues, enseignez-leur la patience, en leur répétant les vers d'un poète que vous devez connaître :
Vous entrerez dans la carrière.
Quand vos aînés n’y seront plus.
Le maire a suivi le conseil, il a fondé une société nouvelle que nous aurons, parait-il, le plaisir d‘entendre au concours de Tours le 2 juillet.
Il a même déjà dépensé, c‘est lui qui l'a dit à Orléans, 2.400 francs pour acheter de nouveaux instruments, se doutant sans doute déjà de l’issue du procès, et comptant peu au fond sur ceux qu'il revendiquait. Tout cela est bel et bien. En attendant, bon contribuable, ces 2.400 fr. dépensés pour remplacer une bonne musique par une mauvaise, qui les paie ? c‘est toi. Les frais du procès, les voyages à Chinon et à Orléans de M. le maire, flanqué de ses deux majestueux adjoints, qui les paie ? toi, toujours toi. Et qu'y gagnes-tu ? Et dire que, demain encore, si l'occasion s'en présente, tu recommenceras !
Il paraît que le maire de Langeais n’est pas très sûr du talent de sa nouvelle musique, composée notamment des instituteurs et maîtres-adjoints de Langeais, Saint-Michel, Mazières, Cléré et Avrillé, de musiciens de Tours et d'ailleurs. Pour éviter toute comparaison avec la fanfare ennemie, il a refusé à cette dernière, le visa de la mairie qui était nécessaire sur sa feuille d'adhésion pour pouvoir concourir à Tours. O libéralisme, voilà bien de tes procédés ! Il y a bien un moyen légal de forcer M. le maire, officier public, à donner sa signature ; mais quoi que fasse la fanfare, que pensez-vous de cette manière de faire ?
(Journal d'lndre-et-Loire 30 juin 1881).

Qui n'entend qu'une cloche n'entendant qu'un son, retranscrivons la version du 12 août 1880 de la pose de la première pierre de l'école laïque de garçons, vue par le journal Le Moniteur Universel
— Dimanche dernier, la petite ville de Langeais a célébré la fête, dite nationale, du 14 juillet. La municipalité avait remis cette fête au 8 août, afin de la faire coïncider avec la pose de la première pierre d'une nouvelle école de garçons.
M. le préfet Daunassans, accompagné du sous-préfet de Chinon, de M. Joubert, député et de l'inspecteur d'académie, ont été reçus à la gare de Langeais par le nouveau maire de cette commune, M. Victor Arcambault. Le maire a harangué le préfet. Celui-ci, après avoir présidé à la pose de la première pierre, a prononcé un long discours très républicain, qui est conséquemment un tissu d'affirmations toutes gratuites, d'insinuations malveillantes et d'erreurs historiques sur la question de l'instruction primaire.
L'orateur s'est évertué à prouver ou à vouloir prouver que la suppression de l'enseignement religieux dans le programme de l'instituteur, est une réforme utile. (...)
M. le préfet ayant dû repartir, M. le sénateur Guinot a présidé le banquet où de nombreux toasts ont été portés.
Comme la musique des sapeurs-pompiers de Langeais est un peu républicaine, la municipalité avait secrètement invité celle de Cinq-Mars. Il en est résulté des froissements, suivis de vives altercations. La musique de Langeais a donné sa démission, son chef en tête.

(journal Le Moniteur Universel 12 mars 1880)

Vue aérienne de Langeais vers 1960
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Sociétés musicales actives à Langeais en 1909 :
Fanfare Sainte-Cécile, direction Biermant, 35 exécutants ;
Fanfare municipale, direction Tarcy, 30 exécutants.

En 1899, une chorale de 23 exécutants, l'Orphéon Sainte-Cécile, est dirigée par Salmon en 3e division.

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Lun 21 Jan 2019 11:04
par JeanMarc
LANGRES - Le Square Henryot
(HAUTE MARNE)
On ne peut aborder le sujet du Square Henryot sans évoquer la Cathédrale Saint-Mammès qui domine ledit square de ses deux tours de 45 mètres. L'édification de celle-ci est réalisée de 1150 à 1196 ; elle comporte dès 1169, deux tours carrées élevées sur le portail de façade et un clocher dit la Tour centrale, érigé à la jonction du transept et de la nef.
Lors d'un incendie survenu en 1314, tours et clocher sont brûlés, les cloches sont fondues. Il faut attendre l'année 1421 pour que les travaux de reconstruction soient réalisés. Quatre clochers sont alors édifiés : un sur le choeur, un sur le portail et deux sur les côtés du portail, celui de gauche constituant le beffroi ou
la Guette.
Le samedi 11 avril 1562 (18 avril selon autres sources), la foudre tombe sur le clocher du choeur, communique le feu à la toiture en plomb et aux trois tours-clochers du portail qui disparaissent en quelques heures ; le guetteur est étouffé ; les 14 cloches de 25.000 livres fondent et s'effondrent... Seuls deux clochers seront reconstruits en 1585-1600 : l'un au sud du portail, l'autre, s'élevant à cent pieds à partir de la toiture et surmonté d'une flèche, disposé sur le même emplacement que l'ancienne Tour centrale.
La foudre continue à frapper l'église et ses clochers le 13 août 1683, le 29 juillet 1733 et le 18 février 1742. Tant et si bien que le Chapitre décide, en 1746, de démonter le grand clocher totalement ruiné. Le portail et deux tours massives sont finalement construits de 1761 à 1768, après une adjudication attribuée le 7 décembre 1759, à l'architecte dijonnais Jean-Antoine Caristie (1719-1770), pour un devis arrêté à 183.000 livres.
Le clocher et sa flèche située sur le choeur, qui subsistait encore, menaçant de s'écrouler sur l'église, est à son tour abattu, en 1781.

Plan partiel de Langres au XVIIe (orientation sud-nord)
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Faisant face au portail de la cathédrale Saint-Mammès, une Eglise, dédiée à Saint-Pierre (et Saint-Paul), est consacrée en 1245, édifiée à partir de 1231 sur l'emplacement d'une ancienne abbaye de bénédictines. Ces religieuses, qui y étaient installées depuis le IXe siècle, avaient quitté Langres en 1170, pour se transporter dans leur nouvelle abbaye Notre-Dame de Vauxbons.
L'Eglise Saint-Pierre, agrandie en 1496, était orientée Ouest-Est, tout comme la cathédrale Saint-Mammès, le portail d'entrée et deux portes adjacentes se situant du côté de la rue Saint-Pierre (devenue rue Lescornel) ; une petite porte latérale donnait accès à l'escalier du clocher primitif de l'église Saint-Pierre, lequel était placé sur la gauche du portail ; l'édifice, surmonté de deux dômes, longeait sur sa droite la rue Saint-Paul, très étroite, quasiment obturée par une seconde sacristie construite en dehors de l'alignement ; le long de la rue Saint-Paul, un jardin et une maison canoniale seront affectés à l'usage du presbytère de 1650 à 1731.
Un antique cimetière, datant de l'occupation bénédictine des lieux, entourait une partie de l'église et quelques arbres le bordaient le long de la cathédrale.


Langres - Plan de l'Eglise Saint-Pierre Saint-Paul avant sa destruction en 1799
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La grosse Tour-clocher de l'église Saint-Pierre est détruite lors d'un incendie en 1588 ; Langres se trouve alors totalement dépourvu de guettier, puisque les tours de Saint-Mammès ont disparu en 1562. En 1590-1591, à l'initiative du lieutenant Jean Roussat, maire de Langres et de Joachim de Dinteville, lieutenant du Roy en Champagne, une nouvelle Tour, plus haute que les clochers disparus de Saint-Mammès, est érigée à l'entrée du passage Saint-Didier, contiguë à l'Eglise Saint-Pierre. Cette nouvelle tour est surmontée d'une guérite où un guetteur veille nuit et jour aux incendies et attaques ennemies en ces temps fort troublés des guerres de religion.

Langres en 1610 (Dessin lavé de Jean Duviert) : Cathédrale Saint-Mammès (A) ; Eglise Saint-Pierre (B)
(bibliothèque nationale cabinet des estampes)
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Début 1791, Regley, curé réfractaire de Saint Pierre, est remplacé par un prêtre assermenté, Claude Surget. Saisie en tant que biens nationaux, l'Eglise est fermée le 9 juillet 1791, après la tenue d'un inventaire établi par la municipalité. Le 12 juillet 1791, ce qu'il reste du trésor non pillé, est transféré dans la cathédrale Saint-Mammès et les 6 clefs de Saint-Pierre sont remises, le 6 septembre, aux administrateurs de la fabrique, Jacquinot de l'Etoile et Forgeot-Guillaume.
La ci-devant Eglise Saint-Pierre, est vendue en 1793 au citoyen Elie Daguin qui, cinq ans plus tard, l'abandonne à la commune. La municipalité, menée par son maire Jean-Louis Jayet-Aubert, s'empresse, le 21 nivôse an VI (10 janvier 1798) de prendre une délibération qui sera fatale à l'Eglise :
Considérant que les remparts et les écuries de la Commune se trouvent dégradés au point qu'il est impossible d'en retarder plus longtemps les réparations, il sera avantageux d'employer à ces réparations le produit qu'on retirera des matériaux appartenant à cette église.
Sitôt dit, sitôt fait, l'Eglise Saint-Pierre est rasée en 1799 et ses pierres récupérées de ci de là pour les réparations communales. La grosse Tour qui jouxtait l'église va immédiatement suivre le sort de celle-ci. L'emplacement ainsi libéré devant la cathédrale devient la place Saint-Pierre (ou Saint-Mammès).

Plan de Langres en 1813
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Plan partiel de Langres en 1813
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Claude Petitot, maire de Langres de 1800 à 1808, par un courrier adressé le 13 mai 1804 à un certain Jean-Baptiste Dunerf en vue de récupérer des créances langroises auprès de l'Etat, confirme que les thèses laissant penser que la tour a été supprimée en raison de son état ruineux sont erronées : la ville possédait une superbe tour, dans l'endroit le plus élevé et au centre, dans laquelle était la cloche d'alerte et une loge très commode pour le guettier. Pendant la révolution, deux citoyens, sur lesquels je ne me permettrai aucune réflexion, sont parvenus à la faire détruire. Depuis cette époque, le guettier n'ayant plus de loge près de la cloche d'alerte, il n'y a plus de sûreté en cas d'incendie.
La municipalité fait cependant installer, dès l'an IX (1800), sur une des tours de la cathédrale, un nouveau guettier dans une loge précaire, mais celle-ci ne présente pas la sécurité requise pour cette fonction de surveillance. Aussi, Petitot s'efforce à de multiples reprises de remédier à cette situation. Il finit par convaincre le conseil municipal qui, en 1806, charge l'architecte Battonot d'établir plan et devis pour la construction, au sommet de la tour droite Saint-Mammès, d'une tour ronde en bois de 32 pieds de haut, attenante à une loge en brique et plâtre pour la loge du guettier. Un devis est signé, pour 4.000 francs, avec le sieur Rouget, charpentier, qui s'oblige à terminer le travail pour le 1er novembre 1806. (1)

L'ancien presbytère Saint Pierre, rue Saint Paul, ayant été désaffecté en 1731, après être passé entre plusieurs mains, devient la propriété de l'avocat Claude Mulson (1762-1847), célèbre auteur, en 1822, de l'ouvrage
le Vocabulaire langrois (2). En 1820, Mulson cède sa maison et son jardin à la municipalité.
La superficie de la place Saint-Pierre se trouve ainsi agrandie, quasiment doublée.
Claude-Marie-Anne Henryot (communément appelé Henryot-Pechin, du nom de son épouse) (1774-1855) conseilleur municipal depuis 1803, maire de Langres de 1825 à 1831, décide avec son conseiller municipal, de faire aménager la place Saint-Pierre en 1828. Une fois les anciens vestiges déblayés, une petite promenade est installée, plantée d'arbres. Le calvaire qu'on avait érigé sur la place lors de la Mission de 1826 est transféré en 1830 près du transept de la cathédrale. (3)
La place Saint-Pierre, devenue la Place Henryot en 1830, accueille un marché hebdomadaire.


Langres - Cathédrale Saint-Mammès et son guettier, l'hôpital Saint-Laurent et le Square Henryot — Le 21e régiment d'infanterie rue Diderot
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Langres qui, à partir de 1842, fait édifier sa Citadelle au sud de la ville et devient de ce fait une ville de garnison, est dotée en permanence d'un régiment d'infanterie. Ainsi, en 1850, le 4e régiment de ligne y est cantonné et sa musique militaire est dirigée par M. Metzger. En 1859, la musique du 6e de ligne vient régulièrement donner des concerts sur la place Henryot. A partir de 1871, jusqu'en 1914, le 21e régiment d'infanterie sera omniprésent à Langres ; en dehors des périodes de manoeuvres et d'exercices, la musique du 21e R.I. est de toutes les fêtes, défilés et concerts. Les musiques civiles locales, fanfares et orphéons restent tout à fait modestes auprès de la suprématie militaire.

Afin de remplacer le marché de la place Henryot, Léon Mougeot (1857-1928), maire de 1888 à 1900, et son conseil municipal décident de faire bâtir un marché couvert à Langres. Pour ce faire, en 1888-1889, un quartier est démoli, situé le long de la rue de la Coutellerie, de la place Saint-Didier jusqu'à la rue de la Marmite. Le 1er juin 1889, l'adjudication du marché couvert est remportée par Charles Cavé, ingénieur de Louvroil dans le Nord, pour un budget de 169.000 francs. (4) Charles Cavé, en guise des ordinaires rabais accordés lors des adjudications, offre à la municipalité de financer la construction d'un Kiosque à musique sur la place Henryot.
L'architecte Théophile Bourgeois (1858-1930) est chargé des plans de ce Kiosque qui est inauguré, le 26 janvier 1890, en même temps que le marché couvert.
De forme octogonale, ce Kiosque à musique repose sur un soubassement constitué d'un amas rocailleux abritant une cave de rangement ; ses colonnes de fonte soutiennent une toiture domale recouverte en écailles de zinc ; son garde-corps est en fer forgé.
Les travaux d'aménagement de la place Henryot, à l'issue duquel il deviendra le Square Henryot se poursuivent : le conseil municipal en a voté les travaux pour un montant de 6894 francs 46 destiné à installer un bassin, un jet d'eau, des plates-bandes, des massifs, des bacs et lampadaires et un muret. Il est fait appel à Ernest Meusy, horticulteur, architecte-paysagiste de Troyes pour le plan du jardin et les plantations. Un crédit de quatre mille francs est en outre ouvert pour financer la grille en fer forgé qui sera posée un peu plus tard autour de la place.
Le square Henryot est inauguré le 31 mai 1890.

Langres - Square Henryot et Kiosque à musique
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Depuis la création du Kiosque à musique, la musique du 21e régiment d'infanterie sera ponctuelle aux concerts de l'après-midi (seulement les dimanches, de trois à quatre heures, lors de la période hivernale) et sera de chaque cérémonie d'inaugurations ou de célébrations langroises.
Ce n'est qu'en janvier 1902 qu'une Harmonie municipale est fondée, venant concurrencer, en musique civile, ce que le 21e R.I. produit en musique militaire : Paul Balland en est le directeur, M. Viennot le président et M. Emile Wilhélem, maire, le président d'honneur.
Le 26 et 27 août 1906, un concours musical d'anthologie est organisé, réunissant une trentaine de formations.

Denis Diderot (1713-1784), baptisé précisément dans l'Eglise Saint-Pierre de Langres le 5 octobre 1713, a été honoré d'une statue à son effigie, due à Auguste Bartholdi et érigée le 3 août 1884 place Chambeau, renommée place Diderot à cette occasion. Une autre célébrité, certes moins connue, a été tenue sur les fonds baptismaux de l'Eglise Saint-Pierre : Jeanne Mance (1606-1673), baptisée le 12 novembre 1606. En mémoire de cette infirmière co-fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal, une statue de bronze en pied, réalisée par le sculpteur Jean Cardot, lui est dédiée, installée face au Kiosque à musique du square Henryot le 5 mai 1968.

Hormis le muret et ses grilles qui ont été supprimés et la statue de Jeanne Mance venue l'agrémenter, le square Henryot a peu changé aujourd'hui.
Le Kiosque a bénéficié d'une sérieuse restauration en 2016. Cette réhabilitation a été décidée lors d'une séance du conseil municipal le 13 décembre 2012 ; le budget initial de ce chantier est fixé à cent quatre vingt dix mille francs hors taxes, dont 70% à la charge de la commune et 30% subventionné par le Conseil Général de la Haute-Marne. L'inauguration du Kiosque remis à neuf a eu lieu le samedi 1er avril 2017 à 14 h 30.
Kiosque toujours en place.

voir ici, Square Henryot de Langres et Kiosque à musique, aujourd'hui. (1/3) (2/3) (3/3)
Statue Jeanne Mance Square Henryot
Kiosque à musique de Langres démonté pour restauration

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publié par Jean Marc Lun 21 Jan 2019 09:06

31 mai 1890 — Inauguration du Square Henryot réaménagé
— Samedi soir à huit heures, a eu lieu, au milieu du concours de toute la population, l'inauguration du square de la place Henryot dont les portes avaient été ouvertes au public.
La Fanfare langroise a préludé, dans le kiosque, à cette fête, par la Marseillaise. Elle a fait entendre les morceaux qu'elle a exécutés, le 25 mai, au concours de Châtillon, et a causé aux auditeurs le plus vif plaisir.
Le square était brillamment éclairé et le jet d'eau, grâce à des flammes de bengale allumées autour du bassin, donnait l'illusion d'une fontaine lumineuse très réussie.
La musique militaire a joué également dans le kiosque, dimanche, à la grande joie des promeneurs et a été justement appréciée. Langres possède donc une nouvelle promenade charmante et qui attirera pendant la belle saison de nombreux visiteurs. Mais il est à souhaiter qu'on prenne des mesures pour que les personnes qui prennent des chaises puissent en jouir en paix et ne soient pas exposées à se voir bousculées ou marcher sur les pieds. La municipalité y songera certainement.


22 mars 1891 — Concert de la Fanfare langroise au Kiosque Henryot
— On lit dans le Spectateur de mercredi dernier : Très brillant concert de la Fanfare langroise, dimanche, à 2 h et demie, au kiosque de la place Henryot. Les auditeurs n'étaient pas très nombreux à cause du temps.
Nous croyons, nous, que la vraie cause du petit nombre d'auditeurs doit être plutôt attribuée à la coïncidence de ce concert avec les vêpres et l'exercice du carême à la cathédrale. Cela fait l'éloge de la population langroise. Mais aussi quelle singulière idée de faire de la musique à quelques pas d'une église, précisément à l'heure où doit avoir lieu un des principaux offices de la journée ! Il nous semble que les convenances, à défaut d'autres motifs plus élevés, devraient faire choisir ou une autre place ou une autre heure.

(La Croix de la Haute Marne 22 mars 1891)

4 et 5 mai 1895 — Inauguration de la réédification de l'Hôtel de Ville de Langres après l'incendie du 5 décembre 1892. Onze sociétés musicales en concert, dont la Fanfare langroise et l'Union musicale sur le kiosque Henryot
— A l'occasion de cette inauguration, de grandes fêtes sont organisées. Le soir du 4 mai, à 19 h 30, à l'hôtel de la Poste, le maire Léon Mougeot offre un grand banquet fraternel aux entrepreneurs et ouvriers d'art.
A 20 h 30, la musique du 21e régiment d'Infanterie conduit la retraite aux flambeaux « aux sons de ses mâles accents ». A Blanchefontaine a lieu une homérique bataille de confettis.
Le lendemain dimanche 5 mai, à la gare de Langres-Cité, les fanfares de Nogent-le-Bas et de Chalindrey jouent la Marseillaise avant que le Ministre ne rejoigne la sous-préfecture où il doit déjeuner.
Les sociétés musicales investissent la cité. On en compte onze avec les deux formations locales, la Fanfare langroise et l'Union musicale. Il y a là les fanfares de Bourbonne, Saint-Dizier, Humes, Wassy, Fayl-Billot, Chalindrey, Nogent-le-Bas, Nogent-le-Haut, Rolampont. A 11 h 30, un vin d'honneur leur est offert au Marché Couvert, où elles sont rejointes par les pompiers, très admirés dans leur nouvelle tenue, « du dernier modèle, aux épaulières en mailles de métal, et sous le petit casque presque sans cimier, qui les font ressembler à leurs confrères de Paris ». Des médailles commémoratives sont alors largement distribuées.
A 14 h commence la visite officielle. Le cortège quitte la sous-préfecture, escorté de l'escadron du 12e Hussards (100 cavaliers, 4 officiers, arrivés la veille), et passe entre une double rangée de soldats du 21e de ligne en grande tenue, gantés de blanc, présentant les armes. Une « foule compacte » s'est rassemblée dans les rues Roger, Walferdin, Chambrûlard et place de l'Hôtel-de-Ville pour voir le Ministre. « M. Dupuy-Dutemps est l'objet d'une manifestation dignement sympathique ». (...)
A Langres, des concerts ont été donnés pendant l'après-midi à Blanchefontaine (fanfares de Saint-Dizier et de Wassy), place Diderot (Nogent-le-Bas et Fayl-Billot), place Ziegler (Nogent-le-Haut et Bourbonne), place de l'Hôtel-de-Ville (Humes, Rolampont et Chalindrey) et square Henryot (Sociétés de Langres). A 17 h, une nouvelle bataille de confettis s'est engagée à Blanchefontaine, tandis que de nombreux divertissements étaient offerts place Bel-Air : carrousels, tirs, musées, manège de vélocipèdes, cirque, chevaux de bois...
A 19 h 30, dans la salle des adjudications, a lieu le grand banquet officiel réunissant plus de 150 convives.
A l'étage supérieur, dans la salle du Conseil, le grand bal commence : le Ministre vient exécuter quelques pas de danse au bras de Madame Mougeot. Mais son train l'attend en gare à 23 h et il ne peut s'attarder. Après son départ, le bal continue et le cotillon est fort original. M. le Maire paya de sa personne et donna l'exemple aux tièdes du noble art de la danse. L'orchestre, sous la baguette du chef de la Fanfare langroise, M. Corrion, jouera jusqu'à 3 heures.
Un autre bal, plus populaire, se déroule en même temps au Marché Couvert. A l'autre bout de la ville, au champ de foire, un feu d'artifice a été tiré.
(Le Spectateur 8 mai 1895)

Langres - Square Henryot et le Kiosque à musique
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14 et 16 juillet 1903 — Concert de la musique du 21e de ligne au Square Henryot
— Musique du 21e de ligne. Programme du concert du dimanche 14 juillet 1903, à 8 heures ½ du soir et du jeudi 16 juillet, de 8 heures ½ à 9 heures ½, au square Henryot : 1. Les petits marmouzets, marche enfantine. Ganne. — 2. Le dernier jour de la Terreur, drame symphonique. Litolff. — 3. Paola, valse. Trabadelo. — 4. Samson et Dalila, fantaisie. Saint-Saëns. — 5. La morangette, pour piston. Sellenick. Le chef de musique. G. Logeart.

19 juillet 1903 — Concert de l'Harmonie municipale au Square Henryot
— Le dimanche 19 juillet, à 8 heures ½ du soir, au square Henryot, l'Harmonie municipale donnera un concert dont voici le programme :
Le Lillois, pas redoublé. Leroux. — Cécile, caprice pour petite flûte. G. Wettge. — Scènes cosmopolytes : a) Hongroise ; b) Polonaise. P. Kelsen. — Nuage de dentelles, valse. J. Klein. — La Vie Parisienne, quadrille. J. Offenbach.


19 juin 1904 — Fête de l'enseignement primaire et concert sur le Kiosque du square Henryot
— Voici le programme de la fête de l'enseignement primaire organisée par la Société républicaine d'instruction avec le concours des Associations amicales des anciens et anciennes élèves des écoles laïques et de l'Harmonie municipale, sous le Présidence d'honneur de M. Wilhélem, maire de Langres
A 2 heures du soir, réunion des élèves des écoles laïques de l'Hôtel-de-Ville. Distribution de drapeaux, chœur.
A 2 h. ½, défilé à travers la ville : rues Chambrulard, Walferdin, Roger, Barbier d'Aucourt, Aubert, de Nevers et Diderot.
A 3 heures, à Blanchefontaine, chœurs, distribution de médaille et jouets. — A 3 h. ½, bals et rondes d'enfants. — A 4 heures, goûter champêtre. — A 4 h. ½, distribution de surprises.
A 5 heures, retour en ville par la rue des Chavannes, Gambetta, Lambert-Payen, Jean-Rousset et de Nevers.
A 5 h. ¼, au square Henryot, chœur et dislocation.
En cas de mauvais temps, la fête aura lieu au Marché couvert.
Ajoutons que par suite de la fête de l'enseignement, le concert de la musique militaire du 21e de ligne. qui devait avoir lieu dimanche prochain, à 4 heures, aura lieu le soir, à 8 h. ½, au square Henryot.

21 juillet 1904 — Musique du 21e Régiment d’Infanterie au Square Henryot
— Programme du concert de la Musique du 21e Régiment d’Infanterie, le jeudi 21 juillet, de 8 h. ½ à 9 h. ½ du soir, au square Henryot : 1. Félix-Marsch. Sellenik. — 2. Esclarmonde, fantaisie. Massenet. — 3. Toujours ou jamais, valse. Waldteufel. — 4. Iphigénie en Aulide, ouverture. Glück. — 5. Sans cervelle, polka. Auvray. Le chef de musique, Logeart.

Langres - Square Henryot et son Kiosque à musique
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28 juillet 1904 — Concert de la musique du 21e de ligne square Henryot
— Musique du 21e régiment d'Infanterie. Programme du concert du jeudi 28 juillet 1904, de 8 heures ½ à 9 h. ½ du soir, au square Henryot : Célèbre Marche Hongroise de la Damnation de Faust, Berlioz. — Manon, fantaisie, Massenet. — L'Aurore, valse. Logeart. — Le Cid, ouverture, Massenet. — Farandole provençale, Chaulier. Le chef de musique, Logeart.

4 août 1904 — Concert de la musique du 21e régiment d'infanterie au Kiosque Henryot
— Musique du 21e régiment d'infanterie. Concert du jeudi 4 août 1904, de 8 heures ½ à 9 heures ½, du soir, au square Henryot : Polonaise de concert. Vidal. — Mireille, ouverture. Gounod. — Célèbre, sérénade. Schubert. — Fantaisie originale pour hautbois. Bruyant, arangé par Logeart. — Les Ribaudes, mazurka. Ganne. Le chef de musique, Gustave Logeart.

20 et 21, 27 et 28 août 1904 — La Fête de Saint-Mammès à Langres
— Voici le programme de la fête patronale dite de Saint-Mammès.
Samedi 20 août 1904. — A 10 heures du matin, à l'hôtel de ville, salle des adjudications, distribution de secours aux indigents.
A 8 heures du soir, grande retraite aux flambeaux avec la musique du 21e de ligne.
A 9 heures du soir, square Henryot, concert par l'Harmonie municipale.
Dimanche 21 août. — De 2 à 3 heures du soir, promenade de Blanchefontaine. jeux divers, jeu de ciseaux.
De 4 à 5 heures du soir, promenade de Blanchefontaine, concert par la musique du 21e de ligne.
A 8 heures ½ du soir, illuminations du square et des bâtiments communaux.
A 9 heures du soir, grand bal au marché couvert.
Prix d'entrée : Cavalier. 0 fr. 50 ; gratuit pour les dames. Les danses sont gratuites. Buvette.
— Samedi 27 août. A 8 heures ½ du soir, au square Henryot, concert par la musique du 21r de ligne.
— Dimanche 28 août. A 3 heures du soir, promenade de Blanchefontaine, marche des Midinettes organisée pour le département de la Haute-Marne.

25 août 1904 — Concert de la musique du 21e de ligne au Square Henryot
— Musique du 21e de ligne. Programme du concert du jeudi 25 août, de 8 h. ½ à 9 h. ½, du soir au square Henryot : La vivandière, fantaisie. Godard. — 1e Symphonie, adagio et allegro. Saint-Saëns. — Idylle champêtre, fantaisie-mazurka pour hautbois. Logeart. — Le bravo, ouverture. Salvayre. — Marseillaise de la mutualité, morceau avec chant. Lataste. Le chef de musique, Logeart.

Langres - Le Kiosque à musique — Square et Cathédrale Saint-Mammès
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Concours musical des 26 et 27 août 1906 à Langres
Août 1906 — Que ne faut-il pas faire pour obtenir un "petit billet" de 100 francs du Conseil Général ?
— Conseil général de la Haute-Marne. Concours national de musique, à Langres. M. Darbot, rapporteur, au nom de la quatrième Commission, lit le rapport suivant :
Messieurs, un concours national de musique se tiendra à Langres le 26 août prochain, organisé sous les auspices de la Ville de Langres.
Ce Concours sera très important. Plus de 1.500 concurrents appartenant à 35 sociétés musicales de France et d'Algérie y prendront part. En raison de cette importance, il occasionnera des frais qui ne s'élèveront pas à moins de 8.500 francs, savoir :
Prix en argent 3.000 frs ; Médailles et autres récompenses 2.000 frs ; Frais de publicité et de correspondance. 1.200 frs ; Allocations aux membres du Jury 1.800 frs ; Couchage et frais divers 500 frs. Total égal à 8.500 frs.
Pour couvrir cette dépense, il a été fait une quête en ville, qui a produit 2.300 francs.
Au sujet du concours du Département par une allocation pour couvrir une partie de la dépense que je viens d'énumérer, il y a des précédents.
II y a eu récemment un vote du Conseil général en faveur d'un concours de gymnastique à Chaumont.
Votre quatrième Commission, enhardie par ce précédent, vous propose d'accorder une allocation de 100 francs au profit de la Ville de Langres.
Délibération du conseil général : Les conclusions de la quatrième Commission, mises aux voix, sont adoptées.
13 août 1906 — Programme du concours de Langres des 26 et 27 août
— Ce concours comprendra : lecture à vue et exécution, qui se feront le dimanche matin ; le concours d'honneur, le même jour, dans l'après-midi.
Les concours de soli et de quatuors, facultatifs, auront lieu le lundi matin, 27 août.
Les résultats seront proclamés et les récompenses remises aux Sociétés à l'issue de chaque épreuve.
Au concours d'honneur, des primes importantes seront attribuées dans chaque catégorie, harmonies, orphéons et fanfares :
Premier groupe : division d'excellence, 500 francs. — Deuxième groupe : division supérieure, 400 francs. — Troisième groupe : première division, 250 francs. —Quatrième groupe : deuxième division, 150 francs. — Cinquième groupe : troisième division, première et deuxième section, 100 francs. — Sixième groupe : troisième division, troisième section. 50 francs.
En plus, des primes d'éloignement seront accordées aux Sociétés d'excellence, division supérieure et première division : Première prime, 200 francs. — Deuxième prime, 150 francs. — Troisième prime, 125 francs. — Quatrième prime, 100 francs. — Cinquième prime, 100 francs. — Sixième prime, 100 francs.
Secrétaire général, M. P. Balland, rue Gambetta, à Langres.
26 et 27 août 1906 — Compte rendu du concours musical de Langres
— Le concours musical qui a eu lieu à Langres a obtenu le plus brillant succès grâce aux soins apportés dans l'organisation par le comité et son secrétaire général M. Balland, l'excellent directeur de l'Harmonie municipale de Langres.
C'est M. Kaiser, professeur au Conservatoire de Paris, qui a été désigné pour présider le jury en l'absence de M. Xavier Leroux.
A neuf heures précises ont commencé les épreuves de lecture à vue immédiatement suivies du concours d'exécution. Le comité avait eu la bonne idée de prier le jury de distribuer lui-même, après les épreuves du matin, les prix et diplômes obtenus par chaque société. Cette excellente mesure a donné les meilleurs résultats et a permis de mener à bien un programme très chargé.
Le défilé très bien organisé a été accueilli sur son passage par de chaudes acclamations. Trois morceaux d'ensemble ont été exécutés sous l'habile direction de M. Balland : le Chant.de l'Orphéon, belle composition de Michel Chapuis, accompagné avec un sentiment très artistique par l'Harmonie Chaumontaise, habilement dirigée par M. Gachon ; le pas redoublé Diderot, dû à la composition de M. Balland, œuvre très enlevante et appelée à devenir rapidement populaire, et enfin la Marseillaise. Ces trois morceaux ont été exécutés avec brio et salués par de chaleureux applaudissements.
Participaient à ce concours :
Orphéons : Chorale Alsacienne de Nancy. — Chorale de Dijon. — Choral de Montreuil-sous-Bois. — Choral de l'Est, Nancy. — Choral des Chemins de fer d'Epernay. — Choral de Troyes. — L'Echo de Corton, d'Aloxe-Corton.
Harmonies : Harmonie de l'usine Darracq, Suresnes. — Harmonie Chaumontoise. — Harmonie de Biesles. — Harmonie de Bourbonne-les-Bains. — La Lyre Touloise. — Harmonie Sainte-Cécile, Liffol-le-Grand. — Harmonie de Verzy. — Harmonie de Breuvannes.
Fanfares avec saxophones : Fanfare de Pont-Sainte-Marie. — Fanfare de Rosny-sous-Bois. — Fanfare de Luzarches. — Fanfare de la Société Cotonnière de Mirecourt. — Fanfare de Jujurieux.
Fanfares sans saxophones : Fanfare de Chaudenay. — Fanfare de Saint-Rémy-en-Bouzemont. — Fanfare de Dampierre-sur-Salon. — Fanfare des clairons vosgiens d'Epinal. — Fanfare de Robert-Espagne. — Fanfare de Bienville. — Fanfare de Rachecourt-sur-Marne.

