Kiosques à Musique

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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mar. 26 mai 2015 13:18

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Kiosques à musique de A à E
Kiosques à musique de F à L
Kiosques classés par Départements
Kiosques à Musique — Petits Plus

CAMBO-LES-BAINS - Hôtel d'Angleterre et Kiosque
(PYRÉNÉES-ATLANTIQUES)
Cambo, ville d'eau depuis des lustres, se développe notablement en 1875-1876, lorsque la commune prend en main la reconstruction de l'Etablissement Thermal, travaux poursuivis, en 1883, par le fermier, la Société Teillery et Cie. Mais ce n'est qu'après le passage du professeur Joseph Grancher, venu pour s'y soigner en 1892 d'une affection pulmonaire, que la station va connaître une renommée et un honorable développement. (1)
Le 3 février 1897, un décret attribue le nom de Cambo-les-Bains à la commune de Cambo.
En 1899 le docteur Juanchuto, responsable de l'Etablissement Thermal de Cambo, et l'épouse de Grancher, Rosa Abreu (1844-1926) offrent à la ville, des terrains sis Place des Concerts-Route des Thermes, sur lesquels sera installé un square. L'Hôtel d'Angleterre, situé sur cette même route des Thermes, appartient à un certain A. Saint-Martin, qui y possède également un Châlet auquel il a attribué son nom ; en 1888, cet hôtel, ouvert toute l'année, propose des chambres à 8 francs par jour en hiver et 10 francs en été. L'hôtel est exposé sur une terrasse dominant les Thermes.
Joseph Grancher, élu maire en 1900, va s'occuper des écoles publiques, de l'électrification, de l'installation du téléphone, de l'abattoir, du square.
En 1903, un Kiosque hexagonal, acquis à Saint-Jean-de-Luz par Rosa Grancher, est installé sur les terrains, Place des Concerts, transformés en Square. Il est inauguré le 10 mai 1903.
Un autre arrivant va provoquer un nouvel essor de la station : le 15 novembre 1900, Edmond Rostand (1868-1918), patient de Grancher, qui lui a conseillé de venir s'y installer, vient passer six mois à Cambo-les-Bains, pour y soigner sa pneumonie. Rostand va y résider définitivement à partir de 1903, tout d'abord dans la villa Echegorria, puis dans la superbe Villa Armaga (2), qu'il a fait construire en 1906.
A l'occasion de son installation, la musique de Cambo-les-Bains a été offrir une aubade au poète.
Au décès de Joseph Grancher en 1907, son nom est donné au Square du Kiosque des Concerts.
Puis, le compositeur Isaac Albeniz (1860-1909) étant venu s'installer à Cambo-les-Bains, va également y décéder, et, "Grancher oublié", on va baptiser l'emplacement de notre Kiosque, Square Albeniz.
Kiosque toujours en place.


voir ici le Kiosque du Square Albeniz de Cambo-les-Bains, aujourd'hui.
et Ici.

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publié par JeanMarc Mar 26 Mai 2015 12:47

Hôtel d'Angleterre, témoignage de touriste en 1896.
— Nous allons prendre le train de 9 h 22 qui doit nous laisser à Cambo ; nous voulons juger cet endroit où nous avons failli séjourner avec tous nos enfants. L'hôtel d'Angleterre, tenu par Mr Saint Martin, est isolé entre Cambo-ville et Cambo-les-Bains. C'est une jolie position sur la hauteur, beaucoup d'air, terrasse agréable. Si jamais nous revenons dans la vallée, il faut déjeuner à Cambo, à l'hôtel d'Angleterre où l'on mange très bien.

Cambo - Hôtel d'Angleterre et Chalet Saint-Martin
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Les Chalands de la Nive en mai 1909.
Le 1er avril de cette année, le roi d'Angleterre (Edouard VII) a descendu en chaland les Rapides de la Nive. Il y a 18 mois, le roi d'Espagne faisait cette même promenade qui laisse d'inoubliables souvenirs.
C'est une promenade facile et sans danger, trop peu connue dans la région. On trouve des barques à Cambo-les-Bains, soit à l'hôtel d'Angleterre, soit à l'hôtel Colbert. La promenade sur l'eau dure 1 h. 1/2 ; prix d'un chaland pour six personnes, 40 francs. (M. Roland-Gosselin, délégué du Touring Club, à Cambo-les-Bains)
Trois ans avant, en septembre 1906, on pouvait, en s'adressant à l'hôtel Colbert, se procurer des barques au prix de 25 francs l'une !

(voir ici, Barques louées sur la Nive)

L'eau minérale ferrugineuse de Cambo, vaccin annuel contre toutes maladies...
Une tradition ancestrale et légendaire de la région veut qu'à la veille de la Saint-Jean, soit le 23 juin, des rites païens se déroulent :
A Cambo, par exemple, la veille de la Saint-Jean, les paysans basques arrivent à minuit de tous les points de la contrée. Ils commencent par danser ; après les danses, ils courent aux deux fontaines, en interdisent l'accès aux paisibles buveurs, et, malades ou non, tous tant qu'ils sont, ils boivent à l'une ou à l'autre, à toutes deux même. Cela fait, et s'il a pu se baigner dans la mer, à Biarritz, le dimanche qui suit l'Assomption, le Basque repose avec confiance tout le reste de l'année; il est à l'épreuve de toutes les maladies.
Cette tradition rapportée de 1857, est confirmée en 1896 par la très sérieuse Revue de l'Art Chrétien :
D'après une antique tradition, tout individu qui boit de l'eau de Cambo, la veille de la Saint-Jean, est préservé de maladie pendant une année entière. Cette idée superstitieuse s'est maintenue jusqu'à nos jours et l'on voit encore la veille de la grande fête, hommes, femmes et enfants, venir en grand nombre bivouaquer autour de l'établissement en dansant et en chantant. Dès que minuit sonne, tous se précipitent vers les sources et peuvent, moyennant la modique somme de cinq centimes, boire autant d'eau que leur estomac est capable d'en supporter.

CAMBO-LES-BAINS - Le Kiosque de musique
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publié par JeanMarc Lun 25 Mai 2015 09:26

(1) Joseph Grancher (1843-1907).
En 1875, il est nommé professeur à la Faculté de médecine à Paris. En 1878, la veuve d'un riche cubain venue à Paris, avec ses trois filles, pour se soigner, fait la connaissance de Grancher. Celui va épouser l'aînée des trois filles, Rosa Contreras Abreu, le 9 novembre 1879 à Séville.
Auteur de divers travaux et publications sur la tuberculose, il va collaborer avec Pasteur en 1885 lors des fameuses piqûres contre la rage, prodiguées à Joseph Meister, et connaître la renommée médicale.
La fortune de son épouse lui permet de mener grand train à Paris où il fait construire en 1890 un hôtel particulier, rue Baujon, dans lequel le Tout Paris défile.
Venu à Cambo en 1892 pour se soigner, il y acquiert avec sa femme, en 1896, le domaine de M. O'Shea, sur lequel il fait édifier la villa Rosaénia. Elu au conseil municipal de Cambo en 1896, il en devient Maire de 1900 à 1905. Il décède le 13 juillet 1907 d'une pneumonie infectieuse.

Portrait de Joseph Grancher et Rosa Breu son épouse — Villa Rosaénia de Joseph et Rosa Grancher
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(2) La Villa Armaga a été construite par l'architecte Joseph-Albert Tournaire (1862-1958). Edmond Rostand y décède en 1918, et la villa est vendue aux enchères en 1920. L'acquéreur est M. de Souza-Costa, par ailleurs propriétaire de l'Etablissement Thermal reconstruit.
En 1960, la municipalité de Cambo-les-Bains rachète le domaine pour le tansformer en Musée consacré à Edmond Rostand.
(voir ici, Villa Armaga d'Edmond Rostand)

L'Harmonie de Cambo, 3 mai 1908.
— Dans la journée excursion à Cambo, où le Docteur Lalesque s'est fait l'interprète de tous, pour remercier M. Juanchato et la population de Cambo. Il a insisté sur la couleur locale de cette visite, faisant allusion à des chants alternant avec la musique, le tout exécuté par l'Harmonie de Cambo. Un fandango notamment, composé de vieux airs basques, avait ravi l'auditoire. (Congrès de médecins du 3 mai 1908)

Fandangos à Cambo, mai 1930
(...) Le Docteur Dotézac résume en quelques mots la valeur des eaux sulfurées de Cambo-les-Thermes. Ensuite, la caravane se dirige vers la villa Assanlza où un menu délicat est servi sur une immense table en plein air. Le docteur Colbert, maire de Cambo, préside. Pendant le dîner, la musique de Cambo nous ravit par son répertoire de classique et de folklore. Pour la première fois du voyage, nous assistons à des danses basques (fandangos) enlevées avec un brio, une sveltesse et une grâce remarquables par une jeune fille et un jeune garçon du pays. Toasts enthousiastes et bravos. Quelle belle nuitée ! (Congrès de médecins, faisant une tournée dans les Pyrénées)

Congrès de la Fédération des Vétérans des Basses Pyrénées, à Cambo.
Le camarade Colbert, vétéran de 1870-1871, membre actif de la fédération, possède l'Hôtel de Paris à Cambo. Le 22 octobre 1899, il a déjà organisé un gros banquet en son hôtel : la plus franche gaité et cordialité n'ont cessé de régner pendant le banquet copieusement servi à l'hôtel de Paris par M. Colbert, vice-président ; plusieurs toasts ont été portés à la Société, aux généraux qui la président, aux Alsaciens-Lorrains et à l'armée, qui était dignement représentée par des officiers de plusieurs armes.

Le 25 septembre 1904, Cambo est à nouveau choisi pour le 7ème Congrès de la Fédération et l'hôtel d'Angleterre voit encore ce juteux marché des vétérans — 130 couverts — lui passer sous le nez : Colbert qui s'est fait un nom depuis 1899 l'emporte ; d'ailleurs il ne s'y est pas trompé puisqu'il a débaptisé son hôtel qui porte maintenant la dénomination Hôtel Colbert.

