Kiosques à Musique

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JeanMarc
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 11 oct. 2019 16:36

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Kiosques à musique de A à E
Kiosques à musique de F à L
Kiosques classés par Départements
Kiosques à Musique — Petits Plus

LE BOIS-D'OINGT - La Place et le Kiosque
(RHÔNE)
Le 29 novembre 1789, le Bourg du Bois-d'Oingt et vingt paroisses circonvoisines en Lyonnais envoient une adresse à l'assemblée nationale exprimant le voeu que ledit Bourg soit érigé en chef lieu de justice : en préambule à cette adresse, la municipalité (Giraud de Montbellet, officier de cavalerie ; Michel Chazelle, curé de la paroisse et docteur en théologie et dix autres membres dont un chirurgien, deux gradués, des marchands et vignerons) expose que le Bois d'Oingt, fort de mille huit cents âmes, dispose d'un bureau pour la perception des aides et gabelles, de plusieurs bureaux pour la distribution du sel, du tabac et de la poudre, et d'un bureau de contrôle ; en outre un marché y est tenu toutes les semaines et dix foires annuelles s'y déroulent sur une place très vaste et même la plus considérable du Lyonnais ; de plus, sont installées sur cette place des halles très commodes pour l'entrepôt des marchandises venans du dehors alimentées par toutes les paroisses qui l'avoisinent y apportant denrées et marchandises.
Les conseillers municipaux ajoutent que les commerces ne manquent pas au Bois-d'Oingt : drapiers, fripiers, tailleurs et autres fournisseurs, épiciers, chapeliers, une infinité d'auberges, une fabrique de chandelles, cinq boulangers, quatre médecins et chirurgiens, des gens d'affaires, des gradués et des notaires et des prisons sûres...
Convaincus par cette belle démonstration, les membres de l'assemblée constituante acceptent que Le Bois d'Oingt devienne chef lieu de canton.

Plan du Bois-d'Oingt en 1827
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Les Halles mentionnées ci-dessus en 1789, occupent une bonne partie de la Place du bourg : elles sont constituées d'un immense toit plat reposant sur quatorze poteaux de chêne. Elles abritent une fois la semaine, le mercredi, les commerçants venus y faire leurs affaires. (1) Et chaque premier mardi du mois, à l'occasion de la foire, les marchands envahissent lesdites halles et l'ensemble de la place, y installant bancs et boutiques. Théodore Ogier, dans un ouvrage sur le lyonnais de 1856, nous précise que les halles regorgent de marchandises, et le grognement des animaux se mêle aux sourds murmures de la foule et aux vibrantes paroles des charlatants. Tout ce qu'on peut acheter et vendre en bétail, en mercerie, en tissus, en instruments, en chaussures, en bonnetterie, se trouve à ces foires mensuelles.

La Place du Bourg dite également du Marché possède en son centre un Tilleul dit de Sully planté au début du XVIIe sècle, lequel disparaît, en raison de sa vétusté, au début des années 1800. Lui fait suite, vers 1840-1850, l'installation d'une fontaine monumentale, aménagée en pendant à une Croix de pierre.
En 1860, atteintes par la limite d'âge, les Halles du Bois d'Oingt sont supprimées, marchés et foires devront se contenter du pavé de la place.

Le Bois d'Oingt - La Place du marché, côté nord - La Place et la Fontaine
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L'église du Bois d'Oingt, dédiée à Saint-Martin, dont les premiers fondements datent du septième siècle, est située sur l'inaccessible place du Plastre : on y parvient par un petit passage voûté donnant sur la Place du Bourg.
Dès 1861, le conseil de fabrique envisage de faire édifier une nouvelle église, mieux placée, plus spacieuse et moins
insalubre. Et, heureux hasard, sur la place du Bourg, un terrain est libre de toute construction : c'est le seul, au vu du cadastre de 1827 ; il est la propriété d'une certaine demoiselle Corcevay. Après plusieurs années de tergiversations, la Fabrique, par l'intermédiaire de l'abbé Rigaud, curé de la paroisse depuis février 1857, fait l'acquisition, en 1866, du terrain de Mademoiselle Corcevay pour 11.000 francs.
Aussitôt, une souscription publique est lancée pour l'édification d'une nouvelle église. De gros donateurs vont réunir rapidement la somme de 100.000 francs (le cardinal de Lyon, Louis-Jacques-Maurice de Bonald, pour 12.000 frs ; Mme Elléviou — veuve du célèbre ténor de l'Opéra-Comique Pierre-Jean-Baptiste Elléviou (1769-1842) — pour 30.000 frs ; M. Rigaud, curé pour 10.000 frs ; M. Perrault-Meynand pour 10.000 frs etc...). L'architecte Claude-Anthelme Benoist (1794-1876) est chargé des plans et de la construction du monument, contrôlé par l'architecte départemental Antonin Louvier (1818-1894).
La nouvelle église érigée sur la Place du Bourg, conserve le vocable de Saint-Martin qui était attribué à l'ancienne. Elle est consacrée, le 20 septembre 1868, par l'archevêque de Lyon, Mgr de Bonald, accompagné de Mgr Mermillod, évêque d'Hébron ; l'édifice, qui est censé contenir jusqu'à mille six cents fidèles, affiche complet.
L'ancienne église de la place du Plastre — future place Paul-Burricand — est, dès 1876, utilisée comme salle de banquets à l'usage de la municipalité et de ses invités. Elle deviendra plus tard une salle de spectacle.

Le Bois-d'Oingt - L'Eglise Saint-Matin sur la Place, côté Nord-Ouest (cliché Rokoto, Cparama) - L'Eglise et la Fontaine sur la Place
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La fanfare municipale du Bois d'Oingt qui prend le nom de La Vigneronne, est fondée en 1864. Elle participe à toutes les manifestations communales et devient une véritable institution. Dès que les occasions se présentent, La Vigneronne participe aux festivals musicaux régionaux : on la voit ainsi en septembre 1882 faire le déplacement au concours musical de Genève où, classée en 3e division, elle obtient le 2e prix du concours d'exécution ; elle était déjà à un précédent concours genevois le 25 août 1872.
Un Kiosque à musique démontable, certes modeste, est dressé à l'intention de celle-ci, face à l'Eglise Saint-Martin, vers 1890-1900 : il est constitué de planches et de branchages entrecroisés, curieusement édifié autour d'un petit sapin dont la cime sort du sommet dudit kiosque.


Le Bois d'Oingt - Kiosque démontable sur la Place - Réception de la Fanfare de La Clayette sur la Place de l'Eglise (à droite, Hôtel des Voyageurs)
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Ce n'est qu'en 1912 que la municipalité décide d'accorder une subvention pour faire édifier un vrai Kiosque à musique sur la Place : une souscription publique et la participation de la Fanfare La Vigneronne seront nécessaires pour boucler le budget des travaux. Jean-Philippe Rochet, serrurier buisantin, est chargé de sa réalisation.
Inauguré en mai 1912, ce Kiosque octogonal est édifié sur un soubassement en pierre ; ses colonnes de fonte supportent sa toiture de zinc surmontée d'une lyre, dont le pourtour est orné de ciselures. Un escalier de cinq marches donne accès au plateau des musiciens entouré d'un garde corps en fer forgé.

Le Bois d'Oingt - Le Kiosque à musique - Le Marché et le Kiosque à musique
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Plus que toute autre, la ville buisantine reste très discrète sur ses manifestations musicales ; la Vigneronne, après le conflit 1914-1918, ne nous a laissé aucune trace de ses concerts.
Le Kiosque à musique a été préservé et restauré à plusieurs reprises. La fontaine, toujours en activité a été déplacée aujourd'hui sur la place Bernigal Guillemin. La Place du Bourg (place du marché ou place de l'église) est finalement devenue la place de la Libération.
Le 1er janvier 2017, la commune du Bois-d'Oingt a cessé d'exister, laissant place au Val-d'Oingt regroupant Le Bois-d'Oingt, Oingt et Saint-Laurent-d'Oingt.
Kiosque toujours en place.

voir ici, Place de la Libération du Bois d'Oingt et son Kiosque à musique, aujourd'hui (1/4) (2/4) (3/4) (4/4)

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publié par Jean Marc Ven 11 Oct 2019 15:42

16 novembre 1874 — Le sous préfet du Rhône envoie la gendarmerie pour interdire à la Fanfare du Bois-d'Oingt de chanter ou jouer ses chants patriotiques
— On écrit du Bois-d'Oingt au Progrès de Lyon :
Je crois qu'il serait très utile d'insérer dans les journaux les faits qui se sont passés mardi et mercredi, jours des conseils de révision.
La Fanfare du Bois-d'Oingt a pris l'initiative de former l'union de tout le canton, en leur allant au devant, ce qui a réussi à merveille le premier jour mardi ; les onze communes qui ont passé le conseil ce jour-là ont fait le tour de la commune ensemble, les Fanfares du Bois-d'Oingt et Châtillon en tête, avec un ordre parfait.
Il a paru à M. le sous-préfet tout le contraire ; car lui en personne est venu défendre de jouer et chanter aucun chant patriotique et a fait même plus en envoyant la brigade de gendarmerie pour arrêter toute personne qui chanterait la Marseillaise et autres chants patriotiques.
On peut évaluer à 7 ou 800 les personnes présentes sur la place du Bois d'Oingt ; il a fallu toute la prudence de la population pour prévoir ce qui aurait pu arriver, car toute cette journée s'est passée paisiblement, pas une dispute, pas le moindre fait, qu'une population envieuse de rire et s'amuser.
M. le sous-préfet a cru devoir retirer la permission de minuit donnée par le maire aux cafés, et ne donnant que dix heures, comme à l'habitude, avec défense de ne chanter aucune chanson.
Vous pouvez croire, cher ami, que tout le canton est indisposé de cette affaire. L'on voit par ce moyen que le premier magistrat du chef-lieu d'arrondissement, patronnant la candidature Laverrière a cru amener le succès de son protégé.
M. le sous-préfet n'a pu cru devoir s'arrêter à la première journée. Dès le matin du mercredi, la commune de Theizé, que l'on ne peut accuser de radicalisme, a été avertie à nouveau par la gendarmerie de ne pas chanter les chants ci-dessus indiqués. La Fanfare du Bois d'Oingt qui s'était réunie dès la matin à sept heures pour faire la même ovation qu'elle avait faite la veille, s'est retirée en voyant ces menaces, craignant un conflit inévitable.
ll est, je crois, de toute utilité de relever ces faits, car si nous laissions passer ceci sous silence, à la veille de notre élection, il n'y aurait plus de liberté possible.

22 octobre 1876 — L'ancienne Eglise Saint-Martin accueille un banquet de 800 couverts
— Le Banquet du Bois d'Oingt. Ce soir un banquet de 800 couverts réunissait au Bois-d'Oingt, les élus du département et un grand nombre de leurs électeurs.
MM. Leroyer et Valentin, sénateurs ; Durand, Millaud et Perras, députés ; Carlod, président du conseil municipal de Lyon et une foule de maires, adjoints et de conseillers municipaux y assistaient.
Le banquet a eu lieu dans la vieille église décorée, pour la circonstance, de drapeaux français, américains, suisses et italiens. On a beaucoup remarqué le buste de la République, placé dans le choeur, au-dessous du Christ...


Le Bois d'Oingt - La Place publique et le Kiosque à musique
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6 novembre 1892 — A la suite du concert de la Sainte-Cécile offert par la fanfare La Vigneronne, une polémique est lancée.
— Le banquet de la Sainte Cécile de la Vigneronne du Bois d'Oingt, a eu lieu dimanche dernier, 6 novembre.
La cordialité la plus franche a régné pendant le banquet.
La Société a fait entendre ses meilleurs morceaux de musique et a clôturé par la Marseillaise, aux applaudissements des 140 convives.
Un incident a émotionné un instant l'assemblée : un membre honoraire qui se croit autorisé à prendre la parole à toutes les réunions, a voulu critiquer l'organisation de la Société, dans la personne de son honorable président, mais une verte réplique du vice président, et aux applaudissements de toute la Société, a démontré à ce membre qu'il était impossible de désunir cette Société.
Cette charmante fête a été terminée par un bal des plus animés. (L'Echo de Lyon 9 novembre 1892)

13 novembre 1892 — Réponse à la polémique ouverte le 6 novembre relative à la Fanfare La Vigneronne
— Le Bois d'Oingt. Une réponse. Nous recevons la lettre suivante :
« Notre numéro du 9 novembre contient un entrefilet visant un membre honoraire qui s'est cru autorisé à prendre la parole dans le banquet de la fanfare.
« Ce membre honoraire n'a pas pensé un seul instant et ne pense pas encore en ce moment qu'en buvant au souvenir de l'honorable M. Botte, qui, pendant 15 ans, fut maire de sa commune et président de la Société et qui, dans ses relations avec tous, a toujours apporté la plus grande cordialité, il ait attaqué en aucune manière le président de la fanfare.
Il ne pense pas non plus qu'en levant son verre au retour des jeunes soldats, membres de la fanfare, et en engageant ceux qui sont appelés sous les drapeaux à suivre les traces de leurs aînés il ait cherché à semer la division dans cette société musicale.
« Il estime que ce n'est pas chercher à désunir une société que de lui servir sans interruption sa cotisation depuis 1864, date de sa fondation. Il ajoute qu'il a toujours assisté à ses fêtes et réunions et lui a quelquefois offert avec plaisir des rafraîchissements payés de ses deniers et non avec la caisse de la Société, comme l'a fait au concours de Genève certain membre qu'il pourrait désigner.
« En résumé, ce membre honoraire visé par votre correspondant ne croit pas avoir semé la division, pas plus qu'il ne croit au patriotisme et au républicanisme de ceux qui nourrissent le projet de se rendre à l'Etranger pour y célébrer la fête nationale.
« Chirat »

(L'Echo de Lyon 13 novembre 1892)

19 juillet 1903 — La 1208e section des Vétérans de 1870-1871 en fête sur la Place de l'Eglise du Bois-d'Oingt face à l'estrade coquette (le kiosque à musique démontable). Défilé de la fanfare La Vigneronne et des clairons et tambours des pompiers. Grand banquet à l'Hôtel des Voyageurs de la Place
— Le dimanche 19 juillet 1903, le Bois-d'Oingt était en fête à l'occasion de la remise du drapeau à la 1208e section des Vétérans des armées de terre et de mer.
Les rues sont superbement pavoisées, malgré une pluie inopportune qui, pendant toute la matinée, trouble la décoration du pays. Les drapeaux flottent à toutes les fenêtres.
Les sapins, arrachés aux flancs de Pramenoux, ornent tous les carrefours. La place de l'Eglise éclate de trophées, de drapeaux, de guirlandes ; au centre l'estrade coquette, avec ses mousselines tricolores entrelacées et ses cartouches de canons croisés.
Les habitants des pays voisins arrivent de toutes parts, sur leurs chars-à-bancs, sur leurs jardinières ; des flots pressés de paysannes endimanchées dévalent les côtes. Le spectacle est charmant.
A dix heures du matin, la pluie s'arrête comme par enchantement et, gaiement, le soleil se montre et sourit à la fête.
Le cortège se forme ; en tête les gendarmes, les clairons et les tambours des pompiers, la fanfare « La Vigneronne», dont la bannière se constelle de médailles et qui prêtera toute la journée un concours précieux à la fête ; puis les Vétérans des armées de terre et de mer ; les Anciens mobiles du Bois-d'Oingt, enfin les sapeurs-pompiers de la commune.
L'ordre le plus parfait, un ordre militaire règne dans les rangs. Le cortège se porte ainsi, fanfare en tête, à l'entrée de la commune, où les autorités sont reçues, après les aubades accoutumées, par M. le maire du Bois-d'Oingt, M. Goujon, conseiller général ; par M. Jollivet, président de la 1208e section ; M. Bonnafay, président des Mobiles du Bois-d'Oingt ; M. Laverrière, représentant des mobiles d'Anse ; M. Caillot, vice président des Vétérans et des Mobiles du Bois-d'Oingt. Toute la population, rangée sur la route, acclame les autorités.
Après un vin d'honneur servi sur la place, a lieu la cérémonie de la remise du drapeau.
Les autorités prennent place sur l'estrade. Le service d'ordre est fait avec beaucoup d'intelligence sur la place par M. Billet, capitaine des sapeurs-pompiers. Sur l'estrade flotte le nouveau drapeau de la section.
M. Balouzet va faire la remise du drapeau au président, M. Jollivet. La fanfare joue le « Salut au Drapeau ».
Le cortège se rend ensuite au monument des enfants du Bois-d'Oingt morts pour le pays en 1870-1871.
Une palme d'or est déposée au pied du monument, et le cortège revient sur la place où a lieu la dislocation.
Un magnifique banquet, servi dans un immense hall par l'Hôtel des Voyageurs, avec beaucoup de correction, réunit plus de trois cents convives. Après les discours et toasts d'usage, la fanfare se fait alors applaudir, ainsi que les chanteurs et surtout M. Palais. On acclame MM. Balouzet et Perreau, qui nous récitent deux pièces de vers empreintes du plus pur patriotisme.
Bientôt s'ouvre un bal animé qui, malgré une pluie déconcertante, terminera celte splendide fête des Vétérans du Bois-d'Oingt.
(Union patriotique du Rhône du 1er septembre 1903)

Le Bois d'Oingt - La Place et le Kiosque à musique, l'Hôtel des voyageurs et sa terrasse garnie de pots de fleurs
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Une seule formation musicale active au Bois-d'Oingt en 1909 : La Vigneronne (fanfare), fondée en 1864, présidée par Pivot, dirigée par Théodore Sutorius, avec 40 exécutants.

(1) En 1854, les rapporteurs au Conseil général du Rhône constatent que l'importance du marché hebdomadaire du mercredi au Bois d'Oingt équivaut à celle d'une foire.
Classement : 22.22%
 

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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 16 oct. 2019 15:09

LE CHAMBON-FEUGEROLLES - Place de l'Hôtel-de-Ville
(LOIRE)
Après de nombreuses pérégrinations en de multiples locaux de fortune, la municipalité chambonnaire vient se fixer dans la mairie qu'elle pensait « définitive », non pas en 1878 comme il est répété à l'envi par tous les intervenants de l'histoire du Chambon-Feugerolles, mais avant 1873 comme il est attesté par plusieurs adjudications détaillant les cessions des terrains concernés.
L'emplacement choisi par les édiles municipaux se situe sur la place Publique comprise entre la Grande route de Lyon à Toulouse (future route nationale n° 88 de Saint-Etienne au Puy, puis rue Gambetta) et la Grande Rue du Chambon (future rue Emile Zola), ladite place longeant la rivière de la Valchérie.

Il nous a paru intéressant de décrire les lieux avoisinants cette place avant qu'elle ne soit publique.

L'Usine de fabrication de vis à Bois
A la suite d'une vente par licitation, les lots cadastraux n° 771, 772, 773, 776 et 780 du Chambon sont adjugés pour 20.000 francs le 27 décembre 1848 ; Jean Chiara maître plâtrier, François Bastie entrepreneur et Augustin Dupuy cordonnier, renchérissent sur ce prix le 24 janvier 1849 et proposent 23.334 francs. Ces lots mis en adjudication appartenaient aux frères Jacques et Mathieu Palle dits la Joye et au sieur Jean-Etienne Bouvier père : l'ensemble de ce tènement était occupé par une usine destinée à la fabrication des Vis à bois et comprenait en outre une maison d'habitation, plusieurs bâtiments, des cours et un jardin. Les tours, les machines à refouler, à fileter, à arrondir, à mailler, les enclumes et balanciers, la tréfilerie et les soufflets de forge sont bien entendu cédés avec les locaux.
— Lot cadastral 780 : une maison en pierres de taille de trois étages éclairés de cinq croisées, ayant sa façade sur la grande route de Lyon à Toulouse. A sa suite, un vaste bâtiment de deux étages, en pierres de taille et briques, comportant vingt-cinq croisées, servant d'atelier pour la fabrication des vis à bois.
— Lot 776 : un bâtiment pour la machine à vapeur, une cour et une maison d'un étage comportant cinq croisées, servant d'entrepôt. Un atelier de forges, dans un bâtiment à rez de chaussée de six croisées.
— Lot 771 : Derrière l'atelier de forges, un jardin de 190 m² environ est
limité au midi, au levant et en partie au nord par la maison et le terrain de la demoiselle Thomas.
— Lot 772 : en façade sur la grande rue du Chambon, une maison d'un étage en pierres, avec deux croisées, précédée d'un second bâtiment de deux étages y accolé, ayant servi auparavant d'atelier de forge.
— Lot 773 : en façade de la rue du Chambon et mitoyenne à la construction précédente, une maison d'un étage, également précédée d'un petit corps de bâtiment élevé de deux étages, donnant sur une cour arrière.

Contiguë aux biens appréhendés par Louis-Sévère Chevalier et James de Bronac, syndics de la faillite des frères Palle dits la Joye et Bouvier père, le lot cadastral 770, vaste pré bordant la Valchérie, est la propriété de Jean-Pierre Dubouchet : ce terrain va devenir la place de la Mairie quelques années plus tard... (1)

Plan du Chambon-Feugerolles en 1833-1837
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De la boulonnerie à la boulangerie il n'y a qu'un pas !
Provenant toujours de la faillite des frères Palle la Joye, les lots cadastraux 781, 774 et 775, d'une superficie de 2.608 m², occupés par le sieur Goyard, fabricant de boulons, sont adjugés au sieur Odon Bouvier le 28 juillet 1852 au prix de 12.350 francs : cette propriété, étendue de la grande route de Lyon à Toulouse jusqu'à la Grande Rue du Chambon, se compose d'un vaste atelier de deux étages ayant chacun douze fenêtres de rang ; dix huit forges sont installées au rez de chaussée et huit autres au fond ; deux petits bâtiments contiennent encore cinq forges.
Là encore, Jean Chiara surenchérit et offre 13.585 francs pour le 28 juillet 1852. Ce sont finalement les Aciéries dites du Moulin, propriété des Bouvier fils aîné et Cie, qui emportent l'affaire.
Les Bouvier ayant été déclarés en faillite en 1869, la
belle fabrique de Boulons passe en vente judiciaire à l'audience des criées du tribunal stéphanois du 9 juin, au prix proposé de 50.000 francs. Le 28 juillet 1869, une surenchère, portant le nouveau prix de cette boulonnerie à 59.500 francs, est remportée par le sieur Jean-Baptiste Jean, boulanger de son état.
Il faut noter qu'entre temps les quelques propriétés (lots 784-785-786) situées entre la rue des Tours et le lot cadastral 774 des frères Bouvier, ont été rasées, donnant naissance à la Place du Marché dite la
Petite Place ; la principale place du marché reste toutefois fixée sur la Place de l'Eglise du Chambon.
En façade de la Grande rue du Chambon, à l'angle de la Petite place du marché, sur le lot cadastral 774, Jean-Baptiste Jean fait immédiatement édifier un immeuble à usage d'habitation de deux étages comportant six ouvertures à chaque niveau, avec boulangerie installée en rez de chaussée ; un petit bâtiment d'un étage est construit à la suite de la maison principale, avec installation du four en rez de chaussée.

Dès le 30 novembre 1869, Jean-Baptiste Jean est déclaré en faillite et l'apposition des scellés sur ses biens est ordonnée, alors que l'intérieur des premier et deuxième étages de l'immeuble sont inachevés. Le 15 juin 1870, la boulangerie et l'ensemble du lot 774 partent aux criées judiciaires stéphanoises pour le prix de 16.425 francs, le marchand de vins Jacques Despréaux ayant été déclaré adjudicataire. La dame Geneviève Celle, veuve de Pierre Gibernon, surenchérit le 6 juillet 1870 au prix de 18.070 francs.

Les événements de la Commune bouleversent la donne et la municipalité chambonnaire en profite pour venir s'installer quelques mois, en 1870-1871, dans les locaux de la boulangerie inachevée.

La nouvelle Mairie du Chambon-Feugerolles
Nous avons vu, plus avant, qu'une certaine demoiselle Thomas, possédait dès avant 1848, une maison et un terrain, derrière l'atelier des forges de l'usine à bois.
Antoinette Thomas naît au Chambon le 18 octobre 1812 (1812-1855), soit avant que la commune ne soit rebaptisée Le Chambon-Feugerolles en 1833 ; son père Eustache Chambon est négociant, son grand père maternel, Maître Charles François Poncetton, est notaire royal (et impérial selon la période) à Estivareilles dans la Loire.
Au décès d'Antoinette survenu le 4 mars 1855, n'ayant pas d'héritiers directs, ses biens reviennent à Marie-Anne Dubouchet, veuve de Gabriel Thomas, lequel était l'oncle d'Antoinette. Curieusement, Antoinette Thomas a eu la présence d'esprit, à 41 ans, de léguer sa maison à la municipalité...
Ce n'est qu'en 1872 que nous voyons cet immeuble, d'un étage en briques avec cinq croisées, occupé en tant que
Mairie, et que le vaste pré qui le jouxte est dévolu à l'usage de place de la Mairie : le 29 juillet 1872, lors d'un violent orage, les rivière de l'Oudaine et du Valchérie ont débordé à leur point de jonction et formé un immense lac ; la place de la mairie, la grande rue, les rez-de-chaussées et toutes les caves sont submergés ; le torrent charriait des planches, des trons d'arbres, des futailles...
Auparavant, lors d'un comice agricole se déroulant les 21 et 22 septembre 1867, le terrain de la future place de la Mairie avait déjà été utilisé pour l'exposition qui disposait ainsi d'un vaste enclos existant au centre même de la ville.
L'existence de la Mairie et de la place éponyme est encore attestée, le 28 mai 1873, lors d'une adjudication des immeubles et terrains de l'ancienne usine de vis à bois, répartis en cinq lots au prix de 40.000 francs. La veuve Thomas, née Dubouchet, y possède toujours un terrain situé entre le grand bâtiment de deux étages des forges et la place publique. Le deuxième lot de l'adjudication (cadastre 771 et 776) y est décrit comme suit :
Ce lot a pour confins : au sud, le premier lot (cadastre 780), la propriété de Madame veuve Thomas, née Dubouchet (cadastre 777), un passage commun entre eux deux et
la place publique ; à l'est, encore la place publique et la Mairie du Chambon, sur une longueur de vingt six mètres environ.
La veuve Chiara occupe le lot 774 du cadastre, tandis que Pierre Goyard est installé sur les lots 775 et 781.
Dans le même temps que l'installation de la Mairie, les lots 762, 763 et 764 sont affectés à la Place, permettant de rejoindre la Grande rue du Chambon, le long du Valchérie, au bord duquel, de grands lavoirs sont aménagés.


Le Chambon-Feugerolles - La Mairie — Le Valchérie et son lavoir, longeant la Place de la mairie
Image

La nouvelle Ecole sur la place de la Mairie
C'est finalement la municipalité qui acquiert, au prix de 43.500 francs, l'ensemble des lots mis en adjudication le 28 mai 1873. Les quatre cents élèves chambonnaires étant relégués jusqu'à présent dans un étroit et insalubre bâtiment en location, le conseil municipal décide de faire transformer l'ancienne usine de Vis à bois (lot cadastral 780) afin d'y loger décemment ses enfants. En 1874, les travaux pour réaliser cette école communale publique sont votés à hauteur de 38.500 francs, une demande de subvention de 10.000 francs étant dans le même temps demandée au Conseil général de la Loire.
Le terrain jouxtant le nouvel établissement scolaire (cadastre 777) est affecté à l'usage de cour de l'école ; un mur et un portail sont construits pour clôturer celle-ci le long de la place.

Le Chambon-Feugerolles - Concours de boules devant l'école, place de la mairie — Ecole communale place de la Mairie
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Le Kiosque à musique place de la Mairie
Tout comme le Cercle musical du Chambon, la Fanfare des Forges et Aciéries du Chambon est déjà active dès avant 1862. Cette dernière, comptant 18 musiciens dirigés par M. Voisin, participe au concours musical de Saint-Etienne du 20 juillet 1862 où elle interprète Semiramis, une marche de L. Couturier. Le même jour, le Cercle musical, dirigé par M. Deutschler, composé de 30 membres, y joue l'Ouverture de Fées aux roses de E. Marie et une Marche par Gurtner, et obtient le 4e prix en 3e division, avec médaille d'argent.
L'Harmonie municipale du Chambon succède au Cercle musical en 1880. En 1895, une nouvelle formation, les Trompettes de Chambon-Feugerolles, fait son entrée, bientôt suivie par la création des Fifres de Chambon.
Devant cette recrudescence de musiciens chambonnaires, la municipalité n'a pas d'autre choix que de faire construire un Kiosque à musique, lequel sera établi sur la place de la Mairie.
L'inauguration de ce Kiosque à musique a lieu le samedi 3 aout 1895 ; un festival musical, auquel participe vingt deux phalanges, est organisé à cette occasion.
Le Kiosque du Chambon, de forme octogonale, édifié sur un soubassement en pierre, est doté de colonnes en bois supportant sa toiture domale en zinc. Un escalier de cinq marches donne accès au plateau des musiciens entouré d'une rambarde en bois, laquelle sera remplacée, quelques années plus tard, par un garde corps en fer forgé.
Tandis que le kiosque à musique accueille régulièrement l'Harmonie municipale, Trompettes et Fifres chambonnaires, la place de la Mairie est envahie, lors de la vogue annuelle, par les baraques foraines et bien entendu par le sport national de la Boule qui organise de nombreux concours attirant une foule de spectateurs.

Le Chambon-Feugerolles - Le Kiosque à musique et concours de boules — Kiosque sur la place de la mairie, le long du Valchérie ; Mairie discernable derrière le kiosque
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Les Emeutes de 1910 place de la Mairie
La commune qui comptait à peine deux mille habitants en 1830, dépasse largement les dix mille en 1900. Son industrialisation métallurgique à marche forcée entraîne inévitablement des grèves à répétition qui vont atteindre leur paroxysme en 1910. Dès le 13 mars 1910, le ton était monté d'un cran chez les grévistes : ce jour-là, deux cartouches de dynamite, déposées contre la maison d'Antoine Besson, patron boulonnier, explosent, provoquant des dégâts matériels.

Le Chambon-Feugerolles - Défilés et manifestations des grévistes, fanfare en tête
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Mais c'est le 24 avril 1910, jour du premier tour des élections législatives qu'on atteint l'apogée : entre huit heures et demie et neuf heures, la salle de vote de la Mairie est envahie par une troupe vociférant contre Georges Claudinon (1849-1930), maire de 1898 à 1919. La municipalité se retire alors devant ces émeutiers qui, maîtres des lieux, commencent à se livrer aux pires excès, lançant le mobilier par les fenêtres... A neuf heures et quart, les énergumènes ayant projeté du pétrole sur les portes, les flammes envahissent rapidement le rez-de-chaussée et atteignent immédiatement l'étage. Les gendarmes ne pourront pas intervenir, les grévistes ayant détruit la pompe. A onze heures, les pompiers de Saint-Etienne arrivent en renfort, mais, après que le feu ait été maîtrisé à une heure et demie, force est de constater que la Mairie est totalement calcinée : seuls les quatre murs subsistent ; dossiers et archives municipales sont détruits, de même que les registres de l'état-civil postérieurs à 1865.
Pendant tous ces événements, une foule s'est attroupée sur la place de la Mairie, contenue difficilement par les gendarmes. Un escadron de dragons vient bientôt leur prêter main forte.
Dans la journée qui suit, quatorze présumés émeutiers sont arrêtés. Au verdict du procès qui se déroule le 12 juillet 1910, seuls sept écopent d'une condamnation : Jean Chol, 2 ans de prison ; Guillaume Chaumel, 2 ans de prison et 200 francs d'amende ; Philibert Cubizol, 2 ans de prison et 200 francs d'amende ; Jean-Baptiste Béraud dit le Sang, six mois de prison et 100 francs d'amende ; Pierre Béraud, deux mois de prison et 100 francs d'amende ; Gabriel Frécon, un an de prison et 100 francs d'amende ; Rose-Alexandrine Alexandre, femme Devoivre, huit mois de prison et 100 francs d'amende.

Le Chambon-Feugerolles - Incendie de la Mairie le 24 avril 1910
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Il va sans dire que pendant les années suivantes, la commune du Chambon-Feugerolles est surveillée de très près par militaires et gendarmes qui y stationnent en permanence, tandis que tout attroupement y est interdit. Le Kiosque à musique en est la première victime, les concerts y étant proscrits.