19 octobre 1913 — Le bicentenaire de la naissance de Denis Diderot
— Les fêtes de Langres, bicentenaire de Diderot. M. Klotz, ministre de l'intérieur, a quitté Paris hier soir, à neuf heures, pour aller présider les fêtes du bicentenaire de Diderot à Langres.
Le ministre recevra ce matin les autorités civiles et militaires et fera remise des médailles aux combattants de 1870-71 à l'hôtel de ville de Langres, avant de se rendre, à dix heures et demie, à la statue de Diderot, devant laquelle des discours seront prononcés et des distinctions honorifiques seront remises à leurs titulaires.
A une heure, M. Klotz présidera un grand banquet populaire. Puis il visitera les hôpitaux civil et militaire avant de reprendre, à quatre heures, le train pour Paris.

Langres - Bicentenaire Diderot, musique dans l'hopital militaire — Défilé du 21e RI et de sa musique
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19 mai 1935 — L'Harmonie municipale de Langres en concert au Kiosque à musique de Châlon-sur-Saône.
— L'Harmonie municipale en promenade à Châlon-sur-Saône, donnera, dimanche prochain 19 mai, de 11 heures à midi, au kiosque de la place de Beaune, un concert, dont voici le programme : 1. Le Rubanier, pas redoublé. Guillemet. — 2. Jour de fête au village, petite fantaisie. J. Barat. — 3. Les Roses chantent, valse lente. Popy. — 4. Petite suite sur trois thèmes de F. Schubert. — 5. Mignonette, polka pour clarinette. P. Loué.
Cette société arrivera dimanche matin, par chemin de fer, à 10 h. 15, et sera reçue à son arrivée en gare par les dirigeants de la Vaillante qui, après un déjeuner au restaurant Ravaud, lui feront visiter la ville au cours de l'après-midi.

2 avril 2017 — Concert sur le Kiosque à musique du Square Henryot
— A partir de 15h jusqu’à 18h, concerts donnés par l’« Anonym big band » du conservatoire de Chaumont, sous la direction de Jean-Paul THIERION (jazz new-orleans, swing, be bop, bossa nova et jazz rock), et par le « C.B. Orchestra » de l’école municipale de musique de Langres, animé par Sébastien HUGUENIN (répertoire rythm’n blues d’Otis Redding aux Blues Brothers en passant par James Brown et d’autres).

Langres - Vue aérienne cathédrale Saint-Mammès, Square et Kiosque à musique — Statue Jeanne Mance (cliché A. Abdi 1968)
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Formations musicales actives à Langres en 1909 :
Union musicale (société chorale), président A. Delanne, direction Lepitre, 45 exécutants ;
Harmonie municipale, créée en 1902, président Lemaire, direction Paul Balland, 40 exécutants ;
Société symphonique, président A. Delanne, direction Paul Balland.
En 1909 la musique du 21e R.I. est dirigée par M. Cambis.


(1) Le guettier qui, depuis belle lurette avait cessé toute activité, reprend du service pendant l'occupation allemande en 1940. Pas pour longtemps, car après quelques mois de cette reprise un incendie détruit la loge et la tour rondeau dessus du clocher de la cathédrale, celle-ci restant toutefois intacte.

(2) A son décès le 3 février 1847, Claude Mulson transmettra un legs particulier d'une somme de 6.000 francs, et un legs universel, évalué à un capital net de 13.523 francs, aux hospices de Langres, accepté le 10 mars 1849.

(3) Le calvaire de la mission de 1826 sera à nouveau déménagé, cette fois-ci sur la colline des Fourches, en 1900.

(4) Peu après, en 1891, Charles Cavé remportera l'adjudication du marché couvert des Carmes à Toulouse, halle métallique inaugurée en 1892, qui sera démolie début 1963, remplacée par un autre édifice. Le marché couvert de Langres subira le même sort que celui de Toulouse, sept ans plus tôt, en 1956.

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Ven 25 Jan 2019 11:07
par JeanMarc
LANGRES - Cercle Militaire
(HAUTE MARNE)
Les fortifications de Langres, commencées au IXe siècle sont agrandies, modifiées et consolidées au cours des siècles suivants, notamment de 1642 à 1647 : en 1642, un certain Camus, natif de Baissey (Haute-Marne), premier ingénieur du Roi, dresse les plans de la construction d'un bastion royal et de deux demies lunes dans la partie sud de la ville, entre la tour de Navarre et la tour de Saint-Ferjeux, devant la tour de Chavannes et la porte des Moulins (des moulins à vent étaient établis, l'un sur le rempart même, les autres à la sortie de la ville, hors les murs, à proximité de l'avenue de Blanchefontaine).
Les travaux de ce bastion commencé le 8 juillet 1642, sont interrompus le 22 novembre 1642 pour ne reprendre qu'en 1644 :
Le dict jour deuxième de juillet de la présente année 1644, fut posée la première pierre du grand bastion des fortifications que l'on a de nouveau commencées en cette ville par le seigneur marquis de Francières estant assisté des sieurs Camus ingénieur du Roy et sieur de Florence, thrésorier d'icelles fortifications avec quantité de peuple langrois.
La nouvelle porte des Moulins est ouverte sur la demie-lune ainsi créée, en août 1647.

Plan de Langres au XVIIe siècle (porte des Moulins et bastion)
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Les promenades publiques langroises étant plutôt rares (le Square Henryot ne sera aménagé qu'à partir de 1828), la municipalité décide de pourvoir à cette lacune. En 1782, Marie-Antoine-Claude Rivot de Bazeuil (1731-1791), maire de 1779 à 1783, confie à Joseph Walter dit Valtier (1733-1795), entrepreneur-architecte langrois, originaire de Knotenried en Souabe, la direction des travaux d'aménagement d'une promenade, sur l'emplacement de la demi-lune de la porte des Moulins. Walter fait niveler et aplanir le terrain, tracer des allées, planter des buissons et massifs fleuris et planter des tilleuls. Un pavillon de gardien est construit ; un certain Claude Roger signe un contrat le 9 avril 1785, à raison de cent-vingt livres annuel, pour l'entretien de ce jardin qui devient le Cours Rivot, du nom de son instigateur.
Le Cours Rivot sera la promenade favorite de Denise Diderot (1715-1797) et de son amie Simone Caroillon-Lasalette (1713-1788). Denise Diderot, soeur du philosophe Denis Diderot, résidait au n° 6 de la place Chambeau (future place Diderot), dans la maison de coutellerie héritée de son père.

Plan de Langres en 1813
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Plan partiel de Langres en 1813
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Le commandant de la garde nationale de Langres, Christophe Delecey de Changey (1771-1846), livre un témoignage très précis et passionnant de l'invasion austro-prusso-russe de Langres en 1814-1815. Le Cours Rivot, de par son emplacement sur le bastion de Chavannes, à l'entrée de la porte des Moulins est très sollicité : des troupes sont placées dès le 9 juin 1814 le long du mur extérieur du Cours une seule pièce est en batterie.
Le 17 juin, à 10 heures, le colonel Simon fait placer la plus grande partie des hommes à la porte des Moulins et au Cours Rivot ; à une heure, quelques cavaliers ennemis viennent jusqu'au Cours en éclaireurs, sans tirer, et se retirent. Dans l'après-midi, un parlementaire somme la place de se rendre, quelques coups de canon sont envoyés sur la ville qui capitule immédiatement.
Dans la soirée du 17, quinze à vingt bataillons ennemis s'installent à Langres, toutes les maisons étant réquisitionnées. Le 19, le prince Karl Philipp de Schwarzenberg établit son quartier général chez le préfet Berthot. Le 22, à 2 heures ½, l'empereur Alexandre de Russie fait son entrée à Langres et loge chez M. de Chalancey... (1)
Il va sans dire que les promeneurs langrois vont délaisser le Cours Rivot pendant plusieurs années.


Langres - Cercle militaire vu à travers les arches de la Porte des Moulins
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publié par JeanMarc Sam 12 Sep 2015 17:08

Les remparts de Langres et toute la zone contiguë, en ce, compris la porte des Moulins, le Cours Rivot et sa demi-lune, sont cédés par la municipalité au Génie Militaire en 1832. En 1847, l'ancienne porte des Moulins et son rempart y attenant sont démolis.
Le Cours Rivot conserve son affectation de jardin public jusqu'en 1871, date à laquelle le Génie militaire décide d'y faire édifier un large bâtiment destiné au Cercle de la garnison des officiers.

Langres - Cercle militaire réunion des officiers
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Le Cercle militaire appelé également le mess, organise régulièrement banquets, bals et fêtes, les familles des officiers et les notabilités étant conviées à ces manifestations. La musique du 21e régiment d'infanterie, entièrement mise à la disposition des officiers, organise des concerts dans le jardin situé à l'arrière du Cercle ou au rez de chaussée de celui-ci.
Au vu du succès remporté par la musique qui joue alternativement tantôt au Cercle, tantôt sur le square Henryot et tantôt sur la promenade de Blanchefontaine, un Kiosque à musique est édifié, vers 1904, dans le jardin du Cercle. Ce kiosque, de forme hexagonale, à structure en bois, est surmonté d'une toiture recouverte en tuiles ornée, sur son pourtour, d'un lambrequin de bois découpé.

Après le conflit de 1914-1918, le Kiosque à musique ne semble pas avoir été submergé par les concerts musicaux, mais il n'a pas été supprimé pour autant. Ce n'est qu'après 1960 qu'il disparaît, vraisemblablement abattu par la vétusté.

La rue des Moulins qui était devenue la rue Diderot est, depuis, rebaptisée place du colonel de Grouchy.
Le détachement de la 15ème base de soutien du matériel de l'armée de terre, qui abritait, dans les années 2000, le mess du Cercle militaire, étant appelé à fermer, la ville de Langres est autorisée par décret du 14 février 1908, à acquérir ledit Cercle militaire pour un euro symbolique. La cession est entérinée par le décret n° 2013-134 du 12 février 2013, signé par MM. Ayrault, Cahuzac, Moscovici et Le Drian.
Le bâtiment de 525 m², sur un terrain de 4 165 m², réhabilité et transformé en restaurant-loundge-bar sous l'enseigne Villa Vauban, est donné à bail aux époux Logerot en 2016.
Kiosque disparu.

voir ici, Cercle militaire de Langres sans son kiosque, aujourd'hui. (1/3) (2/3) (3/3)
Cercle militaire devenu Villa Vauban, aujourd'hui (1/2) (2/2)

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publié par Jean Marc Jeu 24 Jan 2019 18:17

12 mai 1904 — La musique du 21e régiment de ligne, qui n'a pas le temps de s'ennuyer à Langres, est présente sur le Kiosque du Cercle militaire tous les mardis
— Musique du 21e la ligne. — Par décision de M. le général commandant d'armes de la place de Langres, la reprise générale des concerts de la musique du 21e de ligne aura lieu à partir du dimanche 15 mai.
Les concerts auront lieu : le dimanche à la promenade de Blanchefontaine, de 4 à 5 heures ; le mardi au Cercle militaire, de 8 h. ½ à 9 h. ½ ; le mercredi, aux hôpitaux civils et militaires, de 3 heures à 4 heures et le jeudi au Square Henryot, de 3 h. ½ à 4 h. ½. (en saison, de 8 h. ½ à 9 h. ½)
Les retraites aux flambeaux seront reprises à partir du samedi 21 mai et se feront le premier et le troisième samedi de chaque mois.


17 juillet 1904 — Musique du 21e Régiment d'Infanterie au cercle militaire
— Programme du concert de la Musique du 21e Régiment d’Infanterie, le mardi 19 juillet, de 8 h. ½ à 9 h. ½, au Cercle militaire : 1. Félix-Marsch. Sellenik. — 2. Esclarmonde, fantaisie. Massenet. — 3. Toujours ou jamais, valse. Waldteufel. — 4. Iphigénie en Aulide, ouverture. Glück. — 5. Sans cervelle, polka. Auvray. Le chef de musique, Logeart.

Langres - Kiosque à musique du Cercle militaire — Porte des Auges, vue sur la droite du Kiosque et du jardin du Cercle militaire
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2 août 1904 — Concert de la musique du 21e régiment d'infanterie au Cercle militaire
— Langres, musique du 21e régiment d'infanterie Programme du concert du mardi 2 août 1904, de 8 heures ½ à 9 heures ½, au Cercle militaire : Polonaise de concert. Vidal. — Mireille, ouverture. Gounod. — Célèbre, sérénade. Schubert. — Fantaisie originale pour hautbois. Bruyant, arrangé par Logeart. — Les Ribaudes, mazurka. Ganne. Le chef de musique, Gustave Logeart.

23 août 1904 — Concert de la musique du 21e de ligne au Cercle militaire
— Musique du 21e de ligne. Programme du concert du mardi 23 août, de 8 h. ½ à 9 h. ½, au Cercle militaire :
La vivandière, fantaisie. Godard. — 1e Symphonie, adagio et allegro. Saint-Saëns. — Idylle champêtre, fantaisie-mazurka pour hautbois. Logeart. — Le bravo, ouverture. Salvayre. — Marseillaise de la mutualité, morceau avec chant. Lataste. Le chef de musique, Logeart.

1906 — A l'issue des manoeuvres des troupes, les officiers banquettent au Cercle militaire
— Autour de Langres ont eu lieu des manœuvres de forteresse, qui ont coûté, dit-on, environ deux millions ; la ville a été assiégée par de l'infanterie, appuyée par de l'artillerie ; la place a dû se défendre par ses propres moyens.
Quelques critiques contestent l'utilité de ces manœuvres, qui, écrivent-ils. ne prouvent rien.
Les manœuvres de forteresse ont pris fin mercredi : après la remise des décorations, M. Etienne a offert, au cercle militaire de Langres, un déjeuner aux généraux et aux chefs d'unités qui ont pris part aux manœuvres d'attaque et de défense.
Au dessert, le général Pendezec, directeur des manœuvres, a fait l'éloge des troupes. (...)

Langres - Retour de manoeuvres en 1906 au Cercle militaire — Officiers du 21e régiment d'infanterie qui fréquentaient le Cercle militaire en 1914
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4 et 14 juillet 1918 — Les fêtes nationales américaines et françaises célébrées dans le Cercle des officiers français et américains
— Le 4 juillet 1918, on a commémoré « l'Independance Day » qui est une grande fête aux U.S.A. A cette occasion, il a été décidé de baptiser la place Bel-Air en place Américaine et de planter deux tilleuls du souvenir : l'un nommé « Verdun », l'autre « Wilson ».
Toute la ville était pavoisée de drapeaux et les troupes ont été passées en revue à Blanchefontaine. Le soir, une réception a été donnée au Cercle des officiers américains par les officiers français, avec lanternes vénitiennes dans le jardin, musique, discours. Le champagne a coulé à flot, dans une ambiance très gaie et les quelques civils admis à cette réception s'étaient mis, les hommes « sur leur 31 », les femmes « dans leur plus beaux atours ».
Le 14 juillet suivant, ce sont, cette fois, les officiers alliés qui ont donné une réception au Cercle des officiers français, après un défilé en ville. Tout en admettant, maintenant, que les Américains sont devenus « aussi » de bons soldats, le chauvinisme local reprenant le dessus, ne leur a pas reconnu, du point de vue représentatif, toutes les vertus des troupes françaises, « car, ils ne savent pas encore, tous, marcher au pas ! »


En 1909 la musique du 21e R.I. est dirigée par M. Cambis.
La musique du 21e régiment d'infanterie, attachée à Langres de 1871 à 1914, est dirigée par M. Gustave-Léopold Logeart de 1903 à 1906. On le trouve ensuite chef de musique à La Rochelle de 1906 à 1914. Après un cours passage au 24e R.I., Logeart prend la direction de l'Harmonie des mines de Blanzy de Montceau-les-Mines le 1er mai 1919, société qu'il quitte en septembre 1927, pour prendre sa retraite. Il laisse la place aussitôt à son neveu Louis Logeart.


Langres - Fête au Cercle militaire — Vue aérienne du Cercle militaire et du Kiosque à musique en 1960
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(1) Le Cours Rivot lors de l'invasion austro-prusso-russe de 1814 ; quelques passages du témoignage du commandant de la garde nationale de Langres, Christophe Delecey de Changey
— le 9 juin 1814. L'officier de garde avait placé ses troupes le long du mur extérieur du cours Rivot, voulant seulement faire voir que la ville était sur la défensive, sans commencer des hostilités qui pouvaient avoir des suites très sérieuses ; mais le sergent major de grenadiers Arbeltier qui avait passé la nuit au poste, lâcha son coup de fusil à travers les fentes de la porte et entraîna ainsi les hommes qui bordaient le parapet. Le piquet de cavalerie s'éloigna sur le champ, mais revint bientôt après ; alors la partie étant engagée, M de Chalancey fit faire une décharge sur la troupe ennemie qui disparut tout à fait. (...)
— le 17 juin 1814, à 10 heures. Le colonel Simon avait placé la plus grande partie des hommes à la porte des Moulins et au cours Rivot. C'était un triste spectacle que celui de la vue du faubourg de Bel-air et de la route de Dijon auparavant si fréquentée, on n'apercevait pas une âme ; et à coté de cela, l'attitude calme mais sérieuse du petit nombre de grenadiers qui ne suffisait pas pour garnir le parapet de la promenade.
— le 17 juin à une heure. Quelques cavaliers qui s'étaient approchés de la ville vinrent jusqu'auprès du cours Rivot, mais les soldats, soit qu'ils en eussent reçu l'ordre, soit qu'ils dédaignassent un ennemi trop faible pour leur causer de la crainte ne tirèrent point sur eux ; peu après vers les 3 heures, un parlementaire se présenta ; il portait une lettre de M de Metternich adressée au ministre des affaires étrangères. On ouvrit le guichet pour les recevoir, et pendant ce temps j'observai que les hommes de l'escorte auxquels des gens du faubourg avaient apporté quelques bouteilles avaient l'air de boire à la santé de nos soldats français qui les regardaient, et de vouloir fraterniser avec eux. Il y avait dans ce moment comme une espèce de trêve qui semblait rassurer les esprits, aussi la promenade était elle remplie de curieux, et même de dames auxquels il est vrai, on ne permettait pas de s'approcher du parapet ; le colonel Simon était allé déjeuner, je pensai que j'en pouvais faire autant. Je n'avais pas encore fini mon court repas que j'entendis de suite deux coups de canon ; je jugeai sur le champ à la faiblesse du son qu'ils ne provenaient pas de la ville, ou d'ailleurs il n'y avait en batterie qu'une seule pièce au cours Rivot. Je me hâtai donc d'accourir à la porte et déjà un parlementaire qui venait sommer la place de se rendre y était entré. Sa mission avait été appuyée par quelques coups de canon tirés sur la ville depuis la route au-delà des Auges.
Souvenirs d'un notable Langrois en 1814 (voir ici)

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Lun 28 Jan 2019 14:03
par JeanMarc
LANNEPAX - La Place
(GERS)
La bastide de Lannepax, fortifiée, est ceinturée de remparts et de larges fossés dès le XIIIe siècle. Démantelés en 1626 sur l'ordre du gouverneur de la Guyenne, le duc d'Epernon, les murs restent autorisés sur une hauteur limitée à un mètre cinquante. En 1761, les consuls de Lannepax obtiennent l'autorisation de démolir les restes des murs de la ville, et, en 1773, les portes de celle-ci, notamment les piliers de la Porte du nord où le chemin de la Tanarèse aboutit, porte dont l'arceau est tombé depuis longues années par vétusté. Un arrêt du conseil d'Etat du 26 juin 1781 rappelle toutefois, afin que nul ne l'ignore, que les murs, fossés et remparts de Lannepax appartiennent au Roi et non à la communauté...

Plan de Lannepax en 1832
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Au centre de cette petite bastide, l'Eglise Saint-Jacques, édifiée au XIVe siècle, a fait l'objet de gros travaux lors des siècles suivants.
Si le 24 août 1779, il est attesté que le clocher a dû être réparé d'urgence, nous ne savons rien de la reconstruction dont il a forcément fait l'objet, à la suite de la frappe de la foudre survenue le 10 mai 1781.
Le Journal Encyclopédique d'août 1781, usant d'hyperboles, voire d'adynata, relate qu'à la suite de l'explosion dûe à la foudre, la flèche de l'église de Lannepax s'est élevée de sept toises, une cloche a été précipitée par terre sans dommage blessant quatre sonneurs, les quatre murs de la tour ont été fendus... Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, le grandiloquent narrateur ajoute que cette tour de 12 toises avait été bâtie par Jules César...

Comme nombre de bastides, le centre de Lannepax est constitué de son église paroissiale, attenante à la Place. Celle-ci est bordée sur trois de ses côtés par une série de garlandes ou embans (petites constructions, bâties en avant des façades, supportées par des piliers de bois) constitués de pans de bois à colombages. Trois autres garlandes, attestées sur le cadastre de 1832, sont édifiées dans les voies adjacentes de la Place, dont l'une est située en face de l'église, rétrécissant d'autant le passage déjà étroit de la rue.

Lannepax - La Place et le clocher de Saint Jacques — Eglise Saint-Jacques
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En 1827, une Croix de mission, est érigée sur un piédestal, à l'angle de la Place le plus proche de l'Eglise ; elle sera transférée en 1934 le long de l'église, près de la porte d'entrée. Cette Croix de fer forgé, une des 600 répertoriées dans le Gers, présente les caractéristiques classiques de celles-ci, relatives à la Passion du Christ : outre les inscriptions INRI, on y déchiffre l'aiguière relative à Ponce Pilate s'en lavant les mains ; les trois dés à jouer permettant aux soldats romains de se partager la tunique de Jésus ; le marteau et les trois clous de la crucifixion ; la tenaille pour arracher les clous ; l'échelle pour la descente de croix ; un calice sur une branche de vigne représentant la Cène. voir ici

La Place de Lannepax accueille un marché hebdomadaire et quatre foires annuelles fixées, dès avant 1844, aux 2 mai, 26 juillet, 2 novembre et mercredi précédant le mercredi des cendres.
Le 26 octobre 1871, la municipalité lannepaxienne obtient du conseil général du Gers que sa foire du 26 juillet soit renvoyée au premier lundi suivant la fête patronale, celle-ci se déroulant immuablement les derniers samedi et dimanche de juillet.
Le 19 août 1886, une cinquième foire, se déroulant le 26 décembre est accordée à la commune.

La fête patronale attire chaque année un grand nombre de participants. Sur la Place, les forains installent baraques et attractions ; concerts musicaux, danses traditionnelles, jeux, feux d'artifices, bals champêtres sont organisés pendant trois jours.
La fanfare la Lyre lannepaxienne, forte de 27 musiciens dirigés par M. Noguès, est bien entendu de toutes les fêtes, foires et manifestations ayant lieu dans la bastide. Après avoir obtenu un 3e prix d’exécution assorti d’une médaille d’argent au concours de Tarbes du 19 mai 1884, on la voit participer, entre autres, en 1894, au concours musical de Condom (dans l'école communale de garçons condomoise) où elle obtient, en 3e division, 3e section, le premier prix des fanfares avec saxophone, ex aequo avec la Gondrinoise, médaille de vermeil ; au concours d'honneur, elle obtient le 1er prix et 100 francs en espèces.
Après 1900, M. Luigini succède à M. Noguès à la tête de la Lyre.
Une seconde formation fait son apparition à Lannepax en 1909, l'Indépendante dirigée par M. Bréchard, remplacé en 1911 par M Capdevielle. Après le conflit 1914-1918, Capdevielle et l'Indépendante sont toujours actifs.

Vers 1920, un monument aux victimes de la guerre est érigé sur un angle de la Place.

Lannepax - La place et le monument aux morts 14-18 — La Promenade (la Place), monument aux morts
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Les mélomanes lannepaxiens vont patienter jusqu'après 1950 pour qu'enfin la municipalité se décide à faire édifier un Kiosque à musique au centre de la Place, également appelée la Promenade. Celui-ci, de forme octogonale, est construit sur un soubassement en ciment, accessible par un escalier de quatre marches ; ses colonnes en bois supportent sa toiture zinguée ; la balustrade est formée de croisillons en bois.

Tout comme la Croix de mission, le monument aux morts est relégué, dans les années 1970-1980, sur le côté de l'église, près du clocher.
Kiosque toujours en place.

voir ici Place de Lannepax et son Kiosque à musique, aujourd'hui.(1/3) (2/3) (3/3)
Garlandes sur la place de Lannepax
Kiosque et clocher de l'église Saint-Jacques
Monument aux morts transféré le long de l'église
Danses sur la place de Lannepax

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publié par Jean Marc Lun 28 Jan 2019 09:37

24 au 26 juillet 1909 — Fête patronale de Lannepax. Création de l'Indépendante, nouvelle formation musicale
— Lannepax. Fête locale. Aujourd'hui dimanche 25 juillet, la ville de Lannepax célébrera sa fête annuelle.
Depuis plusieurs jours, la jeunesse s'occupe activement de l'organisation ; aussi nous est-il permis de compter sur de nombreuses attractions. Voici le programme :
Première journée, samedi 24. — Retraite aux flambeaux, salves d'artillerie.
Deuxième journée, dimanche 25. — Réveil en fanfare ; dans l'après-midi, amusements divers, mât de cocagne, course à l'échelle, jeux divers ; le soir, grand festival, embrasement de la ville, feu d'artifice, bal champêtre, avec le concours de la nouvelle musique l'Indépendante, sous l'habile direction de M. Bréchard, qui exécutera les meilleurs morceaux de son répertoire.
Troisième journée, lundi 26. — Courses aux ânes, aux cruches, aux grenouilles et attractions nouvelles.

7 mai 1910 — Théâtre en plein air sous la Garlande du café Ducos
— Lannepax — Théâtre. — Dimanche prochain, la troupe Rivière donnera, sous les arceaux du café Ducos, avec le concours de deux nouveaux artistes : Mme Réjane Chevalier et M. J. Cartier, une représentation du « Docteur Rouge », drame en cinq actes, avec vaudeville et intermèdes de chant.

29 au 31 juillet 1911 — La fête continue à Lannepax
— Lannepax. — Fête locale. — Voici le programme des fêtes du 30 juillet :
Samedi 29 juillet, salves d'artillerie, retraite aux flambeaux.
Dimanche 30, réveil en fanfare ; dans l'après-midi, jeux divers, courses de bicyclettes, départ d'un superbe ballon.
Le soir, à neuf heures, brillante illumination, feu d'artifice, pendant lequel la musique exécutera les meilleurs morceaux de son répertoire, sous l'habile direction de M. Capdevielle, lauréat du conservatoire de Toulouse
Après le concert, grand bal champêtre, bataille de confettis sur la promenade.
Après le festival, grand cinéma Pathé, qui offrira une pièce à grand spectacle : Napoléon, sa vie, son règne, sa mort.
Lundi 31, reprise des jeux, départ d'un deuxième ballon, illumination et nouvelle représentation de cinéma avec un nouveau programme.
Pendant toute la durée des fêtes, la jeunesse s'est assuré le concours d'un superbe carrousel.
Tous les forains trouveront sur la promenade des emplacements gratuits parfaitement ombragés.

Lannepax - Kiosque à musique sur la Place, Eglise Saint-Jacques — Garlandes sur la Place
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19 juillet 1919 — Annonce de la fête de la Victoire du 27 juillet
— Fêtes de la Victoire à Lannepax. Sous le patronage de M. le Maire, les jeunes gens de notre commune rénovent ce 27 juillet courant la traditionnelle fête votive qui prendra, cette année, un caractère essentiellement patriotique.
Nous reproduisons ici un extrait du programme :
Fête de jour : courses à bicyclette sur piste, course pédestre, petits jeux, représentation cinématographique ; musique l'Indépendante sous la direction de M. Capdevielle ; chevaux de bois, balançoires, forains (place gratuite).
Festival : très belle illumination, musique, batailles de fleurs et de confetti, bal champêtre sur les allées, punch d'honneur aux mutilés, démobilisés, permissonnaires et vétérans de 1870-1871.

Une seule formation musicale active à Lannepax en 1909 : La Lyre lannepaxienne (fanfare), dirigée par Luigini, à la tête de 27 exécutants.
En 1895 jusqu'après 1899, la Lyre est dirigée par M. Noguès. En 1905, Luigini prend les commandes.

(1) Le clocher de Lannepax touché par la foudre le 10 mai 1781, vu par un commentateur très excessif
La foudre et le clocher de Lannepax en 1781. Dans le Journal Encyclopédique du mois d'août 1781, on pouvait lire la note suivante :
« Parmi les effets peu communs du tonnerre, on ne doit pas oublier de compter ceux qui ont jeté l'effroi dans la ville de Lannepax en Armagnac, le 10 mai 1781. La foudre étant tombée avec un globe de feu immense sur le haut du clocher, pénétra dans l'intérieur et fit une explosion si forte que la flèche, élevée de sept toises au-dessus de la tour, sauta en l'air. Elle emporta une partie de la charpente à plus de 500 toises ; une autre partie tomba avec tant de violence sur l'église et sur les édifices voisins que plusieurs madriers percèrent les couverts, les planchers et pénétrèrent jusqu'à trois pieds dans la terre. Une cloche fut précipitée par terre sans être endommagée. Quatre sonneurs furent blessés grièvement. Les quatre murs de la tour furent fendus.
Cette tour, haute de 12 toises, avait été bâtie par Jules César pour servir de monument de la pacification de cette partie des Gaules (?...) »


Lannepax - Vue aérienne
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13 août 1913 — Violent incendie sur la Place de Lannnepax
— Le 13 août. Dans la commune de Lannepax, un violent incendie a détruit, la nuit dernière, quatre immeubles situés sur la place centrale, parmi lesquels, un hôtel et deux boulangeries.

