Paris - Cabaret des Quatr'-Z'Arts

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ombellule
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Paris - Cabaret des Quatr'-Z'Arts

Série de cartes postales anciennes du Cabaret des Quatr'-Z'Arts à Paris.


3. — Cabaret artistique des 4-z'Arts

J.H.

Ce Cabaret (généralement écrit Cabaret des Quatr'-Z'Arts) aurait déjà existé en 1895. C'est là que se produisirent les chansonniers Jehan Rictus et Lucien Boyer. C'est également dans ce lieu qu'avaient lieu les réunions pour organiser la Vachalcade (qui était en riposte au défilé du Bœuf gras)...
Il existe au moins trois autres cartes de la vue extérieure de ce cabaret et deux vues intérieures (assez rares). Il y en a une représentée sur un autre post : cartes2013/1359112747-F.F-2056-Paris-Le ... -arrt-.jpg

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Ombellule / Danielle
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Re: Paris - Cabaret des Quatr'-Z'Arts

1790 PARIS-MONTMARTRE. — Le Cabaret des "Quat'-Z-Arts". — Avenue de Clichy

L.L. LEVY Fils et Cie. (dos vert)

Il s'agit du boulevard de Clichy et non de l'avenue de Clichy (erreur de légende).

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JeanMarc
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Re: Paris - Cabaret des Quatr'-Z'Arts

2056 - Paris - Le Cabaret des Quat-z-arts (Boulevard de Clichy)
F.F. Paris

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publié par Michel ven. 25 janv. 2013 12:19
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Re: Paris - Cabaret des Quatr'-Z'Arts

TOUT PARIS - 165 bis - Boulevard Clichy au Cabaret des Quat' z' Arts (IXe arrt.)

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Publié par zelig sam. 13 août 2022 12:09
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Re: Paris - Cabaret des Quatr'-Z'Arts

1299 - Paris XVIIIe - Boulevard de Clichy - ND Phot.
Cabaret des Quat'z-Arts

A l’origine, le n°62 boulevard de Clichy était affermé à Auguste Thorre (1807-1876), marchand de vins, déclaré en faillite le 29 novembre 1862 (Massez, juge commissaire et Begis, syndic). Les locaux sont repris par un grossiste en vins, la société Pierre-Marie Gonnard et Pottin fils qui étaient précédemment installés, de 1859 à 1863, au n°12 quai d’Anjou.
Le 19 juillet 1865, maître Charlot, notaire rue St-Denis à Paris, est chargé d’adjuger le fonds de commerce de Gonnard et Potin (qui seront déclarés en faillite le 29 septembre 1865), sur une mise à prix fixée à 2.500 francs.
L’emplacement du 62 boulevard de Clichy est repris par Jean-Alexandre Lemaître (1819-1893), originaire de Bourges, maître de lavoir installé auparavant en 1857-1858, au n°29 rue Phélipeaux (voir disparue en 1858 avec la création de la rue Réaumur), qui y aménage le Lavoir-Saint-Pierre.
En 1880, Lemaître cesse son activité et cède son pas de porte à Gauthier qui s’y installe en tant que marchand de vins.

