Le Périgord d'Antan
Le Périgord d'autrefois à travers les cartes postales
Le succès des livres sur la vie d'autrefois ne se dément pas. Deux recueils de cartes postales anciennes sortent ces jours-ci en librairie, s'ajoutant à bien d'autres. À cette occasion, nous avons demandé aux auteurs du premier paru, « Le Périgord d'antan » (1) comment ils expliquent cet engouement pour le passé. Nostalgie ou passéisme ?
Le sujet tient en tout cas vraiment à coeur à José Santos-Dusser, 63 ans, qui fut durant trente ans éditeur à Périgueux, sous l'enseigne Copédit aujourd'hui disparue. Il fait aussi partie des passions du journaliste à canotier de « Sud Ouest », Alain Bernard, 61 ans, dont une bonne partie des treize livres a un cadre historique.
« Regarder dans le rétro »
« On ne dit pas que c'était mieux avant, on dit comment c'était », explique José. « Je crois que les gens ont envie de retrouver la convivialité et les solidarités qui existaient autrefois. La télé a installé de nouvelles racines, mais on ne voit plus son voisin... Moi, j'ai pris goût au passé dans mon enfance à Daglan. Il y avait des anciens qui racontaient comment ça se passait avant. Je crois que, nous aussi, nous avons le devoir de transmettre ce que l'on sait. »
Alain Bernard, qui a pris goût à l'évocation du passé lorsqu'il était journaliste localier à Sarlat dans les années 1970, assure ne pas vouloir s'y réfugier : « Pour profiter du progrès, il faut aussi être curieux de notre passé, savoir regarder dans le rétro. Sinon, on vit sur du sable. Je pense que dans la vie d'autrefois les gens savaient se retrouver lorsqu'il y avait des pépins. »
Hommage à Henri Brives
Ces deux amis de longue date ont mis en commun leurs connaissances pour répondre à la commande d'un éditeur parisien. José Santos-Dusser est un grand connaisseur des cartes postales anciennes pour avoir édité de nombreux livres avec le plus grand collectionneur périgordin, Henri Brives. Chaque fois qu'il le peut, il rend hommage à cet ami disparu qui était un grand défenseur du Périgord.
Une partie des 500 cartes du début du XXe siècle, présentées dans le livre, vient de son petit musée de Saint-Pardoux-la-Rivière (aujourd'hui géré par Bernard et Françoise Brives), complétant le fonds de Jean-Pierre Koenig, qui constitue la base de l'ouvrage.
Avec force anecdotes
Au fil des pages, les auteurs racontent donc le Périgord d'antan avec force anecdotes, la vie agricole et les inévitables cavages de truffes avec de cochons sympathiques, la naissance de l'industrie qui fut plutôt prospère, des petits trains sillonnant le Périgord, des vues de Périgueux, Bergerac, Sarlat, Terrasson, Ribérac, Nontron et d'innombrables villages où les habitants posent dans leurs plus beaux habits...
« Ce livre doit également intéresser des jeunes », espère José. Alain met en avant son esthétique : « Il est beau. » Mais tous deux pensent déjà à leurs prochaines publications. José, avec son association Arka, prépare le livre de Nicolas Lux sur le voyage Keraban et un autre sur les cochons de Papo Ménard. Alain a recueilli les souvenirs d'un maître d'hôtel du Ritz qui feraient un bon livre.
(1) « Le Périgord d'antan », par José Santos-Dusser et Alain Bernard (Éditions HC, Paris) 28,50 ?. Première séance de signature, demain matin, de 10 heures à midi à la librairie La Mandragore, à Périgueux ou sur
Amazon.fr.
Source :
SUDOUEST.com
Merci à Tramontane66 pour l'info
