Paris - Rue de Lyon

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JeanMarc
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Re: Paris - Rue de Lyon

Paris XIIe - Un Coin de la Rue de Lyon - Le Nouveau Théâtre et la Gare de Lyon
Gondry, édit, Paris

L’origine de ce « Nouveau Théâtre » remonte à 1862. C’est à cette date que Marie-Victoire Fourel et Jacques Père s’associent pour créer un café-restaurant au n°18 rue de Lyon. Précédemment, le 12 novembre 1859, ceux-ci avaient fondé la société en nom collectif « Père et Fourel » pour une durée de 21 ans à compter du 15 octobre 1859, ayant pour objet « l’exploitation d’un café situé 18 boulevard Pigalle à Paris-Montmartre, la vente de cet établissement, la création ou l’achat et la revente d’autres établissements du même genre » ; Jacques Père étant devenu seul signataire de cette société, celle-ci sera dissoute par jugement du tribunal du 3 juin 1863, avec Miquel comme liquidateur.
Née au lieu-dit La Flotte à Satillieu en Ardèche, Marie Victoire Fourel (1837-1901) s’est mariée à Satillieu le 25 janvier 1853 avec Jean-Jacques Maurice Deygas (cultivateur né en 1826 à Satillieu, décédé avant 1858). Devenue veuve, Marie Victoire Fourel s’installe à Lyon 3e arrt., au n°12 rue Mortier, en tant que domestique et, en date du 28 octobre 1858, donne naissance à sa fille (de père inconnu), Benoîte Marie Fourel (1858-1918).

A compter de 1864, Marie-Victoire Fourel reste seule exploitante-propriétaire de son établissement du 18 rue de Lyon, épaulée à partir de l’année suivante par sa mère Élisabeth Tavernier-Fourel (1803-1873) devenue veuve depuis le 12 mars 1865. [Jean-Claude Fourel (1794-1865), le père de Marie-Victoire, était cultivateur à Satillieu ; son frère, Jean-Claude Fourel II (1832-1892), sera buraliste à Courzieu dans le Rhône ; sa nièce, Henriette Fourel-Michaud (1866-1914), sera maîtresse d’hôtel à Bessenay dans le Rhône]
Marie Victoire Fourel restera à la tête de son restaurant, à l’enseigne Café de Paris à Lyon, pendant 26 ans avant de tomber en faillite le 5 novembre 1888 ; la clôture des opérations de liquidation pour insuffisance d’actif sera prononcée le 16 janvier 1889.
L’établissement de la veuve Fourel, dont le bail doit expirer le 6 août 1900 ou 1906 au choix du locataire, avec un loyer annuel de 8.000 francs, est racheté dès novembre 1888 par la Cie centrale des cafés restaurants.

La Cie centrale des cafés restaurants venait d’être fondée par une souscription publique organisée le 27 septembre 1888 chez maître Alexandre Goldschmidt 65 rue de la Victoire, suivie, le 12 octobre 1888, de la création de ladite Cie centrale des cafés restaurants, au capital de 7.500.000 francs, ayant son siège social au 21 boulevard Morland, constituée par l’apport par Philippe Brüll, de 20 baux commerciaux de fonds de commerces de brasserie et cafés parisiens (dont le Café de Paris à Lyon) ; en représentation de l’apport de Brüll il a été attribué 11.843 actions sur les 15.000 actions créées dans la société.
Philippe Brüll (1855-1911), banquier né à Bielitz en Autriche, avait épousé Claire Maria Eisentraut (1866-1924).
Cette société sera déclarée nulle par un arrêté de la Cour d’appel de Paris du 14 avril 1892.
Par suite de ce jugement, la compagnie est contrainte de céder tous ses établissements. Une adjudication en 18 lots est organisée pour le 20 juillet 1892 par maître Fauchey, notaire à Paris, avec une mise à prix de 1.500.000 francs :
1er lot Café de la Porte Montmartre 120.000 frs
2e lot Café Saint-Roch 100.000 frs
3e lot Café du Globe 350.000 frs
4e lot Maison Chevet 50.000 frs
5e lot Café Scossa 120.000 frs
6e lot Café de Suède 60.000 frs
7e lot Café Louis XIV 8.000 frs
8e lot Café des Variétés 60.000 frs
9e lot Brasserie Fontaine 200.000 frs
10e lot Café du Vaudeville 80.000 frs
11e lot Brasserie Française 50.000 frs
12e lot Café de Valois 2.000 frs
13e lot Brasserie Muller 60.000 frs
14e lot Brasserie des Martyrs 80.000 francs

