Tout Paris

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JeanMarc
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Re: Tout Paris

► Cartoliste Tout-Paris classée par numéros
► Cartoliste Tout-Paris classée par arrondissements

TOUT PARIS - 975 - Carrefour Mouffetard et Rue Monge (Ve arrt.)
Collection F. Fleury


La rue Monge dont le percement commence en 1864 est ouverte à la circulation des piétons en novembre 1867. Les derniers travaux de pavage, permettant le passage des voitures, se déroulent en janvier 1868. La place située à l’extrémité de la place Monge (n°100) et de la rue Mouffetard (n°147) n’est, quant à elle, viabilisée qu’en octobre 1869.
C’est au rez-de-chaussée et au sous-sol de l’immeuble situé au n°100 de la rue Monge, appartenant à un certain Lemaître, que quatre commanditaires signent un bail, en vue d’y exploiter un fonds de commerce de grand magasin de nouveautés, à l’enseigne
Le Grand Monge. Les quatre associés fondent, à compter du 1er juillet 1870, une société en nom collectif dénommée Alexandre Marcilhacy, Moreau et Cie composée de :
— Alexandre François Marcilhacy (1838-1892, négociant, domicilié 100 rue Monge, frère d’Henry Marcilhacy qui vient de se porter acquéreur du magasin de nouveautés « A la Ville des Ternes », que nous avons évoqué
► ICI .
— François Alexandre Moreau, négociant, domicilié 100 rue Monge, né en 1835, marié à Geneviève Ducrocq.
— Camille Mathieu Antoine Théodore Marcilhacy (1825-1911), négociant demeurant 20 rue Vivienne.
— Stanislas Arthur Mouillard, ses frères Alfred et Lucien et leur mère Elisa-Adèle Marié, veuve de Abel Napoléon Mouillard (1805-1860). Ce dernier était, jusqu’à son décès, fabricants de châles et de confection pour dames au 9 boulevard Saint-Denis, associé avec Eugène Antoine Gaspart (1823-1898).

Le Grand Monge n’a guère le temps de faire de belles affaires puisqu’un mois et demi après son ouverture, la guerre de 1870-1871 éclate.
En janvier 1871, il est fait état de nombreux obus s’abattant sur les rues Monge et Mouffetard. Le 28 janvier, le Figaro rapporte qu’
au n°100 rue Monge, le mur du pan coupé et celui de la façade ont été percés à la hauteur du 5e étage ; les dégâts matériels sont assez importants dans l’appartement.
Le 13 mars 1873, Alexandre Marcilhacy se désolidarise de ses associés et cède ses parts dans la société qui devient Moreau et Cie.

Le Grand Monge joue de déveine ! Moins de deux ans après sa réouverture faisant suite au conflit, un violent incendie y éclate le 14 juillet 1873, à 11 heures du soir. Le feu se propage dans les six étages du bâtiment qui disparaît dans le sinistre, provoquant le décès de Jean Gauthier, âgé de 44 ans, professeur au collège Rollin qui s’est jeté par sa fenêtre du cinquième étage, et de trois commis du magasin : Charles Ferdinand Caillié, âgé de 19 ans ; Alphonse Gillet, âgé de 19 ans ; Louis Constant Jules Lecomte, âgé de 19 ans.
L’incendie du Grand Monge fait bien entendu la une de tous les journaux.
Après sa reconstruction, l’immeuble du Grand Monge est à présent au numéro 116-118 rue Monge : sa nouvelle ouverture a lieu le 3 octobre 1874.

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publié par zelig ven. 13 août 2021 09:59

Le 25 février 1879, la société Moreau et Cie, toujours exploitante du Grand Monge, est déclarée en faillite ; hormis François Alexandre Moreau, les associés ont cependant tous été changés. Les nouveaux entrants sont un certain Bizé, commissionnaire en marchandises ; Elie Riant, entrepreneur de maçonnerie ; Georges Chartier, négociant en laines ; Louis Raphoz, marchand de vins et liqueurs.
Suite à cette faillite, le magasin est mis en liquidation en avril 1880 et le fonds est vendu. L’acquéreur, tout en conservant la même activité, adopte la nouvelle dénomination
Aux Gobelins.