La municipalité vient s'installer face à la place de la Mairie, rue Gambetta, dans la maison Vimort transformée en hospice depuis 1867, puis fait construire en 1923, le long dudit hospice, un nouveau bâtiment qui devient sa mairie définitivement.
De 1922 à 1925, la rivière du Valchérie est recouverte dans sa partie traversant la ville, notamment le long de la place de la Mairie rebaptisée place Jean-Jaurès depuis 1919.

Le Chambon-Feugerolles - La Mairie de 1910 à 1923 installée dans l'ancien hospice - Mairie construite en 1923 à côté de la précédente
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Après avoir fait édifier des bains-douches en 1927 sur la place Jean Jaurès, le conseil municipal du dispendieux maire Pétrus Faure (1891-1985) décide, le 22 novembre 1931, de faire raser l'école municipale et d'y installer un marché couvert (les Halles) pour un budget de 1.038.146 francs, cela occupera quelques chômeurs ! En septembre, les travaux de démolition et construction sont mis en adjudication et l'inauguration des Halles a lieu les 25 et 26 août 1934. Le marché couvert baptisé André-Cognet accueillera à partir de 1987 le Boulodrome municipal.
En juin 1935, la place est transformée comme le rapporte un témoin :
dans la rue Gambetta, transformée en autodrome ces jours de fête, il n'y a pas de changement très importants, sinon quelques magasins transformés ou agrandis qui contribuent pour une bonne part à l'embellissement de la ville ; sur la place Jean-Jaurès, il n'en est pas de même : des équipes d'ouvriers nivellent le sol et placent des bordurettes, qui conduisent dans tous les sens et qui faciliteront beaucoup la bonne tenue des marchés et des fêtes qui s'y tiendront.

Le kiosque à musique a-t-il été supprimé à ce moment-là ? Toujours est-il que les concerts semblent avoir cessé d'être produits sur celui-ci, à partir de cette période.
On peut penser que la municipalité ressent des remords pour la suppression de son Kiosque à musique puisque dès 1950, elle en fait édifier un nouveau dans le récent jardin public implanté derrière la Mairie. Celui-ci, octogonal, est constitué en béton avec une couverture en forme de soucoupe.
Kiosque supprimé. Nouveau kiosque toujours en place.

voir ici, Place Jean Jaurès du Chambon-Feugerolles sans son Kiosque, aujourd'hui.
Mairie du Chambon et nouveau Kiosque, aujourd'hui.(1/2) (2/2)
Nouveau Kiosque du Chambon aujourd'hui. (1/2) (2/2)

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publié par Jean Marc Mar 15 Oct 2019 15:18

21 et 22 septembre 1867 — L'exposition du Comice agricole se déroule sur la future place de la Mairie
Lors du Comice agricole du Chambon-Feugerolles qui se déroule les 21 et 22 septembre 1867, les flots pressés de la population inondent les rues et place publiques de la ville. Lors du concours de labourage, fait quasiment unique, une cultivatrice, Eugénie Bessy, triomphe parmi les habiles laboureurs, et remporte le 4e prix de labourage.
L'exposition agricole, parfaitement bien disposée dans un
vaste enclos existant au centre même de la ville, était incontestablement remarquable.
Un brillant festival, organisé à l'occasion de ce comice, réunit dix-sept sociétés musicales qui,
bannières en tête, déployent leurs phalanges harmonieuses sur les places du Chambon, et font entendre les plus beau morceaux de leur répertoire.

25 juin 1875 — Les concours de sarbacane très prisés au Chambon-Feugerolles
— Après-demain dimanche aura lieu au Chambon-Feugerolles un grand concours de sarbacane.
Voici le programme de la fête :
9 h. du matin. — Réception des Sociétés à la gare du Chambon.
9 h. ½. — Départ du cortège de la gare, bannières et musique en tête, pour se rendre sur la place Grenette où l'on se formera en sections.
10 h. — Grand défilé de toutes les Sociétés.
10 h. ½. — Ouverture du tir. — 4 volées auront lieu le matin et 4 autres l’après-midi.
A chaque volée les sections changeront de cible.
Le soir. — Distribution des prix et des médailles.
L'harmonie du Cercle musical du Chambon prêtera son concours à cette fête.

17 et 18 août 1878 — Comice agricole du Chambon-Feugerolles des 17 et 18 août 1878
29 juillet 1878 — Organisation du Comice agricole du Chambon-Feugerolles : exposition des animaux, place de la Mairie, les matériels agricoles place du Marché, les produits agricoles cour de l'école
— La Société d'agriculture de Saint-Etienne croit devoir porter à la connaissance des agriculteurs de l'arrondissement les dispositions suivantes, arrêtées par la commission d'organisation, d'accord avec l'administration de la ville :
1° L'exposition des animaux de toutes espèces aura lieu sur la place de la Mairie ;
2 ° L'exposition des instruments outils et machines agricoles et horticoles et objets divers aura lieu sur la place du Marché ;
3 ° Enfin l'exposition des produits agricoles et horticoles de toutes sortes, céréales, pommes de terre, racines, légumes, arbustes, fleurs, fruits, vin, miel, bourre, fromage, etc., aura lieu dans la cour de l'école communale située sur la place de la Mairie.
La Société rappelle aussi les dispositions réglementaires suivantes :
Les produits et instruments seront reçus dès le samedi 17 et le dimanche matin 18 ; mais les animaux ne seront reçus que le dimanche, de 5 heures à 9 heures du matin. De 9 à 11 heures, visites et opérations du jury ; à 11 heures, réunion du jury dans la salle des délibérations, distribution des pancartes indiquant les récompenses obtenues ; à 3 heures, séance publique et solennelle du comice pour la distribution des récompenses aux exposants du concours.
Un grand Festival musical aura lieu au Chambon dans la journée du dimanche 18 août.
Les déclarations de concours peuvent être faites ou adressées jusqu'au 15 août, soit à la mairie du Chambon ; soit chez le secrétaire général de la Société d'agriculture à Saint-Etienne, rue de la Croix, 9
18 août 1878 — Festival musical sur la place de la Mairie
— Hier avait lieu, au Chambon-Feugerolles, un grand festival, concours auquel vingt-huit sociétés chorales ou instrumentales ont pris part. Dès le matin, ces sociétés se rendaient au Chambon. Une foule compacte s'était portée à la gare pour les recevoir. A 10 heures ½, toutes les sociétés étaient réunies sur la place de la Mairie. Les sociétés instrumentales avaient déjà parcouru la ville à cette heure et fait entendre leurs plus brillants morceaux. De 1 heure à 4 heures, le concours a eu lieu et les connaisseurs qui ont pu approcher, car la foule était immense sur tous les points, sont d'avis que l'ensemble des exécutions a été excellent. A 4 heures, le morceau "le Chambon" a été exécuté par 22 sociétés instrumentales, sous la direction de M. Deshayes, son auteur. Il a été accueilli par d'unanimes applaudissements.
Toutes les sociétés chorales présentes à la fête ont ensuite exécuté le chœur France, sous la direction de M. Dard-Janin, président du jury choral. Puis la distribution des médailles a commencé au milieu d'un concours énorme de public qui applaudissait chaleureusement les vainqueurs de cette lutte pacifique. Entre temps, plusieurs sociétés exécutaient les morceaux de leur répertoire et entonnaient la Marseillaise aux applaudissements de la foule qui était tellement compacte qu'il devenait à peu près impossible de circuler. La soirée s'est terminée par une magnifique retraite aux flambeaux et par un punch offert aux membres des sociétés présentes au concours. A 9 heures, feu d'artifice splendide, puis ouverture du bal, conduit par un orchestre de 200 musiciens. La place de la Mairie, sur laquelle se tient le bal, est brillamment éclairée au moyen de la lumière électrique. Durant toute la journée et jusqu'au soir bien tard, la foule est tellement nombreuse que les établissements publics ne peuvent suffire aux demandes des visiteurs. On peut à peine circuler. Le temps a été superbe.
Liste des sociétés musicales participantes :
Orphéons : Chorale des frères maristes de Firminy. — Chorale des travailleurs de Givors. — Orphéon de Pierre-bénite. — Les Enfants d'Apollon de Lyon. — La Lyre lyonnaise.
Harmonies : Harmonie de Saint-Rambert-sur-Loire. — Harmonie de la colonie de Saint-Genest Lerpt. — Union musicale de Firminy. — Harmonie des mineurs de la Ricamarie.
Fanfares : Fanfare des mineurs de Roche-la-Molière. — Fanfare des fabriques de faux de Pont-Salomon. — Fanfare des aciéries et forges d'Uniaux. — Fanfare de Saint-Symphorien-sur-Coise. — Fanfare de Notre-Dame de Saint-Etienne. — La Lyre de Perrache. — La Laborieuse de Lyon. — Fanfare de Grand-Croix. — Fanfare du Treuil. — Fanfare des amis réunis de Lyon. — Fanfare de Valbenoite. — Fanfare de Saint-Roch. — Fanfare du Bourg-Argental. — Fanfare de Villars. — Fanfare des Verreries du Mont.

Le Chambon-Feugerolles - Le Kiosque à musique sur la place de la mairie, le long du Valchérie
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13 juillet 1879 — Concert du Cercle musical du Chambon, place de la Mairie
— Voici le programme du concert qui sera donné par le Cercle musical du Chambon, dimanche 13 juillet, à 3 heures ½, place de la Mairie, sous la direction de M. Kirbhiler fils :
Allegro militaire, Bisch. — Une Chasse dans les Ardennes (ouverture), Marie. — La Médaille d'or (ouverture), Gurtner. — Le Tour du Monde (valse), Métra. — Le Calife de Bagdad (ouverture), Boiëldieu.


14 juillet 1880 — Concerts place de la Mairie et place Grenette (anciennement place de l'Eglise ou du marché qui deviendra place Claudinon-Giraudet)
— Programme de la Fête nationale : la veille, à huit heures du matin, distribution de secours aux indigents ;
A huit heures du soir, il sera tiré une salve d'artillerie ;
Immédiatement après, retraite exécutée par les tambours et clairons de la compagnie des sapeurs-pompiers.
Le lendemain 14 juillet, à six heures du matin, salve d'artillerie ;
A dix heures, promenade de la compagnie des sapeurs-pompiers à travers la ville ;
De six à sept heures du soir, concert sur la place Grenette, par le Cercle musical de la ville, qui exécutera :
1° Allegro militaire (Gurtner). — 2° Il Crociato, fantaisie (Tillard). — 3° Espérance, valse (O. Métra). — 4° Le Lac des fées, ouverture (Auber). — 5° La Sauteuse, polka (X...).
Place de la mairie, de sept à huit heures du soir, la Fanfare des Forges et Aciéries du Chambon exécutera :
1° Souvenir du camp de Châlons (allegro militaire), par Leroux. — 2° Nabuchodonosor (ouverture de Verdi), arrangée par Florentin. — 3° La Nacelle (valse), par Douard. — 4° Carrousel (airs variés), par Boisson. — 5° La Juive (fantaisie), par Halévy. — 6° Quadrille, par Boisson.
A 9 heures, retraite aux flambeaux par les deux Sociétés musicales réunies, escortées par la compagnie des sapeurs-pompiers.
A 10 heures, feux de Bengale, feu d'artifice.
Les deux Sociétés musicales réunies exécuteront, sur la place Grenette, le Chant des Girondins et la Marseillaise.

Concert de l'Harmonie municipale du Chambon-Feugerolles place de la Mairie avant édification du kiosque
11 juin 1882 — Voici le programme du concert que donnera l'Harmonie du Chambon-Feugerolles demain dimanche, 11 juin, de 2 heures 1/2 à 3 heures ½ du soir, sur la place de la Mairie : Le Formidable (pas redoublé). Boullard. — Le Chalet (fantaisie). Adam. — Le Feu follet (mazurka). Boullard. — Le Réveil (fantaisie). Sellenick. — Les Perles (polka pour piston). L. Magnier.
5 mai 1895 — Voici le programme du concert qui sera donné par l'Harmonie municipale du Chambon, le dimanche 5 mai, de 4 à 5 heures du soir, place de la Mairie : 1. Le Glorieux, allégro militaire. Labole. — 2. Le Voyage en Chine, ouverture, Bazin. — 3. Les Framboises, valse. Klein. — 4. La Belle Cordière, fantaisie. Démarquez. — 5. Ravissante, polka pour piston, Labole.

3 et 4 août 1895 — Festival et comice agricole à l'occasion de l'inauguration du kiosque à musique
Depuis hier, le Comice agricole est ouvert. Les opérations ont commencé à 8 heures par la réception des machines et instruments, des produits horticoles et viticoles. A 9 heures a eu lieu le Concours de ferrage.
La soirée a été en partie occupée par le concours de labourage et les essais de charrues et antres instruments.
Parmi les concurrents figuraient deux jeunes filles, dont la présence donnait quelque piquant à ces opérations quelque peu monotones pour les profanes.
A 9 heures du soir, l'Harmonie municipale et les pompiers s'assemblaient sur la place de la mairie et, quelques instants après, une superbe retraite aux flambeaux parcourait les rues de la localité.
La retraite terminée, l'Harmonie prenait place sur le magnifique kiosque construit devant la mairie, et l'inaugurait
en exécutant les meilleurs morceaux de son répertoire. (très joli ce kiosque, précisément, peut-être à cause de sa structure originale...)
Deuxième journée
Le jour naissait à peine que des salves d'artillerie annonçaient l'ouverture de la vraie fête, car, indépendamment du Comice agricole, nous avons un Concours musical auquel prendront part vingt-six sociétés.
La pluie tombe d'abord fine et serrée ; mais bientôt elle a l'excellente idée de s'arrêter et de laisser notre population toute à sa joie. Il aurait été fâcheux qu'une fête s'annonçant aussi bien fût gâtée. Les Chambonnaires ont bien fait les choses, le pavoisement est superbe, la rue Gambetta a quelque peu l'aspect de l'avenue d'un parc ; les arbres verts y sont plantés à profusion, et le tricolore des drapeaux s'y marie le plus agréablement du monde.
Des arcs de triomphe ont été dressés aux deux extrémités de la commune. Du côté de la Ricamarie, les attributs de mineurs ont presque exclusivement servi à leur ornementation.
En face l'usine Claudinon, un arc de triomphe s'élève, composé d'affûts de boulets, canons, fusils, etc., c'est d'un effet superbe.
Nous arrivons en même temps que les premières sociétés musicales qui vont prendre part au concours. L'aspect de la ville devient vraiment merveilleux, d'autant plus qu'à ce moment, le soleil, cet élément indispensable de toute réjouissance publique, a enfin vaincu la pluie et vient jeter la note gaie de ses rayons sur cet océan de verdure et de drapeaux.
Aux premiers accents des cuivres, la population est sortie dans les rues et acclame les sociétés au passage. Voici venir les fanfares d'Unieux, Firminy, la Ricamarie, l'Harmonie de Saint-Etienne, l'Harmonie de Saint-Genest-Lerpt, l'Union musicale italienne, puis le petit bataillon des Fifres Stéphanois, conduit par son minuscule tambour-major, qui s'acquitte de ses fonctions avec une gravité égale à celle de ses grands collègues de l'armée.
Tout ce monde joue à la fois. Aux accents graves des tambours et de la grosse caisse, répondent les notes aiguës des trompettes et des fifres ; pour un esthète, ce serait de la cacophonie, mais pour toute cette population qui s'apprête à se réjouir, cela constitue la plus suave harmonie, et nul de ceux qui assistent au défilé ne songe à se boucher les oreilles, les mains sont bien trop occupées à applaudir.
Cette entrée bruyante et triomphale est le vrai signal dé la fête ; l'animation redouble et les quelques fenêtres qui, par crainte de la pluie, boudaient encore, se décident à arborer à leur tour les couleurs nationales.
Mais pendant qu'orphéons et fanfares se rassemblent, le jury, qui a souci de sa grave mission, continue, non sans quelque distraction, les opérations du Comice.
On procède d'abord à la réception des animaux qui vont se placer à l'intersection de l'ancienne et de la nouvelle route.
Il y a là de forts beaux spécimens des races bovine, chevaline et porcine qui démontrent que nos éleveurs du Forez n'ont rien à envier à leurs confrères des autres régions.
On reçoit également, dans la section d'horticulture, les fleurs coupées dont nous remarquons de forts beaux échantillons.
Pendant ce temps, le public se presse à l'exposition des machines et instruments installée place de la Mairie. Il y a là, surtout, d'excellents modèles de charrues dont l'usage devrait se généraliser.
A 11 heures, la visite du jury est terminée, et à midi, l'Aéropage, poussant le dévouement jusqu'à oublier de déjeuner, se réunit dans la salle de ses délibérations, à l'école communale, procède à la répartition des pancartes indiquant les récompenses qui seront décernées solennellement à 3 heures, sur l'estrade à l'installation de laquelle, les tapissiers mettent la dernière main.
La matinée a été consacrée entièrement au concours : les harmonies se réunissent dans la cour de M. Antonin Berthail, les fanfares dans la cour de l'usine Palle-Bertrand, les orphéons dans la grande salle de la mairie, les fifres, les clairons, les trompettes, les tambours au chalet des familles de la Vernicherie. Partout. la foule prodigue des ovations aux musiciens.
Société musicales participantes :
Harmonies : L'Harmonie des Mineurs de la Ricamarie. — Harmonie de Saint-Rambert-sur-Loire. — Harmonie de Côte-Chaude. — Harmonie musicale italienne de Saint-Etienne. — Division spéciale (Ecole). — Harmonie de Saint Genest-Lerpt.
Orphéons : L'Echo de-l'Ozon. — La Clé de sol de Bellevue. — La Chorale des Amis Réunis. — Les Enfants de Saint-Symphorien-sur-Coise. — La Chorale du Velay. — L'Orphéon de Firminy. — Les Chevistes de Montverdun.
Fanfares : Fanfare des Acieries d'Unieux. — Fanfare des Mineurs de Roche-la-Molière. — Société musicale de Saint-Just-sur-Loire. — Fanfare du Treuil,
Fifres, trompes, trompettes, clairons, tambours : Les Fifres Stéphanois. — Le Rallye-Forez de Saint-Etienne. — L'Echo du Forez. — Le Rallye-Lyonnais. — Les Touristes de Bel-Air.
Le Banquet
A 7 heures, cent cinquante convives sont rassemblés dans une des salles de la mairie transformée en salle de banquet. A la table d'honneur nous remarquons : MM. Cohn, préfet ; Blanc, sénateur ; Chavanon, maire de Saint-Etienne ; Claudinon, industriel ; Chovet, Otin, directeurs du concours ; Verny, directeur des mines de Roche-la-Molière ; Martin, président de l'Harmonie de Saint; Etienne.
Pendant, le dîner, la Clé de Sol, société chorale, qui a été fort remarqué au cours des opérations du concours, s'est fait entendre, et applaudir.
Au dessert, M. Louison. adjoint de la commune du Chambon, se lève, remercie le préfet et lève son verre en l'honneur des invités.
M. Cohn répond en buvant au Président de la République.
La série des toasts est clôturée par un discours, en patois gaga, prononcé par M. Duplay, Lou pare Barounta.

Le Chambon-Feugerolles - Place du marché (place de la Mairie) et le Kiosque à musique
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Concerts sur le Kiosque à musique de la place de la Mairie
14 juillet 1896 — Le Chambon. Voici le programme du concert qui sera donné le 14 juillet, à 11 heures du matin, au kiosque de la place de la Mairie, par la Fanfare des Trompettes du Chambon : Le Gaulois (Bléger). — Brisquette (Bléger). — Torpilleur (Bléger). — Salut à Montluel (Romary).
22 août 1896 — Ce soir, à 8 heures l'harmonie municipale du Chambon-Feugerolles, sous la direction de son habile chef, M. Chovet, donnera à son kiosque, place de la Mairie, un concert dont voici le programme : Le Madhy, pas redoublé. Lambert. — Robert le Diable, fantaisie. Meyerbeer. — Retraite tartare. X... — Faust, fantaisie. Gounod. — Le Rossignol, polka, X...
25 avril 1897 — Le Chambon. L'Harmonie municipale donnera dimanche, à 3 heures du soir, à son kiosque place de la Mairie, sous la direction de M. Chovet, un concert dont voici le programme : l° Le Farfadet, P. R, (Sellenick). — 2° Mireille, ouverture, (Gounod). — 3° Sérénade, valse, (O. Métra). — 4° Une chasse dans les Ardennes, (Bléger). — 5° Marche nuptiale du Songe d'une nuit d'été (Mendelssohn)
3 juin 1897 — L'Harmonie municipale du Chambon-Feugerolles prendra part au concours international de Marseille fixé aux 5, 6 et 7 juin. Elle donnera sous la direction de M. Chovet, un concert en son kiosque place de la Mairie jeudi 3 juin à 8 heures du soir. Le programme comprend : L'Etat major P. R. (Tourneur). — Béarn, marche, morceau imposé au concours d'honneur. — Maritaux, ouverture (Wallace) morceau de choix au concours d'exécution. — La sérénade (O. Métra). — Le bal masqué, fantaisie sur l'Opéra.
24 avril 1898 — L'Harmonie municipale du Chambon-Feugerolles inaugurera la série de ses auditions d'été, sous la direction de M. Gibert, officier d'Académie, par un concert qui aura lieu dimanche 24 courant, de 3 à 4 heures du soir, au kiosque de la place de la Mairie. Programme : Allégro militaire. — Les Eubérons, ouverture (Kessels). — Le Petit Duc (Lecocq). — Le Bégaiement, polka (Pradier-Fédéré). — Sélection sur Faust (Gounod). — La Vague, valse (Métra).
24 août 1899 — L'Harmonie Municipale du Chambon, sous la direction de M. Gibert, officier d'Académie, donnera, à son kiosque, place de la Mairie, jeudi 24 courant, à 8 heures du soir, un concert dont voici le programme : Le Berger, pas redoublé, 1er prix à vue (Soyer). — La Forêt enchantée, ouverture, 1er prix d'exécution (Meister). — Le Carnaval de Venise, air varié, 1er prix de soli (Arban et Gibert). — Mythila, ouverture symphonique, 1er prix d'honneur (Raynaud). — Les amourettes, valse (Gung'l)
7 septembre 1901 — L'Harmonie municipale du Chambon-Feugerolles donnera un concert au Kiosque, place de la Mairie, le samedi 7 septembre, à 8 heures du soir. En voici le programme : 1. Marche des petits soldats (André). — 2. Rosabelle, ouverture (Wettge). — 3. Valse bleue (Margit). — 4. Le petit Duc, fantaisie (Lecocq). — 5. Sifflez, Pierrettes, polka originale (Popy).

Le Chambon-Feugerolles - Place de la Mairie, kiosque à musique
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1er octobre 1896 — Lors de la Vogue du Chambon sur la place de la Mairie, mieux vaut surveiller ses arrières
— Jeanne Duon est une petite brunette du 22 ans que la police a eu l'irrévérence d'inscrire sur ses registres comme ...Athénienne.
Le jour de la Fête patronale du Chambon, elle profitait de ce qu'il y avait foule sur la place dela Mairie, pour extirper, sans douleur, un porte-monnaie dans la poche de Mlle Marguerite Roux.
Trahie par une fuite prècipitée et aussi par ses antécédents, la fille Duon s'entend condamner à 20 jours de prison.
Pendant la même journée et sur la même place, un nommé Claude Mallard, âgé de 62 ans, s'avisait également de soustraire la bourse de Mme R..., née Veysse, éclose dans la Haute-Loire.
Mais Mallard avait opéré on macon qu'il est ; Mme Veysse s'aperçut du vol et éclata en reproches bruyants.
Le macon Mallard, qui, deux fois déjà s'est vu condamner pour des maladresses identiques, est envoyé pour trois mois à Bellevue.


13 août 1898 — La Fanfare des Trompettes en concert sur le Kiosque
— A l'occasion de son concours à Roanne, la fanfare des trompettes du Chambon donnera un concert samedi 13 courant à 7 h. ½ du soir sur le kiosque de la place de la Mairie.
Programme. — Ouverture, pas redoublé. — Retour de Dunkerque, morceau de choix au concours d'exécution. — Roanne, par M. Clussaing, morceau imposé au concours d'exécution. — Bravoure, fantaisie, imposé au concours d'honneur. — Les trompettes républicaines, défilé.


3 et 4 juin 1900 — La société de Gymnastique du Chambon « La Jeune France » en représentation dans la Cour de l'école place de la Mairie
— Le Chambon-Feugerolles. Fête de gymnastique. La Société de gymnastique Jeune France, qui doit prendre part au concours de gymnastique de Paris les 3 et 4 juin, donnera en l'honneur de ses membres honoraires une fête qui aura lieu le dimanche 27 mai, à trois heures, dans la cour des écoles communales de garçons, place de
la Mairie.


De nombreux concours de boules se succèdent sur la place de la Mairie du Chambon-Feugerolles, mais également sur un boulodrome installé à Lavercherie. L'incendie de la mairie interrompra brutalement, les activités des boulistes, aucune réunion ou attroupement n'étant toléré. Les concours des joueurs reprennent timidement en 1913, pour ressusciter après le conflit 1914-1918.
4 et 8 mai 1902 — Grand concours de boules.
— Comme nous l'avions annoncé, c'est le 4 et le 8 mai prochain qu'aura lieu sur la place de la Mairie le grand concours de boules organisé sous les auspices de la ville du Chambon et sous la présidence d'honneur de M. Georges Claudinon, chevalier de la Légion d'honneur, député maire. Ce concours comporte 1.000 francs de prix qui seront distribués aux vainqueurs des 64 quadrettes, soit 256 joueurs.
La première partie obtiendra un diplôme et 4 francs par quadrette gagnante ; la deuxième partie, 12 francs ; la 3e, 20 francs ; la 4e, 30 francs ; la 5e, 50 francs ; la 6e (championnat), 150 francs.
Le tirage au sort aura lieu exactement à 8 heures ½.
Espérons que le temps se mettra au beau et favorisera les éclats de nos fameux boulistes.
A l'occasion de ce concours, la société musicale l'Harmonie municipale du Chambon-Feugerolles, donnera le soir du 4 mai, de 3 à 4 heures, un grand concert au kiosque, place de la Mairie. Voici le programme de ce concert : Marche des Mousquetaires, allegro, (Lévêque) ; les Dragons de Villars, ouverture (Maillant) ; les Amourettes, valse (Gung'l) ; Faust, grande fantaisie (Gounod) ; le Rossignol, polka imitative (Clodomir).
Le jeudi 8 mai, aura lieu le concours pour le championnat, rendez-vous le matin, place de la Mairie.
Un grand concert sera donné à cette occasion le soir à trois heures, sur le kiosque de la place de la mairie, par la société de fifres, clairons et tambours de notre ville.

Le Chambon-Feugerolles - Concours de boules devant l'école communale, place de la Marie
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Quelques concerts sur le Kiosque à musique de la place de la Mairie
22 août 1902 — La société musicale L'Harmonie municipale du Chambon-Feugerolles donnera demain samedi au Kiosque de la place de la mairie, un concert dont voici le programme : Allegro militaire. — Nabuchodonosor, ouverture. (Verdi). — La Vague, valse. (Métra). — La fille du Régiment, fantaisie (Donizetti). — Sifflez, Pierrettes, polka (Popy).
21 mai 1903 — Voici le programme du concert qui donné par la Société des petits Fifres du Chambon et celle de la Ricamarie, sur le Kiosque de la place de la Mairie, jeudi 21 courant, à 2 heures ½, à l'occasion du concours : Marche fédérale. (Bruyère) ; Sans peur, pas redoublé (Bruyère) ; On s'en souviendra (Bruyère) ; Sifflez assez fort ! (Bruyère) ; Le petit page, fantaisie. (Lefèvre) ; Les enfants de la République, défilé (Bruyère).
18 juin 1904 — Le Chambon-Feugerolles. Voici le programme du concert du concert qui sera donné par I'Harmonie municipale, samedi 18 juin à 8 heures du soir, au Kiosque de la place de la Mairie : Allegro militaire ; Tolosa, ouverture, Reynaud ; Constellations, valse. Reynaud ; Lakmé, fantaisie. Delibes ; Les élégantes, polka. Choquart.
13 mai 1905 — Le Chambon-Feugerolles. Après-demain samedi 13 mai 1905, à 8 heures du soir, l'Harmonie municipale donnera, au Kiosque de la place de la Mairie, un concert dont voici le programme : Les petits fumeurs. (Delmas). — Frédégonde, ouverture (André). — Menuet Poudré (André). — Jour de fête, fantaisie (Parès). — Les élégantes, polka. Choquart.
25 mai 1906 — Demain mardi à 8 heures du soir, L'Harmonie municipale du Chambon-Feugerolles donnera au kiosque, place de la mairie, un concert dont voici le programme : 1. Les Petits Rats, allegro. Andrieux. — 2. Marche aux Flambeaux. Meyerbeer. — 3. Les Amourettes, valse. Gung'l. — 4. Le Grand Mogol, fantaisie. Audran. — 5. Les Deux Amis, polka pour deux clarinettes. Magnan.
20 août 1909 — Après demain samedi, à 8 heures ½ du soir, l'harmonie municipale donnera au kiosque de la place de la mairie, un concert dont voici le programme : Allegro mllilaire. — Joyeux Drilles, ouverture (Painparé). — Sous le Masque, valse (Choquart). — La Belle Cordelière, fantaisie (Bléger). — Ravissante, polka pour piston (Labole).

28 septembre 1910 — En dépit des événements de 1910, la Fête patronale du Chambon est maintenue. Les forains s'installent place de la Mairie, devant les ruines de celles-ci.
— Le Chambon-Feugerolles. Fête patronale. C'est par un temps favorable que s'est déroulée notre grande fête patronale. Une foule nombrouse n'a cessé de circuler dans nos rues et sur nos places publiques, où étaient installées des attractions foraines ; chevaux de bois Mazet, le labyrinthe installé place de la Mairie qui a eu un énorme succès, le Bioscope américain, l'hippodrome de chameaux vivants, les panoramas, les tirs, les loteries ont eu également leur part de succès.
Pendant ces deux jours, l'animation a été grande dans notre ville. N'oublions pas de mentionner le concours de ballons qui a obtenu un vif succès ; plus de soixante-dix ballons ont été lancés. Les prix seront décernés dimanche, jour du retour de la fête.
Le bal de nuit a été très animé. Le feu d'artifice tiré place de l'Abattoir avait attiré une énorme affluence.


Le Chambon-Feugerolles - Place de la Mairie et Kiosque à musique - Le Réveil Chambonnaire en 1910
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15 juin 1913 — Fête de gymnastique sur la Place de la Mairie
XVIIIe Fête fédérale de gymnastique organisée par la société chambonnaire « La Jeune France » avec le bienveillant concours de l'excellente musique militaire du 16e d'infanterie et l'Harmonie municipale.
— Dès le samedi après midi, les habitants commencent à pavoiser et décorer leurs maisons. Le soir, à 8 h. ½ a eu lieu une magnifique retraite aux flambeaux avec le concours de l'Harmonie municipale, la Société des tambours et clairons et la compagnie des sapeurs pompiers. Les salves d'artillerie se font entendre. Nombre de maisons sont illuminées. La foule est des plus compactes, on circule difficilement jusque fort tard dans la nuit.
La matinée du dimanche. De 7 à 9 heures, les sections des pupilles se réunissent place de la Mairie, 17 sections prennent part aux exercices qui sont fort applaudis du public.
A 10 heures a lieu le rassemblement des Sociétés. Les exercices de répétition des préliminaires du concours de Vichy ont lieu à 10 h. ½, place de la Mairie. 500 gymnastes y prennent part, avec accompagnement par l'Harmonie municipale. A 11 heures, les Sociétés se disloquent.
L'après-midi. La foule qui était déjà grande dans la matinée, devient plus nombreuse l'après-midi, les trains P.L.M., les tramways et voitures déversent des flots de voyageurs. A 1 h. ½, avenue de la Gare, les Sociétés se rendent pour le défilé qui a lieu à 2 heures, avec le concours de la musique militaire du 16e régiment d'infanterie.
Les exercices. Les sociétés s'assemblent sur la Place, devant la tribune d'honneur. Les exercices des vaillants gymnastes sont des plus applaudis, pendant que se fait entendre la musique militaire.
M. le préfet arrive avec MM. Claudinon, maire ; Chanteur et Clapier, adjoints. La musique joue la Marseillaise.
Le Banquet. A sept heures a eu lieu le banquet, à l'hôtel Frécon.

