Le Parc des Buttes-Chaumont dans ses coins et recoins

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Le Parc des Buttes-Chaumont dans ses coins et recoins

Ayant poussé de sérieuses recherches sur le Parc près duquel j’ai vu le jour, il était nécessaire que les résultats en soient publiés, afin d’une part, que de nombreux a priori erronés soient définitivement rejetés des trop nombreuses publications altérant les faits sans vergogne, et d’autre part afin de permettre de présenter quelques documents et renseignements historiques n’ayant jamais été publiés jusqu’à présent, notamment sur les origines du Mont Chauve, sur le maître maçon Jean Fessart, sur le plâtrier architecte Guillaume Higonnet, sur le maître de forge Jean Ménans, sur le limonadier Désiré Javelot, sur les Tognini-Lavenir — leurs bateaux-passeurs, leurs gaufres et leur baudet de la cité Henry —, sur la Pompe à feu de l’Ourcq étroitement liée aux cascades du Parc, et bien d’autres encore…
Bonne promenade !


(note : nous compléterons le sommaire ci-dessous par des liens, au fur et à mesure de nos publications qui contiendront, bien entendu, de très nombreuses CPA)

Sommaire
A - Plan des Buttes-Chaumont
B - Historique

Pavillons, chalets et restaurants
C1 - Pavillon de l’ingénieur
C2 - Maison de garde porte Fessart
C3 - Maison de garde porte Bolivar
C4 - Maison de garde porte Secrétan
C5 - Maison de garde porte Armand-Carrel
C6 - Maison de garde porte Crimée
C7 - Maison de garde porte Botzaris (rue de la Villette)
C8 - Entrées secondaires du parc

D - Réservoir des Buttes Chaumont rue Botzaris et Pompe à feu de l’Ourcq à la Villette

E1 - Pavillon du Chemin de Fer
E2 - Pavillon Puebla
E3 - Pavillon du Lac


...
etc...
etc...
...la suite au fur et à mesure...

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A — Plan du Parc des Buttes-Chaumont

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B — Historique de la Butte de Chaumont

Nommée calvus mons (Mont Chauve) en raison de l’impossibilité d’y faire pousser quoi que ce soit, la Butte de Chaumont, est située sur le territoire de Poitronville, devenu en 1451 la commune de Belleville. On y a exploité le gypse pendant des siècles pour en extraire le plâtre et la chaux nécessaires aux constructions parisiennes.
Les cartes les plus anciennes, notamment celle de Jouvin de Rochefort de 1674, tout comme les écrits des XVIIe et XVIIIe siècles conservés, mentionnent systématiquement ce nom de Butte Chaumont, et ce n’est que par une confusion inexplicable qu’à partir de 1808, on l’a « canonisée », la désignant pendant quelques années sous le nom de
Butte de Saint-Chaumont.
Le plus ancien des manuscrits faisant allusion à ce lieu-dit, daté de novembre 1216, est très clair à ce sujet puisqu’il indique : « in territorio dicto de Calvomonte prope patibulum seu gibetum parisiensem » (sur le territoire du Mont Chauve près du gibet de la potence parisienne).
Les religieuses de la communauté de Saint-Chaumont ou Chaumond, tout d’abord établies à Charonne en 1661, qui avaient acquis le 31 août 1683, au prix de 92.000 livres, auprès du sieur Claude Menardeau, un hôtel situé rue Saint-Denis à Paris afin de s’y installer, n’avaient rien à voir avec la Butte de Chaumont, contrairement à ce que certains ont prétendu.
Ces carrières plâtrières, constituées en fait de plusieurs monticules, deviennent finalement les Buttes de Saint-Chaumont à partir de 1816 pour devenir en 1840,
les Buttes-Chaumont.

La Butte de Chaumont, l’Hôpital Saint Louis et le Gibet de Montfaucon (Plan de 1608 du topographe Claude Chastillon)
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La Butte de Chaumont (détail) (Plan de 1608 de Claude Chastillon)
01 Paris - Buttes-Chaumont - La Butte de Chaumont en 1608 (Gravure de Claude Chastillon) détail.jpg
01 Paris - Buttes-Chaumont - La Butte de Chaumont en 1608 (Gravure de Claude Chastillon) détail.jpg (104.69 Kio) Vu 523 fois

L’exploitation outrancière de ces carrières entraîne inévitablement la dangerosité du site qui se trouve truffé de fondrières et de fontis. Les autorités y veillent toutefois : ainsi, le 25 mai 1780, l’architecte du roi, Charles-Axel Guillaumot, contrôleur et inspecteur-général des travaux relatifs aux carrières, accompagné d’une floppée d’architectes et d’ingénieur, fait procéder à l’abaissement du ciel d’une vaste carrière à plâtre exploitée par cavage, située précisément sur la butte Chaumont de Belleville ; le vide de cette carrière étoit de 50 à 55 pieds de hauteur (16 mètres), présentant vers le chemin de Paris à Pantin, un front de 90 toises de longueur (175 mètres) sur environ 36 de profondeur (70 mètres) ; le ciel en étoit soutenu par 30 pilliers, dans lesquels on avoit pratiqué 255 trous de mines qui ont été chargés d’environ trois mille livres de poudre à canon. On a mis le feu sur les 7 heures du soir ; deux minutes et demie ont suffi pour opérer le renversement des pilliers et occasionner l’affaissement du ciel.

Plan partiel des Communes de La Villette et de Belleville vers 1672 (Jouvin de Rochefort)
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Le 30 août 1788, par devant Me Girardin notaire à Paris, Pierre-Charles Cottin (1), maître jardinier à Paris, et son épouse Agnès Andrieux, cèdent 4 arpens de terre (13.675 m²) situés à la butte Chaumont, à Jean Fessart, maître maçon à Paris. L’acte est enregistré au bureau des hypothèques le 26 septembre 1791.
Le citoyen Jean Fessart qui agrandit ainsi ses possessions sur les carrières de la Butte de Chaumont, est bien connu à Belleville ; c’est lui qui, en 1790, est autorisé à acquérir ce qui subsiste des quelques piliers ruinés du ci-devant gibet de Montfaucon de la place du Combat, gibet, qui par ailleurs n’était plus que symbolique depuis 1627. Ces piliers ont servi à bâtir une partie du parapet du canal Saint-Martin.
Fessart va acheter le 5 novembre 1793, une maison sise « grande rue et à l’entrée de Belleville », auprès de Paul Armand Favart, le fils du dramaturge bellevillois, Charles Simon Favart. (2)

L’activité de la Butte de Chaumont y reste florissante jusqu’à la fin du XVIIIe siècle : chacune des voitures des propriétaires des carrières à plâtre de la Butte de Chaumont à Belleville effectue six voyages par jour pour livrer les matériaux à Paris et, compte tenu de ces très nombreux passages, lesdits plâtriers demandent à être
exempts du droit de passe, le 1er germinal de l’an VI (21 mars 1798), auprès du Conseil des Cinq-Cents.

Au XIXe siècle, l’épuisement des ressources du gypse se fait sentir dans ces carrières qui, aux dires de très nombreux journaux de l’époque, deviennent un repaire de malandrins de tout acabit, connues pour être un lieu malfamé.
Les fréquentes victimes d’effondrements des carrières obligent la municipalité à interdire l’exploitation de plusieurs sites ; Jean Fessart ayant continué à faire extraire le gypse par ses plâtriers, au moyen du procédé du cavage à flanc de colline, en dépit des ordonnances qui l’interdisent, écope d’une amende de 300 francs le 26 juillet 1806.


Acquisition terrain de 4 arpents par Jean Fessart, le 17 novembre 1791 — Jean Fessart rattrapé par la patrouille le 27 juillet 1806
02 Acquisition terrain Jean Fessart 17 novembre 1791 - Jean Fessart rattrapé par la patrouille 27 juillet 1806.jpg
02 Acquisition terrain Jean Fessart 17 novembre 1791 - Jean Fessart rattrapé par la patrouille 27 juillet 1806.jpg (129.13 Kio) Vu 523 fois

Les communards ayant détruit, en 1871, les archives de Paris et des communes limitrophes, dont Belleville, nous n’avons pu découvrir, le sort de Jean Fessart qui pourrait être décédé le 27 juin 1824 selon les archives parisiennes reconstituées. Toujours est-il que la commune de Belleville ne l’a pas oublié, puisqu’en mai 1830, on lui ouvre une ruelle Fessart, en fait l’impasse Fessart qui deviendra la rue Mélingue, au bout de laquelle sera construite la machinerie du funiculaire de Belleville ; enfin c’est une rue qui porte son nom dès avant 1844 : cette voie part de la rue des Alouettes et rejoint la future rue Vera-Cruz (rue Botzaris) ; elle sera ultérieurement prolongée d’un côté jusqu’à l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville et de l’autre côté sur la place du Combat (Colonel-Fabien).

Un certain Guillaume Higonnet, né à Maubeuge en 1802, demeurant à Paris au 5 de la rue Neuve de la Félicité, architecte, plâtrier, négociant, roué aux affaires, va prendre en main, en tant que locataire, une partie des carrières des Buttes de Chaumont et bientôt la totalité de sa voisine, les Carrières d’Amérique, situées à l’est de la rue de Crimée.
Installé à la butte Saint-Chaumont dès 1829 où il tient un établissement de fours à coke servant à la cuisson du plâtre, il dépose plusieurs brevets notamment un moulin à pulvériser la terre cuite ou encore une machine à broyer le plâtre.
En 1837, Higonnet, toujours à la tête de ses fours à coke, fait connaissance de Jean Ménans (1805-1874) qui, possédant depuis 1832, avec ses deux frères Joseph et Simon, des Hauts-fourneaux à Valay dans la Haute-Saône et une houillère à Chaney-Saint-Etienne, fait de son côté quelques recherches sur les minerais de fer et la houille (3).
Higonnet,
très fin en affaires, convainc Jean Ménans de créer, le 13 mars 1838, la Société civile de la Houillère de Chaney Saint-Etienne, afin d’y apporter sa houillère au prix de 1.600.000 francs, en association avec le banquier Jacques Laffitte et l’avocat Jacques François Dupont de Bussac.
Le sieur Higonnet va défrayer la chronique pour avoir ensuite procédé à une surévaluation de l’apport de ces mines au détriment des actionnaires de la société civile de la Houillère, mais à son profit et de celui de ses comparses Laffitte et Dupont…
Higonnet va procéder de manière identique en prenant à bail le 2 juin 1838, la totalité de la Carrière d’Amérique, dont Charles Maximilien Joseph Delheid d'Amblève est propriétaire, et en procédant à une surévaluation de l’actif apporté à la Société Plâtrière de Paris Higonnet et Cie, de connivence avec ses mêmes acolytes Laffitte et Dupont. L’affaire se termine, après quatre ans de procès, par la dissolution de cette société. Entre temps, Higonnet qui court deux lièvres à la fois — fermier des carrières d’Amérique et de celles de la Butte de Chaumont — voit son établissement desdites Buttes Chaumont, incendié le 4 août 1839, à deux heures du matin, les pompiers de la Villette et de Montmartre étant intervenus « juste à temps » pour voir se consumer la fin du bâtiment.