Les deux boulangeries situées sur la Place, sont détruites par un incendie, le 13 août 1913, faisant la une de toute la presse nationale, une des rares fois que la petite bastide de Lannepax fait parler d'elle. Ce qui nous amène à relater le procès qui a opposé, en 1856 et 1857, le sieur Rolland, boulanger sur la Place de Lannepax, et la municipalité lannepaxienne.

Le 16 août 1856, le maire de Lannepax, approuvé par le préfet du Gers, prend un arrêté réglementant la boulangerie dans sa commune : il est désormais interdit aux boulangers de quitter leur commerce, sauf à en faire la déclaration à la mairie un an avant de l'abandonner, sous peine de l'application d'une amende de 500 livres. Cet arrêté est une reprise "modernisée" d'un édit de 1776 relatif à la réglementation des bouchers, boulangers etc..., d'où les peines édictées, exprimées en livres tournois.
Rolland, notre boulanger, ayant effectivement cessé entièrement son commerce, en a fait la déclaration à la mairie seulement quarante-deux jours avant. Aussi, en dépit de ses véhémentes protestations, écope-t-il de l'amende de 500 livres, ramenée en francs : la chambre correctionnelle de la cour impériale d'Agen, en date du 28 janvier 1857, a été intraitable. Le 28 mars 1857, la cour de cassation confirme la condamnation du malheureux Rolland.

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Lun 11 Fév 2019 15:01
par JeanMarc
LANNOY - Mairie et Hôtel de Ville
(NORD)
Il est difficile de s'égarer à Lannoy : une trentaine de rues réparties sur 18 hectares, soit l'équivalent du jardin d'acclimatation parisien, en font une des trois plus petites villes françaises.
Du château construit vers 1452 par Jean, seigneur de Lannoy (1412-1492), ruiné dès le XVIIe siècle, il ne reste rien. En 1458, une enceinte percée de trois portes (Lille, Tournai et Courtrai) encercle la petite cité. Dès 1458, Lannoy obtient l'institution d'un marché hebdomadaire le jeudi et de deux foires franches annuelles, l'une en avril et la seconde le 9 octobre, jour de la Saint-Denis et Saint-Guillin. En 1461, une troisième foire, dite l'Estaple du vin et des harengs, y est autorisée, se déroulant sur trois jours le 6 novembre.
La première « maison de ville », connue en 1490, située sur la Place Publique lannoyenne, est gérée par un prévôt et ses sept échevins, sous la dépendance féodale du bailli, le seigneur de Lannoy (1). Elle se compose d'une hôtellerie et d'une halle, constituant le comptoir de la ville,
surmontée d'une chambre échevinale couronnée d’un beffroi avec horloge et clochetons ; le bâtiment abrite en outre le corps de garde, la prison, la chambre d'arrêt ainsi que le bureau de l'esgarderie de la manufacture (dès 1529, des statuts et ordonnances définissent les règles des hautelisseurs et tripiers de velours de la ville de Lannoy, les lannoyens s'étant spécialisés de longue date dans la fabrique de draps ; des lettres patentes de 1458, 1459 de Philippe le Bon, puis du 24 octobre 1463 de Louis XI avaient, préalablement à ces règlements, accordé des privilèges considérables aux drapiers de Lannoy).

Sur la place publique ou Grand'Place, vis-à-vis de l'Hôtel de Ville, un bâtiment abrite le cabaret du
Damier, apparemment très fréquenté mais pas forcément de la meilleure manière, comme on peut le voir dans cette altercation musclée du 14 octobre 1754, lors de laquelle le sieur Joseph Brisse, armé d'un pistolet de poche et d'un sabre est finalement maîtrisé et incarcéré dans la prison justement située en face. Le fautif, jugé à Lille le 7 décembre 1754, écope de trois ans de bannissement du royaume... (2)

Le Cabaret du Damier est acquis par la ville en 1763, en vue d'y aménager sa nouvelle Maison Commune en remplacement de l'ancienne qui, après trois siècles de bons offices, est au bord de la ruine. Afin de financer l'édification de celle-ci, la ville fait lever un impôt sur l'eau-de-vie vendue et consommée dans les estaminets et auberges de la ville, à raison de huit sous par pot. Sont concernés, non seulement les établissements lannoyens intra-muros, mais également ceux situés hors-la ville ressortissant de l'échevinage de Lannoy, notamment le cabaret La Truye porte de Tournai et le Morienne porte de Lille.
Finalement, faute de financement suffisant, c'est en 1783 que le nouvel Hôtel de Ville est construit, non pas à l'emplacement du
Damier, mais tout bonnement à la place de l'ancienne Maison commune de la Grand'Place ; de gros emprunts seront souscrits pour finaliser l'opération, et Guillaume-Louis Camille Vilain de Gand dit le « comte de Gand » (1751-1818), seigneur de Lannoy, qui fournira les coupes de bois nécessaires à cette construction, fera apposer ses armes, accolées à celle de la ville, sur le frontispice du monument.
En 1784, un bail est passé avec l'hôtellerie située au rez de chaussée de l'hôtel de ville sur la rue de Tournai, moyennant une redevance annuelle de 288 florins, à charge par le preneur de
sonner la cloche pour la retraite et la fermeture des portes et de tenir la halle et ses dépendances en état de propreté convenable.

Lannoy - Hôtel de ville
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Guillaume-Louis Camille Vilain de Gand, dernier seigneur de Lannoy, après qu'un recensement de ses biens ait été dressé le 26 février 1792, va être dépossédé de son fief et de ses prérogatives le 6 fructidor an II (23 aout 1794) ; sont dévolus à la Nation, à Lannoy, une Maison, l'Eglise, le Château et une Isle entourée d'eau ; et en dehors de la ville, de nombreux labours, prairie, deux manoirs, une ferme, un verger, deux viviers, des bois, des taillis, des prairies, un moulin, le tout situé à Lys, Leers, Toufflers, Capinghem, Prémesque et Forest...
En 1792 et 1793, le reliquat des ruines des fortifications est démoli lors des conflits avec les autrichiens.

Plan de Lannoy en 1825
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Plan de Lannoy en 1825, quartier Grand'Place
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En 1820, apparaissent les premiers signes de manifestations musicales à Lannoy, des subsides étant accordés par le Conseil municipal, à la « Compagnie des Musiciens ». Lors d'une délibération du 11 mai 1825, le conseil municipal se propose de relancer la Société de musique qui, semble-t-il végétait, et, celle-ci n'étant composée en grande partie que d'ouvriers sans fortune, décide de lui fournir les secours nécessaires pour qu'elle puisse se maintenir.
Le 30 novembre 1843, le directeur de la Fanfare municipale sollicite le Conseil municipal afin que lui soit accordé un secours de 150 francs pour l'acquisition d'une batterie, indispensable à cette société, demande qui lui est aussitôt accordée, sous condition que ladite batterie reste à la municipalité en cas de dissolution de la musique.
Un grand festival, auquel participent dix sociétés musicales du Nord, est organisé en août 1844.
En août 1867, la Musique municipale dont le chef, M. Dubois, dirige également les musiques de Willems et Blandain, obtient au concours musical de Paris, le premier prix d'exécution en troisième division. Pour fêter ce succès, Lannoy est pavoisé et un concert est organisé, le 4 septembre, sur la Grand'Place où une estrade est montée à cet effet.

La concession du futur tramway reliant Lannoy à Roubaix, distant de quatre kilomètres, est signée en 1875. Après quelques réclamations et retards d'usage, il est inauguré le samedi 11 octobre 1879. Tracté à l'aide de chevaux, une voiture est programmée toutes les 25 minutes dans les deux sens, de 7 heures 15 du matin à 9 heures ½. Le départ et le croisement des voitures s'effectuent devant le Café Restaurant de l'Hôtel de Ville, qui fait l'angle de la mairie lannoyenne ; la voiture hippomobile longe la rue de Tournai, laisse à sa gauche la Grand'Place de Lannoy avant de bifurquer à droite dans la rue de Roubaix ; elle emprunte ensuite la route de Lannoy (route départementale n° 19) menant tout droit à Roubaix où elle termine sa course sur la Grand'Place roubaisienne. La ligne sera remplacée et électrifiée en 1895, alimentée par fil aérien.
En mai 1904, la construction d'une voie de garage rue de Roubaix et l'acquisition d'une sixième voiture va permettre au tramway d'y effectuer ses manoeuvres de croisement, lesquelles se déroulaient auparavant sur la place devant le Café de la mairie.
Une seconde ligne reliant Lille à Leers, passant par Lannoy, est inaugurée le 2 mai 1908 : ce tramway à traction électrique emprunte, sur Lannoy, les rue de Lille, rue Royale (devenue rue Nationale), rue des Bouchers et rue de Roubaix.
(voir ici PETIT PLUS relatif aux Tramways de Lannoy)

Lannoy - La Mairie, tramway et Grand'Place — La rue de Tournai et l'Hôtel de ville
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L'arrivée du tramway à Lannoy coïncide avec le renouveau de la Musique municipale et la nomination d'Albert Gouble (1854-1896) à sa tête en 1879. Celui-ci, prix de piston au conservatoire de Paris, va entraîner sa joyeuse Fanfare, notamment grâce au tramway maintenant à sa porte, dans de nombreux concours et concerts. On voit ainsi concourir ses soixante à soixante dix musiciens au Parc de Barbieux de Roubaix en juillet 1882, à l'établissement thermal de Saint-Amand en août 1884, à Fresnoy-le-Grand en septembre 1885 ou encore sur la place Thiers de Tourcoing en mai 1891.
En mars 1890, une très sérieuse formation concurrente, forte de quarante deux musiciens, est créée à Lannoy : l'Union Musicale, dirigée par Henri Maton.

C'est à l'instigation de la Musique municipale et de l'Union musicale que la municipalité décide de faire édifier un premier Kiosque à Musique sur la Grand'Place, en 1890, vraisemblablement en bois. Celui-ci sera remplacé par un Kiosque définitif en 1904-1905, la Grande Place étant désormais rebaptisée place Carnot dans le même temps : de forme octogonale, doté d'une toiture en zinc surmontée d'une lyre reposant sur des colonnes en fonte, son garde corps ouvragé est en fer forgé. Il a la particularité d'avoir sa scène musicale prolongée sur un de ses côtés par un plateau rectangle supplémentaire également muni d'un garde corps.

LANNOY - Mairie et Hôtel de Ville
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publié par Jean Marc Jeu 31 Jan 2019 17:02

Au décès prématuré d'Albert Gouble, Paul Mager (1872-1937), premier prix de cor au Conservatoire national de Paris en 1893, reprend la baguette de chef de la Musique municipale de Lannoy, dès février 1896. Habitué des casquettes multiples, il s'essaie également, en 1896, comme pianiste et corniste dans la fanfare du petit château et dans la musique municipale de Tourcoing. A partir de 1900 et jusqu'en 1936, il dirige simultanément les musiques municipales de Lannoy et de Wattrelos.

La Grand'Place Carnot et son Kiosque à musique, durant des décennies, sont le centre attractif de Lannoy : concerts et fêtes, ducasses annuelles, cavalcades et défilés, festivals et concours auxquels participent, comme il est de coutume dans le Nord, des dizaines de formations musicales affluant de tous côtés, pas de répit dans les festivités, hormis la période d'occupation allemande du 14 octobre 1914 au 17 octobre 1918.

Le Kiosque à musique va être rasé vers 1955, précédant de quelques années la suppression de la Grand'Place Carnot, transformée en une voie de circulation, depuis le percement de la future avenue Alfred Bourgois, rejoignant la rue de Lille. Le tramway de la ligne C, Roubaix-Lannoy, arrête son aventure en 1956.
En 2007, l'Hôtel de Ville a bénéficié d'une rénovation à hauteur de 182.912 euros, dont 78.652 euros pris en charge par le conseil général du Nord.
Kiosque supprimé.

voir ici Place Carnot de Lannoy sans son Kiosque, aujourd'hui.
Mairie de Lannoy, aujourd'hui.

LANNOY - Place Carnot
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publié par Jean Marc Jeu 31 Jan 2019 17:05

4 septembre 1867 — Une estrade est montée sur la Grand'Place de Lannoy pour accueillir M. Dubois et sa Musique municipale
— On écrit de Lannoy : notre petite ville, ordinairement si calme, est, à l'heure qu'il est, en grande animation.
Notre musique municipale vient d'obtenir, au concours de Paris, 3e division, 57 sociétés présentes, le 1er prix d'exécution, à l'unanimité.
Toute la ville est pavoisée, et on se prépare à faire aux musiciens une réception magnifique.
Les musiques de Willems et de Blandain, qui ont le même chef que celle de Lannoy, M. Dubois, doivent concourir à cette fête.
En outre des morceaux joués au concours, les trois sociétés réunies exécuteront divers morceaux d'ensemble sur une estrade élevée sur la place à ce sujet.
La réception a eu lieu mercredi 4 courant, à 6 heures du soir.

9 juillet 1882 — La Fanfare municipale de Lannoy au Parc Barbieux de Roubaix
— Voici le programme du concert qui sera donné par la Fanfare municipale de Lannoy, l'harmonie La Concordia et la société chorale Les Mélomanes Roubaisiens, le dimanche 9 juillet 1882, de 5 à 8 heures du soir, au Parc de Barbieux de Roubaix.
Harmonie La Concordia. — Allegro militaire. — Une Soirée à Bilbao, fantaisie, Clodomir. — La Revue d'honneur. — Fantaisie polonaise, Baudonck.
Mélomanes Roubaisiens. — La Bienfaisance, Chœur, F.A. Gevaert. — Les Paysans, choeur, A. Saintis.
Fanfare municipale de Lannoy. — En avant !... allegro militaire. — La Confiance, ouverture. Van Remoortel. — La Couronne d'Or, ouverture, Victor Buot. — Joliette, polka, E. Marie.

17 août 1884 — Albert Gouble et sa Musique Municipale lanoyenne en concert à l'Etablissement Thermal de St-Amand
— Etablissement Thermal de St-Amand. Dimanche 17 Août 1884, à 3 h. de l'après-midi, Grand concert donné par la Musique Municipale de Lannoy, sous la direction de M. Albert Gouble. Programme :
Première partie. 1. Cavalerie, allegro militaire, Kaegtel. — 2. Farfadette, ouverture, Reynaud. — 3. Andante et cavatine pour bugle solo, Schubert. — 4. A tes beaux yeux, valse, C. Melant.
Deuxième partie. 5. L'Etoile du Nord, Meyerbeer. — 6. Air varié pour saxophone alto, Mullot. — 7. Le coeur et la main, fantaisie, Lecocq. — 8. Polka pour 2 pistons, Lozes. — Prix d'entrée : 50 centimes


24 septembre 1885 — A l'issue du concours de Fresnoy-le-Grand, la Musique municipale fête son succès sur la place de la Mairie
— Lannoy. — La Musique municipale vient de remporter au concours de Fresnoy-le-Grand un succès magnifique. Elle a obtenu en première division, seconde section : le 1er prix de lecture à vue, à l'unanimité avec félicitations du jury. — le 1er prix d'exécution ascendant à l'unanimité. — le 1er prix de soli à l'unanimité avec félicitations du jury. — le 1er prix d'honneur, prix d'excellence, division supérieure et premières divisions réunies.
De plus, un diplôme d'honneur a été décerné à son chef, M. Albert Gouble, pour sa bonne direction.
Une réception magnifique a été faite aux vainqueurs à leur retour du concours, lundi soir à six heures. Jamais on n'avait vu à Lannoy une pareille affluence, la rue de Roubaix, depuis la Justice, était littéralement encombrée par une foule sympathique qui venait féliciter les musiciens.
Un long cortège, précédé d'une cavalcade, et des musiques de Lys, de Sailly, de Toufflers et de l'Avenir de Lannoy, société chorale, a conduit triomphalement les vainqueurs à la mairie de Lannoy où le Conseil municipal les attendait pour les complimenter. Toute la ville était pavoisée et illuminée.


30 mars 1890 — L'Union Musicale de Lannoy fait ses premiers pas dans l'estaminet du Blanc Four de Roubaix
— Voici le programme du concert qui sera offert, le dimanche 30 mars, à six heures, par l'Orphéon « La Cigale », à ses membres honoraires, dans le local de la société, estaminet du Blanc Four, 202 rue de Lannoy à Roubaix, avec le concours de l'Union musicale de Lannoy ;
Première partie : 1. Marche militaire, l'Union Musicale. — 2. Barcarolle, « La Cigale «, Saintis. — 3. La Charité, Em. Duquenne. — 4. Une nuit à Venise, duo, Preux et Leclercq, Lucantoni. — 5. Sous les bambous, Vital Barbier. — 6. J'fais foi, scène comique, A. Preux.
Deuxième partie : 1. Ouverture, Union musicale. — 2. Voici l'Aurore, « La Cigale ». Saintis. — 3. Le Chartreux, Bailleul. — 4. Ferdinand, scène comique. Preux. — 5. Mon onde Gaspard, Preux. — 6. Les amoureux de Jeannette, Leclercq.
Le concert sera suivi d'un grand bal.

24 mai 1890 — L'Union musicale donne un mini concert sur le Kiosque n°2 de Tourcoing, lors du festival
— Festival de Tourcoing des 25 et 26 mai 1890, Kiosque n° 2 place Charles Roussel (un des 6 kiosques montés à Tourcoing pour ce festival) : Lannoy. Union musicale (harmonie), directeur, Maton, 42 exécutants. 1. Le Vovage en Chine, fantaisie. F. Bazin ; 2. Boléro, Martin.

26 mai 1891 — Concert donné par la musique municipale de Lannoy sur le Kiosque n°3 de la Place Thiers de Tourcoing, lors du Grand festival musical de Tourcoing des 25 et 26 mai 1891
— Kiosque n° 3. Place Thiers à Tourcoing. — Lannoy, Fanfare municipale, directeur, M. Albert Gouble. 40 exécutants. Programme : 1. Psyché, ouverture, J. Reynaud ; 2. Giralda, fantaisie, Ad. Adam.
Sur le même kiosque, trois autres formations concourent le même jour : la musique municipale de Tourcoing, la Philharmonie de Comines et la Grande-Harmonie de Roubaix.


La séance du conseil municipal de Lannoy du 14 mai 1891, présidée par Edouard Parent Maire et à laquelle assiste Albert Gouble, directeur de la Musique municipale, est intéressante à plus d'un titre. Tout d'abord, il y est question du choix de l'uniforme des 35 musiciens (dolman, pantalon et kepi-schako), et d'autre part on y apprend incidemment que le Kiosque à musique de la Grand'Place sera décoré pour le 14 juillet.
14 mai 1891 — Débats du conseil municipal de Lannoy
— M. le Président (Edouard Parent). Pour l'uniforme de la Musique municipale, nous avons environ 1.000 francs recueillis par souscription ; il resterait à voter 2.450 francs ce qui ferait 3.450 francs, chiffre approximatif, il y aurait certainement trop.
Le Conseil donne un vote favorable.
La Commission qui s'est occupée jusqu'ici de la question est maintenue pour le choix à faire des draps qui seront employés à la confection des uniformes et pour délibérer sur toutes les choses imprévues.
— M. le Maire. Si on veut que tout soit terminé pour le 14 juillet, il est temps d'activer ; je demanderai au
préfet l'autorisation de traiter de gré à gré ; il faut aussi que le tailleur puisse se renseigner sur les prix des draps près de ses fournisseurs.
— M. Joly. Faut-il que le tailleur soit Français ? La réponse du Conseil est affirmative.
— M. Desplechin. De quoi se composera l'uniforme adopté ?
— M. Albert Gouble, directeur de la Musique municipale. D'un dolman, d'un pantalon et d'un kepi-schako ; ce sera à peu de chose près, la même tenue que la Grande Harmonie de Roubaix : seul le pantalon diffère.
— M. Joly demande qu'on organise un concert-festival pour cette année et sollicite le vote d'un crédit de 300 francs à cet effet.
Plusieurs conseillers : Cette somme serait-elle suffisante ?
— M. Albert Gouble. Notre intention serait d'inviter sept ou huit sociétés seulement ; il faut aussi compter la décoration du kiosque.
Le Conseil adopte.
M. Albert Gouble. Je propose d'adopter la rédaction suivante : Une somme de 2.450 francs a été votée par le Conseil et le supplément, soit 1.000 francs, a été fourni par souscription.
— Adopté.
Lecture est ensuite donnée d'une lettre sollicitant l'achat de 28 costumes pour les musiciens faits et de 22 képis pour les jeunes musiciens de l'Union musicale, harmonie de Lannoy.
Il y est dit qu'en raison des sacrifices faits pour la Musique municipale, il n'y a pas lieu de rejeter cette demande qui parait très juste à l'auteur ; celle-ci conclut en priant le Conseil de faire droit à sa réclamation. Ce mot soulève des murmures.
— M. le Maire. J'ai soumis cette demande à la commission des finances qui l'a rejetée.
Le Conseil la rejette également.
— M. Joly. On accorde une subvention de 300 francs à la Société philharmonique, je crois ; je prie le Conseil d'y ajouter 50 fr. La Musique municipale donne six concerts par an, la musique du Phénix, si vous voulez l'appeler ainsi, donnerait aussi six concerts.
En conséquence, le conseil adopte la somme de 250 fr.

Lannoy - Musique municipale
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10 juin 1891 — Le préfet du nord ayant refusé que l'habillement des musiciens soit traité de gré à gré par la Municipalité de Lannoy, il est procédé à une adjudication desdits uniformes.
— Lannoy. — Adjudication. — Lundi à onze heures du matin, il a été procédé à l'adjudication des fournitures nécessaires à l'habillement de 35 musiciens de la musique municipale.
M. Edouard Parent, maire, présidait, assisté de MM. Bettremieux-Dalcroix, adjoints, et de MM. Achille Deladerrière et Albert Gouble, conseillers municipaux, Faucon receveur municipal.
Le devis était évalué à 2.400 francs. Deux soumissionnaires se sont présentés : MM. Lapers à Lannoy, qui a offert un rabais de 5 % et Boutry Van Isselstein, de Lille, 18,55 %. Ce dernier a été déclaré adjudicataire.


14 juillet 1891 — La fête nationale à Lannoy. Concert de la Musique municipale et l'Union musicale sur le Kiosque
— Lannoy. Peu ou presque pas de changements dans l'élaboration du programme de la fête du 14 juillet. On remarque toutefois l'annonce d'un feu d'artifice à neuf heures et demie du soir.
Voici d'ailleurs les principales attractions de la journée : il y aura d'abord le matin une distribution de viande aux indigents. A deux heures de l'après-midi cortège et promenade de toutes les sociétés dans les principales rues de la ville, précédées de la Musique municipale, du Conseil municipal, douanes, gendarmerie et des éxves de l'école communale.
Aussitôt après, distribution de prix aux sociétés reconnues de la ville ayant assisté au défilé avec drapeaux et tambours. Jeux divers dans différents quartiers. A 8 heures (et non six) sur la place, Concert par la Musique municipale et l'Union musicale. A neuf heures, illumination des édifices publics.
La fête commencera lundi soir, à neuf heures, par une retraite aux flambeaux.


21 juin 1891 — Concert de l'Union Musicale sur le Kiosque à musique de la Grand'Place
— L'harmonie L'Union Musicale se fera entendre dimanche 21 juin, à 6 heures du soir, sur le kiosque de la Grande-Place de Lannoy. Voici le programme des morceaux que cette société exécutera :
1. Allegro militaire. — 2. Fantaisie. Emmerlé. — 3. Boléro. Martin. — 4. Polka originale. Orbe. — 5. Mignonnette, fantaisie. Maillochaud.

29 juin 1891 — Concert de la Musique municipale sur la Place de l'Eglise
— Voici le programme du concert qui sera donné aujourd'hui dimanche sur la place de l'église de Lannoy, par la Musique municipale : 1. Reims, allegro militaire. D. Daniel. — 2 La Confiance ouverture. Van Remortel. — 3. Sérénade de Don Pasquale, solo pour trombone. Donizetti. — 4. Les Noces de Jeannette, V. Massé. — 5. Le
Coucou du Printemps.


17 septembre 1893 — La musique municipale de Lannoy en concert à Blankenberghe (Belgique)
— La musique municipale de Lannoy à Blankenberghe. — On lit dans la Vigie de la Côte :
« Dimanche dernier, soit le 17 septembre, nous avons eu la visite de la Musique municipale de Lannoy (France).
Cette excellente phalange s'est fait entendre l'après-midi et le soir sur la digue de mer ; un nombreux public a assisté à ses auditions, les dernières de la saison. L'interprétation de la plupart des morceaux du programme a été parfaite et le public a vigoureusement applaudi les artistes français.
« Le concert du soir mérite particulièrement d'être cité : la fantaisie sur Carmen et l'Etoile du Nord ont droit à une mention spéciale de même qu'une polka originale et qu'un air varié pour saxophone.
« Les morceaux ont permis à l'auditoire d'apprécier le talent des solistes et la magistrale direction de l'habile chef, M. Albert Gouble. Cette société, dont l'uniforme coquet a été fort admiré, peut être classée parmi les meilleures sociétés que nous ayons eu le plaisir d'entendre durant la saison. »


28 juin 1896 — Concert de la musique municipale sur le kiosque de la place, à l'occasion du passage du 43e de ligne
— Lannoy. Magnifique réception. — Un bataillon du 43e de ligne, en manoeuvre entre Lille et la frontière belge, est arrivé à Lannoy, vendredi matin, pour y faire an séjour de 24 heures.
De la part des habitants, la réception a été enthousiaste. Une grande partie des maisons étaient pavoisées et, à midi, sur la place, une foule très nombreuse attendait les soldats. Les troupes ont défilé musique en tête, et ensuite nos braves militaires se sont rendus chez les habitants où ils ont été admirablement reçus. Il y avait dix ans que les Lannoyens n'avaient pas logé de soldats.
Le soir, à 7 heures, la musique a donne un concert sur le kiosque de la place, devant un très grand auditoire.
Après le dernier morceau, un bouquet a été remis au sous-chef par M. Henno, président de 1' « Union musicale de Lannoy ».
Dans la soirée les officiers se sont réunis dans la salle des fêles de la Mairie, où un vin d'honneur leur a été offert par la municipalité.
Pendant toute la journée, les rues de Lannoy ont présenté une animation extraordinaire.


Lannoy - Tramway rue de Tournai, entrée de la Grand'Place à droite du tramway — Grand'Place, Hôtel de Ville et Kiosque à musique
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5 octobre 1896 Concert sur le Kiosque de la Grand'Place à l'occasion de la venue du Tsar en France
— Le programme des fêtes en l'honneur du tsar. Dans un avis publié samedi après-midi, M. le Maire de Lannoy invite, à l'occasion de l'arrivée du tsar en France, les habitants à arborer le drapeau national et à illuminer la façade de leurs maisons.
Le soir, un premier concert sera donné à sept heures, sur le kiosque de la Grand'Place, par l'Union musicale ; à neuf heures, la musique municipale se fera entendre au même lieu. L'Hôtel-de-Ville sera illuminée.
Nous sommes persuadés que malgré les magnifiques fêtes qui ont eu lieu cette semaine dans cette ville, les lannoyens, en cette occasion, auront à cœur de répondre, une fois encore, à l'appel que leur adresse leur maire et qu'ils seront heureux de prouver une fois de plus leur patriotisme en fêtant l'ami de la France.


7 octobre 1896 — La pluie n'arrête pas le concert en l'honneur du Tsar
— A Lannoy. Le mauvais temps a empêché les Lannoyens de célébrer, comme ils l'auraient désiré, l'arrivée du tsar en France. La plupart des maisons étaient pavoisées aux couleurs nationales et russes ; malheureusement, beaucoup de drapeaux se déchiraient sous la violence du vent.
Le soir, les monuments publics ont été brillamment illuminés. Une fausse porte avait été dressée à la basse-ville, mais le vent éteignait les illuminations des maisons particulières.
Malgré la pluie, l'Union musicale et la musique municipale ont donné un concert auquel assistait un nombreux public.

19 juin 1900 — Un reposoir est installé sur le Kiosque à musique lors de la Procession de la Fête Dieu
— A Lannoy. Les différents groupes qui formaient le cortège étaient très imposants. On remarquait surtout des marins portant un navire. La fanfare municipale et l'Union musicale jouaient alternativement.
La procession a suivi la rue de Lille, la rue des Remparts et la rue de Tournai. Les reposoirs étaient magnifiques. M. le doyen, le vénéré chanoine Destombes, a tenu à donner lui-même la bénédiction du haut du reposoir élevé sur le kiosque de la place. Le reposoir élevé sous le portail des établissements de MM. Leborgne était particulièrement remarquable.
Fleurs, feuillage et lumière électrique formaient un ensemble splendide. Une immense croix lumineuse surmontait le tout.


8 juillet 1900 — Les Enfants de la Lyre de Wattrelos en concert sur le Kiosque
— Dimanche 8 juillet, dans l'après-midi, l'harmonie Les Enfants de la Lyre de Wattrelos, est venue donner un concert à Lannoy. Elle a été reçue à la gare de Lannoy, à la descente du train venant de Tourcoing, à cinq heures et demie, par la fanfare municipale, la commission civile de la société et l'Orphéon des anciens élèves de Lannoy.
M. Fontaine, instituteur à Lannoy, a, en termes chaleureux, souhaité la bienvenue à la société de Wattrelos, puis les sociétés ont parcouru les principales rues de la ville en exécutant de très beaux pas redoublés. Les vins d'honneur ont ensuite été offerts à l'harmonie de Wattrelos dans une des salles de la Mairie.
L'harmonie de Wattrelos, sous l'excellente direction de M. Guillaume, a exécuté les morceaux suivants qui ont été très applaudis : 1. Allegro militaire. — 2. Le Cid. — 3. Bolléro, pour clarinette. — 4. L'éblouissant, mazurka, pour clarinette. — 5. France, ouverture.
La fanfare de Lannoy, sous l'habile direction de M. Mager, a exécuté : La marche grecque, par Cokelet, également très applaudie.
L'Orphéon des anciens élèves, sous l'habile direction de M. Jean Verriest, a exécuté le choeur : « Les Paysans ». Les musiciens de Wattrelos sont partis dans la soirée, enchantés du bon accueil que les Lannoyens leur avaient fait.


27 juillet 1902 — Fête au profit des sinistrés de la Martinique. Concert sur la Grand'Place
— La fête organisée par l'Association amicale d'anciens élèves de l'école des garçons, au profit des sinistrés de la Martinique, aura lieu le 27 juillet et obtiendra sans nul doute le plus grand succès. Voici le programme de cette fête de bienfaisance :
De deux à trois heures, réception des sociétés à l'Hôtel de Ville, où les vins d'honneur leur seront offerte ; de trois heures à trois heures et demie, formation du cortège à la Porte de Lille ; à trois heures et demie, défilé des sociétés. A l'issue du cortège, au quartier Saint-Sauveur, tir à la cible chinoise ; ascension aérostatique. Départ du ballon Le Lamioyen ; de cinq heures et demie à six heures et demie, mouvements d'ensemble exécutés par les gymnastes Les Pupilles Lannoyens. A sept heures et demie, sur la Grand'Place, concert par la Musique municipale, l'Orphéon de l'Association de Lannoy, la Fanfare municipale de Lys et l'Harmonie Les Enfants de la Lyre de Wattrelos. — Pendant toute la durée de la fête, une quête sera faite au profit des sinistrés de la Martinique.