Le Chambon-Feugerolles - Fête de gymnastique du 15 juin 1913, place de la mairie et défilé avec la musique militaire
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14 juillet 1919 — Kiosque à musique remis à neuf à l'occasion de la Fête de la Victoire
— Le soir A 17 h. ½, notre excellente Harmonie Municipale a donné sur le Kiosque de la place de la Mairie remis à neuf, et au milieu d'une foule nombreuse un très brillant concert qui a valu à nos musiciens de chaleureux applaudissements.
Enfin à partir de 21 heures, les Chambonnaires ont dansé avec entrain sur la place de la Mairie aux soins d'un excellent orchestre. De nombreux habitants répondant à l'appel de la Municipalité avaient arboré aux fenêtres de nombreux drapeaux.

1er mai 1926 — L'Harmonie municipale refuse farouchement d'être « récupérée » par les communistes
— Dans notre numéro de mercredi nous avons annoncé que l'Harmonie Municipale donnerait samedi 1er mai son premier concert d'été. On sait que ces concerts sont toujours très goûtés de la population, ce qui le sera moins, c'est le sans-gêne de la municipalité. Celle-ci, on le sait organise une fête qu'elle appelle pompeusement fête des travailleurs. Profitant de la coïncidence qui a fixé au même jour le concert de l'Harmonie, le comité d'action s'est permis de faire figurer ce concert sur le programme officiel de la fête. Une petite enquête discrète nous a permis d'apprendre que notre société musicale ne voulait pas figurer sur le programme de la fête communiste, son concert tombant ce jour-là par pure coincidence. Or, il figure toujours sur les affiches, au milieu
des autres attractions de la fête. Cette manière de faire n'indique-t-elle pas trop de sans-gêne et d'impudence chez nos édiles et leur chef ? Ils voudraient detruire notre excellente société qu'ils ne s'y prendraient pas autrement.
Nous espérons que l'Harmonie ne laissera pas passer sans protester, cet abus de son nom.

10 juillet 1927 — Les concours de boules traditionnelles toujours en vogue sur la place Jean Jaurès
— Nous tenons à attirer tout spécialement l'attention des sociétés de boules de la région sur la grand concours de boules de 128 quadrettes qui aura lieu au Chambon-Feugerolles, sur la Place Jean-Jaurès, le 10 juillet prochain.
Les prix seront intéressants, la municipalité ayant voté une subvention importante pour l'organisation de ce concours.
Les adhésions doivent parvenir de toute urgence au camarade Bonnefoy, secrétaire de la Boule du Centre, 25 rue Edouard-Michot au Chamban-Feugerolles.

Quelques derniers concerts sur le Kiosque à musique avant sa suppression
27 mai 1921 — Le Chambon-Feugerolles. L'Harmonie municipale donnera samedi, à 8 heures du soir, place Jean-Jaurès, un concert dont voici le programme : Le Madhi, pas redoublé (Lambert). — Ouverture triomphale (Ch. Basch). — Les Flots du Danube, valse (Ivanovici). — Si j'étais Roi, fantaisie (Adam). — Rossignol et Fauvette, polka pour deux pistons. (Launay).
4 août 1923 — Le Chambon-Feugerolles. — C'est irrévocablement aujourd'hui samedi que se tirera la tombola organisée par l'Harmonie municipale à l'issue du concert que donnera celle société sur le Kiosque à musique de la place Jean-Jaurès, à 8 heures. Le Conseil d'administration est heureux d'annoncer que près de 300 lots seront tirés de l'urne.
Voici le programme du concert : 1° Vive l'Armée, marche, de F. Stoupan. — 2° Concordia, ouverture, de Fontenelle. — 3° Sous le masque, valse. — 4° Lakmé, de Léo Delibes. — 5° Menuet Poudre. d'Andrieux.

1e mai 1926 — L'Harmonie municipale donnera son premier concert annuel, samedi 1e mai, à 8 heures du soir sur le kiosque de la place sous la direction de M. Point. Programme : 1. L'état-major, allegro (Tourneur). — 2. Ondine, ouverture (Lorrain). — 3. Sérénade carnavalesques (Talanger). — 4. Faust, fantaisie (Gounod). — 5. Jean et Jeannette, polka pour deux pistons (G. Allier).
12 août 1926 — L'Harmonie Municipale donnera un concert, sous la direction de son dévoué chef, M. Point, jeudi 12, à 7 heures ¾ sur le kiosque de la place Jean-Jaurès. Programme : Paris-Bruxelle, allegro (Turine). —L'Arlésienue, prélude (G. Bizet) : a) Minuetto. b) Carillon. — Kiane Line, poème dramatique (Ch. Lhomme) (morceau imposé au concours de Vienne). — Reims, ouverture dramatique (Fernand Andrieu).
17 septembre 1929 — L'Harmonie Indépendante donnera un concert aujourd'hui mardi, à 20 heures, sur le Kiosque de la place Jean-Jaurès. En voici le programme : Marche russe (A. Luigini). — L'Arlésienne. Minuetto (G. Bizet). — Valse lente (A. Luigini). — Symphonie inachevée, morceau de choix au concours de Vichy. (Schubert). — Némésis, ouverture dramatique, morceau imposé au concours de Vichy (Mouchard).
7 août 1934 — Le concert samedi soir, sur le Kiosque de la place Jean-Jaurès, par l'Union Musicale et Chorale du Chambon avait attiré un nombreux public. L'Orphéon, société chorale de Firminy, s'était jointe aux musiciens et l'audition que ces deux sociétés exécutèrent de commun fut hautement appréciée.
En adressant nos félicitations à tous ces artistes, nous voulons espérer les entendre à nouveau dans un prochain concert.


Le Chambon-Feugerolles - La place, le Kiosque et les bains douches - Nouveau Kiosque à musique du Jardin public
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Sociétés musicales actives au Chambon-Feugerolles en 1909 :
Harmonie municipale, 62 exécutants ;
Les Trompettes de Chambon-Feugerolles, président Martignat, direction J. Dubreuil, 25 exécutants ;
Fifres de Chambon-Feugerolles, direction Borel.


(1) Nous laissons aux soins des généalogistes la tâche ardue de démêler l'écheveau des familles Palle, Dubouchet et Thomas, qui ont fait la pluie et le beau temps en se partageant pendant plusieurs décennies une grande partie des terrains chambonnaires et en y installant leurs industries. La tâche est d'autant plus rude qu'un seul registre d'état civil a été sauvé, miraculeusement, de l'incendie de la mairie du Chambon-Feugerolles en 1910.

Le Chambon-Feugerolles - Vue aérienne de la place Jean Jaurès
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 23 oct. 2019 17:40

LE CHÂTEAU-D'OLÉRON - La Place et le Kiosque
(CHARENTE MARITIME)
La ville casteloleronaise est transformée en citadelle de 1630 à 1704 par ordre de Richelieu, sur les plans de l'ingénieur Pierre d'Agencourt, l'inévitable maréchal Vauban intervenant pour terminer les travaux, suivi par l'ingénieur François Ferry à partir de 1689. Celui-ci modifie, en l'améliorant, l'ouvrage défensif et, dans ce but, fait raser les Récollets, l'Eglise et une partie du Bourg jusqu'au cimetière. Michel Bégon, intendant de la généralité de La Rochelle, précise, le 14 juillet 1691, que la nouvelle ville du Chasteau de l'Isle d'Olleron sera très belle. (1)
De 1699 à 1704, la ville est reconstruite et réorganisée, avec la création de nouvelles rues disposées autour de la Grande Place dite Place d'Armes. Un plan projeté de 1752 montre ladite place, bordée sur trois de ses côtés par une double rangée d'arbres.
Vers 1770, le baron du Château-d'Oléron, Barthélemy Michel seigneur de Saint-Dizant (1688-1773), capitaine-général des milices garde-côtes de l'Ile d'Oléron, fait édifier un marché couvert le long du couchant de la Place d'Armes, sur un emplacement que le projet de 1752 avait précisément gardé vierge de toute construction, figuré par un unique arbre. Ces halles sont constituées de douze piliers de bois soutenant une couverture de tuiles.

Plan du Château-d'Oléron en 1811
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Après le débarquement de 1.065 déportés, dont 943 prêtres, sur la citadelle de l'Ile de Ré, à partir de mai 1798, suite aux lois des 19 et 22 fructidor de l'An V (5 et 8 septembre 1797), c'est au tour du Château d'Oléron d'être désigné, à partir de février 1799, pour « accueillir » dans sa citadelle, le trop plein d'émigrés condamnés.
C'est ainsi que 250 hôtes dont 192 prêtres, sont incarcérés dans les casernes casteloleronaises. A la suite du coup d'Etat du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), les consuls publient un arrêté le 8 frimaire an VIII (29 novembre 1799), à l'issue duquel, dans les mois qui suivent, la majeure partie des émigrés sont remis en liberté, sans pour autant recouvrer le droit d'exercer leur culte ; dix d'entre eux mourront sur place.

En 1851, une fontaine monumentale sculptée, aux colonnes torsadées, est érigée devant l'entrée des halles du marché couvert sur la place d'Armes. C'est l'oeuvre d'un Compagnon du Devoir du Tour de France, Jean Paillé, dit Perrin (né en 1818).
Le marché couvert, devenu vétuste (dès le 23 août 1882, M. Luguet
prie ses honorables collègues du conseil général de la Charente inférieure, de s'occuper de l'affaire pendante dudit marché couvert), la municipalité décide de le remplacer. En 1891, l'architecte marennais A. Emerit est chargé des plans, la réalisation en est confiée à l'entreprise de Joseph Sylvestre.

Le Château-d'Oléron - Marché couvert et Fontaine monumentale
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Depuis la circulaire ministérielle du 27 septembre 1860, tous les militaires condamnés pour délits communs ainsi que les militaires en récidive sont envoyés au Château-d'Oléron où se situe le dépôt de quatre compagnies disciplinaires coloniales, récemment créées ; ce dépôt accueille en permanence entre deux cent cinquante et trois cents condamnés disciplinaires, transférés ensuite dans une des nombreuses colonies.
A partir de là, le sport national d'Oléron et de la région charentaise devient la chasse à l'homme : il ne se passe pas trois mois sans qu'un ou plusieurs disciplinaires ne s'enfuient sur le continent, obligeant la maréchaussée à organiser d'incessantes battues à travers la région. La plupart sont repris et ramenés en soi-disant "bonne" garde...
Il faut dire que si la citadelle casteloleronaise a été une véritable passoire, les militaires censés en assurer la garde, notamment le 7e de marine, semblent avoir cultivé un certain laxisme : ainsi on peut lire, dans un entrefilet du 11 août 1898 :
le 7e de marine du Château-d'Oléron a manœuvré, mercredi, à travers champs aux environs du bourg. Sur les dix heures du matin les soldats sont venus sur la place de la mairie où ils ont fait la sieste... (2)

En novembre 1870, des prisonniers prussiens sont incarcérés à côté des disciplinaires. Après cette date, deux dépôts distincts occupent le Château d'Oléron : celui de la compagnie de fusiliers de discipline de la marine dit « les Peaux de lapins » et le corps des disciplinaires des Colonies dit « les Cocos ». Ce dernier sera supprimé d'Oléron à compter du 1er janvier 1906, les coloniaux étant transférés en Algérie et répartis entre les compagnies de discipline des troupes métropolitaines. Le corps disciplinaire des Peaux de lapins subsistera jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale.

Le Château-d'Oléron - Place d'Armes, musique des disciplinaires — Manoeuvres sur la place d'Armes
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Une place d'Armes, qui est supposée présenter des mouvements de troupes et autres exercices militaires, est dans la plupart des cas, dotée d'un Kiosque à musique ; aussi, en 1900-1901, un premier Kiosque est édifié sur la place du Château-d'Oléron, près de la fontaine. Constitué d'une ossature et d'un soubassement en bois, il est doté d'une toiture zinguée de forme octogonale et d'une balustrade formée de croisillons.
Rapidement, vers 1904-1905, ce premier Kiosque est remplacé par un second, construit en dur : ses colonnes sont en fonte, son garde corps en fer forgé est fixé sur une assise construite en briques et en pierres.

Le Château-d'Oléron - Le Kiosque à musique devant le Bazar — La Fontaine et le Kiosque à musique
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La fanfare la Lyre Oléronaise du Château-d'Oléron, fondée antérieurement à 1891, est dirigée à cette date par M. Berthelot. Toujours active en 1899, il semble qu'elle ait changé de dénomination pour adopter en 1905 le nom de L'Echo de l'Océan. En 1905, L'Echo de l'Océan est dirigé par M. Vultier et se compose d'une trentaine de musiciens. Animant le Kiosque à musique pendant plusieurs décennies, la fanfare disparaît à la fin des années 1930 : en juillet 1935, dirigée par M. Brulay, on la voit encore participer au concours musical de Saint-Brieuc où elle glane le 2e prix de lecture, d'exécution et d'honneur en 3e division des harmonies.
Le Kiosque à musique, quant à lui, a été supprimé entre 1950 et 1960, pour des raisons inconnues.
La place d'Armes, qui s'est appelée également place du Marché, a adopté définitivement le nom de Place de la République.
Kiosque supprimé.


voir ici la Place de la République du Château-d'Oléron sans son kiosque, aujourd'hui. (1/4) (2/4) (3/4) (4/4)

Premier Kiosque à musique à ossature, garde-corps et soubassement en bois
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publié par Jean Marc Mer 23 Oct 2019 17:35

8 mars 1891 — Une des rares apparitions de La Lyre Oléronaise, musique municipale du Château-d'Oléron
— Ile d'Oléron. Le Château. On nous écrit à la date du 4 Mars 1891 :
Le concert que nous donnera dimanche soir 8 mars, à huit heures, dans la salle des fêtes, un groupe de jeunes gens de notre ville, promet d'être brillant.
Nos lecteurs nous sauront gré de leur indiquer les principaux morceaux de cette petite soirée artistique et musicale dont nous venons de lire le programme.
Comme début un épisode dramatique en un acte intitulé Devoir et Patrie. Et comme clôture, une pièce vaudeville en un acte aussi, qui a pour titre Passé Minuit.
Dans la première partie nous avons remarqué comme morceaux importants :
La Veillée de F. Coppée ; Alla Pocca, un caprice pour piano ; Les Trois Hussards, une scène lyrique de G, Nadaud ; Les Rameaux de Faure ; Le Sergent, de Déroulède et de superbes variations pour flûte et piano sur Les Beautés d'Euriante de Weber.
La seconde partie n’est pas moins alléchante que la première.
Contrairement à celle-ci, elle s'ouvre par un duo comique « Les deux Bossus » de René-Grey. Après un monologue sentimental « Les Yeux de la Femme » un morceau de genre, et à effet dont l'air populaire est connu de tous… La Valse des Pruneaux !!
Comme musique sérieuse, nous remarquons « Souvenir des Alpes », violon et piano ; la mélodie bien connue, mais toujours intéressante du Dernier soupir de Faust ; et un grand morceau de piano intitulé « Pasquinade ».
Le tout entrecoupé de chansons comme « l'Aimable Voleur » de Gustave Nadaud, de bonnes paysanneries, comme la « Locomotive », de monologues comiques « Zut !! », La Pianomanie, le Pochard du Pont Neuf, le Garde municipal, qui provoqueront sûrement de longs éclats de rire.
La Lyre Oléronaise, musique municipale de notre ville, doit prêter son concours aux jeunes artistes, elle ouvrira le concert. par un allegro militaire ; jouera une fantaisie, au commencement de la seconde partie, et terminera la soirée par un brillant pas redoublé.

23 juin 1901 — La Foire sur la place d'Armes du Château-d'Oléron
— La Foire du Château, favorisée par un temps superbe, a été un succès complet.
Malgré l'ardeur du soleil, dès 3 heures, une foule nombreuse circulait sur la place. Les spectacles étaient très attrayants et nous espérons que les forains ont dû emporter un bon souvenir du Château.
Disons qu'après le dîner la fête s'est continuée avec beaucoup d'entrain et que les confettis n'ont pas été ménagés.
Le Grand Cirque des Familles, sous l'habile direction de Madame Bouteloup, a remporté un succès qui l'oblige à revenir dans notre ville.
Le programme comprenant des exercices surprenant été exécuté d'une façon remarquable par les nombreux artistes de cette troupe.
Le théâtre Salon des Merveilles offrait un spectacle entièrement nouveau surpassant tout ce qui été vu jusqu'à ce jour.
Au programme : Les Visions d'Art ou le Polyographe en personne ; Daphné, illusion féerique et mythologique, en neuf tableau, et le Néant, illusion sensationnelle.
Le magnifique musée de M. Lemaire, Musée du Progrès, reproduit les merveilles, les événements les plus importants et les plus tragiques du siècle, à obtenu aussi un grand succès.
Le Soldat Américain Thomas Dittans, géant de 2 m 33 de hauteur, a fait courir toute la population.
La Ménagerie a fait également d'intéressantes représentations avec son lion marin et ses serpents.
Le musée de M. Miché avait de nombreux spectateurs. Puis viennent les balançoires et les deux manèges, où nous remarquons notre beau manège Oleronais ainsi que de nombreuses loteries et bazars.
N'oublions pas le café tenu par M. Chaloyeau, offrant au public avec les romances et chansonnettes des consommations de première marque.
Les personnes qui ont vu au Château toutes ces distractions en ont emporté un tel souvenir qu'elles ne pourront résister à l'envie d'y assister de nouveau à la foire de Saint-Pierre.
Enfin souhaitons à tous les forains qu'ils remportent aux foires de l'île d'Oléron, le même succès qu'au Château.

Le Château-d'Oléron - Place d'Armes et Kiosque à musique, les disciplinaires en manoeuvres — Le Kiosque et le Bazar
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2 juillet 1905 — La fanfare « l'Echo de l'Océan », primée au concours musical de Rochefort
— Fanfare. Notre société musicale « Echo de l'Océan » est rentrée lundi, venant de Rochefort où elle a obtenu de brillants succès.
Il lui a été décerné un premier d'éxécution (une palme) et un deuxième prix d'honneur (une palme et 75 francs).
Nos félicitations aux musiciens et à leur dévoué chef.
Mercredi, quatre fusiliers disciplinaires qui s'étaient évadés du Château-d'Oléron ont comparu devant le Conseil de guerre de Bordeaux. Ces soldats avaient été arrêtés à Périgny. Ils ont été condamnés à cinq ans de réclusion.


23 juin 1907 — La musique du 3e régiment d'infanterie coloniale en concert au Château-d'Oléron
— Le 3e régiment d'infanterie coloniale a clôturé vendredi ses exercices de tir par une manoeuvre à laquelle assistait le général Winkel-Mayer. Pendant le séjour de ce régiment dans notre ville, nous avons eu le plaisir d'entendre chaque soir un excellent concert donné par la musique.
Le 3e a quitté le Château samedi pour rentrer à Rochefort ; il a été remplacé par le 7e colonial.

14 et 15 août 1910 — Festival-concours au Château-d'Oléron
— Le Festival-concours du Château-d'Oléron a obtenu le plus vif succès ; le soleil, qui s'était mis de la partie, a favorisé du reste la clôture de la laborieuse entreprise du Comité d‘organisation, qui depuis 5 mois travaillait sans relâche à l'accomplissement de son œuvre.
L'initiative de cette fête, dont le genre était encore inédit dans l'île, est due à la Société musicale « Echo de l'Océan » du Château, et le Comité organisateur était présidé par M. Henri d'Houvignet.
Les bateaux du Chapus et les trains déversaient des flots de voyageurs et musiciens ; les rues étaient noires de monde ; onze Sociétés prenaient part au défilé, les concours d'exécution et d'honneur et le festival du soir furent particulièrement brillants ; un vin d'honneur réunissait les présidents, directeurs et membres du Comité. M. d'Houvignet les remercie, tandis que l'excellente Harmonie de Marans exécutait la Marche aux flambeaux de
Meyerbeer. M. Neau, président de « l'Echo angérien », répondit au nom des Sociétés.
Les Sociétés marquantes furent : l'Union parthenaise, l'Harmonie de Marans, l'Echo angérien, l'Orphéon de Saint-Jean-d'Angely, la Mauzéenne.
Le morceau d'ensemble, enlevé énergiquement par toutes les Sociétés sous l'habile direction de M. Valette, chef de la Parthenaise, a soulevé des tonnerres d'applaudissements.
Les Sociétés ont été enthousiasmées de l'accueil qui leur a été fait et la population de l'île conservera longtemps le souvenir de ces deux journées.

29 juin 1914 — Le concert, programmé pour les 15 et 16 août 1914 au Château-d'Oléron, n'aura bien entendu jamais lieu...
— Un festival-concours pour orphéons, harmonies, fanfares et estudiantinas, organisé par la Société Musicale « Echo de l'Océan » aura lieu au Château-d'Oléron les 15 et 16 août prochain.
Samedi 15 aout : à 10 heures et à midi, réception des sociétés ; à 1 heure 30, défilé obligatoire pour toutes les sociétés ; à 2 heures 30, concours d’exécution ; toutes les sociétés exécuteront deux morceaux de leur choix ; à 9 heures, grand festival obligatoire pour les sociétés désignées par le comité.
Dimanche 16 août : à 1 heure 30, concours d'honneur, audition d'un morceau au choix ; à 3 heures, exécution d'un morceau d'ensemble par les sociétés instrumentales ; à 3 heures 30, distribution des récompenses.
Les adhésions seront recues jusqu'au 1er juillet par M. R. Chabanier, secrétaire général du festival 9, place de la République, au Château-d'Oléron.

Le Château-d'Oléron - La Fanfare l'Echo de l'Océan et les Vétérans, le 14 juillet 1910 — Kiosque à musique place d'Armes
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26 août 1923 —Festival musical du Château-d'Oléron
— Le 26 août aura lieu, au Château-d'Oléron, un grand festival ; ce sera un immense succès, car les plages de l'Ile sont à ce moment fréquentées par plus de 10.000 étrangers.
Déjà, un nombre important de Sociétés sont inscrites, et les adhésions devant être closes le 20 juillet, le Comité prie les Sociétés en retard de s'adresser à M. Louis Bonnet, secrétaire général, au Château.


29 août 1926 — Grand festival concert du Château-d'Oléron organisé par la Fanfare L'Echo de l'Océan
— Dimanche 29 août dernier, un grand festival-concours était organisé par la société musicale Echo de l'Océan de la ville du Château-d'Oléron (Ile d'Oléron). Plusieurs sociétés de musique y ont pris part, notamment La société de trompette Les Amis Réunis réunissant 22 exécutants sous la direction de M. Poitou, directeur ; La Lyre Péaltaise, de Péault, fanfare réunissant 28 exécutants, sous la direction de M. Vrignonneau, directeur ; La Fraternelle, fanfare, de Vallières-des-Grandes (Loir-et-Cher), réunissant 22 exécutants sous la direction de M. Legendre, directeur ; La Société d'harmonie municipale de Bourcefranc, réunissant 32 exécutants, sous la direction de M. Devinaud, directeur et la Société Philharmonique de St-Pierre-d'Oléron, réunissant 30 exécutants, sous la direction de M. Gabaret, directeur.
A 13 heures 30 a eu lieu un grand défilé obligatoire pour toutes les sociétés engagées, dont le départ a eu lieu route du Mail. A 14 h. 30 a eu lieu le concours d'exécution où la Société de musique la Lyre Péaltaise a remporté le premier prix, un diplôme et une palme.
A 16 h. 30, a eu lieu l'audition du Groupe Symphonique, sous la direction de M. Gabaret, professeur, où 3 morceaux de musique ont été joués à la perfection ainsi qu'un chœur à 2 voix, Le beau Danube bleu, exécuté avec succès par un groupe de jeunes filles du Château-d'Oléron.
A 17 h. 30, concours d'honneur entre toutes les sociétés, et la Lyre Péaltaise s'est encore classée avec le premier prix d'exécution, un diplôme et une palme.
A 18 h. 30, distribution des récompenses et exécution d'un morceau d'ensemble, Terre, par toutes les sociétés participantes.
Et enfin, à 21 h. 30, fête de nuit avec embrasement général de l'enceinte du festival et grand concert en 4 parties et deux actes, puis entre chaque partie de ce concert, la Lyre Péaltaise, désignée par le Jury, a exécuté les meilleurs morceaux de son répertoire, elle mérita les applaudissements prodigués par la foule.
A l'issue du concert, la fête s'est terminée par un grand bal champêtre avec brillant orchestre jazz-band.

Société musicale active au Château-d'Oléron en 1909 : L'Echo de l'Océan (fanfare), direction Vultier, 29 exécutants.

(1) Michel Bégon (1638-1710), intendant de la généralité de La Rochelle, qui tient une correspondance régulière avec Esprit Gabart de Villermont (1628-1707), gouverneur des Iles d'Hyères, l'entretient de l'avancée des gigantesques travaux réalisés sur les fortifications du Château-d'Oléron de même que ceux ayant lieu concomitamment sur l'Ile de Ré. Le 14 juillet 1691 il écrit :
J'allai hier à Brouage et à Oleron. Je visitai en passant le nouveau fort que sa Majesté fait bastir au Chapus qui rendra le Chasteau d'Oleron imprenable. Je fis aussi le tour de l'enceinte de la nouvelle ville que le Roy fait bastir à Oleron qui sera très belle.

(2) Les disciplinaires en « ballade »
Parmi les innombrables disciplinaires fugitifs du Château d'Oléron on peut citer :
Le 28 septembre 1864, sept fuyards repris le lendemain et le surlendemain ; quatre autres en septembre 1898 ; trois en avril 1899 ; deux en juin 1899 ; un en juillet 1901 ; deux en juin 1902 ; trois en octobre 1902 ; quatre en mai 1905 ; trois en avril 1910 ; trois en février 1910 ; quinze en décembre 1911 ; quinze en août 1913 ; trois en septembre 1928....
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JeanMarc
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 28 oct. 2019 18:08

LE CREUSOT - Kiosque du Square boulevard du Guide
(SAÔNE ET LOIRE)
Le lecteur que l'historique du Creuzot ne passionnerait pas, peut passer directement au chapitre Schneider !

Le 29 mars 1769, François de La Chaise (1727-1794), avocat et subdélégué à l'intendance de Bourgogne, obtient la concession de l'exploitation des mines houillères dépendant de la baronnie du Montcenis, hameau du Creuzot, étendues sur trente et une lieues carrées (465 km²). Cette concession est confirmée par lettres patentes des 5 juin 1771, enregistrée au parlement de Dijon le 10 avril 1772.
La Chaise, les 5 octobre 1781 et 17 avril 1782, signe deux traités avec la
Société Perrier, Bettinger et Cie, au sein de laquelle le Roi possède un intérêt d'un douzième, autorisant celle-ci à établir des usines sur ladite concession, utilisant la houille extraite pour produire de la fonte de coke.
Par suite d'arrêts du Conseil d'Etat du Roi des 10 février 1784, 17 septembre 1784 et 10 décembre 1786, une nouvelle compagnie, la
Société anonyme des Etablissements du Creuzot, reprend tous les actifs de François de La Chaise, ainsi que la société Perrier, Bettinger et Cie.

Jean-François Chagot (1752-1824), juge du Tribunal de commerce de Paris de 1800 à 1808, est nommé, avec Thomas Chardon, administrateur des Etablissements du Creuzot en 1808. Puis Chagot, seul, avec ses cinq fils, obtient de faire main basse sur l'ensemble des actifs de la Société anonyme, usines, terrains et immeubles, moyennant 905.000 francs, à l'audience des criées du tribunal civil parisien le 8 août 1818 ; les experts de la justice ayant fixé l'estimation à 1.350.000 francs, l'adjudication avait été autorisée aux deux tiers de celle-ci.
Peu avant son décès survenu en 1824, Jean-François Chagot fonde, le 29 janvier 1823, la
Société Chagot frères et Cie à laquelle il fait apport des actifs du Creuzot. A la suite de l'ouverture de la succession, la veuve et les enfants de Chagot cèdent l'affaire, en dates des 11 et 12 janvier 1826, à la Société Aaron Manby, Daniel Wilson et compagnie, fondée les 15 et 17 septembre 1824. Cette dernière société est apportée à son tour à la Société anonyme des mines, forges et fonderies du Creuzot et de Charenton en date des 13 et 14 mai 1828.

En 1833, l'affaire fait grand bruit dans tous les journaux : le banquier Alexandre Aguado, intraitable, provoque, le 25 juin, la cessation de paiement de la Société des mines, forges et fonderies du Creuzot, à la suite d'une saisie pour le paiement d'une créance de 500.000 francs ; deux mille ouvriers occupant les usines du Creuzot sont dans l'expectative. Le 25 juillet 1833, trois syndics de liquidation sont nommés (M. Berthault, banquier ; M. Ferdinand Riant, marchand de fer ; M. Champfort). Ceux-ci ordonnent la continuation de l'entreprise et Aguado est condamné aux dépens, le tribunal des faillites ayant estimé que les actifs dépassaient de très loin la créance du banquier.
Les mines, forges et fonderies du Creuzot, leurs domaines, bois, circonstances et dépendances sont toutefois mis en adjudication par les administrateurs de la faillite pour le 21 juin 1835 au prix de 2.849.483 francs, devant le tribunal civil de la Seine. Cette vente à la criée est conclue le 25 novembre 1835, en faveur de 17 investisseurs regroupés sous le vocable MM. Coste et consorts (1)

Adjudication du 21 juin 1835 des forges, mines, domaines, bois et dépendances du Creuzot (journal des débats 14 juin 1835)
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La famille Schneider entre en lice au Creuzot
L'arrivée des Schneider au Creusot va, comme on le sait, profondément en modifier les destinées. François-Antoine Adolphe Schneider aîné (1802-1845), négociant à Paris et Joseph-Eugène Schneider (1805-1875), maître de forge de Bazeilles (Ardennes), créent la société en nom collectif dite Schneider Frères et Compagnie, enregistrée à Paris le 26 décembre 1837, ayant pour objet l'exploitation des mines de houille du Creuzot et la fabrication des fontes, des fers forgés et laminés, clous, rails, tôles, machines etc...
Le capital de cette société, fixé à quatre millions de francs pour quatre-vingts actions, est constitué par les apports :

— des 17 investisseurs ci-dessus, désignés sous le nom de MM. Coste et consorts, évalué à deux millions cinq cent mille francs, soit cinquante actions ;
— d'Adolphe Schneider, 200.000 francs en numéraire, soit quatre actions ;
— de Joseph-Eugène Schneider, 200.000 francs en numéraire, soit quatre actions ;
— de François-Alexandre Seillière, banquier à Paris, 250.000 francs en numéraire, soit cinq actions ;
— de Louis Boigues, propriétaire des forges de Fourchambault, député à Paris, 250.000 francs en numéraire, soit cinq actions.
Les douze actions restantes seront attribuées ultérieurement.
Ainsi, contrairement à la légende bien ancrée dans tous les « manuels » traitant du Creusot, les Schneider n'achètent en aucun cas les mines et fonderies creusotines, mais y prennent seulement des participations, à hauteur de 5% chacun, Seillière et Boigues pour 6% !... Certes, le capital de la société évoluera, mais de façon tout à fait modérée : lors de l'assemblée des actionnaires du 24 décembre 1844, une augmentation de capital d'un million de francs, soit vingt actions supplémentaires ne générera en aucun cas une dilution des actionnaires historiques.

