129 - Paris XVIIe - Café-Concert du Libre-Échange – Avenue de Clichy et rue Brochant
Cadot, Paris
Dénommé «
Café de l’Indépendance », l’établissement formant l’angle du
n°127 Avenue de Clichy et du n°32-34 rue Brochant a été cédé le 23 mai 1885 par Bollard à
Auguste Latrompette.
Né à Louvemont dans la Meuse,
Auguste Latrompette (1843-1909), dont le père est receveur des contributions indirectes, y a épousé, le 28 avril 1867,
Emélie Catherine Thomassine Contesenne (1847-1889) ; à cette date Latrompette est limonadier à Paris, au n°31 rue Pigalle.
Auguste Latrompette est l’initiateur du
Café-concert du Libre-échange qui est inauguré en juillet 1888. (1)
De 1890 à 1892, l’affaire est gérée par Darses, de 1893 à 1896 par Paquotte et Cie, de 1897 à 1901 par Rech fils.
Le 27 février 1901
Georges Tolissac (1869-1938) et
Paul Ruez (1860-1920) créent la société en nom collectif Tolissac et Ruez, Concert du Libre Échange, au capital de 27.000 francs et prennent en main l’établissement jusqu’en 1910.
A partir de 1911 jusqu’en 1917, le concert du Libre Échange devient le
Concert Marjal, exploité par l’artiste chanteur
Jules Marius Soulié dit Marjal (1881-1940), époux de la célèbre artiste de music-hall
Émelie Bouchaud dite Polaire (1874-1939).
De 1918 à 1921, le
Concert Stow succède au concert Marjal. A partir de 1922, l’établissement devient le
Concert Printania ou Concert Charlas, dirigé par
Jean Guillaume Justin Charlas, directeur de théâtre demeurant 3 avenue de Clichy.
En 1932, le Concert Printania ferme définitivement ses portes pour être transformé en salle de cinéma dont l’ouverture a lieu en juin 1933. Celui-ci était toujours en activité en 1960.
Aujourd’hui, un immeuble locatif occupe cet emplacement.

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(1) Devenu veuf en 1889,
Auguste Latrompette est impliqué dans une affaire de vol avec effraction commis le 27 janvier 1893 à l’Hôtel du marquis de Panisse-Passis, 24 avenue Marceau. Huit complices sont appelés avec lui devant la cour d’assises de la Seine le 11 octobre 1893 :
1° Renard (Alfred-Pierre-Joseph), dit Jean Morel, dit Victor Barbier, dit Butet, dit Amédée, dit Deschamps, dit Bellanger, né le 27 avril 1846 à Filain (Haute-Saône), bookmaker, demeurant à Paris.
2° Tajan (Bertrand-Eugène), dit Alleaume, dit Prillard, dit Anatole, né le 30 mars 1840, courtier, demeurant à Paris.
3° Jalby (Paul), dit Gros Paul, dit Paul le cocher, né à Paris, le 14 juillet 1862, cocher, demeurant à Paris.
4° Fraise (Pierre-Claude), né à Lyon, le 24 février 1856, bijoutier, demeurant à Paris-Malakoff.
5° femme Fraise, née Julie Emilie Guyonnet, née le 13 septembre 1862 à Neurg (Nièvre), bijoutière, demeurant avec son mari.
6° Clusel (Charles-Louis), né à Toulouse le 13 janvier 1864, chemisier, demeurant à Paris.
7° Dubreuil (Jean), né le 31 octobre 1859, à Batignolles (Seine), artiste dramatique, demeurant à Paris.
8° Nicolle (Paul-Eugène), né à Paris le 4 décembre 1865, garçon boucher demeurant à Paris.
9° Latrompette (Auguste), dit Ferré, né le 18 mars 1843 à Louvemont (Meuse), se disant commissionnaire en marchandises, demeurant à Paris.
A l’issue de 4 jours de procès, le verdict tombe :
Renard : 20 ans de travaux forcés et 20 ans d’interdiction de séjour ;
Tajan : 10 ans de travaux forcés et la relégation ;
Jalby : 8 ans de réclusion et 10 ans d’interdiction de séjour ;
Clusel : 5 ans de prison et 10 ans d’interdiction ;
Dubreuil : 5 ans de réclusion et la relégation ;
Nicolle : 5 ans de réclusion et 10 ans d’interdiction ;
Latrompette : 6 ans de réclusion et 10 ans d’interdiction ;
Fraise : 2 ans de prison ;
Parise : 2 ans de prison.
Latrompette ayant clamé son innocence durant tout son séjour en prison, sera libéré en 1897 et fera une demande de révision de son procès en 1901.
Le 30 octobre 1901 la cour d’Assises de Seine et Oise acquittera Latrompette et lui allouera 20.000 francs de dommages-intérêts.