15e lot Café Paris-Lyon 50.000 francs
16e lot Café des Galeries 10.000 frs
17e lot Café des Gobelins 80.000 frs
18e lot Entrepôt de Vins et Magasin de Vente 20.000 frs


N’ayant pas trouvé preneurs, les établissements sont à nouveau proposés à la vente le 5 août 1892, le 24 novembre 1892, le 14 décembre 1892 puis le 26 janvier 1893 avec des prix revus à la baisse ; la valeur du Café de Paris et Lyon passe ainsi de 50.000 francs à 30.000 francs puis à 20.000 francs le 26 janvier 1893.
Arthur Lapierre et Pierre Berger créent une société en nom collectif dénommée A. Lapierre et Berger et rachètent, en 1893, le Café de Paris à Lyon qui, sous leur impulsion et après quelques travaux d’aménagement, devient le Café-Concert de Lyon.
Le 7 avril 1896, Lapierre et Berger sont déclarés en faillite (Juge commissaire Gateclout, syndic Raynaud), la clôture de la liquidation pour insuffisance d’actif étant prononcée le 31 octobre 1896.
Dès le 5 août 1896, le syndic Raynaud met l’affaire en adjudication par l’intermédiaire de maître Breuillaud, notaire à Paris, avec une mise à prix fixée à 10.000 francs, pouvant être baissée.
Le café-concert devient la propriété des sieurs Vuez et Martin, puis, en octobre 1897, du comédien Georges Belval qui le cède, dès le 16 décembre 1898, à Jean Hippolyte Forêt et son épouse.
Jean Hippolyte Forêt (1844-1901) né à Morville-sur-Nied en Moselle, ex cafetier et expert en tableaux, avait épousé le 18 mai 1872 à Paris dans le 10e arrt., Blanche Marie Adèle Guimier (1853-1902), une fleuriste parisienne ; en 1887, Forêt avait fait l’acquisition de la Boule Noire du 120-124 boulevard Rochechouart, qui, après transformations, était devenu le Café-Concert La Cigale voir ► ICI ; en août 1892, Forêt avait cédé la Cigale pour 220.000 francs à Léon Samuel Nunès (1855-1911) publiciste, et à Armand-Léon Flateau (1844-1906).
C’est avec une partie de cette somme colossale pour l’époque, que Forêt acquiert le Café-Concert de Lyon qui, après travaux, devient le Café-concert de la Sirène et la Taverne de la Sirène.
Peu de temps après, Jean Forêt décède le 25 février 1901. Sa veuve Blanche Guimier-Forêt continuera l’affaire avec Bernard Capdepont son régisseur, mais ne lui survivra pas longtemps, se suicidant d’une balle dans la poitrine le 17 mars 1902. Le Café-Concert La Sirène sera mis en vente le 22 avril 1903, au prix proposé de 18.000 francs par devant maître Hussenot-Desenonges.
Le Café-Concert de la Sirène est acheté par Albert Cerisier qui est déclaré en faillite le 18 août 1903. Le 28 août 1903, Edmond Feuillet avise le public qu’il ouvrira en septembre 1903 un nouveau et important théâtre pour lequel il a choisi le nom d’Athénée Parisien où il donnera la comédie, le drame, l’opéra-comique et l’opérette…
L’Athénée Parisien subsiste jusqu’en 1904. De 1905 à 1907, l’établissement semble être fermé, ouvrant ses portes en 1908 sous le nom de Nouveau Théâtre (et Café du Nouveau Théâtre), Charlot en étant le directeur jusqu’en 1911. De 1912 à 1919, Buisson prend la direction dudit théâtre qui, à partir de 1919 devient une salle de cinéma, attestée jusqu’après 1932.

Depuis, l’immeuble du n°18 rue de Lyon a été rasé et remplacé par un immeuble d’habitation, dont le rez-de-chaussée est occupé par un magasin à l’enseigne de Roche Bobois (n°10 rue de Lyon).

Voir ICI ► Vue actuelle de cet emplacement
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