Le 13 novembre 1888, la société Lespagnol fils et Jourdan, nouveautés, composée d’Albert-Charles-Alphonse Lespagnol et de Gratien Jourdan, au capital de 100.000 francs reprend le fonds de nouveautés du 118 rue Monge qui est dorénavant dénommé A la Ville de Lutèce. Les deux associés tiennent déjà, depuis 1886, un autre magasin similaire au 50 rue Turbigo, sous l’enseigne « Au Moine Saint-Martin ».
Très rapidement, les affaires tournent mal pour Lespagnol et Jourdan puisque ceux-ci sont mis en liquidation judiciaire le 9 juillet 1889. La Ville de Lutèce est proposée en adjudication pour le 9 novembre sur une mise à prix de 15.000 francs. Un certain Jean Bonnet remporte l’enchère pour 23.000 francs correspondant au droit au bail, et 209.000 francs pour le fonds et les marchandises, tandis que la faillite des sieurs Lespagnol et Jourdan est prononcée le 20 novembre.

Dès son acquisition du 9 novembre 1889, Jean Bonnet donne son affaire à gérer à
Jules Alphonse Mascaux (1854-entre 1912 et 1920), originaire de Valenciennes, lequel tient, depuis 1880, un magasin de nouveautés portant comme enseigne la Maison du Bon Pasteur, à l’angle du 2 rue de Paris / 1 rue de Mareil à Saint-Germain-en-Laye.
Afin de pouvoir reprendre « La Ville de Lutèce » à son nom, Jules Mascaux doit revendre la « Maison du Bon Pasteur » de Saint-Germain ; aussi met-il en vente cette affaire dès le 16 novembre 1889 dans le journal
l’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, où, sur une demie-page, il explique que « pour cause de santé » il est contraint de céder son fonds et de liquider son stock… Mascaux, bonimenteur patenté, va même jusqu’à publier dans la même feuille, un long article tentant d’expliquer que sa démarche est « sincère »…
Mascaux, en pleine forme, finit par vendre son magasin saint-germanois et crée, le 2 septembre 1892, la Société
Bonnet et Mascaux nouveautés, pour une durée de cinq ans, au capital de 282.000 francs, au sein de laquelle il apporte 50.000 francs en marchandises, Jean Bonnet apportant de son côté sa mise donnée à l’origine de 1889.
Le 5 juin 1897, Mascaux procède à la liquidation de la société et rachète sa part à Bonnet.
Jules Mascaux va tenter d’intéresser ses deux fils (l’un est littérateur critique d’art, le second sculpteur) à son magasin qui emploie maintenant 45 employés, et fonde, le 23 mai 1906, pour une durée de 4 ans, la société en nom collectif
Mascaux et fils nouveautés « A la Ville de Lutèce ». Prorogée le 1er octobre 1910, la société est finalement vendue le 31 août 1912 à MM. Corcelle et Hue qui donnent leur nom à cette société…

Aujourd’hui, la Ville de Lutèce est devenue une chaine américaine de vente de café où il est nécessaire de faire la queue pour aller chercher son « gobelet ».
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 975 bis - Avenue des Gobelins - Coin de la rue Monge (Ve et XIIIe arrts.)

A gauche, le grand magasin de nouveautés A la Ville de Lutèce occupe l’angle formé par le 118 rue Monge et le 5 rue de Bazeilles ; nous avons eu l’occasion d’en décrire l’origine, sur la carte précédente.
Un peu plus loin, en vis-à vis, entre le 119 et 119 bis rue Monge, on aperçoit l’entrée de l’ancienne rue de la Photographie,
voie en impasse devenue le square Adanson, à la suite de la couverture de la Bièvre à cet emplacement entre 1899 et 1903.
En premier plan, à droite, la boulangerie-pâtisserie, située à l’angle du n°123 rue Monge, du n°1 avenue des Gobelins et du n°48 rue du Fer-à-Moulin, est tenue, au moment de la prise du cliché, par
Joseph Marie Creste (1867- après 1921) et son épouse Léa Clémence Grégoire (1865-1938), qui ont acquis ce fonds de commerce en 1900 auprès d’Henri Eléonore Boutroy.
Boutroy (né en 1860), marié avec Augustine Caroline Thomas, qui n’avait gardé l’affaire que cinq ans, l’avait achetée le 1er mars 1895 à
Edouard Clémenceau, né à Clamart en 1855, et son épouse Marie Louise Ribout (1859-1943) qui la tenaient du sieur Cousin depuis le 20 mai 1883. Par la suite, Clémenceau reprendra une autre boulangerie, le 7 mars 1908, au n°87 avenue de la Grande-Armée.
Le 10 décembre 1909, Joseph Marie Creste cède la pâtisserie des Gobelins à
M. Feuillet qui y est toujours actif en 1914. De son côté, Creste, s’installe, après-guerre, à Créteil, 59bis Grande Rue, et y tient une affaire de graineterie avec ses fils Maurice Jean-Marie et Paul Henri Robert ; Henri Boutroy, l’ancien propriétaire de la boulangerie, sera d’ailleurs témoin, le 15 juin 1921, lors du mariage de Maurice, le fils aîné. En 1926, Joseph Marie Creste laisse la graineterie à ses enfants et se retire avec son épouse dans le 13e, 47 boulevard Saint-Marcel…