Anciennes carrières de la Butte de Chaumont
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03 Anciennes carrières de la Butte de Chaumont.jpg (149.14 Kio) Vu 523 fois

Mais revenons à Jean Ménans qui, entraîné par le fougueux Higonnet, se trouve finalement, vers 1840, à la tête d’une nouvelle société, la Société civile des Buttes de Saint-Chaumont, laquelle a pris possession des carrières de la Butte Chaumont. Nous n’avons malheureusement pas trouvé les actes intermédiaires qui ont permis les acquisitions des carrières depuis le décès de Jean Fessart. Il va sans dire que Jean Ménans qui pensait peut-être faire la belle affaire, se trouve nanti de carrières arrivées en fin d’exploitation et d’une vaste zone non aedificandi où seuls quelques chaufourniers continuent à griller quelques blocs de gypse pour en extraire le plâtre tant recherché pour la construction.
Depuis 1840, les exploitants qui afferment une partie de la carrière auprès de la Société des Buttes de Saint-Chaumont sont la société Schacher, Letellier et Cie, Louis-Auguste Bilbille-Fayard, le sieur Rouzé ou encore les sieurs Demolombre et Belhomme…
Jean Ménans — qui comme Jean Fessart, donnera son nom à une rue reliant les futures rues Manin et Edouard-Pailleron — va laisser sa place à la direction de la Société des Buttes de Saint-Chaumont, tout d’abord à M. Bourgain en 1848. A cette date, à la suite du décret du 12 mars 1848, Bourgain s’engage avec sa société à participer pour 20.000 francs, à la réalisation du chemin vicinal de grande communication partant de la rue Drouin Quintaine (future rue de Puebla) et aboutissant à la rue Fessart ; de son côté la commune de Belleville vote une contribution de 15.000 francs pour ces travaux.
En 1850, la direction de la Société des Buttes Saint-Chaumont (constituée de 18 actions de 70.000 francs et dont le siège social se situe 188-190 faubourg Saint-Martin) change une dernière fois de main avec la venue de M. Auguste-Pierre Fourny du Lys.

Commencement des travaux de transformation sur la Butte de Chaumont (cliché Charles Marville 1865)
04 Commencement des travaux de transformation sur la Butte de Chaumont (cliché Charles Marville 1865).jpg
04 Commencement des travaux de transformation sur la Butte de Chaumont (cliché Charles Marville 1865).jpg (128.84 Kio) Vu 523 fois

Suite au vote de la loi dite Riché du 16 juin 1859, entérinée par décret du 3 novembre, Belleville et sa Butte de Chaumont sont annexés à Paris, constituant une partie du 19e arrondissement réparti sur quatre quartiers : Amérique, Combat, Pont-de-Flandres et La Villette.
La première conséquence pour la Butte de Chaumont est l’interdiction immédiate qui lui est faite d’une quelconque exploitation de carrière.
Ces vastes terrains inoccupés éveillent bientôt la convoitise des promoteurs de tous poils et, en 1862, le
Journal du Havre relayé par l'Ami de la Religion et le Journal des travaux publics puis par Le Temps du 24 avril, laissent entendre que le Conseil d’Etat est saisi d'un projet ayant pour but l'aplanissement des buttes St-Chaumont, dont une compagnie, composée de banquiers et de capitalistes, se chargerait, prenant à ses frais l’expropriation ; à la place de ces buttes stériles, elle ferait construire de vastes maisons, toutes composées de logements modestes, spécialement destinés aux employés, aux petits rentiers et aux ouvriers.
Ces articles sont aussitôt démentis, le 26 avril 1862 par un communiqué du ministère de l'intérieur.

Pour couper court à ces fake news, l’administration municipale soulève le voile du véritable projet des Buttes Chaumont. Le 4 juin 1862,
le Moniteur révèle qu’Adolphe Alphand (1817-1891) ingénieur en chef de la ville de Paris a été chargé de transformer les carrières de la Butte de Chaumont en un Parc municipal afin de faire pendant aux bois de Vincennes et de Boulogne : on établira une rue, d'un tracé à peu près circulaire suivant le sommet des carrières des Buttes de Chaumont. En partant de la rue de Crimée, elle traverserait d’abord la rue de la Villette, passerait entre les réservoirs, couperait les rues des Alouettes et du Hassard, et emprunterait une partie de la rue du Plateau pour venir déboucher sur la rue Fessart. De ce point, elle atteindrait la rue de Paris (Belleville) par la rue des Moulins, qu'elle emprunterait aussi en partie.
Cette voie (rue Vera-Cruz, future rue Botzaris) d’une longueur de 677 mètres entre les rues de Crimée et Fessart, et de 170 mètres entre ce dernier point et la rue des Moulins, figurera la limite méridionale du futur Jardin des Buttes-Chaumont, d’une superficie de 24 hectares, situé en contrebas de ladite voie.
La rue de Crimée, accotée à la tranchée de la ligne de petite ceinture, délimite l’est du Parc, tandis qu’une future voie à créer (rue de Mexico, future rue Manin) de forme curviligne, joindra au nord, la rue de Crimée à la rue de Puebla et à la rue de Vera Cruz.

Ce projet est confirmé par un décret le 28 juillet 1862. Le préfet de la Seine est autorisé à acquérir, au nom de la Ville de Paris, soit à l’amiable, soit, s’il y a lieu, par voie d’expropriation, les terrains et maisons indiqués au plan annexé, comprenant outre le futur parc, tous les emplacements nécessaires aux rues et voies d’accès dudit parc.
La Société civile des Buttes de Saint-Chaumont est bien entendu la première concernée, mais également, pas moins de 79 propriétaires de maisons et terrains, situés sur le plan d’expropriation (rues Fessart, du Hassard, des Alouettes, des Ballettes, de Crimée, du Centre, de la Villette, des Petits-Chaumonts, du Chemin-des-Carrières, du passage Magenta et du sentier de la Chaudière-d’Enfer), vont recevoir, en septembre 1863, les offres amiables de la municipalité.
Quelques locataires des carrières vont tenter leur chance afin d’être indemnisés : Schacher, Letellier font une demande d’indemnisation, en raison du marché, pour l’exploitation de marnes, qu’ils ont conclu avec le propriétaire de la carrière, la société civile des Buttes Chaumont ; les sieurs Demolombre et Belhomme procèdent à la même réclamation, pour un marché de fourniture de pierres et plâtres à extraire des carrières ; un troisième intervenant, le sieur Rouzé, prétendant être locataire de terrains propres à l’extraction de glaise, fournisseur de briques dans ladite carrière, fait la même requête.
Leurs demandes à tous trois, sont rejetées le 10 mai 1864.
Le président Casenave président du jury des expropriations fixe définitivement les indemnisations en novembre 1863 : l’ensemble des propriétaires qui estimaient leurs biens à 11.544.891 francs, n’obtiendront que 5.168.156 francs, dont 3.255.281 francs pour les terrains de la Butte de Chaumont à proprement parler. (4)

voir ici ► Etat des expropriations réalisées pour l’implantation du futur Parc des Buttes Chaumont, publié le 23 novembre 1863.

Le Parc des Buttes-Chaumont en cours de formation (clichés R. Girard 1865)
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06 Le Parc des Buttes-Chaumont en cours de formation (cliché R. Girard 1865).jpg (166.24 Kio) Vu 523 fois

Adolphe Alphand avec l’ingénieur Jean Darcel (1823-1906) élaborent les plans du parc projeté, et s’attache les services de quatre collaborateurs de renom pour sa réalisation : l’architecte Gabriel Davioud (1824-1881), l’ingénieur Eugène Belgrand (1810-1878), les jardinier paysagistes Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873) et Édouard André (1840-1911).
L’entrepreneur de travaux publics Claude Girard (1822-1883), assisté de plusieurs centaines d’ouvriers, va exécuter les gigantesques travaux de déblayement, remblaiement et comblement, arasement et terrassement de ces anciennes carrières : les travaux commencés en mai 1864, on compte, en novembre 1865,
880 ouvriers, 120 chevaux et 470 wagons.

Travaux commencés en 1864 pour la création du Parc des Buttes-Chaumont (dessin F. Thorigny) (Rigouard, Cparama)
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Ce jardin s’articule autour d’un piton rocheux central appelé le Belvédère — énorme relief de gypse de 30 mètres de haut conservé pour son aspect pittoresque — au sommet duquel sera édifiée une Rotonde, inspirée du Temple de la Sibylle à Tivoli. Un lac est aménagé autour du pied du Belvédère formant une île ; près du lac est construite une grotte ornée de fausses stalactites et animée par une grande cascade alimentée par le réservoir aménagé à l’angle des rues de la Villette et Vera-Cruz, tirant l’eau de l’Ourcq.
C’est Eugène Combaz (1824-1881), spécialiste des rocailles artificielles, qui réalise la grotte et tous les rochers et cascades du parc pour un coût d’
environ six cent mille francs.
Aménagé à l’anglaise, le Parc des Buttes-Chaumont est profondément vallonné en raison des anciennes carrières comblées et remblayées.
Gabriel Davioud réalise les plans de six maisons de gardes, disposées à chacune des portes du parc, d’un pavillon dit de l’ingénieur et de trois restaurants également placés stratégiquement.
Eugène Belgrand est de son côté chargé de la partie hydraulique du jardin : lac, cascades et ruisseaux.
Jean-Pierre Barillet-Deschamps dresse les plans du jardin paysager, tandis qu’Edouard André s’occupe plus précisément de la plantation des arbres.