7e Congrès à Cambo-les-Bains — La charmante ville de Cambo était en fête le dimanche 25 septembre, à l'occasion du septième Congrès de la Fédération des Vétérans de 1870-1871 des Basses-Pyrénées.
A 10 heures du matin, le train venant de Bayonne amenait les différentes sections qui composent la Fédération.
Le camarade Marchand, président de la 404e section (Cambo) et la musique l'Harmonie des Enfants de Cambo attendaient à la gare. A l'arrivée du train la musique joue la Marseillaise, et le cortège, précédé de la musique, des tambours et clairons, ainsi que des neuf drapeaux monte la côte presque au pas de charge.
Le coup d'oeil est admirable.
La première visite des vétérans est pour M. le professeur Grancher, l'éminent savant et maire de Cambo qui fait une réception digne de tous éloges aux présidents des différentes sections. (...)(discours)
Les vétérans se rendent ensuite au Trinquet (i.e. une place de Cambo), où a lieu le Congrès et où, pendant une heure et demie, les intérêts des vétérans sont discutés.
A 1 heure, cent trente vétérans se réunissent en un fraternel banquet, à l'hôtel Colbert.
Menu exquis, dont le secret appartient au camarade Colbert, de la section de Cambo. (...)
(champagne et discours, hommages à quelques disparus, éloge à M. Grancher, bienfaiteur de Cambo etc... )
A 4 h. 30, les Vétérans se rendent dans le magnifique parc, où l'Harmonie des Enfants de Cambo donne un concert en leur honneur. (Le Vétéran 16/10/1904)

En 1909, seule l'Harmonie de Cambo, direction Cazeneuve, avec 30 exécutants,est active à Cambo -les-Bains.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 27 mai 2015 08:45

CAMBRAI - Le Kiosque de l'Esplanade
(NORD)
Entre la Citadelle de Cambrai construite au XVIe siècle et la ville, s'étend une zone non construite appelée l'Esplanade. En 1714, une plantation de 200 tilleuls vient l'agrémenter. La ville de Cambrai revendique la propriété de cet espace, à l'exception des glacis, et de ce fait en assure l'entretien à partir de 1818. Des fermiers en louent une partie en tant que pâturage, le reste servant de champ de manoeuvres aux régiments logés à la Citadelle. En 1860, il est décidé de transformer l'Esplanade en jardin public, et on va commencer par abattre une partie des tilleuls, puis à indemniser les fermiers pour qu'ils aillent faire paître ailleurs leur bétail...
Sur des plans du paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873), l'architecte cambrésien Evrard commence les travaux de réalisation du Jardin, fait installer un premier Kiosque à musique en 1862, octogonal en bois, construit par M. Caudrillier père. Ce Kiosque n'est en fait constitué que d'une simple plate-forme, sans couverture, entourée de bancs percés de trous destinés à fixer des poteaux supportant des lanternes éclairant les musiciens, les soirs de concerts.
Le jardin est conçu en deux parties : le Jardin aux Fleurs et le Jardin Monstrelet — partie qui accueille le Kiosque à musique.
La création du jardin va se poursuivre jusqu'en 1867, date à laquelle, un second Kiosque à musique vient remplacer avantageusement le premier. De forme dodécagonale, il est conçu par l'architecte André de Baralle et peut recevoir jusqu'à 60 musiciens. Le serrurier de Cambrai J. Maniette et Masclet est chargé de la ferronnerie-métallerie, la fonte est réalisée par Derombise et Mathieu. Terminé le 14 août 1867, le kiosque aura coûté 10.000 francs.
A l'instar de plusieurs autres Kiosques à musique, le lambrequin de celui-ci comporte sur chacun de ses côtés le nom de douze compositeurs célèbres : Beethoven — Bellini — Boieldieu — Donizetti — Gluck — Grétry — Halévy — Haydn — Hummel — Méhul — Mozart — Weber.
Toutes les semaines des concerts y sont donnés ; ville de garnison, Cambrai compte trois casernes — la Caserne Villars dans la La Citadelle, la Caserne Renel ou René Cantimpré et la Caserne Mortier —, et bien entendu, la musique militaire, principalement le 1er Régiment d'Infanterie, "squatte" le Kiosque de l'Esplanade jusqu'en 1914.
Les fortifications démantelées en 1894, le jardin public bénéficie de nouveaux aménagements et agrandissements entre 1898 et 1910, notamment la création d'une troisième zone, le jardin des Grottes, et l'installation de jeux publics derrière le jardin Monstralet. Les Jeux publics — billon, tir à l'arc, cholle, crosse, arbalète, — sont prisés à Cambrai de fort longue date et étaient installés à l'origine sur l'Esplanade de la Citadelle, dès avant la création du jardin.
De nombreuses Statues sont installées sur les diverses parties du Jardin Public à partir de 1863.
(voir ici, PETIT PLUS, Sculptures du Jardin Public de Cambrai)
Du 26 août 1914 au 9 octobre 1918, Cambrai est occupé par les Allemands qui, lors de leur départ, incendient le centre ville, détruisant le tiers des bâtiments cambrésiens.
D'avril à août 1944, les bombardements alliés tuent 250 civils et anéantissent la moitié de la ville. Le jardin public n'a pas été épargné, cependant le Kiosque à musique est resté intact.
Kiosque toujours en place.


voir ici, Kiosque du Jardin Monstrelet de Cambrai, aujourd'hui.
et Ici.

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publié par JeanMarc Mer 27 Mai 2015 08:16

Grands Concours nationaux et internationaux d'Orphéons, Harmonies et Fanfares à Cambrai.
23 juillet 1865— La commission du Concours international de musique de Cambrai, qui aura lieu les 20 et 21 août 1865, a reçu l'adhésion de 100 Sociétés, savoir 50 Orphéons, 31 Musiques d'Harmonie et 19 Fanfares, formant un effectif de plus de 4.000 exécutants. Nous donnerons prochainement la nomenclature de toutes les Sociétés inscrites. Douze médailles d'or de 300 fr. seront en outre offertes.
20 et 21 août 1865 — Dimanche dernier, la ville de Cambrai retentissait de chants nombreux et de fanfares joyeuses. Les sociétés musicales françaises et étrangères, avaient été conviées à un concours international, et un grand nombre avaient répondu à cet appel.
La Société Royale des Artisans réunis, de Bruxelles, a obtenu le premier prix de la première division et celui de la division d'excellence. La Société Roland de Lattre a remporté le premier prix de la seconde division. Les Sociétés françaises de Douai et de Nancy ont également obtenu des premiers prix qui ont été très remarqués.
Le concours de la division d'excellence a été une nouvelle occasion de succès pour la Société Royale de Bruxelles. Le beau chœur d'Ambroise Thomas, le Carnaval de Rome, a été on ne peut mieux chanté par ces remarquables exécutants. La Société des Chœurs de Gand a chanté divinement un chœur inédit de M. Govaert, intitulé : Malheur et Résignation. A l'unanimité, le jury lui a décerné le premier prix de la division supérieure.
Ce concours de Cambrai a été l'un des meilleurs de l'année. On y a remarqué de grands progrès dans l'ensemble des sociétés chorales. Les prix, qui consistaient en des médailles d'une grande valeur, ont été remis aux sociétés le 21.
Le concours des musiques d'harmonie a eu lieu le même jour ; il a aussi été très goûté. En finissant, n'oublions pas de mentionner l'Union Chorale et l'Orphéon de Cambrai, qui ont très heureusement ouvert le concours sous la direction de MM. Tingry et Bonney, leurs habiles professeurs.
(L'Europe Artiste 23 juillet 1865 et 3 septembre 1865)

La ville de Cambrai organise fréquemment ces concours ; ainsi, furent couronnés de succès, le grand concours national d'orphéons, de musiques, d'harmonies et de fanfares ouvert le dimanche 26 août 1877, sous la présidence de M. Laurent de Rillé, et le grand concours international d'orphéons, d'harmonies, de fanfares, de trompettes et de trompes de chasse les dimanche 21 et lundi 22 mai 1893.

Musique du 1er Régiment d'Infanterie cantonné à Cambrai — Caserne Mortier du 1er R.I.
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Un Colonel mis au pas !
1er juin 1869L'Echo du Nord annonce que le colonel du 39e de ligne, en garnison à Cambrai, a reçu ordre du général commandant la division de prendre les arrêts de rigueur pour quinze jours.
Le colonel avait répondu en termes peu parlementaires à une lettre que lui avait adressée M. Brabant, maire de Cambrai, pour le prier de vouloir bien autoriser la musique du régiment à se rendre au devant de l'Union chorale de Cambrai, revenant avec un prix du concours de Reims.
(Journal Le Temps 1er juin 1869)

Festival de Cambrai
19 mars 1885 — Un grand Festival pour musiques d'harmonies et Fanfares, aura lieu à Cambrai, le 15 août prochain, pendant la fête communale.
Le Conseil municipal a mis à la disposition du Comité organisateur, une forte subvention qui permettra d'offrir, outre les médailles commémoratives d'usage, un riche Objet d'art et des Primes importantes en argent, à répartir, par la voie du sort, entre les différentes Sociétés musicales qui participeront à cette fête.


La Garde républicaine en déplacement à Cambrai
29 juin 1908 — Le ministre de la guerre vient d'autoriser la musique de la garde républicaine à se rendre le dimanche 16 août à Cambrai, à l'occasion de la fête communale et de la vingt-troisième fête régionale de gymnastique.

Fêtes de la Muse — Couronnement au Jardin public
10 août 1911 — De Cambrai. Hier a eu lieu l'élection de la Muse du Peuple qui sera couronnée le 15 août par le maître Gustave Charpentier. Les ouvrières cambraisiennes étaient venues très nombreuses à l'appel de la municipalité ; après un speach aimable de M. le maire de Cambrai et une conférence de M. J. Braut sur la haute portée sociale des fêtes de la Muse, on a procédé au vote. Mlle Berthe Méresse ayant obtenu la majorité des suffrages a été proclamée Muse du Peuple au milieu des acclamations.
Les fêtes du Couronnement auront lieu dans les Jardins de la Ville à 5 heures et à 9 heures ; elles se termineront par une exécution grandiose du Chant d'Apothéose, poème de M. Saint-Georges de Bouhelier, musique de M. Gustave Charpentier, dansé par le ballet de Mimi Pinson et accompagné par les chœurs et les musiques de Cambrai, auxquelles s'adjoindront les deux musiques militaires de Cambrai et de Douai.
L'estrade monumentale aux trois étages superposés sera l'œuvre de l'architecte municipal ; vingt-cinq lampes à arcs ; quatre projecteurs ; cinq mille lampes à incandescence y seront disposées et réaliseront sur l'immense scène l'éclairage féérique, la folie des couleurs réclamées par l'auteur.
Le Couronnement de la Muse sera interprété par Mlle Meunier, de l'Opéra ; le ténor Nuibo, de l'Opéra ; Georges, le mime ; Mlles J. Sarres et Teyssere, de l'Opéra-Comique ; MM. Lachanaud et Fauthoux, trompettes de l'Opéra. Ballet réglé par M. Sicard. Harpes chromatiques Pleyel ; les exécutants, au nombre de six cents, seront fournis par les meilleures sociétés de Cambrai.

Fête-Kermesse dans les Jardins de l'Esplanade
18 mai 1912 — Une fête-kermesse au profit de l'aviation militaire a été donnée hier dans les magnifiques jardins de l'Esplanade, à Cambrai. Le succès a récompensé les efforts des organisateurs et une foule énorme est venue de tous les points de la région emplir le jardin public qui faisait un cadre merveilleux aux nombreuses attractions amusantes, sportives et artistiques offertes au public.
De gracieuses jeunes filles, qui vendaient sans trêve les "Oiseaux de France" ont contribué au succès de cette réunion dont les résultats ont été des plus satisfaisants.


Ballet de Gymnastes sur le Kiosque.
1er juin 1893 — Gymnastique. La Cambrésienne, à peine remise de son succès du mois dernier, organise pour le 28 mai une grande fête publique de gymnastique avec tombola.
Cette fête aura lieu à 4 heures de l'après-midi sur la place au Bois et sera complétée à 8 heures du soir, par un concert aux jardins publics à 9 heures, par un grand bal à 10 heures, par le Ballet des faucheurs exécuté sur le kiosque par les gymnastes.
(Revue du Nord)

Sociétés musicales actives à Cambrai en 1909 :
La Lyre cambrésienne (chorale), fondée en 1887, président Ed. Dufraine, directeur Paul Devred, 90 exécutants ;
Union orphéonique (chorale), fondée en 1855, président Léon Morand, directeur Duysburg, 145 exécutants ;
Chorale de dames, 55 exécutantes ; section symphonique 70 exécutants ;
Harmonie municipale, fondée en 1830, président Bersez, directeur Vanlerberghe, 86 exécutants.