Plan du Creuzot en 1883
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Après que les Chagot aient conservé les rênes de la mairie du Creuzot de 1815 à 1832, c'est au tour des Schneider d'être seuls maîtres à bord de la municipalité : Adolphe de 1841 à 1845, Joseph-Eugène de 1866 à 1870, Henri de 1871 à 1896 puis Charles-Prosper-Eugène de 1896 à 1900.
Les Schneider vont, comme on le sait, transformer leur outil industriel en un empire sidérurgique. De 1831 à 1875, la population, qui est passée de mille trois cents à vingt-six mille habitants, compte maintenant dix mille salariés.
Entre autres fabrications sortant du Creuzot, les locomotives, à partir de 1838, viennent en bonne place : chaque semaine il en sort une des usines, cinquante par an. Bateaux à vapeur, ferries et canonnières ne sont pas de reste...
Schneider, dans le même temps, fait édifier les maisons et infrastructures nécessaires à cette ville nouvelle, les quartiers sont aménagés les uns après les autres.
Le quartier du Guide, traversé par le boulevard éponyme, qui va regrouper l'essentiel des animations du Creuzot (à présent orthographié Le Creusot), est urbanisé en 1853. Deux squares contigus y sont aménagés, financés par la compagnie, délimités par les rues des Ecoles, Saint-Laurent et Sainte-Barbe. Auparavant sur ce quartier qui était en friche, deux puits d'extraction étaient en activité.
Le boulevard du Guide accueille ses marchés quotidiens les lundi, mercredi et vendredi, alternant avec ceux de la place de l'église les mardi, jeudi et samedi.

Les philharmonies, harmonies et autres symphonies creusotines donnent le « la ».
La première formation musicale ayant acquis quelque notoriété au Creusot est la Société chorale du Creusot, dirigée par M. Kuhn à la tête de cinquante musiciens qui, dès le 25 juillet 1858, remporte un premier prix en seconde division au festival musical de Dijon. Passée en division supérieure, elle vient chanter La Chapelle de Becker et un double choeur avec solo intitulé Madrid, au concours d'orphéons et d'harmonies de Chalon-sur-Saône le 3 juin 1860. Lors de la même manifestation, M. Kuhn, qui possède une double casquette, présente son orchestre sous la bannière Harmonie du Creusot, interprétant la Fantaisie sur le Pardon de Ploërmel, de Meyerbeer et l'Ouverture de Guillaume Tell de Rossini.
Lors du concours musical de Mâcon du 21 juillet 1861, M. Kuhn, dont la phalange s'appelle maintenant la
Philharmonique du Creusot, obtient un très gros succès remportant, en première division, la Médaille de l'Empereur, avec une mention spéciale soulignant qu'elle s'est particulièrement distinguée par le fini des détails, la bonne entente des nuances et la justesse absolue.
Le 28 juin 1865, la Philharmonique du Creusot est officiellement agréée par la municipalité. Subventionnée par la compagnie Schneider, la philharmonie, dirigée par M. Perin à partir de 1868, adopte définitivement, en 1874, le nom d'Harmonie des Usines du Creusot. La même année, le Cercle Choral du Creusot, qui avait cessé d'exister depuis plusieurs années, renaît de ses cendres grâce M. Charles Ramally.
Une autre phalange, la Société Symphonique du Creusot dirigée par M. Mallard, ancien chef de Montchanin, voit le jour en 1868. Un violoniste réputé de Chalon, M. Temporal, reprend en 1879, les rênes de cette Symphonie, mais également de l'Harmonie des Usines. En mars 1885, M. Carré, admis à la retraite en tant que chef de la musique du 10e de ligne à Auxonne, succède à M. Temporal.

La traditionnelle fête patronale de la Saint-Laurent constitue l'essentiel des réjouissances creusotines. Elle se déroule chaque année aux alentours du 10 août pendant trois à quatre jours, sur le boulevard du Guide, sur la place de la Molette, le foirail creusotin, et sur la place du Marché, rebaptisée place Schneider en 1885, où on assiste à des fêtes aérostatiques, des concerts, des jeux et concours divers, au milieu de nombreuses baraques foraines.
En 1883, la compagnie Schneider fait édifier un
Kiosque à musique pour enfin accueillir décemment les musiques du Creusot. Erigé au centre d'un des deux squares du boulevard du Guide, il va faire l'animation centrale des dernières années du siècle. Paradoxalement conçu en bois, au pays de la fonte, accessible au moyen d'un escalier de quatre marches, ce kiosque est de forme octogonale ; sa toiture en zinc est surmontée d'une lyre, son soubassement est en pierre.
Pendant cette période le boulevard du Guide y est décrit comme une large place,
plantée de vieux sycomores, au milieu duquel est implanté un beau parc, égayé d'arbustes en fleurs ; au centre du square, entouré de grilles, s'élève un joli kiosque pour la musique.

Le Creusot - Plan Quartier du Guide 1883
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Quelques inévitables grèves viennent bien entendu émailler la vie de cette impressionnante cité industrielle.
Un premier mouvement social a lieu du 6 au 16 mai 1850, vite réprimé par l'arrivée en masse de l'armée et de nombreux gendarmes venus en renfort. On sait qu'à ces époques, les militaires ont la gâchette facile lors des grèves de mineurs, les exemples abondent en ce sens... (2)
En janvier 1870, c'est au tour des ouvriers des usines de tenter le coup de force, stoppé net en quatre jours par deux régiments de ligne et quatre escadrons de lanciers. En mars 1870, les mineurs prennent le relais : cette fois-ci, 25 mineurs sont déférés au tribunal d'Autun ; les condamnations fermes à la prison tombent comme à Gravelotte, en tout 298 mois de prison sont distribués aux uns et aux autres. (3)


Le Kiosque à musique devient la figure emblématique des manifestations creusotines
La dernière grève du Creusot du dix-neuvième siècle, la plus longue, la plus marquante et la plus retentissante, va transformer le Kiosque à musique en une tribune permanente d'où les orateurs en verve vont haranguer les milliers de grévistes, avides de belles paroles.

Premier mouvement, partiel, du 16 au 17 mai 1899
Tout commence le mardi 16 mai 1899, date à laquelle soixante ouvriers des hauts-fourneaux se mettent en grève, suivis par quelques camarades. La raison du conflit : l'embauche en grand nombre de bretons accordant des salaires supérieurs au creusotins, lesquels réclament alors un salaire égal et un jour de repos supplémentaire.
Le sous-préfet d'Autun, M. Phélut, intervenant en médiateur, les grévistes accroissent leurs prétentions demandant maintenant à pouvoir se syndiquer. Après avoir refusé dans un premier temps la compagnie Schneider finit par céder devant les instances de Phélut et les ouvriers reprennent le travail le 18 mai.

Grève générale du 29 mai au 2 juin 1899
Le 29 mai 1899, la grève est décrétée par les quatre mille ouvriers des ateliers de chaudronnerie, forges, mais dès le lendemain, elle s'étend à l'ensemble des huit mille cinq cents ouvriers qui réclament une augmentation de cinquante centimes par jour. Tandis que la gendarmerie est déployée dans les rues, la troupe occupe immédiatement les usines : la caserne d'infanterie Sarcey, actuellement occupée par les trois bataillons du 29e régiment de ligne commandés par le lieutenant-colonel Bazin, a précisément été créée en 1873 pour ce genre de situation. Deux bataillons du 13e de ligne de Nevers et trois escadrons du 16e régiment de chasseurs de Beaune sont attendus pour le lendemain.

Le Creusot - Manifestations de grévistes en 1899 — Arrivée de la troupe en 1899
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Une réunion des grévistes, manipulée par l'orateur socialiste Maxence Roldes, secrétaire de la bourse du travail de Dijon et rédacteur de la Petite République, a lieu le 31 mai à huit heures et demie du soir au Square du Guide. Les ouvriers sont groupés par corps de métier ; des pancartes plantées sur les arbres indiquent la place de chaque groupe : hauts-fourneaux, puits, forges, aciéries. En prévision de cette réunion, le 16e Chasseurs est venu se masser sur les trottoirs du Boulevard du Guide. Les mots fusent entre les grévistes et les cavaliers, lesquels sont rapidement désarçonnés par la masse de deux mille manifestants. Roldes harangue la foule du haut du Kiosque à musique.

Le lendemain, 1er juin, à 8 heures du soir, les grévistes commencent à affluer et quelques uns envahissent le kiosque à musique. A 9 heures, devant trois mille grévistes, Maxence Roldes, puis le délégué Klausse prennent successivement la parole sur le kiosque.
Une lettre de Schneider du 2 juin annonce aux ouvriers une augmentation de 25 centimes par jour, à partir de 21 ans, 20 centimes de 18 à 21 ans et 15 centimes en deçà de 18 ans. En outre les retraités des usines obtiennent pour eux et leur famille la délivrance d'un livret médical leur assurant la gratuité des soins et de la pharmacie.
Le lendemain samedi 3 juin, les huit mille cinq cents ouvriers reprennent leurs postes de travail.

Les fêtes du 14 juillet 1899
Accueilli à la gare du Creusot comme un prince, Maxence Roldes est emmené en voiture pour rejoindre l'ancien vélodrome Corneloup, avenue de Chanliau, où l'orateur prend la parole devant quinze mille auditeurs. Ensuite, musique en tête, un cortège se met en place et défile le long des rues, accompagné de chars improvisés montrant une hostilité totale au patronat.

Le Creusot - Manifestations socialistes du 14 juillet 1899
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Deuxième grève générale du 20 septembre au 7 octobre 1899
Deux ouvriers du service de l'artillerie ayant été mis à pied puis renvoyés, une nouvelle grève se met en place le 20 septembre, à la suite d'une réunion des ouvriers à quatre heures, boulevard du Guide.
Aussitôt ordre est donné au 26e dragons de se mettre en route pour Le Creusot : un train spécial étant affrété à Dijon. De leur côté les gendarmes arrivent en grand nombre de tout le département.
Les réunions quotidiennes reprennent de plus belle sur le Kiosque à musique du square au milieu des milliers de grévistes agglutinés sur la place du Guide qui devient désormais la place de la Grève. Les manifestants font la navette entre le boulevard du Guide, la place de la Molette et le vélodrome où, là encore, les orateurs se font entendre, parmi lesquels reviennent fréquemment Klausse, du
Peuple ; Desbrosses ; Charleux, ouvrier syndiqué ; et le fameux Adam, secrétaire du syndicat du Creusot, avec lequel Eugène Schneider refuse de traiter pour négocier les revendications, ledit Adam ne faisant pas partie du personnel.
Maxence Roldes, réclamé à cor et à cri, arrive au Creusot le 24 septembre. Par l'intermédiaire de son journal
La Petite République, il annonce ses revendications : questions de salaires, les accords du 2 juin n'ayant, selon lui, pas été respectés ; liberté syndicale ; liberté de pensée.
Après ses discours du 24 sur le Kiosque à musique, Roldes demande à être épaulé :
des réunions en plein air avec douze ou quinze mille auditeurs sont épuisantes pour les orateurs. Si nous sommes deux jours sans appui, nous serons tous aphones.
Les revendications ayant été considérées par Eugène Schneider comme exemptes de fondement, sont rejetées.
Le 27, en prévision d'un durcissement de la situation, le 85e de ligne, en garnison à Cosne, est transporté au Creusot. Le 134e de ligne de Mâcon, le 56e de Chalon et le 27e de Dijon sont prêts à intervenir.
Le 28, lors du meeting quotidien, c'est au tour de Phélut, le sous préfet d'Autun, de monter sur le Kiosque à musique, afin d'y prêcher la bonne parole, mais cela n'empêche pas les trois à quatre mille manifestants présents,
surexcités, de proclamer la continuation de la grève. Maxence Roldes, absent, fait dire à ses troupes qu'il n'est pas bien portant...
La situation étant dans l'impasse, le comité de la grève décide le 4 octobre de faire appel à la médiation du président du conseil Waldeck-Rousseau. Et c'est à six heures du soir que,
franchissant les marches du kiosque, les élus socialistes et les militants viennent annoncer triomphalement cette décision.
Waldeck-Rousseau accepte cette mission et, le 7 octobre, sa décision arbitrale est rendue : Schneider s'engage à respecter les accords du 2 juin, à ne faire aucune différence entre ouvriers syndiqués ou non syndiqués et à procéder à la nomination d'un délégué par branche d'activité ; lors de conflits, l'intermédiation d'un syndicat extérieur est autorisée à condition que les deux parties en soient d'accord.
En fait, rien de nouveau, puisque toutes ces propositions étaient déjà acceptées par Eugène Schneider.
A partir du 12 octobre, le travail reprend au Creusot, en fonction du temps nécessaire au redémarrage des usines. Trois jours après la cité a repris son cours normal et les troupes sont parties pour de nouvelles aventures...


Le Creusot - Grèves de 1899, réunions publiques du boulevard du Guide
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En prévision d'une éventuelle résurgence des grèves, ce en quoi il n'aura pas tout à fait tort les 13 juillet 1900 et suivants, Eugène Schneider fait raser le square du Guide en mai-juin 1900, en prenant prétexte du projet de construction, à cet emplacement, d'un nouvel Hôtel de Ville qui était dans les cartons de son père depuis 1896. Ainsi toute trace du sulfureux passage des manifestants est effacée. Schneider va prendre la précaution de faire démonter le Kiosque à musique, afin de le faire reconstruire dans le Parc de Montporcher qui est en cours d'aménagement.
Alors que les clôtures du square du Guide avaient déjà été arrachées dès le mois de mai 1899 et après le passage des ouvriers terrassiers et charpentiers qui procèdent au démontage du kiosque et à l'arasage du jardin, ce lieu est décrit, en juillet 1900, comme
un terrain inculte, fréquenté seulement par les sans-travail et les enfants aux pieds nus qui viennent glaner les écorces que la sécheresse détache des arbres.

C'est donc à la place de l'ancien kiosque à musique, sur une partie du square du Guide que la municipalité fait édifier son nouvel Hôtel de ville, grâce au don de deux cent cinquante mille francs qu'Henri Schneider avait destiné dès 1896 pour cette édification. L'architecte parisien Louis Legrand (1852-1933) est chargé des plans de ce monument qui sera construit de 1901 à 1903.

Le Creusot - Boulevard du Guide et Hôtel de Ville — Vue arrière de l'Hôtel de ville, emplacement de l'ancien kiosque
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Le boulevard du Guide sera rebaptisé boulevard Henri-Paul Schneider.
La société Schneider et Cie devient, en 1949, la Société des Forges et Ateliers du Creusot, et Creusot-Loire en 1970...
Kiosque du Guide translaté dans le Parc Montporcher.


voir ici, le boulevard du Guide et l'Hôtel de Ville du Creusot sans le kiosque, aujourd'hui.(1/4) (2/4) (3/4) (4/4)

Le Creusot - Hôtel de Ville
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publié par Jean Marc Lun 28 Oct 2019 17:35

9 août 1874 — Une foule immense assiste à l'ascension aérostatique de Jules Duruof sur le boulevard du Guide
— Dimanche dernier, 9 août, la ville du Creusot offrait à l'occasion de sa fête patronale de la St-Laurent, le spectacle d'une ascension aérostatique dirigée par un habile aéronaute de Paris, M. Jules Duruof.
L'ascension qu'il vient d'exécuter au Creusot, sur 10 boulevard du Guide, est une preuve nouvelle de connaissances théoriques et pratiques approfondies dans l'art qu'il exerce. Annoncée pour 4 heures, elle ne pût s'effectuer que 2 heures après, l'arrivée du gaz d'éclairage se faisant trop lentement. Le gonflement du ballon s'effectua très heureusement, dirigé par M. Duruof qui, seul, sut suffire aux délicates précautions qu'il exige. Le public s'y intéressait d’ailleurs d'une façon manifeste, car pas une marque d'impatience ne s'échappa de la foule immense accourue à ce spectacle, pendant les 2 heures de retard qu'elle eut à subir.
Enfin, à 6 heures 15, le ballon commence à s'élancer dans les airs occupant presque toute la largeur du boulevard du Guide.
M. Duruof monte dans son étroite nacelle, muni d'une carte d'état major, de ses instruments de précision et de 30 kilos de lest, et, à 6 heures 20, le Torino s'élève majestueusement dans les airs, salué par les acclamations enthousiastes de plusieurs milliers de spectateurs. — En quelques secondes le ballon avait atteint une hauteur verticale de 3 à 400 mètres, et, emporté avec une grande vitesse vers les régions de l'Est, il était déjà loin que toutes les mains s'agitaient encore.
Une heure après le ballon atterrissait, sans accident, au nord de Chalon, entre les villages de Virey et de Crissey.

1er juin 1879 — La Fanfare de Givry et son cher M. Munier, en virée au Creusot, donne un concert sur le boulevard du Guide, accompagnée de l'Harmonie du Creusot dirigée par M. Perin, apparemment un gai luron...
— Je viens au nom de la Fanfare de Givry, remercier Messieurs les membres de l'Harmonie du Creusot de l'affectueux accueil qu'ils nous ont fait le premier de ce mois.
A peine arrivés au Creusot, les témoignages d'amitié et de bienveillance nous sont prodigués. Une foule sympathique nous reçoit, un déjeuner nous attend à la Charmille.
A 5 heures, concert sur le boulevard du Guide par les deux sociétés de musique jouant alternativement. Empressons-nous de dire que les habitants du Creusot, voulant nous témoigner toute leur bienveillance, nous ont prodigué les bravos les plus flatteurs.
Le soir, un grand dîner nous était offert à l'hôtel Rodrigue, par les membres de l’Harmonie.
Inutile de dire que la plus franche gaieté a régné d'un bout à l'autre du dîner. Celui-ci s'acheva au milieu d'un feu roulant de bons mots, de chansons comiques et de traits d'esprit que M. Perin lançait à tout propos.
Le lendemain, après une sérénade donnée à M. Schneider, la Fanfare reprenait la route de Givry, emportant le meilleur souvenir de la ville du Creusot. (H. Nectoux, vice-président de la Fanfare de Givry)

Le Creusot - Programmes des fêtes patronales de Saint-Laurent en 1877, 1879 et 1885
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4 mai 1884 — Un des premiers concerts sur le Kiosque à musique du Guide
— Jeudi dernier, la société la Philharmonique des Usines, si habilement dirigée par M. Temporal, a donné son premier concert de musique et s'est justement fait applaudir dans Gabrielle d'Estrée, ouverture, dans la Bernoise, valse, et dans un magnifique pas redoublé.
Mais le succès de la soirée a été pour la jeune fanfare des Ecoles, de M. Schneider, qui, ne comptant pas plus de six mois d'existence, a exécuté, pour son début, deux morceaux, dont une ouverture, qui a été dite avec une précision et un ensemble remarquables. Aussi, les applaudissements n’ont-ils pas été ménagés.

9 au 11 août 1884 — Fête patronale de la Saint-Laurent ; concert de l'Harmonie des usines du Creusot sur le Kiosque à musique du Guide
4 août 1884 — Programme de la Fête patronale. La ville du Creusot célébrera sa fête patronale de Saint-Laurent, les dimanche 10 et lundi 11 août prochains. En voici le programme :
Samedi 9, à neuf heures du noir, retraite aux flambeaux.
Dimanche 10, à sept heures du matin, distribution extraordinaire de secours aux indigents ; à trois heures du soir, sur le boulevard du Guide, représentation publique donnée par la société de gymnastique l'Avenir du Creusot ; à neuf heures du soir, sur la place de la Molette, feu d'artifice composé et tiré par M. Floutier, artificier de Toulouse.
Lundi, à une heure du soir, sur la place du Marché, ascension au mât de cocagne ; à deux heures du soir, sur le bassin du Guide, mât de Beaupré ; à quatre heures du soir au kiosque, concert par la Société l'Harmonie des usines du Creusot.
Pendant la durée des fêtes, bals, panoramas, spectacles et jeux divers.

14 août 1884 — Compte rendu de la Fête patronale des 10 et 11 août. La fête patronale du Creusot a été très animée cette année et a amené un grand nombre d’étrangers.
Samedi soir, une retraite aux flambeaux, à laquelle l'Harmonie des Usines prêtait son concours, a parcouru les principales rues de la ville. On a beaucoup admiré les nombreuses lanternes aux couleurs variées qui donnaient à cette retraite un aspect vraiment féerique.
Le dimanche matin, une distribution extraordinaire de secours a été faite aux indigents.
A trois heures du soir, la Société l'Avenir a donné une grande séance de gymnastique. Les exercices ont été exécutés avec une adresse et une agilité qui ont émerveillé l'assistance considérable qui, malgré la grande chaleur, s’était empressée de venir à cette séance. Les applaudissements ont accueilli cette société, dont la bonne tenue et l'excellente organisation lui font le plus grand honneur.
A neuf heures, un superbe feu d'artifice a été tiré sur la place de la Molette par M. Floutier, artificier à Toulouse, qui a supplanté cette Année M. Ruggieri.
Le lundi 11, à quatre heures, sur le boulevard du Guide, l'harmonie des Usines a donné un brillant concert, sous la direction de M. Temporal.
La grande place du Marché était remplie de baraques de toute espèce, et la foule n'a pas cessé d’y stationner pendant les deux jours de fête.

7 au 9 août 1886 — Les fêtes patronales de la Saint-Laurent se déroulent sur le boulevard du Guide, sur le Kiosque, sur la place de la Molette et sur la place Schneider
— La fête patronale dite de Saint-Laurent sera célébrée cette année les dimanche 8 et lundi 9 août 1886.
Une grande foire aux bestiaux aura lieu le 7 août dans la matinée, sur la place de la Molette, et le soir, grande retraite aux flambeaux par l’Harmonie des usines, accompagnée par les pompiers et la Société de gymnastique l'Avenir.
Le dimanche 8, à sept heures du matin, au bureau de bienfaisance, distribution de secours aux indigents ; à deux heures du soir, sur le boulevard du Guide, séance de la Société de gymnastique l'Avenir ; à neuf heures du soir, sur la place de la Molette, grand feu d'artifice, composé et tiré par la maison Ruggieri.
Lundi 9 août, à trois heures du soir, sur le boulevard du Guide, courses à pieds avec obstacles ; à quatre heures et demie, au Kiosque du Guide, concert par l'Harmonie des usines.
Pendant toute la durée de la fête, bals, musées, spectacles et jeux divers sur la place Schneider.

Le Creusot - Fête St Laurent 1904, place Schneider
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14 juin 1896 — Programme des concerts d’été donnés par la Musique des usines sur le Kiosque à musique du square du Guide
— Dimanche 14 juin, à 4 heures du soir ; jeudi 25 juin, à 8 heures du soir ; jeudi 2 juillet à 8 heures du soir ; dimanche 12 juillet, à 4 heures du soir ; jeudi 23 juillet, à 8 heures du soir ; jeudi 6 août, à 8 heures du soir ; dimanche 16 août, à 4 heures du soir ; jeudi 27 août, à 8 heures du soir ; jeudi 3 septembre, à 8 heures du soir ; dimanche 13 septembre, à 4 heures du soir et jeudi 24 septembre à 8 heures du soir.

6 août 1896 — Concert de l’Harmonie des Usines sur le Kiosque du Guide
— L’Harmonie des Usines donnera jeudi soir, à 8 heures, un concert dont voici le programme : L’Industrie, pas redoublé (Carré). — Sigurd, fantaisie (Royer). — Marien, valse (Gung’l). — Les cloches de Corneville (Planquette). — Adam et Eve, polka (Reynaud).

15 au 17 août 1896 — La Saint-Laurent, fêtée chaque année, présente quelques nouveautés de détail à chaque édition
— Voici le programme dc la fête patronale du Creusot qui aura lieu les dimanche 16 et lundi 17 août :
Samedi 16, à 9 heurts du soir, retraite aux flambeaux par la compagnie des sapeurs pompiers, avec le concours de la garnison, de l'Harmonie des usines et de la société de gymnastique l'Avenir.
Dimanche 16, à 7 heures du matin, à la mairie, distribution de secours aux indigents ; à 2 heures ½ du soir, sur le boulevard du Guide, séance de gymnastique par la société l'Avenir du Creusot, avec le concours de la Fanfare de Saint-Sernin-du-Bois ; à 9 heures du soir, sur la place de la Molelle, feu d'artifice, composé et tiré par MM. Delaperrière, Dida et Aubin, successeurs de Ruggieri.
Lundi 17, de l heure à 4 heures du soir, sur l'hippodrome de la Villedieu, courses vélocipédiques. Le montant des prix offerts par MM. Schneider, par le Vélo-Club et par la Ville du Creusot s'élève à 1.570 francs.
A 4 heures ½, au kiosque du Guide, concert par l'Harmonie des usines.
Pendant toute la durée de la fête, sur la place Schneider : cirque, montagnes russes, musées, bals, tirs et spectacles divers.

30 septembre 1896 — L'Harmonie des usines, financée par la compagnie Schneider donne des concerts quasiment chaque dimanche sur le Kiosque du Guide, pendant la saison
— L'Harmonie des usines a donné, dimanche soir, son dernier concert d'été au Kiosque du Guide. Malgré une température relativement froide, une foule nombreuse assistait à cette belle audition.

Très certainement les derniers concerts donnés sur le Kiosque du Guide
— 23 juillet 1899. Dimanche 23 juillet, à 4 heures du soir, l’Harmonie et la Fanfare du Creusot donneront un concert au Kiosque du boulevard du Guide. Voici le programme : harmonie et fanfare : La Marseillaise. — fanfare : Salmigondis, pot-pourri (Bléger). — harmonie : Cécile, valse (Carré). — Carmen, fantaisie (Bizet). — En liesse, marche (Turine).
— 14 août 1899. Programme du concer que l’Harmonie des Usines donnera le lundi 14 août, à 4 heures ½ du soir, au Kiosque du boulevard du Guide : Allegro militaire. — Le roi d’Yvetot, ouverture. — Satanella, polka. — Les fleurs de mai, redowa. — La Couronne d’or, fantaisie. — Marche indienne.

28 septembre 1999 — Description d'un des innombrables meetings qui se déroulaient sur le Kiosque à musique du Guide lors des grèves du Creusot.
— Le Creusot, 28 septembre. J'ai assisté tout à l'heure à la descente du peuple des hauteurs creusotines, qui allait assister, sur le boulevard du Guide, à un meeting en plein air. Drapeaux tricolores en tête, des hommes, des femmes et des enfants défilent d‘un pas... tranquille, eu conversant, pareils aux membres d'une société de tir ou de gymnastique qui reviendrait d'un concours, avec sur sa bannière, quelques médailles nouvelles. Les femmes et les enfants, que font-ils là ? Quant aux hommes, ils sont pour la plupart, de vingt à trente ans ; beaucoup sont de tout jeunes gens, des gamins, comme on les appelle à l'usine. Où sont les hommes faits, ceux qui, munis par l'expérience, auraient dû se garder soigneusement des excitations intéressées des meneurs professionnels ?
Les grévistes sont au nombre de plus de neuf mille rien qu'au Creusot et c'est à peine si le cortège comprend sept à huit cents personnes.
Un meeting en plein air. Arrivé au Jardin public qui se trouve sur le boulevard du Guide, les manifestants se scindent ; les meneurs, les porte-drapeaux, dont plusieurs sont des femmes, et leurs gardes du corps vont s'installer sur le kiosque à musique ; les grévistes vulgaires, eux, restent dans le jardin et les discours commencent : on se croirait à Londres, à un meeting d'Hyde Park.
Les orateurs se succèdent rapidement ; ils sont très brefs ; les uns se bornent à se placer au premier rang en avant du kiosque ; d'autres, ceux qui éprouvent le besoin de mieux se faire voir, montent sur une table. Les drapeaux tricolores leur font un joli cadre et vraiment, dans le décor des arbres restés très verts, le spectacle est assez curieux et original.
Ces jours derniers, les drapeaux étaient roulés autour de la hampe, de façon que la bande rouge fût seule visible ; mais le sous-préfet a mis le holà à cette facétie révolutionnaire.
Le thème généralement choisi est « soyez calmes, à outrance ». Mais, en réalité, tous les orateurs prêchent la grève quand même et se livrent à diverses attaques contre la direction du Creusot et contre M. Schneider qu'ils qualifient d'exploiteur et qu'ils appellent avec dédain « le châtelain de là-haut » en montrant du doigt le monticule sur lequel s'élève le « château de la Verrerie » très modeste maison bourgeoise.
Ils invectivent violemment M. Félix Martin, sénateur de la circonscription, qui vient de faire apposer une affiche intitulée Paix et conciliation et sur laquelle son nom est suivi de cette mention « enfant et ami du Creusot. »
Tour à tour, on entend le citoyen Quilici, jeune corse, conseiller municipal de Marseille qui est, je crois, marchand d'huile par profession et commis-voyageur en grève par goût ; Clausse, rédacteur au journal socialiste de Lyon le Peuple, et ancien ouvrier verrier ; Maxence Roldes, rédacteur à la Petite République, l'un des agitateurs les plus remuants de ce temps ; Pellerin, directeur de l'Echo des Sports, etc. Je me demande ce que les sports ont bien à voir dans l'affaire !
Vous le voyez, au Creusot comme partout, ceux qui poussent le plus à la grève sont étrangers à la corporation intéressée.
Ce qu’il y a de plus drôle, c'est que la promenade du Guide et le jardin d'où les orateurs déblatèrent contre M. Schneider, quoique ouverts au public, sont la propriété personnelle du même M. Schneider.
Les discours terminés, les orateurs emmènent les grévistes faire à la campagne une promenade, comme on conduit les collégiens en bande amusée les jours de sortie...

Le Creusot - Grèves 1899, manifestations socialistes
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24 mai 1900 — Il est probable que le kiosque du boulevard du Guide a été démonté juste après ce dernier concert pour être reconstruit dans le Parc de Montporcher
— La Saint-Hubert, société indépendante de trompes de chasse, donnera son premier concert le 24, jour de l’Ascension, au Kiosque boulevard du Guide, à 4 heures du soir.
Le second concert aura lieu le dimanche 27 mai, à 4 heures du soir, sur la place Schneider.

(Journal le Courrier de Saône et Loire du 22 mai 1900)

13 et 14 juillet 1911 — Le kiosque supprimé sur le boulevard du Guide n'empêche pas les attractions de s'y poursuivre. Cependant, c'est la place Schneider qui accueille maintenant les concerts
— Fête nationale. Programme : jeudi 13 juillet, à 9 heures du soir, retraite aux flambeaux par les tambours et clairons de la garnison avec le concours de la Fanfare du Creusot et de la section des Clairons, tambours et fifres de la Société de gymnastique « La Jeunesse Ouvrière » ; parcours habituel.
Vendredi 14 juillet : réveil en fanfare par la Société des trompes de chasse ; de 6 heures à 8 heures du matin, distribution de secours aux indigents ; 9 heures, place de la Molette, revue de la garnison par le commandant d'armes ; à 3 heures du soir, boulevard du Guide, séance de gymnastique par la Société « La Jeunesse Ouvrière » ; de 8 h. ½ à 9 h. ½, place Schneider, concert par la Fanfare du Creusot ; à 9 h. ½, place Schneider, feu d'artifice : pendant le feu d’artifice, concert par les Trompes de chasse.
Pavoisement et illuminations des édifices communaux ; bals, jeux et attractions diverses.

7 août 1924 — Concert de l'Harmonie des usines, place de la Caserne
— Harmonie des Usines. Programme du concert qui sera donné ce soir jeudi, de 21 heures à 22 heures, place de la Caserne, sous la direction de M. Courrouy :
Les Gymnastes, allegro. J. Pehel. — Circé, ouverture (Wettge). — a) Peer Gynt (Mort d'Ase) (Grieg) ; b) Tambourin (Rameau). — La Cocarde de Mimi Pinson (Goublier). — La Houzarde, valse (Ganne).
Ce concert devait avoir lieu place Schneider ; il a été impossible de l'y installer en raison de l‘occupation de la place par les baraques foraines. Il aura lieu place de la Caserne afin de donner un peu d'animation à ce quartier déshérité.


Le Creusot - Boulevard du Guide, Hôtel de Ville - Fanfare du Creusot, cavalcade 17 mars 1912
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Quelques concerts sur le boulevard Henri-Paul Schneider, ex boulevard du Guide
11 août 1928 — De 15 à 17 heures, sur le boulevard Henri-Paul Schneider, séance d'escrime donnée par la société l'Espérance. Concert par la fanfare de l'Espérance.
De 17 à 18 heures, au même lieu, grand concert donné par l'Harmonie des Usines. Programme : Marche triomphale d'Hamlet (A. Thomas. — a) Menuet ; b) Allegretto ; c) Scherso (Beethoven) — Valse de Concert (Walsch). — Farandole de l'Arlésienne (Bizet). — Danses hongroises n° 5 et 6 (Brahms).