Les Buttes-Chaumont en formation (cliché Charles Marville 1865)
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07 Les Buttes-Chaumont en formation (cliché Charles Marville 1865).jpg (138.88 Kio) Vu 523 fois

Cinq ponts traversent le Parc : un pont passant, par l’allée de Crimée, au-dessus du chemin de fer de petite ceinture ; une passerelle en fer parallèle au premier ; un pont en brique permettant de rejoindre le haut du belvédère ; un pont suspendu franchissant le lac à partir dudit belvédère ; et enfin un pont en fer reliant les deux parties du Parc au-dessus de la rue Fessart.
La promenade compte quatre mille mètres de routes carrossables et mille mètres de sentiers sablés ; les premiers arbres qu’on y plante sont des tilleuls, des marronniers, des vernis du Japon et des cèdres. Durant l’été 1866, des grilles sont installées tout autour du jardin.
Le 24 janvier 1866, l’Empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie de Montijo font une rapide visite des Buttes en travaux, en calèche découverte, à l’issue de la séance d’ouverture des Chambres.
Il était prévu que le Parc des Buttes-Chaumont soit inauguré le 1er avril 1867, en même temps que l’Exposition universelle de 1867. Ne pouvant respecter ce délai, il est décidé d’ouvrir le parc dès le 1er mars 1867, dans les parties déjà achevées. Entre temps, par décret du 27 février 1867, on a baptisé les deux nouvelles voies encerclant le parc : rue de Mexico, la future rue Manin et rue Vera-Cruz, la future rue Botzaris.
Le 16 mars 1867, les essais de la grande cascade sont concluants, et le 1er juin on termine l’installation du Temple de la Sybille au sommet du Belvédère.
En fait d’inauguration officielle, Alphand se contentera, le 8 juin 1867, d’emmener le tsar Alexandre II et ses Grands ducs de fils, faire le tour du Parc, accompagné de l’inévitable baron Haussmann.
Ce n’est que le 5 octobre 1867 que le Moniteur et tous les journaux à la suite, confirme que le Parc des Buttes-Chaumont est bel et bien achevé. Seule l’impératrice Eugénie de Montijo viendra, le 5 juin 1868, quasiment incognito, visiter le parc à présent terminé où elle se promènera
en calèche découverte, accompagnée d’une de ses dames d’honneur, pendant environ vingt minutes.

Les Buttes-Chaumont en cours de formation (cliché Charles Marville 1865)
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08 Paris - Buttes-Chaumont - En cours de formation (cliché Charles Marville 1865).jpg (96.09 Kio) Vu 523 fois

Adolphe Alphand a dressé le bilan du coût de l’aménagement du parc des Buttes-Chaumont : travaux des ponts et chaussées et de jardinage, 2.936.760 frs 56 ; construction des six maisons de garde ordinaire, de la maison de garde double dite Chalet de l’ingénieur, d’un restaurant de premier ordre et de deux restaurants de second ordre, d’une rotonde et de la grille de clôture, le tout pour 475.859 fr 80 (la grille aux 14.212 barreaux a coûté 148.759 fr 80). Une bagatelle puisque la ville de Paris disposait depuis le vote de la loi du 12 juillet 1865, d’une ligne de crédit de 250 millions, dont 200 millions devaient être consacrés aux embellissements et à l’assainissement des communes annexées en 1860. Au décompte final officiel présenté en 1867, un montant de 67.000 francs a été ajouté, portant le coût total définitif à 3.479.620 frs 36.

Le Parc des Buttes Chaumont vers 1869
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09 Le Parc des Buttes Chaumont vers 1869.jpg (138.07 Kio) Vu 523 fois

Pendant la Commune, le parc subit quelques désordres et dommages. Fermé le 5 septembre 1870, il rouvre ses portes partiellement le 1er avril 1871, avec l’arrivée de l’état-major de la 19e légion de la Villette qui y installe son quartier général dans le chalet du Lac ; quatre bataillons y cantonnent en permanence. En mai 1871, les insurgés communards sont réfugiés à Belleville et dans les Buttes-Chaumont, d’où ils envoient des obus incendiaires sur Paris. Le 28 mai 1871, les troupes du général Ladmirault reprennent les Buttes-Chaumont et Belleville ; environ 12.000 communards sont arrêtés, plusieurs sont exécutés, leurs corps sont enfouis dans le lac ou encore dans la Carrière d’Amérique…
Le parc est rendu au public le 22 juin 1871 : les pelouses y sont dévastées et un des pavillons de garde, celui du garde général Darboussier, a été transpercé par un obus…

Après son ouverture, le Parc des Buttes-Chaumont est doté d’embellissements, de nouveaux divertissements et commodités. Ainsi, après qu’un cadran solaire ait été installé dès 1867, c’est un obélisque-indicateur (1883) puis un chalet de nécessité (1879) qui sont construits. En avril 1878, on installe cinq fontaines wallace. L’indispensable Kiosque à musique est construit sur pilotis, au bord du lac, en 1878 ; il sera remplacé en 1912 par un nouveau kiosque édifié sur la terre ferme.
La demande formulée au conseil municipal le 2 avril 1881 pour installer un éclairage dans le Parc, soit au gaz soit à l’électricité, ne sera exaucée que le 14 juillet 1884 avec l’installation de 50 lampes à arc et 30 à incandescence.
Les garde-corps installés tout au long de certaines allées et des escaliers du parc avaient tout d’abord été construits en bois ; détériorés par le temps, ils sont tous remplacés en 1901 par des balustrades en ciment imitant le bois rustique, réalisé par Edmond Combaz, fils d’Eugène, et son associé Chassin de Bagnolet.
Un service de bateau à roue est mis en place en 1888, permettant la traversée sur le lac pour rejoindre le bas du belvédère. Le Chalet-bébé (pâtisseries, gaufres, sirops et lait) est autorisé à partir de 1890. Deux chalets de marionnettes et Guignol font leur apparition en 1892. Une concession est accordée, en 1885, pour la promenade en calèche avec un âne autour du lac.
Plus tard, on installera des chevaux hygiéniques (chevaux de bois), un manège de chevaux de bois avec jeu de bagues, des balançoires, un second kiosque à gaufres et boissons, un bac à sable, une aire de jeux, une patinoire de patins à roulettes.
Neuf statues agrémentaient le parc, mais on connait l’amour que les allemands portent au bronze ; aussi, en 1942, huit d’entre elles sont parties alimenter les usines à canon. La seule rescapée,
Le Gouffre, avait été réalisée en pierre.
A vous de découvrir sur place les méandres de ce parc très apprécié…
Jean-Marc


Le Parc des Buttes-Chaumont en 1871 (gravure Eugène Cicéri)
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10 Le Parc des Buttes-Chaumont en 1871.jpg (172.67 Kio) Vu 523 fois

(1) Le père de Pierre-Charles Cottin, Pierre Cottin, décédé en avril 1785, était également maître jardinier rue et vis-à-vis Picpus.

(2) Charles Simon Favart (1710-1792) auteur dramatique, régisseur et codirecteur de l'Opéra-comique, était installé à Belleville depuis 1764 et y avait acquis plusieurs maisons qui seront léguées à ses deux fils, Charles Nicolas Justin et Paul Armand. Une de ses maisons située « grande rue de Belleville », léguée par son père à Paul Armand Favart, a été cédée le 5 juillet 1793 à Pierre-Louis Collin, négociant, demeurant à Paris, rue du Mail, Maison de la Providence.

(3) Le 20 octobre 1837, Jean Ménans est autorisé par ordonnance du roi à établir un lavoir à cheval ou à machine à vapeur pour le lavage du minerai de fer, dans sa propriété, au lieu-dit le pré Poncelin, commune de La Résie-Saint-Martin (Haute-Saône).

(4) Une partie des carrières de la Butte de Chaumont est absorbée par la création de ce nouveau parc ; la Carrière dite du Centre, côté rue Priestley (Mathurin Moreau), autre colline à plâtre des Buttes de Chaumont, est occupée, pour partie, par l’Hôpital Rothschild, construit de 1902 à 1905 ; l’autre partie de cette butte, future butte Bergeyre, accueille tout d’abord
les Folles Buttes, un luna-park permanent, de 1908 à 1914. A l’issue du conflit, un stade y prend place, prenant le nom de Stade Robert Bergeyre, en hommage au joueur de rugby tué à l’ennemi en 1914. Le stade fermera ses portes en 1926, laissant la place à un lotissement d’habitation.
A l’est des carrières de la Butte de Chaumont, le long de la rue de Crimée, les Carrières d’Amérique seront recouvertes d’une part, par l’éphémère Marché aux chevaux et aux fourrages qui, ouvert à grand frais le samedi 5 octobre 1878 (inauguré le 1er octobre), a définitivement fermé ses portes le 20 août 1879 ; l’espace consacré aux chevaux laissera place, pour partie, aux écoles de la rue Compans rue du général Brunet édifiées en 1904-1905 ; sur l’emplacement des fourrages, à l’extrémité de la rue du général Brunet, sur la place du Danube, l’hôpital Hérold, construit en 1892, sera désaffecté puis démoli en 1988. La seconde partie des Carrières d’Amérique, deviendra le quartier de la Mouzaïa où près de cinq cents maisons individuelles, avec petits jardins attenants, seront construits entre 1880 et 1930…

Trombinoscope des principaux réalisateurs du Parc des Buttes-Chaumont
11 Alphand, Belgrand, Davioud, Barillet-Deschamps et André.jpg
11 Alphand, Belgrand, Davioud, Barillet-Deschamps et André.jpg (132.74 Kio) Vu 523 fois