Musique du 1er Régiment d'infanterie dirigé par Prudhomme.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 29 mai 2015 08:15

CAMBREMER - Kiosque à musique et bureau des PTT
(CALVADOS)
Rhumes ou coups de soleil, tels sont les maux ordinaires que les vingt puis trente sept musiciens de la Fanfare municipale de Cambremer endurent depuis 1868, accompagnés de Bazin, leur fondateur. Pas facile de jouer de la trompette avec la goutte au nez ! Il leur faut attendre près de 60 ans pour obtenir leur Kiosque à musique et être enfin protégés des intempéries...
C'est le dimanche 10 octobre 1926 qu'a lieu l'inauguration de ce Kiosque octogonal, sur la Grand'Place, devant le Café de la Place, le long de la rue de l'Eglise.
L'emplacement est également appelé place de l'Eglise ou place du Marché en raison de la proximité immédiate de la Halle du marché et de l'Eglise dédiée à Saint-Denis depuis 1188. Le marché a lieu le dimanche, les foires, quant à elles, se déroulent le 28 mars et le 2ème et 3ème dimanche qui suivent le 9 octobre pour la fête patronale de Saint-Denis. Cette dernière se perpétue encore à ce jour.
En 1949, l'immeuble du Café de la Place est démoli et remplacé par le Bureau des PTT. En 1962, la Halle du marché couvert est détruite, le Kiosque à musique également.
Kiosque supprimé.


voir ici, Bureau des Postes de Cambremer, sans son kiosque, aujourd'hui.
voir ici, Place de l'Eglise et Bureau des Postes de Cambremer, sans son kiosque, aujourd'hui.

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publié par JeanMarc Ven 29 Mai 2015 08:03

Octobre 1872. — Fête patronale de Saint-Denis.
— Le samedi 12, au soir, salves d'artillerie et mousqueterie ; à 9 heures, retraite aux flambeaux.
Le dimanche, à l'issue de la grande-messe, exécution de plusieurs morceaux de musique, sur la place du bourg. 2 heures, jeux et divertissements divers ; 6 heures 1/2, ouverture du bal ; 10 heures, brillant feu d'artifice, fourni par la maison du Bonhomme Normand ; immédiatement après, le bal recommencera. Le lendemain lundi, ouverture, du bal à 7 heures du soir.


25 Décembre 1875. — La Fanfare de Cambremer à la messe de Noël.
— La nouvelle Société musicale de Cambremer s'est fait entendre le jour de Noël. Cette musique, composée de jeunes gens et fondée depuis très peu de temps, est placée sous la direction d'un chef intelligent, M. Bazin. C'est grâce à ce dernier et au zèle des membres qui la composent, qu'elle a pu exécuter avec autant d'ensemble que de perfection les morceaux qu'elle a fait entendre à la messe de Noël.

31 mars 1914. — La Foire aux bestiaux à Cambremer.
— La foire de Cambremer a été très réussie et les transactions y ont été nombreuses. Environ 250 bêtes à cornes y avaient été amenées et elles s'y sont vendues à prix très satisfaisants. On y remarquait, notamment, un lot important de vaches amouillantes de très bonne qualité.
Des primes sont distribuées pour chaque catégorie : meilleurs boeufs, meilleures Vaches d'herbage, meilleures Vaches amouillantes et meilleures Génisses amouillantes.


15 et 22 octobre 1922. — La fête de Saint-Denis.
— La fête de Saint-Denis sera célébrée dimanche prochain, 15 octobre, à Cambremer. A 10 heures, messe solennelle en musique ; l'après-midi, jeux divers, courses de bicyclettes, défilé de voitures et de bicyclettes fleuries, grande fête de nuit. Le dimanche 22 octobre, continuation de la fête.

20 décembre 1923. — La fête de Saint-Cécile.
— Dimanche dernier, la musique municipale de Cambremer fêtait la Sainte-Cécile. Un banquet amical a réuni à la mairie les membres actifs et honoraires de la Société, sous la présidence de M. Hérout qui porta un toast très applaudi. Le soir, dans la salle des fêtes de l'Union Commerciale et Agricole, les artistes du Conservatoire de Caen ont donné un concert des plus réussis. Une quête fructueuse fut faite par Mme Prosper Aumont, accompagnée de M. Geslin. percepteur.

16 mai 1926. — Concert de la Fanfare municipale.
— Le Dimanche 16 mai, à 13 heures, la Fanfare municipale de Cambremer donnera un Concert public sur la place du Marché.
Programme : Les Cadets de Brabant, de Turine ; Légende ruslique, ouverture, de P. André ; Sous l'Eventail, bluette, de Roux ; Biniou et Musettes, fantaisie pastorale, de C. Martin ; Le Sémillant, pas redoublé, de Z. Bajus.


7 octobre 1926. — Fête patronale Saint-Denis et inauguration du Kiosque à musique.
— Une grande fête se prépare à Cambremer pour le dimanche 10 octobre. Il y aura inauguration du kiosque à musique. Dès le samedi aura lieu la retraite aux flambeaux. Le dimanche salves d'artillerie et son de cloches. Défilé et grand'messe en musique.
L'après-midi, concert par différentes sociétés de musique. Jeux nombreux et attractions variées ; fête foraine. Le soir, illumination générale. Grand concert suivi de bal.
Le dimanche 17 octobre, continuation de la fête et tirage de la tombola.


10 octobre 1926. — Inauguration du Kiosque à musique.
— L'inauguration du kiosque à musique a été à Cambremer prétexte a une très jolie fête musicale.
Les sociétés de musique de Thury-Harcourt, Villers-sur-Mer et Dozulé étaient venues s'adjoindre à celle de Cambremer pour faire entendre d'excellents concerts.
Le beau temps se mit de la partie et permit aux nombreux promeneurs de prendre part aux très nombreuses attractions et à la fête foraine.
Le soir les illuminations donnaient un caractère très vivant à la commune et un bal très animé clôtura cette jolie journée.


Cambremer - Rue de l'Eglise avant construction du kiosque devant le Café de la Place —- Vue aérienne générale, kiosque édifié.
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20 mars 1927. — Concert de la fanfare municipale au Kiosque à musique.
— Aujourd'hui dimanche, la Fanfare municipale de Cambremer donnera un concert sur le kiosque, à 16 heures.
Au programme : Salut au président, pas redoublé ; La Fillc du Rêve, fantaisie; Le Rêve de Jeanne, valse ; La Vallée de la Sèvre, fantaisie ; Bella-Bocca, polka.

7 et 14 octobre 1928. — Fête de Saint-Denis. Concert au Kiosque.
— Les dimanches 7 et 14 octobre aura lieu, à Cambremer, la fête Saint-Denis.
Aujourd'hui, à 10 heures, réception de la reine et de ses demoiselles d'honneur, puis messe en musique à l'issue de la messe, concert sur le kiosque et vin d'honneur offert à la reine et à ses demoiselles d'honneur.
A 14 heures, à l'hippodrome des Perrets, courses à ânes et à chevaux. A 16 heures, grande cavalcade. A 15 heures, jeux divers. A 16 heures, salut solennel. A 21 heures, concert sur le kiosque. A 22 heures, bal à grand orchestre.
Le dimanche 14, continuation de la fête. Courses de bicyclettes. Concert et tirage de la tombola. A 21 heures, grand bal. Toute la Journée, nombreuses attractions.


9 décembre 1928. — Fête de Sainte-Cécile.
— Les musiciens de la fanfare municipale de Cambremer fêteront la fête sainte Cécile le dimanche 9 décembre.
A 10 h. 30, grand'messe en musique avec le concours de la schola paroissiale.
A midi banquet par souscription dans la salle de la mairie.
Le soir, à 20 h. 30 grande soirée théâtrale avec le concours des « auditions artistiques et lyriques de Paris ».


12 et 19 octobre 1930 — Fête patronale de Saint-Denis. Concert au Kiosque.
— Cette fête sera célébrée le dimanche 12 octobre, en voici le programme :
Le samedi 11 : retraite aux flambeaux.
Le dimanche 12, à 7 heures, foire de bestiaux, route des Trois-Rois ; 10 h. 30 messe en musique, à l'issue de la messe concert sur le kiosque 2 h. 30, exercices de gymnastique avec le concours de l'Etoile Sportive St-Désir (50 gymnastes). Après les exercices, défilé dans les rues du bourg avec la musique ; 4 h., courses de bicyclettes, jeux divers ; 6 h., concert sur le kiosque par la fanfare municipale de Cambremer ; à 9 h., bal à grand orchestre.
Le dimanche 19 octobre 1930, continuation de la fête.


12 et 13 septembre 1931 — Fêtes du Concours agricole. Concert de la fanfare municipale au Kiosque.
— Le samedi 12 septembre, salves d'artillerie.
Le dimanche 13, réception de MM. les membres de la Société d'Agriculture De 8 heures à 12 heures, opération des divers jurys. A 10 heures, messe en musique. A l'issue de la messe, concert par la fanfare à 12 heures 30, banquet par souscription, salle des fètes à 15 heures, défilé des Provinces de France avec le concours de la Renaissance Française et du Groupe artistique Alsacien (directeur M. Zimmermann) du Cercle Sportif de la Vallée du Rhône; de la Normandie et de la Fanfare municipale de Cambremer.
A l'issue du défilé, grande représentation par les Groupes artistiques des Provinces Françaises.
A 17 heures, distribution des récompenses, sous la présidence de M. Flandin, député, président de la Société d'Agriculture de Pont-l'Evêque.
A 21 heures, sur le kiosque, grand concert par la Fanfare municipale. A l'issue du concert, bal public.
Illuminations publiques et particulières. Prix décernés pour les facades les mieux décorées 1er prix 100 fr 2ème prix 60 fr.; 3ème prix 40 fr.