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publié par zelig mer. 26 janv. 2022 11:49
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 22-37 - Buttes-Chaumont - Restaurant Gobillot (XIXe arrt.)
Collection F. Fleury

version noir et blanc

► voir ici quelques renseignements sur le Pavillon du Chemin de Fer des Buttes-Chaumont
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publié par JeanMarc lun. 4 avr. 2022 09:00
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 37 - Buttes-Chaumont - Restaurant Gobillot (XIXe arrt.)
Collection F. Fleury

version colorisée de la carte précédente

► voir ici quelques renseignements sur le Pavillon du Chemin de Fer des Buttes-Chaumont
Image
publié par zelig sam. 2 avr. 2022 13:06
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 1294 - Place Blanche (IXe arrt.)
Collection F. Fleury

version colorisée
► voir ici version Noir et Blanc

Celui qui s’aventure sur la place de la Barrière Blanche ne peut ignorer le grand Café Restaurant Coquet dont le nom est affiché en lettres géantes au fronton et en façade du n°68 boulevard Pigalle, à l’angle du n°2 rue de l’Empereur et de la rue Amélie. (Depuis 1852, le boulevard Pigalle commençait à la place de la Barrière-Montmartre, future place Pigalle, et se terminait à la place de la Barrière Blanche)
Cet établissement a été acquis au tout début de 1856 par
Alfred Coquet (1828-1873), originaire d’Ivry-sur-Seine, marié le 9 août 1855 à Bray-sur-Seine avec Louise Gonnet (1834-1880). En vue de contracter ce mariage, Coquet a été contraint d’en demander l’autorisation, le 17 juillet 1855, auprès du général de brigade commandant le département de la Seine, compte tenu de son engagement dans l’armée, classe 1848, libérable seulement le 31 décembre 1855. La mère d’Alfred Coquet, Marie Victoire Virginie Potel, devenue veuve en 1837, s’était remariée en 1839 avec Louis-Pierre Gonnet, marchand de vins rue du Chevaleret à Ivry, oncle de sa future épouse Louise Gonnet.

L’affaire de marchand de vins-traiteur de Coquet commence en fanfare, puisque dès le 6 avril 1856, son restaurant explose, ne présentant qu’un amas de décombres, tant à l’étage qu’au rez-de-chaussée.

Avant-hier soir, une violente explosion de gaz s'est faite dans l'établissement d'un marchand de vins traiteur, boulevard Pigalle, 68. Personne ne se trouvait heureusement dans l'intérieur, et le sieur Coquet fermait sa boutique au moment où l'accident a eu lieu.
Le plafond d'un cabinet où se trouvait le compteur a été entièrement mis à jour, le plancher de la grande salle du premier étage a été dégradé de fond en comble ; les vitres ont été brisées, le comptoir renversé, enfin l'établissement ne présentait plus qu'un amas de décombres ; la fuite n'a pu être aperçue, tes tuyaux, posés depuis quinze à dix-huit ans selon l'ancien système, étaient placés entre les plafonds et les planchers supérieurs.
(journal La Patrie du 7 avril 1856 et journal L’Aube de Troyes du 10 avril 1856)