Note : nous avons volontairement passé sous silence les faits héroïques, hauts en couleur, des élèves de l’Ecole polytechnique qui, le 30 mars 1814, auraient opposé une résistance farouche face aux troupes du tsar Alexandre 1er, au milieu des carrières des Buttes Chaumont, entre les barrières de la Chopinette et du Combat. Les innombrables récits faits à ce sujet, de toute évidence très exagérés, laissent planer un doute sur la stricte véracité de ceux-ci…

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C1 — Chalet ou Pavillon de l’Ingénieur

A tout seigneur tout honneur ! Pierre-Ernest d’Arboussier (1821-1873), garde général des promenades de Paris depuis 1863, s’est réservé, à titre de résidence, le plus vaste des Chalets de Garde du Parc des Buttes-Chaumont, désigné sous le nom de Pavillon de l’Ingénieur. Des sept chalets du parc, c’est le seul à ne pas servir de portail d’entrée pour le public, ayant son accès direct sur la voie publique, face au 42 rue Botzaris. Sa construction a coûté 36.600 francs. Edifiée en brique apparente et frises en grès cérame, cette vaste demeure, comportant une dizaine de pièces, est répartie sur deux niveaux, avec un second étage mansardé et ses chiens assis ; sa couverture est en ardoise. Cette construction, achevée en 1867, est l’œuvre de l’architecte Gabriel Davioud (1824-1881) qui en a conçu les plans.
« Rien n’étant trop beau » pour le conservateur des promenades parisiennes, ce pavillon est d’une superficie de plus du double des autres fabriques du parc. D’Arboussier, dispose en outre, de bureaux au Panorama des Champs-Elysées (le théâtre du Rond-Point) et à la Rotonde du Parc Monceau.

Le Moniteur universel relate, le 10 juin 1871, qu’au cours des échauffourées avec les communards, la demeure de M. Darboussier, garde général, a été en partie détruite par les projectiles. Les faits sont confirmés un peu plus tard : un des pavillons de garde a été transpercé par un obus…
Le Pavillon sera, fort heureusement, immédiatement restauré, dès la fin des hostilités.

Luxe suprême, le chalet de l’ingénieur aura le privilège d’obtenir, en 1914, l’installation d’un chauffage, accordé par la municipalité, pour un coût de cinq mille francs.

Le Chalet de l’Ingénieur, aujourd’hui ► voir ici (1/3) ► (2/3) ► (3/3)

Paris XIXe - Buttes Chaumont - Le Chalet de l'ingénieur
Paris XIXe - Buttes Chaumont - Le Chalet de l'ingénieur.jpg
Paris XIXe - Buttes Chaumont - Le Chalet de l'ingénieur.jpg (191.67 Kio) Vu 507 fois
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C2 — Maison de Garde porte Fessart

Les six Pavillons de garde, situés à l’entrée de chacune des portes du parc, édifiés en 1866-1867 sur les plans de Gabriel Davioud, sont tout conçus sur le même style mais avec des formes variées. L’ensemble de ces chalets a coûté 128.000 francs. Ils se composent tous de deux pièces au rez-de-chaussée et de deux pièces au premier étage, L'entrée est précédée d'un petit porche, destiné à abriter au besoin les promeneurs surpris par l'orage. Leur construction est uniformément en brique apparente jointoyée et colorée ; la couverture est en tuiles-Muller avec faîtages et chéneaux ornés ; les mitres sont également exécutées sur modèles spéciaux. Mais ce qui distingue particulièrement ces élégants pavillons, c'est la décoration de faïence colorée, appliquée dans les frises et bandeaux ; il y a là un élément nouveau d'ornementation pittoresque dont il faut savoir gré aux habiles artistes de la ville de Paris.
Le pavillon de garde de cette porte est situé en vis-à-vis du 28 rue Botzaris, tout prêt de la station de métro Buttes-Chaumont, en face de la rue Fessart qui traverse ensuite le Parc de part en part pour atteindre l’avenue Secrétan qui, anciennement portait le nom de Fessart sur cette section.
A partir de cette porte le promeneur peut emprunter l’avenue Jacques de Liniers à droite en direction du Belvédère et des cascades ou la rue Fessart en face vers le Pont en fer.
Le Garde de chacun des pavillons y logeant toute sa petite famille, la municipalité décide qu’à compter du 1er août 1904, date de l’arrêté préfectoral pris à ce sujet, chacun desdits gardes est tenu de payer une redevance de 300 francs par an à la ville de Paris.

Le Pavillon Fessart, aujourd’hui ► voir ici (1/2) ► (2/2)

Buttes Chaumont - Entrée de la Rue Fessart
Buttes Chaumont - Entrée de la Rue Fessart (1908) (légende différente).jpg
Buttes Chaumont - Entrée de la Rue Fessart (1908) (légende différente).jpg (199.65 Kio) Vu 490 fois
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C3 — Maison de Garde porte Bolivar

Le pavillon de garde de la porte Bolivar, construit sur les plans de Gabriel Davioud, est situé en vis-à-vis de l’intersection de la rue de Vera-Cruz (rue Botzaris en 1880) et de la rue de Puebla (rue Bolivar en 1880).
A partir de cette porte, la promenade du parc se dirige soit à droite sur l’avenue Jacques de Liniers vers le premier Guignol dit Cony, soit à gauche sur l’avenue Darcel en direction du pavillon Puebla.


Le Pavillon Bolivar, aujourd’hui ► voir ici (1/3) ► (2/3) ► (3/3)

Buttes-Chaumont - Plans du modèle de chalet pour la porte Bolivar, architecte Gabriel Davioud
Paris - Buttes-Chaumont - Plan Pavillons de gardes architecte Davioud Modèle Chalet Bolivar.jpg
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Paris - Buttes-Chaumont - La Maison du Garde
Paris - Buttes Chaumont - La Maison du Garde (1903) (précurseur).jpg
Paris - Buttes Chaumont - La Maison du Garde (1903) (précurseur).jpg (192.57 Kio) Vu 461 fois
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C4 — Maison de Garde porte Secrétan

Le pavillon de garde de la porte Secrétan, construit sur les plans de Gabriel Davioud, est situé face à l’intersection de la rue de Priestley (avenue Mathurin Moreau en 1883), de la rue Fessart (devenue à cet emplacement l’avenue Secrétan en 1880) et de la rue de Mexico (rue Manin en 1880). En face, a été construit l’Hôpital Edmond de Rothschild de 1902 à 1905.
De cette porte, la promenade peut commencer en empruntant l’escalier à droite afin de rejoindre la seconde partie du parc cet gagner le Pavillon Puebla ; ou bien passer en face sous le Pont en fer de la rue Fessart ; ou encore partir à gauche sur l’avenue des Marnes, soit tout droit en direction du Belvédère, soit en bifurquant à gauche pour atteindre la petite cascade puis le Restaurant du Lac.


Le Pavillon Secrétan, aujourd’hui ► voir ici

Buttes-Chaumont - Entrée Rue Secrétan
Buttes Chaumont - Entrée Rue Secrétan (1907).jpg
Buttes Chaumont - Entrée Rue Secrétan (1907).jpg (246.15 Kio) Vu 427 fois
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Nous avons les noms et niveaux hiérarchiques précis des six gardes du parc des Buttes Chaumont, en poste au 1er août 1919 :
Pavillon n°3 (porte Secrétan) : le Garde de 1ère classe C.-E. Debailleux ;
Pavillon n°4 (porte Laumière/Armand Carrel) : le brigadier Maurice-Alexandre Gandy ;
Pavillon porte Crimée : le Garde de 2ème classe O. Lechevalier ;
Pavillon porte de Belleville (Botzaris) : le Garde de 2ème classe Jean-Jacques Wolfensperger ;
Pavillon n°1 (porte Fessart) : le Garde de classe exceptionnelle Joseph Marie Mucchielli ;
Pavillon porte Bolivar : le brigadier Jean-Jacques Lurde.

A compter du 16 janvier 1895, deux gardes supplémentaires sont affectés pour surveiller les entrées Fessart et Secrétan, pour un coût annuel de 3.080 francs : dès avril 1881 le conseiller municipal Royer, représentant le quartier Buttes-Chaumont - Combat, formule une réclamation pour obtenir que l’allée Fessart (rebaptisée le 14 septembre 1926 avenue général José San Martin) qui relie la rue Fessart à la rue Secrétan et traverse le Parc des Buttes-Chaumont, soit ouverte en permanence,
afin d’éviter au public de faire un grand détour, lorsque le Parc est fermé, pour se rendre de l'intérieur de Paris aux hauteurs de Belleville.
Royer ayant été entendu, ne sera pas exaucé ; il faut attendre l’intervention d’Armand Grébauval (1864-1913), très actif et très écouté conseiller municipal du 19e arrondissement de 1890 à 1913, lequel obtient que le préfet de la Seine ouvre un crédit de 5.500 francs le 29 juin 1894, destiné à clôturer l’allée Fessart dans le Parc, et à y installer l'éclairage électrique, afin de permettre l'ouverture ininterrompue à la circulation de cette voie.
Dorénavant, à compter de 1895, la traversée des Buttes-Chaumont par l’allée Fessart, est autorisée même de nuit, alors que jusqu’alors, le parc fermait à deux heures du matin.

