Construction des stations Saint-Michel et Cité du Métro de Paris
Voici d'abord une coupe de la station Saint-Michel (Caisson).
Désolé pour la qualité, mais c'est un scan d'une page de l'inestimable livre de Louis Biette (l'un des principaux responsables techniques de la construction du métro) intitulé "
Les Chemins de Fer urbains parisiens", et ce bouquin a plus de 80 ans!
On remarque, à la base de la structure, de part et d'autre, deux "
excroissances" triangulaires, dont la hauteur est de 1,80m. Au centre, également deux parties triangulaires accolées qui servent de renfort. Ce sont ces parties triangulaires qui vont délimiter la "
chambre de travail".
La structure reposant sur le sol (ou le sous-sol...) la chambre de travail, maintenue sous pression par l'air comprimé, est donc protégée contre les infiltrations. C'est dans cette chambre que les ouvriers creusent progressivement le sol pour provoquer l'enfoncement du caisson, facilité par la forme "
en couteau" des excroissances latérales.
Un petit croquis pour préciser tout cela.
Ce croquis, comme les illustrations suivantes, est relatif au fonçage des caissons dans le lit de la Seine, mais les principes restent les mêmes pour le fonçage des stations.
On voit une cheminée qui sort du caisson et remonte vers la surface. C'est par cette cheminée que s'effectuent toutes les communications :
- Entrée et sortie des ouvriers du chantier
- Evacuation des déblais au moyen d'un treuil
- Arrivée de l'air comprimé qui maintient la chambre de travail sous pression.
Voici une coupe du chantier qui explique tout cela.
On voit les ouvriers dans la chambre de travail (avec pelles et pioches...) et sous la cheminée, un "
seau" dans lequel on charge les déblais qui seront remontés par un treuil grâce à la cheminée.
A l'extérieur, en haut de la cheminée, une partie cylindrique de plus gros diamètre : c'est le "
sas à air" et non le "
sac à air" comme on voit écrit parfois.
Pour terminer, une coupe du sas.
A doite, l'arrivée d'air comprimé. Le sas, comme la chambre de travail, est sous pression. Notez l'ouvrier qui déverse le contenu d'un seau de déblais dans une sorte de tuyauterie fermée à sa partie inférieure. Lorsqu'elle est pleine, on ferme le clapet supérieur et on ouvre le clapet inférieur pour vider les déblais sans perturber les conditions de pression du sas. L'entrée et la sortie des hommes dans le sas se fait également avec manoeuvre de clapets, le sas étant alors à la pression atmosphérique, tandis que la chambre de travail reste en pression.
Quand les travaux sont terminés, la chambre de travail est remplie de béton.
Note : les 3 dernières illustrations sont extraites de "
Métro - RER, Une histoire - un avenir" ouvrage collectif (Editions LBM)