Remis à neuf par les assurances, le Restaurant Coquet n’a pas de mal à se faire une belle réputation, secondé en outre, pendant les premières années, par son frère jumeau Nicolas Adolphe Coquet (1828-1997) qui, à partir de 1864, devient négociant en vins.
En 1862, la place de la Barrière Blanche devient la Place Blanche, et, deux ans plus tard, le boulevard Pigalle fusionne avec le boulevard des Martyrs et la portion de boulevard de Clichy déjà existante, pour ne former qu’une seule voie du nom de boulevard de Clichy : désormais, le Restaurant Coquet est situé au
n°80 du boulevard de Clichy au lieu du n°68 boulevard Pigalle, tandis que les rues de l’Empereur-Montmartre et Amélie deviennent respectivement les rues Lepic et Amélie.
Alfred Coquet, décédé le 16 décembre 1873 à l’âge de 45 ans, sa veuve, Louise Gonnet continue l’affaire avec son fils Octave, jusqu’au décès de Louise Gonnet survenu le 3 septembre 1880.
Le Restaurant Coquet, conservant son enseigne, est ensuite repris par
Marie-Elie Boudard (1844-1905), négociant, originaire de Champs-sur-Yonne, puis en 1889, par son neveu, Théophile Cloche (1861-1926). Théophile Cloche est le fils de Joseph-Thomas Cloche, tonnelier à Champs-sur-Yonne en 1857, et de Louise Joséphine Boudard ; à son mariage, célébré le 27 septembre 1888 à Paris 18e, avec Maria Eugénie Bessière (1868-1954), Cloche, passé « négociant », a pour témoin son oncle Marie-Elie Boudard.

► voir ici une autre vue du Restaurant Coquet

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publié par rigouard jeu. 16 mai 2013 16:09

En 1900, Théophile Cloche cède l’affaire à Charles Edouard Heissat, né le 29 avril 1860 à Steige dans le Bas-Rhin, lequel se marie le 30 mars 1901 à Thanvillé, également dans le Bas-Rhin, avec Emma Justine Dontenville qui y est née le 31 octobre 1876 ; l’acte de mariage sera rédigé en allemand et retranscrit, dans le 18e arrondissement, en français, le Bas-Rhin étant occupé par l’Allemagne depuis 1870.
Le restaurant Coquet-Heissat qui continue à remporter un succès considérable, organise noces, bals et banquets dans ses salons pouvant accueillir de 10 à 200 couverts ; de nombreuses réunions et conférences associatives ou politique y sont organisées. Il faut noter qu’avec son entourage de cabarets de prestige — le Néant au n°34 boulevard de Clichy, le Ciel et l’Enfer au n°53, les Quat-Z’arts au n°62, le Caveau du Chat Noir au n°68, le Moulin Rouge au n°88, le Cabaret des Truands au n°100 —, l’établissement ne peut être que très fréquenté…
On connait, par les naissances successives des enfants du couple Heissat-Dontenville, les noms de quelques-uns des membres du personnel du restaurant qui interviennent comme témoins à l’état-civil : en octobre 1901, François Couderc 51 ans chef de cuisine et Georges Thiel 31 ans garçon de restaurant ; en avril 1903, toujours Couderc et François Drilland, 59 ans garçon de restaurant ; en février 1904, Emile Boltz 36 ans cuisinier et toujours Georges Thiel garçon de restaurant.
Le 31 décembre 1909, lors de la naissance de Georges, leur quatrième enfant (témoin Théophile Cloche, l’ancien patron du restaurant), les époux Heissat qui demeurent à présent au 60 boulevard de Clichy, déclarent dorénavant être rentiers… « Rangés des affaires », après dix ans d’exploitation du restaurant, ils viennent en fait de le céder à
Auguste Thiel, né en 1878, frère de Georges Thiel qui en était le serveur. A son tour, Auguste Thiel viendra témoigner le 16 avril 1912, lors de la naissance de Georges, cinquième rejeton Heissat…
A présent on vient dîner, banqueter et danser
« chez Thiel - maison Coquet » dont l’intense activité est attestée jusqu’après 1932…
Le restaurant toujours actif pendant plusieurs décennies est aujourd’hui transformé en « Cuba café restaurant » avec strip club privé « love show » à l’enseigne de La Diva. Tout un programme !

