voir ICI ► Cartoliste Cadot Paris
Un seul et unique indice nous est parvenu pour trouver qui pouvait bien se cacher sous le laconique nom de « Cadot, Paris » indiqué en bas des nombreuses cartes postales, de belle facture, publiées par cet éditeur, dont les clichés sont situés essentiellement dans les XVIIe et XVIIIe arrondissements de Paris. Cet indice, c’est celui figurant dans le fameux Répertoire Carré des Cartes postales, tome I de 1989, où il est indiqué en tête de la liste des 78 cartes Cadot y répertoriées, la mention : CADOT - Vve et Cie - Vins - Restaurant - 44, Rue des Moines - Paris (17e)
Grâce à cet indice, nous avons donc recherché, dans les différents annuaires et journaux, autour des années 1890 à 1910, qui était cette veuve Cadot. Nous avons ainsi découvert que Jean-Baptiste Philis et son épouse Jeanne Alexandrine Passemard (mariés à Frugières-le-Pin le 5 décembre 1888), installés en tant que marchands de vin depuis 1891 au n°44 rue des Moines, ont cédé ledit commerce le 22 décembre 1898 à la société en commandite Veuve Cadot et Cie, vins restaurant 44 rue des Moines, formée à cet effet le 23 décembre 1898, dont la durée est fixée à 9 ans, au capital de 8.000 francs dont 2.000 francs en commandite.
Le n°44 rue des Moines est situé à côté du Bazar
N’ayant trouvé aucune trace d’un quelconque veuvage de « Cadot » dans le 17e arrt., nous avons donc filé la recherche dans les annuaires pour trouver si un marchand de vins du nom de Cadot, aurait exercé cette profession auparavant à Paris. Nous avons ainsi détecté qu’en 1897, une affaire de marchand de vins située au n°1 rue du Château d’Eau dans le 10e arrt., était tenue par François Auguste Cadot, né le 21 mai 1838 à Crépy en-Valois, décédé rue du Château d’Eau le 21 novembre 1897. Nous tenions donc la « bonne veuve » Cadot, mais toujours pas l’éditeur de cartes postales…
François Auguste Cadot, cuisinier puis cafetier, s’est marié en premières noces le 10 janvier 1866 dans le 9e arrt., avec Marie Victorine Florine Bliez (1840-1884), cuisinière, dont il a eu 4 enfants, trois filles et un seul garçon, Léon Auguste Cadot, né le 17 mai 1870 au n°6 rue de Provence dans le 9e arrt. Devenu veuf, François Auguste Cadot a épousé en secondes noces, le 6 mai 1886 dans le 9e arrt., Caroline Marie Jourdan, la future veuve de la société en commandite du n°44 rue des Moines.
Caroline Marie Jourdan, née à Paris le 25 septembre 1840, avait épousé en 1ères noces, le 28 juin 1862, Eugène Louis Janois (1837-1884), marchand de vins, décédé au n°6 rue de Provence dans le 9e.
C’est donc au n°44 rue des Moines qu’après le décès de son mari François Auguste Cadot, Caroline Marie Jourdan, veuve Cadot, choisit de s’installer à partir du 22 décembre 1898, et que son beau-fils Léon Auguste Cadot, va devenir éditeur de cartes postales illustrées à partir de 1904. Il semble que les cartes postales signées « C.A.D Paris » soient également l’œuvre de Léon Auguste Cadot, étant donné la similitude de certains clichés.
Léon Auguste Cadot n’exercera pas très longtemps puisque le 26 octobre 1906, sa faillite est prononcée, avec pour juge commissaire Brunet, et Benoist comme syndic de liquidation ; à cette date, Cadot dit demeurer au 30 rue Lemercier afin de ne pas mêler sa belle-mère, la veuve Cadot, à sa déconfiture. La clôture de la liquidation de Léon Auguste Cadot pour insuffisance d’actif est actée le 31 décembre 1906.
Depuis, Léon auguste Cadot n’a plus donné aucun signe de vie, hormis deux petites annonces passées les 10 septembre 1916 et 1er juin 1917 dans le journal Ouest-Éclair, où celui-ci propose à la vente un « Petit Bateau mixte à voile et à moteur-marin 4 HP, hélice réversible, avec youyou et accessoires, état neuf, au prix de 2.500 francs » (s’adresser pour visiter à Hôtel Helliot, Loguivy.Paimpol et pour traiter à Cadot 32 rue Lemercier, Paris)
Le 26 juin 1909, Caroline Marie Jourdan, veuve Cadot, a cédé son fonds de vins restaurant à Vasseux ; elle est décédée le 17 août 1915, au n°11 rue des Moines.