En 1881, le propriétaire du n°62 boulevard de Clichy, un certain Héraud demeurant 2 rue Grignan à Marseille, dépose un permis de construire un bâtiment de rapport, en dates des 16 juillet 1881, 5 novembre 1881 et 28 janvier 1882, sur les plans de l’architecte Georges Honoré Darcy (1849-1919), dont le rez-de-chaussée gauche sera réservé pour un commerce.
Agostina Segatori (1841-1910), italienne d’Ancône, qui a posé en tant que modèle pour plusieurs peintres, notamment pour Édouard Dantan (1848-1897) son amant jusqu’en 1875, prend à bail les locaux flambant neuf du n°62 boulevard de Clichy en mars 1885 et leur attribue l’enseigne « Au Tambourin », nom qu’elle avait donné à son premier établissement ouvert au n°27 rue de Richelieu en 1882.
Le Journal La France du 27 août 1885 nous donne une belle description du Tambourin de la Segatori :
Le Tambourin est un nouveau café original qui est situé à l’angle du boulevard de Clichy et de la rue Coustou.
Tenu par une Romaine, il a un cachet italien qui ne manque pas de charme. Le tour des tables est garni de disques métalliques que les clients font sonner. La patronne a des tambourins pour pendants d’oreilles et pour broche. Le dressoir lui-même affecte la forme de l’instrument national cher aux belles filles de la campagne romaine.
Dès l’entrée, on a les yeux crevés par un portrait qui s’étale sur tous les murs, celui de la Segatori, la patronne, peinte à tous les âges, et par tous les peintres, soit sur des toiles ordinaires, soit sur des tambourins. Un des portraits est encadré par les couleurs d’Italie.
Le Tambourin sert de lei de rendez-vous aux nombreux artistes, romanciers, dramaturges, journalistes qui pullulent autour de la place Blanche.

Portrait d'Agostina Segatori « Au Tambourin », 62 boulevard de Clichy (huile sur toie 1887 Musée Van Gogh Amsterdam)
Portrait d'Agostina Segatori Au Tambourin, 62 boulevard de Clichy (huile sur toie 1887 Musée Van Gogh Amsterdam).jpg
Portrait d'Agostina Segatori Au Tambourin, 62 boulevard de Clichy (huile sur toie 1887 Musée Van Gogh Amsterdam).jpg (164.54 Kio) Vu 98 fois

Une relation sulfureuse et tendue a eu lieu en 1886-1887 entre « la Segatori » et Vincent Van Gogh (1853-1890).
Vincent Van Gogh qui avait décoré une partie de l’établissement du Tambourin, y avait exposé quelques toiles en même temps qu’Émile Bernard (1868-1941), Louis Anquetin (1861-1932) et Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), d’où les litiges relatés dans les lettres n°461 et 462 que Vincent a adressées pendant l’été 1887, à son frère Théo Van Gogh qui était à cette époque en vacances en Hollande :
J’ai été hier au Tambourin, puisque si je n’y allais pas, on aurait pensé que je n’osais pas.
Alors j’ai dit à
la Segatori, que dans cette affaire, je ne la jugerai pas, mais que c’était à elle de se juger elle-même.
Que j’avais déchiré le reçu de ses tableaux, mais qu’elle devait tout rendre.
Que si elle n’était pas pour quelque chose dans ce qui m’est arrivé, elle aurait été me voir le lendemain.
Que puisqu’elle n’est pas venue me voir, je considérais qu’elle savait qu’on me chercherait querelle, mais qu’elle a cherché à m’avertir en me disant « Allez vous-en », ce que je n’ai pas compris, et d’ailleurs n’aurais peut-être pas voulu comprendre.
Ce à quoi elle a répondu que les tableaux et tout le reste étaient à ma disposition.
Elle a maintenu que moi j’avais cherché querelle – ce qui ne m’étonne pas – sachant que si elle prenait parti pour moi, on lui ferait des atrocités.
Maintenant je n’ai pas voulu prendre les tableaux tout de suite, mais j’ai dit que quand tu serais de retour, on en causerait puisque ces tableaux t’appartenaient autant qu’à moi.

(Lettre 461 Vincent à Théo été 1887)
… Tu peux être sûr d’une chose c’est que je ne chercherai plus à travailler pour le Tambourin – je crois que cela se passera dans d’autres mains, et certes je ne m’y oppose pas.
Pour ce qui est de
la Segatori, cela est une toute autre affaire, j’ai encore de l’affection pour elle, et j’espère qu’elle en a encore pour moi aussi.
Mais maintenant qu’elle est mal prise, elle n’est ni libre ni maîtresse chez elle, surtout elle est souffrante et malade.
Quoique je ne dirais pas cela en public, j’ai pour moi la conviction qu’elle s’est fait avorter (à moins qu’elle ait eu une fausse grossesse) – quoi qu’il en soit, je ne la blâmerais pas. Dans deux mois elle sera remise j’espère, et alors elle sera peut-être reconnaissante de ce que je ne l’ai pas gênée.
Remarque que si en bonne santé et de sang-froid, elle refuserait de me rendre ce qui est à moi, ou me ferait du tort quelconque je ne la ménagerais pas – mais cela ne sera pas nécessaire.
Mais je la connais assez bien pour avoir confiance en elle. Et remarque que si elle réussit à maintenir son établissement, au point de vue des affaires je ne lui donnerais pas tort de préférer être la mangeuse et non la mangée.