► voir ici La Diva aujourd’hui
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 1957 - Place Blanche - Station Métro - Nouvelle Boite aux Lettres (IXe et XVIIIe arrts.)

Quittons le restaurant Coquet du n°80 boulevard de Clichy que nous venons de décrire avec la Cpa précédente, et traversons la rue Lepic attenante pour nous arrêter quelques instants au n°80 boulevard de Clichy / 1 rue Lepic situé devant cette belle Boulangerie Viennoise Pâtisserie. ► voir ici la Boulangerie Viennoise tenue jusqu’en 1909 par la veuve Ypas

Alors que la rue Lepic s’appelle encore rue de l’Empereur-Montmartre — le changement de nom aura lieu en 1864 —, et que l’immeuble d’angle situé au n°1 ne compte alors que deux étages, le rez-de-chaussée est consacré à une affaire de marchand de tabacs, tenue depuis 1860 par Jean Delpeyrat (1803-1866), sous-officier en retraite et chevalier de la légion d’honneur, et Marie Mayonnade qu’il vient d’épouser le 6 décembre 1860.
Après le décès de Delpeyrat survenu le 11 novembre 1866,
Marie Mayonnade (1834-1920) reste débitante de tabacs jusqu’à sa cession, en 1881, à sa sœur Julie Mayonnade (1843-1914) mariée le 25 octobre 1881 avec Joseph Arthur Thiéry (1836-1912). Celui-ci, ébéniste jusqu’à cette date, se reconvertit immédiatement en marchand de tabacs, puis en boulanger à partir de 1892.
Le 1er décembre 1894, Thiéry vend la boulangerie du 1 rue Lepic à
Zéphir Marcel Fauchot, né en 1848 aux Challois-Bérulle dans l’Aube qui, dès 1869, y dirigeait une entreprise de bonneterie au nom de Hucheloup-Fauchot.
Apparemment sans scrupules, Fauchot est appelé le 15 février 1896, devant la 8e chambre du Tribunal correctionnel, pour répondre de contraventions pour la détention de faux poids : il écope de 8 jours de prison et de 25 francs d’amende pour un déficit de 4 à 10 grammes sur trois poids de 50, 500 et 1.000 grammes ; il n’est pas seul ce jour-là au tribunal : pour de mêmes raisons de poids trafiqués, le charbonnier Jean Boucharin avenue Parmentier et l’épicier Léon Compère rue Mouffetard héritent d’une amende mais sans peine de prison.
Ces petits « tracas » n’empêchent pas Fauchot et son épouse Maria Eugénie Thévenon (1854-1927) de poursuivre leur petite affaire de boulangerie tambour-battant, tant et si bien qu’ayant finit par acquérir l’immeuble du 1 rue Lepic, ils décident de le faire surélever de quatre étages et obtiennent, à cet effet, l’autorisation de l’urbanisme le 21 mars 1899. C’est ainsi qu’est créé l’Hôtel Beau-Séjour, exploité par M. Roy, au-dessus du fournil.
En 1903, Fauchot vend sa boulangerie à Louis Joseph Ypas (1863-1906), boulanger-pâtissier depuis 1885 à Puy l’Evêque dans le Lot, et à son épouse Julie Marie Louise Lancelot (1863-1909).
A compter de 1908, la partie gauche de la boulangerie est louée au glacier Scossa.
Le 22 mai 1909 la veuve Ypas cède son fonds de
« Boulangerie Viennoise Pâtisserie » au sieur Pignarre ; elle décède trois semaines après, le 14 juin 1909. Pigarre conservera l’affaire jusqu’après 1922. En 1932, on y trouve Depambourg…

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publié par rigouard jeu. 16 mai 2013 16:14

Le bâtiment du 82 boulevard de Clichy, attenant à la boulangerie est, depuis 1881, occupé par des limonadiers qui ne restent guère longtemps en place : Paris et Gourdon 1883-1886 ; Raynal 1887-1889 ; Marvillet 1890-1892 ; Robert 1893-1895 ; Saint-Mézard 1896-1898 ; Sirot 1899.
Le 10 juin 1899 le sieur Sirot vend cette brasserie à un certain
Cibert qui va donner de l’éclat à cet établissement.
Cibert ne s’étant fait connaître que par son patronyme, et personne n’ayant eu la curiosité d’aller plus loin, nous avons donc commencé de longues recherches à son sujet, lesquelles se sont avérées fructueuses.