27 et 28 août 1905 — Trois Kiosques à musique sont installés à Lannoy le festival donné à l'occasion de l'inauguration du service de l'eau potable
— Programme complet des grandes fêtes et du festival musical à l'occasion de l'inauguration de l'eau potable à Lannoy
Dimanche 27 août. — A 11 h., réception à l'Hôtel de Ville par la municipalité, de M. le préfet du Nord et de son secrétaire général M. Aubanel. A 11 h. ½, visite à l'établissement des eaux potables et inauguration par M. le préfet. A midi, banquet à l'Hôtel de Ville. De 2 h. ½ à 3 h. ½, réception des sociétés participantes au festival ; vins d'honneur à la Mairie. — A 4 h., formation du cortège rues de la Gendarmerie, Victor-Hugo et des Remparts ; revue de toutes les sociétés par la municipalité et la commission du festival. Immédiatement après, le cortège parcourra les principales rues de la ville, — A 5 h, ouverture du festival ; les musiques et chorales exécuteront sur les trois kiosques érigés Grande-Place, place de l'Eglise et place Saint-Sauveur. — A 11 h., grande fête de gymnastique, rue de Tournai.
Lundi 28. — A 11 h. du matin, tirage des primes du festival à l'Hôtel de Ville. Le soir, à 6 h., départ, place de l'Eglise, du ballon « Le Lannoyen », monté par M. Duhem et ses fils. Pendant le gonflement, lancement de ballons-pilotes et de baudruches. A 7 h., grand concert sur la Grand'Place, par la fanfare Municipale, l'Harmonie Municipale d'Hem et la Fanfare Municipale de Lys. A 9 h., grand feu d'artifice rues des Bouchers et Royale.
— Compte rendu des fêtes d'inauguration du service de l'eau potable
L'inauguration du service des eaux potables a eu lieu dimanche, mais les fêtes données à cette occasion ont été bien contrariées par le mauvais temps. A de nombreuses maisons était arboré le drapeau national ; les bâtiments communaux étaient pavoisés ; plusieurs fausses portes avaient été élevées ; dès le matin, la commune avait pris un air de fête.
M. Vincent, préfet du Nord, qui avait accepté la présidence des fêtes, est arrivé à Lannoy par Roubaix. Il a été reçu à 11 heures par le Conseil municipal, sur le perron de la mairie. Sur la place, les sociétés et une foule considérable étaient massées, maintenues par la gendarmerie. Après une courte réception, M. Vincent, qui était accompagné de M. Pottié, sénateur, a écouté la Marseillaise et le Chant du Départ, par l'Orphéon de l'Association des Elèves et Anciens Elèves de l'Ecole communale de garçons. Puis, un cortège formé des Sociétés de la commune, des autorités, se rend, aux sons d'entraînants pas redoublés, au milieu d'une double haie de curieux, à l'établissement des Eaux potables. Après une visite de l'établissement, un discours est prononcé par M. Joly, maire de Lannoy ; M. le Préfet lui répond et lui remet les palmes académiques au nom de M. le ministre des Travaux publics.
Un banquet a eu lieu à midi et demi, dans la salle des délibérations du Conseil municipal.
A partir de trois heures et demie jusqu'à cinq heures, les sociétés de musique prenant part au festival ont été reçues à la mairie. Elles ont été passées en revue, puis, après le défilé, les exécutants ont commencé sur les trois kiosques. Mais, à cause de la pluie continue, les autres numéros du programme ont été remis à lundi.
Ce festival organisé avec tant de soins par de dévoués organisateurs s'est donc terminé d'une façon lamentable par des torrents d'eau.
Pourtant, lundi soir, un concert a été donné sur la Grande Place par la Musique Municipale de Lannoy, la Fanfare municipale de Lys-les-Lannoy et l'Harmonie municipale d'Hem.

Lannoy - Kiosque municipal
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14 juillet 1907 — Fête nationale du 14 juillet à Lannoy. Concert et bal sur la Grand'Place
— A Lannoy. Voici le programme : la fête sera annoncée par des salves d'artillerie. Le 14, au matin, à 6 heures, réveil en campagne ; à 8 heures, distribution de viande aux indigents ; le soir, à 2 heures, rue de Tournai, réunion de toutes les sociétés de la ville ; à deux heures et quart, grande revue par la municipalité : à deux heures et demie, départ du cortège. Les sociétés parcourront les rues de la ville et, défileront ensuite devant la municipalité, place de la Mairie. Aussitôt après le cortège, distribution des primes aux sociétés et sur la Grande-Place, fête gymnique par la société de gymnastique La Lannoyenne. A quatre heures et demie, rue Saint-Jacques, carrousel à brouettes ; à cinq heures, rue Royale, course à sabots ; à cinq heures et demie, rue Montplaisir, mât de cocagne ; à six heures, rue des Archers, jeu du seau; à sept heures, place de l'Eglise, ascension du ballon « Le Rapide », monté par M. Duchateau fils ; descente en parachute ; à huit heures, Grande-Place, concert par La fanfare municipale et par l'Orphéon de l'Association des Anciens Elèves de l'école communale ; à neuf heures et demie, feu d'artifice ; à dix heures, place de la Mairie, grand bal public.

1er août 1909 — Grand concours international et fête de gymnastique sur la Grand'Place de Lannoy suivi d'un Concert de nuit sur le Kiosque à musique
— Le matin à 7 heures a commencé sur la place de l'Eglise le concours individuel artistique auquel ont pris part de nombreux gymnastes de la région.
A midi précis un banquet réunissait quatre-vingts invités dans la salle des fêtes de l'Hôtel de Ville, présidé par M. Alfred Joly, maire de Lannoy.
A deux heures et demie précises un cortège s'est formé, dans les rues de la Gendarmerie, Victor-Hugo et des Remparts, se composant des 25 sociétés de gymnastique concurrentes, de la Société des Anciens militaires mutualistes de Leers et de la Société de vieux soldats l'Avant-Garde de Lys. Trois musiques avaient pris rang dans le cortège : les fanfares municipales de Lannoy, de Lys et de Chereng. Pendant le défilé, elles ont exécuté des marches à tour de Tôle. Il s'est effectué par les rues du Cimetière, Neuve, Saint-Jacques, de Lille, Nationale, des Archers, du Haut-Jardin, du Château MonPlaisir, Nationale, des Bouchers, des Remparts, de Roubaix et de Tournai. La dislocation du cortège s'est faite dans cette dernière rue et aussitôt a commencé la fête de gymnastique en présence des autorités qui avaient pris place sur le podium élevé pour la fête de nuit. Un millier de gymnastes environ y ont concouru. Ils ont exécuté tout d'abord un défilé. Puis a eu lieu la présentation des drapeaux de toutes les sociétés. Pendant cette cérémonie, la Fanfare de Lannoy a exécuté tour à tour le « Salut au Drapeau », la « Brabançonne » et la « Marseillaise ».
A l'issue de cette cérémonie, les gymnastes ont exécuté avec un brio remarquable, et sous l'habile commandement du chef de La Lannoyenne, les mouvements d'ensemble de la 35e fête fédérale d'Angers, avec accompagnement de morceaux de musique rythmés, joués par la Fanfare de Lannoy. Après quoi, ils se sont livrés, au milieu d'une foule de curieux, à toutes sortes d'exercices : pyramides avec ou sans engins, simultanés, boxe, etc.
Concert de nuit.
A 5 heures, sur le kiosque de la Grande-Place, la Fanfare Municipale de Lys a donné un brillant concert. Elle a joué avec maestria : La Brabançonne, l'Auréole d'Or (ouverture), La Fille du Régiment (fantaisie), Olympia (mazurka pour piston et bugle), Allegro et La Marseillaise.
A 8 heures du soir, dans la rue de Tournai, s'est déroulée une superbe « fête de nuit ».

14 juillet 1913 — Fête nationale, concert sur la Grand'Place, ascension d'un ballon
— Le programme du 14 juillet prévoit des jeux variés pour le public, le matin. L'après-midi, à 2 heures, formation du cortège avec les sociétés de la ville, rue de Tournai ; à 2 h. et quart, revue dudit cortège par la municipalité ; à 2 h. et demie, défilé à travers la ville. Sitôt après, fête de gymnastique par la Lannoyenne. Nouveaux et divers jeux. A 6 h., place Saint-Sauveur, concert par la Musique municipale. Le soir, à 7 heures, ascension du ballon La Ville de Lannoy, piloté par M. E. Teiriynck. A 8 heures, grand concert, Grand'Place, par la fanfare et l'orphéon de l' « Association Amicale » et les élèves des écoles laïques.
Ensuite, à 9 heures, sera tiré un feu d'artifice rue Nationale.
A l'issue, place de la Mairie, grand bal public jusque une heure du matin.

Lannoy - Rue de Tournai, Tramway et Hôtel de Ville — Hôtel de ville et tramway à l'angle de la rue de Tournai et de la Grand'Place
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24 octobre 1918 — La musique municipale fête dignement, sur la Grand'place Carnot, l'arrivée des anglais à Lannoy
— L'arrivée des Anglais, samedi, a été pour cette ville, l'occasion d'une manifestation dont le souvenir restera gravé dans tous les cœurs.
Par une délicate attention dont il faut louer l'administration municipale, M. Alfred Joly, maire, avait mis en pratique l'accord préconisé par les chefs du gouvernement en demandant à M. le Doyen de vouloir bien replacer, à l'Hôtel de Ville, notre cher drapeau français.
Dans une improvisation qui a fait couler des larmes, M. le Doyen, dont le foyer paternel a été complètement détruit, dit combien les habitants devaient être heureux d'avoir encore chacun leur foyer intact, et quand il replaça les trois couleurs à leur ancienne place, un cri s'échappa de leur poitrine : Vive la France !
La Musique municipale attaqua notre chant national et ce fut au milieu d'une émotion toujours grande que M. Dervaux chanta la « Marseillaise », dont le refrain fut repris en choeur par la foule et la musique.
Après l'exécution de la « Brabançonne », l'assistance criait : Vivent les Anglais ! Vive le Roi Albert ! Vivent les Alliés !


12 juin 1920 — Concert Place Carnot lors de la fête des mères de familles nombreuses
— Lannoy. La Fête des mères de familles nombreuses qui, pour des raisons indépendantes de la volonté de l'Administration municipale, avait dû être remise à une date ultérieure, aura lieu dimanche 12 juin.
A 15 heures, un cortège composé de toutes les sociétés de la ville, et précédé de la Musique municipale, parcourra les rues principales.
A 17 h., place Carnot, concert par la Musique municipale, l'Orphéon des Anciens Elèves et les élèves des écoles communales, et dont voici le programme : Le Dauphin, marche. — Les Emigrants, ouverture. — Jour de Fête, fantaisie. — Marche Grecque. — Thérésen, valse. — Sambre et Meuse, défilé avec tambours et clairons. Des jeunes gens dévoués feront la quête et vendront des insignes et décorations au profit des familles méritantes.

31 juillet 1922 — Concerts sur le Kiosque pour les fêtes de la Muse lannoyenne
— La journée de lundi. La seconde journée des fêtes organisées en l'honneur du couronnement de la Muse de Lannoy, débuta, lundi matin, par un réveil eu fanfare du plus heureux effet.
A 11 heures, sur le kiosque de la Place, l'excellente Fanfare Municipale de Lannoy a donné, devant un bel auditoire, un apéritif concert qui fut très apprécié, et que présidait la gracieuse Muse, Mlle Fernande Delattre.
A 14 heures, à l'hôtel de ville, les musiciens de la Fanfare étaient réunis en un déjeuner intime, présidé par M. Dujardin, maire. Au dessert. M. Vandendorpe, président, leva son verre aux succès futurs de la Musique et de la Muse.
L'après-midi. A 17 heures, après le tirage de la tombola inscrite au programme, la Fanfare donna un second concert sur la Place. Entourée de ses demoiselles d'honneur, la Muse présidait le concert sur le perron de la
Mairie. A l'entracte, l'Orphéon des Anciens élèves de Lannoy interpréta avec talent plusieurs morceaux qui furent très applaudis.
La soirée. La fête de nuit organisée par la Société de gymnastique La Michelet, obtint également un beau succès.
Une sortie du cortège attira dans le centre de la ville un grand nombre de promeneurs, et à 23 heures, un brillant feu d'artifice provoqua un vif mouvement d'admiration.
Pour la clôture de la Journée, un bal public fut donné sur la Place Saint-Sauveur, et, très tard dans la nuit, une grande animation régnait encore dans la ville.

3 juin 1924 — Concert de la Musique municipale, Place Carnot
— La Musique Municipale donnera un concert le jeudi 3 juin, à 19 h. 30, sur la place Carnot de Lannoy, sous la direction de M. Paul Mager, et exécutera le programme suivant :
Le Mordant, pas redoublé (G. Parès). — Schiller Marsch, marche triomphale (G. Meyerbeer). — Good' Good' Good', intermezzo (Francis Popy). — Lohengrin, mélange sur l'opéra (R. Wagner). — Sphinx. valse. (Francis Popy). — Défilé avec tambours et clairons.

26 août 1924 — Concerts sur le Kiosque de la Grand'Place lors des Fêtes de gymnastique lannoyennes
— Lannoy. Les festivités. Les fêtes organisées par la municipalité se sont déroulées d'une façon impeccable.
Dés 14 heures les sociétés furent reçues à la Mairie par M. Samuel Dujardin, maire, entouré des conseillers municipaux.
A 15 heures, toutes les sociétés se rendirent rue Saint-Jacques, de Lille et Neuve, pour se former en cortège. Après la revue par le Comité des Fêtes, le cortège parcourut les rues de la Ville, défila devant la Municipalité, place de la Mairie et la dislocation eut lieu rue de Tournai.
Aussitôt après le défilé et jusque 22 heures, sur le kiosque de la Grand'Place, les sociétés musicales présentes donnèrent des concerts qui charmèrent au plus haut point l'assistance.
Pendant ces auditions musicales, place Saint-Sauveur, les sociétés de gymnastique exécutèrent différents mouvements qui furent très goûtés du nombreux public qui y assistait.
Enfin, pour terminer cette belle journée, sur le podium brillamment illuminé eut lieu dès 22 heures, une grande fête de nuit par les sociétés de gymnastique « La Féminine de Leers, de Lys » et « La Michelet » de Lannoy.
Elles exécutèrent des ballets et mouvements divers provoquant des applaudissements.
Aujourd'hui lundi aura lieu, salle de la Mairie, à 17 heures, le tirage des primes entre toutes les sociétés ayant participé à la fête.

14 juillet 1927 —Concert de la Musique Municipale Place Carnot
— Concert de la Musique Municipale, place Carnot, 14 juillet à 19 heures 30 : Chantecler, pas redoublé, Allier. — La Confiance, ouverture, de Vanremoortel. — Mireille, fantaisie, Gounod. — Poppies, fantaisie japonaise, Neil Moret. — Le Coq, pas redoublé, Paul Mager. — Au Pays Lorrain, ouverture, Balay. — Danses hongroises n° 5 et 6, Brahms. — A Toi, valse, Waldteufel. — Sambre et Meuse, défilé, Kauski.

20 mai 1928 — La Musique manicipale de Lannoy en concert à Ypres
— Comme nous l'avions annoncé, la Musique manicipale de Lannoy s'est rendue dimanche dernier à Ypres, où elle était invitée par le Conseil municipal. A son arrivée, elle fut chaleureusement reçue à la Mairie où un apéritif d'honneur fut servi et des toasts furent prononcés à la gloire de la musique et des liens franco-belges, par le Bourgmestre d'Ypres et MM. Vandendorpe et F. Bacro, les dévoués président et vice-président de la Société. A 6 heures, elle exécuta sur la Grand'Place un concert de grand gala devant une foule nombreuse comprenant les notabilités de la ville et sous la direction de son chef, M. Paul Mager. Les morceaux de choix du programme furent enlevés magistralement et le public ne ménagea pas ses applaudissements, notamment au soli de piston de « Diane » joué admirablement par M. Gustave Duponchelle. En résumé, ce fut une bonne journée pour la Musique municipale de Lannoy qui ne cesse de porter haut son glorieux blason de 109 ans d'existence.

28 juillet 1929 — La Musique municipale de Lannoy ne quitte plus la Belgique : cette fois-ci, Namur
— Invitée par la Ville de Namur pour y donner un concert artistique, la Musique Municipale s'est rendue dans cette ville, le 28 juillet. Magistralement dirigée par M. Paul Mager, cette société a exécuté un programme de choix.
Se faisant l'interprète de la foule qui avait pris part à ce concert, le Conseil échevinal vint féliciter, sur le kiosque, la brillante phalange et son chef distingué, M. Mager, à qui elle remit une superbe plaquette à titre de souvenir et de remerciement. D'unanimes applaudissements saluèrent ce discours, qui fut suivi d'une vibrante « Brabançonne » et de la « Marseillaise », réclamée par l'assistance. La société se rendit ensuite au monument des héros de la guerre, où fut déposée une gerbe de fleurs.
Le lundi, les autocars reprirent le chemin de Dinant, par la vallée de la Meuse si pittoresque et le soir les musiciens rentraient à Lannoy, enchantés de leur magnifique voyage.


11 octobre 1929 — Ducasse sur la place Carnot
— Lannoy. La deuxième ducasse du chef-lieu de canton s'ouvrira dimanche 13 octobre et durera trois jours. Déjà de nombreux forains installent leurs manèges et attractions, Place Carnot. Les débitants de boissons pourront laisser leur établissement ouvert durant les trois jours jusque 2 heures du matin.

7 août 1932 — La Fanfare Les Accordéonistes l'Avenir de Watttrelos et la Musique municipale de Lannoy en concert sur le Kiosque de la Grand'Place
Voici le programme des concerts qui seront donnés à 16 heures, sur le Kiosque de la place Carnot à Lannoy :
— Fanfare des Accordéonistes L'Avenir de Watttrelos : 1. Salut au 43e, marche. — 2. Sparmint, Turinne. — 3. Les Saltimbanques, Ganne. — 4. Salut au 83e de Marche. — 5. La Marseillaise.
— Musique municipale, de Lannoy : 1. Le Coeur de la France, Poppy. — 2. Hermione, Marc Delmas. — 3. Tannhauser, Wagner. — 4. Suite marocaine, Max Delmast. — 5. Lugdunum, Allier. — 6. Défilé, avec tambours et clairons.

21 au 23 septembre 1935 — 40e anniversaire de l'Association et de l'Orphéon Michelet de Lannoy
— Les festivités ont débuté hier samedi, à 14 heures, par des jeux divers dans les quartiers, et une grande course à pied à laquelle ont pris part un grand nombre de concurrents appartenant aux deux catégories, jeunes et adultes, qui se sont disputés les 100 francs de prix. A 16 h., des gâteaux ont été distribuée aux élèves des écoles publiques. A 10 heures un concert fut donné place Carnot. par la musique municipale. Une retraite aux flambeaux clôtura cette première journée des fêtes.
Aujourd'hui dimanche, réveil en fanfare. Dépôt d'une gerbe au monument aux morts, et manifestation du souvenir sur les tombes des présidents-fondateurs de l'Association et de l'Orphéon — à 10 h. 30, place Carnot, remise des récompenses aux anciens membres de l'Orphéon et de la Michelet. Réception de l'Harmonie municipale de Lys — à 11 h., à la mairie, réception par la municipalité de l'Association et de ses filiales — à 11 h. 30, place Carnot, concert-apéritif par l'Harmonie municipale de Lys — à 12 h. 30, dans les salons de l'Hôtel de Ville, banquet, sous la présidence de M. le délégué du préfet du Nord — à 15 h., à la mairie, réception des sociétés — à 15 h. 15, aux portes de Lille, formation du cortège, et promenade dans les rues de la ville — à 17 h., place Carnot, chœurs par les élèves des écoles publiques de Lannoy, sous la direction de M. Gustave Duponchelle — à 17 h. 15, place Saint-Sauveur, fête de gymnastique et ballets — à 17 h. 45, rue Saint-Jacques : concert par les cliques-fanfares : La Gauloise d'Hem, Pasteur, Jean Jaurès, de Flers, et les Volontaires de Leers
— à 19 h., place Carnot : Fête musicale par la Fanfare municipale de Willems, la Musique municipale de Chéreng, l'Orphéon mixte Pasteur, de Flers-Breucq, la Fanfare de Sailly, l'Harmonie municipale de Toufflers et l'Harmonie « Les Amis Réunis » de Lys — à 18 h., place Carnot, fête musicale — à 21 h. 30, place Saint-Sauveur, fête de nuit — à 23 h., place Carnot, bal public.
Lundi 23 septembre. — A 19 h. 30, place Carnot : Tirage de la tombola. — A 21 h. 15, place de l'Eglise : Feu d'artifice. Bal roulant : grandes illuminations.

13 et 14 juillet 1939 — Fête nationale. Victor Bernast succède à Paul Mager à la tête de la musique municipale
— Jeudi 13 juillet, retraite aux flambeaux par la musique, clairons et tambours.
— Vendredi 14 Juillet. A 6 h. : Réveil en campagne par l'Union des tambours et clairons. — A 7 h. : Salves d'artillerie. — A 8 h. à l'Hospice : Jeu de 421 réservé aux vieillards de l'hospice. Concours de pigeons sur Chantilly, organisé par la Fédération du canton de Lannoy. — A 9 h. : Jeux divers dans les écoles publiques et distribution de gâteaux. — A 10 h. 30, rue de Lille : Jeu de trou-madame, ainsi que rue Victor-Hugo. — A 14 h., rue des Remparts : Carrousel cycliste. Inscriptions chez M. Salmon. — A 16 h. 30, rue de Tournai : rassemblement de toutes les sociétés de la ville. — A 17 h. : Revue par la Municipalité et départ du cortège. Avant le départ de ce dernier, grand lâcher de pigeons place Carnot. Concours de ballonnets réservé aux enfants des écoles. — Aussitôt après le cortège, distribution de primes aux sociétés, dans la salle des fêtes de la Mairie.
— Place Carnot : Concert par les élèves des écoles communales. — A 18 h. 30, place Saint-Sauveur : Fête de gymnastique par la Sportive Michelet. — A 20 h., Grand'Place : Concert par la Musique municipale, sous la direction de M. Victor Bernast et l'Orphéon de l'Association des anciens élèves, sous la direction de M. Gustave Duponchelle. — A 22 h. et jusque 1 heure du matin : Bal public place Carnot. Illuminations.


Lannoy - Vue aérienne vers 1955-1960, traces sur le sol de l'ancien kiosque fraîchement rasé
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Formations musicales actives à Lannoy en 1909 :
Union musicale (harmonie), fondée en 1890, direction Henri Losfeld, président A. Debosschère, 31 exécutants ;
Fanfare municipale, fondée en 1820, président Alfred Joly, direction Paul Mager, 72 exécutants ;
Association des anciens élèves (chorale), direction O. Desplanques, 50 exécutants ;
Orphéon Michelet, fondé en 1895.


(1) Bailliage et Echevinage de Lannoy
Le 28 mars 1490, Jean de Lannoy a définitivement fixé le sort de la commune lannoyenne, en attribuant l'ensemble de ses biens — château, étang, fortifications, la halle et ses dépendances dont la maison de ville, la boucherie, le tordoir etc... — au prévôt et à ses échevins, à condition d'entretenir l'ensemble, de subvenir à toutes les dépenses y afférentes et de rétribuer le bailli, seigneur de Lannoy et ses successeurs à hauteur d'un tiers des impôts perçus par la ville.

(2) Au tribunal de Lille, on ne fait pas de quartiers aux fripouilles !
— Le lieutenant bailli de Lannoy contre Joseph Brisse employé de la brigade de Hampenpont et complices.
S'est querellé le 14/10 dernier dans et vis-à-vis du cabaret du "Damier" à Lannoy où il était armé d'un pistolet de poche et d'un sabre qui a été cassé durant la querelle. A frappé Robert Joseph Ghesquières, cavalier de la maréchaussée de Flandre qui portait sa bandoulière et qui était accouru pour apaiser la querelle. A porté des coups de poing au dit Ghesquières et à Antoine Joseph Parent, homme de garde de la dite ville alors qu'ils le conduisaient en la prison de Lannoy peu distante du dit cabaret.
Condamné à trois ans de bannissement du royaume.

(Tribunal de Lille, affaire 604 du 7 décembre 1754)

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Lun 18 Fév 2019 17:35
par JeanMarc
LAON - Place de l'Hôtel de Ville
(AISNE)
Depuis l'ordonnance royale du 19 juin 1702, la municipalité laonnoise est installée dans la Maison Commune de la rue Blocq (future rue Sérurier, au n° 33), occupée jusqu'alors par le prévôt Jean Bellotte.
L'ultime séance du conseil municipal qui a lieu dans cet Hôtel de Ville, communément appelé la
maison des plaids du roi, se déroule le 6 pluviôse an II (25 janvier 1794). Ce jour-là, Louis Roux, représentant du Peuple dans l'Aisne et les Ardennes, usant (et abusant ?) de ses pouvoirs les plus étendus, procède à l'Epuration des autorités constituées et nomme, à sa convenance, la liste des représentants municipaux de Laon : le citoyen Jean-Charles Carrière reste dans ses fonctions de maire, six officiers municipaux et dix huit conseillers lui sont adjoints, et un tout puissant Agent National leur est attitré.
Ce même 6 pluviôse, l'Agent National Devisme (1) demande que la municipalité puisse enfin disposer d'une Maison Commune digne de son rang, où l'on puisse
se réunir et délibérer avec ordre et décence. Les locaux disponibles ne manquant pas depuis que l'ensemble des édifices religieux et civils sont réquisitionnés et mis sous séquestre, Devisme jette son dévolu sur la Maison de Justice qui, par ses commodités intérieures et par sa situation au centre de la commune et à proximité de la principale place publique, offre tous les avantages que l'on peut désirer. Et d'ajouter, péremptoire, que ce voeu devra être transmis sur le champ au représentant du Peuple par les citoyens Beaumont et Hennecart, afin que cette translation ait lieu immédiatement.
Sitôt dit sitôt fait, la Municipalité investit son nouvel Hôtel de Ville, situé dans l'ancien Palais de la Cour des Rois de France édifié au XIIe siècle, occupé dès le siècle suivant par le grand bailliage de Vermandois qui y prononçait ses sentences chaque mois, puis par le présidial qui lui succède à partir de 1551.
Le bâtiment de cet ancien palais de justice, comportant trois ailes à l'origine, s'étendait sur une longueur d'environ 36 mètres sur une dizaine de profondeur ; un mur élevé, longeant l'enceinte du palais sur sa partie orientale, et sur lequel étaient adossées plusieurs maisons, était percé d'une large porte donnant sur
la Placette. Au sud du palais et donnant sur la place du Bourg (2), une Grosse Tour, de 75 pieds de haut et d'un diamètre de 17 mètres, était édifiée en vis-à-vis de la porte des Chenizelles. Cette Tour, longtemps attribuée à Louis IV d'Outremer s'avère construite par Philippe Auguste de 1204 à 1212.

Plan de Laon en 1808
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Plan partiel de Laon en 1808
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La Placette de la rue du Blocq, prolongée au nord par un passage appelé la rue du rempart Saint-Rémy, est bordée à l'ouest par une rangée de maisons édifiées le long de l'enceinte de la Cour du Roi, nouvel Hôtel de ville, et à l'est par l'ancienne Eglise Saint-Rémy-de-la-Place dit au Velours. L'Eglise Saint-Rémy-au-Velours, saisie en tant que bien national en 1790, est rachetée par la municipalité le 13 août 1791, pour 3.125 livres, payable en douze années comme le permet le décret du 24 mai 1790. En condition de cette acquisition, il est impérativement exigé que l'édifice religieux ne servira à aucun étal de boucherie. Après diverses utilisations, notamment de réunions politiques, la ci-devant église accueille, dès 1793, des spectacles et sera, de 1804 à 1807, transformée officiellement en Salle de Spectacle / Théâtre municipal.
(voir ici PETIT PLUS relatif à l’Eglise Saint-Rémi-au-Velours)

Laon - La Grosse Tour de Philippe Auguste, place du Bourg (plume, encre brune et aquarelle, 1780, Tavernier de Jonquières) — Salle de spectacle / théâtre, ex Eglise St Rémi-de-la-Place
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Les interdictions sont bien souvent bafouées ou détournées ! Faute de boucherie à l'intérieur de l'église Saint-Rémy, la Placette va accueillir un marché à la viande dit marché de la placette, où les bouchers forains viendront débiter leur marchandise. Un autre marché alimentaire est également attesté sur la Placette, en 1594, lors de circonstances tragiques : plusieurs maisons sises sur la place du Petit-marchet (dont celles de Jehan Malicorne et Grégoire Granssart) ayant été infectées par la peste en 1594, il est ordonné qu'à partir du 6 mai, le marchet se tiendroit tous les jours à la Placette devant l'esglize Sainct-Remy, excepté le samedy quy se tiendroit à la place Sainct-Jullien, tant que la malladie seroit au Petit-Marchet, la place duquel seroit haïé (barricadée, fermée de claies) afin que personne n'y allast. Cela n'empêchera pas l'épidémie de se répandre sur la ville...

En raison de la proximité immédiate de la Grosse Tour qui servait de prison et du palais de justice attenant, la Placette a servi, à plusieurs reprises, de lieu de théâtre aux décapitations sur l'échafaud, ordonnées par les révolutionnaires forcenés. Ainsi, le 5 brumaire de l'an II (26 octobre 1793), Antoine de Vassaux, né en 1775, est exécuté, accusé d'être porteur d'un faux certificat de résidence et en raison de son statut d'émigré. Le sommaire procès du malheureux Vassaux, entraîne l'arrestation du maire de Laon et de trois de ses conseillers. (3)

Plus de trente ans après que la municipalité de Laon se soit emparée du palais de la Cour du Roi et y ait installé son Hôtel de Ville, le duc d'Orléans (le futur Louis Philippe) va en revendiquer la propriété. Par jugement du 14 février 1828, il est décidé que cet ancien bailliage doit revenir à son ancien propriétaire, le duc d'Orléans, qui a été dépossédé par séquestration de ses biens pour cause d'immigration ; une indemnité d'occupation est même accordée au ci-devant prince, à compter rétroactivement du 1er janvier 1815 et ce, tant que les locaux de l'ancien bailliage seront occupés par les édiles de l'Hôtel de Ville.
Le 6 juin 1830, soit deux mois avant l'intronisation du 9 août de Louis Philippe, le Conseil d'Etat émet un jugement inverse et déboute le prince de ses demandes ; l'ordonnance n° 8425 met fin à cette contestation.