Sociétés musicales actives à Cambremer en 1909 :
Fanfare municipale de Cambremer, dirigée et fondée par Bazin en 1868, 37 exécutants ;
Le 17 septembre 1928, lors de concerts qu'elle donne dans l'enceinte de la foire puis dans la salle des Fêtes de Saint-Pierre-sur-Dives, la Fanfare de Cambremer est dirigée par Jacqueline.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » sam. 30 mai 2015 07:38

CANNES - Le Square Brougham
(ALPES MARITIMES)
Cannes ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui, sans l'arrivée et l'installation en 1835 de Lord Brougham dans cette petite commune d'à peine quatre mille habitants.(1)
Un quartier anglais va se créer autour de la Villa que Brougham fait construire en 1835-1836 à la Croix-des-Gardes, face à l'Ile Sainte-Marguerite. Un premier compatriote, le général John Taylor, le rejoint et y fait édifier le château Saint-Georges ; et nos deux précurseurs sont suivis de nombreux autres qui vont imprimer à Cannes sa notoriété, sa renommée mais aussi un certain mode de vie.
Et c'est donc fort logiquement que, le 1er mars 1863, le Conseil Municipal de Cannes décide de baptiser son futur square du nom de cette figure emblématique cannoise. Le 13 avril 1864, le Conseil entérine le projet de création du square sur les terrains de l'ancienne voirie, le long du Boulevard du Midi.
En mars 1865, un certain docteur André, apparemment "maître d'oeuvre" de la réalisation du Square, fait procéder au nivellement et à la plantation de celui-ci.
L'Abattoir de Cannes est contigü au terrain de la voirie transformé en square ; en juin 1866, le Conseil municipal décide de transférer cet abattoir au quartier du Devens et d'utiliser le terrain de l'abattoir ainsi supprimé pour agrandir le Square.
En février 1868, la Société horticole de Cannes, suivant les plans de V. Petit, commence enfin l'agencement du Square Brougham ; en mars, deux fontaines monumentales sont placées à ses extrémités et un vaste bassin avec rochers et jet d'eau est construit.
En février 1870 a lieu l'inauguration au Square d'un mémorial élevé en l'honneur de Lord Brougham ; le buste de celui-ci est dû au sculpteur Jean-Louis Veray, de Barbentane.
Le 9 mai 1874, on se prépare avec ardeur à l'installation d'un Kiosque à musique au Square Brougham : ce jour là, le Comité de la Société d'initiative arrête un projet d'organisation d'un corps de musique, sous la direction de M. Brick comme chef d'orchestre. Et le 5 octobre 1874, la Musique de Cannes inaugure le Kiosque dodécagonal, par un premier concert.
L'Orphéon de Cannes, la Musique Municipale tout comme l'Etendard Cannois et plusieurs autres formations vont se succéder sur le Kiosque, tant et si bien qu'au vu de ce succès, le Conseil Municipal va décider d'implanter un second Kiosque à Cannes, sur les Allées de la Liberté, au débouché de la Croisette (voir publication suivante ci-dessous).
Le 19 décembre 1878, afin de commémorer son centenaire, une Statue en pied de Lord Brougham est inaugurée sur la place des Palmiers, sur les Allées de la Liberté. Ce monument subventionné par la municipalité à hauteur de 2.000 frs est l'oeuvre du sculpteur Paul Lienard. Détruite en 1941, elle est remplacée en 1952, par un copie à l'identique dû au sculpteur André-Louis Trivero.
En remplacement du buste de lord Brougham de 1870, transféré au square Reynaldo Hahn, est érigé en 1930 un monument à Frédéric Mistral, réalisé par Victor Tuby (1888-1945).
Le Jardin Public est rebaptisé Square Frédéric Mistral le 3 décembre 1963. Le Kiosque à musique a été supprimé et le boulevard du Midi le long duquel est établi le square a été rebaptisé boulevard Jean Hibert.
Kiosque supprimé.

voir ici, Square Brougham de Cannes, sans Kiosque, aujourd'hui.

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publié par JeanMarc Sam 30 Mai 2015 07:28

Centenaire Lord Brougham, inauguration statue.
28 janvier 1879 — Nous avons annoncé que la ville de Cannes se propose de célébrer le centenaire de lord Brougham par des fêtes qui auront lieu au mois d'avril prochain, du 14 au 19, et nous avons dit ce qui valait cet honneur à lord Brougham, à qui la ville de Cannes doit d'être ce qu'elle est devenue. On lui élève une statue dont l'inauguration aura lieu pendant ces fêtes.
Un rameau de laurier d'or sera décerné aux vainqueurs du concours qui est ouvert pour deux pièces de vers, en français et en provençal, afin de célébrer les rives de Cannes et les Bienfaits de lord Brougham. Ceux qui les suivront de plus près recevront une médaille d'argent et une médaille de bronze à titre de second prix et d'accessit.
La commission désire que les concurrents ne dépassent pas dans leurs compositions la limite de deux cents vers.
L'éloge en prose de lord Brougham est également mis au concours. Le vainqueur aura également une palme d'or.


voir ici, Statue Lord Brougham aujourd'hui.

Cannes - Le Monument à Lord Brougham
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publié par mimigege Mer 14 Mai 2014 10:44

Fêtes de bienfaisance au Square Brougham
16 janvier 1887 — Cannes vient d'apporter son obole aux inondés du Midi.
Hier soir, samedi, un grand concert a été donné au théâtre de Cannes au profit de cette œuvre de bienfaisance. Le programme était des mieux composés et l'exécution a été parfaite. Salle comble. La quête était faite par de charmantes jeunes filles en toilettes claires, la recette a été fructueuse.
Aujourd'hui dimanche, à deux heures, continuation des fêtes dans le jardin public Square Brougham, décoré avec art. Nombreuses distractions, musique municipale, kiosques de fleurs, billets de tombola, petits chevaux, etc.
Les plus gracieuses jeunes filles du pays et de la colonie étrangère se sont acquittées de leur tâche délicate avec un tact exquis.
Demain lundi, second jour de kermesse, clôture des fêtes. On compte sur un superbe résultat.


Concerts au Kiosque Brougham
1902 — Concerts en plein air, par le corps de musique municipal, de 2 h à 3 h.30 : les dimanches, lundis et jeudis, au kiosque des Allées de la Liberté, et les mercredis au kiosque du square Brougham (programmes publiés dans les journaux locaux).
Parmi les autres distractions de la saison, mentionnons les batailles de fleurs sur la promenade de la Croisette,
pendant le carnaval et à la mi-carême; les fêtes carnavalesques (programme dans les journaux locaux) ; des kermesses et fêtes au Cercle nautique, etc. ; des expositions florales sur les Allées de la Liberté.


Kiosque du Square Brougham — Carnaval de Cannes, Bataille de fleurs.
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Concours international de musique à Cannes
3 juin 1925 — Le concours international de musique de Cannes a obtenu un grand succès, et un temps splendide a favorisé cette manifestation artistique, à laquelle ont présidé MM. André Messager, Alexandre Georges, Jean Ritz, Le Boucher, Florent Schmidt, Carolus Duran, etc.
Les concerts de la garde républicaine ont été donnés dans une enceinte en plein air pouvant contenir 15.000 personnes.
Un concours de costumes régionaux avait été organisé. Un défilé ne réunissant pas moins de 8.000 personnes a parcouru les rues de la ville, drapeaux et bannières déployés, aux sons de quatre-vingts musiques, harmonies, fanfares, etc.
Un grand festival a été donné, au cours duquel La Gloire de Saint-Saëns, a été interprétée par 2.000 exécutants, sous la direction de M. Balay, chef de la garde républicaine.


4 au 7 avril 1930 — Fêtes latines de Cannes et inauguration Statue de Frédéric Mistral
Vendredi 4 avril. — Au Casino Municipal, conférence de M. Georges Laffond, directeur de la Chambre de Commerce argentine à Paris, sur un voyage dans l'Amérique du Sud, accompagnée d'airs, de chants et de danses sud-américaines et production d'un film inédit.
Samedi 5. — Réception des autorités françaises et étrangères ; l'après-midi, fête provençale sous la présidence de Mme Mistral. Six cents personnes des académies provençales de Cannes, Avignon, Arles, Aix, Marseille, Toulon, Suint-Raphaël et les Guardiens de la Camargue y prendront part.
Le soir, banquet et représentation de « Mireille » au Casino Municipal.
Dimanche 6 avril. — Inauguration de la statue de Mistral au square Brougham, oeuvre du sculpteur Victor Tuby. Banquet. L'après-midi, grande bataille de fleurs sur l'esplanade des Alliés de la Croisette.
Le soir, fête vénitienne avec le concours des escadres des nations représentées et françaises au Cercle Nautique. Grande pégoulade provençale à travers les rues de la ville, pavoisées et illuminées. Prestigieux feu d'artifice.
Lundi 7 avril. — Régates internationales et revue navale des bâtiments des nations représentées. Une réception à bord des navires clôturera les réjouissances.


(1) Lord Henry Peter Brougham (1778-1868), homme politique, avocat et écrivain anglais fait édifier, en 1835-1836, sa Villa Cannoise qu'il baptise du nom de sa fille Eleonore-Louise ; devenu un personnage emblématique de Cannes, il en sera un généreux donateur.

Cannes - Place des Palmiers - Statue Lord Brougham
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publié par par Carpostale Ven 10 Fév 2012 13:47

Lord Brougham acquiert un terrain à la Croix-des-Gardes.
18 janvier 1835 — Les journaux de Toulon annoncent que lord Brougham, ex-chancelier d'Angleterre, vient d'acquérir près de Cannes uu domaine planté d'oliviers, orangers, citroniers et arbres fruitiers, pour y construire un superbe château, dont il a chargé le conducteur des ponts-et-chaussées de Toulon de dresser le plan et de faire le devis pour pouvoir y faire mettre la main dans trois mois, époque de son retour dans cette ville.
(Journal des Débats 18 janvier 1835)

Construction du Château de Lord Brougham.
1er octobre 1835 — Lord Brougham, qui, comme on l'a déjà dit, avait acheté une terre à Cannes, vient d'y faire commencer la construction d'un château pour sa fille, dont la mauvaise santé est pour lui un objet de chagrin. La pose de la première pierre a donné lieu a une cérémonie dans laquelle les bienveillantes dispositions du noble lord en faveur des habitants de Cannes ont été annoncées. Déjà on bénit son nom, car il est venu donner du travail à de nombreux pères de famille.
Rien ne sera plus riant que la position de son château, en face de l'île Sainte-Marguerite (la prison de l'homme au masque de fer) ; il dominera le joli bassin qui s'étend au couchant de Cannes : cette vue est délicieuse.
On présume que lorsque la famille de lord Brougbam sera installée à Cannes, d'autres Anglais s'y rendront pendant l'hiver, ce qui serait très avantageux pour ce joli pays.

(Journal des Débats 1er octobre 1835)

Etre ou ne pas être... anglais.
25 septembre 1869 Une des physionomies les plus curieuses de ce siècle est certainement celle de lord Brougham, qui fut, en réalité, le fondateur d'une élégante résidence d'hiver, à Cannes, et qui, prenant goût à la vie française, eut l'idée singulière de se faire naturaliser français, en 1848, pour solliciter du suffrage universel un siège à l'Assemblée constituante.
La Revue scientifique donne la lettre qu'il adressa à M. Crémieux, ministre du gouvernement provisoire.
Désirant être naturalisé Français, lord Brougham a demandé au maire de Cannes, où il a résidé pendant les treize dernières années et où il possède une propriété et s'est construit un château. Ces certificats seront envoyés directement au ministre de la justice, et lord Brougham demande à M. Crémieux de lui transmettre l'acte de naturalisation dans le plus bref délai possible.
M. Crémieux lui répondit :
Vous ne seriez plus désormais lord Brougham, vous deviendriez le citoyen Brougham. et vous perdriez tous les titres de noblesse, tous les privilèges que vous possédez en qualité d'Anglais. C'est dans ce sens que vous devez m'écrire.
Lord Brougham insiste une seconde fois et il fallut que M. Crémieux lui écrivît une seconde lettre pour lui faire comprendre que pour devenir français il fallait cesser d'être anglais.