Albert Ernest Cibert nait le 23 mars 1867 à Châtellerault. Marié en 1890 avec Amante Marie Emilienne Piprel, née le 28 janvier 1868 à Mardilly dans l’Orne, il déclare, lors de la naissance de sa fille Marthe en septembre 1891, être « cuisinier » chez Gustave Boivin, liquoriste au 22 boulevard Saint-Denis.
Grimpant dans la hiérarchie, Cibert devient « gérant » en février 1896, au 3 boulevard Bonne-Nouvelle, établissement à usage de bar, appartenant à cette date, aux sieurs Jankowsky et Touchard.
Le 29 septembre 1897, il fonde la société
Cibert et Cie au capital de 1.600.000 francs, reprenant le restaurant à l’enseigne de la « Maison Maire » située à l’angle du 1 boulevard de Strasbourg /14-16 boulevard Saint-Denis.
Chez « Maire », dorénavant appelé « chez Cibert » on organise des spectacles et, grâce à l’appui de quelques journalistes bien orchestrés, le monde afflue au restaurant, notamment lors de la sortie du théâtre de la Renaissance tout proche.
En juillet 1898 nait sa seconde fille Irène, et, toujours restaurateur, Cibert demeure au 23 boulevard de Strasbourg.
Très certainement en prévision de l’acquisition qu’il a projetée de la brasserie de la place Blanche, Cibert cède, le 16 novembre 1898, tous ses droits de la société Cibert et Cie (restaurant Maire) au sieur Faucon, ladite société devenant la société Faucon et Cie.
Albert Ernest Cibert continue cependant à tenir l’établissement jusqu’en juin 1899, date à laquelle il entre en possession de la brasserie du 82 boulevard de Clichy, qu’il baptise de l’enseigne
« A Cyrano ».
Fort heureusement, notre nouveau restaurateur évite le pire le 26 octobre 1900 : un incendie s’étant déclaré dans les caves du Cyrano, celui-ci est rapidement maitrisé.

Dès son installation, Cibert fait parler de lui, déposant une pétition auprès du Conseil municipal, demandant à ce que l'avançage de la station de voitures de place numéro 79, installée devant les n° 82 à 86 du boulevard de Clichy, soit réduit de quatre à trois voitures ; après que le Préfet de la Seine ait été consulté le 14 décembre 1900, la municipalité accepte la demande de Cibert le 12 janvier 1901, et autorise la suppression de la quatrième voiture.

Cibert qui soigne sa publicité, fait fréquemment paraître des articles élogieux à son égard, afin de rabattre la clientèle qui ne manque pas dans les parages (le Moulin Rouge est au n°88 boulevard de Clichy !) :
Vieux marcheurs, jeunes smarteux, gentilles meunières du moulin d'à-côté font, chaque soir, dans les salons dorés de Cyrano, de joyeuses saturnales sous la présidence du plus aimable des restaurateurs de Montmartre, le bien connu Cibert. On ne s'ennuiera pas cet hiver à Cyrano. (journal La Nation des 26 décembre 1900 et janvier 1901)
Qui n'a connu Cibert, le très parisien et très sympathique maître queux que le « Tout-Paris » avait appris à apprécier dans plusieurs grandes maisons du boulevard ; or, depuis quelques jours, les boulevardiers qui se rendent au Moulin-Rouge, ont retrouvé — non sans plaisir — l'aimable Cibert au restaurant « A Cyrano » qu'il dirige depuis tantôt deux années, 82 boulevard de Clichy, avec un succès qu'envieraient beaucoup de maisons.
All right
(journal l’Evènement, le Petit moniteur universel et la Souveraineté nationale du 8 mars 1903)

Cibert qui n’avait peut être pas mesuré l’importance des contraintes et investissements liés à cette affaire, abandonne son Cyrano, le 14 juillet 1909, à ses créanciers. Nous retrouvons les époux Cibert, restaurateurs, domiciliés 12 avenue d’Orléans, à l’occasion du mariage de leur fille Marthe en 1916, et c’est par un extraordinaire hasard que nous avons pu trouver, au cours de recherches d’état-civil, qu’Albert Ernest Cibert est décédé le 11 mai 1924 à Versailles, demeurant à cette date au 11 avenue de Ville d’Avray à Chaville.
Les « créanciers » qui ont récupéré le Cyrano de Cibert en 1909 sont en fait le sieur
Léon Denis Martellière (1857-1912), originaire de Juigné dans la Sarthe, ancien garçon de café, et son épouse Blanche Clémence Buisson…
Le Cyrano qui traversera plusieurs décennies, disparaitra, supplanté, comme tant d’autres, par un fast-food.
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 1281 bis - Square du Grand Palais - Pont rustique (VIIIe arrt.)