A présent rassurée par la confirmation de son titre de propriété, la municipalité de Laon, emmenée par Marie-Charles-Henri-Philbert Le Carlier d'Ardon (1778-1860), maire de 1830 à 1832, va consacrer une grande partie de son énergie à créer une Place Publique, celle actuelle présentant une telle exiguïté
qu'elle ne peut offrir à un bataillon l'espace suffisant pour s'y mettre en bataille.
Dès le 25 novembre 1830, on envisage la démolition de plusieurs maisons menaçant ruines, sises aux alentours immédiats de l'Hôtel de Ville, principalement situées massivement en avant de celui-ci, face à la Salle de Spectacle. Sept maisons appartenant à des particuliers sont concernées pour ce projet ; la huitième maison à abattre, propriété de la ville, occupée par la veuve Pierrepont, est accolée à une arcade qui supporte une chambre avec un comble. Et bien entendu, la Grosse Tour, ce monument massif et informe, devra être rasée en priorité. A la suite de quoi, il sera procédé à un très important nivellement suivi du pavage de la nouvelle Place.
Un premier crédit de 10.000 francs est voté le 6 septembre 1831 et dès le mois de décembre, la Tour est mise à bas,
afin de procurer de l'ouvrage aux ouvriers pendant la mauvaise saison.
Le 16 décembre 1831, le projet adopté, prévoit, outre la création de la place, la construction d'un nouvel Hôtel de ville et l'arasement de l'ancien. Les travaux de démolition de la Tour vont coûter 7.495 francs ; ceux relatifs à l'établissement de la Place publique, nivellement et pavage, sont arrêtés à la somme de 16.735 francs. (4)

Une ordonnance royale du 11 juin 1832, autorise l'acquisition de six des sept maisons à démolir sur la future place Publique : il s'agit des propriétés des sieurs Saintive, Brunet, Dubois Mailfer (vendue 7.679 francs) Villefroy (6.000 francs), Hallé (5.200 francs) et Meurisse (8.588 francs).
Les frais et honoraires relatifs aux acquisitions des maisons s'élèvent à 2.625 francs.
La cession de la septième maison, appartenant à Mme De Spring, dont une promesse de vente a été signée pour 7.150 francs depuis le 28 décembre 1831, est reportée en raison d'une erreur de prix, indiquée pour 7.000 francs (les époux Spring ne toucheront leur dû que le 19 juillet 1834).
Les démolitions des six maisons sont immédiatement entreprises, le nouveau maire, Oyon-Regnault, confirmant, le 10 septembre 1832, que cinq sont déjà rasées. Le sieur Villefroy, propriétaire de la sixième, après l'avoir cédée à la municipalité pour 6.000 francs, conserve la jouissance de sa maison encore quelques mois, refusant toute transaction à ce sujet.
Le pavage de la nouvelle place publique et de ses rues adjacentes (rue du Rempart Saint-Rémy, rue Sérurier, rue Chatelaine, impasse de la Salle du Spectacle, et ancienne Placette) est réalisé d'avril à juin 1833.

Plan partiel de Laon en 1845
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Le 8 mars 1833, la municipalité lance un concours pour le projet du futur Hôtel de Ville : il sera construit au nord de la Place publique, d'une largeur de 36 à 38 mètres et sera composé d'un rez-de-chaussée (vestibule, vaste salle des mariages et des délibérations, cabinet du maire, secrétariat, bureau, loge du concierge), d'un entresol (archives et deux salles de réunion) et d'un étage surmonté de combles (salle de réception et des fêtes), avec cellier voûté sous le tout.
Cinq projets sont déposés le 17 juin 1833 ; après examen à huis clos et en aveugle de ceux-ci, le projet n° 4 réalisé par le peintre M. Pollet, est adopté le 23 août par la municipalité, pour un chiffrage de 134.000 francs. Après trois ans de palabres et de discussions, le 30 janvier 1836, le projet n° 5 de l'architecte Jean Charles Bringol (1805-1861) vient supplanter celui de Pollet qu'avait retenu la municipalité. Le devis proposé par Bringol est fixé à 166.000 francs, mais six mois plus tard, il est révisé à la hausse pour 203.900 francs. Le 5 juillet 1836, les travaux sont adjugés aux entrepreneurs parisiens Jean-Jacques Hamelin et Adrien Jouin, avec un rabais de 10,67%.
Dès juillet, l'ancien Hôtel de ville est rasé, les édiles se réuniront, en attendant la construction du nouvel édifice, dans la caserne de gendarmerie.
Le 8 novembre 1836, Pollet le malheureux architecte évincé du marché du siècle laonnois, se voit indemnisé de 2.000 francs par la municipalité.
La réception des travaux a lieu du 4 au 6 janvier 1839 ; après divers ajustements, retenues et plus values, le marché total de la construction de l'Hôtel de Ville s'élève à 176.402 francs 46. De leur côté, les entrepreneurs reprennent sur le chantier de démolition 7.000 francs de vieux matériaux, venant en déduction de la somme à leur payer. En sus, les honoraires de l'architecte Bringol sont fixés à 8.855 francs 55.

Laon - Hôtel de Ville et Kiosque à musique, Salle de spectacle/théâtre — Hôtel de Ville, monument Sérurier et Kiosque à musique
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La Placette, devenue la Grande Place de l'Hôtel de Ville, accueille toujours les étaux des bouchers forains qui viennent étaler presque sous les fenêtres de l'Hôtel de Ville, ces viandes dépecées et saignantes, dont l'aspect a quelque chose de repoussant. Cette promiscuité, devient une gêne pour nos édiles, d'autant que les régiments qui viennent se ranger en bataille sur la Place, lors des fréquents passages de troupes, n'ont plus la place suffisante pour manoeuvrer ; en outre, lors des foires, notamment celle de janvier, les petits spectacles et les boutiques des marchands ont peine à s'y installer. Aussi, le 10 décembre 1862, la municipalité décide la translation du marché de la viande sur la place de la Préfecture, mais l'expression acheter la viande à la placette perdurera chez les laonnois.

Le conseil municipal, présidé par Auguste Marie Charles Charpentier de Beauvillé, maire de 1852 à 1863, émet le voeu, en date du 22 août 1861, d'ériger une statue en hommage au maréchal Jean Mathieu Philibert Sérurier (1742-1819), sur une place publique laonnoise ; la famille du maréchal représentée par le vicomte de Sérurier, ancien préfet, s'engage, de son côté, à prendre à sa charge une large part de la dépense occasionnée par cette érection ; le sculpteur Amédée Donatien Doublemard (1826-1900), se propose immédiatement pour la réalisation d'un monument en bronze et avance déjà un premier chiffrage compris entre vingt deux et vingt cinq mille francs (fonte, bronzage : huit à neuf mille francs ; piédestal en marbre, base et marche en granit de Cherbourg : six mille francs ; conception du modèle : six mille francs). Une liste de souscription est ouverte pour le financement de l'édifice, pour lequel la municipalité ouvre un premier crédit de deux mille francs.
Le décret impérial du 18 janvier 1862, entérine cette décision.
Le Vicomte de Sérurier et le sculpteur Doublemard soumettent, le 19 mai 1862, à la municipalité, leur devis définitif, se montant à 21.500 francs, pour l'érection de cette statue du Maréchal, de trois mètres de haut, à ériger sur la Grande place de l'Hôtel de Ville.
Le 19 mai 1863, la commission spéciale chargée du monument Sérurier exprime l'avis que la statue doit être érigée sur la Promenade dite la Couloire et non sur la place de l'Hôtel de Ville et invite la municipalité à délibérer à ce sujet. Après s'être transporté sur les emplacements en question et avoir longuement discuté, le Conseil municipal, considérant que l'opinion générale des habitants n'est pas favorable pour choisir la Couloire qui est en dehors des murs de la ville, maintient l'emplacement de la place de l'Hôtel de ville pour installer le monument.
L'inauguration de la statue Sérurier est programmée pour le 23 août 1863 : la place, décorée et illuminé sera entourée de portiques, un orchestre de danses sera fourni ; l'ascension d'un ballon monté par M. Godart aura lieu sur la place, et sera précédée par celle de deux autres ballons déversant fleurs, bonbons et jouets sur l'assistance. Un banquet de 125 couverts sera organisé, suivi d'une retraite aux flambeaux, de danses publiques et d'un feu d'artifice. La dépense totale de cette manifestation, prévue pour six mille francs, s'élèvera au final à 7.801 francs 98.

Laon - Hôtel de Ville, Kiosque à musique et Statue du maréchal Sérurier — Statue du maréchal Sérurier
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La musique de la Garde Nationale, composée d'une vingtaine de membres en 1816, est la première formation musicale laonnoise, dirigée à cette date par un certain Ferdinand. En 1858, Emile Guérin, ancien chef de musique du 78e régiment de ligne, prend la direction de la musique de la Garde de Laon.
Le 9 juin 1862, la musique de la Garde Nationale et son chef donnent un concert payant dans la Salle de Spectacle, dont les fonds seront utilisés pour l'organisation de leur déplacement lors du concours musical de Château-Thierry auquel ils participeront le 29 juin ; l'Orphéon de Saint-Quentin est également de la partie au concert du 9 juin. Le capitaine de la Garde obtient une subvention de 300 francs pour le voyage de ses musiciens.
En 1866, Guérin quitte la garde nationale, remplacé par Charles Frédéric Selmer qui organise à Laon, le 29 août 1869, un concours musical auquel participent 8 harmonies et 24 fanfares : les musiciens sont scindés en deux groupes, l'un concourant sur la place de l'Hôtel de Ville, le second sur la promenade de la Couloire, dont nous parlerons lors de notre prochaine chronique.
Après la dissolution de la garde nationale de Laon en 1871, Selmer organise la création de l'Union Chorale, à partir de 1873, étoffée de 38 musiciens.
Dans le même temps, le 45e Régiment d'infanterie, qui est maintenant cantonné dans la Citadelle de Laon, possède sa propre musique dirigée par M. Porsch, laquelle sera, jusqu'en 1914, l'accompagnatrice de toutes les manifestations laonnoises. La caserne d'artillerie Hanique, occupée par le 29e R.A., participe, dans une moindre mesure, aux concerts militaires de Laon.
Un an après le décès de Selmer survenu en 1878, l'Union Chorale devient la Musique Municipale de Laon sous la baguette du chef de la musique du 45e R.I., M. Porsch, qui se trouve ainsi porteur de deux casquettes musicales. En 1882, la Musique municipale devient l'Harmonie municipale en même temps que Georges Siegrist succède à Porsch jusqu'en 1894 ; c'est ensuite Boyer qui prend le relais de 1894 à 1902, remplacé par Alphonse Crousez jusqu'en 1920.
Les concerts de l'Harmonie sont donnés alternativement sur la place de l'Hôtel de Ville, sur la promenade de la Couloire et de temps à autre sur l'hippodrome, au Mont de Vaux ou encore dans la cathédrale.
De son côté, la musique du 45e Régiment d'infanterie, dirigée par M. Prévost depuis le 21 septembre 1892 jusqu'après 1909, est assidue sur la promenade de la Couloire et sur la place de l'Hôtel de Ville.
En raison de la fréquence soutenue des concerts sur la Place de l'Hôtel de Ville, la municipalité y fait édifier, dès les années 1890, pendant la saison, un
Kiosque à musique en bois, démontable. De forme octogonale, sans toiture et doté d'une balustrade, il est érigé chaque année, devant le perron de la mairie, contre le socle de la statue de Sérurier. Ce Kiosque est également sollicité lors des concours et festivals qui ont lieu très régulièrement sur Laon.

Laon - Place de l'Hôtel de Ville un jour de marché, Kiosque à musique — Hôtel de Ville, Kiosque et monument Sérurier
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Afin de relier la ville haute de Laon à la gare de chemin de fer implantée au pied de la cité, plusieurs projets de tramway voient le jour à partir de 1893, en vue de franchir sans peine une des nombreuses grimpettes laonnoises. Le 24 décembre 1897, la ligne de chemin de fer d'intérêt local, déclarée d'utilité publique, est donnée en concession jusqu'au 31 décembre 1949, à la Société anonyme du chemin de fer de Laon. Sur une longueur de 1430 mètres, le tramway à crémaillère, à traction électrique, partant de la station de Chemin de fer de la Gare, reliera la place de l'Hôtel-de-Ville. La maison située au n° 3 de la place de l'Hôtel de Ville, contiguë à la Salle de Spectacle/théâtre, est vendue, afin d'y installer la Station terminus, au-devant de laquelle une large marquise servant d'abri aux voyageurs est édifiée.
Le tramway à crémaillère de Laon est inauguré le 9 juillet 1899, à l'occasion d'une grande fête. Composé d'une unique voiture disposant de trente places assises, deux étant simultanément en service, le tramway-funiculaire franchit le parcours en sept minutes, en montée comme en descente. Trente deux voyages sont effectués quotidiennement.

Laon - Station du Tramway, place de l'Hôtel-de-Ville et Théâtre - Station du tramway au terminus de la place de la gare de chemin de fer
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Le 1er août 1914, le 45e régiment d'infanterie quitte Laon, et le 2 septembre, les allemands prennent pied dans la ville qui reste zone occupée pendant les quatre années qui suivent.
Le Kiosque à musique, comme en témoigne plusieurs clichés, reste sollicité par les allemands sur la place de l'Hôtel de Ville, où les manoeuvres et exercices militaires sont de mise.
La statue de bronze du maréchal Sérurier est bien entendu envoyée à la fonte, en 1917, pour alimenter l'armement.
Dans la soirée du 6 au 7 octobre 1918, des obus alliés tombent sur le Théâtre sur la place de l'Hôtel de Ville, en pleine représentation cinématographique : une soixantaine d'allemands y sont tués ; la Salle de Spectacle est quasiment détruite et la station de tramway très endommagée.
Le 12 octobre 1918, c'est au tour du tramway de cesser ses activités, les allemands ayant fait sauter le viaduc, lors de leur fuite. Le lendemain, 13 octobre, Laon est libéré ; on comptera 59 laonnois tués et près de quatre cents maisons détruites pendant les bombardements de la période d'occupation.

Laon - Revue de troupes allemandes sur l'Hôtel de Ville et sur le kiosque en 1917 — Concert militaire allemand sur le Kiosque à musique de la place d'Hôtel de Ville occupée par la Kommandantur en 1916
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Le Kiosque à musique démontable ne sera pas reconstruit après guerre. Le Théâtre, quant à lui, est restauré et ouvre à nouveau dès le mois d'octobre 1920.
Le tramway reprend son activité, après travaux, en 1926, pour terminer sa carrière le 27 janvier 1971. Les laonnois reprennent le chemin des
grimpettes.
Une copie de la statue de Sérurier, édifiée en 1934, installée sur la Promenade de la Couloire, suivra le même sort que la précédente : en 1941, elle est embarquée par les allemands pour être fondue. Cette fois-ci, elle n'aura pas de successeur...
Kiosque disparu.

voir ici Place du général Leclerc, sans kiosque aujourd'hui.
L'Hôtel de Ville aujourd'hui
Le Théâtre aujourd'hui

LAON - Place de l'Hôtel de Ville
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publié par Jean Marc Lun 18 Fév 2019 15:13

23 août 1863 — Inauguration de la statue du maréchal Sérurier sur la place de l'Hôtel de Ville
— A deux heures précises, M. Drouyn de Lhuys, ministre des affaires étrangères, délégué par l’Empereur pour le représenter à cette cérémonie, arrivait sur la place del’Hôtel-de-Ville, accompagné de toutes les autorités du département.
Dans l'assistance, on remarquait M. le comte de Nieuwerkerke, surintendant général des Beaux-Arts ; Castaing, préfet du département ; le général de division de Wimpffen, le général Mongin, commandant le département, le général Princeteau, commandant l'école d'artillerie de La Fère ; MM. Hébert et Geoffroy de Villeneuve, députés de l’Aisne ; les membres du conseil général.
La famille était représentée par le vicomte Sérurier, ancien préfet de la Haute Loire en 1849, fils de l’ancien ministre de Napoléon 1er aux Etats-Unis au moment de la guerre de cette république contre l’Angleterre. Près du vicomte Sérurier était son fils, élève de Saint-Cyr.
Le cortège s‘avança au bruit des fanfares, des acclamations et des salves d’artillerie et aussitôt la statue du maréchal Sérurier apparut dégagée des voiles qui jusqu'alors l'avaient cachée aux regards de la foule.
Le ministre donna d’abord la parole au préfet pour lire le décret autorisant la ville de Laon à élever cette statue.
Puis le ministre, au milieu d'un profond silence, a prononcé un discours. (...)
La solennité semblait terminer, les tambours battaient aux champs, lorsque, à un geste, le ministre réclama le silence. Il amena alors à lui un vétéran mutilé de nos anciennes armées, décoré de la Légion d’Honneur, qu’il avait aperçu près de lui, et s‘exprima en ces termes. (...)
Les acclamations répondirent au ministre par un long cri de vive l’Empereur !
On se sépara alors, et la foule put admirer la statue du maréchal due au talent d'un jeune artiste de Laon, M. Doublemard, déjà connu par des productions remarquables.
Le soir, à six heures, un banquet, sous la présidence du ministre, réunissait dans la belle salle de l’Hôtel-de-Ville de Laon, les autorités du département, les membres du conseil général, le tribunal des officiers de l’armée et de la garde nationale.

9 juillet 1899 — Inauguration du tramway funiculaire de Laon
19 juin 1899 — Annonce du festival musical donné à l'occasion de l'inauguration du tramway
— A l'occasion de l'inauguration du chemin de fer reliant la ville aux faubourgs du Nord, un festival aura lieu à Laon le dimanche 9 juillet 1899. Sont conviés à cette solennité, les orphéons, harmonies et fanfares qui auront à exécuter deux morceaux à leur choix.
Indépendamment des récompenses, consistant en couronnes, palmes et médailles commémoratives, toutes les sociétés auront droit à une prime en espèces, dont les premières seront de 800 francs, 200 francs et 100 francs. De plus, dix primes seront également tirées au sort entre les chefs, de musique.
Adresser les adhésions jusqu'au 25 juin, terme de rigueur au maire de Laon.
9 juillet 1899 — Compte rendu du festival musical
— Le festival de musique et de gymnastique qui a eu lieu à Laon à l'occasion de l'inauguration du chemin de fer électrique de la gare au Plateau, a eu beaucoup de succès. Une quarantaine de sociétés y ont pris part et les différentes épreuves subies ont donné d'excellents résultats.
A l'issue du défilé, qui s'est exécuté dans le plus grand ordre, les sociétés instrumentales ont fait une exécution très correcte du morceau d'ensemble, Bohême Joyeuse, la populaire marche du compositeur J. Louis Ithiec, qui a eu les honneurs du bis.
Excellente organisation dont il faut féliciter M. Jouy, directeur de l'Union chorale de Lyon.
11 juillet 1899 — Compte rendu de l'inauguration du tramway
— Un chemin de fer électrique. L'inauguration du chemin de fer électrique de Laon a eu lieu hier sous la présidence de M. Mougeot, délégué du gouvernement.
Le train ministériel est arrivé à 11 h.15. M. Mougeot, accompagné de MM. Sébline, sénateur de l'Aisne ; Nicolas, directeur du commerce, Peyrouse, directeur des travaux publics, Hugues, député de Saint-Quentin, Fournière, député de Vervins, Castelin, député de la 2e circonscription de Laon, a été reçu à la gare par M. Ermant député et maire de Laon, le général Pelet, commandant de l'école de La Fère, des délégations du conseil général, du conseil municipal et de tous les services départementaux.
Au moment de sa réception à la gare, M. Mougeot a remis quatorze médailles à des employés des chemins de fer du Nord et de l'Est.
Le trajet de la gare à Plateau-Ville a été fait en tramway électrique.
Une réception a eu lieu ensuite à la préfecture. De nombreuses médailles de l'agriculture et du commerce ont été remises par M. Mougeot.
A l'issue des réceptions, un grand banquet a été servi à l'Hôtel de Ville. Des toasts ont été successivement portés par le préfet de l'Aisne à M. le Président de la République.
Après le banquet, M. Mougeot a visité les hospices. Le sous-secrétaire d'Etat repartira à six heures du soir.
La fête, organisée à l'occasion de cette inauguration, a été très réussie.

LAON - La Place de l'Hôtel-de-Ville
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publié par Jean Marc Lun 18 Fév 2019 15:14

20 août 1899 — Concert sur la place de l'Hôtel de Ville, à l'occasion de l'inauguration du monument des trois instituteurs de l'Aisne, fusillés par les Allemands en 1870. Un autre concert suivra, donné sur la Couloire
— Voici le programme des fêtes organisées à Laon, dimanche prochain 20 août sous la présidence de M. Georges Leygues, ministre de l’instruction publique, à l'occasion de l'inauguration sur le jardin de l'Ecole Normale, du monument des trois instituteurs de l'Aisne, fusillés par les Allemands en 1870.
A 9 heures du matin, réception à la gare du Ministre de l'instruction publique. — A 10 h., à l'école normale, inauguration du monument. — A 2 heures, courses à l’Hippodrome ; M. Leygues y assistera. — A 8 heures du soir, concert sur la place de l'Hôtel-de-Ville par la musique du 45e. — A 9 heures, balss publics et gratuits. A 10 heures, 10 h. ¼ et 10 h. ½, embrasement des tours de la Cathédrale. Le lundi 21 août à 1 h. ½ courses. — A 8 heures du soir, sur la promenade de la Couloire, concert par l'Harmonie municipale. — A 9 heures, bals publics.

14 juin 1902 — Concert de l'harmonie municipale et de l'Union chorale au profit des victimes de la Martinique
— Le concert donné par l'harmonie municipale, et l'Union chorale de Laon, au profit des sinistrés de la Martinique, a eu lieu en présence d'une nombreuse et élégante assistance, le samedi 14 juin, dans la grande salle des fêtes de la mairie de Laon avec le concours de Mlles Limborg, Cortillot, Crousez ; MM. Bauduin, Blot, Fouquet et François. Des palmes ont été accordées aux sociétés classées.
Le succès obtenu par chacun des artistes qui se sont fait entendre pendant cette intéressante soirée et par les deux excellentes sociétés musicales, habilement dirigées par MM. Crousez et Jouy, a été grand et le produit de ce concert a dépassé toutes les espérances.

Laon - Hôtel de Ville, Kiosque, Théâtre et Tramway — Musique du 45e régiment d'infanterie, chef Prévost
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15 août 1907 — L'Harmonie municipale de Laon donne un concert sur le Kiosque de la place de Turenne à Malo-les-Bains
— L'Harmonie municipale de Laon s'est rendue à Malo-les-Bains le 15 août et y a donné un concert sur la place Turenne, où elle a exécuté, sous l'habile direction de son distingué chef, M. Crousez, le programme suivant : « Moscou », marche militaire, d'Allier ; Ouverture des « Noces de Figaro », de Mozart ; Grande fantaisie sur le « Pré aux Clercs », d'Hérold ; « Pfingst-Rosen », grande valse, de Gung'l ; Air et duo d'« Armide », de Gluck ; « Polka du Cavalier », de Hohlztaus.

25 et 26 août 1907 — L'Harmonie municipale joue sur le Kiosque de l'Hôtel de Ville à l'occasion des fêtes de gymnastique
— L'Harmonie municipale de Laon a prêté son concours aux superbes fêtes de gymnastique qui ont eu lieu à Laon les dimanche 25 et lundi 26 août.
Le lundi 26 août, elle se tenait sur le kiosque de la place de l'Hôtel-de-Ville pendant la distribution des récompenses. Elle a salué l'arrivée des autorités par la Marseillaise, dirigée par son excellent chef, M. Crousez ; plusieurs autres morceaux ont été magistralement exécutés au cours de cette distribution.
Et c'est aux sons entraînants d'un orchestre composé des musiciens de l'Harmonie qu'a eu lieu le bal qui a clôturé cette solennité.

21 décembre 1907 — Concert de l'Union chorale, salle des fêtes de l'Hôtel de Ville
— Le grand concert vocal et instrumental, que l'Union chorale de Laon offre à ses membres honoraires, aura lieu le samedi 21 décembre à 8 heures ½ du soir, dans la salle des fêtes de l'Hôtel de Ville, avec le concours de Mme Laute-Brun, de l'Opéra ; de MM. Paradis, Fontbonne, Couppas, Godart, solistes de la Garde républicaine ; du chansonnier L. Tournayre et de M. Landre, pianiste accompagnateur.

24 août 1908 — L'Harmonie Municipale en concert sur le Kiosque de l'Hôtel de Ville puis sur le Kiosque de l'Hippodrome
— A l'occasion des courses annuelles de Laon, l'Harmonie Municipale a donné deux magnifiques concerts, l'un sur le kiosque de l'Hippodrome, l'autre sur la place de l'Hôtel-de-Ville, à 8 heures du soir.
Tous les amateurs de musique ont, une fois de plus, apprécié cette excellente société qui a exécuté avec art et intelligence un programme des mieux choisis sous la direction de son distingué chef, M. Crousez.


16 octobre 1918 — Un état des lieux de Laon, trois jours après que les allemands aient quitté la ville dans la nuit du 11 au 12 octobre
— Laon, après quatre ans d'occupation. Sur la route de Laon, c'est par milliers que se comptent les obus de tous calibres abandonnés dans toute la région, ainsi que les gargousses, les caisses de cartouches et les munitions de toutes sortes. La disette de cuivre s'accuse du fait que presque toutes les douilles des obus sont en tôle.
La ville de Laon n'a pas eu trop à souffrir. La cathédrale est intacte, sauf toutefois la toiture, les gouttières et les orgues que les Allemands ont emportées. On se souvient à ce sujet qu'à plusieurs reprises les Allemands ont annoncé dans leurs communiqués officiels que les Français avaient bombardé la cathédrale. C'est un mensonge officiel de plus. Pas un seul obus n'a touché l'édifice, qui n'a subi que des déprédations provenant des vols allemands.
A Laon, comme partout ailleurs, l'ennemi a réquisitionné et enlevé tous les objets de métal jusqu'aux boutons de portes et même de vêtements, sans compter la literie, le linge, les cuirs, les étoffes, etc. La statue de bronze du général Sérurier qui s'érigeait sur la place de l'Hôtel-deVille a été emportée également.
C'est dans la nuit de vendredi à samedi que les Allemands ont quitté Laon laissant simplement des mitrailleuses d'arrière-garde pour retarder l'arrivée des Français.
En se retirant, les Allemands ont emmené avec eux M. Ermant, sénateur, maire de Laon, ainsi que sa femme ; M. Dessery, secrétaire général de la mairie, et 300 habitants.
Laon qui comptait 12.600 habitants avait encore une population de 10.000 habitants au commencement de l'investissement. Par suite des départs et des rapatriements, il n'en restait plus en ces derniers temps que 4.000 environ.
Les maisons non habitées ont été soumises à un pillage en règle. La préfecture fut vidée de son riche mobilier par un général voleur.
Les soldats, sûrs de l'impunité, volaient partout, revolver au poing. La loi allemande était rude et sans pitié. Le kaiser, le kronprinz et Hindenburg sont, à tour de rôle, venus visiter Laon. On rapporte que l'archevêque de Cologne vint un jour officier dans la cathédrale malgré les protestations de l'archiprêtre, qui fut cependant contraint de le recevoir au seuil de l'église.

Laon - Hôtel de Ville, kiosque supprimé et bronze Sérurier enlevé par les allemands — Théâtre détruit par un obus allié en 1918
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4 juillet 1927 — Fêtes à Laon. Concerts sur la Couloire puis sur la place de l'Hôtel de Ville
— Les fêtes qui ont eu lieu a Laon comprenaient un concours de pompes et de tir, un concours de trompettes, tambours et clairons et un festival auquel avaient adhéré une trentaine de sociétés musicales. Des auditions très intéressantes ont été données, aux endroits désignés par le comité, par les sociétés participantes. Le concert offert, à la Couloire, par l'Harmonie municipale et l'Union chorale de Laon a été très applaudi.
Puis, sous l'habile direction de M. Fillâtre, directeur de l'Harmonie municipale, les sociétés réunies sur la place de l'Hôtel-de-ville, ont interprété avec un ensemble parfait la « Marche des Picards », de E. Dupont et la « Marseillaise ».

7 août 1932 — Compte rendu du festival musical de Laon.
— Le neuvième congrès de la Fédération départementale des sociétés musicales de l'Aisne a eu lieu dimanche à Laon. L'ouverture du congrès a eu lieu à 11 heures, salle des Fêtes de l'Hôtel de ville, sous la présidence du maire de Laon, après une allocution du président et l'appel des sociétés.
A midi et demi, la municipalité de Laon offrit un déjeuner aux membres du bureau fédéral et aux présidents des fédérations voisines à l'hôtel de la Bannière, sous la présidence du maire de Laon.
Après le déjeuner eut lieu le défilé des sociétés musicales pour le festival auquel 32 sociétés prenaient part. On sait que la Fédération est présidée par M. Emile Dupont, conseiller général, assisté de M. Bécard adjoin au maire de Laon et de M Fillatre, directeur de l'Harmonie.
Cette manifestation avait attiré à Laon de nombreux visiteurs. Plus de mille musiciens se trouvaient au chef-lieu à cette occasion. Dans la ville et dans les faubourgs, des concerts ont été donnés par les sociétés suivantes :
Bourg, Bruyères, Montbérault, Levergies, Gricourt, Sissy, La Ferté Chevresis, les Trompettes de Viry-Noureuil, Bohain, Vendeuil ; les fanfares de Coudron, Athies-sous-Laon, Beaurieux, Etaveset Bocquiaux, Beaurevoir, l'Harmonie des usines Magnin de Charmes, la fanfare de Guignicourt, ces deux sociétés réunies ont exécuté brillamment l'ouverture de Patrier, les fanfares de Liesse, Vermand, Sévigny-Valeppe, Mauroy. Frémont, les Aciéries de Beautor, Pernant, Vailly, Vouel, Estrées, etc.
Place de l'Hôtel de Ville, la société de trompettes l'Etoile Rémoise, la fanfare de Flavy-le-Martel, l'Harmonie de Gauchy, ont donné un concert réussi ainsi que la fanfare du Familistère de Guise et les orphéonistes de Saint-Quentin sur le kiosque des promenades de la Couloire.
Après les concerts, les musiciens se rassemblèrent sur la place de I'Hôtel-de-Ville, pour exécuter, sous la direction de M. Emile Dupont, la Marche des Picards et la Marseillaise qui furent chaudement applaudies.
La distribution des récompenses eut lieu ensuite à l'Hôtel-de-Ville, sous la présidence de M. le préfet, entouré de la municipalité et des présidents de sociétés.
Le tirage des places du festival clôtura la fête qui a obtenu le plus grand succès.

Formations musicales actives à Laon en 1909 :
Union chorale, fondée en 1896, président Jouy, direction Grante, 35 exécutants ;
Harmonie municipale, fondée en 1882, direction Alphonse Crousez, président Limasset, 51 exécutants.


(1) Jacques François Laurent Devisme (1749-1830), avocat, diligenté Agent National de Laon le 6 pluviose an II (25 janvier 1794), est l'instigateur de la translation du conseil municipal dans son nouvel hôtel de ville installé dans l'ancien présidial de Laon. Contrairement à ce qui est affirmé sur wiki ("devint secrétaire de l'assemblée constituante (1791), mais se retira dans ses terres pour échapper à la Terreur, et ne reparut qu'après le 18 brumaire"), Devisme est très actif, en tant qu'Agent national à Laon pendant les années de la Terreur de 1793 à 1795 (ans II et III) ; il se fait même nommer Commissaire national du district de Laon, en remplacement de Leleu, le 12 pluviose, an III.
Devisme publiera par ailleurs une Histoire de la ville de Laon en 1822.


(2) La place du Bourg accueillera jusqu'en 1756, les exécutions en tous genres, conséquence des nombreux jugements prévôtaux du bailliage de Vermandois de Laon : bien souvent, les condamnés étaient rompus vifs et exposés sur la roue jusqu'à ce que mort s'en suive (bien souvent plusieurs jours), les plus chanceux ayant leur supplice abrégé par le bourreau qui étranglait alors lesdits condamnés ; la deuxième peine la plus appliquée était la pendaison suivie de l'éxécution au feu sur un bûcher. De temps à autre, la Placette toute proche servait de lieu d'expiation.
En 1754, un certain Médard, dit le jeune, est condamné à faire amende honorable par le tribunal de Laon, et ensuite à être pendu et brûlé sur la place du Bourg. Le bûcher est dressé le dix mai sur la place, mais celle-ci est
si étroite que l'on ne parvint à garantir de l'incendie les maisons qui l'entourent que grâce aux précautions que les habitants avaient prises, à grand frais, d'étendre sur le devant et sur les toits de leurs maisons, des toiles fortes que l"on arrosait perpétuellement.
Aussi, le lieu des pendaisons suivi d'exécution au feu est transféré, à compter du 13 mars 1756, sur la place de l'Eperon, près de la porte Lusseau.