(Lettre 462 Vincent à Théo été 1887)

La Segatori qui ne peut gérer seul le Tambourin, afferme son affaire en gérance libre à qui en veut bien : ainsi, à compter du 20 janvier 1886, Poirson signe un contrat de gérance libre avec Agostina Segatori ; le 2 novembre 1887, alors qu’un début d’incendie se déclare au 62 boulevard de Clichy, on apprend que Mme Marière y est limonadière.
Le 23 décembre 1887, Agostina Segatori passe dans Le Petit Journal une annonce ainsi libellée : on demande associé pour exploiter café-concert en pleine activité. S’adresser au Tambourin, 62 boulevard de Clichy.
En 1889 le Tambourin finit pas fermer ses portes pour rouvrir en juin 1892 sous le nom de « Cabaret de la Butte », avec pour directeur Gustave-Émile Baume.
Né à Paris VIe le 2 mai 1851, Gustave-Émile Baume a épousé le 20 août 1874, Clémentine Morizot (1846-1933), avant de créer une première société « Baume et Cie » le 29 mai 1877 au n°26 rue Liber dans le XIIe arrt., ayant pour objet le commerce de bois, de charbons de terre et de charbons de bois. C’est le 7 juillet 1892 qu’il fonde la seconde société commandite simple « E. Baume et et Cie » au capital de 8.000 francs ayant pour objet l’exploitation de l’établissement le « Cabaret de la Butte » ; Baume apporte à la société les matériel, agencements, clientèle et achalandage ainsi que le droit au bail, le tout évalué à 4.000 francs ; le commanditaire apporte une somme de 4.000 francs en espèces.
Prévue pour durer 20 ans à compter du 1er juillet 1892, la société de Gustave Baume durera à peine 5 mois : le 24 novembre 1892, on procède à la vente par autorité de justice de « l’installation de café, tables, chaises etc.. » du 62 boulevard de Clichy ; La faillite de Baume et Cie est prononcée le 11 janvier 1893 et la clôture des opérations de liquidation pour insuffisance d’actif est actée le 28 février 1893.
Le Cabaret de la Butte est racheté en liquidation en 1894 par un certain Henriquet qui baptise l’établissement du nom de Cabaret des Quat’z-arts.
Le 8 février 1896, Henriquet cède l’affaire à François Trombert qui est, au vu des annonces des journaux, déjà le dirigeant de fait des Quat’z’Arts depuis mars 1894 (journal La Cocarde 11 mars 1894 qui annonce la revue « Tout pour les 4 Z’arts » d’Eugène Lemercier, jouée par Edmond Teulet, Guirand de Scévola et Yon-Lug)
Trombert avait fondé, le 30 janvier 1891, la société « Bourgeat, Trombert et Cie », agence musicale et dramatique, domiciliée au n°92 rue de Richelieu au capital de 32.000 francs, transférée aussitôt au n°7 bis rue Geoffroy-Marie dans le 9e à côté des Folies Bergère.
François Trombert est le pseudonyme de François Jacquet qui serait originaire de Savoie ; d’autres sources affirment qu’il est de Lyon et qu’il décèdera en 1910, mais, pour notre part, nous pensons qu’il est bien lié à la Savoie car, le 26 avril 1891, Trombert et son associé Bourgeat organisent avec le Comité du centenaire de la réunion de la Savoie à la France, un concert au Trocadéro devant avoir lieu le 24 mai 1891, dont le bénéfice est destiné à notamment ériger un monument commémoratif à Chambéry, concert auquel participera également la musique de la Garde Républicaine.
Ici encore, on peut donner la description succincte qu’en fait le journal La Petite République le 17 mars 1894 :
Cabaret artistique des Quat’-z’-Arts 62 boulevard de Clichy, directeur, M. Trombert – Des salles fort coquettement décorées par de jolis tableaux signés de Faverot, Abel Truchet, Pierre Bonnard, Dupeyrou, Guirand, Malfroy ; des bustes et statues de Berthoud, Baillif et des vitraux d’Abel Truchet.
La salle de concert est tapissée de toiles de Grün, Vincent, Léon Hubert, Méret, E. Cron et Raccault.