Paris - Buttes-Chaumont - La Maison du Garde
Paris - Buttes Chaumont - La Maison du Garde (1903) (précurseur) (légende différente pas d'éditeur CLC).jpg
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C5 — Maison de Garde porte Armand-Carrel

Le pavillon de garde de la porte Armand-Carrel est situé en vis-à-vis de la Mairie du XIXe arrondissement édifiée en 1878 sur les plans de Gabriel Davioud, tout comme les pavillons de garde du parc.
Si la porte Secrétan était, à l’origine, la porte d’entrée principale du parc, la porte Armand-Carrel est devenue, de fait, l’entrée la plus fréquentée du jardin, en raison de l’activité de la place et des fêtes qui étaient très souvent organisées — fêtes foraines, cavalcade du bœuf gras, banquets, etc… — et bien entendu du fait que la quasi-totalité des attractions du parc étaient installées sur cette partie du jardin : kiosque à musique, manège, guignol, chevaux de bois, balançoires, buffet-bébé pour boissons gaufres et friandises, traversée du lac sur le bateau à roue…


Plan partiel de la porte Armand-Carrel, architecte Gabriel Davioud
Paris - Buttes-Chaumont - Plan d'entrée du pavillon de Garde Armand Carrel (architecte Davioud).jpg
Paris - Buttes-Chaumont - Plan d'entrée du pavillon de Garde Armand Carrel (architecte Davioud).jpg (173.85 Kio) Vu 399 fois

Les six portes principales du parc sont réglementairement (règlements de 1894, 1910 et 1921) ouvertes à 5 heures du matin en toute saison et fermées à 11 heures du soir, pendant les mois de janvier, février, mars, novembre et décembre, et à minuit pendant le restant de l'année. Les portes charretières sont ouvertes seulement à 8 heures du matin pendant les mois de janvier et décembre, et entre 5 et 7 heures du matin selon les saisons
La circulation des cavaliers et des voitures y est autorisée, à condition que les cavaliers et cochers ne sortent pas des routes qui leurs sont assignées et qu’ils maintiennent leurs chevaux au pas.
L’entrée des voitures de charge et de réclame y est interdite.
La circulation des automobiles, side cars, autocycles et motocycles est autorisée uniquement sur l’allée Fessart qui relie la rue Botzaris à la rue Manin ; les bicyclettes, tricycles et tandems ont les mêmes obligations.


Le Pavillon Armand-Carrel, aujourd’hui ► voir ici (1/2) ► (2/2)

Buttes Chaumont - Une Allée - Entrée Place Armand Carrel
Buttes Chaumont - Une Allée - Entrée Place Armand Carrel (1911).jpg
Buttes Chaumont - Une Allée - Entrée Place Armand Carrel (1911).jpg (225.67 Kio) Vu 399 fois
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Une guérite abritant un gardien de la paix — le kiosque n° 157 de la police — est installée en vis-à-vis de la Maison de Garde Armand-Carrel, à droite du portail d’entrée du parc.
Au-devant dudit portail d’entrée, ainsi que de celui de la Porte Crimée, une autorisation est accordée par la municipalité, d’installer des tables mobiles de ventes de bonbons et gâteaux, essentiellement le dimanche.


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C6 — Maison de Garde porte Crimée

Le pavillon de garde de la porte Crimée, construit sur les plans de Gabriel Davioud, est situé à l’intersection de la rue de Mexico (rue Manin en 1880) et de la rue de Crimée ; la gare Belleville-Villette de petite Ceinture était aménagée en contrebas, à l’intersection opposée des mêmes rues.
A partir de la porte Crimée, plusieurs parcours sont proposés au promeneur : soit emprunter à gauche l’avenue de Crimée en traversant le pont franchissant la tranchée du Chemin de fer de ceinture qui passe sous le tunnel de la colline de Belleville pour rejoindre la station Ménilmontant ; soit prendre en face l’avenue Jean-Cyrille Cavé (avenue du Chemin de fer jusqu’au 3 mai 1937), qui longe la petite Ceinture, menant au Pavillon du Chemin de Fer de Désiré Javelot ; soit emprunter l’escalier à droite pour atteindre un des « plateaux » du parc ; ou encore prendre à droite l’avenue Edouard Petit qui emmène par un détour chez ledit Javelot.


Le Pavillon de la porte Crimée, aujourd’hui ► voir ici

Paris - Buttes Chaumont - Maison du Garde Portier - Rue Manin et Entrée du Parc
Paris - Buttes Chaumont - Maison du Garde Portier - Rue Manin et Entrée du Parc.jpg
Paris - Buttes Chaumont - Maison du Garde Portier - Rue Manin et Entrée du Parc.jpg (240.05 Kio) Vu 353 fois
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C7 — Maison de Garde porte Botzaris (rue de la Villette)

Le pavillon de garde de la porte Botzaris, construit suivant les plans de Gabriel Davioud, est situé sur la rue Botzaris, près de la station de métro éponyme ouverte le 18 janvier 1911. La rue de La Villette débouche précisément en face de la porte d’entrée du parc.
En entrant par cette porte le promeneur peut prendre à droite pour atteindre l’aire de jeux des enfants, lesquels enfants devront toutefois patienter 78 ans puisque ces jeux n’y seront installés qu’en 1945 !
Mieux vaut donc, en attendant, partir à gauche, afin de gagner la brasserie Javelot, devenu plus tard le Restaurant Weber et encore plus tard le branché Rosa Bonheur. On peut cependant ignorer le restaurant et continuer la promenade en prenant, en face, l’avenue de la Cascade pour rejoindre le haut de cette Grande Cascade et gagner ensuite le Belvédère ; ou encore à partir du restaurant, prendre à droite, l’allée dite du glissement (nom donné à ce chemin en raison d’un effondrement de terrain qui s’y est déroulé en 1874), descendant abruptement sur le lac et toutes ses attractions.


Le Pavillon de la porte Botzaris, aujourd’hui ► voir ici

Buttes Chaumont - Entrée, Rue de la Villette
Buttes Chaumont - Entrée, Rue de la Villette (tout paris).jpg
Buttes Chaumont - Entrée, Rue de la Villette (tout paris).jpg (195.23 Kio) Vu 308 fois
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C8 — Entrées secondaires du Parc

Hormis les six grandes portes réparties autour du Parc, plusieurs portillons vont être ouverts dans la grille, avec l’aménagement de la voie d’accès en conséquence — allée, escalier etc… —, au fur et à mesure des désiderata des riverains et en fonction de leur effective utilité.
Ainsi on compte neuf entrées secondaires disséminées sur le pourtour du jardin. Ces neuf portes sont ouvertes à 7 heures par les divers préposés et refermées à 20 heures selon la saison. Régulièrement, bon nombre de retardataires seront contraints d’escalader les grilles pour avoir laissé passer l’heure !


Emplacements des neuf entrées secondaires des Buttes-Chaumont :
— 86 rue Botzaris / 46 rue de Crimée (près de la station de métro Botzaris) voir ici

Paris - Buttes-Chaumont - Entrée secondaire du Parc, angle rue Botzaris rue de Crimée
Image

— 66 rue Botzaris (permettant d’accéder au Pavillon du Chemin de Fer) (face à la rue des Alouettes) voir ici
— 48 rue Botzaris (permettant d’accéder au Belvédère) voir ici
— 1 rue Manin (permettant d’accéder au Pavillon Puebla) (face au carrefour rue Manin, rue Bolivar, rue des Dunes) voir ici
— 47 rue Manin (permettant d’accéder au Pavillon du Lac) (face à la rue Jean Ménans) voir ici

Paris - Buttes-Chaumont - Panorama sur la Butte Montmartre et détail entrée secondaire du parc, rue Jean Ménans (cliché Rigouard)
Image

— 63 rue Manin (permettant d’accéder au Lac) (face à la rue Cavendish) voir ici
— 79 rue Manin (donnant accès aux attractions : Kiosque à musique, manège, guignol, chevaux de bois etc…) voir ici
— 82 rue de Crimée (le long du chemin de fer de ceinture) voir ici
— 56 rue de Crimée (donne accès à l’aire de jeux) (face à la rue d’Hautpoul) voir ici

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D — Réservoir des Buttes Chaumont rue Botzaris et Pompe à feu de l’Ourcq à la Villette

Afin d’alimenter le lac, les cascades et ruisseaux des Buttes-Chaumont, il est nécessaire de créer un réservoir particulier. L’emplacement choisi, situé à l’angle des rues de Vera-Cruz (rue Botzaris en 1880) et de La Villette, entraîne la suppression de la rue des Balettes parallèle à la rue de Vera-Cruz, dans sa partie allant de la rue de La Villette jusqu’à la rue des Alouettes, et de la moitié de la ruelle des Sonneries, perpendiculaire à ladite rue des Balettes.
En fait, bien avant que le projet du Parc des Buttes-Chaumont ne soit envisagé, il était prévu qu’un réservoir d’eau soit installé rue des Balettes : dès le mois d’août 1857, le Préfet de la Seine lance une campagne d’expropriations des terrains et habitations de ce quartier de la
butte de Saint-Chaumont, afin d’y recevoir un réservoir qui aura 95 mètres de diamètre. L’enquête préliminaire à toute expropriation est lancée le 12 avril 1858 et, le 15 juin 1858, cinquante propriétaires reçoivent leurs actes d’expropriation pour cause d’utilité publique concernant sept maisons, des ateliers, des construction légères, des jardins et quatre-vingts dix parcelles de terrain, le tout pour une superficie de 32.865 m².
Les expropriations sont effectives en janvier 1859 sur un prix de 264.483 francs 50 offert par l’administration, la superficie visée étant ramenée à 31.820 m². Il est prévu de consacrer 2.600.000 francs pour la construction de ce réservoir qui
sera alimenté par une puissante machine à vapeur établie un peu au-delà du pont de Flandres, à l’endroit où les eaux du canal de l’Ourcq ne sont pas encore troublées par le passage incessant des bateaux de commerce.
Cependant, l’implantation du réservoir n’est pas réalisée immédiatement, loin s’en faut ! L’annexion à Paris, en 1860, des villes limitrophes, dont Belleville, modifie les projets financiers de la capitale, laquelle va utiliser les 250 millions de crédit qui lui sont accordés à d’autres priorités, et notamment la conception du Parc des Buttes Chaumont. C’est précisément la construction de celui-ci qui oblige l’édilité parisienne à ressortir, en 1867, le dossier du réservoir de la rue de Vera Cruz enterré depuis 1859, afin de procéder à sa construction.