► voir ici quelques renseignements sur le Square du Grand Palais
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publié par zelig sam. 26 févr. 2022 10:53
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 288 - Les Moulineaux - Vue prise au Carrefour de la Rue de Paris
Collection F. Fleury


Comme détecté par Bernard ► voir ici, ce cliché d’Issy-les-Moulineaux est pris à l’angle du 58 rue Jean-Pierre Timbaud / 178 avenue de Verdun (anciennement rue de Paris). En fond, on aperçoit un tronçon du viaduc de Meudon.
► voir ici le Bar Tabac Journaux PMU de la Ferme en 1980, avant sa destruction

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publié par zelig ven. 20 mai 2022 11:54
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 2097 - Rue de Franqueville (XVIe arrt.)

A la suite de la disparition du Fleuriste de la Muette dont les terrains ont été cédés par la Ville de Paris pour être lotis à partir de 1894, donnant naissance à cinq nouvelles voies (rues Eugène Labiche, Octave Feuillet, de Franqueville (partielle), Guy de Maupassant et Edmond About), une seconde partie du domaine de la Muette est à son tour cédée, en 1904, par ses propriétaires, les Franqueville, pour être à son tour lotie. C’est ainsi que quatre nouvelles rues voient le jour : la suite de la rue Franqueville et ses rues attenantes Alfred Dehodencq, Georges Leygues, Henri de Bornier et Richard Wagner (rue Albéric Magnard).

La partie gauche que nous voyons, encore arborée sur cette Cpa, disparaîtra à son tour en 1921, recouverte de constructions nouvelles. Le cliché est pris à l’angle du n°12 rue de Franqueville et du n°8 rue Alfred Dehodencq.
Cet immeuble à pan coupé a été édifié sur les plans de l’architecte Ernest Picard (1864-1935), après l’obtention du permis de construire sept étages, délivré par l’urbanisme le 22 avril 1908.
Picard va remporter pour cette construction, le concours des façades 1908, prix délivré chaque année de 1898 à 1930.


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publié par zelig dim. 16 janv. 2022 10:48

Mais ce que personne n’avait pour l’instant relevé, c’est le nom de la propriétaire pour qui ce bel immeuble a été érigé. Il s’agit de Mlle Ricotti, dont la biographie n’a guère passionné les foules, aucun article ne lui ayant jamais été consacré, de même que ses années et lieu de naissance et de décès n’ont jamais été dévoilés. Aussi, après les recherches que nous avons entreprises, remédions à cette anomalie.
Amélia dite Amélie Ricotti, danseuse à l’Opéra, est née le 25 mai 1868 à Salsomaggiore dans la province de Parme en Italie ; ses parents s’appelaient Francesco Ricotti et Felicita Peracchi.
Sortant du Conservatoire de danse de la Scala, elle devient élève de Mme Zina Mérante (1832-1890) pendant quelques mois, avant d’être définitivement engagée le 1er juin 1886 à l’Opéra Garnier où elle exécute ses premiers pas dans les Walkyries de Sigurd en août. Elle ne quittera la troupe de ce théâtre national qu’en septembre 1908, après avoir fait parvenir,
avec désinvolture, le montant de son dédit à la direction.
► voir ici clichés d’Amélia Ricotti réalisés vers 1895 par l’atelier Nadar

Vous allez probablement soulever, avec raison, qu’avec ses émoluments de danseuse étoile, il parait improbable de pouvoir se mettre sur les reins la construction d’un immeuble de sept étages en pierre de taille dans le seizième arrondissement parisien ! D’autant que la dame Ricotti réside, dans le même temps, 56 rue Bassano jusqu’en 1903 puis au n°25 de la même rue de 1903 à 1910 ; sans compter le Chalet La Verveine de Vaucresson — bâtisse originale avec ses grands toits et ses pignons de bois vernis — qu’elle possède depuis 1904, qui appartenait préalablement, depuis 1892, à la princesse Catherine Poniatowska.