(Le Gaulois 25/9/1869)
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mar. 2 juin 2015 10:03

CANNES - Les Allées et Kiosque de la musique
(ALPES MARITIMES)

Plan de Cannes vers 1920, pour se repérer au milieu de tous ses Kiosques à musique.
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Les Allées de la Liberté qui bordent le Vieux Port de Cannes, prolongent la Promenade de la Croisette pour finir à l'Hôtel de Ville. C'est un point névralgique de Cannes, avant que le Casino et les Plages ne viennent prendre la suprématie. Les Allées sont plantées de platanes par deux fois : en 1853 et 1857. Puis des fontaines sont installées en 1868.
Les Sociétés Musicales cannoises remportant de nombreux prix lors de leurs pérégrinations (1), il était donc impératif d'édifier un Kiosque à musique moins excentré que celui du Square Brougham (voir-ci-dessus) afin qu'elles exercent leur talent à domicile. Aussi, dès le 17 août 1875, le Conseil municipal vote l'établissement d'un second kiosque pour la musique face au nouvel Hôtel-de-Ville, construit en 1874-1875. L'architecte Louis Hourlier (1847-1920) dresse les plans de ce Kiosque dodécagonal qui est fabriqué par le ferronnier Blaison et Mathieu de Charleville. Il est inauguré le 14 juillet 1880 avec une simple toile en guise de toiture, l'entreprise Blaison ayant quelques retards de fabrication. A Charleville, on travaillait déjà en flux tendu !... L'entreprise ayant créé tellement de beaux kiosques, son malheureux retard est compréhensible : Givet, Rodez, Le Havre, La Rochelle, Mézières ont toutes bénéficié du savoir-faire de Blaison et Mathieu.
Après plus de vingt ans de tergiversations et d'atermoiements, le Conseil Général accepte l'installation d'un tramway électrique, passant le long des Allées de la Liberté (voir carte), rue Félix Faure, dont le trajet part de La Bocca jusqu'à Golfe-Juan. Inauguré le 25 février 1899, il arrêtera définitivement sa course en 1933.
Les Allées sont renommées aujourd'hui "Allées de la Liberté ... Charles de Gaulle..."
Kiosque toujours en place.

voir ici Kiosque des Allées de la Liberté de Cannes, aujourd'hui
Ici.
et Ici.

Image
publié par JeanMarc Lun 1 Juin 2015 16:01

(1) Les Sociétés musicales Cannoises volent de succès en triomphes !
Avril 1865 — La musique municipale de Cannes obtient un brillant succès au concours de Nice.
Juillet 1867 — La musique de Cannes rentre de Paris, où elle a remporté le premier prix d'harmonie (médaille d'or) au concours de l'Exposition universelle.
Avril 1869 — La musique de Cannes, dirigée par M. Brick, rentre à Cannes, de retour d'Aix, où elle a remporté le 1er prix au concours régional.
Mai 1873 — Au concours des musiques et orphéons qui a eu lieu à Toulon à l'occasion du Concours regional, la Société Philharmonique de Cannes, sous la direction de M. Brick, remporte le prix de la division supérieure, et l'Orphéon de Cannes, conduit par MM. Lafouge et Cruvès, le premier prix de la 3e division.

Le 1er Prix ou rien !
Avril 1874 — Au concours de musique et d'orphéons qui a lieu à Nice, la musique de Cannes remporte le second prix, qu'elle refuse.
La Municipalité met le paquet sur son Orphéon et sa Philharmonique !
17 mai 1875 — Le Conseil municipal de Cannes accorde une subvention de mille francs pour faciliter la Société Philharmonique de Cannes et l'Orphéon l'Avenir, qui doivent prendre part aux fêtes de Rouen, à l'occasion du centenaire de Boeldieu.
... Le Conseil municipal avait misé sur le bon cheval !
Juin 1875 — Au concours de Rouen, la musique de Cannes, directeur, M. Brick, obtient le premier prix de la première section de la division supérieure, et l'Orphéon l'Avenir, directeur M. Girard, le premier prix, de la troisième division de la seconde section.
20 avril 1875 — L'Orphéon l'Avenir de Cannes et la musique de la Verrerie remportent les premiers prix au concours de Fréjus.

La Musique de la Garde Républicaine n'a qu'à bien se tenir ! Les Cannois arrivent !...
6/1875 — Mardi dernier, dit le Gaulois, le concert habituel de la garde républicaine aux Tuileries a été remplacé par l'exhibition de l'orchestre de Cannes (Alpes-Maritimes), qui a eu les deux premiers prix au concours de Rouen en l'honneur du centenaire de Boieldieu. Ces braves méridionaux, au teint basané, et vêtus en toile grise, de la tête aux pieds, ont eu un succès de réelle curiosité. Tout ce que Paris compte de Provençaux s'était donné rendez-vous dans la clairière du grand bois de marronniers. Ah! troun de l'air ! comme on les a fêtés, les artistes du « pays » ! Les Parisiens eux-mêmes ont salué leurs hôtes par des applaudissements comme ils n'en prodiguèrent jamais aux musiciens de leur garde municipale, les premiers instrumentistes du monde.

CANNES - Le Kiosque de la musique

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publié par JeanMarc Mar 2 Juin 2015 09:52

23 septembre 1901 — Pendant les vacances qui viennent d'avoir lieu, de brillants concerts ont été donnés alternativement par la Société philharmonique cannoise et la Société de trompettes de cavalerie l'Etendard Cannois, d'une part, et de l'autre, par la Société chorale l'Avenir, et l'Estudiantina La Joyeuse de Cannes. Ces concerts, donnés au kiosque des Allées, ont été fort goûtés de la population, et nos Sociétés musicales ont fait hautement apprécier leur mérite ainsi que leur utilité artistique.

voir ici, l'Espérance de Cannes sur les Allées de la Liberté - Fête de la musique 2014.
L'Espérance de Cannes, fondée en 1922, ici en 1959-1960.
Fanfare l'Espérance de Cannes, aujourd'hui.

Sociétés musicales actives à Cannes en 1909 :
Avenir de Cannes (orphéon), fondé en 1865, président Capron, direction Dahon, 70 exécutants ;
La Philharmonique, dir. Delattre, 45 exécutants ;
Musique Municipale (harmonie), direction Vernazobres ;
Estudiantina, président Albert, direction Silvio Priotti, 25 exécutants ;
L'Etendard Cannois (société de trompettes), président Aubry, direction Toesca, 25 exécutants ;
Les Enfants de Provence (choral mixte), président Maistre de Pujols, direction Imbert, 60 exécutants ;
Les Fifres cannois, président le capitaine Vernhes, direction Delattre, 40 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 3 juin 2015 10:11

CANNES - Boulevard de la Croisette - Kiosque du Cercle Nautique
(ALPES MARITIMES)
Tout comme son compatriote Lord Brougham (voir ici), le chevalier James Henry de Colquhoum (1821-1891) fait édifier en 1858, une villa, les Mimosas, à la Croix-des-Gardes. Passionné de régates, il décide en 1859, avec plusieurs autres amis férus de nautisme, de fonder un Club de Yachting. Parmi ceux-ci Victor Béchard industriel à la retraite, le Prince Eugène Tripet-Skrypitzine (1848-1935) ancien consul de France à Moscou, Léopold Bucquet (†1863) propriétaire de la villa Montfleury (siège de la Gestapo en 1943), Richard Manca-Amat, duc de Vallombrosa (1834-1903), qui vient d'acquérir en 1858, pour 180.000 frs, la Villa Saint-Ursule, vaste palace qui deviendra l'Hôtel du Parc en 1906.
Tous cinq, accompagnés d'une cinquantaine de souscripteurs créent en janvier 1860 la Société des Régates de Cannes, la même année que la mythique Croisette de Cannes est tracée. Le duc de Vallombrosa prend la présidence de cette société en 1863, et, dans le même temps fonde avec 35 actionnaires, la S.C.I. du Cercle Nautique au capital de 200.000 frs avec laquelle il acquiert 3.000 m² de terrain sur la Promenade de la Croisette (n° 49 et 50 actuels du boulevard de la Croisette).
L'architecte Charles Baron (1836-1915) est chargé par cette S.C.I. d'y construire un édifice qui abritera la Société des Régates de France qui arrêtera ses activités en 1887. Le 1er octobre 1864, le Cercle nautique est inauguré. A la fois restaurant, salle de spectacles, théâtre, club de rencontres, le Cercle nautique sera pendant des décennies, le rendez-vous mondain du tout-Cannes, et le point de chute de l'aristocratie européenne et de nombreuses têtes couronnées et personnalités voyantes de l'époque. Il y organise de fastueuses et nombreuses réceptions, des festivités et des galas, fêtes de bienfaisance, fêtes des fleurs...
Le 29 décembre 1867 le Cercle nautique décide de s'agrandir et dispose d'un budget de 70.000 frs. pour les travaux qu'il fait réaliser.
Le 16 avril 1874, le Conseil municipal attribue le nom de rue du Cercle Nautique à la rue parallèle à la Promenade de la Croisette, allant se raccorder à l'avenue du Rond-Point Duboys-d'Angers.
Les deux kiosques à musique déjà construits à Cannes étant, tout compte fait, assez éloignés, la direction décide, afin de fidéliser sa clientèle, de construire un Kiosque à musique octogonal en bois dans le jardin situé devant le Cercle Nautique, le long de la Promenade de la Croisette. Il doit être édifié entre 1875-1880.
En 1883 le duc de Vallombrosa est toujours président du Cercle, 20 ans après sa création.
De Clercq, le nouveau président de 1898 à 1902, apporte des modifications au Cercle Nautique : il est embelli, réaménagé et même agrandi. Au détriment du Kiosque à musique !
Un hall central est aménagé, une entrée particulière est réalisée pour les Dames membres du club, la façade et les ailes sont modifiés ; vers 1901-1902, le jardin, la balustrade qui l'entoure et le Kiosque à musique qui y a été édifié sont supprimés et remplacés par une aile de boutiques en rez-de-chaussée couverte d'une terrasse.
De Clercq décédé, le comte Chandon de Briailles est nommé président du Cercle le 18 mars 1902.
Le 30 janvier 1911, le Cercle Nautique se voit doté d'un voisin au devenir célèbre : l'Hôtel Carlton.
(voir ici PETIT PLUS sur Henry Ruhl et l'Hôtel Carlton en 1909)

Le Cercle passe entre les mains d'une filiale des Galeries Lafayette, la société Antin-Joubert, et, en 1942, celle-ci établit un bail de 15 ans avec la Municipalité qui utilise ces bâtiments à usage scolaire, moyennant un loyer de 48.000 frs annuels. A la sortie de la guerre, en 1946, la municipalité signe une promesse d'achat s'élevant à seize millions de francs, ayant besoin d'un terrain pour construire un Palais des Festivals, le premier festival d'avant guerre ayant été assuré provisoirement par le Casino municipal, mais avorté en raison des évènements. Le "vrai" premier festival international du cinéma se déroule au Casino municipal en septembre 1946.
Le maire de Cannes fait voter un emprunt de 110 millions de francs pour les travaux de construction du nouveau Palais qui commencent en 1947 ; le Cercle Nautique est détruit au passage. Le Festival de 1947 a lieu dans le Palais en cours de construction. En 1948, tout comme en 1950, aucun festival n'a lieu en raison des restrictions. L'inauguration officielle du nouveau Palais a lieu avec l'ouverture du Festival du 12 septembre 1949. Le Palais Croisette assurera les festivals jusqu'à celui de 1982. Démoli en 1888, le terrain est cédé à un promoteur immobilier ; un grand Hôtel a pris la suite...
Kiosque supprimé.

voir Ici, Palais des Festivals dit Palais Croisette (actif de 1949 à 1982), construit en lieu et place du Cercle Nautique.
Ici.
et Ici.
voir ici, le Palais Croisette, broyé à son tour par les pelleteuses en 1988.