(3) Antoine de Vassaux (1775-1793), fils du seigneur de Parfondru, exécuté sur l'échafaud de la Placette de Laon
Antoine de Vassau, "émigré notoire", s'était enfui le 2 octobre 1792. Arrêté à Dunkerque le 18 avril 1793 et ramené à Laon. Son jugement se déroule le 4 brumaire an II (25 octobre 1793) devant les représentants du Peuple de l'Aisne, Lejeune et Louis Roux. Il est exécuté la nuit suivante sur l'échafaud installé sur la Placette où le bourreau va s'y reprendre à trois fois avant que la décapitation de Vassaux ne soit effective.
Les motifs allégués pour sa condamnation sont qu'il était porteur d'un faux certificat de résidence daté du 2 brumaire. Le 7 brumaire, les mêmes Lejeune et Roux, font procéder à la mise en état d'arrestation des cinq complices de Vassaux qui ont fourni le fameux certificat dans l'exercice de leur fonction, lesquels sont
conduits à Soissons sans délai sous bonne et sure garde pour y rester jusqu'à nouvel ordre : il s'agit du maire de Laon Rémy-Antoine Pigneau, des conseillers généraux de Laon, Claude Thimothée Mauclere, Antoine-Narcisse Hennecart et Gabriel-François Delacampagne et enfin du citoyen Cotte, employé dans les bureau de la municipalité de Laon.
L'affaire n'aura pas de suite funeste pour les "complices"...
Comme pour Antoine de Vassaux, la même mésaventure fatale arrive au sieur Jean-Baptiste Etienne Saint-Léger, né en 1771, à propos d'un certificat de résidence hôtelier. Jugé le 24 prairial an II (11 juin 1794), Saint-Léger, émigré ayant eu tous ses biens confisqués, est condamné à mort le 11 messidor. Le lendemain, il est exécuté.
Trois prêtres seront également exécutés à Laon : Charles Bernard, curé de Laucourt (Somme) (11 thermidor an II) ; Nicolas Lépousé et Pierre Joseph Longuet, curés de Mennevret et Grougis (19 thermidor an II) ; le chanoine laonnois Louis Dantheny suivra le même sort le 5 nivose an IV.

(4) La suppression de la tour dite de Louis Outremer, en fait de Philippe Auguste, a soulevé de longues polémiques, que Victor Hugo s'est fait la joie d'enjoliver et d'accentuer, pour le plaisir de ses admirateurs. Il est difficile de trouver une énumération autant exhaustive des engins de guerre d'antan ou des moyens de destruction naturels ou humains...
— Ainsi, pour jeter bas cette tour de Louis d'Outremer, presque contemporaine des tours romaines de l'ancienne Bibrax, pour faire ce que n'avaient fait ni béliers, ni balistes, ni scorpions, ni catapultes, ni haches, ni dolabres, ni engins ni bombardes, ni serpentines, ni fauconneaux, ni couleuvrines, ni les boulets de fer des forges de Creil, ni les pierres à bombardes des carrières de Péronne, ni le canon, ni la tempête, ni la bataille, ni le feu des hommes, ni le feu du ciel, il a suffi au dix-neuvième siècle, merveilleux progrès d'une plume d'oie, promenée à peu-près au hasard sur une feuille de papier par quelques infiniment petits ! méchante plume d'un conseil municipal du vingtième ordre, plume qui formule boiteusement les fetfas imbéciles d'un divan de paysans ! plume imperceptible du sénat de Lilliput ! plume qui fait des fautes de français ! plume qui ne sait pas l'orthographe ! plume qui, à coup sûr, a tracé plus de croix que de signatures au bas de l'inepte arrêté !
Et la tour a été démolie ! et cela s'est fait ! et la ville a payé pour cela ! on lui a volé sa couronne, et elle a payé le voleur ! (...)

(Guerre aux démolisseurs, Victor Hugo. Revue des deux Mondes, janvier 1832)

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Lun 25 Fév 2019 17:16
par JeanMarc
LAON - Promenade de la Couloire
(AISNE)
Les remparts fortifiés de Laon, édifiés du neuvième au treizième siècle, sont pour la plupart toujours debout à ce jour. A partir du XVIIè siècle, on commence à aménager la partie située hors les murs de l'enceinte, à commencer par le comblement des fossés. Une première promenade (la grande plaine et la petite plaine) plantée d'arbres est installée, le long de la Citadelle, à l'est de la cité, vers 1610.
Du côté sud de Laon, à la sortie porte Royé (dite également Royer ou Royale) et le long de son rempart éponyme, c'est tout d'abord la Promenade des Arquebusiers qui est établie vers 1690, installée sur le terrain qu'une compagnie d'arquebusiers avait acquise auprès de l'abbaye de Saint-Jean. En 1745, les moines vont obliger les arquebusiers à abattre leurs arbres qui, trop élevés, faisaient ombrage aux religieux, pour les remplacer par des tilleuls.
Dans le prolongement de celle des Arquebusiers, une autre promenade voit le jour, le long du rempart/rue du Boulois (dit bouloir ou bouloi) : appelée tout d'abord l'Esplanade, elle est plantée d'arbres vers 1740. Appelée
promenade de la Couloire à partir du second quart du XIXe siècle, l'origine de son nom reste obscure. (1)

Le 31 août 1838, la municipalité nomme une commission chargée d'examiner un
projet d'agrandissement des promenades à la suite de la Couloire. Il s'agit en fait de prolonger la Couloire le long du rempart du Collège rue du Boulois, à partir de l'angle formé par les remparts jusqu'à la promenade de la Plaine de la citadelle ; une partie de cet emplacement appartient déjà à la commune, mais pour que cette nouvelle promenade soit d'un seul tenant, il est nécessaire d'acquérir un jardin et une pièce de vigne placés en travers.
La commission ad hoc ayant contacté les propriétaires des terrains concernés par cette prolongation de la Couloire, le conseil municipal et son maire Ernest Le Carlier se réunissent à nouveau le 3 novembre 1838 et décident l'acquisition, auprès de M. Huet, de son jardin d'une contenance de 33 vergers environ, moyennant 1.500 francs, et auprès des frères Tharot, de leur vigne de 40 vergers au prix de 2.000 francs.
La Promenade de la Couloire ayant maintenant atteint sa dimension définitive, il est procédé, en 1843, à l'aménagement et à la plantation en tilleuls des parties qui viennent d'être acquises.
La promenade de l'Arquebuse va disparaître en 1855, supplantée par la rue éponyme.


Plan de Laon en 1808
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Plan partiel de Laon en 1808
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La Couloire devient le lieu privilégié des promenades laonnoises, mais également des fêtes, danses publiques, bals et concerts qui se déroulaient précédemment sur la promenade de la Plaine.
La musique du 45e régiment d'infanterie cantonnée à quelques mètres, sur la Citadelle, en fait son jardin musical. Il est donc naturel que la municipalité, probablement talonnée par les militaires, envisage la création d'un Kiosque à musique sur la promenade de la Couloire.
Le 19 janvier 1877, Jacques Glatigny (1815-1888), maire de Laon de 1871 à 1887, charge donc une commission d'en étudier le projet. M. Berthault en rapporte, le 16 février, les conclusions, adoptées immédiatement par la municipalité : le Kiosque à musique sera placé, suivant les avis de M. Porsch, chef de la musique du 45e R.I., et de Charles-Frédéric Selmer, chef de la Musique municipale, à l'intersection des deux allées de la promenade ; devant accueillir de 45 à 50 musiciens, son diamètre sera de 8 mètres 27 pour une hauteur de douze mètres ; il sera entouré d'une balustrade à fuseaux en bois ; de forme octogonale, couvert en zinc qui
devra provenir des lamineries de la Vieille montagne, son ossature sera en bois de chêne pour les pièces principales, en sapin du nord pour les autres, lesquels bois devront être de premier choix, sans noeuds vicieux, flaches, tampons ; son soubassement reposera sur une cave permettant d'y ranger les bancs destinés aux musiciens ; afin d'éviter le contact avec le public, une plate-bande en gazon, de deux mètres cinquante d'épaisseur, sera disposée en talus autour de l'édicule et entourée d'une clôture en treillage.
Un crédit de cinq mille francs est voté et on autorise l'abattage de quatre tilleuls dont la suppression est absolument indispensable pour l'établissement du kiosque. L'architecte voyer de Laon, Paul Marquiset (1845-1921), est chargé des plans et devis.

Laon - Projet du kiosque de la Couloire (archives départementales de l'Aisne)
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La réalisation des travaux est adjugée le 5 mars, à l'entrepreneur laonnois Edouard Fayot, qui accepte un rabais de 15% sur le devis initial, ramené ainsi à 4.148 francs 74.
Le conseil municipal, réuni le 28 mars 1877, envisage de porter le diamètre du kiosque en construction, à 9 mètres 36, avec un surcoût de 1.700 francs, la musique militaire comportant plus de cinquante musiciens. Cependant le maire Jacques Glatigny, qui ne s'en laisse pas conter, consulte le Chef de la musique militaire de La Fère, afin de lui demander si la musique féroise, qui compte 50 exécutants, trouve place dans son kiosque de 8 mètres 25 de diamètre. Le chef de musique de la Fère confirme que son kiosque est amplement suffisant et note en outre que lors du
Festival de La Fère qui a eu lieu en 1875, deux musiques, dont l'effectif était d'environ quatre vingt quinze, ont trouvé à se caser convenablement sur le kiosque et que l'exécution a été des plus satisfaisantes.
Glatigny décide toutefois de porter la dimension du futur kiosque à 8 mètres 40, moyennant une plus value de 235 francs.
Le 18 mai 1877, huit bancs sont commandés pour les musiciens, au prix de 144 francs ; le 25 mai, un crédit de 278 francs 36 est alloué pour l'agencement du jardinet ; le 28 mai, la municipalité annonce rechercher une entreprise pour installer un service de chaises mises en location pour l'usage des spectateurs du kiosque.
L'inauguration du Kiosque à musique de la Couloire a lieu le samedi 16 juin 1877 à 8 heures du soir ; un grand concert est donné par la Musique municipale, l'Union Chorale et les musiques du 45e régiment d'infanterie et du 29e régiment d'artillerie.

La réception des travaux réalisés par Edouard Fayot est arrêtée à un montant définitif de 5.967 francs 7 centimes.
Le 10 août 1877, la municipalité adopte un devis de 1.500 francs, destiné à l'installation de l'éclairage au gaz sur le kiosque à musique.

Laon - Promenade de la Couloire — Concert sur le Kiosque à musique de la Couloire
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La promenade de la Couloire accueille chaque année la fête patronale du 15 août : à cette occasion baraques foraines, jeux divers, et manèges sont de la partie.
Les musiques civiles et militaires alternent leurs prestations entre le Kiosque de la Couloire, la place de l'Hôtel de Ville, où nous avons vu qu'un Kiosque démontable était régulièrement érigé ; deux autres Kiosques à musique sont attestés à Laon, l'un donnera des concerts sur l'Hippodrome laonnois, notamment le 24 août 1908, le second, inauguré en 1895, était situé dans le square aménagé sur la promenade du mont de Vaux. Nous n'avons cependant pu trouver aucun cliché relatif à ces deux kiosques.
Comme nous l'avons vu, l'arrivée des allemands le 2 septembre 1914 et leur occupation forcée de Laon pendant quatre ans n'empêchera pas ceux-ci, épris de musique militaire, d'user et abuser des kiosques à musique.

Le Kiosque de la Couloire va cependant souffrir d'actes de dégradations dont personne n'assumera la responsabilité, tout le monde étant soupçonnable pour diverses raisons faciles à comprendre... La toiture de zinc est volée, des balustrades sont arrachées et dérobées. Cependant, des troupes allemandes ayant fait stationner chevaux et camions sur la promenade de la Couloire en avril 1917, des dégâts ont été constatés sur le kiosque à musique et déclarés par le maire au commissaire de police, le 22 juin 1917.
Après la libération, la municipalité réussit à faire passer une partie des travaux de restauration du kiosque en tant que dommages de guerre, charge, le 24 août 1920, un certain Ernest Chauviré de procéder à sa reconstruction, pour un budget fixé à 20.000 francs. Chauviré va encaisser 13.200 francs d'acomptes dépassant de très loin le travail réalisé, laissant le kiosque dans un état pire qu'il ne l'était ; le 7 juillet 1921, Chauviré est déclaré en état de liquidation judiciaire.
Le 12 juin 1922, le chantier est repris en main par les entreprises de charpente Haution et Prudhommeaux, la couverture de zinc est confiée à M. Lebrun au prix de 4.222,41 francs. M. Hiernard, électricien est chargé de l'éclairage.
La rénovation totale du Kiosque atteint la somme de 28.016,68 francs, dont 7.177,14 au titre des dommages de guerre.

La statue du maréchal Sérurier qui trônait sur la place de l'Hôtel de Ville de Laon, est partie à la fonte en 1917. Une nouvelle copie en bronze du monument est réalisée, et il est décidé de l'installer sur la promenade de la Couloire, l'emplacement qui devait être choisi à l'origine en 1863. La nouvelle inauguration a lieu en septembre 1934, sous la condition, émise par M. Brunet rapporteur de la société pour la protection des paysages de France, que la statue soit installée
sur le talus et non dans l'axe de la Promenade. En dépit de ces précautions architecturale et paysagère, la nouvelle statue de Sérurier finira encore une fois dans les usines d'armes allemandes, en 1941. Il ne subsiste aujourd'hui que l'ancien piédestal sur la Couloire.
En 1960-1961, le kiosque à musique a été entièrement rasé et remplacé par un nouvel édicule octogonal au massives colonnes de béton ; même la toiture de zinc présente un aspect mal dégrossi ; la balustrade en acier n'est pas plus avenante. La municipalité paiera cet édifice 33.482, 62 francs. Le 14 février 2014, des frais d'études pour 3.020 euros sont réalisés par le conseil municipal à propos d'un effondrement du kiosque à musique...

En 2003, alors que des décennies ont été nécessaires pour la créer et que pendant deux siècles les laonnois s'y sont divertis, la municipalité de Laon, pour la bagatelle de 724.350,59 euros, fait disparaître la Promenade de la Couloire et fait abattre tous ses arbres jusqu'au dernier ; une route goudronnée tient maintenant lieu de promenade !... En 2014, le conseil municipal laonnois a encore déboursé 46.391,72 euros pour installer une série de vingt cinq places de stationnement sur la ci-devant promenade de la Couloire.
Kiosque supprimé et reconstruit toujours en place.


voir ici Promenade de la Couloire et son Kiosque à musique, aujourd'hui.(1/4) (2/4) (3/4) (4/4)

LAON - Promenade de la Couloire
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publié par Jean Marc Lun 18 Fév 2019 15:15

15 août 1806 — Avant que la Couloire ne soit aménagée, les fêtes se déroulaient sur la promenade de la Plaine, face à la Citadelle
— A l'occasion de l'anniversaire du rétablissement de la religion. Après les cérémonies religieuses, les réjouissances auront lieu sur la Plaine. Des danses publiques et gratuites y seront ouvertes. Il y sera établi un mât de cocagne avec différents prix.
A la chute du jour, cette promenade sera illuminée ainsi que le lieu des danses afin que les citoyens puissent jouir de ces divertissements.


16 février 1877 — Séance du conseil municipal de Laon relative au projet d'établissement du kiosque à musique
— Projet d'établissement d'un kiosque à musique. M. Berthault, rapporteur du 3e Comité :
Dans la majeure des villes qui possèdent une musique militaire, il existe un kiosque destiné à abriter les musiciens contre le soleil et la pluie et aussi à donner plus de sonorité aux instruments par l'élévation où ils sont placés et par la couverture du kiosque.
Les agréments que notre population trouve à l'audition de l'excellente musique du 45e vous ont déterminés à faire établir un kiosque.
La question du lieu où il devait être placé ne pouvait être douteuse. Il n'y avait qu'à suivre l'usage constant. C'est à la Couloire que se donnent les fêtes publiques. Cet emplacement réunit toutes les conditions désirables : deux allées principales, l'une faisant suite à l'autre avec une légère déviation, des allées latérales, par conséquent dégagements faciles pour les promeneurs, vue splendide sur la plaine d'Ardon.
On avait parlé d'un kiosque mobile ; ce ne serait plus alors un kiosque, mais une simple estrade non couverte et ne retenant pas les sons.
C'est donc à la Couloire que le kiosque doit être construit, de l'aveu même de M. Selmer, directeur de la musique municipale et du chef de la musique militaire.
En plaçant le kiosque à l'intersection des deux allées principales, les auditeurs pourront circuler dans chacune d'elles.
Le projet établit un abri pouvant contenir environ quarante cinq musiciens placés en cercle sur un seul rang ; il comprend un soubassement en maçonnerie recouvert par le plancher du kiosque. Ce soubassement auquel on accédera par une trappe placée dans le plancher, est destiné à renfermer les bancs mobiles devant permettre aux musiciens de se reposer dans l'intervalle des morceaux joués par eux.
Au dessus du plancher qui sera entouré d'une balustrade à fuseaux en bois, se trouvera le kiosque proprement dit, composé d'un abri en menuiserie, couvert en zinc et reposant sur des poteaux en bois. Un escalier placé sur la face postérieure et fermé par une porte à claire-voie, donnera accès à la plate-forme.
Les pièces principales seront en bois de chêne et les autres en sapin du nord.
Autour du kiosque et pour éviter le contact direct du public, le projet comprend l'établissement d'une plate-bande en gazon de deux mètres cinquante centimètres d'épaisseur, disposée en talus et entourée d'une petite clôture en treillage. Le Kiosque aura 8 mètres 27 de diamètre et douze mètres à la base du talus en gazon.
Tous ces travaux sont estimés à la somme de 5.000 francs.
Les bois employés pour la charpente devront être de premier choix, sans noeuds vicieux, flaches, tampons, etc. ; le zinc devra provenir des lamineries de la Vieille montagne.
Le Conseil adopte ce projet, vote un crédit de cinq mille francs et autorise l'abattage des quatre tilleuls dont la suppression est absolument indispensable pour l'établissement du kiosque.

16 juin 1877 — Concert donné à l'occasion de l'inauguration du Kiosque à musique sur la Couloire
Union chorale : La ronde du guet, chœur (Victor Pons) ; Les elfes, choeur (de Saintis).
Musique du 45e régiment d'infanterie : Les croisés, fantaisie (Verdi) ; Charles VI, fantaisie (Halevy) ; L’enclume, polka.
Musique municipale de Laon : L’Orientale, ouverture. (J. Hemmerlé). ; La part du diable, fantaisie (Auber).
Fanfare du 29e régiment d’artillerie : Le retour, pas redoublé. (J. Hemmerlé) ; Rosalia, polka. (Tillard).

LAON - Promenade de la Couloire
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publié par Jean Marc Lun 18 Fév 2019 15:16

16 juin 1877 — Compte-rendu de l’inauguration du Kiosque à musique
— Samedi dès huit heures du soir, grande fête à la Couloire à l’occasion de l’inauguration du kiosque élevé sur cette promenade et destiné à servir de théâtre aux concerts militaires et en général à tous concerts donnés soit par les musiques des régiments en garnison à Laon, soit par la Société musicale et l’Union chorale de notre ville, quand il y aura lieu. Désormais, sous ce rapport, la ville de Laon, au goût artistique de laquelle nous nous plaisons à rendre ici un public hommage, n’aura plus rien à envier à certaines villes de beaucoup plus importantes, et même aura un avantage marqué sur certaines d’entre elles, Amiens par exemple, qui attendent encore la construction d’un kiosque destiné à la musique populaire.
Nous voulons donc tout d’abord féliciter la municipalité laonnoise pour son heureuse initiative et nous serons assurément l’interprète des sentiments de la population tout entière en disant que l’érection de ce kiosque sur une de nos plus charmantes promenades lui cause une réelle satisfaction.
Nous nous sommes expliqués déjà sur la situation de cette construction à la fois élégante et solide et d’un bel aspect, vue des diverses allées dont elle est en même temps le centre et le fonds. Le coup d’œil en est beaucoup plus beau, même la perspective plus magistrale, et, disons le mot, véritablement féerique quand, à l’extrémité de chacune des grandes allées bordées d’un double cordon de globes lumineux, le kiosque, semblable à un palais d’été vous apparaît tout ruisselant de lumière.
Tel il était samedi, et de l’aveu de tous, l’aménagement et les heureuses dispositions de l’éclairage des diverses parties de la promenade faisaient l’éloge des organisateurs.
L’heure de l’inauguration était du reste bien choisie : à huit heures et quelqu’ait été l’élévation de la température de la journée, cette température s’attiédit et une brise fraîche, qu’on aime d’autant à aspirer, commence à se faire sentir. Aussi, de bonne heure on a pu voir des flots de population se diriger à la Couloire par les diverses voies qui y convergent. À l’ouverture du concert, toutes les allées et contre-allées étaient envahies par les promeneurs à ce point qu’il était difficile de se frayer un passage en certains endroits rapprochés du kiosque, sous la coupole illuminée duquel la société de musique municipale avait pris place tout d’abord.
Il n’y a qu’une voix sur l’excellente interprétation des deux morceaux exécutés par cette société, si habilement dirigés par M. Selmer : l’Orientale (à la mosquée) a été particulièrement remarquée et applaudie ; on a applaudi de même et avec juste raison la fantaisie sur la Part du Diable d’Auber.
La fanfare du 29e d’artillerie s’est fait entendre ensuite. Ici on a pu noter que l’éclat des instruments de cuivre acquérait une puissance de sonorité plus grande encore en raison du nouvel emplacement de l’orchestre, ce qui a peut-être son inconvénient, surtout pour les musiques dites fanfares où règnent ces instruments à l’exclusion de tous autres : nous devons dire cependant, et cette réserve faite, que le pas redoublé le Retour et une polka Rosalia ont été exécutées aussi bien qu’elles pouvaient l’être.
On connaît les progrès faits de jour en jour par notre Union chorale. Le chœur de la Ronde du guet a été fort remarquée.
(Courrier de l'Aisne 20 juin 1877)

28 juin 1878 — Concert à la Couloire, par la musique du 45e de ligne
— Les journaux de l'Aisne annoncent que par décision du conseil municipal, la fête nationale du 30 juin serait célébrée à Laon.
Il y aura, à huit heures du soir, concert à la Couloire, par la musique du 45e de ligne, puis une retraite aux flambeaux par les deux musiques d'infanterie et d'artillerie ; enfin, à partir de neuf heures, il y aurait danses publiques.

24 juillet 1878 — Tandis que la musique municipale et l'Union Chorale joue sur l'Hôtel de Ville, la musique du 45e R.I. donne son concert sur la Couloire
— La ville de Laon a fêté dimanche la victoire remportée à Paris au concours international d'orphéons par la Société chorale de Laon. La musique municipale est descendue à la gare chercher la bannière de l'Union chorale, qui a été rapportée à la mairie de la ville. La musique municipale et la société chorale ont exécuté la Marseillaise. Le maire a offert le vin d'honneur et, le soir, la fête s'est brillamment terminée par un concert donné par la musique du 45e de ligne sur la promenade de la Couloire et par des danses publiques.

22 mai 1879 — M. Porsch, chef de la musique du 45e R.I., prend les rênes de la musique municipale laonnoise, suite au décès de son chef, M. Selmer. Concert au kiosque de la Couloire.
— La Société de musique municipale, qui vient d'être reconstituée sous la direction de M. Porsch, a donné son premier concert le jour de l'Ascension, au kiosque de la Couloire.

Laon - Promenade de la Couloire et Kiosque à musique
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9 au 16 juillet 1905 — Concerts, festival et fêtes diverses à Laon. Bals à La Couloire et concert du 45e R.I. sur la place de l'Hôtel de Ville
— Fêtes de Laon. La ville de Laon prépare pour le mois de juillet prochain une série de Fêtes des plus attayantes, dont nous résumons le programme :
1° Du 9 au 16 juillet 1905. Exposition d'horticulture au manège du Champ-Saint-Martin.
2° Dimanche 9. Grand concours de pompes à incendie, concert par les Sociétés musicales invitées, distribution des récompenses, concert par la musique du 45e régiment d'infanterie, illuminations et bal gratuit sur
la place de l'Hôtel-de-Ville.
3° Lundi 10. Représentations du cirque Buffalo-Bill's au champ de manœuvres.
4° Mardi 11. De 4 heures à 6 heures, Guignol et bal d'enfants à la Couloire ; illuminations et bal gratuit au Mont-de-Vaux.
5° Mercredi 12. Concert et conférence, à 2 heures, à la Société d'horticulture.
6° Jeudi 13. Retraite aux flambeaux par les musique et fanfare militaires.
7° Vendredi 14. Fête nationale ; revue des troupes de la garnison et des sapeurs-pompiers ; Courses et fêtes vélocipédiques suivies de la distribution des récompenses ; concerts dans les intervalles des courses ; illuminations et bal gratuit sur la place de l'Hôtel de Ville.
8° Samedi 15. Concert à 2 heures, à l'Exposition d'horticulture.
9° Dimanche 16. Grand Festival de Musique et de Gymnastique suivi de la remise de médailles commémoratives. Chaque société exécutera deux morceaux à son choix.
Après le concours donné par la musique du 45e d'infanterie, sur la place de l'Hôtel de Ville, un bal gratuit sur la promenade de la Couloire, splendidement illuminée, clôturera la série des fêtes.

15 au 26 aout 1923 — Foire d'été à Laon
— Laon. Foire d'Eté. La première foire annuelle d'été aura lieu sur la promenade du Nord et son prolongement du mercredi 15 août au dimanche 26 août 1923.
Nombreuses attractions.
A l'occasion de la création de cette foire il est organisé sous les auspices du Conseil municipal, par la société de gymnastique La Laonnoise et avec le concours du commerce local et de la Société de Gymnastique La Fraternelle des cheminots, un grand concours national de gymnastique et de tir.
Programme : Samedi 18 août, à 20 heures et demie, retraite aux flambeaux. — Réception des membres du jury et vin d'honneur à l'Hôtel de ville.
Dimanche 19 août, de 6 heures à 10 heures, Promenade du Nord et Mont-de-Vaux, concours de section ; à 11 heures, répétition des ensembles ; à 13 heures et demie, avec le concours de plusieurs sociétés musicales, défilé.
De 14 h. 30 à 17 heures, au Champ de courses, coucour spéciaux et exécution des mouvements d'ensemble ; à 20 heures ½, place de l'Hôtel-de-Ville, fête de nuit, concours de productions costumées ; à 21 heures ½, Promenade de la Couloire, grand bal public. Illuminations.
Lundi 20 août, de 7 h. à 12 h., aux Balnc-Monts, concours de tir ; à 15 heures ½, place de l'Hôtel-de-Ville, distribution des récompenses ; à 21 heures, promenade de la Couloire, grand bal public. Illuminations.

11 juillet 1925 — Concert et Cavalcade à la Couloire
— L'entrée du roi Henri IV à Laon. La ville de Laon organise pour le 15 août, un grand cortège historique qui s'annonce comme devant être des plus réussis.
Toutes les sociétés locales y prendront part et déjà près de 500 figurants se sont fait inscrire au Comité.
Le cortège sera la reconstitution de « l’entrée du roi Henri IV à Laon, le 3 août 1555 ».
Il y aura en même temps concours de décoration de façades et d'étalage et concert à la Couloire.
Se déroulant dans le cadre si pittoresque et moyenâgeux de Laon, ce cortège attirera, nous n'en doutons pas de nombreux visiteurs. Nous en reparlerons.


7 août 1932 — Programme du Festival musical de Laon
— Le Festival organisé par la Ville de Laon et la Fédération Musicale de l'Aisne s'annonce comme une très belle manifestation.
Toutes les sociétés fédérées ou non qui y participeront auront à donner une audition de trois morceaux et à prendre part au défilé. Des primes, totalisant 5.000 frs seront tirées au sort entre toutes les sociétés. M. Letrillard, Hôtel de Ville de Laon, est secrétaire fédéral.
32 sociétés musicales de l'Aisne, des Ardennes et de la Marne s'y sont fait inscrire. C'est donc plus de 1200 musiciens qui, pendant l'après-midi du 7 août, joueront en dix emplacements de la Ville et du Faubourg et défileront à travers les rues de la vieille Cité laonnoise.
Deux grands concerts sont prévus.
Dans le quartier de la Gare, les excellentes sociétés des Usines A. Magnin de Charmes et de Guignicourt se succéderont avec des programmes choisis, puis se fusionneront en une masse instrumentale imposante de 85 exécutants qui interprétera, sous la sûre direction de M. Saget, de Charmes, la magistrale « Ouverture de Patrie », de Bizet.
Au Kiosque de la Couloire, c'est d'abord la talentueuse Harmonie du Familistère de Guise qui donnera, sous l'artistique impulsion de son excellent directeur, M. Deprimoz, un véritable Concert de Gala ; après quoi, les Orphéonistes Saint-Quentinois, chorale de la division d'excellence, magistralement conduite par le très sympathique Docteur Dufour, charmera, avec sa phalange de 60 choristes, les nombreux amateurs de chant laonnois.
Et puis ce seront d'imposants défilés qui entraîneront, aux irrésistibles accents des pas redoublés, tous les musiciens et tous les auditeurs sur la Grande Place de l'Hôtel de Ville où auront lieu l'exécution des morceaux d'ensemble conduits par l'infatigable Président de la Fédération Musicale de l'Aisne, M. Emile Dupont, puis la remise du Fanion fédéral de l'Union chorale de Laon, la distribution des récompenses et le tirage des primes du festival.

15 Août 1933 — On danse toujours sur les promenades de la Couloire !
— Laon. Le concours national de manœuvres d'extinction d'incendie et de sauvetage s'est achevé aujourd'hui. Dimanche, sur la place de la République, eût lieu la remise officielle de la croix d'officier de la Légion d'honneur au commandant Lerondeau, inspecteur départemental.
Hier a eu lieu une excursion au Chemin des Dames, puis l'après-midi ce fut la visite de la ville. Aujourd'hui, après les courses hippiques sur l'hippodrome d'Ardon, ce fut un nouveau défilé-retraite, et de nouveau, à 21 heures, on dansa sur les promenades de la Couloire pour la clôture.
L'harmonie municipale de Soissons et l'Union musicale des cheminots laonnois ont prêté leur concours et se sont fait applaudir.

Les derniers concerts et fêtes sur le kiosque de la Couloire
7 juillet 1938 — L'Harmonie municipale donnera, promenade de la Couloire, un concert, aujourd'hui à 21 heures.
20 août 1938 — La fête communale aura lieu dimanche sur les promenades de la Couloire.


(1) Couloire qui signifie plan incliné dans sa première acception nous paraît la plus vraisemblable des origines de ce terme, compte tenu qu'effectivement la promenade suit une pente évidente.
En 1869, Antoine Richart (Mémoire sur la ligue dans le Laonnois) nous affirme en 1869 : Courroire (la). Appelée la Boulloire, puis l'Esplanade, aujourd'hui la Coulloire, c'est la promenade qui s'étend de la porte d'Ardon à la pointe de la montagne qui domine le faubourg du même nom.
Cependant Richart n'a présenté aucun élément justifiant son affirmation.
Francis Ambrière, en 1966, nous parle de
courroire aux chevaux, comme origine avérée de couloire.
Là encore, rien ne l'atteste !...