15 août 1928 — De 17 à 18 heures, boulevard Henri-Paul-Schneider, grand concert donné par l'Union musicale de la ville du Creusot. Programme : Alsace, allegro (Andrieu). — Après le combat, ouverture (Painparé). — La Berceuse de Jocelyn, solo trombone à coulisse par M. Richard (Godard). — Les Cloches de Corneville, fantaisie (Planquette). — La Portenita, valse (Popy).
15 août 1929 — Vendredi 15 août 1929, de 17 à 18 heures, boulevard Henri-Paul Schneider, grand concert donné par l'Harmonie des Usines. Voici le programme : 1. Le Grognard. Parès. — 2. Marche bretonne. Fritsch. — 3. La Source. Léo Delibes. — 4. Autour du clocher, ronde villageoise. Pirouelle. Le chef, R. Courrouy.
17 août 1929 — Dimanche 17 août, de 17 à 18 heures, boulevard Henri-Paul Schneider, grand concert donné par l'Union musicale de la ville du Creusot. Voici le programme : 1. Marche romaine. Clérice. — 2. Le manoir enchanté, ouverture. Paimparé. — 3. Chanson des nids, polka pour deux clarinettes. Buot. — 4. Sélection sur le chemineau. Leroux. — 5. L'Avenir, allegro. Fonteix. Le directeur, Bouthenet.

Le Creusot - Cavalcades
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Sociétés musicales actives au Creusot en 1909 :
Cercle choral, président A. Ducloux, direction Louis Laurent, 75 exécutants ;
Harmonie du Creusot, président Sevelinges, direction Coin, 62 exécutants ;
Symphonie du Creusot, président E. Pitavy, direction Louis Laurent ;
Fanfare de trompes St-Hubert, président Deschamps, direction Pacaud, 16 exécutants.

(1) Liste des adjudicataires du Creuzot futurs actionnaires de Schneider Frères et Compagnie :
Ferdinand Coste maître de forge et maire de Chalon-sur-Saône ;
Jeanne Caumartin, maîtresse de forges de Lacanche (Côte d'Or), veuve du député Jacques-Etienne Caumartin ;
Ferdinand Berthod, négociant et banquier de Chalon ;
Louis Théodore Coste, négociant de Chalon ;
Antoine Jules Coste, négociant de Chalon ;
Joseph-Fortuné Petiot-Groffier, avocat, industriel sucrier et maire de Chalon et député ;
Abel Petiot, propriétaire à Chalon, industriel viticole ;
Jean-Gaspard Paccard, sous préfet de Châlon-sur-Saône ;
Jules Chagot, associé-gérant des mines et houillères de Blanzy ;
Eugène de Bassano, associé-gérant des mines et houillères de Blanzy ;
Félix-David Bouault, banquier dijonnais ;
Alexandre de Meillonas, maître de forge dijonnais ;
Jean-Baptiste de Batz, directeur des contributions directes de Laon ;
Victor Moussière dit Moussier, petit-fils de l'ancien maire de Dijon, propriétaire dijonnais ;
Louis Quirot de Poligny, propriétaire de Luzy (Nièvre) ;
Joseph-Marie Perret-Morin, propriétaire à Buxy, actionnaire des mines de Blanzy ;
Joseph Perret, propriétaire de Chassagne (Côte d'Or).
Quasiment que du beau monde !

(2) Nous avons concocté un résumé des multiples versions de ces événements du 6 au 16 mai 1850, lesquelles sont toutes plus ou moins exagérées : nul ne saura jamais l'exacte vérité de cette semaine chaude :
— Le 6 mai 1850, les mineurs déclenchent une grève, avec à leur tête un certain Chenevey qui, aidé d'une poignée d'irréductibles, va pousser les grévistes à une "mutinerie". Chenevey ayant été arrêté, sept à huit cents ouvriers envahissent la place de l'hôtel de ville (l'ancien mairie) le 10 mai ; l'armée est immédiatement sur place, avec cinq cents hommes du 13e de ligne, accompagnés de soixante gendarmes. Le 14, huit meneurs sont incarcérés à Autun...

(3) Les grèves de 1870 au Creuzot
Un mouvement beaucoup plus long est déclenché le 20 janvier, par les ouvriers des usines, au lendemain du licenciement d'un ajusteur, Adolphe Assi. Le 21, deux régiments de ligne arrivent de Lyon, musique en tête, débarqués au Creusot, au moyen de deux trains spéciaux ; à la même heure, 40 gendarmes de la 24e légion de Dijon se joignent aux troupes ; l'après midi, quatre escadrons du 7e régiment de lanciers arrivent de Moulins ; tout ce "petit monde" sera caserné aux nouvelles forges. On se doute que, devant un tel raz-de-marée militaire, les ouvriers des usines ne tardent pas à reprendre le travail. Le 24, tout rentre dans l'ordre. Mais le 21 mars, c'est au tour des mineurs de se mettre en grève. Là encore, deux jours après, trois régiments viennent contrôler la situation. De nombreuses arrestations ont lieu.
Le 7 avril 1870, le Tribunal d'Autun condamne 25 prévenus qui vont écoper de 298 mois de prison s'étalant d’un mois à trois ans.
Le 15 avril 1870, les grévistes signent la reprise du travail.
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JeanMarc
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mar. 5 nov. 2019 10:36

LE CREUSOT - Entrée du Parc de Montporcher
(SAÔNE ET LOIRE)

Le Parc de Montporcher situé au lieu-dit le Grand Champ, près du grand Bois de Mont-Porcher, fait partie des vastes terrains que la compagnie Schneider a récupérés des acquisitions réalisées au XVIIIe siècle par François de la Chaise, dans le but d'y trouver d'éventuelles traces de houille.

Plan du Creuzot en 1883 (quartier du Parc de Montporcher et ensemble)
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Eugène Schneider (1868-1942) qui vient, en 1899, de faire front aux huit mille cinq cent grévistes de ses usines du Creusot, aurait pu en rester là. Bien au contraire, dès septembre 1900, il fait aménager, dans le parc de Montporcher, un vélodrome dont la piste mesure un tiers de kilomètre avec virages suffisamment relevés pour 60 kilomètres à l'heure. Auparavant les creusotins, férus de vélocipèdes et bicyclettes, disputaient des courses au vélodrome de l'avenue de Chanliau puis à celui du polygone de la Villedieu.
On a vu
(voir ici) qu'à l'issue de ces grèves, Schneider a fait procéder, en juin 1900, au démontage du Kiosque à musique qui se trouvait dans le square du boulevard du Guide, afin de l'installer plus tard dans le Parc de Montporcher. Dans le même temps, la compagnie Schneider fait aménager le Parc afin de pouvoir y accueillir les nombreux promeneurs escomptés : un pavillon de garde — tenu par M. et Mme Lhenry — avec salle pour les boissons et un local pour les joueurs de law tennis, un Chalet pour le guignol, des terrains de jeux de quilles et de boules.

Le Parc de Montporcher est inauguré le dimanche 28 juillet 1901 ; à cette occasion une kermesse est organisée à laquelle participent onze sociétés musicales, gymniques, d'escrime, de tir et de jeux ; un concert est donné par les trois musiques présentes : l'Harmonie du Creusot, le Cercle Choral du Creusot et la Société des Trompes de chasse Saint-Hubert.
Reconstruit au centre de l'allée du parc partant de la maison du garde, le Kiosque à musique est inauguré l'année suivante, le dimanche 11 mai 1902 avec le concours de l'Harmonie et de la Chorale : les allées du Parc y étaient
noires de monde.

Le Creusot - Guignol au Parc de Montporcher — Défilé des sociétés musicales et sportives du Creusot
(Clichés tirés de l'ouvrage des Editions Lahure 1912 : Les Etablissements Schneider - Economie Sociale)
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Ces premières fêtes seront suivies de nombreuses autres lors de la belle saison. Le Kiosque à musique est parfois transformé en théâtre de verdure.
Une foule considérable assiste aux très fréquentes courses cyclistes organisées par le Vélo-Club Creusotin sur le vélodrome ; ce dernier accueille également des courses pédestres, des matches de boxe et des concours de gymnastique et d'escrime.
Les rencontres de football-rugby, de football et d'athlétisme (Cercle sportif creusotin et Sporting club creusotin) se déroulent sur le vélodrome en attendant qu'un terrain y soit aménagé. Ce n'est que vers 1920, qu'un Stade, dévolu à ces sports, est construit le long du Parc de Montporcher. On y voit ainsi évoluer, à partir de cette date, l'équipe de football la Jeunesse ouvrière du Creusot (J.O.C.), et l'équipe de Rugby le Club Olympique Creusotin (C.O.C.). Pour l'ouverture de la saison du 2 septembre 1928, le Stade de football va bénéficier d'aménagement et d'une complète réfection.
Le premier vélodrome, très rudimentaire, est entièrement reconstruit de novembre 1921 à 1922, toujours à la charge de la Compagnie Schneider, la municipalité se chargeant uniquement de
conduire à pied d'oeuvre tous les matériaux nécessaires à la construction. C'est un certain Durand, concepteur, avec l'architecte Marcel Lambert, des pistes du Parc des Princes et du Vél' d'Hiv, qui est chargé de l'édification du nouveau Stade-Vélodrome. Celui-ci, construit en ciment, doté de virages permettant d'atteindre la vitesse de 90 km/h., est inauguré le 30 avril 1922. Des bancs installés sur un plan incliné, permettant d'accueillir 1.500 spectateurs, y sont aménagés à la place des anciennes tribunes.

Le kiosque à musique qui avait été sauvé de la destruction in extremis en 1900, est définitivement supprimé, vraisemblablement à la fin des années 1930.
Les époux Lhenry qui tenaient, depuis quarante années, le pavillon de gardien du Parc de Montporcher, s'en sont allés en 1941 : en décembre 1939, le père Lhenry y est décédé ; sa veuve, le 26 août 1941, est partie rejoindre sa fille installée à Joncy.
En 1963, le vélodrome du Parc de Montporcher est rasé pour y construire à sa place le stade Jean Garnier.
Le Parc Montporcher est lui aussi transformé, libérant une large place pour aménager deux terrains de sport supplémentaires et de vastes emplacements de stationnement. Cependant, la maison Lhenry de l'ancien gardien située rue de Montporcher ainsi que quelques allées boisées du parc subsistent encore aujourd'hui.
Kiosque disparu.

voir ici, la Maison du Garde et le Parc de Montporcher du Creusot sans le kiosque, aujourd'hui.(1/3) (2/3) (3/3)

Le pavillon du garde, situé à l'entrée du parc, sera occupé de 1901 à 1941 par les époux Lhenry. Au fond de l'allée, on entr'aperçoit le Kiosque à musique
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publié par Jean Marc Mar 5 Nov 2019 09:37

28 juillet 1901— Inauguration du parc Montporcher
— Dimanche prochain, 28 juillet, l'Union des Sociétés sportives et musicales du Creusot fêtera par une kermesse l'inauguration du Parc de Montporcher. Toutes les sociétés faisant partie de l'Union se réuniront à une heure boulevard du Guide, et à une heure et demie précise aura lieu le défilé dans l'ordre suivant :
1° Le Vélo-Club creusotin. — 2° La Société des trompes de chasse la Saint-Hubert. — 3° La Société de gymnastique l'Avenir. — 4° La Société d'escrime l'Espérance. — 5° La Société de tir. — 6° L'Harmonie du Creusot. — 7° Le Cercle choral du Creusot. — 8° La Société nautique. — 9° La Société de gymnastique l'Alliance. — 10° La Société de jeux de boules et de quilles. — 11° La Société des jeux divers.
Pendant la durée de la fête, les sociétés musicales donneront un concert. Il y aura également tirs, assauts d'escrimes et séances de gymnastique.
Le Vélo-Club Creusotin fera disputer une course scratch et un handicap, les sociétés de Gymnastique l'Avenir et l'Alliance, la société d'escrime l'Espérance donneront également de très intéressants numéros tandis que l’Harmonie du Creusot, le Cercle Choral du Creusot et la Société des Trompes de chasse se chargeront de la partie musicale.

15 août 1901 — Fête à Montporcher
— L’Union des sociétés sportives et musicales a organisé une grande fête qui aura lieu demain jeudi, à 2 heures, au Parc de Montporcher.
Avant la fête, les sociétés se réuniront à 1 heure, boulevard du Guide, pour défiler en traversant la ville et se rendre au parc.

7 février 1902 — Projet d'un manège de chevaux de bois dans parc de Montporcher
— L'Union des sociétés sportives et musicales du Creusot désirerait s'entendre avec le propriétaire d'un manège de chevaux de bois, pour installer un manège au parc de Montporcher. On pourrait, au besoin, concéder un monopole pour toute l'Année.
S'adresser à M. Boulade, président des sociétés sportives, au Creusot.

11 mai 1902 — Inauguration du Kiosque à musique du parc Montporcher
— Dimanche, a eu lieu l'inauguration du kiosque de musique édifié au parc de Montporcher. A cet effet, les sociétés faisant partie des jeux sportifs avaient organisé une fête d'inauguration qui a eu le plus complet et véritable succès, grâce au temps qui a été magnifique.
Tout Le Creusot s'était donné rendez-vous à Montporcher dont les allées étaient noires de monde.
Les sociétés, qui avaient fait les plus louables efforts pour assurer le succès de cette fête ouvrière, ont pleinement réussi.
L'harmonie et la chorale ont eu une bonne part du succès en exécutant avec leur talent habituel les plus beaux morceaux de leur répertoire.
Les deux sociétés de gymnastique, l’Avenir et l'Alliance, se sont surpassées et ont été très applaudies.
Signalons un ballet champêtre exécuté par l'Avenir, aux sons de la vielle, qui n'a pas été l'une des moindres attractions de la fête.
Des courses de bicyclettes ont été bien menées et les prix disputés avec ardeur.
Dans une séance de football, les jeunes membres du Cercle sportif creusotin ont démontré qu‘ils avaient fait de réels progrès.
Très remarquée une course exécutée par la Société nautique, ainsi qu'un remarquable assaut d’armes, fleuret, sabre et épée, par la société d'escrime l'Espérance, qui est en passe de devenir l'une des meilleures sociétés d'escrime de la région.
N'oublions pas la Saint-Hubert, qui fait retentir les échos du parc de magnifiques fanfares de chasse.
Les fifres de la Société d'escrime méritent également des éloges et, quand ils seront en nombre suffisant, contribueront au succès des fêtes à venir.
Après la fête, le défilé a été superbe.
L'harmonie et les fanfares jouaient des marches entraînantes ; les sociétés avec leur costume pittoresque suivaient en cadence, puis la foule qui se pressait, l'heure du dîner étant arrivée.

Kiosque à musique du parc de Montporcher
(Cliché tiré de l'ouvrage des Editions Lahure 1912 : Les Etablissements Schneider - Economie Sociale)
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29 juin 1902 — Grande fête de nuit à Montporcher, concert au kiosque
— L'Union des sociétés sportives et musicales du Creusot organise pour le dimanche 29 juin, au Parc de Montporcher, une grande fête de nuit comprenant : retraite aux flambeaux, concert au kiosque et un grand bal champêtre. Au cours de cette fête, une quête sera faite au profit des sinistrés de la Martinique.
(note : Cette quête recueillera 181 francs 35)


7 juin 1903 — L'organisation des fêtes au Parc de Montporcher est bien huilée : à chacune d'elles, toutes les sociétés musicales et sportives subventionnées par la compagnie Schneider en sont les garantes du succès
— L'Union des sociétés sportives et musicales orgunise pour demain dimanche, à 2 heures précise, une grade fête champêtre au parc de Montporcher, avec le concours de l'Harmonie du Creusot, de la Société des trompes de chasse, de la fanfare des trompettes, des sociétés de gymnastique l'Avenir et l'Alliance, des sociétés d'escrime et du Vélo-Cluh creusotin. De 4 à 5 heures, au kiosque, grand concert par l'Harmonie, courses de bicyclettes et de motocyclettes. Afin d'éviter les accidents pendant ces courses, il est extrêmement défendu d'amener des chiens, même tenus en laisse. La carte bleue 1903-1904 sera exigée pour l'entrée au parc de MM. les sociétaires de l'Union.

22 mars 1905 — M. Lhenry, garde du parc de Montporcher, a son lait assuré pour quelques temps !
— M. Baguet, route de Montcenis, a trouvé une vache blanche qu'il a remisée chez M. Lhenry, garde du parc de Montporcher, qui la tient à la disposition du propriétaire.

20 mai 1906 — Courses vélocipédiques sur le vélodrome du parc de Montporcher
— Les courses du Creusot. De grandes courses vélocipédiques auront lieu dimanche prochain 20 mai, à 2 heures ½ au vélodrome du parc de Montporcher. En voici le programme :
1ere course (vitesse) réservée aux membres du Vélo-Club. 1000 mètres et 2000 mètres.
2e course (vitesse) départementale, bicyclette. 1000 mètres et 2000 mètres.
3e course (demi-fond) départementale. 10 kilomètres avec entraîneurs à motocyclette.
4e course (consolation) pour coureurs n'ayant rien gagné aux autres courses.
Les engagements (1 franc) continuent à être reçus au siège social du Vélo-Club creusotin jusqu'au samedi 19 mai.

8 mars 1906 — Pugilat sur le terrain de football du Parc de Montporcher
— Le football adoucit les moeurs ! Les nombreux amateurs de football, que le beau temps avait attirés dimanche au parc de Montporcher, où le Cercle Sportif creusotin devait matcher avec l'équipe de Luzy, ont été fort surpris, dans un sens plutôt désagréable, de voir comment se comportait l'équipe invitée, recrutée de son propre aveu, pour la majeure partie, de lycéens de Nevers et des équipiers premiers de l'Union sportive autunoise.
Bien que disputée avec énergie, le match a été gagné par cette équipe hétérogène par trois essais contre deux aux Creusotins.
A propos de ce match, dont la lutte a pour ainsi dire dégénéré en véritable bataille, au cours de laquelle plusieurs équipiers ont été malmenés, le Cercle sportif se fait un devoir de prévenir le public creusotin qu'à l'avenir ces sortes de matchs, se transformant parfois en pugilat, ne se renouvelleront plus ; des mesures sévères seront prises dorénavant à cet effet.

18 novembre 1906 — Fête sportive au Parc Montporcher : en attendant l'aménagement d'un terrain adéquat, le vélodrome accueille les rencontres de football, rugby et autres épreuves d'athlétisme
— Cercle Sportif Creusotin. Demain dimanche 18 novembre, au parc de Montporcher, fête sportive dont voici le programme :
1° Match de football entre le Racing-Club chalonnais et le Cercle sportif creusotin. Coup d'envoi à 2 h. ½ après midi ;
2° Course pédestre de 8 kilomètres avec entraîneurs, réservée aux membres du C.S.C. Le départ de cette course se donnera après la première mi-temps du match de football.
Les coureurs, après avoir fait un tour de piste, suivront le parcours suivant : Montporcher, Maison-Neuve, Moulin à Vent, Montcenis, Les Groisons, Maison-Neuve, Montporchcr. Puis un nouveau tour de piste sera fait à l'arrivée.
De beaux prix offerts par la commission de courses à pied seront attribués aux premiers arrivants.

Le Creusot - Maison de garde du Parc de Montporcher (M. et Mme Lhenry) — Vélodrome et tribunes le long du parc de Montporcher
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26 mai 1907 — Concert du Cercle Choral au Kiosque du parc Montporcher
— À Montporcher. Pendant les courses vélocipédiques organisées par le Vélo-Club Creusotin, qui auront lieu demain dimanche au Parc de Montporcher, le Cercle Choral donnera au Kiosque du Parc, un concert dont voici le programme :
1. Pastorale, de Léo Delibes. — 2. La Cour des Miracles, de Léo Delibes. — 3. Sonnet de printemps, de Henri Maréchal.
Indépendamment des courses vélocipédiques, il y aura concours gratuit de boules et de quilles avec nombreux prix.


11 mai 1908 —Concert de l'Harmonie des Usines sur le kiosque, à l'occasion de la traditionnelle Fête du Printemps du Parc de Montporcher
— Fête du printemps. Demain dimanche, l'Union des sociétés du Creusot donnera au parc de Montporcher, sa grande fête annuelle du printemps, avec le concours des Sociétés sportives et musicales faisant partie de l'Union.
A 1 h. ¾, toutes les Sociétés se réuniront boulevard du Guide, pour se rendre en un grand défilé au parc de Montporcher
Pendant la fête, séances gymniques et d'escrime par les Sociétés l'Avenir, l'Alliance, la Renaissance et la Jeunesse ouvrière du Creusot, ainsi que la Société l'Espérance. De 4 à 5 heures, au kiosque, grand concert par l'Harmonie des usines, dont voici le programme : Marche cosaque (Parès). — Légende champêtre (Kelsen). — Ballet de Faust (Gounod).
Espérons que le beau temps se mettra de la partie et que cette fête aura tout l'éclat que désirent les organisateurs.

25 mai 1910 — Le Concert sur le Kiosque est le moment le plus apprécié par les Creusotins lors de la fête de Montporcher...
— Au Parc de Montporcher. La grande fête du printemps a été favorisée d'un beau soleil. Aussi y avait-il foule à Montporcher pour applaudir aux prouesses des jeunes membres des Sociétés sportives qui prenaient part à la fête.
La Jeunesse du Creusot et l'Union gymnique ont exécuté divers mouvements d'ensemble et simultanés qui ont été très applaudis ; de son coté, la Société d'escrime l'Espérance a donné plusieurs assauts d'épée et de sabre fort appréciés.
Très réussi aussi les préliminaires de la fête fédérale de Saint-Quentin, exécutés par les membres de l'Union gymnique, avec accompagnement en musique par la Fanfare du Creusot, dirigée par M. Gautherot.
Mais le charme de l'après-midi a été le délicieux concert donné par l'Harmonie des usines.
Cette fête pleinement réussie avait débuté à 2 heures, par un défilé en musique, conduit par la Fanfare du Creusot, et auquel avaient pris part, outre les Sociétés sportives citées plus haut, le nouveau Club nautique du Creusot.


22 septembre 1912 — Le Kiosque à musique du parc, transformé, pour les fêtes, en théâtre de verdure
Grande fête sportive et musicale. Dimanche 22 septembre, au parc de Montporcher, aura lieu, à 2 heures du soir, une grande fête sportive et musicale. En voici le programme :
A l'intérieur de la piste vélocipédique, mouvements d'ensemble par l'Espérance et la « Jeunesse du Creusot ».
Sur le kiosque, transformé en scène : 1° Sonneries par la Saint-Hubert ; 2° Assaut d'armes par l'Espérance ; 3° La Reine de Chypre (cavatine), M. Panc. ; 4° Sonneries par la Saint-Huhert ; 5° Match de boxe par la Jeunesse du Creusot ; 6° Fantaisie par les Trompettes de l'Union Gymnique.
Marche des petits amours ; Gavotte des Bébés ; Thérésen : orchestre de Printania.
« Sacré Julot », vaudeville en un acte ; « Aux 28 jours », comédie militaire en un acte : groupe artistique Printania.
Grand concours local de boules : 80 fr. de prix.
A une heure et demie, boulevard du Guide, grand défilé des Sociétés avec le concours de la Fanfare et du Club Nautique.


7 septembre 1913 — Fête sportive et musicale au parc de Montporcher
— Dimanche prochain, 7 septembre, à 14 heures 30, se déroulera au parc de Montporcher une fête sportive intéressante. Voici le programme :
Courses vélocipédiques. — 1. Départementale vitesse. Prix : 30, 20, 10, 5 francs.
2. Course de 10 kilomètres (réservée aux membres du Vélo Club Creusotin). Prix : 20, 15, 10, 5 francs.
3. Course de primes (réservée aux coureurs n'ayant rien gagné dans les courses précédentes). Prix : 10 francs pour la première prime et 5 francs pour les quatre autres primes.
Mouvements d'ensemble par la Sociétés sportives (Jeunesse du Creusot, Union Gymnique, l'Espérance).
Concours de boules (300 fr. de prix).
L'Harmonie des Usines, le Cercle Choral et les trompes de chasses « la Saint-Hubert », prêteront leur concours.


17 juillet 1914 — Concert de l'Harmonie des usines au Kiosque du parc de Montporcher
Concert de l'Harmonie. — Voici le programme du concert que donnera l'Harmonie des usines sous la direction de son chef M. Gaillard, dimanche prochain 19 juillet à cinq heures, au Kiosque du parc de Montporcher :
1. Marche Joyeuse (Allier). — 2. Bolero pour clarinettes (Blémant). Ce solo exécuté par 15 clarinettes. — 3. Sigurd, fantaisie. (Reyer). — 4. Fantaisie pour saxophone alto (Escudie), soliste M. Brugniot. — 5. a) Intermezzo de Cavaleria Rusticana. (Mascagni) ; b) Menuet Gothique (Boelmann).

26 février 1917 — Gardien du parc de Montporcher, M. Lhenry ne peut pas avoir les yeux partout !
— M. Lhenry, gardien du parc de Montporcher, a eu sa basse-cour dévalisée dans la journée de vendredi. L'auteur de ce vol, un nommé Gagneau, a été mis en état d'arrestation.

28 août 1921 — Grande kermesse de Montporcher. Concert de l'Harmonie des usines sur le Kiosque
— La grande kermesse donnée dimanche après midi, au parc de Montporcher, par la Société des mutilés, veuves et orphelins de guerre, avec le concours des principales sociétés de la ville a remporté un véritable succès. Favorisée par un temps superbe, cette fête de bienfaisance a été visitée par une foule nombreuse que l'on peut évaluer à 8.000 personnes.
Les allées du parc avaient été pavoisées par des groupements chinois avec des papiers multicolores du plus gracieux effet.
La fête commença par des courses pédestres organisées par le Club Olympique creusotin et la Jeunesse Ouvrière. Les épreuves comprenaient : une course de 1.500 mètres ; une course de 3.000 mètres avec relais et une course de 400 mètres vitesse.
Une course à l'américaine de 25 kilomètres organisée par le Vélo-Club Creusotin eut beaucoup de succès et de nombreuses primes furent données.
La Société d'escrime l'Espérance donna de son côté une exhibition de 40 escrimeurs faisant assaut ensemble. Les mouvements ont été exécutés avec un ensemble parfait, ce qui valut à la Société de nombreux applaudissements.
Sur le kiosque à musique, l'Harmonie des Usines dirigée par M. Gaillard, avait composé un programme des mieux choisis qui fut, comme d'habitude, exécuté d'une façon parfaite. Voici le programme de ces morceaux : 1. Tip-Top, allegro (Allier). — 2. Rosamunde, ouverture (Schubert). — 3. La Gitana, valse (Bucallossi). — 4. Mascarade en 5 parties (Lacôme). — 5. Farandole de l'Arlésienne (Bizet).
Pendant ce temps, sous les ombrages du parc, un cirque organisé par l'Union gymnique donnait des attractions des plus variées qui eurent leur part de succès.
Une baraque de lutteurs organisée par l'Espérance, fit entrer la foule dans son arène athlétique, en faisant la parade, avec accompagnement de tambour, sur une estrade improvisée.
Pendant que la fête battait son plein, la Saint-Hubert, Société de trompes de chasse, donna un concert des plus réussis et du meilleur effet dans ce décor champêtre. Cette belle après-midi se termina par des rondes et des farandoles jouées par un groupe de musiciens de la Fanfare.
De jolies toilettes claires, portées avec élégance, faisaient un gracieux contraste avec les fonds sombres des bosquets.

14 mai 1922 — Les fêtes de Montporcher désormais disparues, la Fanfare du Creusot se replie sur le Parc des Sports contigü
— Dimanche 14 mai, à 14 heures, au parc des sports, grande fête d’athlétisme avec le concours de la Fanfare du Creusot. De 17 heures ½ à 18 heures ½, boulevard H.P. Schneider, concert par l’Harmonie des Usines. Programme :
Marche lorraine (Ganne). — L’Italienne à Alger, ouverture (Rossini). — Lucrèce Borgia, solo pour clarinette (Donizetti). — Ballet égyptien (Luigini). — La Marseillaise.


23 août 1941 — Mme Lhenry, gardienne du Parc de Montporcher depuis 40 ans, quitte ses fonctions
— Le Parc de Montporcher va perdre sa fidèle concierge. Nous apprenons le très prochain départ de notre ville de Mme veuve Lhenry, figure sympathique à tous les Creusotins.
Depuis quarante années, Mme Lhenry occupait le pavillon d'entrée du parc de Montporcher où tous ses enfants et petits enfants avaient grandi. La famille Lhenry avait étrenné cette construction en juillet 1901 et ne l'avait jamais quittée. Elle semblait faire partie de ce cadre de Montporcher si familier à notre population qui en fait toujours le but de ses promenades favorites.
C'est tout au début du siècle, à l'ouverture du parc aménagé par MM. Schneider et Cie, que les époux Lhenry avaient été placés comme surveillants de cette propriété ouverte au public. Ils devaient conserver leurs fonctions durant huit lustres entiers.
En décembre 1939, le papa Lhenry s'était doucement éteint dans sa 80e année. Mme Lhenry avait continué à habiter l'accueillante maisonnette en compagnie de sa fille cadette. Mlle Louise Lhenry venant d'être appelée à la direction d‘un pensionnat de jeunes filles à Joncy, Mme veuve Lhenry s'est décidée à l'accompagner dans sa nouvelle résidence que toutes deux rejoindront le 20 courant. C'est cette circonstance qui amène Mme Lhenry à quitter le Creusot.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mar. 12 nov. 2019 15:58

LE CROTOY - Le Kiosque au Jardin Public
(SOMME)
L'installation et l'inauguration le 27 août 1898, à la sortie de la ville du Crotoy, d'un Jardin Public qui tient plus du square que du parc paysager, n'est dûe vraisemblablement qu'à la construction de la gare de chemin de fer, réalisée une dizaine d'années auparavant (en 1887), à l'extrémité du chemin de Tarteron (Route menant du Crotoy à Rue dite Route de Rue aujourd'hui).
L'emplacement choisi pour ce jardin est situé au lieu-dit
A l'Ecluse, le long de la rivière du Bas-Solinet dite la Rivierette qui traverse les marais et se jette dans la baie de Somme.

Plan du Crotoy en 1828
Image

Hormis le mouvement des voyageurs rejoignant la station de chemin de fer, et passant nécessairement devant le Jardin Public de la Route de Rue, aucune manifestation majeure ne semble s'être déroulée sur ces lieux, d'autant que l'activité balnéaire en plein essor au Crotoy, est strictement concentrée le long de ses côtes, avec ses plages, casino et hôtels. Ce square reste donc avant tout un lieu de détente pour les crotellois.

Le Crotoy - Route de Rue et entrée du Jardin Public — Jardin Public
Image

Un premier kiosque à musique est édifié au Crotoy, vers 1905-1906, rue Pierre Guerlain, sur la butte du Moulin qui surplombe la Manche ; il est situé face à la Villa Le Souvenir, manoir des Tourelles qui deviendra l'hôtel-restaurant éponyme.
De forme octogonale, ce kiosque rustique est couvert d'une toiture de chaume ; sa balustrade est constituée en ciment imitant les banchages.
Vétuste et mal entretenu, il est supprimé avant 1914.
Très certainement M. Asselin et sa fanfare du Crotoy, fondée avant 1899, ont donné des concerts sur ce kiosque à musique ; cette société musicale forte de plus de vingt membres, ayant toujours Asselin à sa tête, devient à partir de 1903 la fanfare
Les Amis Réunis.

Le Crotoy - Premier Kiosque à musique rustique sur la terrasse du Moulin, rue Pierre Guerlain ; Villa le Souvenir et ses Tourelles
Image

Afin de garnir le Jardin Public et l'animer quelque peu, la municipalité décide d'y faire ériger un monument en hommage aux pionniers aviateurs, Gaston Caudron (1882- mort le 10 décembre 1915 lors d'un essai aéronautique) et son frère René Caudron (1884-1959).
Ce monument, réalisé par le sculpteur Athanase Fossé (1851-1923), est constitué d'un piédestal en granite orné de bas reliefs en bronze avec les aviateurs en effigie, surmonté d'une allégorie de la Chute d'Icare, également en bronze.
L'oeuvre est inaugurée le 12 août 1923 en présence de l'amiral Fortan, directeur des services techniques de l'Aéronautique et d'Emile Vasseur (1867-1933), maire du Crotoy de 1894 à 1925.