Image
publié par JeanMarc Mer 3 Juin 2015 09:56

Bals, Fêtes, Galas, Concerts au Cercle Nautique
4 mars 1873 — Fête offerte par les membres du Cercle Nautique à l'amiral Alden et aux officiers de la flotte américaine en station au Golfe-Juan.
25 février 1874 — Grand Concert de charité, dans la salle du Cercle Nautique, au profit de l'asile des vieillards.
10 mars 1874 — Matinée dansante offerte à MM. les officiers de l'escadre d'évolutions de la Méditerranée, par MM. les membres du Cercle Nautique de Cannes.
12 novembre 1876 — M. Aurèle, pendant l'été directeur du casino de Contrexeville, prend pour cet hiver la direction du théâtre du cercle nautique de Cannes. Il a engagé quelques artistes assez appréciés. Le chef d'orchestre est P. Cressonnois.
20 janvier 1883 — Le Cercle nautique de Cannes a donné hier un bal splendide que les grandes dames de la colonie française et étrangère ont honoré de leur présence. Le maréchal Canrobert y a fait une apparition, et, parmi les danseurs les plus intrépides, on a remarqué les officiers de l'escadre qui est arrivée mardi dernier au golfe Juan, où elle doit séjourner un mois environ.
9 janvier 1887 — Hier soir, à huit heures, a eu lieu, au Cercle nautique, le grand dîner qui réunit hebdomadairement la fraction masculine de la colonie anglaise.
4 avril 1902 — Mardi dernier, dîner de cent dix couverts au Ladies-Club de Cannes, suivi d'une soirée dansante au Cercle nautique.
5 avril 1923 — Bal costumé des mieux réussis au Cercle Nautique, à Cannes, au bénéfice des enfants réfugiés d'Orient.

Cannes - Kiosque à musique avant et après sa destruction. Le jardin du Cercle nautique sur lequel il était construit disparaît avec un premier agrandissement du Cercle vers 1901-1902. A gauche, les "Bains Chauds de Mer et d'Eau Douce de la Croisette".
Noter les jardins qui longeaient la Promenade de la Croisette, derniers instants de tranquillité avant l'étourdissante agitation qui va suivre...
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L'Impératrice de Russie.
10 octobre 1879 — On sait qu'aujourd'hui, à trois heures, l'impératrice de Russie a dû arriver à Cannes.
M. Grote, grand maréchal, a reçu au Grand-Hôtel de Cannes, M. de Brancion, préfet des Alpes Maritimes, ainsi que le maire de Cannes, et s'est entendu avec eux sur les mesures à prendre pour l'arrivée de l'impératrice. Le préfet a présenté au grand maréchal, M. Benoit, commissaire spécial, qui est envoyé en mission par le ministre de l'intérieur pour diriger le service de sûreté personnelle de l'impératrice.
M. Benoit aura sous ses ordres sept inspecteurs spéciaux envoyés de Paris.
Quinze gendarmes à pied sont commandés pour le service d'ordre dans la ville durant le séjour de la souveraine.
M. de Brandon, le maire, le sous-préfet de Grasse et M. le commissaire Benoit seront au quai de débarquement et à la salle d'attente, à l'arrivée du train.
Le grand chambellan ira à la station précédente au-devant de l'impératrice pour prendre ses ordres.
Au moment de l'arrivée, des drapeaux russes seront hissés à la villa impériale, à la mairie et au cercle nautique.
La musique municipale installée sur la terrasse du cercle nautique jouera l'air national russe au moment du passage de la voiture de l'impératrice.
Le train qui amènera l'impératrice est composé d'un matériel russe à l'exception de la locomotive, qui est française. Il sera garé à Nice et arrivera à grande vitesse sans arrêt de Lyon à Cannes.
Le grand-duc Alexis n'arrivera que vendredi à une heure de l'après-midi.

L'Empereur du Brésil.
12 février 1888 — Hier soir, au Cercle nautique, grand bal de charité sous le haut patronage de l'empereur et de l'impératrice du Brésil, de S. A. R. Mme la duchesse de Chartres, de la comtesse de Caserte et de la duchesse de Luynes.
4 avril 1888 — On nous télégraphie de Cannes, le 3 avril : L'empereur et l'impératrice du Brésil, dom Pedro de Saxe-Cobourg-Gotha, leur petit-fils, et leur suite sont partis, hier soir, par le train de quatre heures pour Gênes.
Une heure avant son départ, l'empereur assistait encore, au Cercle nautique, au concert donné par la musique municipale. Il a fait remettre 1.000 francs pour les pauvres de la ville, 100 francs à la Société du sou des écoles laïques, etc. L'empereur a promis de revenir à la saison prochaine.


Le Prince de Galles.
6 mars 1895 — Les membres du Cercle nautique, à Cannes, ont offert samedi dernier, 5 mars, un dîner au prince de Galles dans la salle des fêtes du Cercle.
11 mars 1898 — Comme nous l'avons dit, le banquet annuel du cercle nautique de Cannes a eu lieu avant-hier sous la présidence du Prince de Galles, ayant à ses côtés le Grand-Duc Michel de Russie.


Cannes - Cercle nautique avant et après agrandissement de la façade après 1912.
Trois fenêtres de plus sur chacun des côtés. Le deuxième bâtiment est bien entendu l'Hôtel Carlton.
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Le Théâtre du Cercle nautique.
Les représentations théâtrales très fréquentes au Cercle, sont l'occasion de distractions très prisées d'une part, mais le spectacle n'est pas que sur les planches, les spectateurs font partie intégrante de la scène de par leur présence et leur renommée ; les journaux ne se lassent pas de lister les feuilles de présence de toutes les personnalités mondaines connues.
Le monde Cannois n'a guère changé depuis un siècle, il ne suffit que d'observer tout le va et vient épié avec délectation par les médias lors du festival annuel, et soigneusement orchestré par tous les intervenants. Le "paraître" n'est pas près de s'éteindre !...

23 mars 1909 — Très belle matinée musicale au théâtre du Cercle Nautique de Cannes, sous le haut patronage de S.A.R. la princesse Maria Pia d'Orléans Bragance, au profit des écoles de Notre-Dame-des-Pins.
Avaient honoré de leur présence cette fête :
Mmes la comtesse de Caserta, la duchesse de Calabre, la princesse Maria Pia d'Orléans-Bragance et la princesse Josepha de Bourbon.
Ce programme comprenait deux comédies jouées par des amateurs et un concert auquel prirent part Mme Emile Roth, le comte de Reverseaux et M. de Riva Berni qui furent tous parfaits et se partagèrent un succès éclatant.
Parmi les invités :
Princesse Radziwill, comtesse Zamoiska, princesse Zurlo, princesse de Faucigny-Lucinge, marquise de Castillon, comtesse Paul de Leusse, comtesse de Mailly, vicomtesse de Truchi, vicomtesse de Raousset-Somabre, comte et comtesse de Reverseaux, comtesse de Casteras-Villemartin, baron et baronne Robert Baude, comte et comtesse de Bourboulon, Mlle Guillemette de Colbert, Mlle de Serry, Mme et Mlle de Thérouanne, MM. et Mmes François Arago, André Capron, Franklin Singer, comte Jean de Leusse, etc., etc.


19 mars 1912 — De Cannes : La comtesse de Caserta a eu l'heureuse initiative d'organiser toute une série de représentations au théâtre du Cercle nautique et au profit des Ecoles libres de Cannes.
Le sujet : Cendrillon. Sur ce thème, on a reconstitué merveilleusement l'époque de Louis XIII dans une féerie à la muette. Décors, machination, changements à vue étaient somptueux et firent le plus grand honneur aux auteurs, trop modestes. (...)

Noté dans l'aristocratique assistance :
Comtesse de Caserta, duc et duchesse de Vendôme, prince et princesse Louis d'Orléans-Bragance, princesse Josepha et prince Gennaro de Bourbon Deux-Siciles, comtesse Meremberg et comtesses Zia et Nadjia de Torby, duc et duchesse de Bisaccia, prince et princesse Galitzine, comte et comtesse Clémansin du Maine, princesse Capece Zurlo, princesse Lobanow Rotowsky, Mme de Flotow, marquis et marquise de Villefranche, Mme Von Weinberg, comtesse de Diesbach, comtesse de Léché, Mme de Lencquesaing, comte et comtesse de Pas, vicomte et vicomtesse de Trucchi, M. et Mme Aubernom de Nerville, comtesse d'Aspremont, comte et comtesse de Canclaux, comte J. de Leusse, baron et Mlle du Veyrier, M. Thomas Dugas, M. et Mme Paul Dugas, prince et princesse Ghika, baron de Rothschild, Mr et Mrs Clayton, baron et baronne de Curzay, baron et baronne de la Rochetaillée, Mme de Mouxawieff Apostol, comtesse Dinet, M. et Mme Vaney, M. de Glos, comtesse Sutherland, M. et Mme Arnonlt, Mme de Montmorency, M. et Mme Bournisien. M. Maurice de Gosselin, M. et Mme de Saint-Victor, M. et Mme Campionnet, M. et Mme Jammes, M. et Mme Hugueus-Amouretti, etc.,

Cannes - Cercle nautique, Bataille de fleurs
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Réunions et Conférence de la Commission des ministres chargée du problème des réparations de l'Allemagne.
28 décembre 1921 — Quant à la Conférence, c'est bien au Cercle Nautique, le plus ancien club de la Riviera, qu'elle se tiendra le 28 décembre 1921. Les délégations anglaise, américaine, japonaise, italienne, belge et française, qui participeront au Conseil suprême, descendront toutes dans le même hôtel où deux étages leur sont réservés. Les réunions du Conseil suprême se tiendront dans la grande salle du Cercle nautique, promenade de la Croisette. La première réunion aura lieu le 6 janvier. La Conférence durera une huitaine de jours.
6 janvier 1922 — Hier matin, après avoir pris quelques instants de repos à l'hôtel, M. Briand, accompagné de M. Loucheur, est allé faire une promenade à pied le long de la Croisette. Puis, accompagné du préfet des Alpes-Maritimes, M. Armand Bernard, il a visité le Cercle nautique de Cannes, affecté aux réunions du Conseil suprême. M. Briand a chargé le préfet de remercier le duc Decazes président du Cercle nautique, d'avoir mis cet immeuble à sa disposition pour la durée de la Conférence.
Dans la soirée, après un entretien avec M.Lloyd George et sa visite à M. Bonomi, M. Briand a diné au Carlton avec M. Loucheur et assisté à une représentation théâtrale au Casino.
7 janvier 1922 — La Commission des ministres chargée du problème des réparations, s'est réunie au Cercle nautique de Cannes, le 7 janvier 1922.