Plan du réservoir des Buttes-Chaumont 1880
Paris - Buttes-Chaumont - Plan 1880 réservoir.jpg
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Les travaux du réservoir des Buttes-Chaumont sont autorisés en urgence absolue, par un décret du 9 janvier 1867, étant donné que l’installation des grottes et cascades du parc vient d’être achevée et que le parc doit ouvrir en principe le 1er avril (il sera en fait partiellement ouvert au public le 1er mars 1867).
L’architecte Arthur-Stanislas Diet (1827-1890), est chargé des plans de cet ouvrage.
La construction de ce réservoir à ciel ouvert, d’une contenance de 8.800 m3 et constitué de deux compartiments, est aussitôt commencée dès la fin janvier ; sa mise en service est effectuée en novembre 1867.
Les dépenses consacrées à l’installation du réservoir se sont élevées à 113.000 francs : 110.147 francs pour les terrassements et la maçonnerie ; 2.853 francs pour la fontainerie.

Les essais de la grande cascade qui avaient été déclarés concluants par une belle brochette d’ingénieurs le 16 mars 1867, n’ont évidemment pas été réalisés avec l’eau du réservoir qui n’était pas encore en fonction, mais au moyen d’eau tirée sur le réservoir de Ménilmontant construit de 1864 à 1865 ; les travaux de ce réservoir, alimenté par les eaux de la Dhuys et de la Marne, avaient été confiés à l’ingénieur Edmond Huet, tandis qu’Eugène Belgrand supervisait la construction de l’aqueduc réalisé par Zoroastre Alexis Michal, inspecteur des ponts et chaussées.

Hormis l’usage réservé aux Cascades, au Lac et aux arrosages du Parc, le réservoir de la rue Vera Cruz (Botzaris) alimente également le marché aux bestiaux, l'abattoir de La Villette et toutes les bouches du quartier des Buttes-Chaumont ; en 1878 et 1879, il servira également à l’éphémère Marché aux chevaux de la rue du général Brunet.

Paris XIX - Rue de la Villette prise des Buttes-Chaumont (cliché Geolio, Cparama)
(Inscriptions du panneau en fronton de l’entrée du réservoir : Ville de Paris Service Technique Voirie publique et Eclairage)
Image

L’eau nécessaire au remplissage du réservoir est puisée depuis le Canal de l’Ourcq, au Bassin de la Villette. La Pompe à feu (que nous avons finalement dénichée après quelques recherches fructueuses !), montant l’eau depuis l’altitude 52 mètres jusqu’à l’altitude 97 mètres, se situe à l’extrémité de la rue Lafayette, à l’angle formé par le boulevard de la Villette, en vis-à-vis de la Rotonde de la Villette.
La construction de cette Pompe à feu est autorisée par une délibération municipale du 22 juin 1866. Les travaux sont commencés en août 1866 et sont achevés le 1er mai 1867. Un bâtiment administratif accueillant le
Service municipal des Eaux, sera édifié près de ladite pompe à feu en octobre 1878.

Quartier Rond-Point de la Villette en 1880 : Pompe à feu, usine élévatrice des eaux destinées à alimenter le réservoir des Buttes-Chaumont
Paris - Buttes-Chaumont - Plan 1880 usine élévatrice Pompe à feu.jpg
Paris - Buttes-Chaumont - Plan 1880 usine élévatrice Pompe à feu.jpg (107.8 Kio) Vu 224 fois

La dépense occasionnée pour l’installation de cette usine élévatrice s’élève à 330.536 francs : la machinerie et la pompe à feu de type Farcot de 55 chevaux fonctionnant à la vapeur, 95.312 francs — la construction des bâtiments par l’entreprise Laroque, 108.638 francs — les frais accessoires, 60.469 francs — la construction d’un second générateur en 1882, 21.134 francs — installation de la conduite de refoulement de 1.590 mètres de longueur et de 40 centimètres de diamètre, 41.983 francs.
Cette Pompe à feu qui fonctionnait à la vapeur sera transformée en machine électrique en 1959.

Pompe à feu du rond-point de la Villette (clichés Carpostale et Rigouard, Cparama)
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Autre vue de la Pompe à Feu du Rond-Point de la Villette voir ici

9 Mars 1912 — Une visite des réservoirs des Buttes-Chaumont qui se termine tragiquement
— M. Tridon tenait un café à Paris, à l'angle des rues Botzaris et de la Villette. En face de cet établissement, se trouve un réservoir contenant 3.000 mètres cubes d'eau qui alimente les cascades et sources du jardin des Buttes-Chaumont. A différentes reprises, le cafetier avait manifesté le désir de visiter ce bassin. M. Dumay, adjoint technique du service des eaux, ami de M. Tridon, qui allait fermer les vannes, l’emmena au réservoir Au cours de la visite, M. Dumas glissa sur la pente de la cuvette et tomba à l'eau. M. Tridon se jeta à son secours et tous deux furent noyés.
(journal Le Bourguignon 9 mars 1912)
Jules Emile Tridon venait d’acquérir, l’année précédente, ce fonds de commerce situé au 74 rue de la Villette angle rue Botzaris, en vis-à-vis des réservoirs des Buttes-Chaumont. Sa veuve, Maria Chenel, le revendra le 22 mai 1912 au sieur Jahel.

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E1 — Pavillon du Chemin de Fer (Café Restaurant)

La construction du Pavillon du Chemin de fer, dont le coût s’est élevé à 31.500 francs, est achevée en février 1867 ; son nom provient du fait qu’il surplombe la tranchée de la voie de chemin de ceinture dont le tunnel, menant à la station de Ménilmontant, passe exactement en-dessous des fondations dudit pavillon.
Il est situé dans le parc, à l’intersection des avenues de la Cascade, des Alouettes et Edouard Petit. Son accès se fait par la porte Vera Cruz (Botzaris en 1880) ou par l’escalier de l’entrée secondaire située en face de la rue des Alouettes.
Tous comme les deux autres restaurants du jardin, il est conçu sur les plans de Gabriel Davioud, et constitué de briques de couleurs multiples, orné de bandeaux de faïence avec des colonnes cannelées.
La ville de Paris donne en concession pour des durées variables chacun de ces établissements.
Le 29 février 1868,
Désiré Javelot et son épouse Lucile Elisa Libert signent le premier bail pour ce restaurant.
Augustin Désiré Javelot, né le 9 octobre 1840 à Biache-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais, descend tôt à Paris où son oncle Henri Charles Tabary tient un commerce de marchand de vins au 14 route extérieure à Saint-Denis ; en 1867, Désiré est garçon de restaurant chez Victor Moreau au 40 rue du faubourg Saint-Martin (cet immeuble a été reconstruit en 1910 et se trouve être quasiment le seul à être édifié en pierre de taille dans cette voie). Dans le même temps, Lucile Elisa Libert, née à Paris le 2 mai 1846, passementière, réside au 33 rue du faubourg Saint-Martin où elle travaille chez Emile Aimé Houssais fabricant de passementerie.
Les deux tourtereaux se marient donc le 17 octobre 1868 à la mairie du 10e arrondissement, avec, comme témoins, l’oncle Tabary et le restaurateur Moreau, et vont tenir leur établissement jusqu’au décès de Désiré Javelot, survenu le 12 décembre 1889, à l’âge de 49 ans.

Buttes-Chaumont - Le Restaurant Gobillot
Buttes Chaumont - Restaurant Gobillot (1910).jpg
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publié par Jean Marc

La veuve Javelot, tel est le nom qui est désormais accolé à son restaurant, continue l’exploitation de celui-ci et va voir s’accroitre sa clientèle, grâce aux nombreuses constructions réalisées à partir de 1880, dans son secteur, les rues Compans, du général-Brunet, de la Mouzaïa etc, tout le quartier des anciennes carrières d’Amérique désormais proposé à la vente.
Après un premier renouvellement de bail daté du 27 octobre 1879, qui a vu porter sa redevance à 2.000 francs par an, Lucile Javelot signe un nouveau bail le 1er avril 1895, pour une durée de 15 ans, moyennant un loyer annuel de 2.400 francs.
Lucile Javelot cède son fonds le 18 décembre 1899 à un certain Gouault. Celui-ci, après cinq ans d’exploitation, vend son affaire le 23 juillet 1904, à Claude Gobillot (1866-1922), qui n’y reste guère plus, puisque le 15 décembre 1907, c’est Charles Weber qui lui succède.
Désormais appelé le
Restaurant Weber, celui-ci bénéficie d’une période faste jusqu’au conflit 1914-1918, et continue sur sa lancée, après-guerre, jusqu’au 26 mai 1930, date à laquelle, il passe le relais à M. Bourguinat. Le 15 janvier 1932, Bourguinat obtient une prorogation de son bail, pour une durée de 6 ans et trois mois, avec un loyer annuel porté de 10.000 francs à 12.000 francs.
Un de ses successeurs,
M. Duret voit son bail renouvelé le 1er juillet 1951, le loyer annuel étant porté de 25.000 francs à 60.000 francs. M. et Mme Jules Gaborit qui prennent la suite signent un bail de neuf ans le 1er juillet 1960 moyennant 3.750 nouveaux francs par an. Puis c’est Mme Laporte qui, ayant repris le restaurant Weber, voit son bail renouvelé le 1er juillet 1969, sa redevance passant de 5.850 NF à 8.700 NF.
Après plusieurs périodes durant lesquelles le restaurant Weber a fermé ses portes, il a été rouvert en 2009, avec un bail de 17 ans signé l’année précédente, sous l’enseigne
Rosa Bonheur, se voulant désormais « branché ».

Buttes-Chaumont - Le Restaurant Charles Weber
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Le Pavillon du Chemin de Fer / Rosa Bonheur, aujourd’hui ► voir ici (1/4) ► (2/4) ► (3/4) ► (4/4)

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E2 — Pavillon Puebla

Le restaurant dit le Pavillon Puebla, tout comme le Pavillon du Chemin de Fer étudié plus haut, est l’œuvre de l’architecte Gabriel Davioud qui a utilisé les mêmes matériaux, briques colorées et bandeaux de faïence pour sa réalisation et a consacré la même somme, 31.500 francs, pour sa construction achevée en février 1867. Le nom attribué à ce restaurant provient de la rue de Puebla (nom d’une bataille franco-mexicaine de 1863) situé en contrebas du Parc, rue qui devient en 1880, la rue Bolivar.
Il est situé, dans le Parc, sur l’avenue Darcel qui est parallèle à la rue de Mexico (rue Manin en 1880). Son accès se fait soit en empruntant l’avenue Darcel à partir de la porte Bolivar, soit par l’entrée porte Secrétan, en prenant l’escalier situé à droite, avant le pont de fer.