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publié par ombellule mer. 29 févr. 2012 09:52 ► ICI

En octobre 1908, Trombert laisse la direction du café-concert au chansonnier Martial Boyer (1872-1941) qui est remplacé, à partir du 28 septembre 1909 par Gabriel Montoya (1868-1914) et Vincent Hyspa (1865-1938).

Contrairement à ce qui est affirmé dans tous les articles, sans exception, ayant trait au Cabaret des Quat’z-Arts, l’établissement ne ferme pas définitivement ses portes en 1914, mais, bien au contraire, continue imperturbablement son activité durant toute la durée du conflit 1914-1918, à raison d’une trentaine d’ouvertures par an.
Après-guerre, le cabaret est toujours actif, et, à compter de septembre 1922, Charles de Lagrille et Georges Schmidt en reprennent la direction, avec une nouvelle revue de Raymond Genty et Jean Deyrmon : Maman, les P’tits Bateaux…
Dès l’année suivante, Georges Schmidt, écrivain et journaliste, abandonne le navire et devient secrétaire général du Théâtre Antoine.

Charles de Lagrille (1888-1940), originaire d’Orléans, homme de lettres demeurant au n°62 boulevard de Clichy, dans le même immeuble que le Cabaret des Quat’z-Arts, s’est marié le 5 décembre 1919 à Paris 18e, avec Nina Florentine Pauline Régnier (1894-1979) ; depuis novembre 1918, il est secrétaire général de l’Athénée dirigé par Lucien Rozenberg.
Les revues se succèdent : Au bout des lèvres (1923) ; En souriant (1923) ; Pourquoa ? (1923).
Le 20 mai 1924 est attestée une dernière ouverture du Cabaret des Quat’z-Arts que Charles de Lagrille abandonne pour se consacrer à la reprise, en octobre 1924, du cabaret montmartrois La Chaumière, 36 boulevard de Clichy, associé à Max Viterbo (1882-1952).
Le 13 février 1925, J. Bastia est pressenti pour reprendre la direction des Quat’z-Arts, mais aucune suite n’est donnée à ce projet.
La faillite de Charles de Lagrille, entrepreneur de spectacles sous le nom de Cabaret des Quat’z-Arts, est prononcée le 17 juillet 1925 (juge commissaire Mabire, syndic Lemonnier).
Demeurant toujours au n°62 boulevard de Clichy, Charles de Lagrille divorcera le 13 décembre 1927 pour épouser en secondes noces, le 22 mai 1928, Henriette Germaine Ida Jean (1892-1951).
Charles de Lagrille fera encore parler de lui, lorsque le 8 février 1931, il sera mis à la disposition de la justice, soupçonné d’avoir détourné 20 millions de francs, en tant qu’administrateur de la Banque de Guyenne et de Rouergue ; pour ces faits il sera, le 24 janvier 1934, condamné à 8 mois de prison et 3.000 francs d’amende.
Trois ans plus tard, les affaires reprennent pour Charles de Lagrille qui se voit confier le secrétariat général de l’Empire dirigé par Max Viterbo…

Aujourd’hui, l’emplacement de l’ancien cabaret des Quat’-z-Arts est occupé par un Club de Boxe à l’enseigne Vpunch Gym.

Voir ICI ► Vue actuelle de cet emplacement
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