Cannes - Cercle nautique et salle conférence 1922 (cliché agence Rol)
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Expositions artistiques
— La 191ème exposition internationale de l'Association des Beaux-Arts de Cannes aura lieu au Cercle Nautique, boulevard de la Croisette, du 15 février au 14 mars 1926.
Deux versions journalistiques de l'Exposition Francis Picabia (1879-1953) du 28 janvier au 7 février 1927 au Cercle nautique.
Le Journal 8 février 1927
— On va reparler de Picabia, qui expose actuellement au Cercle nautique de Cannes une collection de portraits traités à l'aquarelle. J'ai sous les yeux le catalogue, qui reproduit un certain nombre de ces admirables figures : Je défie qui que ce soit, écrit M. Emile Fabre dans la préface qu'il a donnée, de rester insensible à la beauté de ces portraits.
Ces Espagnols, ces Espagnoles, ils sont émouvants comme la souffrance et le jeune vice, comme la cruauté et la tendresse, comme la candeur et le renoncement. Et tous ils s'enveloppent d'une atmosphère d'incroyable spiritualité. Sobriété du dessin, hardiesse du caractère et de la forme, voilà ce que l'on admire dans ces portraits dont la facture ne rappelle celle d'aucun maître et dans lesquels Picabia évoque l'Espagne mystique et ascétique, avec leurs yeux inouïs, brûlants de passion, âpres de volonté et tout agrandis d'intime méditation. (...)
Aujourd'hui il ajoute à la tradition en donnant une figure humaine aux fantômes de son inquiétude et de son désir quand il peint ces cinquante femmes de Séville, de Cordoue et de cette Andalousie dont, bien qu'il soit né à Paris, il porte par son père le sang dans les veines.
L'Humanité 26 février 1927
— M. Picabia expose au Cercle Nautique, à Cannes, endroit parfaitement choisi pour le commerce des « tableaux », dans la mesure où l'on est convenu d'appeler tableaux chez les snobs, les objets glorieusement inutiles, arrogamment superflus dont ledit Picabia tient négoce.
M. Picabia n'est assurément ni un imbécile, ni un artiste incapable. C'est plutôt un homme d'esprit, c'est un « affranchi », comme on dit dans un certain milieu. Il a parfaitement compris que, si l'on veut faire parler de soi et avoir son automobile, on serait bien naïf de travailler honnêtement à son art.
II connaît la clientèle, il connaît sa bourgeoisie, son Amérique saxonne et latine ; il sait que les marchands de cochons, les marchands de café, qui "n'entravent que pouic" à la modestie des belles choses, achètent les yeux fermés, les "objets construits" pour l'épate, à condition que les journaux en aient parlé.
M. Picabia mériterait une place dans cette rubrique même s'il n'était pas l'auteur d'un ballet et d'un scénario de film, dont il dit lui-même, en clignant de l'œil vers son public « Ce petit film ne veut rien dire, car il n'y a rien à comprendre dans la vie, nous ne pouvons qu'en constater et accepter les conventions. »
N'est-ce pas que cet extra-dry est bien « goût américain » (pour estomacs repus, cela s'entend) ?
M. Picabia mérite ici sa place non comme prestidigitateur ou metteur en scène (professions honorables) mais comme cabotin.
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JeanMarc
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 5 juin 2015 09:51

CANNES - Le Casino Municipal et Kiosque de Musique
(ALPES MARITIMES)
A l'extrémité de la Promenade de la Croisette, longeant le Port et la jetée Albert Edouard fraîchement inaugurée par le Prince de Galles en 1898, l'Esplanade des Alliés jusqu'en 1905 se présentait comme une vaste place de plus de dix mille mètres carrés, exempte de constructions, terrain acquis auprès des Domaines par la Commune Cannoise. Le Conseil municipal confie le 5 avril 1905 la concession du futur Casino Municipal à Henry Ruhl à batir sur cet emplacement. Ruhl charge l'architecte Camille Mari de la conception et de la construction de ce nouveau casino qui est inauguré le 28 janvier 1907 après deux ans de travaux. (voir ici le parcours d'Henry Ruhl que nous avons suivi à la trace )

Le Casino outre ses salles de jeux et son Grand Cercle, comporte un Théâtre de huit cent places, un Restaurant — les Ambassadeurs —, un jardin d'hiver, un salon de lecture, un salon-fumoir, une salle d’hydrothérapie et un jardin.
Le théâtre va présenter des spectacles de danse, des concerts symphoniques et bien entendu de nombreuses représentations théâtrales. Un orchestre philharmonique de 55 musiciens est attaché au casino.
Le "reste" d'Esplanade non bâti devant le Casino va s'appeler tantôt Place du Casino, tantôt Esplanade des Alliés ou du Casino, et c'est sur cette place qu'est inaugurée, le 13 avril 1912, la Statue en pied d'Edouard VII (1841-1910). Réalisée en marbre blanc, elle est dûe au sculpteur Pierre Puech Denys (1854-1942).
Faute de Kiosque à musique, les concerts sont joués en rond, en plein soleil devant le Casino. Finalement, en 1913, un premier Kiosque, démontable en bois, constitué d'une estrade avec un mat central et une sorte de balustrade, le tout sans toiture, est édifié à l'ombre clairsemée des palmiers de l'Esplanade. Il reste en place jusqu'en 1916-1917. Il faut noter que plusieurs structures de kiosques démontables se succèdent sur l'Esplanade, puisqu'on peut voir que les poteaux assurant le maintien et la structure des rambardes sont tantôt au nombre de huit, tantôt au nombre de douze, imprimant au kiosque une forme octogonale ou dodécagonale.
La guerre de 1914-1918 voit le Casino municipal transformé en Hôpital militaire.
En 1919, la société fermière du casino municipal de Cannes est créée avec à sa tête Eugène Cornuché (1867-1926), et aussitôt, le Casino est agrandi et transformé. Succède à Cornuché, François André (1880-1962), qui va diriger le Casino sans discontinuer jusqu'en 1962.
Cornuché et André, tous deux associés, vont gérer soit seuls, soit de concert, plusieurs hôtels et casinos situés à Ostende, La Baule, Trouville, Deauville et Cannes. François André est l'oncle de Lucien Barrière...
A partir de 1920, un nouveau Kiosque à musique, toujours en bois, bénéficie d'une nette amélioration par rapport au précédent : une toiture faite d'une toile zébrée rouge et blanche est installée, protégeant la Musique des coups de soleil et autres intempéries. Et, suprême faveur, une toile de même couleur est posée sur les parties latérales faisant face à la mer, destinée à couper les éventuels assauts du mistral faisant voler les partitions et les casquettes...
Entre 1932 et 1938, ce Kiosque, qui était très fréquenté compte tenu de cet emplacement de choix, disparaît du paysage.
En 1939, le hall du Casino Municipal est transformé pour accueillir le premier Festival international de cinéma.
Mille fauteuils sont achetés, le matériel de projection et de sonorisation également, la décoration est refaite : coût de l'opération 205.000 frs. Tout est préparé, la location des places est lancée, le festival est programmé du 1er au 20 septembre ; une seule projection sera réalisée, du fait de la déclaration de guerre qui va stopper net les festivités cannoises.
Il faut attendre la Libération pour que le Casino municipal ait enfin droit au véritable premier Festival international qui se déroule du 20 septembre au 5 octobre 1946. Le Festival suivant a lieu sur le nouveau Palais qui remplace le Cercle Nautique
(voir ici).

La Statue d'Edouard VII, détruite en 1943, est remplacée à l'identique par un second monument inauguré en 1952 dans le square Reynaldo-Hahn.
Le Casino municipal est détruit en 1979 et remplacé par le Palais des Festivals et des Congrès ; inauguré en décembre 1982, il accueille son premier Festival du Cinéma en 1983.
Kiosque disparu.


voir ici, Palais des Festivals et Congrès ayant supplanté le Casino municipal, aujourd'hui.
voir ici, Casino municipal cannois sur Cparama.

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publié par James Mektoub 17 Dim 18 Déc 2011 08:10

Descriptif du projet de Casino par la Municipalité Cannoise.
6 novembre 1905 — Nous avons indiqué dans un précédent article, les dispositions spéciales du futur Casino et les services qui en dépendent, il nous reste à examiner dans quelles conditions ont été prévus la salle de restaurant, les salons des jeux, du Cercle, etc.
C’est sur le même côté est du hall que s’ouvrira la salle de restaurant qui aura les dimensions de celle du fameux hôtel Ritz, place Vendôme, à Paris. Elle sera organisée par M. Ruhl, propriétaire de l’hôtel Scribe, à Paris.
Elle sera complétée, au midi, par un vaste jardin d’hiver ; à l’est, l’office, toilettes et w.-c. particuliers à la salle de restaurant. Des monte-plats et escalier de service y relieront la salle aux cuisines du sous-sol.
A l’ouest s’ouvrira, dans l’axe du hall, la salle des jeux qui sera précédée au midi par la salle de café du jardin d’hiver en symétrie de celui du restaurant.
Au nord de cette salle de jeux sera le salon de lecture, séparé des pièces plus bruyantes par un dégagement assez vaste qui servira également d’accès aux toilettes des dames, situées en sous-sol. Cette disposition assurera l’entière discrétion de ces nécessités. Les cabinets de toilette pour les hommes seront également aux sous-sol, mais ouvriront sur la face opposée du hall, près des vestiaires, qui donneront sur le péristyle à l’est de celui-ci.
A l’ouest de ce péristyle sera l’escalier du Cercle et de l’administration. Cette dernière et le logement du directeur occuperont, au premier étage, le corps du bâtiment couvrant le péristyle.
Le Cercle occupera l’aile ouest tout entière. Une vaste antichambre sur laquelle se dégageront les vestiaires, toilettes, salons de lecture et de correspondance et la grande salle des jeux divers sera aménagée.
De plus, la galerie vitrée qui est au midi du hall se répètera au premier étage ; un monte-plats la desservira, venant de la caféterie ; ce sera la salle des consommations et le fumoir du Cercle, traités sans doute en bar américain.
Cette galerie reliera, en outre, la salle des jeux de l’aile ouest à la salle de baccara, qui aura les belles dimensions de la salle de restaurant qu’elle surmontera. Ces salles, en plein midi, jouiront d’une vue splendide.
Dans le sous-sol, outre les vastes cuisines, caféteries et dépendances, les toilettes, se trouvera une salle d’escrime avec entrée indépendante par les jardins, vestiaire, salle d’hydrothérapie, etc.
Le chauffage sera assuré par un générateur produisant de la vapeur à basse pression.
Le jardin sera disposé et planté de façon à ne gêner en rien les terrasses et les salons du midi qui devront jouir de la vue sur la mer, les îles et l’Estérel et recevoir sans obstacle, les bienfaisants rayons de notre soleil.
On voit, par l’ensemble de ces dispositions, que le futur Casino de Cannes ne le cédera en rien comme aménagement confortable et luxueux à tous ceux des stations voisines.