Le Crotoy - Monument des frères Caudron dans le Jardin Public
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C'est à l'initiative du chef de musique Jules Noiret (futur maire de 1932 à 1945), et sous l'égide du maire Gustave David et de l'aviateur René Caudron qu'un comité est créé en 1925 chargé de faire construire un Kiosque à musique dans le Jardin Public, face au monument Caudron.
Le kiosque, financé sur les fonds collectés par ce comité, est inauguré le 5 septembre 1926, construit par l'entreprise Beauvisage. De forme octogonale, accessible par un escalier de six marches, son soubassement en pierre est entouré d'un garde-corps en fer forgé ; ses colonnes en fonte supportent sa toiture zinguée surmontée d'une lyre.
Un éclairage sera installé sur le Kiosque en 1932.

Le Crotoy - Le Kiosque et le Jardin public
Image

La municipalité décide le 23 juin 1933 de rebaptiser le Jardin Public, Square Emile-Vasseur, du nom de son ancien maire décédé.

En août 1942, le monument Caudron en bronze est emmené pour la fonte par les allemands. Il sera remplacé par un marbre de la Chute d'Icare sensiblement identique à l'original ; un des bas relief est lui aussi reproduit tel qu'il était à l'origine, le second est, quant à lui, entièrement modifié. Ces nouvelles sculptures réalisées par Augustin Lesieux (1877-1974) sont inaugurées le 20 juin 1954.

Si des festivals et fêtes ont régulièrement eu lieu au Crotoy, il semble bien que la scène du Kiosque à musique n'ait pas été usée par le piétinement et autres pas redoublés des musiciens ; sa fréquentation est restée très confidentielle jusqu'à ce jour.
De son côté la fanfare des Amis Réunis, devenue Harmonie, est restée active, et donne toujours ses concerts, sauf au kiosque...
Kiosque toujours en place.

voir ici le Jardin public du Crotoy et son Kiosque à musique, aujourd'hui. (1/3) (2/3) (3/3)
Emplacement du premier kiosque à musique du Crotoy, rue Pierre Guerlain, disparu aujourd'hui (1/2) (2/2)

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publié par Jean Marc Mar 12 Nov 2019 16:05

8 janvier 1900 — Annonce du Festival musical au Crotoy pour le 3 juin 1900
— Sous les auspices de la municipalité, un festival de musiques aura lieu au Crotoy, le dimanche 3 juin. Les récompenses consisteront en médailles commémoratives et en primes en espèces tirées au sort entre toutes les sociétés. Deux objets d'art seront également tirés au sort entre les directeurs desdites sociétés.
La commission d'organisation du festival qui doit avoir lieu au Crotoy le 3 juin prochain a décidé d'accorder, indépendamment des médailles commémoratives, des primes à tirer au sort entré toutes les sociétés qui y prendront part.
Pour tous renseignements et adhésions, s'adresser à M. Vasseur, maire du Crotoy.


16 août 1904 — Les Régates du Crotoy accompagnées par la musique de la fanfare « les Amis Réunis »
— Les régates du Crotoy, qui ont eu lieu hier par un très beau temps, ont été extrêmement brillantes. Pendant les épreuves qui se sont déroulées sans aucun accident, la fanfare « les Amis Réunis » s'est fait entendre à plusieurs reprises.
Voici les noms des bateaux qui ont gagné les principales courses : 'Louise, patron Mercier ; Alphonse-et-Marie, patron Delaby ; Pierre-et-Juliette, patron Bodot ; Madeleine-et-Henriette, à M. Lepron.
L'épreuve réservée anx yachts a été gagnée par le Polly, à M. Joyant. Le second prix a été attribué au Goéland, patron et armateur Jules Dailly.
Le soir, un banquet a réuni les invités et les autorités du pays. M. Coache, député, présidait.


Le Crotoy - Kiosque à musique rustisque, rue Pierre Guerlain
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6 août 1905 — Festival musical du Crotoy
20 mars 1905 — Annonce du festival.
— La ville du Crotoy organise pour le 6 août prochain un festival de musiques. Indépendamment des médailles commémoratives, 600 fr. de primes, dont une de 150 fr. et une autre de 100 fr., seront tirés au sort entre toutes les sociétés. Adresser les adhésions, à M. Vasseur, maire.
14 août 1905 — Liste des sociétés ayant participé au festival
— Un festival de musique a eu lieu au Crotoy le dimanche 6 août.
Les sociétés suivantes y ont pris part : l'Harmonie municipale d'Abbeville, Fanfare municipale de Montreuil-sur-Mer, Fanfare municipale de Méharicourt, Harmonie de Ruyaulcourt, Fanfare municipale de Rue, Fanfare de Montreuil-sous-Bois, Union et Liberté musicales de Saint-Maulvis, fanfare de Thieulloy-1'Abbaye, Union musicale d'Hangest, Fanfare de Lanchères, Rallye Quand-Même, Société chorale de Montdidier, Orphéon de Vaudricourt.


19 juillet 1914 — Festival musical crotellois
— Le festival de musique, organisé au Crotoy, est fixé au dimanche 19 juillet.
Les primes en espèces suivantes seront tirées au sort entre chaque société ; Une prime de 150 fr. ; une de 100 frs trois de 75 frs ; quatre de 50 francs.
Une prime de 25 trancs sera attribuée à chaque Société n'ayant pas été favorisée par le sort.
Deux primes, l'une de 50 francs, l'autre de 25 francs, seront décernées aux Sociétés les plus éloignées.
Lee adhésions seront reçues jusqu'au 31 mai, par M. T. Asselin, à la mairie.


12 août 1923 — Inauguration du monument des Frères Caudron
— Aujourd'hui a eu lieu au Crotoy l'inauguration du monument élevé en l'honneur des deux aviateurs picards Gaston et René Caudron. Les frères Caudron, fils d'un cultivateur de Ponthoille, s'étaient adonnés, tout jeunes, aux sports et avaient pris part à plusieurs courses cyclistes. Dès les débuts de l'aviation, ils se passionnèrent pour cette science nouvelle et conçurent l'idée de construire un appareil. Longtemps, ils travaillèrent à la réalisation de cette idée, ils firent de nombreux essais malheureux, mais, en 1910, la Société aérienne de Picardie s'intéressa à leurs efforts et constata que leur appareil pouvait donner de bons résultats ; elle les convoqua à la fête d'aviation organisée à Amiens, à l'occasion du Circuit de l'Est. Ce fut le début du succès des frères Caudron.
Lorsque la guerre éclata, ils avaient mis en oeuvre un petit biplan qui contrastait avec les grands appareils de l'époque. Pendant toute la durée de la guerre, ils s ingénièrent à perfectionner leur appareil et c'est en essayant un type nouveau que Gaston Caudron se tua près de Lyon en 1915.
Son frère René continua seul l'œuvre entreprise à deux. Il connut vite de grands succès.
Son appareil, le petit Caudron « G-3 » reste le type parfait de l'avion d'école, maniable et d'une complète stabilité. Le bi-moteur, puis le tri-moteur, formidable machine de reconnaissance et de bombardement sont les inventions des deux frères Caudron, que les sociétés de transport en commun utilisent aujourd'hui pour des buts plus pacifiques ; mais leur appareil reste quand même employé dans l'armée. A l'armistice, on en comptait environ 3.000.
L'amiral Fortan, directeur des services techniques de l'Aéronautique, représentant M. Laurent-Eynac, sous-secrétaire d'Etat, est venu inaugurer le monument élevé par la ville du Crotoy à la gloire des deux inventeurs. Le monument est dû au ciseau du regretté sculpteur picard Athanase Fossé.
Les parlementaires et sénateurs de la Somme ont pris part à cette fête, ainsi que le pilote Blériot et M. Bréguet, constructeur. Ils ont été reçus, à 11 h. 30, à la gare du Crotoy, par M. Vasseur, maire de la ville, entouré de son conseil municipal. Un banquet fut servi à l'Aérodrome et l'inauguration eut lieu ensuite à 15 h. 30 au jardin public.

Le Crotoy - Fanfare les Amis Réunis
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Chaque année au mois de mai, un grand festival musical permanent de dix jours est organisé au Crotoy
29 mai 1933 — Encore un festival permanent à ajouter heureusement aux précédemment cités : la ville du Crotoy (Somme) organise pour la saison balnéaire 1933 (9 juillet au 17 septembre inclus) un festival permanent réservé aux harmonies et aux fanfares. Des primes variant selon le classement et l'éloignement seront allouées aux sociétés. Les adhésions, dont le nombre est limité, seront reçues, jusqu'au 1er juillet par M. P. Lecat, secrétaire de la commission des fêtes, qui répondra à toute demande de renseignements complémentaires. Ces adhésions devront mentionner le nom de la société, son classement, le nombre d'exécutants, l'éloignement kilométrique et l'indication du dimanche choisi.
9 mai 1936 — La ville du Crotoy organise cette année encore un festival permanent réservé aux harmonies et fanfares. Il commencera les 31 mai et 1er juin (fêtes de la Pentecôte) et se poursuivra chaque dimanche du 10 juillet au 16 septembre,
La générosité du conseil municipal qui a voté une forte subvention permettra d'allouer des primes plus importantes aux sociétés.
Les adhésions sont reçues jusqu'au 1er juillet par M. Dheilly, adjoint au maire, secrétaire de la commission des fêtes, à qui tous renseignements peuvent être demandés.
La municipalité ne négligera rien pour que les visiteurs emportent le meilleur souvenir du Crotoy, la plage picarde la plus rapprochée de Paris et dénommée à juste titre « le Paradis des enfants ».

Le Crotoy - Kiosque à musique et monument Caudron reconstitué le 20 juin 1954, après destruction allemande de 1942
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Seule la société musicale Les Amis réunis (fanfare), avec 23 exécutants, est active au Crotoy en 1909.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » jeu. 21 nov. 2019 17:14

LE DORAT - Le Jardin Anglais
(HAUTE-VIENNE)
Le domaine castral du Dorat, propriété des comtes de la Marche, est fortifié entre 1140 et 1180 par Aldebert III et IV. Situé près du bourg qu'il domine, le Château est décrit comme suit, lors d'un inventaire des revenus du Roy, dressé le 27 juillet 1535 par François Barbarin, licencié ez droict, commissaire royal :
— il y a un grand et beau chasteau où il y a unze tours, situé hors la ville du Dorat, près la rhue appelée du Chastel, entouré de grands foussés, pont-levis ; et belle et grande place devant la porte dudict chastel ; le dit château avons trouvé quasi découvert et s'en va ruiner s'il n'est promptement réparé.
Maître François Barbarin énumère les droietz et debvoirs que le seigneur a en sadicte baronnie et entre autres :
— le droict de faire lever, prendre par son capitaine ou aultre qu'il luy plaise y mettre le jour de marché, sur chascun potier ou toupinier, dans la ville du Dorat, là où se tient le marché, un toupin ; et des faiseurs d'escuelles de vaisselle de bois, aultant. Et, le jour des foires, de chacun toupinier, une olle, et de tous porteurs de pichiers de terre qui portent vendre ezdicts marchés et foires, de chascune charge un pichier. Et chascun habitant en ladicte rhue et chastel du Dorat doibt audict seigneur, à chascune feste de Pentecoste, un faix de joncs, et, pour chascune maison, une chanson.
Les devoirs des dorachins ne s'arrêtent pas là ! Ils sont dans l'obligation de pousser la chansonnette, le jour du mardi gras, en tournant autour du Château :
— les habitants de la ville de Dorat sont tenus de venir, le jour de mardi gras, dire une chanson et faire trois tours autour du chasteau, et crier : « Dieu doint bonne vie au roy ! »

Lors des guerres de religion, le gouvernement de la haute et basse Marche, dont dépend le Château du Dorat, est entre les mains de Georges de Villequier, vicomte de la Guerche, lequel rejoint la Ligue en 1584. Sur intervention d'Henri III, Villequier est évincé et la Marche est confiée en 1589 au gouverneur Gabriel de la Rye, seigneur de la Coste de Mézières ; ordre est donné de s'emparer du Château du Dorat, par l'armée du Poitou dirigée par François de Bourbon-Montpensier, prince de Dombes. Le malheureux château qui, dès 1535, comme on l'a vu ci dessus, s'en va ruiner s'il n'est promptement réparé, ne fait pas longue résistance, et, les dorachons qui n'avaient pas un amour illimité pour leur chastel, ont, dès le mois de mai 1589, toute latitude pour procéder à sa destruction. (1)

Les frères Récollets ayant bénéficié le 12 mai 1617 d'un don de 6.000 livres du lieutenant de la basse Marche Simon Chesne, obtiennent l'autorisation d'utiliser pierres et matériaux provenant de l'arasement du château, afin d'y construire leur couvent. Celui-ci est achevé en 1621; les Récollets continuent leur installation par la construction d'une église, consacrée le 24 août 1651.


Plan du Dorat en 1828
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La belle et grande place faisant face au Château détruit devient l'emplacement réservé aux foires qui y sont transférées et attestées à partir du 13 mars 1733. Trois allées d'ormeaux y sont plantées en 1743. Ce Champ de Foire, qui n'est cependant pas encore aplani, accueille dès cet instant, douze foires franches anciennes par an, le 13 de chaque mois, réputées pour les bestiaux, chevaux, mulets et volaille, la toile, le lin et le chanvre...
La réglementation y est stricte, notamment en ce qui concerne l'ouverture des foires des dimanches et fêtes annuelles : une ordonnance du 4 mai 1781 fait interdiction de tenir aucune foire ni marché ni assemblée dans le ressort de la sénéchaussée du Dorat, les
jours de Dimanches, de Patrons et de Fêtes annuelles et solennelles, sauf à être les foires et marchés remis au lendemain des jours fériés, à peine de cent livres d'amende contre chacun des contrevenans et de plus grande peine en récidive.

A l'entrée sud du Champ de Foire, une large maison dite le Chastelau appartenant à Maître François de la Josnière, avocat au siège royal du Dorat (1678-1743) est léguée par testament du 6 juillet 1742, à l'hôpital de la ville. L'ancienne Maison-Dieu est transférée dans ce bâtiment en 1753 qui devient l'Hôpital, comportant 24 lits (douze pour hommes, douze pour femmes). La congrégation des Filles de la Sagesse en assume le service à partir de 1774.

Le Dorat - L'Hôpital et le Champ de Foire — Le Champ de foire faubourg du Château
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Une délibération du subdélégué de la Généralité de Limoges prise en date du 17 novembre 1785, tendant à convertir le Champ de Foire du Dorat en promenade, en coupant les arbres existants pour y planter des arbrisseaux, pour la volupté de quelques personnes que la richesse et les privilèges dispensent de contribuer aux charges publiques, ne laisse pas indifférent les dorachons.
Aussitôt le projet connu, un défenseur du Champ de Foire, soutenu par 70 pétitionnaires (dont pas moins de 7 avocats, un gensdarme de la garde du roy, le curé du Dorat, un notaire, deux chirurgiens, un ancien mousquetaire gris...), se saisit de sa plus belle plume et adresse une requête à l'Intendant de la Généralité de Limoges demandant le maintien du champ de foire dans son état actuel. (2)
Apparemment, les dorachons obtiennent gain de cause puisqu'en 1814, le Champ de foire est encore intact comme en atteste Joseph Joullietton dans son
Histoire de la Marche et du pays de Combraille : on fait le tour du Dorat sur une promenade charmante qui serait susceptible d'être embellie par des plantations ; il y a un vaste champ de foire sur les ruines de l'ancien château des comtes de la Marche : on pourrait en faire une belle place, en nivelant le terrain, et en le soutenant par des terrasses.
Un Cèdre est planté au centre du Champ de Foire, censé figurer la liberté retrouvée après les événements de 1848. Un Jardin public est alors installé autour de cet arbre, laissant toutefois une large place au Champ de foire toujours très actif ; dénommé Jardin Anglais, des allées et arbres y sont aménagés, une clôture sommaire en palissade est installée tout autour avec deux piliers en pierre encadrant sa grille d'entrée.

Dans le même temps, au début des années 1850, la partie du Champ de foire longeant l'ouest du nouveau jardin public, est, elle aussi, clôturée et isolée du foirail afin de consacrer cet emplacement à l'élève de la race chevaline. Dès 1856, le Conseil général de la Haute-Vienne et la municipalité dorachonne encouragent et subventionnent, chaque année, les concours organisés au Dorat tendant à améliorer et propager cette filière. (3)
En 1863, l'avocat Pierre-Adolphe Pichon-Vendeuil (1802-1871) fonde, avec plusieurs notabilités dorachonnes, l'Ecole de dressage, dont le manège est aménagé dans l'enclos ci-dessus décrit. Des bâtiments avec écuries y sont construits, le long du Faubourg du Château, par un certain M. Brac, pour quarante mille francs.

Le Dorat - Ecole de dressage du Centre
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La seule phalange musicale dorachonne ayant acquis quelque notoriété est La Fanfare Sainte-Cécile du Dorat fondée en 1869. A la fin des 1880 elle prend comme dénomination Les Enfants du Dorat, à la tête d'une trentaine de musiciens, sous l'impulsion de son chef M Sotta fils.
Elle participe aux concours régionaux limousins et parfois un peu plus loin comme ce festival d'août 1888 de la Roche-sur-Yon où elle obtient le Premier prix d'exécution, médaille de vermeil et 50 francs ; le Premier prix de soli, médaille de vermeil ; le Premier prix de lecture à vue, médaille de vermeil et le Troisième prix au concours d'honneur.
Nous n'avons malheureusement trouvé que très peu de traces des participations musicales des Enfants du Dorat, qui ont certainement été fréquentes puisqu'un Kiosque à musique a finalement pris place dans les années 1910, dans le Jardin Anglais, sous la protection des ramifications du grand Cèdre.
De forme octogonale, ce Kiosque à musique est édifié sur un soubassement de pierre. Ses colonnes en fonte supportent une toiture de tuiles zinguées surmontée d'une lyre ; son garde corps est en fer forgé.

Le Dorat - Le Kiosque à musique et le Jardin Anglais
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En juin 1918, c'en est fini de l'Ecole de dressage qui ferme ses portes ; les bâtiments sont vendus à un particulier, le manège disparaît.
Dans les années 1930, la clôture du Jardin Anglais est quelque peu aménagée : les palissades en bois sont remplacées par un muret surmonté d'un grillage.
Un château d'eau a été édifié au pied du jardin public, faisant de l'ombrage au cèdre centenaire et au kiosque.
L'Harmonie des Enfants du Dorat, toujours active à ce jour, semble ne pas fréquenter très souvent le kiosque à musique qui, de ce fait, a gardé toute sa fraîcheur.
Kiosque toujours en place.

voir ici le Jardin du Dorat et son Kiosque à musique, aujourd'hui.(1/3) (2/3) (3/3)
Ancienne bascule située à l'entrée du champ de foire du Dorat.

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publié par Jean-Marc

14 avril 1882 — La foire aux bestiaux au Champ de foire du Dorat
— On nous écrit du Dorat, 14 avril 1882 : On s'est aperçu hier à notre foire du départ de nos ouvriers pour les grands centres. Nous avions moins de monde. Les semailles des graines fourragères qui se font en ce moment avaient aussi retenu beaucoup de travailleurs dans les champs, désireux de profiter du beau temps pour en finir.
Le ciel menaçait depuis le matin, le vent s'est élevé et envoyait de tous cotés des nuages de poussière incommodante. Dans la soirée la pluie est tombée et le vent prenant la proportion d'un ouragan, a renversé les tentes sous lesquelles s'abritent les marchands étalagistes et a commis des dégâts sur leurs marchandises.
Nous nous étonnons qu'après tant de vente d'animaux gras dans nos marchés précédents, il puisse y en avoir encore, quoique moins nombreux ; il y avait hier des bêtes très remarquables et les prix que je vous donne prouvent la qualité de la marchandise.
Les boeufs et vaches de harnais se sont enlevés beaucoup plus facilement. Les porcelets avaient un cours de 4 à 5 fr. par tête de plus qu'à la foire dernière.
Boeufs gras, amenés 125 ; vendus 110 à 1 fr. 58 le kilog. — Vaches grasses, amenées 75 ; vendues 65 à 1 fr. 30 le kilog. — Veaux de lait, amenés 250 ; vendus 230 à 1 fr. 45 le kilog. — Moutons gras, amenés 1.150 ; vendus 1.100 à 2 fr. le kilog. — Cochons gras, amenés 120 ; vendus 116 à 1 fr. 45 le kilog. — Bœufs de harnais, amenés 90 ; vente assez facile. — Vaches de harnais, amenées 150 ; vente assez facile. — Taureaux, amenés 110 ; vente assez facile. — Cochons nourrains, amenés 350 ; vente assez facile. — Chevaux, amenés 45 ; bien vendus.

20 août 1911 — Annonce du festival du Dorat
— Nous apprenons avec plaisir qu'un festival aura lieu au Dorat, le dimanche 20 août, sous la présidence de M. le docteur Trouvé, maire du Dorat, conseiller général et député de la Haute-Vienne.
La Muse de Limoges, société de trompes de chasse et de trompettes ; l'Harmonie de Montmorillon, la Fanfare de Bellac, la Société philharmonique de Magnac, la Fanfare de Bessines et la société musicale les Enfants du Dorat prendront part à cette fête.
Nous donnerons, dans quelques jours, le programme du festival.


20 août 1911 — Programme du festival du Dorat du dimanche 20 août 1911. Grand Concert sur le Kiosque à musique
9 heures du matin : rapppel par les Tambours.
9 heures ½, à l'Hôtel-de-ville : départ de la Société musicale du Dorat pour se rendre à la gare.
10 heures, à la gare : réception de la Muse de Limoges (Société de cors de chasse et de trompettes); de l'Harmonie de Montmorillon ; de la musique de Bellac ; de la Philharmonique de Magnac-Laval et de la Fanfare de Bessines.
10 heures ½, Grand Défilé.
11 heures, après le défilé, sur la place de la Fontaine, morceau d'ensemble par plus de 200 musiciens.
1 heure ½ du soir, au Kiosque : Grand Concert, chaque société se fera entendre.
2 heures ½, défilé par toutes les sociétés.
3 heures ½, au retour du défilé, place de la Fonlaine, nouveau morceau d'en¬semble (200 musiciens), Sonneries de Muse de Limoges.
4 heures, sur le Champ-de-Foire : Jeux divers.
7 heures ¼, place de la Fontaine : réunion des sociétés pour se rendre, en jouant, à la gare.
Les habitants sont instamment priés de pavoiser leurs maisons.


13 mai 1913 — Concours de poulains et pouliches à l'Ecole de dressage du Dorat
— Programme du concours
Concours de poulains et pouliches d'un an. Mardi 13 mai à une heure de l'après-midi, à l'Ecole de Dressage du Dorat : 550 francs divisés en dix prix : 100 fr., 80 fr., 75 fr., 70 fr., 60 fr., 50 fr., 40 fr., 30 fr., 25 fr., 20 fr., pour poulains, entiers ou hongres, de demi-sang, nés en 1912, appartenant à des membres de l'Association hippique du Centre, de quelque département qu'ils soient.
Entrée : 5 fr. par poulain. Engagement le mardi 13 mai, avant midi, chez M. le directeur de l'Ecole de dressage du Centre, au Dorat (Haute-Vienne).
La production du certificat de naissance et le montant du droit d'entrée sont obligatoires au moment de l'engagement.

— Compte rendu du concours
Le concours de poulains d'un an, organisé le 13 mai dernier, au Dorat, par l'Association hippique du Centre, avait réuni trente engagements, qui composaient un lot superbe de poulains en bon état.
Lors de l'assemblée générale, en février 1913, M. le baron Auguste de Nexon avait été acclamé comme président de l'Association hippique, en remplacement de son frère, dont le souvenir restera toujours cher aux éleveurs, tant pour la courtoisie de ses rapports que pour sa haute compétence dans toutes les questions de l'élevage limousin.
Le jury était composé de M. le baron Auguste de Nexon, président, et de M. de Neuville, vicomte de l'Hermite, et de M. le comte de Cordon.
Après la proclamation des prix, M. de Nexon félicita les éleveurs de la qualité de leurs poulains et les encouragea vivement à persévérer dans leurs efforts, car l'élevage du cheval de guerre, qui resta trop longtemps un élevage de luxe, s'acheminait, enfin, à devenir vraiment rémunérateur, grâce à l'augmentation du prix d'achat de la remonte et aux encouragements nouveaux des pouvoirs publics.
Voici la liste des lauréats :
1er prix, 100 fr., Mme Baudon de Morny, au Ris-Chauvron. — 2e prix, 80 fr., M. Pichon-Vendeuil, à Azat-le-Riz. — 3e prix, 75 fr., M. le comte du Pavillon, au Dorat. — 4e prix, 70 fr., M. Bapt, à Azat-le-Riz. — 5e prix, 60 fr., M. Dorvan, à Verrières. — 6e prix, 50 fr., M. le marquis Roger d'Abadie, à Magnac-Laval. — 7e prix, 40 fr., M. Pichon-Vendeuil, au Dorat. — 8e prix, 30 fr., M. Joseph Ducoux, au Dorat. — 9e prix, 25 fr., Mme Demoulin, au Dorat. — 10e prix, 20 fr., M. Bapt, au Dorat.
Mentions : M. Maublanc, à Lussac-les-Eglises. — M. Plaignaud, au Dorat. — M. Galle, au Dorat. — M. Jardel, au Dorat.

Le Dorat - Kiosque à musique et cèdre centenaire du Jardin anglais — La Fanfare du petit séminaire
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Juin 1918 — Fermeture de l'Ecole de dressage du Dorat
— Le Dorat. L'Ecole de dressage pour jeunes chevaux n'existe plus. Les bâtiments étant vendus à un particulier, la municipalité a fait enlever les barrières qui entouraient une petite partie du Champ-de-Foire qui servait de manège et d'enclos à l'occasion des primes aux poulinières, aux pouliches et au concours d'animaux gras.
L'école de dressage avait été fondée, en 1863, par une société d'éleveurs du Dorat et de la région et avec l'aide d'une subvention annuelle de l'Etat, supprimée en 1871, et une subvention de la commune maintenue jusqu'à ce jour. La société fondatrice était dissoute depuis 1911. Les actions de fondation étaient de 1.000 francs, dont aucun sociétaire ne retira d'ailleurs ni intérêt, ni dividende, ni capital.
Nous recevons la note suivante :
« Monsieur,
Voulez-vous me permettre quelques réflexions-au sujet de l'information qui vous a été adressée sur l'école de dressage du Dorat ?
Je ne crois pas que le Conseil municipal et surtout en l'absence du maire et d'un adjoint, voudrait prendre la responsabilité du retrait d'un terrain qui rendrait le fonctionnement de l'Ecole presque impossible. Votre correspondant a d'ailleurs rappelé à propos que les fondateurs de cette école n'en avaient retiré aucun avantage pécuniaire.
Ils n'avaient, en effet, envisagé que l'intérêt supérieur de l'élevage et celui du commerce local. Ils avaient apporté leur souscription et prêté leur concours non à une affaire, mais à une œuvre comme l'avaient fait M. Pichon-Vendeuil, qui eut toute l'initiative de la fondation, président de la Société jusqu'à la mort et M. Brac, de respectable mémoire, qui dépensa plus de 40.000 francs à l'achat et à la construction des bâtiments, les donnant ensuite en jouissance, à titre absolument gratuit, à la Société pour autant qu'elle durerait comme a fait après lui, depuis plus de quarante ans, son héritier, M. le marquis Raoul d'Abadie.
Si la Société a été dissoute en, 1911, c'est que le fonds social était épuisé. Il apparaissait d'ailleurs qu'un directeur capable pourrait, comme l'a montré M. Mesmin, jusqu'à sa mobilisation, maintenir l'école par ses propres moyens et avec l'aide de la subvention annuelle de la commune.
II est très probable et je dirais presque certain, que les nouveaux propriétaires des bâtiments, éleveurs bien connus, lauréats depuis longtemps et des premiers dans tous les concours de chevaux de selle et de guerre, comme on a vu récemment encore à Limoges et à Clermont-Ferrand, voudront continuer l'école non seulement pour eux mais aussi pour leurs collègues, éleveurs, à moins qu'on ne leur en ôte les moyens.
Mais alors, les éleveurs de la région et les habitants du Dorat, les commerçants sauraient à qui s'en prendre de la disparition d'un établissement qui a bien servi à faire connaître et apprécier les produits de l'élevage limousin, étant de plus une des faire connaître et apprécier les produits de l'élevage limousin, étant de plus une des attractions de la ville, une source de profits pour son commerce.
(Le Limousin hippique. Juin 1918)

13 et 14 juillet 1924 — La Fête Nationale au Dorat. Concert sur le Kiosque du Jardin Anglais
— Voici le programme de la fête nationale du 14 juillet :
Dimanche 13 juillet, à 21 heures, retraite par les tambours, salves d'artillerie.
Lundi 14 juillet, à 6 heures, réveil par les tambours, salves d'artillerie ; à 8 h. 30, à la mairie, distribution de pain aux indigents de la commune : à 16 h. 30, place de la Fontaine, attractions diverses ; à 21 h. 30, au kiosque du Jardin Anglais, concert par la Société musicale les Enfants du Dorat.
Illuminations, feu d'artifice. Brillante retraite aux flambeaux. Pièce allégorique sur la place de la Fontaine.


Le Dorat - Avenue du Château et Kiosque à musique — Kiosque à musique et Château d'Eau
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29 septembre 1929 — Comice agricole du Dorat sur le Champ-de-Foire terminé par un concert des Enfants du Dorat
— Le comice agricole du canton du Dorat s'est tenu le dimanche 29 septembre dernier, par une belle journée, en présence de MM. Cacaud, sous-préfet ; Bardon, député ; Trouvé, maire du Dorat, conseiller général ; Vételay, maire de La Bazeuge, président du Comice.
Les personnalités présentes, entourées des agriculteurs du canton, qui avaient répondu en grand nnmhre à l'appel des organisateurs du comice, prirent un intérêt très vif au concours. A l'issue des opérations du jury, des allocutions furent prononcées par MM. Vételay, Trouvé, Bardon et le sous-préfet.
L'Harmonie les Enfants du Dorat, qui avait accueilli le représentant du Gouvernement aus sons de la Marseillaise, prolongea la fête par un concert très réussi.


La Fanfare Les Enfants du Dorat, dirigée par M. Sotta fils, avec 32 exécutants est la seule formation musicale répertoriée au Dorat en 1909.

(1) Lors des luttes de la Ligue, les gouverneurs de la Marche, haute ou basse, ne font pas longue vie : Georges de Villequier est tué en février 1592 au siège du château de la Guerche, tandis que Gabriel de la Rye est abattu le 20 mars 1591, au combat de Saint-Yrieix.