Buttes-Chaumont - Plans Restaurant Puebla, architecte Gabriel Davioud
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Le 1er avril 1868, la municipalité accorde la concession du Pavillon Puebla, pour une durée de douze ans, à Louis Victor Noël Bouquet (1841-1904). marié avec Ida Pauline Désirée Paillard (1847-1921) le 30 juillet 1868 à Choisy-le-Roi. Le loyer de cet établissement est fixé à 1.000 francs par an.
Le parc ayant fermé ses portes pendant plusieurs mois à compter du 1er avril 1871 et ayant eu à subir quelques désordres provoqués par les communards qui, du parc arrosaient Paris de leurs obus incendiaires, Bouquet demande et obtient, en 1872, que son loyer soit réduit pour la période de guerre.
Victor Bouquet surnommé « Tout-va-bien », n’a pas les deux pieds dans le même sabot. Il organise des concerts et fêtes dans son établissement où noces et banquets sont de rigueur. En juin 1881, avec une brochette de restaurateurs des XIXe et XXe arrondissement, il fonde la « Société des Mirlitons », dont il prend la présidence, laquelle, à chaque année anniversaire de sa fondation, se rend en bande organisée, dans une station balnéaire où ces joyeux drilles font régner l’ambiance la plus débridée qui soit, à coups de fanfaronnades et mirlitonnades. Ils débarquent ainsi au Tréport en 1890, à Ostende et Malo-les-Bains en 1893, à Dieppe en 1894, à Dunkerque en 1897, à Royan en 1898… (1)

Aux Buttes-Chaumont - Chansonnette populaire aux Rigolards de la Société des Mirlitons mirlitonants, 1892 (paroles de V. Damien et S. Morel ; musique d’Emile Spencer, décédé en 1921)
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L’activité fébrile de Victor Bouquet ne s’arrête pas là : le 31 octobre 1888 il obtient la concession du passage en bateau sur le lac des Buttes Chaumont, suivie le 31 mars 1890 par une autre autorisation d’installer, en face de cet embarcadère, un Buffet-bébé, kiosque pour la vente de pâtisserie et de boissons.
Le bail du Pavillon Puebla est renouvelé une première fois le 27 octobre 1879 en faveur de Victor Bouquet, moyennant une redevance annuelle de 1.800 francs ; un second renouvellement lui est accordé pour 15 ans, à effet du 1er avril 1895, moyennant une redevance portée à 2.100 francs par an. Le 1er avril 1898, il obtient un agrandissement de sa terrasse de 75 m² supplémentaires, en contrepartie d’une augmentation de son loyer de 300 francs par an, le bail restant à échéance du 1er avril 1910.
Le très actif Victor Bouquet, qui s’est replié en 1901 à Vallauris où il décède le 19 mars 1904, a préalablement transmis le restaurant à ses fils Victor Charles (1882-1936), Louis Constant (1881-1904) et Olivier Emile (1872-1926).

Buttes Chaumont - Le Café-Concert Bouquet
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En 1908 Raymond Chervy rachète le Pavillon Puebla dit également le « Café-Concert Bouquet » et obtient par une délibération municipale du 21 juillet, une prorogation de 15 ans de son bail qui devait se terminer en 1910, le loyer annuel étant fixé à 2.400 francs. Dans le même temps, Chervy reprend bien entendu les concessions du Chalet-bébé et du service des bateaux à roue du Lac. Le 16 janvier 1910, il demande à couvrir par un hangar la partie gauche du Pavillon, moyennant une augmentation de 100 francs pour son loyer.
Tout comme Charles Weber et Jean Bos ses deux confrères restaurateurs du Parc, Raymond Chervy va demander une remise sur ses loyers pour la période de guerre ; il obtient ainsi, en 1921, une réduction de 4.060 frs 33.
Par délibération municipale du 23 février 1921, les époux
Blanchet sont autorisés à reprendre le Pavillon Puebla auprès de Raymond Chervy et obtiennent que leur bail soit prorogé jusqu’au 31 mars 1930, tout en conservant le même loyer annuel de 2.500 francs.
Henri Gauffin qui succède aux Blanchet le 24 octobre 1929, n’aura pas la même clémence pour le prix de son loyer, puisqu’il le voit doublé à 5.000 francs de 1929 à 1931, puis augmenté de mille francs tous les 3 ans jusqu’à son échéance du 1er avril 1939 pour atteindre sept mille francs.
Le 20 mars 1944,
Fernand Touchet reprend le restaurant et signe un renouvellement de son bail en 1948 avec un loyer passant à … 40.000 francs.
La municipalité décide, en janvier 1957, d’effectuer des gros travaux de confortation sur l’établissement Puebla, en accord avec le nouveau propriétaire, M.
Blardat, qui s’engage à payer 2 millions ½ pour lesdits travaux, une même somme restant à la charge de la ville ; le bail est renouvelé pour 9 ans, à effet du 1er avril 1957, et le loyer annuel qui était passé à deux cent mille francs est porté à cinq cent quarante mille francs ; le 26 juin 1957, la Sarl Le Pavillon Puebla reprend les actifs du restaurant.
Le 1er avril 1966, M.
Van Caeneghem, gérant de la société du Pavillon Puebla, signe un nouveau renouvellement du bail du restaurant pour 9 ans, assorti d’un loyer annuel de 13.600 francs…

Alors que le Rosa Bonheur se dit le coin branché des Buttes Chaumont, le Pavillon Puebla n’est pas de reste : les uns prétendent qu’il est devenu le « spot hype » du Parc, d’autres affirment qu’il est le rendez-vous bobo des Buttes-Chaumont…

Buttes Chaumont - Avenue Puebla
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(1) Victor Bouquet et sa bande de Mirlitons écument les plages
18 juin 1890 — Programme du 10e anniversaire de la société des mirlitons au Tréport
— Société des Mirlitons. La joyeuse « Société des Mirlitons » fêtera son dixième anniversaire le mercredi 18 juin, et cela avec un éclat inaccoutumé.
Il suffira, pour le prouver, de reproduire dans votre estimable feuille, un extrait du programme :
Le 18 juin, à cinq heures et demie du matin, réunion de la Société à la gare du Nord ; départ à six heures pour le Tréport ; halte à Beauvais. A sept heures cinquante et goûter. Arrivée au Tréport, à dix heures très précises. Réception des Mirlitons par la fanfare des Amis-Réussis, société locale ; entrée triomphale ; distribution de médailles aux sociétaires qui se sont dévoués à la prospérité de la société ; photographie des mirlitonniens ; à onze heures, grand déjeuner ; à une heure, promenade et excursion aux environs de la mer.
Rendez-vous le soir à 7 heures à l'Hôtel de la Plage. Grand dîner au casino du Tréport.
A 8 h. ½, retraite aux flambeaux, fanfares, mirlitonnades.
A 10 heures, grand bal offert aux habitants par la Société. A minuit, rendez-vous à la gare pour le départ. On trouve des cartes : chez M. Bouquet, président, pavillon Puebla, Buttes-Chaumont ; Bru, vice-président, 52 rue d'Allemagne ; Ledru, 110 rue d'Allemagne ; Decourcelle, trésorier, 118 boulevard de la Villette ; Derondelle, 1 avenue Laumière ; Delteil, 23 rue Pradier ; Sibille, 10 rue Lally-Tolendal ; Riou. 116 boulevard de la Villette ; Leclerc, 82 rue de Meaux : Legorgeau. 3 rue de l'Atlas.

26 juin 1893 — Les Mirlitons de Victor Bouquet en virée à Ostende et Malo-les-Bains
— On nous écrit d'Ostende :
Les membres de la Société des Mirlitons de Paris, en excursion à Malo-les-Bains, ont poussé une pointe jusqu'à Ostende où ils ont été reçus au kursaal par M. le conseiller municipal Michens qui leur a souhaité la bienvenue et fait les honneurs de l'établissement.
Après une visite à la Plage et aux installations des Bains, les mirlitons se sont dispersés dans la ville répandant partout leur gaité exubérante et fraternisant avec les habitants qui leur faisaient fête. Au départ l'administration du kursaal a fait remettre à chaque membre un souvenir consistant en une brochure avec les vues principales de la Ville et des Bains.

27 juin 1894 — Coiffés de leur chapeau de paille, les Mirlitons débarquent à Dieppe
— Il y a quinze ans, une joyeuse société s’est formée ayant à sa tête le gai compagnon qui tient avec tant d’affabilité le pavillon Puebla, aux Buttes-Chaumont.
Cette année, la « Société des Mirlitons » c’est ainsi qu’elle s’appelle, ira prendre ses ébats sur les plages de Dieppe. Le 27 juin, elle partira, avec armes et bagages. Leurs seules armes, dit le programme, sont les mirlitons. Quant aux bagages, ils se composent, d’une dose intense de gaieté, et d’un chapeau de paille qui est de rigueur.
Deux recommandations particulières sont faites aux sociétaires :
1° L’usage de l’eau est interdit.
2° La politique étant indigeste est supprimée.
Allons joyeux mirlitons, retirez vos cartes, prenez vos billets, tout va bien.

23 juin 1897 — Dunkerque n’est pas oublié par les Mirlitons
— La Société des Mirlitons organise pour le 23 juin 1897 une grande excursion à Dunkerque

22 juin 1898 — Une des dernières bordées « mirlitonniennes » à Royan
— L'excursion annuelle de la Société des Mirlitons aura lieu le mercredi 22 juin.
Le programme de la sortie comprend une excursion Paris-Royan, par train rapide et spécial.
Coût de la carte pour l'excursion, 35 francs.
Pour tous renseignements, s'adresser à M. Bouquet, pavillon Puebla, Buttes-Chaumont.

10 novembre 1894 — Un des innombrables banquets donnés dans les salons du Pavillon Puebla
— Le Club vélocipédique Trois-Etoiles donnera son quatrième banquet annuel le samedi 10 novembre, dans les salons de la maison Bouquet, pavillon Puebla, parc des Buttes-Chaumont.
Ce banquet sera suivi d'une soirée intime.


