Tout-Paris – 840 - Rue des Maronites - Sortie des Écoles (XXe arrt.)
Collection F. Fleury
Version colorisée
En raison du manque crucial d’établissements scolaires dans le quartier du 20e arrondissement, mais pas que, le conseil municipal vote, le 3 août 1880, l’acquisition de deux immeubles situés, l’un au
n°42-44 rue des Maronites et l’autre, à l’arrière, donnant au
n°31-33 rue Étienne-Dolet, en vue d’y installer un asile et une École de Filles.
Un mémoire est soumis au Préfet de la Seine le 14 novembre 1884, incluant le programme des constructions à élever pour une
École Maternelle rue des Maronites et une
École de Filles rue Étienne-Dolet incluant les plans réalisés par l’architecte
Ludovic Dionis du Séjour (1840-1902).
Une fois l’acquisition réalisée et le projet déposé, la construction effective va se faire attendre, en dépit des incessantes relances du conseiller Edmé-Charles Chabert qui s’était saisi du dossier dès le 27 mars 1886 :
« Il faudrait construire de suite une école rue des Maronites, près de Julien-La-Croix, sur un terrain acquis par la Ville depuis longtemps, et voir, du côté de cet arrondissement se rapprochant de Charonne, quelles sont les offres les plus avantageuses qui sont faites pour décharger encore les écoles trop surchargées de ce côté. »
Il est même question d’abandonner le projet de construction lorsque le 22 juillet 1887, la société « La France » dépose une demande en vue de louer le terrain de la rue des Maronites pour son usage personnel.
Cette demande n’est fort heureusement pas suivie d’effet, et, le 27 octobre 1888, Chabert dépose une nouvelle requête dont les conclusions sont adoptées le lendemain :
« Messieurs, l'Administration nous soumet le programme des constructions d'une école de filles et d'une école maternelle, 42 rue des Maronites. Je vous demande, Messieurs, d'accepter d'une manière ferme le programme de ces constructions, de telle sorte que les travaux puissent commencer aussitôt que nous aurons la disposition des fonds d'emprunt. Il y a urgence, les expectants sont nombreux. »
Le 18 avril 1890, le conseil délibère et vote la construction de ces écoles, dans la limite d'une dépense de 350.000 francs.
L’adjudication des travaux a lieu le 10 janvier 1891. Sont déclarés adjudicataires :
1er lot. — Terrasse et maçonnerie : évaluation, 179.888 francs - M. Pinot, 3 rue d'Aubigné — Rabais, 28,90%.
2e lot. — Charpente : évaluation, 35.069 francs — M. Collet, 24 rue Labrouste — Rabais, 38,40%.
3e lot. — Couverture et plomberie : évaluation, 22.036 francs — L'Eclairage moderne, 99 rue du Faubourg-du-Temple — Rabais, 40,10%.
4e lot — Menuiserie : évaluation, 32.812 francs — L'Association générale de l'ébénisterie parisienne, 17 bis cité Bertrand — Rabais, 33,90%.
5e lot. — Parquetage : évaluation, 18.063 francs — M. Chaulin, 260 rue du Faubourg-Saint-Martin — Rabais, 29,40%.
6e lot. — Serrurerie : évaluation, 67.043 francs — M. Geoffroy, 90 rue Saint-Martin — Rabais, 31,60%.
7e lot. — Peinture, vitrerie et tenture : évaluation, 16.869 francs. — M. Combrouze, 11 boulevard de Strasbourg — Rabais, 50,30%.
Des travaux complémentaires de substructions sont votés le 26 juin 1892 pour une dépense totale de 47.352 francs.
En définitive, la construction de ces écoles aura coûté 352.970,44 francs (chiffre arrêté au 13 mars 1896).
L’ouverture de ces écoles est effective lors de la rentrée scolaire d’octobre 1893.
La direction de l’École maternelle des Maronites est confiée à Mlle Cournelle à qui succédera Philippine Séguin (née Boudot) en 1902 ; l’École des Filles Étienne-Dolet est dirigée par Louise Armandine Charlot de Courcy, née Dubois (née à Belleville, rue Pradier le 23 août 1841, mariée le 26 avril 1864 avec Olivier-Adolphe Charlot de Courcy [1839-1899]) qui tiendra la direction de cette école jusqu’à sa retraite en 1903, remplacée à cette date par Mlle Coudert.
Aujourd’hui l’École des filles de la rue Étienne Dolet est toujours en activité ; la maternelle des Maronites est, quant à elle, désaffectée, occupée par des services de l’administration parisienne.
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