Laon - Promenade de la Couloire et Kiosque — Nouveau kiosque béton de la Couloire
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H. J. Magog (pseudonyme d'Henri-Georges Jeanne) (1877-1947), auteur de romans-feuilletons et policiers, nous donne, en 1937, une belle description de la vie sur la Couloire dans un passage de son roman Madame Léonora, voyante :
Le premier dimanche d'été ; chapeaux de paille, souliers jaunes, pantalons de flanelle ou de toile étaient sortis des armoires. On courait à la musique.
La musique ! c'est l'hebdomadaire distraction, la réunion sacrée où, sous le prétexte d'ouïr l'éternel « allegro » de la musique militaire, la « fantaisie » découpée par son chef dans un innocent et insipide opéra et le fox-trot final, qui fait sautiller le cœur des cuisinières, le gratin de la sous-préfecture vient coudoyer, sous les platanes du « cours », les boutiquières endimanchées.
Dans la cité (Laon), le « cours » s'appelle « la Couloire ». Cette promenade select, quelque chose comme le bois de Boulogne de l'endroit, est ainsi nommée parce qu'elle a forme d'un boyau coudé, dont les deux flanquées de leurs contre-allées, se soudent en un, rond-point où s'érige le kiosque.
C'est le paradis des mamans, qui viennent y affiler leurs langues, l'éden des jeunes filles qui y font, avec pudeur, de l'œil aux militaires, et des enfants, à cause des marchands de glace dont c'est le rendez-vous.
En semaine, elle est charmante d'ombre et de calme, adossée aux vieux remparts de la ville et dominant la campagne verte, parsemée de toits bleus, qui sont les villages voisins. Mais, contrairement au Créateur, si elle
se repose pendant six jours, le septième la voit en grand effort, bruyante et animée comme une ruche, roulant dans des flots de poussière et de feuilles pourries des mots méchants et des calomnies.
La province s'amuse ! Imaginez un rendez-vous de fauves sournois, se dévorant des yeux, sans oser s'attaquer en face. Voyez-les tourner en rond autour du kiosque, combiner leur inlassable va-et-vient dans les allées pour s'y croiser le plus de fois possible et échanger, au passage, des moues moqueuses et des regards empoisonnés. Ce sont l'aristocratie, la bourgeoisie et la classe ouvrière qui se coudoient, se jalousent et se méprisent. Ce sont les castes qui se froissent et ne se mélangent pas.
Cette foule roule des flots de fiel et d'amertume. Au son de l'aigre et maigre harmonie, elle échange avec délices des piqûres d'épingle et se mord avec ivresse. Quand, au bout d'une heure, elle s'écoulera, par les mêmes rues, pour se dévorer plus longtemps des yeux, plus d'un être sentira, dans son âme, saigner une blessure d'amour- propre. Une sourde rancune lui voilera le soleil et gâchera le reste de sa journée. Mais, pour rien au monde, personne ne manquerait au rendez-vous. Chaque dimanche, la lutte inavouée recommence.
Donc, c'était un beau dimanche, bleu et doré, un beau dimanche, vraiment, dans les cieux légers et les branches vertes, où les oiseaux babillent et se disent — qui sait ? — des injures. Les humains, sous les arbres, n'étaient pas en reste. Les dents commençaient à mordre, à même la manne des potins, recueillis durant la semaine.
Passant la barrière de bois, qui interdit aux voitures le parcours de la promenade, Prosper Mousseron apparut et se glissa dans la contre-allée de droite — celle de gauche étant plus spécialement réservée aux jeux turbulents de l'enfance. (...)
De temps à autre, derrière le tronc verdi d'un vieux tilleul, assez épais pour le cacher, il s'arrêtait.
Sa distraction était d'écouter les propos des dames de l'endroit, assises en cercle sur des chaises, dont une harpie, munie d'une sacoche de cuir, percevait le prix, en circulant entre les groupes.(...)

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Ven 1 Mar 2019 21:06
par JeanMarc
LAPALISSE - Le Jardin public et le Château
(ALLIER)
Le damoiseau Roger est le premier seigneur de La Palice, attesté en 1230, y possédant château et terres. En 1257, Guillaume de La Palice et son épouse Arembord de Chazeul lui succèdent...
... La seigneurie, le château et les terres de La Palice passent aux mains de Jeanne de Chastillon qui, après son mariage avec l'amiral de France, Louis de Culant, cède l'ensemble en 1429 à Charles de Bourbon, comte de Clermont. Ce dernier revend le tout l'année suivante, le 18 mars 1430, pour
six mille escus d'or vieilz à noble homme messire Jacques de Chabannes, chevalier, seigneur de Charluz († 1453), qui entre ainsi en possession des :
ville, Chastel, Chastellenie et terre de la Palice, avecques la justice hautes moyenne et basse, rentes, reddevances, coustumes, tailles, mortailles, hommes et femmes. sers, fiez, refiez, voes, rivières, eaues, garennes et toutes et chascunes seigneuries de maurs droitz, parties et appartenances d'icelle ville, chastel, terre et justice pour le prix de six mille escus d'or vieilz, de soixante-quatre au marc et mille escus d'or courans au temps de l'acquisicion.
La seigneurie de La Palice reste la possession de la famille de Chabannes jusqu'en 1595, époque à laquelle, faute de descendance mâle, la famille de la Guiche se trouve alliée aux Chabannes de La Palice.
Les fortifications du château sont pour la plupart arasées lors de cette période et un vaste parc à la française est aménagé, agrémenté de fontaines et sculptures.
A son tour la famille de La Guiche disparaît, l'ultime héritière étant rentrée dans les ordres en 1713, après avoir fait curieusement donation de tous ses biens à une certaine Geneviève de Lévis, épouse d'Hercule Mériadec, prince de Rohan-Soubise. Il est en effet étonnant que, lors de la prononciation des voeux de la fille La Guiche, les biens castral et foncier de La Palice n'aient pas été appréhendés par la communauté religieuse, comme la coutume l'exigeait depuis toujours...

Après plusieurs cessions successives, le domaine de La Palice est vendu en 1731 à François-Antoine de Chabannes (1686-1754), un descendant de la branche cadette de cette famille, lequel se marie en 1748 à Marie-Félicité du Plessis Chatillon. Celle-ci, née en 1723, sans descendant, est guillotinée le 26 juillet 1794 ; au préalable, elle avait légué en 1762 le domaine de La Palice à Jean-Frédéric de Chabannes (1762-1836), marquis de Curton, neveu de son mari François-Antoine, décédé.
En 1790, Jean-Frédéric de Chabannes-La Palice émigre à Constantinople ; tous ses biens de Lapalisse (à partir de cette date, la commune abandonne la dénomination La Palice) sont bien entendu saisis.
Une partie du domaine est alors allouée à la ville qui y installe sa mairie, la sous-préfecture et l'église paroissiale.
Jean-Frédéric de Chabannes, grâce à son lien de parenté par alliance avec Talleyrand, réussit, en 1802, à reprendre possession de ce qu'il reste de ses biens séquestrés, permettant ainsi à sa famille de garder ce patrimoine jusqu'à ce jour. Le château, qui a été occupé pendant cette période révolutionnaire, est dans un état complet de délabrement, les terres et le parc sont à l'abandon.
En 1851, si l'intérieur du château de La Palice offre encore des décors décrits comme
magnifiques, il n'en est pas de même de l'église qui est, quant à elle, complètement dévastée ; pour sa part, le parc, qui était autrefois planté de beaux arbres, est à présent ravagé depuis longtemps.

Plan de Lapalisse en 1829
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Dès 1858 la fanfare les Enfants de Lapalisse, vient égayer et animer les manifestations de la ville, participant en outre à de fréquents festivals notamment à Rive-de-Gier, à Mâcon ou encore à Saint-Etienne ; lors du concours musical stéphanois du 20 juillet 1862, la Société musicale de Lapalisse, classée en troisième division deuxième section des harmonies, dirigée par M. Seitz, obtient le deuxième prix du jury à l'unanimité avec des appréciations élogieuses : cette petite musique réunit d'excellentes conditions de justesse et d'exécution ; il serait à désirer pour elle que le nombre de ses musiciens puisse s'augmenter ; un exploit parmi les 62 formations instrumentales et les 48 orphéons inscrits à ce festival.
En 1884, le sous-chef de la fanfare de Lapalisse, M. Chaussée, désespérant de trouver un chef, passe une annonce le 1er novembre, dans le journal la Démocratie du Cher, précisant toutefois qu'il souhaiterait un
Chef ayant quelque fortune, lui promettant de bons appointements et une position assurée.

Lapalisse - Annonce du 1er novembre 1884 (journal la Démocratie du Cher) — L'Union Musicale de Lapalisse
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La fanfare municipale devient l'Union musicale en 1894 et continue de se présenter avec succès aux concours régionaux ou même internationaux (Genève en 1907), tout en assurant les concerts auprès du public lapalissois qui se déroulent principalement sous le Marché couvert ou dans la Salle des Fêtes de la mairie ; le lieu habituel des bals (en 1904) est situé chez M. Périchon, au pont de la Jalicote. A défaut de kiosque, une estrade est parfois édifiée sur la place de la mairie ou de celle du marché.

La nomination de Charles Rousset (1896-1979), maire de 1935 à 1944, va permettre aux lapalissois d'avoir enfin un Kiosque à musique, mais également, un jardin public.
La municipalité va tout d'abord acquérir auprès de la famille de Chabannes, propriétaire du Château et du Parc de la Palice, un emplacement d'environ trois hectares, tenant plutôt du terrain vague que du jardin paysager, situé en bout du parc castral, délimité d'un côté par le ruisseau du Bief qui se jette en deux points sur la rivière de la Besbre, et longeant de l'autre côté une anse de ladite rivière.

Lapalisse - Vue générale de la vallée de la Besbre et du château avant la création du jardin public — Le Château et la Besbre, emplacement du futur jardin public
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En 1936, Martial Faure-Laurent, architecte-paysagiste, co-dirigeant, avec son frère Louis, des Grandes Pépinières du Centre installées à Limoges, est chargé par la municipalité des plans relatifs à la création du nouveau Parc et de la construction du Kiosque à musique.
Le projet de Martial Faure-Laurent est réalisé de 1936 à 1938 : un jardin à l'anglaise, parcouru par des bassins en cascade alimentés par le ruisseau du Bief constitue la première partie du Parc ; il est attenant à une seconde partie aménagée à la française, comportant une série de pergolas constituée de piliers en béton ; au centre de cette seconde partie, cinq allées arborées et engazonnées convergent vers un rond-point où est édifié le Kiosque à musique.
Le Kiosque à musique, entièrement construit en béton, de forme octogonale,
dont le pourtour est délicieusement orné de lyres de verdure, est achevé en avril 1938.
Le Jardin public, considéré comme terminé dès le 15 mai 1938, les allées étant
bien sablées et l'ornementation à peu près au point, est inauguré une première fois, ainsi que le Kiosque à musique, le dimanche 22 mai 1938 : à cette occasion une fête-kermesse y est organisée avec de nombreuses attractions, buvette, dégustation, loteries, box-ball ; le Kiosque à musique accueille son premier concert donné, à 17 heures 30, par l'Union Musicale, dirigée par M. Munio, ex-artiste de la Garde Républicaine.

Lapalisse - Jardin public et Kiosque à musique
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En mars 1939, le jardin public sera très heureusement complété ce mois-ci par une passerelle en voie d'achèvement.
Le 17 et 18 juin 1939, une seconde inauguration du Jardin Public, plus d'un an après la première, est organisée avec tout le gratin préfectoral et politique : Adam, le préfet de l'Allier ; Lamoureux, député de l'Allier ; Beaumont, sénateur de l'Allier ; Vernay, sous-préfet de Lapalisse... Rien ne manque à cette fête : banquet, cavalcade avec dix grands chars, fête foraine, concerts sur le Kiosque à musique, retraite aux flambeaux...
Seul absent de marque à cette fête : le Ministre du Commerce Fernand Gentin. Celui-ci, qui était convié par la municipalité Lapalissoise, a préféré partir en Suisse ! Renseignements pris, un communiqué du 16 juin 1939 confirme effectivement l' « alibi » du ministre :
Paris le 16 juin. M. Fernand Gentin, ministre du Commerce, accompagné de MM. Vallat, directeur de son cabinet et Hervé Alphand, directeur des accords commerciaux, quittera Paris, demain soir pour la Suisse. M. Fernand Gentin visitera notamment l'Exposition nationale de Zurich et aura des entretiens avec de hautes personnalités suisses appartenant au commerce et à l'industrie. (journal Le Petit Troyen du 17 juin 1939)

Cette construction très tardive du Kiosque à musique de Lapalisse, ne peut pas tomber plus mal qu'en cette période troublée de 1939-1944. Il va sans dire que le kiosque va rester quasiment inactif pendant plus de six années.
Le jardin public a été doté de nombreux arbres remarquables constituant le parc Floral actuel : le Ginkgo ou arbre aux 40 écus, le faux Cyprès de Lawson doré, le Cèdre de l'Atlas pyramidal, le Cladrastis ou Virgilier à bois jaune, le Sapin de Douglas, le Liquidambar ou Copalme d'Amérique, le Tulipier de Viginie, le Pruche de l’ouest ou Tsuga californien, la Sapinette d'Orient, le Séquoia géant, le Cyprès de Lambert, le Pin Cembro...
Kiosque toujours en place.

voir ici Jardin Public et Kiosque à musique de Lapalisse, aujourd'hui.(1/4) (2/4) (3/4) (4/4)

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publié par Jean Marc Ven 1 Mar 2019 06:02

15 septembre 1886 — Concours musical de Lapalisse
— Les fêtes de Lapalisse ont dépassé toutes les espérances et la vieille cité n'avait jamais entendu de tels flots d'harmonie et ne s‘était jamais si bien parée pour recevoir ses hôtes.
Depuis la gare jusqu'à l'extrémité de la ville, sur la route du Donjon, sont dressés des arcs de triomphe : chaque rue a le sien, chaque quartier a rivalisé de zèle pour faire mieux que le quartier voisin.
Chaque arc de triomphe porte des devises appropriées à la circonstance :
Tous amis, tous unis ! — Vivent les Chorales ! — A nos hôtes ! — Doucement les trombones et ensemble les basses etc.
Les maisons disparaissent sous la verdure, les fleurs et les guirlandes ; l'habitation de M. Morel, maire, la sous-préfecture, l'Hôtel de ville, la maison de M. Méténier, notaire, méritent des mentions spéciales.
Les établissements publics, hôtels et cafés sont admirablement décorés et pavoisés, et l'on peut appliquer aux Lapalissois une des strophes de la célèbre chanson de celui qui a immortalisé sa ville par vérités :
Ils fuient assez les excès
Mais dans les cas importants
Quand ils se mettent en frais,
Ils se mettent en dépense.
Du concours proprement dit, nous n'en parlerons pas : le jury a accordé à chacun ce qui lui était du ; a récompensé tous les mérites et encouragé tous les efforts. Mais que de musique ! bon Dieu que de musique ! Une Société débouche des faubourgs, une autre vient du côté de la gare, une troisième de la route de Saint-Gérand, et se rencontrent avec celles qui montent de la place du Marché.
Il est trois heures, le défilé va commencer. Les Sociétés arrivent de toutes parts, et vont prendre rang sur la route du Donjon.
A trois heures et demie, le canon donne le signal du départ. Le coup d'oeil est féerique : on découvre, grâce à la déclivité de la route, les douze cents musiciens qui forment le cortège ; la foule est immense, et un soleil radieux fait étinceler les bannières chargées de palmes et de médailles, et les instruments de cuivre d'un luisant irréprochable.
Un piquet de gendarmes à cheval ouvre la marche. Tout se passe avec un ordre parfait. Chaque Société est saluée par des applaudissements, mais ce sont surtout les dames Lyonnaises qui sont l'objet de nombreuses et sympathiques ovations ; on les a littéralement couvertes de bouquets.
La distribution des récompenses a eu lieu plage du Marché, lieu parfaitement choisi. M. Cornil, président, a à ses côtés M. Préveraud, député, M. le sous-préfet, M. le receveur des finances, M. Morel, maire de Lapalisse et ses adjoints.
Sur l’estrade, nous remarquons MM. Bletterie, Drifford. Marchal, conseillers généraux ; Bourachot Edmund, conseiller d'arrondissement, les membres du conseil municipal de Lapalisse, de nombreux fonctionnaires, des représentants des journaux de Moulins et de Clermont.
Des dames charmantes, dont les ravissantes toilettes tranchent heureusement avec les sombres et peu gais habits noirs, ont également pris place sur l'estrade.
La séance est ouverte et la Fanfare de Cusset, musique d'honneur, joue la Marseillaise aux applaudissements de la foule.
Immédiatement après commence le concours d'honneur. La Laborieuse de Lyon dispute vaillamment le prix à la Fanfare stéphanoise. Mais les Enfants de Saint-Etienne enlèvent d’une façon supérieure leur morceau : Deuxième marche aux flambeaux de Meyerbeer, et finalement battent leurs voisins, les Lyonnais.
M. Cornil se lève et prononce une allocution qui est vivement applaudie.(...)

26 avril 1908 — Concert de l'Union Musicale dans la salle des fêtes de la mairie de Lapalisse
— Concert offert par l'Union Musicale, dirigée par M. Jeandel à ses membres honoraires le dimanche 26 avril 1908 dans la Salle des fêtes de la mairie. Programme :
Première partie : 1. Premier aveu, valse (Signard), Union musicale. — 2. Waterloo, diction (V. Hugo). — 3. Allegro de la 10e sonate (Haydn). — 4. Guillaume Tell, duo flûte et hautbois (Demersseman). — 5. Les deux aveugles, bouffonnerie musicale (Offenbach), entr'acte 10 minutes
Deuxième partie : 1. La Norma, duo (Bellini), Union musicale. — 2. Mélodie pour cor anglais (Clément Lenom). — 3. Les deux amis, tyrolienne du coucou (Chaillier). — 4. Solo de Hautbois (Verroust). — 5. Le Chalet, duo (Adam), Union musicale.
Bal immédiatement après le concert.

12 juillet 1936 — Festival musical de Lapalisse ; mille musiciens et 17 sociétés musicales
— La ville de Lapalisse a revêtu sa parure des grands jours, à l'occasion du Festival de Musique : guirlandes multicolores, drapeaux, arcs de triomphe, banderolles de bienvenue, accueillent les visiteurs.
Samedi soir, la fête s'était ouverte par une grandiose retraite aux flambeaux.
Dimanche matin, dès les premières heures, les sociétés musicales signalaient leur arrivée par de joyeux concerts improvisés.
Harmonies, fanfares, chorales, société de trompes, tambours et clairons, mandolinistes affrontèrent dès les premières heures, le tournoi artistique organisé à leur intention.
La pluie vint malheureusement troubler l'ordonnance des concerts prévus ; néanmoins la Chorale Universitaire exécuta deux chœurs très appréciés.
Après le déjeuner, les quelques mille musiciens des dix-sept sociétés participantes, se groupèrent rue Nationale, pour le défilé traditionnel. En tête du cortège, figurait un gracieux essaim de jeunes Lapallisoises, suivi de la Société musicale Lapalissoise, de la Société Musicale de Bellerives, de la Semeuse de Cusset, de l'Echo du Casino de Clermont-Ferrand, des Enfants de Chamalières, de l'Orphéon de Dessertines Marmignolles, de la Lyre d'Echassières, des Enfants d'Espinasse Vozelle, de la Chorale Montferrandaise, des Mandolinistes Montferrandais, des Enfants de la Dore-Puyguillaume, du groupe Dormand de Saint-Etienne, de l'Avenir de Thiers, de la Chorale mixte des Etablissements Jacob Holtzer d'Unieux, de l'Union Musicale de Saint-Ferran-de-Vaux.
A 15 heures, les sociétés se trouvaient massées place du quatorze juillet, devant la Sous-préfecture, où une estrade avait été dressée, et sur laquelle avait pris place : M. Bourbie, président du concours, Vernet sous-préfet, Rousset maire etc..
Sous la direction de M. Girardon, chef de musique de Lapalisse, tous les musiciens exécutèrent le brillant pas redoublé « Sur le Rhin », composé par M. Bourbie. Ce dernier prononça une allocution.
Puis le drapeau fédéral fut remis à M. Pierre Dulout, vice-président de la société musicale de Lapalisse, à laquelle la garde en est confiée jusqu'à l'année prochaine.

20 au 22 août 1937 — Concours Agricole de Lapalisse. Concerts de la Société musicale de Lapalisse
— Le concours agricole des 20, 21 et 22 août connaîtra un succès complet. Le programme des trois journées de ce concours a été définitivement établi comme suit :
Vendredi 20 août, à 8 heures, ouverture de l'Exposition industrielle et conmerciale, boulevard de l'Hôtel de ville, place du 14 juillet, Halle au Blé.
Samedi 21 août, à 8 heures : opérations du Jury du Concours industriel et commercial.
Place du Champ de foire : concours du Cheval de trait bourbonnais, organisé par le SECTB. Les opérations du jury commenceront à 8 heures.
A 21 heures : retraite aux flambeaux par la Société Musicale et la subdivision des Sapeurs-Pompiers. Illuminations de la ville.
Dimanche 22 août à 8 heures : opérations du Jury du Concours des animaux reproducteurs des espèæs bovine, ovine et porcine, et bœuf de trait.
A 10 h. 30, à l'Hôtel de Ville : réception de M. le Préfet de l'Allier et des parlementaires du départements. A 11 heures, visite officielle du concours.
A 18 heures, place du 14 juillet, concert par la Société Musicale.
A 19 heures, place du 14 juillet : distribution solennelle des récompenses, sous la présidence de M. le Préfet, avec le concours de la Société Musicale.
Fête foraine pendant la durée du concours.

Programme des fêtes de Lapalisse pour l'année 1938
— Comité des fêtes. — D'un calendrier artistique édité par ce comité, nous extrayons les indications suivantes sur les « Festes de Lapalisse », au cours de la présente année.
24 avril : concert-bal organisé par le Comité des fêtes, avec le concours de la Symphonie.
22 mai : Fête de printemps et Kermesse organisées par l'Association régionale d'éducation physique de Roanne, avec le concours de la municipalité.
26 juin : Matinée récréative organisée par l'Ecole de Musique.
13-14 juillet : Fête nationale ; réjouissances publiques.
17 juillet : Début de l'après-midi, grand meeting d’aviation, organisé par l'Aero-Club de Lapalisse.
Fin de l'après-midi, cavalcade dans les rues de la ville.
Le soir : grande fête bourbonnaise au Jardin public, organisée par le Comité des fêtes.
11-12 septembre : Fête patronale ; nombreuses réjouissances publiques et foraines.
Octobre : Bal de 1'Aéro-Club de Lapalisse.
Novembre : Bal du Comité des fêtes.
Décembre : Bal de l’Ecole de musique.

15 mai 1938 — Programme de l'inauguration du Kiosque à musique et du Jardin Public de Lapalisse
— Fête du printemps. Une fête-kermesse est en voie d'organisation par la société musicale pour le dimanche
22 mai prochain.
Elle aura lieu au Jardin public, dont la création vient d’être terminée et dont ce sera, en quelque sorte, l'inauguration. En voici le programme :
A 14 h. 30 : défilé en ville.
A 15 h., au parc, ouverture de la kermesse, au profit de l’Union musicale (entrée gratuite).
Concert, nombreuses attractions, buvette, dégustation, loteries, box-ball, etc.
A 17 h. 30, sur le kiosque, grand concert par l’Union Musicale :
1. Alsace-Lorraine, première représentation. (Ben Tayoux). — 2. Les deux Virtuoses, fantaisie-mazurka (J. de Nattes), pour clarinettes. Solistes MM. Liard et Beurrier. — 3. Les Cloches de Corneville, selection (R. Planquette). — 4 Printemps charmeur, valse chantée (Champel). — 5. Sans Peur. (J. Watelle).
A 21 heures, salle des fêtes de l'hôtel de ville : grand bal, brillant orchestre.
Prix d'entrée : dames, 1 fr, ; messieurs, 4 fr. ; couples, 3 fr.

22 mai 1938 — Inauguration du Kiosque à musique et du Jardin Public de Lapalisse
La fête du printemps. — Malgré le temps maussade froid et pluvieux, la fête organisée par l'Union Musicale a eu une certaine vogue durant une partie de la soirée au Jardin public, dont les allées sont bien sablées et l'ornementation à peu près au point.
A 14 h. 30, la musique procède à un brillant défilé en Ville pour annoncer la fête. A 15 heures, la kermesse s'est ouverte dans un des jolis coins du parc. Une accalmie de la pluie permit aux spectateurs de se rendre nombreux aux divers stands organisés. De gracieuses jeunes filles offraient des insignes à tous les visiteurs qui les acceptaient avec générosité. Les loteries et les jeux d'adresse eurent une bonne clientèle grâce aux annonceurs affairés et comiques qui savaient placer tous leurs billets. D'ailleurs les lots attrayants et nombreux furent les gagnants qui, joyeusement, emportaient leur gain : pigeons bouteilles de bon vin, etc.
A 17 h. 30, les musiciens prirent place sous le nouveau kiosque, tout en ciment armé et dont le pourtour est délicieusement orné de lyres de verdure. Un magnifique concert fut exécuté sous l’habile direction du chef, M. Munio, ex-artiste de la Garde Républicaine.
Les deux clarinettistes Liard et Beurrier, réussirent bien leurs parties difficiles à interpréter ; « Les Cloches de
Corneille », la valse chantée « Printemps charmeur », les pas redoublés furent vivement applaudis. C'est dommage que la pluie ait gêné cette audition de choix.
Après le concert, la fête se prolongea jusqu’à l’heure du dîner. Tous les stands firent quand même bonne recette.
A 21 heures, le public entra dans la salle des fêtes de l'Hôtel de Ville où l'orchestre de M. Liard père donna le signal du bal. Danseurs et danseuses s'en donnèrent à cœur joie jusqu'à une heure avancée de la nuit, dans une franche gaîté.
A minuit, une agréable surprise fut réservée aux assistants : de nombreux lots furent tirés et distribués aux gagnants.
Excellente journée pour l'Union Musicale dont la prospérité est due à l'esprit fraternel qui règne parmi ses membres et à l'activité et au dévouement de ses dirigeants.

Lapalisse - Jardin public, kiosque et château — Vue aérienne du Jardin public et du Kiosque à musique
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14 juillet 1938 — Fête Nationale de Lapalisse. Concerts de l'Union musicale place du 14 juillet et salle des fêtes
— Programme. Mercredi 13, à 18 heures, salves d'artillerie annonçant la fête ; à 21 heures, retraite aux flambeaux par l'Union Musicale et la subdivision des Sapeurs-pompiers.
Jeudi 14 : A 6 heures, salves d'artillerie. A 10 heures, distribution de secours à la Mairie.
A 15 heures, avenue de la Gare, course à la valise.
A 16 heures, place du Marché, pêche aux oranges, nombreux prix.
A 21 heures, place du 14 juillet, brillant feu d'artifice pendant lequel la Société musicale donnera un concert.
Après le feu d'artifice, salle des fêtes de la Mairie, grand bal gratuit.

10 juin 1939 — En vue de l'inauguration officielle du Jardin public, le préfet fait supprimer les affiches publicitaires trop voyantes
— Le préfet de l'Allier, M. Adam, vient de prendre un arrêté fort opportun, aux termes duquel le joli château de Lapalisse sera débarrassé des immenses affiches publicitaires apposées sur un immeuble sis au premier plan du château. Voilà un arrêté qui deviendrait une circulaire pour le plus grand bien du tourisme français.

Cette mesure, prise le 7 avril 1939 par Louis Nicolas Henri Adam, préfet de l'Allier, interdit tout affichage par panneaux réclames de plus d'un mètre carré, dans un périmètre de 500 mètres autour du château. Elle fait suite à une demande du président du syndicat d'initiative de Lapalisse :
« Notre château, qui est la principale parure de notre petite ville, est défiguré par deux immenses affiches apposées sur un immeuble au premier plan du château. Les nombreux automobilistes et touristes visitant notre ville et qui prennent des clichés sont indignés de cette publicité intempestive... »

17 et 18 juin 1939 — Programme de l'Inauguration officielle du Jardin Public de Lapalisse (une première inauguration ayant eu lieu un an avant, le 22 mai 1938)
— Les fêtes des 17 et 18 juin. Ainsi que nous l’avons annoncé dans le récent compte rendu de la séance du
Conseil municipal, c'est le 18 juin prochain qu'aura lieu l'inauguration officielle du Jardin Public, de la Passerelle et des Ecoles, en présence d'un Ministre et de nombreux parlementaires.
Voici brièvement le programme de ces manifestations :
Le 17 au soir, illuminations des rues principales ; retraite aux flambeaux par l'Union Musicale et le corps des Sapeurs-pompiers ; fête foraine au Faubourg.
Le 18 juin, dans la matinée, réception des autorités, inauguration et visite. A midi, banquet. L'après-midi, défilé de chars fleuris, distribution de bannières. Le soir, illuminations, concert au kiosque du Jardin public par l'Union Musicale ; fête foraine au Faubourg.
Pour compléter les décorations prévues, il est demandé à toutes les personnes demeurant sur les principales artères de la Ville de bien vouloir contribuer à la réussite de cette fête, en fleurissant leur façade.
Enfin, à l'occasion du défilé de chars fleuris, le Comité des fêtes qui est chargé de l'organisation, fait appel à toutes les bonnes volontés afin qu'auprès des dix grands chars montés par les principales sociétés de la ville, figurent de nombreuses réalisations dues à l'initiative privée : chars décorés, automobiles et bicyclettes fleuries, cavaliers travestis, etc…
Pour participer au défilé et à la distribution de bannières, se faire inscrire avant le 10 juin. Pour figurer sur les affiches-programmes, se faire inscrire avant le 1er juin, chez M. Bénigot, boucher et à l'Hôtel de l'Ecu.

14 juillet 1939 — Programme de la Fête nationale. Concerts sur le Kiosque à musique du Jardin Public
— La fête Nnionale. Voici le programme de la Fête Nationale du 14 juillet tel qu'il vient d'être arrêté par les
Commissions municipales et le Comité qui s'est constitué en vue de la commémoration du 150e anniversaire de la Révolution :
Jeudi 13. — A 18 heures, salves d’artillerie annonçant la fête ; 21 h., retraite aux flambeaux par l'Union Musicale et la Subdivision des sapeurs-pompiers.
Vendredi 14. — A 6 heures, nouvelles salves d'artillerie. A 10 heures, à la mairie, distribution de secours.
A 11 heures, place du 14 juillet, dépôt par le Comité d'organisation d'une gerbe au Monument des victimes du
Coup d’Etat du 2 décembre 1851.
A 14 h. 45, à l'Ecole communale de filles, formation d'un cortège comprenant les autorités locales, les enfants des Ecoles communales, l'Union Musicale et toutes les personnes qui voudront bien s'y joindre.
A 15 heures. — Départ du cortège. Itinéraire : avenue de la Gare. Monument aux morts (dépôt d’une gerbe), rue Nationale, route de Saint-Prix.
Au Jardin public :
Première partie : à 15 h. 15, au kiosque : 1. Sambre et Meuse par l'Union musicale, directeur M. Munio. — 2. Salut à la République (Méhul), chœur par les Elèves de l'Ecole de filles, directrice Mme Papon. — 3. Mouvements d’ensemble par les Elèves de l'Ecole de garçons, directeur M. Parillaud. — 4. Allocution de M. Charles Rousset, maire. — 5. Plantation d'un Arbre de la Liberté. — 6. La Marseillaise par l’Union musicale.
Deuxième partie. — 1. Le Chant du Départ (Méhul), par l'Union Musicale. — 2. Au jeune Citoyen (Gossec) chœur par les élèves de l'Ecole de garçons. — 3. Mouvements d‘ensemble par les élèves de l'Ecole de filles. — 4. La Marseillaise, chantée par les enfants des Ecoles, avec accompagnement de musique.
A 21 heures, place du 14 Juillet : brillant feu d'artifice, pendant lequel l'Union Musicale se fera entendre.
Après le feu d’artifice, salle des Fêtes de l'Hôtel de Ville, bal gratuit.