(2) Requête des habitants du Dorat aux fins d'obtenir que le champ de foire soit maintenu dans son état présent. — 1785.
« A Monseigneur l'Intendant de la Généralité de Limoges.
Supplient humblement les habitants de la ville du Dorat.
Monseigneur, la majeure [partie] des habitans de tous les ordres de cette ville est justement alarmée d'une délibération prise devant Monsieur votre subdélégué, le jeudi 17 novembre 1785, par un fort petit nombre de ses citoyens, qui a pour objet de s'appuyer de votre autorité pour détruire la place publique de cette ville appelée du Château, où se tiennent les foires, et la convertir en promenade, pour la volupté de quelques personnes que la richesse et les privilèges dispensent de contribuer aux charges publiques, dont le fardeau tombe principalement et presque uniquement sur leurs concitoyens non privilégiés.
Le champ de foire ou place publique du Château dans cette ville du Dorat, vous l'avès vu, Monseigneur, est donc le seul emplacement qu'il y ait en cette ville, propre à tenir foire ; il est le plus commode de cette province, soit par sa situation : une pente naturelle qui donne l'écoulement aux eaux, au point qu'on n'y est toujours à pied sec, en hiver comme en été ; soit par trois allées de plantation d'ormaux plantés depuis près de quarante ans, auxquels on attache les bêtes mauvaises pour la sûreté publique, et dont les rameaux mettent à couvert de l'ardeur du soleil dans les chaleurs de l'été, et de la pluie dans les temps orageux.
C'est cette place publique, ce champ de foire si nécessaire au commerce des bestiaux, le seul qu'il y ait en cette ville, si propre et si commode pour le commerce, que les opinans en cette délibération veulent détruire, en couper les arbres, pour la convertir à grands frais en promenade, et y faire une plantation d'arbrisseaux pour le plaisir des riches. N'est-ce pas détruire l'utile et le nécessaire pour le superflu et l'inutile, et, si on ôte à cette malheureuse ville le seul commerce qu'il y a, de quoy servira cette dépense immense qu'on fait depuis nombre d'années pour la construction et l'entretien des chemins de communications avec les villes circonvoisines ? Non, Monseigneur, nous l'espérons de votre justice, vous n'adopterez jamais une pareille entreprise, et nous vous supplions de joindre votre authorité à l'opposition que nous y formons pour empêcher une destruction si ruineuse et si dommageable au public ; car les habitans de cette ville ne sont pas les seuls intéressés à la conservation de ce champ de foire et des arbres qui y sont plantés : les habitans des villes voisines et tous les commerçans qui fréquentent nos foires y sont intéressés. Si l'on consulte les villes de Montmorillon, la Souterraine, Laval-Magnac, Châteauponsac, Rançon, Bellac et les autres villes des provinces voisines, ils [sic) joindront, à n'en point douter, leurs oppositions à la nôtre. Mais nous y sommes les plus intéressés par trois puissantes raisons. Parce que cette place est le seul emplacement qu'il y ait en cette ville propre à tenir foires, et qu'il est le champ de foire le plus commode de la province, soit par sa situation, soit par les arbres qui y sont plantés ;
Parce que, en général, les habitans du Dorat sont pauvres et dans l'impuissance de fournir aux frais dispendieux de la construction d'une promenade, pouvant à peine supporter le fardeau des impositions royalles dont cette ville, presque sans commerce, est accablée, impôts, d'industrie, tailles et autres subsides, vingtièmes, impôts pour les grands chemins et les pavés de cette ville, dont la réfection vient d'être ordonnée ;
Parce que, enfin, il est sensible que la construction d'une promenade au Dorat est absolument superflue et inutile.
Nous savons, Monseigneur, que les opinans à la destruction de notre champ de foire ont tâché de donner une couleur de publicité à cet acte ruineux. Le tambour avertit le public, à dix heures du matin, de se trouver le même jour, après midy, en l'hôtel de ville. On ne savoit point de quoy il pouvoit être question, et les opinans se trouvèrent seuls à l'heure indiquée. Si les habitans a voient été prévenus de l'objet de la convocation, si l'assemblée eut été faite comme il est de coutume, à jour de dimanche ou de fête, le nombre des opposans auroient dépassé de beaucoup celui des opinans ; et vous n'en douterez pas, Monseigneur, si vous daignez faire attention au nombre des suppliants signataires ; joint un bien plus grand nombre qui ne savent pas signer, qui réclament également de votre justice la proscription de cette entreprise, aussi mal vue que peu réfléchie.
Ce considéré, Monseigneur, il vous plaise recevoir les suppliants, opposans à la délibération prise le 17 novembre 1785, devant M. votre subdélégué par un petit nombre de citoyens de cette ville ; ordonner que le champ de foire et place publique du Château demeurera destinée comme elle a été de tous les tems et en l'état qu'elle est, pour y tenir les foires, et faire deffence à toutes personnes d'y faire aucuns changemens, destruction et malversation. Et les suppliants continueront leurs voeux pour la conservation de la précieuse santé de Monseigneur. »

Suivent environ soixante-dix signatures autographes, entre lesquelles : Sandemoy de Libaudière, « advocat en parlement, ancien procureur du roy de l'hôtel de ville » ; de Vérine, « curé de Dorat » ; le chevalier de Vérine, « chevaulégers » ; Robert d'Hautefeuille, « gensdarme de la garde du roy » ; Grenard de la Bouderie, « advocat »; Sandemoy, le jeune, « advocat »; Remond, « notaire royal et changeur pour le roy » ; Douin-Dupont, « advocat » ; Laurens des Combes, « ancien maire de la Basse-Marche au Dorat » ; Boucquet de Laclavière, « assesseur
civil et criminel »; Etourneau de Pinateau, « ancien mousquetaire gris » ; de Petiot de Masnadaux, « ancien garde du corps et chevalier de Saint-Louis »; Delachaume, « chirurgien juré » ; Chesne, « advocat » ; Ligros, « armurier » ; Despleignes, « chirurgien juré » ; Lesterpt aîné, « avocat, procureur fiscal et de police au Dorat » ; Junyen, « advocat » ; Boucquet, « Médecin en chirurgie » ; Gain, « chirurgien juré et major des colonies » ; Lesterpt, « directeur des postes ».
(Archives départementales Haute Vienne, série C, n° 50.)

(3) Les concours pour la propagation chevaline, l'école de dressage puis plus tard les courses du Dorat sont largement subventionnées par le conseil général de la Haute-Vienne, épaulé par la municipalité.
Ainsi en 1868, sont attribués 3.500 fr. pour les primes aux juments et pouliches ; 600 fr. comme subvention à la Société hippique, et 500 fr. à l'Ecole de dressage du Dorat. Chiffres reconduits jusqu'en 1870.
En 1876, les Courses du Dorat : 4.500 frs ; l'Ecole de dressage du Dorat : 2.000 frs ; Primes de dressage : 2.000 frs ; Primes aux juments poulinières : 7.000 frs.
En 1878, les Courses du Dorat : 4.500 frs ; l'Ecole de dressage du Dorat : 4.000 frs ; Concours de dressage : 2.000 frs ; Concours de pouliches : 13.000 frs. etc...


Le Dorat - Le Jardin anglais et le kiosque, vue aérienne
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 27 nov. 2019 15:03

LE GRAND-QUEVILLY - La Fanfare des Hauts-Fourneaux de Grand-Quevilly
(SEINE MARITIME)
Bon nombre de villes et villages ayant possédé un Kiosque à musique, n'ont malheureusement laissé aucune trace iconographique du passage de leur édicule en leurs murs. Seuls des documents de presse et revues, tant précieux pour nos recherches, en restent les témoins. Le Kiosque à musique du Grand-Quevilly fait partie de ces édifices disparus, ignorés de tous. Nous avons donc décidé, une fois n'est pas coutume, d'exhumer les documents inédits relatifs à ce kiosque.
(voir en renvoi n°2, en fin de notre chronique, la découverte faite par notre ami Joël d'un morceau du kiosque recherché, visible en partie derrière la mairie)

Plan du Grand-Quevilly en 1812
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Le Grand-Quevilly est, tout comme son voisin Le Petit-Quevilly (qui n'est pas aussi étriqué que son nom le laisse entendre), situé en banlieue rouennaise. La municipalité grand-quevillaise, depuis son installation dans sa première maison commune, éprouve quelques difficultés pour trouver la mairie idéale. En 1842, nos édiles occupent une mairie, dont la moitié est consacrée à l'usage d'école de garçons, acquise auprès de Jacques Mallet, située entre la Grande Rue (future rue de la République) et la Petite Rue (rue Sadi-Carnot) ; l'emplacement est dénommé place de la Mairie ou place du Marché.
La commune ne disposant d'un bureau postal que sur la commune voisine de Petit-Quevilly, le maire grand-quevillais, Clovis Lecointre, décide le 19 novembre 1904, en accord avec l'administration des Postes et Télégraphes, de créer un bureau de Postes à Grand-Quevilly. Ce bureau est construit l'année suivante, sur l'arrière de la mairie, attenant à celle-ci.

Le Grand-Quevilly - Mairie de 1842 à 1914, acquise de Jacques Mallet — Mairie et bureau des Postes de 1905-1906
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En 1913, une Maison de maître adossée à un grand parc, située sur la Rue de la République (nouvelle appellation de la Grande Rue), est mise en adjudication.
Ce domaine, bien connu des quevillais, décrit en 1876 comme
une prairie en forme de triangle, appartient à Madame Lavoisier, descendante de Benjamin Alphonse Lavoisier (1784-1859), agriculteur, plusieurs fois nommé maire du Grand Quevilly entre 1815 et 1835. La famille Lavoisier tenait cette propriété de la succession d'Etienne-Jacques Féret, décédé en décembre 1811. (1)
L'adjudication n'ayant pas été réalisée, Albert Gérard, maire de 1908 à 1919, donne toute latitude à une commission nommée à cet effet le 13 décembre 1913, pour acquérir la propriété Lavoisier dès qu'elle sera remise en adjudication.
Des pourparlers sont engagés entre Albert Gérard et Madame Lavoisier et, cette dernière consent de céder sa demeure et le grand parc planté d'arbres de 22.000 m² y attenant pour 46.000 francs ; le 24 janvier 1914, la municipalité délibère en ce sens.
Le 21 février 1914, nouvelle réunion des édiles qui décident de faire édifier deux nouvelles classes près de l'actuelle mairie ; toutefois, en attendant la réalisation de ces constructions, la salle du rez-de-chaussée de la mairie sera transformée en école. Concernant l'acquisition Lavoisier qui vient d'être entérinée, les élus chargent l'architecte Emile Fauquet et l'agent voyer cantonal Sérant, de faire aménager la Maison de maître en Mairie ; le parc deviendra communal et une nouvelle école sera construite sur une partie du terrain ; on autorise dans le même temps le nécessaire abattage de quelques arbustes et arbres fruitiers aux alentours de la nouvelle mairie pour réaliser les travaux projetés.
Deux parcelles de la propriété Lavoisier qui avaient été louées jusqu'à fin décembre 1913, l'une à M. Gilbert pour le prix de 25 francs, l'autre à M. Maurice pour le prix de 20 francs, sont reprises par la municipalité dès les actes d'acquisition enregistrés.

Le Grand-Quevilly - Mairie de 1914 à 1935, acquise de la propriété Lavoisier
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Jusqu'à cette date, les fêtes patronales, nationales et concerts se déroulent sur la place de la Mairie, les cavalcades et retraites aux flambeaux sillonnent les deux rues principales de la commune, allant parfois jusqu'au Petit-Quevilly tout proche.
La première société musicale du Grand-Quevilly est fondée en 1880. Devenue la fanfare La Renaissance, elle est dirigée par M. Saunier depuis 1897. Une seconde phalange, l'Union musicale, apparaît au début de 1903, dirigée par M. Egret.
Après l'ouverture du Parc « Lavoisier » au public, qui n'est bien entendu effective qu'après le conflit 1914-1918, les manifestations se font nombreuses sur celui-ci et très appréciées des grand quevillais.
En 1922, une seule formation reste active : la Société Musicale de Grand-Quevilly, enregistrée à la préfecture à compter du 21 novembre 1922. La Fanfare des Hauts-Fourneaux de Grand-Quevilly est fondée dans les années 1920, à la suite de la création desdits hauts-fourneaux dans le parc d’activité du Grand-Launay.

Lors de la délibération du conseil municipal du 23 juin 1924, Joseph Quetteville, maire de 1919 à 1935 puis de 1941 à 1944, communique le devis établi par un entrepreneur qui a été contacté pour la construction d'un Kiosque à musique dans le Parc de la mairie. Il est décidé de demander des renseignements complémentaires à l'entreprise et de renvoyer cette affaire devant la commission des travaux et finances.
Ce
Kiosque à musique, dont nous n'avons malheureusement aucun aperçu, est inauguré le dimanche 7 juin 1925. Les entrepreneurs l'ayant conçu sont M. Quibel pour la maçonnerie, M. Pecqueur fils pour la charpente, M. Mallenguery pour la peinture et M. Bourgeois pour la couverture. La seule description qu'on puisse fournir est qu'il est peint de teintes claires et que sa structure était gracieuse.

Joseph Quetteville n'ayant pu se faire réélire, la municipalité passe, en 1935 entre les mains de Tony Larue. Dès cet instant, à l'aide d'emprunts à outrance, de subventions et de bonifications d'intérêts, Larue va faire bâtir tout ce qui peut être construit, utilisant le béton à toutes les sauces, et faire démolir tout ce qui peut être détruit.
Le motif allégué par cet édile étant la résorption du chômage par tous les moyens !...
Lors de la séance du Conseil municipal du 11 octobre 1935, Larue fait voter : la construction d'une mairie-foyer communal, à l'emplacement actuel de la mairie, laquelle va être démolie, pour une somme de 1.650.000 francs ; l'achat d'un terrain à M. Hue, propriétaire rue Gustave Boutigny, pour un montant de 130.000 francs. Une partie de ce terrain servira à construire une école de garçons et un stade municipal ; l'édification d'un établissement de bains-douches sur un terrain de la commune affecté au presbytère, à l'angle des rues de la République et Sadi-Carnot, pour 325.000 francs.
En novembre 1935, la mairie Lavoisier est rasée. Dans la foulée, le Kiosque à musique est abattu.

L'inauguration de la première série de bâtiments à lieu le dimanche 14 novembre 1937, en présence de Marx Dormoy : l'Hôtel de Ville et le foyer municipal à la place de la mairie Lavoisier de la rue de la République, l'Ecole Jean-Jaurès, le Groupe scolaire Roger Salengro et l'Etablissement de bains douches. Le discours du ministre de l'intérieur donné à cette occasion est salué par
l'internationale chantée debout le poing fermé.

Le Grand-Quevilly - Mairie du maire Tony Larue de 1937 à 1974
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La mégalomanie du personnage Larue, lequel règne plus de quarante ans au Grand Quevilly ne s'arrête malheureusement pas là : en 1974, il fait construire un nouvel hôtel de ville, celui de la rue de la République construit en 1937 étant toutefois conservé en tant que mairie annexe.
En 1983, la première Mairie et son bureau de poste attenant sont à leur tour détruits.
Le Parc public Lavoisier est toujours en place : ses dimensions ont été réduites de par la construction en 1931 de l'école de filles Marie Curie et par l'emprise de l'hôtel de ville dit Marx Dormoy de 1937 ; il a pris le nom de Parc René Bouttard (1877-1953), ancien adjoint au maire.
Kiosque supprimé.

voir ici Le Parc de la Mairie du Grand-Quevilly, devenu le Parc René Bouttard, sans son kiosque, aujourd'hui.(1/2) (2/2)

Le Grand-Quevilly- La Fanfare des Hauts-Fourneaux de Grand-Quevilly
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publié par Babs Dim 11 Mar 2012 15:13

15 mai 1897 — La fanfare de Grand-Quevilly de retour d'un festival chez son voisin Sotteville
— En revenant du festival de Sotteville, la fanfare de Grand-Quevilly a fait entendre dimanche dernier, sur tout
le parcours de la route de Caen, marches et allegros.
Elle en a été récompensée par les acclamations des habitants.
Cette Société, très en progrès, est dirigée du reste par un chef des plus habile, M. Saunier, auquel nous adressons nos plus sincères félicitations.

5 juillet 1903 — Fête patronale de Grand-Quevilly. Concerts de la Renaissance et de l'Union musicale place de la Mairie
— Grand-Quevilly. La fête patronale qui a eu lieu dimanche dernier a attiré cette année beaucoup de personnes. Deux concerts ont été donnés dans l'après-midi, l'un par la fanfare La Renaissance, l'autre par la nouvelle fanfare L'Union Musicale.
Pendant le concert de La Renaissance une distribution gratuite de fleurs a été faite au nom de la société par M. Gérard et Guetteville, président et vice-président de la société.
A l'issue de ce concert une quête a été faite par les mêmes au profit de la Caisse des Ecoles et a produit 14 fr. 20.
Programme de la Fête Nationale. Le 13 Juillet, à 6 heures du soir, sonnerie des cloches, salves d'artillerie ; à
8 h. ½, retraite aux flambeaux par la « Renaissance » et les pompiers.
Le 14 juillet, à 6 h. du matin, sonnerie des cloches, salves de canon.
A 8 h., Distribution de pain et de viande aux indigents.
A 1 h. ½, concert par « La Renaissance » place de la Mairie.
A 2 h., revue des pompiers, distribution de friandises aux enfants. Dans l'après-midi, jeux divers. Le soir, illuminations et danses gratuites.

16 août 1903 — L'Union musicale primée au concours musical de Bourgtheroulde
— Union musicale de Grand-Quevilly. L'excellente fanfare qui a pour président : M. O. Mottais, et pour directeur, M. Egret, a remporté les récompenses suivantes au concours de Bourgtheroulde, en 3e division, 2e section :
1er prix de lecture à vue, à l'unanimité avec félicitations du Jury. 1er prix d'exécution. 4e prix d'honneur.
La société, qui ne compte que six mois d'existence, peut être fière des succès obtenus.

30 août 1903 — Concert de l'Union Musicale place de la Mairie
— La fête musicale organisée par l'Union Musicale de Grand-Quevilly, dimanche dernier, a de tous points réussi admirablement. L'excellente fanfare, sous la direction de M. Egret, a parcouru les rues de la commune à l'accent des pas redoublés entraînants.
Le concert donné ensuite sur la place de la Mairie a eu un succès énorme. Beaucoup de monde s'y pressait pour entendre les morceaux couronnés au concours de Bourgtheroulde, le 2 août, et qui entre parenthèse, ont été exécutés avec un brio incontestable.
Le soir, un bal réunissait la jeunesse quevillaise qui s'en est donnée à cœur joie.
Pendant le cours du bal, un superbe bouquet a été offert à M. Egret qui conduisait l'orchestre avec son talent habituel.


15 juin 1913 — Concert l'Union musicale rue Pierre Corneille
— Le Grand-Quevilly. Concert d'été. La Société l'Union musicale, président M. Mottais, directeur M. Egret, a donné vendredi soir, rue Pierre Corneille, devant un nombreux public, son deuxième concert d'été. Des bravos nourris sont allés aux membres exécutants de cette société dont les auditions populaires dans la commune sont très goûtées et appréciées.
Un concert identique sera donné prochainement rue Sadi-Carnot.


27 juin 1914 — Les danses publiques autorisées uniquement et seulement place de la Mairie
— Le Grand-Quevilly. A l'occasion de la fête patronale, le maire vient de prendre un arrêté autorisant les danses publiques (payantes comme à l'ordinaire) sur la place de la Mairie et de les interdire dans tout autre endroit. Des places sont mises gratuitement à la disposition des forains.

10 septembre 1922 — Kermesse dans le parc de la mairie ; concert vocal et instrumental
— Grand-Quevilly. La section de l'U.N.C. organise pour le dimanche 10 septembre dans le parc de la mairie, une grande kermesse au profit de sa caisse de secours, sous la présidence d'honneur de M. J. Quetteville, maire.
A 1 h. 45, place de la Mairie : réunion des anciens combattants, des délégations, des sociétés, de la fanfare de l'Association amicale des mutilés de Petit-Quevilly, des Volontaires de Rouen.
Au parc, à 2 h. 30, concert vocal et instrumental ; concours de ballons.
Le soir, à 8 h. 45, grand bal, fête de nuit, illuminations et embrasement du parc.
Comptoirs de vente et loteries tenus par et les dames et jeunes filles de la commune.


28 juin 1924 — Fêtes de Saint-Jean au parc communal de Grand-Quevilly
— Demain dimanche, de 4 heures à 5 heures, au parc communal, concert par la Société musicale de Grand-Quevilly.
Demain dimanche et lundi soirs, bal public et gratuit place de la Mairie. Vente de l'insigne de la fête au profit du bureau de bienfaisance.

7 juin 1925 — Inauguration du Kiosque à musique du Parc de la Mairie
6 juin — Programme de la Fête de plein air pour l'inauguration du Kiosque à musique
— Nul doute que demain dimanche la foule des grands jours ne vienne assister a la fête organisée à l'occasion de l'inauguration du kiosque à musique construit dans le parc par les soins de la municipalité.
L'un des plus gros attraits sera la participation du Cercle Boïeldieu qui, sous la présidence de M. Deshais et l'habile direction de M. Geffroy, s'est acquis dans toutes la région une notoriété très justifiée.
La Société musicale de Grand-Quevilly, aux destinées de laquelle préside M. Druel, et que dirige M. Petit, prêtra également à la fête son concours apprécié.
M. Julien, le sympathique ténor du Cercle Boieldieu, se fera entendre dans les meilleurs morceaux de son répertoire, ainsi que M. Petit, dans un solo de clarinette. Le bon comique Cornu a bien voulu assurer la partie gaie du programme.
Ajoutons qu'un concours de ballonnets sera organisé par M. Bouillot, de l'Aéro-Touriste Normand.
La fête commencera à 15 heures, et le prix des places est fixé à 1 fr. 50 pour les grandes personnes et à 0 fr. 75 pour les enfants au-dessous de 13 ans.

9 juin — Compte rendu de l'inauguration du Kiosque à musique
— Dans le vaste parc attenant à la mairie, la municipalité a fait construite un vaste Kiosque de grandeur appéciable que l'on inaugurait dimanche.
Tout pimpant neuf avec ses peintures aux couleurs claires, on put admirer sa gracieuse structure et chacun de féliciter les édiles du lieu de leur heureuse idée et les entrepreneurs : MM. Quibel pour la charpente, Mallenguery pour la peinture et Bourgeois pour la couverture, de leur parfaite réalisation.
M. Quetteville, maire, entouré de son conseil municipal au grand complet et de MM. Lemaître, secrétaire de mairie et Lefebvre, secrétaire adjoint, recevait les invités fort nombreux.
La décoration du parc et du kiosque, qui fait honneur à MM. Dumont, Roty, Dormand, Boulet, Chaignon et Ernest Durand, mettait dès leur arrivée les visiteurs en bonnes dispositions et bientôt tous les corsages et toutes les boutonnières étaient fleuris d'oeillets aux couleurs tendres.
Le gros attrait du programme était la venue à Grand-Quevilly de l'excellent Cercle Orphéonique de Rouen, le Cercle Boïeldieu. Sous la direction autorisée de son distingué chef, M. Geffroy, cette excellente phalange se montra à la hauteur de sa grande réputation et réunit tous les suffrages.
Elle donna une exécution parfaite des Moines du Liban, de Monestier, de l'alerte Laitière Normande, due à l'inspiration de M. Geffroy ; du choeur remarquable Liberté, de Chapuis.
Après cette audition, M. Geffroy reçut une gerbe de fleurs au milieu des applaudissements unanimes.
La Société Musicale est en grand progrès et son chef, M Petit, peut se montrer fier des résultats obtenus. D'ailleurs les bravos nourris qui saluèrent chaque final lui prouvèrent comme à ses musiciens, la satisfaction de tous.
Le pas redoublé avec chansons « Vers la frontière » de Belleville, fut alertement enlevé, puis l'ouverture de Roby « Honneur au travail » nous montra la qualite des ensembles. « Altière marche » d'Andrieu qui terminait la première partie fut exécutée de façon brillante.
En seconde partie, la grande fantaisie « La fée des Grèves », de Princiaux, comme « le Diable au Cor », pas redoublé de Roby, confirmèrent l'excellente impression du début.
Ce fut un régal pour l'auditoire d'entendre M. Julien, ténor du Cercle Boïeldieu, dans l'interprétation parfaite de « l'Hymne à la nature de Werther », de Massenet, un air de la « Tosca » de Puccini et le grand air de « Sigurd » de Reyer.
M. Petit, directeur de la Société Musicale de Grand-Quevilly, est également un clarinettiste distingué, il donna toute la mesure de son talent dans l'exécution de « Simple aveu » de G. Thomé et dans une « Sélection sur la Muette de Portici » d'Auber qui permirent d'apprécier la correction de son mécanisme et la pureté de ses sons.
La partie comique avait été confiée à M. Cornu, un enfant du pays, dont la réputation a dépassé les limites de sa commune. Il obtint un gros succès de rire dans ses chansons et recueillit sa large part des applaudissements.
Le piano d'accompagnement fut tout à tour tenu par Mme Colomines et M. Rérat, sous-chef du Cercle Boïeldieu, qui s'acquittèrent avec talent de leur tâche délicate.
Le concours de ballonnets placé sous la direction de M. Bouillot, de l'Aéro-Touriste Normand, fit aux enfants une joie d'autant plus grande que le « papa Bouillot » distribuait à tous de superbes cadeaux réclames, aussi les départs furent-ils nombreux et le champ du concours entre tous ces aéronautes en herbe très ouvert.
La bienfaisance qui était la grande animatrice de la fête ne perdit pas ses droits et une quête faite au cours de cette matinée par Mmes Pecqueur, Gouy et Riquier, accompagnées de MM. Quetteville, Profichet et Hammer, produisit la coquette somme de 550 fr. 30.

11 juin 1925 — Rectification du nom des entrepreneurs ayant réalisé le Kiosque à musique
— Dans notre compte rendu de mardi relatif à l'inauguration du kiosque à musique, il y a lieu de lire :
MM. Pecqueur fils, entrepreneur de charpentes ; M. Quibel, entrepreneur de maçonnerie ; peinture, M. Mallenguery ; couverture, M. Bourgeois.


Le Grand-Quevilly - Place du marché (place de la Mairie) — Fanfare le Réveil Quevillais du Petit-Quevilly qui fréquentait le Grand-Quevilly de temps à autre
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26 juin 1925 — Fête foraine patronale Saint-Pierre. Concert au Kiosque
— Le Grand Quevilly. Fête patronale Saint-Pierre. De nombreux forains ont répondu l'appel de la municipalité
et, la distribution des places qui eut lieu mardi dernier, permet d'augurer pour dimanche et lundi prochain un succès complet.
Ajoutons qu'en dehors de la fête foraine, le dimanche de 4 heures à 5 heures, dans le Parc de la Mairie, la Société musicale, sous la direction de son chef, M. Petit, donnera un grand concert.
Les sportmen auront aussi leur part de spectacle car des courses pédestres pour lesquelles de nombreux engagements sont déjà parvenus seront organisées par la vaillante Pédale de Grand-Quevilly.
De plus, les deux soirées, il y aura bal de nuit à grand orchestre.


Festival musical du Grand-Quevilly du 15 août 1925
8 août 1925 — Annonce du festival musical 15 août
— Le Grand-Quevilly. Le festival de musique organisé par la Société Musicale le samedi 15 août, est appelé à un très grand succès, car les billets d'entrée donnant droit à la grande tombola s'enlèvent rapidement. La Société Musicale s'est assurée le concours des sociétés ci-après : L'Harmonie de Darnétal, la Diane de Petit-Quevilly, la fanfare municipale de Malaunay, les Volontaires de Grand-Couronne, la Société Musicale de Canteleu, les Enfants d'Amfreville-la-Mivoie, la Fanfare municipale de Grand-Couronne, le Réveil Quevillais, le maestro Lecoupeur. son jazz et ses 6 clowns musicaux.
Nous donnerons prochainement le programme détaillé de cette fête.

12 août 1925 — Programme du festival musical 15 août
— C'est samedi prochain 15 août qu'aura lieu le Festival de musiques, organisé par la Société musicale et dont voici le programme :
A 14 heures, audition musicale dans tous les quartiers de la ville. — A 15 heures 15, rassemblement des sociétés rue de la Chaussée. — A 15 h. 30, défilé général. Itinéraire : rue de la Chaussée, rue de l'Eglise, rue de la République. — A 16 heures, place de la Mairie, auditions musicales par toutes les sociétés. — A 16 heures 30, morceau d'ensemble (300 exécutants), dirigé par M. Petit, directeur de la Société Musicale ; la Marseillaise, dirigée M. Turquer, directeur de l'Harmonie de Darnétal. — A 21 heures, grand hall de nuit. Le maestro Lecoupeur et ses 6 clowns. Illuminations. — A 23 heures, tirage la tombola.
Prix d'entrée de jour ou de nuit, 1 franc.
17 août 1925 — Compte rendu du festival musical du 15 août. Grand concert sur le Kiosque à musique du Parc
— Le grand festival organisé par la Société musicale a connu le grand succès, succès d'affluence, succès financier, succès artistique.
Dès 14 heures, les sociétés judicieusement réparties, donnaient des concerts aux principaux endroits de la localités : La Diane de Petit-Quevilly, sous la direction de M. Macquet, rue de la République ; la Fanfare municipale de Malaunay, dirigée par M. Bethon, rue du l'Eglise ; les Enfants d'Amfreville-la-Mivoie, directeur M. Laumier, route de Caen ; l'Harmonie de Darnetal, sous la direction de M. Turquier, place de la Poste ; la Société musicale de Canteleu, dirigée par M. Boissy, rue de l'Ecole ; les Volontaires de Grand-Couronne, directeur M. Cavelier, rue de la Mare ; la Fanfare municipale de Grand-Couronne, sous la direction de M. Mallenguery, rue Sadi-Carnot ; le Réveil Quevillais, directeur M. Willem, place du la Mairie.
Les sociétés se rendaient ensuite individuellement rue de la Chaussée où, dans un ordre parfait, se formait le cortège qui, bannières déployées, parcourut, aux sons des pas redoublés les plus entraînants, la rue de la Chaussée, la rue de l'Eglise, la rue de la République, la rue Nouvelle pour entrer au parc musical où avait lieu le grand concert où toutes les sociétés se firent entendre et applaudir.
La Diane de Petit-Quevilly ouvrait la série des auditions avec « Nuit Blanche », marche de E. Gardanne, puis la Fanfare de Malaunay exécutait une superbe fantaisie de Guillement : « Les adieux à Cordoue » ; les Enfants d'Amfreville-la-Mivoie donnaient ensuite la Marche n° 2 de A. Fiquet : « Garde à vous » : l'Harmonie de Darnétal mit en valeur « Aurelia », ouverture de Deplace, arrangée par E. Fanc ; la Fanfare de Canteleu interprétait à souhait « l'Ouverture de Concours », de Cazalis ; les Volontaires de Grand-Couronne leur succédaient avec la marche « la Saint-Cyrienne ». Le succès de la Fanfare municipale de Grand-Couronne fut très grand dans une fantaisie sur les Cloches Corneville, de Robert Planquette, arrangée par E. Roux, qu'elle dut bisser aux applaudissements répétés de l'assistance ; le Réveil Quevillais terminait la série des morceaux individuels par la Marche Audoise, de E. Taxy.
Ce fut ensuite le morceau d'ensemble ; toutes les sociétés étaient groupées sous la baguette autorisée de M. Petit, le distingué chef de la Société musicale de Grand-Quevilly. Il y avait là, quelques trois cents exécutants qui donnèrent une exécution parfaite du défilé « le Diable au Cor », de E. Roby. Le public, enthousiasmé, réclama une seconde audition à laquelle musiciens et directeur se prêtèrent de bonne grâce.
M. Petit céda ensuite la direction à M. Turquier, de l'Harmonie de Darnétal, et l'assistance, tête nue, salua l'exécution impeccable de la Marseillaise.
Autour du kiosque, où l'on avait peine à circuler, tant la foule était dense, nous avons pu remarquer la présence de MM. Quetteville, maire ; Lecointre et Martin, adjoints ; Aoustin, A. Gilbert. Darmand, Durand, Boullet, Roynard, Quibel, Pinstron, Ruquier, Chédebau, conseillers municipaux...
A la sortie du parc, les sociétés défilèrent à nouveau individuellement par les rues, saluant d'une dernière aubade la foule qui les avait si chaleureusement accueillies.
La fête de nuit fut tout aussi charmante que celle de l'après-midi. Dans le parc brillamment décoré et illuminé grâce aux soins de MM. Lecointe, électricien, et Raynard. un bal des plus animés sous la direction de M. Lecoupeur, avec son Jazz et ses six clowns musicaux, se termina fort tard dans la nuit.
La charité n'avait pas été oubliée, car toute la journée, de charmantes jeunes filles offrirent à l'assistance des lyres dorées qui étaient vendues au profit du bureau de bienfaisance.

Le Grand-Quevilly - Fanfare la Diane du Petit-Quevilly qui donnait fréquemment des concerts au Grand-Quevilly - Mairie Lavoisier rue de la République 1914 à 1935
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30 juin 1926 — Fête patronale du Grand Quevilly ; concert de la Société Musicale sur le Kiosque du Parc
— C'était dimanche la fête de Grand-Quevilly. Les nombreux manèges et les baraques foraines installés sur la place de la Mairie rie, attirèrent en foule grands et petits qui s'amusèrent avec beaucoup d'entrain.
Des fleurs et insignes furent vendus par Mlles J. Durandeu. A. et E. Desgouillon...
La Société musicale, sous la direction de M. Petit, exécuta, dans le parc de la mairie, un concert très applaudi. Une nouvelle société colombophile, l'Explorateur Normand, fit un lâcher de pigeons au moment où la Musique faisait entendre la Marseillaise.

