Page 1 sur 1

Re: Photographie aérienne par Cerf-Volant

Posté : jeu. 16 sept. 2010 10:37
par Sequatchiee
Superbe série!!!!!! Je ne pensais pas que c'était possible, vu les turbulences qui doivent agiter le cerf-volant!!!!Et comment faiaient-ils pour déclencher ????

Cela demande des explications..... :D
Encore BRAVO

Photographie aérienne par cerf-volant

Posté : jeu. 16 sept. 2010 14:56
par dominique1594
Bonjour,
Ce sujet est destiné à permettre une discussion sur la photographie par cerf-volant, sans interrompre la belle série de cartes de Berckofil Voir : photographie-aerienne-par-cerf-volant.
C'est pour quoi le message de Sequatchiee a été déplacé ici.

Je signale quelques articles fort interessants sur le sujet dans le journal La Nature, sur le site CNAM
Il existe également un site spécialisé sur le sujet : Photo Cerf-Volant interessant aussi, bien que sans mise à jour depuis un certain temps.

Merci de ne pas interrompre les séries de cartes dans la collection par des commentaires, même élogieux.
Vous pouvez remercier l'auteur (Cliquer sur le pouce en haut et à droite du message), et utilisez la rubrique Petits plus pour commentaires.

Re: Photographie aérienne par Cerf-Volant

Posté : dim. 27 janv. 2013 03:22
par tdp7812
Sequatchiee a écrit :Superbe série!!!!!! Je ne pensais pas que c'était possible, vu les turbulences qui doivent agiter le cerf-volant!!!!Et comment faiaient-ils pour déclencher ????

Cela demande des explications..... :D
Encore BRAVO
Bonjour,
Arrivé en 1984 dans le Sud-Ouest, j'ai pas mal "bougé" dans le milieu photographique toulousain.
C'est comme ça que j'ai eu connaissance de Batut, l'inventeur du procédé de photo par cerf volant : En 88, j'ai participé à l'ouverture de son premier Musée à Labruguière dans le Tarn.
J'ai recherché un lien sur le lieu, que j'ai trouvé :
https://www.espacebatut.fr/arthur-batut ... ant_10.htm
Son livre, édité en 1890 est là :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1102849

J'ai vu ce jour là un des cerf volant de Batut, et surtout une autre merveille inoubliable : un daguerréotype plaque entière sans oxydation, fait en extérieur (donc entre 1842 et 1850 environ), et montrant la pose des pavés sur un pont.
Un prêt d'un collectionneur belge pour l'expo inaugurale si ma mémoire est bonne.

Le déclenchement est expliqué (une mêche qui brule + un obturateur à guillotine).
La description du dispositif m'a éclairé sur un point plus intéressant : le nombre de vues par vol : UN (à l'origine du procédé).
Quand j'utilisais des chambres grand format, il existait des chargeurs Singer pour plans films: six vues au maximum et il fallait une certaine force pour activer le mécanisme (ressorts). Il existait de tels mécanismes pour plaques de verre (j'ai un appareil stéréoscopique de ce genre), mais les plaques auraient pesé trop lourd pour un envol de cerf volant.
La pellicule n'existant pas encore, j'avais pensé aussi à une solution avec des négatifs papier comme dans un de mes autres appareils (un folding en bois avec dos Kodak commercialisé par Nadar Fils pour la France). il permettait de produire des négatifs sur rouleaux de papier (image à pelliculer et à transférer l'image sur plaques de verre en laboratoire) - mais un mécanisme mécanique pour le remontoir et l'obturateur aurait pesé un poids certain.

Qu'en était-il à l'époque de la série de cartes postales de Berk ?
Fallait-il un envol par vue ?
La pellicule rouleau était déjà là, mais il aurait fallu dans tous les cas un sacré mécanisme d'horlogerie pour avancer la pellicule, réarmer l'obturateur et temporiser le déclencheur.
Mes recherches sur l'histoire de la photographie s'arrêtant à l'arrivée de la pellicule celluloïde, je laisse le soin à un autre d'élucider ce point :-)

Sinon, pour info, la photo aérienne a été inventée par Nadar (comme la photo au flash d'ailleurs).
Dans les livres d'époque relatant ses premieres prises de vues en ballon, il évoque un problème amusant : toutes ses plaques étaient rentrées voilées au développement.
Les plaques non posées inclus - le problème ne venait donc pas d'un jour dans l'appareil.
Il a mis longtemps à trouver l'explication : Les gaz gonflant les ballons stationnaires venaient à l'époque de l'action de l'acide sulfurique sur de la limaille de fer - l'hydrogène produit contenait de l'hydrogène sulfureux (H2S) qui voilait ses plaques (pour un vol long, il devait utiliser des plaques au collodion sec et Chlorure d'Argent).
Alain

Re: Photographie aérienne par Cerf-Volant

Posté : dim. 27 janv. 2013 04:44
par tdp7812
tdp7812 a écrit :Qu'en était-il à l'époque de la série de cartes postales de Berk ?
Fallait-il un envol par vue ?
La pellicule rouleau était déjà là, mais il aurait fallu dans tous les cas un sacré mécanisme d'horlogerie pour avancer la pellicule, réarmer l'obturateur et temporiser le déclencheur.
Mes recherches sur l'histoire de la photographie s'arrêtant à l'arrivée de la pellicule celluloïde, je laisse le soin à un autre d'élucider ce point :-)
Le sujet m'intéressait, alors j'ai fait des recherches et je vais me répondre à moi même :

Tous les renseignements sont ici, dans la revue du cerf volant de 1912 :
https://cerf.volant.historic.free.fr/pa ... reRCV.html

On y retrouve des articles sur la prise de vue aérienne dès le N°1, mais je conseille surtout la lecture des articles de Meifred Devals car il y parle abondamment des cartes de Berk et du travail d'autres photographes). Dans son premier article, il évoque déjà les services apportées aux cartes postales par ce type de photographie (notre sujet).

En résumé, l'appareil photo est soit fixé à l'appareil, soit au fil.
Le procédé le plus intéressant est de fixer l'appareil à un "postillon" - voile "ascenseur" coulissant le long du fil - qui permet la montée en toute sécurité de l'appareil photo une fois le cerf-volant stabilisé et bloqué en stationnaire.
La lecture de quelques articles m'a appris que l'appareil photo était redescendu pour changer les plaques ou avancer la pellicule et pour réarmer l'obturateur. Le déclenchement par combustion temporisée d'une mèche d'amadou est encore le plus employé.

Meifred Devals signale qu'il arrive, par le postillon, à faire une quinzaine de photos à l'heure mais que le procédé est limité et difficile à mettre en œuvre : du vent, mais pas trop et une belle lumière pour la photographie sont des paramètres qui ne se rencontrent que quelques jours par an.
A notre époque, où on utilise des drones pilotés au mètre près dans les 4 dimensions par GPS, ça laisse songeur :-)

Alain

Re: Photographie aérienne par cerf-volant

Posté : mar. 14 mai 2013 23:10
par Sequatchiee
:D Merci Tdp7812 je vais lire tout cela tranquillement car c'est passionnant !