Restaurant du Métro 3 boulevard Bessières
carte photo
L’immeuble au pied duquel est installé le
Restaurant du Métro, a été édifié de 1903 à 1905 sur les plans de l’architecte Jean-Ernest Mayet (1849-1911). Auparavant, cet emplacement situé aux portes de Paris, en face du bastion 40, était vierge de constructions. L’autorisation d’y construire un bâtiment en pierre de taille de six étages a été déposée en mairie le 8 décembre 1902 pour le compte d’un certain L. Valentin.
Celui-ci n’est autre que
Louis-Alexandre Valentin (1856-1917), originaire de Cournuéjouls, commune de Lapanouse en Aveyron, fils d’un maréchal ferrant de ladite commune, marié le 18 mars 1882 avec
Virginie Marie Hortense Moulinier (1861-1924), née à La Rousse commune de Mâlons-et-Elze dans le Gard ; lors de ce mariage, Valentin est cocher et demeure chez son oncle maternel Jean-Antoine Pouget, marchand de vins au n°7 avenue Bosquet dans le 7e arrt.
En 1887, Valentin abandonne sa condition de cocher et, suivant l’exemple de l’oncle Jean-Antoine, fait l’acquisition, avec sa femme, d’un fonds de commerce de marchand de vins traiteur situé au n°130 boulevard Malesherbes (aujourd’hui Restaurant Fratelli) qui appartenait antérieurement à M. Mustier.
Les Valentin tiennent l’affaire pendant douze ans avant de la céder au sieur Calmels en 1899. Trois ans plus tard, en 1902, Louis Alexandre Valentin et son épouse reprennent le café-hôtel de M. Gustave, situé au n°149 avenue de Saint-Ouen, qu’ils revendront à M. Gouas en 1906, leur permettant ainsi de financer la construction du coûteux bâtiment du 3 boulevard Bessières où ils habiteront dorénavant ; Louis Valentin y décédera le 8 octobre 1917 et sa femme le suivra le 9 décembre 1924.
Achevé en 1906, le rez-de-chaussée gauche de l’immeuble est tout d’abord occupé par De Perera qui y installe un commerce de vins en bouteilles, cédé en 1907 à M. Boutet qui y entrepose des vins provenant de vignobles français et algériens. Fin 1907, Hippolyte Dalous rachète le fonds et aménage le Restaurant du Métro où l’on propose des déjeuners et dîners à toute heure avec une cuisine soignée.
Jean Hippolyte Dalous (1881-1916), né à Concourès en Aveyron, s’est marié le 27 décembre 1900 dans le 18e arrt., où il était garçon de café, demeurant 18 avenue de Clichy ; son épouse, Marie Rosalie Berthe Boutonnet, est née le 24 juillet 1879 à Rodelle en Aveyron. En 1901, ils habitent 173 avenue de Clichy, tandis que Dalous est toujours loufiat.
Dalous va faire long feu dans son restaurant du boulevard Bessières ! Le 29 mai 1908, il est déclaré en faillite avec nomination de Sébastien comme juge-commissaire et Lesage comme syndic de liquidation ; le 30 septembre 1908, la clôture de la faillite de Dalous est prononcée pour insuffisance d’actif
En 1909 on retrouve Dalous en tant que marchand de vins traiteur au n°28 rue Manin dans le 19e arrt., affaire qu’il tient jusqu’en 1914, avant de mourir au casse-pipe le 28 novembre 1916 à Sémur-en-Brionnais en Saône et Loire, avec la belle mention MORT POUR LA FRANCE.
Le restaurant du 3 boulevard Bessières, quant à lui, est adjugé par le syndic de liquidation à Houdayer. Celui-ci revend l’affaire dès le 16 septembre 1911 à Phannensthil qui la tenait toujours en 1914…
Le Café-Brasserie du boulevard Bessières qui a pris aujourd’hui pour enseigne La Pergola, semble actuellement fermé.

Publié par droopyjm et geolio lun. 18 nov. 2019 07:59 ►
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