26 juillet 1927 — Concert de la Société musicale au Kiosque à musique du parc de la mairie
— Société musicale. Programme du concert qui sera offert à la population jeudi prochain à 20 h. 45, au Parc de la mairie : Union et fraternité, allegro (Flamand). — Honneur au travail, ouverture (E. Roby). — Chanson arabe (J. Beaudonck). — Le char de Vénus, fantaisie (R. Massard). — L'Alsacienne, grande valse (V. Gentil). — Salut à Milan (R. Andrieu).

1 et 2 juillet 1928 — Fête patronale du Grand-Quevilly
— Un temps idéal a favorisé la fête patronale, dimanche dernier. Une foule nombreuse est venue rendre visite aux nombreuses attractions foraines installées sur la place avec une meilleure disposition que les années précédentes, grâce au dévouement du comité des fêtes et à l'initiative du président, M. Quetteville.
L'après-midi, à 16 h., une belle audition fut fournie par la Société musicale et la Chorale mixte de Grand-Quevilly. Le public ne ménagea pas ses applaudissements aux excellents musiciens et chanteurs.
La Société Musicale, sous la direction de M. Petit, après un pas redoublé, très allègrement enlevé, exécuta dans la perfection Idylle printanière, une ouverture qui lui a valu un premier prix d'exécution lors de son dernier concours et Le Retour à la Terre, grande Valse où les bois et les basses rayonnent très harmonieusement.
La Chorale mixte est à ses débuts et a prouvé de façon surprenante qu'elle était appelée à prospérer. Sous la direction de M. Pallier, elle charma son auditoire dans deux morceaux déjà ardus aux débutants, intitulés : Le Voyage en Chine et Aubade provençale de Chapuis. Des félicitations et des voeux de prospérité doivent être adressés à cette nouvelle société.
Le soir, l'animation dura jusqu'à 1 heure du matin. Un bal en plein air clôtura joyeusement la fête.


20 juin 1935 — Un des derniers concerts de la Société musicale sur le Kiosque à musique du Parc
— Grand-Quevilly. La Société musicale donnera son premier concert d'été ce soir, à 21 heures, dans le Kiosque du Parc de la Mairie. Au cours de ce concert, le programme suivant sera exécuté sous la direction de M. Petit :
Marche cosaque (Th. Rattier). — La Victorieuse (E. Flamand). — Lotus bleu (F. Popy). — Petite suite rustique : a) les cloches sonnent ; b) la voix des ruines ; c) réjouissances villageoises. (J. Filleul). — Gabrielle (E. Roby). — Paris-Bruxelles (V. Turine).


26 juin 1936 — Fête Saint-Pierre dans le Parc de la mairie du Grand-Quevilly
— Dimanche 28 et lundi 29 juin, place de la Mairie, fête patronale de Saint-Pierre.
Dimanche 28 juin, de 16 à 17 heures, dans le parc de la mairie, concert par la Société Musicale de Grand-Quevilly (directeur. M. Petit) et le Rappel Quevillais (directeur. M. Azambre) ; grand lâcher de pigeons «ou: par la Société Colombophile l'Explorateur.
Fête foraine.
Dimanche et lundi (le soir), bal public et gratuit (place de la Poste).


Formations musicales actives au Grand-Quevilly en 1909 :
La Renaissance du Grand-Quevilly (fanfare), président Albert Gérard, 25 exécutants ;
Union musicale (fanfare), fondée en 1903, direction Egret, 28 exécutants.


(1) La fille d'Etienne-Jacques Féret, Aimée Féret (1770-1820), avait épousé Pierre-Alexandre-Laurent Forfait (1752-1807), ex-ministre de la Marine et des Colonies, ingénieur et député.
Félix-André Caban, ancien architecte rouennais, ayant vécu toute sa jeunesse à Grand-Quevilly relate dans ses
Mémoires de 1876, que face à la prairie en forme de triangle de ses beaux-parents Féret, le ministre Forfait avait fait établir, contre la chaussée de Dieppedalle, un chantier pour la construction de canonnières qui occupa un nombre considérable d'ouvriers.
En fait, c'est Etienne-Jacques Féret, sous les instructions et la protection de son gendre le ministre Forfait, qui construit les fameuses canonnières : une lettre de Pierre-Alexandre-Laurent Forfait du 17 février 1804 indique précisément que Féret a fait construire au Grand-Quevilly trois chaloupes-canonnières et six bateaux-canonniers : en outre ledit Féret a également mis en chantier, au Havre, trois chaloupes-canonnières, dix bateaux-canonniers, une canonnière, trois péniches et deux prames : le Ville-du-Havre et le Ville-de-Chambéry.
(Recueil des publications de la Société havraise d'études diverses 1907)

Le Grand Quevilly - Un bout du Kiosque à musique visible derrière la mairie (découvert par notre ami Joël, le très célèbre bojojo de Cparama)
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 2 déc. 2019 16:03

LE HAVRE - L'Hôtel de Ville
(SEINE MARITIME)
La citadelle du Havre, fortifiée à partir de 1547, perd ses remparts trois siècles plus tard, en application de la loi du 2 juillet 1852. Sur l'emplacement dégagé par l'arasement des fortifications et du comblement des fossés, une large voie-promenade est ouverte : le boulevard Impérial (future avenue Foch prolongée du boulevard de Strasbourg). Sur ce boulevard, à l'angle de la Chaussée d'Ingouville et face à l'ancienne porte éponyme, la municipalité décide de faire construire son nouvel Hôtel de Ville et d'aménager en vis à vis une grande place (place Napléon III) et un Jardin Public.
La première pierre de cet édifice, qui coûtera 1.800.000 francs, est posée le 2 septembre 1855 sur les plans de l'architecte Charles Fortuné Brunet-Debaines (1801-1862). Alors que l'Hôtel de ville ne sera achevé que le 29 septembre 1859, le Jardin Public qu'on a, un moment, envisagé de dénommer square Lafayette, est, quant à lui, inauguré à l'occasion de la fête du 15 août 1856 : Paul Loyre, architecte paysagiste, est le concepteur de ce jardin. En 1870, un bâtiment dénommé l'Orangerie sera construit dans le jardin de l'Hôtel de ville.

Plan du Havre en 1863
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Les très nombreuses formations musicales havraises, sollicitées par le public, vont rapidement pousser la municipalité à faire installer, dès 1859, au centre du Jardin Public, une estrade avec un vélum pour les musiciens.
Cet édicule précaire est bientôt remplacé, dans les années 1870-1880, par un
Kiosque à musique, un peu plus sophistiqué, constitué d'un plateau pour les musiciens entouré d'une dizaine de poteaux inclinés vers l'extérieur, soutenant des rampes d'éclairage.
A la Lyre Havraise de 1864, à la Cécilienne, à l'Union musicale et aux autres phalanges musicales du Havre, vient s'inviter la musique du 119e Régiment d'infanterie, qui, alternant avec le 129e R.I., va donner toutes les semaines des concerts sur le Jardin public. L'infanterie et sa musique sont cantonnées depuis 1870 tout près du jardin, à l'extrémité du boulevard Impérial, dans la caserne Napoléon, future caserne Kléber, édifiée de 1863 à 1870.


Le Havre - L'Hôtel-de-ville, Kiosque à musique précurseur sans toiture vers 1890
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Un autre modèle de kiosque à musique, doté cette fois-ci d'une toiture, vient remplacer le précédent, attesté lors de l'Exposition maritime du Havre de 1887.
Cette Exposition qui ouvre ses portes le 7 mai 1887 est installée sur la place Gambetta, l'ancienne place Louis XVI, où, devant le Théâtre municipal, on a construit le Palais central surmonté d'un dôme, accueillant la salle des fêtes et l'exposition consacrée aux beaux-arts. Face à ce Palais, deux longues galeries, constituant les ailes du palais, sont édifiées le long du Bassin du Commerce, accueillant le propre de l'exposition nautique et de celle des machines. Un promenoir bâti sur pilotis, longe les deux galeries sur le bassin.
Devant le Palais central, un jardin est aménagé avec des pelouses, des allées sablées et des corbeilles de fleurs ; au centre dudit jardin, est érigé un
Kiosque à musique, visiblement octogonal, où se feront entendre tour à tour orchestre, musiques militaires, fanfares municipales ou privées et orphéons.
Un café et un pâtissier étant installés au rez-de chaussée du bâtiment central de l'exposition, un commentateur de première heure précise qu'on y sera merveilleusement placé pour entendre la musique, et anticipe sur la fréquentation assidue des élégantes havraises se donnant rendez-vous à la pâtisserie.
L'exposition est clôturée le 30 septembre 1887 et l'ensemble des bâtiments, Palais et kiosque à musique, est démonté, la place reprenant rapidement son aspect initial, sans laisser de traces.

Le Havre - Exposition maritime 1887 et détails agrandis des kiosques à musique
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Le 14 février 1897, une statue en bronze de François 1er est érigée près du Kiosque-estrade dans le Jardin de l'Hôtel de ville. Ce monument est en fait exposé pour seulement trois semaines, dans l'attente de son départ pour Cronstadt puis Saint-Pétersbourg, sa destination finale : il s'agit d'une copie en réduction en bronze de l'oeuvre originale réalisée en marbre en 1839 par Auguste Dumont (1801-1884), exposée au Château de Versailles, copie que les commerçants du Havre ont fait exécuter en 1896 afin de l'offrir au Tsar Nicolas II. (voir ici)
Le 9 mars, bichonnée et suivie de très près par tous les havrais, la statue de François 1er part pour la Russie ; le 1er mai, elle est signalée à Cherbourg...

En dépit de la grande concurrence musicale faite par les deux centres d'attraction balnéaire et thermal que sont les Bains Marie-Christine qui possèdent leur propre
Kiosque à musique (1) et le Casino Frascati, lesquels attirent le tout-Havre lors de la belle saison, la municipalité, décide, en mars 1897, de faire édifier un Kiosque à musique en dur, dans le Jardin public. Seulement les édiles ont des avis divergents sur l'emplacement exact de son implantation ; en outre, la pomme de discorde reste le bruit intense des six lignes de tramways qui sillonnent ce quartier, les avertisseurs nuisant à l'harmonie des concerts qui sont donnés sur le jardin ; on envisage même de remplacer les cornets-avertisseurs par de simples sonneries... Six mois de discussions vont être nécessaires pour trancher, et au final, les élus optent, en octobre 1897, pour la construction du Kiosque à musique à l'endroit exact où se trouvait l'estrade-kiosque, soit au centre du Jardin public de l'Hôtel de Ville.
L'entreprise de métallerie havraise de M. Gauvary obtient l'adjudication des travaux du kiosque, ce qui provoque encore quelques remous parmi les conseillers municipaux, lors de la séance du conseil du 6 octobre 1897 ; la
décoration picturale des ciselures de l'édifice est confiée à M. Ch. Conceprio.
Le 26 mars 1898, on annonce que l'édicule est achevé et qu'il ne reste plus qu'à fixer la date d'inauguration. Celle-ci a lieu le jeudi 19 mai 1898, en présence de Théodule Marais (1846-1907), maire du Havre de 1896 à 1904, la musique du 129e de ligne, dirigée depuis 1876 par Henri-André Sévénéry, exécutant un concert à cette occasion.
De forme octogonale, le kiosque est édifié sur un soubassement en pierre, entouré d'un garde-corps en fer forgé ; sa toiture en zinc repose sur des colonnes en fonte.


LE HAVRE - Hôtel de Ville et Jardin Public
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publié par bojojo76 Dim 10 Déc 2017 11:53

Cette histoire de Statue de François 1er exposée quelques jours sur le Jardin public avant que d'être envoyée en Russie, ajoutée à l'incessant tintamarre des tramways brinquebalant et des klaxons intempestifs empêchant manifestement une audition satisfaisante des concerts sur le Kiosque à musique, va tarauder plus de vingt ans les édiles havrais. Au point que, en 1920, ces derniers décident de faire raser le malheureux kiosque à musique et de faire ériger à sa place une statue en bronze de François 1er. Inaugurée le 22 janvier 1921 sur le Jardin de l'Hôtel de ville, cette sculpture Pierre-Jules Cavelier (1814-1894), dont la fonte est réalisée par Victor Thiébaut, avait été acquise pour 15.000 francs, en 1869, par la ville de Paris qui l'avait exposée au Petit Palais.
Dorénavant, la plupart des concerts publics sont donnés au Square Saint-Roch, dont nous aurons l'occasion de parler lors de notre prochaine publication.
Le 27 juin 1925, dans le jardin de l'Hôtel-de-Ville, face à l'Orangerie, en présence du commandant Brocard, député et de M. Lang, adjoint au maire du Havre, on inaugure le buste en bronze du lieutenant aviateur Gabriel Guérin (1892-1918), tué en service commandé le 1er août 1918. Cette sculpture est due à Albert Bartholomé (1848-1928).

Le Havre - Statue François 1er édifiée à la place du kiosque à musique — Statue de l'aviateur Guérin devant l'Orangerie du jardin de l'Hôtel-de-ville
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Du 5 au 11 Septembre 1944 les bombardements alliés, ordonnés par l'anglais John Crocker vont tuer plus de 2000 civils et détruire plus de 15.000 immeubles, soit plus des trois quarts de la ville. L'Hôtel de Ville est évidemment pris dans la tourmente (voir Ici ), et le 5 septembre 1944 lui sera fatal : 80 bombes vont l'anéantir et près de 300 autres vont faire disparaître le Jardin public. Petite consolation : le bronze de François 1er, caché avant guerre, échappe à la destruction. Lors de la reconstruction du Havre, il est installé dans la cour d'honneur du nouvel Hôtel de Ville réalisé, tout comme les nouveaux jardins sur les plans de l'architecte Auguste Perret. (voir Ici : Statue François 1er rescapée)
Kiosque supprimé.

voir ici, Jardin de l'Hôtel de Ville du Havre sans son kiosque à musique, aujourd'hui. (1/3) (2/3) (3/3)
Buste de l'aviateur Gabriel Guérin, aujourd'hui.

LE HAVRE - L'Hôtel de Ville
Le Havre - L'Hôtel de Ville (1905).jpg
Le Havre - L'Hôtel de Ville (1905).jpg (247.15 Kio) Vu 18 fois
publié par Jean Martc

8 juillet 1888 — Concert de la musique du 119e de ligne au Jardin de l'Hôtel de Ville
— Au concert donné la semaine dernière dans le jardin public, au Havre, la musique du 119e régiment de ligne a fait entendre avec succès un allegro intitulé la Hongroise, composé par M. L.-O. Comettant, le fils de M. Oscar Comettant, le sympathique critique musical du Siècle.

Le Havre - Concours musical du Havre 12, 13 et 14 mai 1894
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9 juin 1895 — La Lyre Havraise et ses 110 exécutants en concert à Rouen
— Jardin de l'Hôtel de Ville de Rouen. A l'occasion de la fête de la Caisse des Ecoles. Voici le programme de la fête qui a lieu demain dimanche au profit de la Caisse et du Sou des Ecoles
A 3 heures. Gare de la rue Verte, réception de la Lyre havraise et de l'Harmonie maritime du Havre par le Cercle orphéonique et la Fanfare rouennaise.
Défilé par les rues Jeanne-d'Arc et Thiers.
A 3 h. ½, vin d'honneur, offert par la municipalité, à l'Hôtel-de-Ville.
A 8 h. ½, concert vocal et instrumental par la Lyre Havraise (110 exécutants), directeur M. Turbot, et l'Harmonie maritime du Havre (20 exécutants), directeur M. Guillaume.
Les deux sociétés exécuteront ensemble : Au Souvenir de Roland, poésie de François Coppée, musique de Bourgault-Ducoudray, et l'Hymne triomphal, poésie de Victor Hugo, musique de Ch. Leneveu.
Eclairage, électrique et illumination du jardin. Le prix d'entrée est fixé à 50 centimes pour la fête de jour et 1 franc pour la soirée.
Les enfants au-dessous de 12 ans, accompagnés de leurs parents, entreront gratuitement.


Le Havre - Kiosque du jardin de l'Hôtel-de-ville — Jeu de diabolo dans le jardin de l'Hôtel de ville
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Le voyage de « François 1er » très suivi du Havre à Saint-Pétersbourg via Cherbourg et Cronstadt
27 février 1897 — Toute ou presque toute notre population a défilé au Jardin public devant la statue de François 1er, cadeau offert au Tzar par les commerçants du Havre et dont la remise officielle a été faite lundi dernier à M. le Consul de Russie.
Il ne reste plus qu'à l'emballer, la ficeler et l'adresser en port payé an Tzar.
Cette statue a fort bon air. François 1er est bien campé et nous adressons nos sincères félicitations à l'artiste.

13 mars 1897 — Elle est partie ! elle est partie !!
Mardi dernier, une équipe que l'on peut hardiment qualifier de considérable s'est transportée dans le jardin de l'Hôtel de Ville et a procédé à la descente de la statue du fondateur de la Ville du Havre, nous avons nommé François Ier.
On avait installé une immense chèvre pour descendre le roi qui n'en paraissait pas plus fier pour cela.
Puis une énorme caisse a été apportée et on a enseveli notre brave François.
Cette cérémonie, très touchante par sa simplicité a arraché bien des larmes aux nombreux spectateurs qui étaient venus assister aux derniers moments du roi galant. O combien !
Toute l'Administration Municipale en grande tenue avait tenu à rendre les derniers hommages au fondateur du Havre, et c'est avec une grande émotion que M. le Maire a remis entre les mains du charretier la statue qui avait fait l'admiration du public durant trois semaines.
Puissent les regrets exprimés être un soulagement à la douleur qu'aura François 1er de se retrouver exilé sur une terre étrangère, mais il aura cette douce consolation de se dire qu'il est chez nos amis les Russes et cela lui suffira amplement d'autant plus que des manifestations enthousiastes l'attendent à Saint-Pétersbourg.

1er mai 1897 — Pauvre ami ! Nous avons appris tout récemment que la statue du brave François 1er offerte par les Commerçants du Havre au Tzar Nicolas II venait d'arriver à Cherbourg.
Depuis le moment où elle a été empaquetée et emballée au Havre il faut avouer qu'elle a mis du temps à arriver et il nous est permis de nous demander à quelle époque elle arrivera à Cronstadt d'abord et à St-Pétersbourg ensuite.
Espérons que le Tzar Nicolas II en sera possesseur avant 1900, mais du train où vont les choses on ne peut jurer de rien.
Dernière ½ heure. — Nous apprenons que ce bon François vient de quitter Cherbourg à destination de Cronstadt.
Allons ce sera peut-être pour 1899 que nos amis les Russes pourront le contempler.


19 mai 1898 — Inauguration du Kiosque à musique au Jardin de l'Hôtel de Ville
— Inauguration du kiosque de la musique par les autorités « constipées » de la ville du Havre. Inondation musicale par l'excellente phalange de notre régiment sous la direction de son distingué chef, M. Sévénéry. Bravos sur toute la ligne et enthousiasme général au sein des nombreux spectateurs qui avaient profité de l'accalmie des éléments pour venir fêter comme il convient l'armée et les beaux arts.
M. Théodule Marais, Maire et M. Denis Guillot adjoint, au cours de ce concert de délicats, ont offert à M. Sévénéry, au nom de la municipalité, une magnifique gerbe de fleurs cravatée très artistement d'un splendide ruban tricolore, sur la nouvelle estrade, très brillamment illuminée, et, entre parenthèses, très sonore, on s'est donc congratulé à bouche que veux-tu.
Paroles d'amour et paroles officielles. M. le Maire était dans ses bons jours et M. l'adjoint n'avait pas amené avec lui, ses cinq mille cinquante quatre électeurs !
Tout est bien, qui finit par des chansons !


Le Havre - Hôtel de ville (cliché mimigege, Cparama) — Hôtel de ville et Jardin Public (cliché Carpostale, Cparama)
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27 mai 1898 — Annonce du Festival musical du 29 mai
— Le grand concours de musique du Havre qui aura lieu à l'occasion des fêtes de la Pentecôte s'annonce comme devant être particulièrement brillant.
Des sociétés, telles que le Cercle Orphéonique de Rouen, l'Orphéon de Cambrai, l'Harmonie de Cambrai, l'Harmonie d'Amiens, l'Harmonie de Montmartre, l'Harmonie de Valenciennes, la Sirène de Paris, la Fanfare des ateliers Pleyel-Wolff etc., y prendront part.
Le nombre des sociétés inscrites est de 110, représentant plus de 4.000 exécutants.
La fête sera annoncée le soir du 28 par une retraite aux flambeaux qui parcourra les principaux quartiers du Havre.
M. Ronjon, directeur des Beaux-Arts, viendra présider ces fêtes.


29 et 30 mai 1898 — Festival musical du Havre
— Les Fêtes musicales. — Pendant deux journées entières, les habitants du Havre, auxquels sont venus se mêler des milliers de visiteurs étrangers, ont été largement abreuvés de musique. Soixante-seize sociétés avaient répondu à l'appel du Comité, et, pendant toute la journée de dimanche, par un temps merveilleux, on n'a entendu dans tous les coins de la ville que pas redoublés et marches triomphales. Le défilé, auquel ont pris part toutes ces sociétés, été particulièrement réussi.
Liste des sociétés de la région récompensées
— Orphéons : le Cercle Orphéonique de Rouen ; la Neustrie de Caen ; le Choral d'Yvetot ; les Enfants de Lisieux.
— Harmonies : l'Harmonie de l'industrie de la Couture-Boussey ; la Lyre Bolbécaise.
— Les Fanfares de Canteleu, de Saint-Romain de Colbosc, de Sanvic, de Caudebec-en-Caux, des Enfants de la Risle, les Enfants de la plage de Touville.
— Trompettes : Le Réveil de Caen ; La Vaillante de Bayeux.


Le Havre - L'Hôtel-de-ville et le Kiosque à musique — Le Jardin de l'Hôtel-de-ville pendant la musique
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12 au 15 août 1898 — Programme des fêtes de bienfaisance. Concert de la Garde Républicaine au jardin de l'Hôtel de ville
Voici le programme des fêtes qui ont été organisées par le Comité des Fêtes de bienfaisance durant le séjour de l'escadre :
Vendredi soir à 9 h., concert au jardin St-Roch par la musique des équipages de la Flotte et celle du 129e de ligne.
Samedi, à midi 30, réception de la musique de la Garde républicaine, à la Gare, par le Comité et la musique de la Douane.
Dimanche, après la revue navale, concert au jardin Saint-Roch, de 4 à 6 h., par la musique des équipages de la Flotte.
Le soir, soirée de gala au Théâtre-Cirque, par la musique de la Garde républicaine, celle des équipages de la Flotte, avec le concours de Yann Nibor. M. le Président de la République y assistera.
Lundi, à 3 h., concert par la musique de la Garde républicaine à l'Hôtel de Ville.
Le soir, à 9 h., grand concert au jardin St-Roch par les musiques de la Garde républicaine et celle des équipages de la Flotte.
Pendant le séjour de l'escadre, nous rappelons que des excursions en mer sont organisées, dont le produit servira à grossir la souscription.


7 avril 1907 — Concert de la musique du 129e régiment d'infanterie au Jardin de l'Hôtel de ville du Havre
— Jardin de l'Hôtel de ville. Musique du 129e régiment d'infanterie. Sous-chef : Blanrue. Voici le programme donné aujourd'hui de 20 heures ½ à 21 heures ½ : 1. Autriche-Hongrie. (Tavan). — 2. Gyptis. (July). — 3. La gitane, valse. (Buccalossi). — 4. Ouverture de concert. (Kerren). — 5. Gavotte Trianon. (Vivier). — 6. Marche d'Hamlet. (Thomas).

11 et 12 août 1907 — Concours international de musique du Havre, suivi d'un grand concert dans le jardin de l'Hôtel de ville
— Dès la première heure, les musiques débarquaient à la gare, venant de tous les points de la région de l'ouest et du nord-ouest. Aussitôt débarqués de wagon, harmonistes, fanfaristes embouchaient trombones, pistons, bugles et clarinettes. Les grosses caisses toussaient, les cimbales éternuaient et en avant la musique.
Silencieux comme des sphinx, les orphéonistes, gens sérieux avant tout, passaient calmes et fiers dans ce tohu-bohu.
Tandis qu'à l'Hôtel de ville les organisateurs du grand concours recevaient les membres du jury, les sociétés se rendaient soit au grand Théâtre, soit à la salle Franklin, au Théâtre-cirque, aux Folies-Bergères, à la Scala, à la salle de la Lyre Havraise, pour prendre part au concours de lecture à vue, ces concours ayant lieu à huis-clos.
Sur le coup de deux heures, un bruit de tous les diables se fait entendre vers la rue de Paris. Le défilé commence : cent quinze sociétés, formant un cortège de quatre mille musiciens ont passé devant nous. Ces quatre mille musiciens jouaient tous ensemble, non pas le même morceau — c'eût été monotone ! — mais le pas redoublé préféré de leur société.
Nous n'énumérerons les cent quinze sociétés qui défilèrent. Il y en avait de costumées en bleu, d'autres en blanc, d'autres en rouge, d'autres en noir. Tout ce que la fantaisie des tailleurs peut se permettre pour habiller des musiciens, nous le vîmes, depuis les costumes militaires jusqu'aux accoutrements de pékins. Il y avait aux képis des plumes bleues, des vertes, des rouges.
En habit noir, graves et solennels, nous vîmes des orphéonistes, ceux de Clamart, et la Sainte-Cécile de Tours notamment, qui saluèrent les autorités avec le geste solennel des gladiateurs allant mourir dans le cirque. Nous vîmes, avec leurs femmes, les musiciens des pompiers d'Angers, et, sans leurs femmes, les Trompettes des Enfants de Bohain, costumés en artilleurs.
Applaudis encore, la Chorale de Dijon, les Trompettes l'Alsacienne-Lorraine d'Elbeuf, l'Athénée musical de Déville-lès-Rouen, l'Harmonie de Chartres, le Cercle orphéonique sottevillais, les Amis Réunis de Fécamp, la Chorale de Sanvic, la Fraternelle de Doudeville, les Trompettes elbeuviennes, l'Union des travailleurs d'Honfleur, la Fanfare d'Orléans, l'Orphéon d'Yvetot, les Trompettes de Fougères...
Au carrefour du boulevard de Strasbourg, ce fut un méli-mélo d'un pittoresque achevé, car les sociétés, quittant le cortège, devaient rejoindre, en se croisant, les différentes salles destinées aux concours d'exécution et d'honneur qui durèrent jusqu'à près de six heures et demie.
A la suite des concours, des auditions gratuites eurent lieu sur plusieurs places.
Après le banquet, au crépuscule, le Havre s'illumina. Ce spectacle fut enchanteur : la rue de Paris, surtout, ainsi que l'Hôtel de ville, rutilaient littéralement.
Infatigables, les musiciens, après s'être restaurés, se firent entendre encore. Le grand concert donné dans le jardin de l'Hôtel de ville par l'Harmonie municipale de Beauvais fut particulièrement suivi par un public des plus chaleureux.
A partir de dix heures, on dansa aux Halles Centrales et au Cercle Franklin.

Le Havre - L'Hôtel-de-Ville (cliché Sartoris Cparama) — Le Jardin public un jour de musique
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14 mai 1914 — Concert de la musique du 129e régiment d'infanterie dans le Jardin de l'Hôtel de Ville
— Jardin de l'Hôtel de Ville. Musique du 129e régiment d'infanterie. Chef : M. Boin.
Voici le programme du concert qui sera donné aujourd'hui, de 20 heures 30 à 21 heures 30 : 1. Marche des Mousquetaires. — 2. Fatinitza. F. de Suppé. — 3. Bal de la Reine, valse. Paradis. — 4. Au Printemps. Fernand. — 5. Gavotte poudrée. A Terrier. — 6. La Scordia. Ganne.


14 juin 1914 — Concert de l'Harmonie Maritime dans le Square de l'Hôtel de Ville
— Harmonie Maritime. Voici le programme du concert que cette société donnera dimanche soir 14 juin, à 21 heures, dans le Square de l'Hôtel de Ville : 1. Marche hongroise. Berlioz. — 2. Messire Bertrand, ouverture. Rénier. — 3. a) Impressions d'Italie. Carpentier ; b) Venezia, grande valse. Desormes. — 4. Les Erynnies, divertissement en trois parties. Massenet. — 5. Marche américaine. Souza.

18 juin 1914 — Concert de la musique du 129e régiment d'infanterie dans le Jardin de l'Hôtel de Ville
— Jardin de l'Hôtel de Ville. Musique du 129e régiment d'infanterie. Chef : M. Boin.
Voici le programme du concert qui sera donné aujourd'hui, de 20 heures 30 à 21 heures 30 : 1. Autriche-Hongrie, marche. Tavan. — 2. Ouverture de concert. Karren. — 3. Très jolie, valse. Waldteufel. — 4. Véronique. Messager. — 5. Pierrot galant. Chillemont. — 6. Polka espagnole. Gentil.


Le Havre - Musique du 129e R.I. dirigée par Léon Manière en 1925 — Musique de la Douane
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Le nombre de formations musicales est impressionnant au Havre en 1909 :
— Le Cercle musical Havrais, président Boulard, directeur E. Levasseur, 42 exécutants ;
— L'Harmonie maritime, président Lecoq, direction Laisney, 90 exécutants ;
— La Musique de la douane, direction Cappe ;
— La Chorale de Dames, présidente Mme Cifolelli, vice-présidentes Mmes Larue et Michel, 60 exécutants ;
— La Société Sainte-Cécile, président Woollell, direction Cifolelli ;
— Le Cercle orphéonique havrais, direction Doucet ;
— La Fraternelle du Havre, direction Bouchon ;
— L'Estudiantina havraise, direction Bresciani ;
— La Saint-Cyrienne du Havre, direction Hecquet ;
— L'Orphéon de l'Ecole de la rue de Phalsbourg, direction Dupuis, 100 exécutants ;
— La Fanfare Gravillaise, direction Georges Roset, 75 exécutants ;
— L'Union symphonique Havraise, direction Laisney, 40 exécutants ;
— Les Mediators estudiantina, présidente Mlle Chedière, direction Agathon de Meyer, 20 exécutants ;
— La Lyre havraise (chorale), fondée en 1864, président A. Turbot, direction Mazalbert, 110 exécutants ;
— Les Amis réunis de Graville-Saint-Honorine (fanfare), 30 exécutants ;
— Société havraise de tambours et clairons, président G. Milice, caporal Dauger ;
— Les Tambours et clairons de la Cie des Etablissements Lazare Weiller de Graville Sainte Honorine ;
— La Fraternelle (chorale), président fondateur Jallageas, direction R. Foucher, 40 exécutants ;
— L'Harmonie du Patronage St-Thomas-d'Aquin, direction Bernières, 35 exécutants ;
— Le Groupe amical des Trompettes, président F. Debris, direction A. Fiquet, 45 exécutants ;
— La Cécilienne (chorale), direction Frémont, 93 exécutants ;
— La Dampierre (trompes), direction Beuzebosc, 8 exécutants ;
— La Revanche havraise (tambours et clairons), direction G. Foll, 17 exécutants.
En 1909, la musique du 129e R.I. du Havre est dirigée par F.- G. Boin depuis le 2 mars l898.

(1) Les Bains Marie-Christine aménagés à partir de 1882, disposaient d'un Casino en bois installé au bord d'un vaste jardin. Des concerts y étaient donnés en saison en permanence dans un kiosque à musique, dont nous n'avons malheureusement aucun cliché. Le 29 mai 1897, la très sérieuse Revue comique normande rapporte que l'ancien kiosque affecté aux auditions musicales a été enlevé et à la place un joli parterre de fleurs agrémentera encore ce superbe jardin.
Le Casino-bains Marie-Christine étant géographiquement situé à cheval sur les communes du Havre et de Sainte-Adresse, nous parlerons plus longuement de celui-ci, lorsque nous traiterons du Kiosque à musique du Nice-Havrais de Sainte-Adresse.
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