Amélie Ricotti, en dehors de ses talents chorégraphiques, est en fait passionnée des chevaux de course. Et c’est donc le 26 juin 1897 qu’elle fait l’acquisition, pour 1.700 francs, de son premier cheval « Beata », lors de de la vente de Yearlings organisée dans les haras de Jardy. L’arrivée de « Beata » est aussitôt suivie, dans les mois qui suivent, par « Camille », « Flag », « Maranine », « Xalisco » etc… C’est le début de la constitution de l’écurie de chevaux de courses de Gouvieux d’Amélie Ricotti.
Ses chevaux sont entrainés par W. Lawrence et dirigés par le jockey Georges Stern ; la casaque adoptée pour l’écurie est de couleur turquoise, la toque étant rubis.
Les chevaux d’Amélie Ricotti ne joueront pas dans les tocards, loin s’en faut ! Ainsi dès le 14 juillet 1898 son cheval « Flag », monté par Edward Watkins, l’emporte dans le prix des Remparts à Vincennes, sa propriétaire encaissant 25.000 francs.
En 1902, c’est le jackpot pour la danseuse ! Son cheval « Gratin » remporte coup sur coup, deux courses mémorables : la première aux courses de Nice le 19 janvier 1902 et la seconde le dimanche 8 juin 1902, lors du grand Steeple-Chase qui se déroule une fois par an à Auteuil. Gratin, monté par le jockey James Turner, entraîné par John Count, rapporte à Amélie Ricotti, la bagatelle de 222.050 francs.
Cette année 1902, elle se trouve propulsée au troisième rang de tous les gains des courses en France, avec un total de 247.879 francs, pour 75.000 francs l’année précédente.
A la suite de ces succès foudroyants, Amélie Ricotti lève le pied avec les courses, de 1904 à 1908, avant de relancer son écurie, sur un rythme plus modéré, de 1909 à 1914. Elle réside dorénavant 19 rue de Presbourg et possède toujours son chalet La Verveine ; il semble qu’elle n’ait jamais occupé l’immeuble de rapport qu’elle a fait construire au 12 rue de Franqueville, et qu’elle l’a même peut-être cédé après son achèvement.
Dès la fin du conflit 1914-1918, l’écurie d’Amélie Ricotti repart en 1919 et 1920, pour s’arrêter définitivement en octobre 1923 avec la vente de ses derniers chevaux d’entrainement.

La nièce d’Amélie, Maria dite Marietta Ricotti, sera également engagée à l’Opéra en tant que mime et possédera un hôtel particulier au n°12 rue Euler dans le 8e arrt.
Le 13 août 1922, le journal Paris-Midi annonce que
Mlle Maria Ricotti, l'excellente mime, se repose au Trianon-Palace, à Versailles, en compagnie de sa tante, Mlle Amélia Ricotti, dont l'écurie de courses connut de nombreux succès. Toutes deux passeront le mois de septembre en Italie, dans la province de Parme, qui les a vues naître.
Amélie Ricotti, dont le dernier domicile était au n°214 rue de Rivoli dans le 1er arrt., décède le 25 juin 1938 à la suite d’une longue maladie, à l’hôpital de Suresnes du n°42 rue Desbassayns de Richemond. Son acte de décès est signé par le maire adjoint de Suresnes, Alexandre Joyeux.

► voir ici un autre Portrait d’Amélie Ricotti de l’atelier Nadar
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 1964 - Rue des Moines (XVIIe arrt.)

► voir ici quelques renseignements sur le Marché couvert des Batignolles
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publié par zelig sam. 12 juin 2021 13:33
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Re: Tout Paris

TOUT PARIS - 13 - 543 - Buttes-Chaumont - Les Rochers (XIXe arrt.)
Collection F. Fleury

Le cliché est pris en face du lac, entre les deux piles de rochers reliées par le pont de pierre dit des suicidés.

voir ici, quelques renseignements sur le Lac des Buttes-Chaumont
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publié par zelig ven. 20 mai 2022 16:41
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