Paris - Buttes-Chaumont - Le Pavillon Puebla
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Le Pavillon Puebla aujourd’hui ► voir ici (1/3) ► (2/3) ► (3/3)

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E3 — Pavillon du Lac

Le troisième restaurant du Parc des Buttes-Chaumont, le Pavillon du Lac, présente les mêmes caractéristiques, briques de couleurs variées et frises en faïence, que les deux autres, étant également conçu par l’architecte Gabriel Davioud et achevé en février 1867. Le coût de sa construction s'élève à 59.500 francs.
Il est situé dans le Parc, sur l’avenue Alphand, à quelques mètres de l’entrée du pont suspendu qui franchit le lac en direction du belvédère. Il est accessible par les entrées secondaires situées face au 47 ou au 63 rue Manin, ou bien par la porte Armand Carrel un peu plus éloignée.

Buttes-Chaumont - Plan du Restaurant « Pavillon du Lac » par l’architecte Gabriel Davioud
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Paris - Buttes-Chaumont - Plan Restaurant Pavillon du Lac architecte Davioud.jpg (113 Kio) Vu 21 fois

En mars 1868, Charles Gruffat (1828-1892) associé de fait, pour moitié, avec un commanditaire qui garde l’anonymat, prend à bail le Restaurant Pavillon du Lac.
Charles Gruffat, fils d’un boulanger installé à Rumilly en Haute-Savoie, s’est marié le 13 novembre 1860 à Paris 10e, avec Françoise Josephte Curtillet, lingère au 23 boulevard de Strasbourg à Paris, née en 1837, fille d’un huissier d’Albens en Savoie. Lors de son mariage, Gruffat est glacier au 1 boulevard des Capucines (aujourd’hui, l’hippo de l’angle rue Louis-le-Grand / boulevard des Capucines) ; assiste à ce mariage, en tant que témoin, Félix-André Trippier, également glacier du 1 boulevard des Capucines.
Le 15 février 1869, un an après avoir pris en main l’établissement, Gruffat crée officiellement une société de fait, désignée sous le nom de « Gruffat et Cie », son associé gardant toujours l’anonymat le plus total sur chacun des actes publiés de cette société, à laquelle chacun apporte une somme de dix mille deux cent soixante francs pour former le fonds social.


Création de la Société Charles Gruffat et Cie à compter du 15 février 1869 (Le Droit 1er avril 1869) — Plan Cadastral du Pavillon du Lac 1880
Buttes-Chaumont - Le Droit 1er avril 1869 Charles Gruffat et Plan Cadastral 1880.jpg
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Fin mai début juin 1871, les insurgés de la Commune envahissent le Parc des Buttes-Chaumont ; Charles Gruffat et son épouse qui se sont repliés dans leur Pavillon du Lac évitent de peu l’incendie de leur établissement par les communards qui, à l’arrivée de l’armée régulière, se replient sur Belleville. (1)
Après réclamation auprès de la municipalité, Gruffat obtient, en 1872, une réduction de son loyer pour la période de guerre.
Le 28 septembre 1874, Charles Gruffat décide la dissolution de sa société, continuant seul, l’exploitation de l’affaire ; la liquidation de ladite société ne sera prononcée que bien plus tard, par un jugement du 2 avril 1881.

Pierre Gruffat ayant succédé à son père, décédé le 28 février 1892 dans le Parc des Buttes Chaumont, demande, dès le 23 décembre 1892, auprès de la ville de Paris, un renouvellement de son bail qui doit expirer le 1er avril 1895. Celui-ci lui est accordé, à cette date, pour une durée de 12 ans expirant le 31 mars 1907, avec un loyer annuel porté à 5.500 francs, à la place des 4.500 francs antérieurs.

Le 23 juin 1897,
M. Detaille acquiert le fonds de commerce du Pavillon du Lac auprès de Pierre Gruffat, par devant maître Trempé, notaire à Orsay. En 1899, l’électricité est enfin installée au restaurant.
A partir de 1904, l’affaire gérée par Detaille (qui va décéder avant 1909) semble mal tourner ; celui-ci se retrouve au Tribunal civil en janvier 1905 en raison des poursuites engagées contre lui pour loyers impayés. Son bail est finalement résilié et le restaurant, fermé, atterrit au bureau du Domaine de la ville. Dès le 27 décembre 1906, il est décidé de le mettre en adjudication pour une période de 15 ans avec une redevance annuelle fixée à 4.000 francs ; durant toute l’année 1907, des annonces sont passées dans la presse pour trouver un repreneur, et on profite de cette vacance de l’établissement pour y réaliser des travaux de consolidation, votés par délibération du 27 mars 1907.

Annonce mise en location du Pavillon du Lac 18 juillet 1907 — Buttes-Chaumont, le Pavillon du Lac
Annonce mise en location du Pavillon du Lac 18 juillet 1907 - Buttes-Chaumont, le Pavillon du Lac.jpg
Annonce mise en location du Pavillon du Lac 18 juillet 1907 - Buttes-Chaumont, le Pavillon du Lac.jpg (118.53 Kio) Vu 21 fois

L’affaire est emportée aux enchères le 28 avril 1908 par Jean Bos, marchand de vins, et son épouse Catherine Jumeau qui signent un bail de 15 ans se terminant le 1er janvier 1924. Le 16 avril 1921, il est accordé à Jean Bos une exonération de 50 % des loyers arriérés qu’il doit au titre de la période de la guerre, soit du 1er novembre 1914 au 1er juillet 1919. Son bail est prorogé pour une durée de 15 ans à partir du 1er juin 1922 ; sa redevance annuelle est portée à 4.100 francs à compter du 1er juin 1922 puis à 4.650 francs à compter du 1er juin 1929.
Un certain
Viard succède à Jean Bos, mais mis en cessation d’activité, le Pavillon du Lac est repris le 22 février 1932 par Mme veuve Albouy, laquelle voit son bail prorogé le 1er juin 1937 pour six années supplémentaires, moyennant un loyer annuel de dix mille francs.
Le bail est renouvelé le 20 avril 1943 puis le 1er juin 1952 au profit d’
Henri Latourre, pour un loyer de cent cinquante mille francs par an. Le même Latourre signe un nouveau bail de neuf années, le 1er juin 1961, avec un prix annuel de 6.000 NF.
Le nouveau concessionnaire du Pavillon du Lac,
M. Bournazel demande un nouveau bail le 3 juillet 1969, lequel lui est accordé le 1er juin 1970 pour un loyer annuel de 11.100 francs.

Le Pavillon du Lac a été restauré de fond en comble en 2010.
Si le Rosa Bonheur se présente comme « branché », pendant que le Puebla est présenté comme « spot hype », le Pavillon du Lac affirme avoir un chef de « haute volée ». A vous de choisir ! … Quand le covid sera définitivement enrayé et éradiqué !


Paris - Buttes-Chaumont - Pavillon du Lac - Café-Restaurant
Paris - Buttes-Chaumont - Pavillon du Lac - Café-Restaurant.jpg
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Le Pavillon du Lac, aujourd’hui ► voir ici (1/3) ► (2/3) ► (3/3)

(1) 10 juin 1871 — Les Buttes-Chaumont pendant la commune ; Gruffat et son épouse, qui se sont repliés dans leur Pavillon du Lac, évitent de peu l’incendie de leur établissement par les Communards ; la maison du garde général tenue par Darboussier est transpercée d’un obus
Nous avons visité hier les Buttes-Chaumont. Là aussi tout offre le spectacle de la ruine et de la dévastation.
On sait que samedi soir, 27 mai, les insurgés, traqués de tous côtés à la fois, après avoir essayé d'incendier les maisons les plus hautes du quartier de Belleville, se portèrent en masse aux Buttes-Chaumont, où huit batteries d'artillerie avaient été installées.
Mais l'armée avançait si rapidement que les insurgés n'eurent même pas le temps de se déployer en tirailleurs dans les bosquets du jardin public. — Ils se retirèrent en toute hâte devant le 1er bataillon du 110e de ligne, qui, débouchant vers sept heures du soir de la rue de Crimée, envoyait force balles dans les Buttes-Chaumont.
Arrivé devant la grille du parc, le 1er bataillon s'arrêta, le feu de l’artillerie insurgée devenant de minute en minute plus violent. — Les batteries établies au-dessus du lac tiraient à toute volée sur Paris. — Quand les pointeurs de l'armée régulière furent prévenus de ce fait, à leur tour, de Montmartre, ils tirèrent sur les Buttes-Chaumont et ils démontèrent les batteries insurgées.
Le feu des insurgés étant éteint, deux compagnies du 10e bataillon de chasseurs à pied pénétrèrent dans le parc. Leur surprise fut grande en n'apercevant pas le moindre insurgé dans les bosquets, qu’ils fouillèrent avec soin. Toutefois, en arrivant sur les hauteurs qui dominent le pavillon du Lac, les chasseurs firent prisonniers seize italiens qu'ils passèrent immédiatement par les armes, et qu’ils enterrèrent immédiatement derrière la grotte.
Une véritable pluie d'obus est tombée sur les Buttes-Chaumont. Ce jardin a subi de grands dégâts. A l'exception des pavillons de la Sybille et du Lac, toutes les autres maisons ont été atteintes par les obus, qui tombaient drus comme grêle. La demeure de M. Darboussier, garde général, a été en partie détruite par les projectiles.
En faisant des perquisitions dans les bosquets, les soldats du 110e de ligne ont découvert une grande quantité de fusils, sabres, cartouches, etc.
A différentes reprises, les insurgés ont essayé de mettre le feu au pavillon du Lac, dont les propriétaires, M. et Mme Gruffat étaient restés à l'intérieur des Buttes-Chaumont jusqu'au moment de l'entrée de l’armée régulière.
A l’heure où nous écrivons, les Buttes Chaumont sont gardées par plusieurs bataillons de chasseurs à pied et du 70e de ligne.

(Le Moniteur Universel 10 juin 1871)

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