14 juillet 1939 — Compte rendu de la fête nationale de Lapalisse au Jardin Public
— Le programme de l'après-midi comprenait une innovation à laquelle le public devait réserver un accueil des plus chaleureux : une fête au jardin public, dont le cadre se prêtait merveilleusement à cette manifestation populaire.
Dès 3 heures, un cortège se formait à l'Ecole de Filles, offrant le plus pittoresque coup d'œil par sa féerie de couleurs tricolores, harmonieusement disposées. En tête, la masse sombre de l'Union Musicale, suivie d'un essaim de fillettes en blanc, ayant dans les cheveux, des cocardes bleues pour les unes, blanches pour les autres et rouges pour les dernières. Ensuite venaient la belle cohorte des jeunes filles du cours complémentaire : vêtues des couleurs nationales entourant une sculpturale Marianne, de blanc vêtue, la poitrine barrée du ruban tricolore et coiffée du bonnet phrygien. Suivaient la phalange des jeunes gymnastes de l'Ecole de garçons, culotte courte, maillot blanc.
Derrière, prirent place les autorités et personnes déjà citées, auxquelles s'étaient joint M. Lhéritier, inspecteur de l'Enseignement primaire, au son d'une marche de circonstance, le cortège, suivi d'une grande foule, se rendit au jardin public, non sans avoir, en passant, déposé au monument aux Morts de la guerre, des fleurs remises par une fillette à M. le sous-préfet.
Au jardin, la fête consistait en des chants de la Révolution par les enfants, des airs patriotiques joués par la Musique et des mouvements d'ensemble qu'exécutèrent à tour de rôle et avec beaucoup de brio, garçons et filles, sur une des vastes pelouses du jardin.
Au cours de la cérémonie, M. Charles Rousset, maire, prononça une belle allocution.
Ce discours fut suivi de la lecture par M. Parillaud, directeur de l'Ecole, de la Déclaration des Droits de l’Homme.
Les autorités et le public se rendirent ensuite dans un des parterres du jardin afin d'assister à la plantation d’un arbre de la Liberté. M. Vernay, sous-préfet et M. Rousset, maire, jetèrent dans la tranchée, la première pelletée de terre et, après une minute de recueillement à la mémoire de ceux qui tombèrent au cours de la période révolutionnaire, retentit l'hymne national joué par la Musique et écouté dans un silence impressionnant.
La fête se termina par une apothéose. Le gracieux essaim tricolore des jeunes filles du Cours complémentaire, groupés autour de « Marianne », exécutèrent de jolis mouvements qui s'achevèrent sur la pelouse verte, dans la plus seduisante des cocardes.
Une dernière fois « La Marseillaise » retentit, chantée cette fois, par l'ensemble des élèves.
Le soir, la nuit venue le public, toujours friand de spectacles pyrotechniques, se pressait fort nombreux sur la place du 14 juillet où se tirent par tradition, tous les feux d'artifice. Il put apprécier les fantaisies lumineuses de la maison Gérin, en même temps qu'un fort joli concert de l'Union Musicale.
Un grand bal public, offert par la ville, dans la salle des fêtes de la Mairie, clôtura cette journée républicaine et nationale.

Lapalisse - Vue générale, Jardin public, Kiosque et Château
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3 juin 1948 — Concert de l'Union Musicale sur le Kiosque du Jardin public (remis au 10 juin)
— L'Union Musicale donnera son premier concert le jeudi 3 juin, à 21 heures, au jardin public. Voici le programme :
1. Pan Pan l'Arbi, défilé (Péricat). — 2. La Reine tragique, ouverture (H. Staz). — 3. Air de ballet de la Statue, fantaisie (L. Mayeur). — 4. Océana, valse (Popy). — 5. La fille du régiment, défilé (Donizetti).
En cas de mauvais temps, le concert à une date ultérieure.
— L'inclémence du temps n'a pas permis, jeudi dernier 3 juin, d'exécuter, au kiosque du jardin public, le programme prévu. Jeudi prochain, 10 juin, les Lapalissois sont priés de se rendre nombreux pour l'audition de ce programme qui comportera les morceaux annoncés dans la presse la semaine dernière.

17 juin 1948 — Concert de la Symphone au Jardin public de Lapalisse
— Jeudi 17 juin, la Symphonie exécutera, au jardin public, le programme suivant :
Jockey's Club, marche (R. Citerne). — Mireille, sélection (Gounod). — Petite reine, gavotte (F. Audran). — Messidor, entr'acte symphonique (A. Bruneau). — La Veuve Joyeuse, grande valse (F. Lehar).


L'Union Musicale sur le Kiosque à musique de Lapalisse (1/3) (2/3) (3/3)

Une seule formation musicale active à Lapalisse en 1909 : l'Union Musicale (fanfare), fondée en 1866, présidée par Baudon, dirigée par Jeandel avec 25 exécutants.

Re: Kiosques à Musique

MessagePosté: Lun 4 Mar 2019 15:10
par JeanMarc
LARDENNE - Place des Écoles
(HAUTE GARONNE)
Lardenne, qui faisait partie du gardiage de Toulouse, devenu, en 1790, une commune à part entière, rebaptisé, en 1793, du nom de Vendémiaire, reprend l'année suivante son ancienne dénomination et son appartenance à Toulouse. (1)
Situé à l'ouest toulousain, rive gauche de la Garonne, en limite de la commune de Tournefeuille, le village de Lardenne ne compte, en 1839, que 400 habitants.

Carte d'état major de Lardenne en 1860 et plan d'ensemble de Toulouse
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La première formation musicale de ce hameau, l'Orphéon de Lardenne, fondé en 1862, acquiert au fil des années une belle notoriété. Cette chorale qui participe à de nombreux festivals et concours, est secondée par une Fanfare dite l'Union harmonique en 1905.
On voit ainsi Orphéon et Harmonie lardennais obtenir prix et récompenses : l'Orphéon à Foix en juillet 1902, à Toulon en avril 1905 (2e prix lecture à vue, médaille en argent), à Gaillac en juillet 1914 (1er prix lecture, 1er exécution et 2e d'honneur) ; l'Harmonie à Salies-du-Salat en juillet 1905, dirigée par M. Grimaud (1er prix de lecture à vue avec félicitations du jury, 1er prix d'exécution, 1er prix d'honneur), en octobre 1908 au festival de Toulouse, en juin 1911 au concours de Dax...

Le quartier de Lardenne qui, en dehors de son église Saint-Michel, est très modeste quant à ses équipements, va se développer le long de la route de Plaisance-du-Touch qui devient l'Avenue de Lardenne.
Alors que la municipalité toulousaine envisage en 1899, de faire construire trois groupes scolaires à Lardenne, à Saint-Simon et à Lafourguette, ces deux derniers sont immédiatement commencés après adjudication des travaux. Les habitants de Lardenne ne voyant rien venir, adressent une pétition, le 7 février 1900, à M. Bacquié, rapporteur, qui transmet leurs doléances au conseil municipal, afin d'
obtenir que le groupe scolaire soit construit au centre de ce quartier.
La réponse ne se fait pas attendre : le 7 mars 1900, la municipalité toulousaine publie un avis des adjudications qui auront lieu le 21 mars suivant, sur soumissions timbrées et cachetées. Les travaux de construction du groupe scolaire de Lardenne seront répartis en 7 lots adjugés séparément.
Ces écoles seront édifiées sur une zone cultivable inoccupée, près du Rond-Point de Lardenne qui, lui, est situé au bout de l'avenue éponyme.
Le résultat de l'adjudication est connu le 21 mars 1900. Les travaux sont attribués comme suit :
1er lot. — Terrassements et maçonneries. Montant du lot, 36.518 fr. 22, adjugé à MM. Jany et Besse, moyennant un rabais de 1% ;
2me lot. — Charpente. Montant du lot. 26.147 fr. 03, adjugé à M. Antoine Deville, moyennant un rabais de 15% ;
3me lot. — Couverture et zinguerie. Montant du lot, 7.335 fr. 25, adjugé à M.. Alphonse Berjeaut, moyennant un rabais de 29,35% ;
4me lot. — Plâtrerie. Montant du lot, 6.189 fr. 71, adjugé à M. Alexandre Cardaillac, moyennant un rabais de 0,50% ;
5me lot. — Menuiserie. Montant du lot, 7.982 fr. 52, adjugé à M. Dominique Lafont, moyennant un rabais de 1,75% ;
6me lot. — Serrurerie et quincaillerie. Montant du lot, 5.495 fr. 01, adjugé à M. Marius Bacalerie, moyennant un rabais de 11,25% ;
7me lot. — Peinture et vitrerie. Montant du lot, 2.527 fr. 92, adjugé à M. Alexandre Gauret, moyennant un rabais de 26,15%.

Le Conseil général d'Haute Garonne annonce, en avril 1902, que les banlieues n'ont pas été négligées et qu'il a eu le plaisir d'inaugurer trois groupes scolaires, à Lardenne, Saint-Simon, et Lafourguette, ainsi qu'une école maternelle dans le quartier des Trois-Cocus.
En mai 1926, le groupe scolaire de Lardenne est fréquenté par 62 garçons, 42 filles et 38 petits.

Lardenne - Groupe Scolaire, future place des Ecoles et du Kiosque à musique
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Lors du traditionnel banquet de la fête de la Sainte-Cécile, organisé le dimanche 23 novembre 1924, les musiciens de l'Orphéon et de l'Harmonie de Lardenne décident que, Toulouse ayant son kiosque à musique sur le Grand-Rond depuis trente ans, le quartier de Lardenne devrait également posséder le sien.
Un comité est constitué pour monter le projet de l'édification de ce kiosque, sur la place des Ecoles, face au groupe scolaire lardennais, près du terminus du tramway venant de Toulouse.
Une souscription auprès des lardennais est lancée le 4 mars 1925 afin de récolter les fonds nécessaires à cette construction :
les propriétaires et habitants de Lardenne sont priés de vouloir bien retourner avant le 15 mars courant, au siège du comité, à l'école de garçons, les listes de souscription, dûment complétées, qui leur ont été adressées. Passé la date ci-dessus indiquée, des délégués accrédités se présenteront à domicile pour retirer les listes et encaisser les fonds.
Dans le même temps, le comité, sachant que les souscriptions resteront insuffisantes, contacte la municipalité de Toulouse. Celle-ci, le 11 mars 1925, fait adopter le budget 1925 qui, dans son chapitre II dit des dépenses extraordinaires (section première de l'amélioration du domaine communal, article 4ter), octroie un crédit de dix mille francs pour l'édification du Kiosque à musique à Lardenne, correspondant uniquement à la part de la ville. Une goutte d'eau en regard de ce chapitre de dépenses qui s'élève à 526.000 francs...
Après que l'architecte toulousain, M. Millos, ait établi les plans et devis, les membres du Comité du kiosque de Lardenne, accompagnés des souscripteurs, se réunissent à l'école des garçons, le 4 octobre 1925, afin de mettre en adjudication les travaux, lesquels seront attribués aux entreprises Colombine, Cluzel et Delaux.

L'inauguration du Kiosque à musique a lieu le dimanche 4 juillet 1926, en présence du maire de Toulouse, Etienne Billières, des sociétés musicales les Enfants de Saint-Cyprien, la Saint-Hubert de Plaisance-du-Touch, l'Orphéon mixte de Lardenne, l'Harmonie lardennaise et d'une foule intense.
De forme hexagonale, le kiosque est construit sur un soubassement de briques et de pierres, son garde corps est en fer, ses piliers en poutrelles d'acier supportent sa toiture recouverte de tuiles.

La place des Ecoles, sur laquelle on s'entraînait de temps à autre au basket comme l'atteste la présence d'un panier sur des clichés, est devenue la place Jacques Sauvegrain. Le groupe scolaire, transféré dans des locaux chemin de Rocamadour, a été transformé en mairie de quartier et bureau de poste.
Depuis le 18 décembre 2009, Lardenne est classé dans le secteur 6 Toulouse-Ouest, dans le quartier Lardenne - Les Pradettes - Basso Cambo, un des vingt-deux quartiers toulousains.
Kiosque toujours en place.

voir ici, Place Jacques Sauvegrain (ex-place des Ecoles) et son Kiosque à musique, aujourd'hui. (1/4) (2/4) (3/4) (4/4)

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publié par Jean Marc Lun 4 Mar 2019 7:45

11 octobre 1868 — L'Orphéon de Lardenne en concert alterné avec Mlle Pradal
— L'écho d'un concert, où l'Orphéon de Lardenne alternait avec de véritables artistes, nous est apporté par le Progrès libéral : « On se rappelle avec plaisir avoir entendu, pendant une période de trois années, Mlle Pradal sur la scène du Capitole, dit ce journal, et l’on a souvent regretté depuis qu’elle n'ait pas voulu se décider à venir briguer de nouveau nos applaudissements et nos Couronnes. Nous avons entendu Mlle Pradal au concert de dimanche, et nous avons retrouvé dans cette artiste la fraîcheur et la souplesse de la voix que nous avions goûtées jadis. Parmi les différents morceaux chantés par Mlle Pradel, nous avons remarqué la Femme, romance de notre compatriote Albert de Runs. Ce jeune compositeur, avantageusement connu du public toulousain, a obtenu un nouveau succès, et les applaudissements de l’assemblée s'adressaient aussi bien à lui qu'à son gracieux interprète. » (journal La Comédie)

23 septembre 1876 — Concert de l'Orphéon à Lardenne, fête "intime" de cinq cents personnes
— Concert de Lardenne. — Chaque banlieue de Toulouse, comme chaque village du Languedoc, entretient un orphéon ou tout au moins une fanfare. Lardenne, joli village à 4 kilomètres de Toulouse, ne fait pas exception à la règle et possède une excellente Société chorale, huit fois couronnée depuis 1862 et qui vient de remporter une médaille d'or au concours de Pamiers. A leur retour, MM. les musiciens ont voulu donner un concert où ils ont chanté les morceaux qui leur ont valu ce prix d'honneur.
M. Rivet, l'excellent professeur de déclamation du Conservatoire et qui possède à Lardenne un magnifique bien de campagne, avait bien voulu se charger de dresser le programme de cette fête intime, qui avait attiré plus de cinq cents personnes ; c'est ce qui explique la présence des principaux élèves du Conservatoire qui donnaient à cette réunion un cachet artistique tout particulier. Deux jeunes artistes, qui n'ont pas assez été remarqués, MM. Jules Chalande et Henri Passerieu, ont fait preuve d'un talent peu habituel à leur âge. Ce dernier surtout a montré des dispositions scéniques peu communes et qui lui assurent un brillant avenir : grande sobriété de gestes, voix fort retentissante, figure impressionnable, belle stature, excellente diction, telles sont les qualités qui caractérisent ce jeune artiste, qui fait le plus grand honneur à M. Rivet, son professeur.
Quant à M. Chalande, je m'abstiens de vous en parler, puisqu'il doit aller, au mois d'octobre prochain, concourir au Conservatoire de Paris.
On a surtout applaudi Mmes Pague, Arnal et Prieur, ainsi que MM. Mauras et Plancade. On a beaucoup remarqué la présence d'une cinquantaine d'étudiants, élèves de la fameuse institution Ventre, qui n'ont pas ménagé les applaudissements et les bravos. Nous pouvons aussi signaler MM. Ivanoff-Planteur et Le-Puceau-de-Tarennac, qui ont produit une certaine sensation. (Le Monde artiste 23 septembre 1876)

26 août 1912 — Fête du cinquantenaire de l'Orphéon de Lardenne
— Toulouse. Au banquet qui clôtura la fête du cinquantenaire de l'Orphéon de Lardenne, M. Laurent Luigini, président du jury du concours individuel organisé à cette occasion, prit la parole et pria la municipalité toulousaine d'appuyer, tant moralement que financièrement, l'organisation d'un grand concours international à Toulouse, en 1913.
Le maire de Toulouse, M. Rieux, présent à ce banquet, répondit en donnant l'assurance qu'il serait fait droit à ce vœu qui intéresse à la fois les arts et le commerce toulousains.
Cette fête aura lieu en mai ou juin 1913.

8 octobre 1922 — Faute de kiosque à musique l'Harmonie de Lardenne donne ses concerts au Café du Commerce
— Harmonie de Lardenne. La société instrumentale de la coquette banlieue de Lardenne offrira dimanche 8 courant, à 3 heures de l'après-midi, au siège social, Café du Commerce, un grand concert à ses bienfaiteurs et membre honoraires. L'harmonie exécutera les meilleurs morceaux de son répertoire sous la baguette autorisée de son directeur, M. Ch. Cadaux.
Le soir, une grande soirée dansante sera offerte à la jeunesse de Lardenne dans la salle Authié.

16 décembre 1923 — Fête de la Sainte-Cécile à Lardenne, concert de l'Orphéon
— Lardenne. Orphéon mixte. Cette société célébrera demain dimanche 16 décembre la fête de la Sainte-Cécile. Programme : à 10 heures 30, en l'église de Lardenne, grand-messe avec le gracieux concours de l'Harmonie de Lardenne :
l. L'Arlésienne, intermezzo de Bizet, par l'Harmonie. — 2. Kyrie et Gloria de J. Baysset, par l'Orphéon mixte. — 3. Panis Angelicus de Franc, solo par Mme Capella. — 4. Coecilia de Camille de Voss, par l'Orphéon et l’Harmonie. — 5. Hosannah de Granier, solo par X. sociétaire. — 6. Andante en l'honneur de la Sainte-Cécile de J. Basset. — 7. Le prophète de Meyerbeer, par l'Harmonie.
A midi, banquet au Restaurant Brousse-Forestier.
A 21 h., dans la même salle brillante, soirée dansante offerte à la jeunesse et à la population de Lardenne, avec un brillant orchestre qui sera tenu par l’Harmonie.


12 octobre 1924 — Concert annuel de l'Orphéon mixte de Lardenne
— Orphéon mixte. Aujourd'hui dimanche, à 15 heures, l'Orphéon de Lardenne célèbre son concert annuel, salle Brousse-Forestier.
A 21 heures, brillante soirée dansante avec le gracieux concours de l'Harmonie.
Cette société a l'honneur de faire part aux danseurs que le bal de l'après-midi n'aura pas lieu aujourd'hui, en raison de ce concert.

23 novembre 1924 — La Salle Brousse-Forestié de Lardenne est très sollicitée
— Orphéon mite. Répétitions d'ensemble jeudi 20 novembre à 8 heures 30, salle Brousse Forestié.
Fête de la Sainte-Cécile dimanche 23 novembre.
— La Violette, société de danse, fait part aux charmants danseurs que le bal de l'après-midi n'aura pas lieu salle Brousse Forestié dimanche 23, l'Orphéon de Lardenne célébrant la fête de la Sainte-Cécile dans cette salle. Le soir, à 21 heures, brillante soirée dansante offerte par l'Orphéon avec le gracieux concours de l'Harmonie de Lardenne.


Lardenne - Le Café du Commerce, point de ralliement de l'Orphéon et de l'Harmonie de Lardenne — Les Ecoles
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2 juillet 1925 — En dépit de l'absence du kiosque à musique, en attente d'édification, l'Harmonie se produit sur la place des Ecoles
— Concert. Bien que le kiosque à musique n'ait pu — pour des raisons auxquelles le Comité est absolument étranger — être édifié en temps utile, les concerts d’été vont néanmoins commencer. Ils se continueront pendant toute la saison.
L'Harmonie se fera entendre jeudi 2 courant, à 21 heures, sur la place des Ecoles, brillamment éclairée avec le programme suivant :
El Matador, marche espagnole. — Le Petit Duc, fantaisie sur l'Opéra-Comique de Lecoq. — Loin du bal, valse. — Echos du midi, mosaïque. — Cœur de Jeannette, valse.


20 et 21 août 1925 — Tous les ans, l'Harmonie de Lardenne et l'Orphéon mixte éponyme sollicitent et obtiennent auprès de la municipalité toulousaine, une subvention
— Séance du Conseil municipal.
Au nom de la Commission des Finances, M. Escaich donne lecture du rapport suivant :
Messieurs,
Par lettre, en date du 20 août 1925, la société musicale « Harmonie de Lardenne», sollicite le renouvellement, pour l'année 1925, de la subvention de 400 fr. qui lui fut accordée par délibération du 25 juillet 1924.
J'ai l'honneur, Messieurs, de vous proposer de prendre la délibération suivante :
Article unique. — Une subvention de quatre cents francs est accordée à l'Harmonie de Lardenne. Cette somme sera prélevée sur le crédit inscrit au budget de 1925 pour « dépenses imprévues ». Les conclusions du rapport sont adoptées.
— Séance du Conseil municipal
Au nom de la Commission des Finances, M. Escaich présente le rapport suivant :
Messieurs,
Par lettre, en date du 21 août 1925, l'Orphéon mixte de Lardenne sollicite le renouvellement, pour l'année 1925, de la subvention de 400 francs qui lui fut accordée par délibération du 8 octobre 1924.
J'ai l'honneur, Messieurs, de vous proposer de prendre la délibération suivante :
Article unique. — Une subvention de 400 francs est accordée à l'Orphéon Mixte de Lardenne. Cette somme sera prélevée sur le crédit inscrit au budget de 1925 pour « dépenses imprévues ».
M. le Maire. — J'ajouterai, pour « l'Harmonie de Lardenne » et « l'Orphéon mixte de Lardenne », que le Conseil municipal émet le vœu que ces deux groupements artistiques s'entendent pour organiser ensemble des concerts qui donneront aux habitants de Lardenne, lorsque le kiosque à musique aura été établi, l'illusion d'assister â un concert, au Grand-Rond.
Les conclusions du rapport sont adoptées.

27 juin 1926 — Programme de l'Inauguration du Kiosque de Musique du 4 juillet
— Le kiosque de musique, érigé par souscription, à Lardenne, sur la place des Ecoles, grâce au précieux appoint d'une subvention de la ville, sera inauguré dimanche prochain 4 juillet, à 14 h, 30, par M. le maire Billières, citoyen de Lardenne.
Après la remise du monument à la ville, un concert des plus brillants, donné par les sociétés locales, l'Orphéon et l'Harmonie, avec le précieux appoint de la Société la Saint-Hubert (trompes de chasse) de Plaisance-du-Touch et d'une phalange d'artistes lyriques rassemblés par M. Carrie, directeur du Théâtre du Capitole, charmera les nombreux auditeurs.
Des places assises seront réservées aux souscripteurs et bienfaiteurs de l'oeuvre, sur la présentation de la carte qui leur a été remise. On peut encore s'inscrire aux sièges des deux sociétés ou à l'école de garçons.
Le soir, à 9 heures, un grand bal par l'Harmonie sera offert sur la place, brillamment éclairée à l'électricité, à la population lardennaise ainsi qu'aux Toulousains et étrangers qui accourront en foule, un service intensif et prolongé de tramways étant organisé en cette circonstance.
Nous publierons ultérieurement le programme détaillé du concert. Réclamer partout, à Lardenne, des billets de la souscription-tombola à 1 franc, émise à l'occasion de l'inauguration du kiosque.

Programme détaillé du concert d'inauguration du Kiosque à musique
— Voici le programme du concert, qui sera donné demain dimanche 4 juillet, à 14 h. 30 après la remise du monument à la Ville de Toulouse en la personne de M. le maire Billières, citoyen de Lardenne :
La Saint-Hubert de Plaisance (Directeur M. Bénech) : — Un jour de Chasse (Cautin). — Tableau Champêtre (Gadenne). — Noël des Chasseurs (Jobard), solistes : MM. Labatut et Cassagne. — Rambouillet (Andrieu).
L'Orphéon de Lardenne (Directeur, M. Thurines) : — Toulouse ! (J. Guilhot) ; Salut aux Vosges (P. Vidal) ; Le Gave (A. Kunc) ; La Toulousaine (Deffès), accompagnée par l'Harmonie.
L'Harmonie de Lardenne (Directeur M. Cadaux) : — Boccace marche (F. de Suppé). — Echos du Midi (Kelsen). — Mireille fantaisie (Gounod). — O Belles Montagnes (Petit), soliste : M. Durrieu. — Estelle, valse (G. Théret).
Chanteurs :
— Mme Gardy, du Théâtre du Capitole : Les Noces de Jeannette, air du Rossignol (V. Massé) ; Manon, duo (Massenet) ; Carmen, air des contrebandiers (Bizet).
— M. Deldy, baryton de grand opéra : Mireille couplets d'Orias (Gounod) ; Messaline, air (J. de Lama).
— M. Collard, du Théâtre du Capitole : Manon, acte de Saint-Sulpice (Massenet) ; Werther, hymne de la nature (Massenet). Quand tu souris, mélodie (Ploerec-Mautas).
Le soir à 9 heures, grand bal autour du kiosque donné par l'Harmonie de Lardenne, sur la place brillamment éclairée à l'électricité.

Lardenne - Kiosque à musique sur la Place des Ecoles
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13 juillet 1926 — Compte rendu de l'inauguration du Kiosque à musique de Lardenne, donné par le conseil municipal toulousain.
— Depuis quelques jours on voyait s'élever, sur la place des Ecoles de Lardenne, au point terminus des tramways, un kiosque à musique tout flambant neuf qui avait l'air d'un bijou serti dans un beau cadre de verdure.
Cet édifice, dû au talent de M. Millos, architecte de la ville de Toulouse, fut inauguré le 4 juillet, au milieu d'une énorme affluence.
Le cortège officiel, qui se rassembla à 14 h. 30 devant l'église, était composé : de la Société des Enfants de Saint-Cyprien, de la Société de cors de chasse la Saint-Hubert de Plaisance-du-Touch, de l'Orphéon mixte de Lardenne, ainsi que de l'Harmonie de cette localité. Derrière ces sociétés viennent M. Laporte, président du Comité des fêtes, et le citoyen Billières, maire de Toulouse.
Remarqué en outre dans l'assistance : MM. Escaich et Faure, conseillers municipaux ; Dominique Rieux, adjoint au maire ; Carrié, directeur du théâtre du Capitole, et Carrère, ex-conseiller municipal ; Bénazet, directeur de l'école de Lardenne.
Après l'exécution d'un entraînant morceau par l'Harmonie de Lardenne, M. Laporte nous apprend que le kiosque a pu être construit grâce aux fonds recueillis parmi les habitants et grâce au concours de la municipalité toulousaine, et que l'idée de sa construction remontait à l'année 1924. C'est au cours d'un banquet donné à cette époque que MM. Galinier et Carrère, conseillers municipaux à Toulouse, promirent le concours pécuniaire de la ville.
M. Billières, maire de Toulouse, à qui l'orateur vient de remettre l'édifice, accepte le don au nom de la ville et retrace les origines de cette charmante banlieue.
Divers concerts aussi intéressants que variés prolongèrent la fête jusqu'à une heure avancée de la nuit.
Lardenne n'avait certes pas besoin d'un kiosque à musique pour attirer les Toulousains, qui y accourent en foule tous les dimanches et les jours fériés, au point que les tramways sont toujours pris d'assaut.
Mais cet agrément, qui vient s'ajouter à tant d'autres, a du moins son côté pratique. Les orphéons et les fanfares auront désormais, en cas de soleil ou en cas de pluie, un abri confortable se prêtant parfaitement à l'exécution des diverses parties de leur programme.

18 juin 1927 — Concert sur le Kiosque à musique par l'Harmonie de Lardenne, de retour du concours d'Albi
— L'Harmonie de Lardenne (directeur Ch. Cadaux), de retour du concours d'Albi, offrira à MM. les membres honoraires et à la population de Lardenne, une audition des morceaux couronnés, demain dimanche 19 juin, à 21 h. 30, sur le kiosque de la place des Ecoles. Programme :
1. Salut à Albi, pas redoublé (G. Garric). — 2. Faunes et Bacchantes, fantaisie (1er Prix au concours d'exécution) (P. Kelsen). — 3. La Mousmé, mazurka japonaise (L. Ganne, arrangé par A. Foukuet). — 4. Le masque d'or (1er prix au concours d'honneur) (F. Popy). — 5. Chants d'ivresse, valse (F. Popy). — 6. La Toulousaine (L. Deffès-Monnereau)

4 août 1927 — Concert de l'Harmonie sur le Rond-point de Lardenne
— Lardenne. Concert au Rond-Point par l'Harmonie. Programme du concert qui aura lieu ce soir jeudi à 21 h. 30 : 1. Salut Lointoin, pas redoublé (Dorinag-Signard). — 2. Faunes et Bacchantes, ouverture (Kelsen). — 3. La Mousmé, mazurka japonaise (Louis Ganne). — 4. Le Masque d'Or, fantaisie dramatique (Stag-Popy). — 5. Chant d'Ivresse, valse (Francis Popy).

21 juin 1928 — Concert de l'Harmonie, place des Ecoles
— Harmonie de Lardenne. Programme du concert qui aura lieu ce soir jeudi 21 juin, à 21 heures, sur le kiosque, place des Ecoles : 1. Sous l'aigle double, célèbre marche viennoise (J.-F. Wagner-Christol). — 2. Amour discret, gavotte de Resch (Alf. Haring). — 3. Le Petit Duc, fantaisie (Lecocq-Boisson). — 4. Faunes et Bacchantes, ouverture (P. Kelsen). — 5. Midinettes, polka (L. Blémant).

29 juin 1939 — L'Orphéon et l'Harmonie de Lardenne sur le Kiosque des Ecoles
— Les sociétés musicales l'Orphéon et l'Harmonie se feront entendre ce soir jeudi 29 juin à 21 heures sur le kiosque de la place des Ecoles en un concert offert à la population lardennaise avec le programme suivant :
Pour l'Orphéon : La Seine (Bazin). — Le Chant du travail (Tombelle). — La Toulousaine (Deffès).
Pour l'Harmonie : Strasbourg, allegro (F. Andrieu). — Carillon de Fête, pièce caractéristique (L. Long). — Voluptueusement, valse intermezzo (J. Watelle). — Soirée au Trianon, fantaisie (Popy). — Fête militaire, mazurka pour cornet (A. Petit).
En cas de mauvais temps, le concert sera remis à une date ultérieure ; mais il fera beau et le public viendra nombreux à ce premier concert de l'été 39.

3 août 1939 — Probablement le dernier concert sur le kiosque à musique avant le long conflit 39-45
— L'Harmonie de Lardenne se fera entendre ce soir 3 août, à 21 heures, sur le kiosque de la place des Ecoles, avec le programme suivant :
1. Marche Tintamarresque (F. Popy). — 2. Fantaisie sur Le Petit Duc de Lecoq (arrangement de F. Boisson). — 3. Rêverie, pour clarinette (A. Laffont) redemandé. — 4. Iberia, valse espagnole (L Gregh). — 5. Fête militaire, mazurka pour piston (A. Petit). — 6. Babil d'oiseaux, polka imitative (C. Morand).


Formations musicales actives à Lardenne en 1909 :
Orphéon de Lardenne, créé en 1862, direction Léger, 40 exécutants ;
Harmonie de Lardenne, président Verneuil, direction Léger, 35 exécutants.


(1) Le gardiage est le territoire adjacent à la ville de Toulouse, autrement dit sa banlieue, directement soumis à la juridiction des capitouls. Les onze hameaux et villages qui constituaient le gardiage de Toulouse, ont pris, lors de la révolution, les noms des mois républicains :
Lardenne (Vendémiaire) — Saint-Simon (Brumaire) — Les Cocus (Frimaire) — Ginestou (Nivôse) — Pouvourville (Ventôse) — Sainte-Agne (Germinal) — La Lande (Floréal) — Croix-Daurade (Prairial). — Montaudran (Messidor) — Saint-Michel-Ferreri (Thermidor) — Saint-Martin-du-Touch (Fructidor).