(Journal Le Littoral)

Jetée Albert-Edouard avant et après construction du Casino municipal
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Inauguration du Casino Municipal de Cannes.
28 janvier 1907 — La ville de Cannes si comblée en charmantes villas, en belles habitations et en confortables hôtels, n'avait jusqu'à ce jour aucune distraction à offrir aux nombreux hivernants qui viennent annuellement rechercher le printemps perpétuel de la Côte d'Azur.
Cette lacune est désormais comblée par la création d'un somptueux Casino municipal, admirablement situé au centre même de la ville, sur la promenade même de La Croisette.
Inauguré dimanche dernier, au milieu du concours des notabilités de la ville, ayant à leur tête l'aimable M. Capron, maire, l'installation du Casino municipal de Cannes a été trouvée parfaite, et M. Ruhl, l'actif administrateur délégué de la nouvelle Société n'a reçu que des éloges. La cérémonie d'inauguration, malgré sa simplicité, avait cependant un apparat discret, sortait de la banalité. Un ruban tricolore fermait l'entrée du monument ; l'honneur de couper ce ruban devait revenir à Mme Capron, qui avait reçu pour cette cérémonie, d'artistiques ciseaux en or ; ayant aperçu dans l'assistance la comtesse Torby, femme du grand-duc Michel, un des hôtes les plus fidèles de Cannes, Mme Capron pria gracieusement la comtesse Torby de la remplacer, ce qui fut fait le plus aimablement du monde ; le ruban tombé, M. Capron, donnant le bras à la comtesse Torby, suivi de M. Arago, le sympathique député de Cannes ayant à son bras Mme Capron, visita le nouveau Casino dans tous ses détails, suivi d'un nombreux et élégant cortège.
Après le magnifique hall dont nous avons déjà décrit les grandioses dimensions et la parfaite composition, et où journellement, les abonnés, à l'heure du thé, entendront de très beaux concerts exécutés par un orchestre de soixante musiciens, dirigés par M. Laporte, des concerts Colonne, on a beaucoup admiré la salle du théâtre, véritable bonbonnière d'art et de bon goût, ornée de coquettes loges, aménagées avec tout le confort moderne, et de spacieux fauteuils permettront aux spectateurs de suivre, dans d'excellentes conditions, les oeuvres des meilleurs maîtres applaudies sur les scènes parisiennes. Des places populaires à bon marché seront aussi mises à la disposition du public.
La salle, du restaurant est une partie du monument qui mérite une mention spéciale, admirablement située en plein midi, avec vue sur la mer ; le succès du restaurant du Casino ne fait pas de doute ; les gourmets iront en nombre y savourer des mets exquis tout en contemplant un splendide panorama.
Un banquet de cent couverts, offert par la municipalité et présidé par M. Capron, maire, ayant à ses cotés MM. Arago, député, le Sous-préfet de Cannes, les conseillers municipaux, etc.. suivi d'un feu d'artifice, a clôturé l'agréable journée d'inauguration dont chacun gardera un excellent souvenir!
De nombreux abonnés sont, déjà inscrits au Casino ; c'est là le premier et sûr symptôme d'un succès certain., et d'ailleurs des plus légitimes.

Concert en rond sur l'Esplanade — Statue Edouard VII, Kiosque-Estrade octogonal et Casino municipal
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Inauguration du Monument d'Edouard VII
13 avril 1912 — La Méditerranée est fort agitée et cela va contrarier cette dernière journée des fêtes franco-anglaises, journée toute nautique, en l'honneur du plus célèbre yachtman de Cannes, le roi Edouard VII. A vrai dire, c'est Edouard, prince de Galles, que Cannes a connu et aimé et qui a aimé Cannes ; et c'est la mémoire du prince que l'on fêtait aujourd'hui plutôt que celle du roi. A tel point que le premier titre figure sur le socle et apparaît encore, bien qu'on ait dû l'effacer, un peu à regret, par convenance protocolaire.
Pour recevoir les ministres et les représentants du gouvernement anglais et de la marine, la ville de Cannes s'était faite plus jolie encore et les yachts gracieux qui se balançaient dans le port avaient arboré leur plus belle parure.
Les drapeaux claquaient entre les palmiers terriblement secoués par le vent. On avait mis partout des fleurs à profusion. On en voyait dans les corbeilles de la promenade, aux fenêtres des hôtels et des habitations, et surtout au casino municipal. Le superbe édifice est entouré par les troupes. C'est là, en effet, que les ministres seront reçus.
A midi environ, les autos du cortège sont signalées. Le conseil municipal, les autorités de Cannes et le corps consulaire s'avancent pour recevoir les visiteurs, tandis que les soldats présentent les armes et que la musique joue la Marseillaise.
A une heure, sir Francis Bertie et les ministres pénètrent dans la vaste salle du Casino où la municipalité de Cannes offre un banquet de 200 couverts. Parmi les convives, on remarquait, aux côtés de M. Poincaré, M. Gazagnaire, maire de Cannes, le grand-duc Michel de Russie, sir Francis Bertie, ambassadeur, MM. Delcassé, Millerand, Deschanel, ancien président de la Chambre des députés, le contre-amiral sir Douglas, Camble, le préfet des Alpes-Maritimes, M. Sauvan, sénateur, maire de Nice, MM. Raiberti, Louis Puech, députés, le général Mercier-Millon, commandant le 15e corps d'armée, etc.
Au dessert, des toasts sont prononcés par sir Francis Bertie, qui remercie la ville de Cannes d'avoir eu la pensée de glorifier, le roi Edouard VII, et par M. Poincaré.
L'inauguration du monument.
Une tribune fleurie est dressée devant le monument voilé. Marins et soldats français et anglais font la haie tout autour, ainsi que sur le parcours du Casino. Au lieu de l'inauguration, la foule est compacte. Partout les troupes et la police la maintiennent difficilement au delà de frêles barrières. Les tribunes et les places réservées sont, comme hier à Nice, emplies d'un élégant public de dames en printanières et d'hommes en brillants uniformes.
L'arrivée des ministres est saluée par la Marseillaise et le God save the king. Les personnages officiels prennent place aux tribunes.
En rade, les navires anglais et une foule d'embarcations et de yachts croisent, malgré le mauvais temps. Les cuirassés saluent la terre de coups de canon. C'est le signal de l'inauguration. Le voile se déchire, la statue apparaît, tandis qu'on applaudit frénétiquement. (...) (discours)
Après l'inauguration les ministres et sir Francis Bertie se sont rendus à la villa du grand-duc Michel, d'où ils ont assisté au féerique défilé des yachts de Cannes devant le Good-Hope.
Ce soir, à Cannes, le port est illuminé. Sur les promenades et au Casino, la population danse, ce qui constitue la plus agréable façon de clôturer des réjouissances en l'honneur d'un roi aimable et galant homme.

Esplanade et Kiosque-estrade dodécagonal (en fond central, Hôtel Carlton) — Statue Edouard VII et Kiosque couvert
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Les fêtes de l'Entente Cordiale à Cannes. Bataille de Fleurs sur l'Esplanade.
1er avril 1929 — Une ville provençale qui fête l'Angleterre avec sa fougue et aussi son sens aigu de l'élégance, voici le spectacle que nous donne Cannes depuis quatre jours en l'honneur du 25e anniversaire de l'Entente cordiale. C'est aujourd'hui que se déroulent les cérémonies les plus importantes du programme : les manifestations devant les statues d'Edouard VII et de lord Brougham.
De Vallauris à la Bocca, sur tout le littoral, il n'y a pas une chambre d'hôtel à louer. Les trains, les autocars, des caravanes de voitures de luxe ont amené à Cannes une foule qu'on n'avait jamais vue ici. Cannes est vouée aux couleurs françaises et anglaises. Ce sont partout des drapeaux, des guirlandes, des arcs de triomphe de bienvenue. Cannes a voulu mériter son doux nom de ville des fleurs : il y a des œillets, des pervenches, des roses, des violettes partout. Aux étalages, aux balcons, dans les corbeilles, des petites filles qui fleurissent les corsages et les boutonnières.
La Croisette et le port composent un spectacle particulièrement chatoyant. La statue d'Edouard VII est couronnée d'un dais de feuillages que supportent de hauts mâts fleuris. Au pied du socle, des jardiniers habiles ont mis ce matin la dernière main à un parterre provençal.
Tout, autour se dressent des tribunes décorées de velours rouge et au-dessus desquelles s'envolent les tulipes roses et mauves de la bataille de fleurs qui se déroulera cet après-midi sur l'esplanade.
Les yachts ripolinés du port éparpillent sous l'azur leurs oriflammes en triangles verts, jaunes et rouges, qui courent de mât en mât. Au large, les flottes française et anglaise découpent leurs silhouettes grises et pesantes sur l'horizon.
La matinée.
Depuis 9 heures, des musiques ont défilé : fanfares militaires, harmonies des villes voisines. Il y en a une qui vient d'Alsace et en tête de laquelle marchent des jeunes filles de Sainte-Odile, à la coiffe fleurie, sorties d'une image d'Hansi.
A 10 heures, le cortège qui doit se rendre aux statues de lord Brougham et du roi Edouard VII se forme à l'hôtel de ville. Il y a là M. Benedetti, représentant M. Briand, lord Derby, président du comité France-Grande-Btetagne ; M. Charabot, sénateur des Alpes-Maritimes, M. Gassin. président du conseil général. Les lords-maires de York, Manchester, Cardiff, Hastings portent les toges de pourpre. Les officiers des escadres anglaise et française sont en uniforme de parade.
Des groupements d'anciens combattants ont envoyé leurs drapeaux.
Le cortège, en sortant de l'hôtel de ville, s'arrête devant le monument aux morts pour la minute de silence. Les fanfares jouent le God save the king, puis la Marseillaise et les officiers se rendent à la statue de lord Brougham, édifiée allée de la Liberté. Une nièce du grand lord dépose une gerbe de glaïeuls et d'oeillets et M. Lacour lit un discours dans lequel il rappelle comment lord Brougham fonda Cannes, station des élégances. C'est l'évocation en surimpression du petit port de pêche qui penchait vers la mer les vieilles maisons provençales du Sud-Est.
La statue d'Edouard VII domine l'esplanade plantée de palmiers opulents, qui est comme l'antichambre de la Croisette. On avait préparé, devant la statue du grand roi, un parterre de fauteuils.
Plus de 20.000 personnes sont groupées derrière les barrières et forment la haie sur le passage du cortège. Un détachement des marins du Pamidies et de La Lorraine, une compagnie du 20e bataillon de chasseurs rendent les honneurs.
A 11 h. 15 le duc de Connaught est reçu par M. Capron, le vénérable député-maire de Cannes. Le duc de Connaught passe, en revue les marins et les chasseurs, puis on découvre en sa présence la plaque qui commémorera les fêtes du 25e anniversaire de l'Entente cordiale.
(...) (discours)
A 13 heures, un grand déjeuner réunît aux Ambassadeurs les invités de la ville de Cannes. C'est l'entr'acte avant la seconde partie du programme qui comprend une bataille de fleurs sur la Croisette où défileront pour plus de 200.000 francs d'œillets et de roses, et la fête nautique au cours de laquelle les violons et la mer accordés par une même mélodie se répondront.

Esplanade, Casino et Kiosque octogonal couvert
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 8 juin 2015 10:18

CAPDENAC-GARE - Place du 14 juillet
(AVEYRON)
La Commune Aveyronnaise de Saint-Julien-d'Empare est choisie en 1857 par la Compagnie des Chemins de Fer Paris-Orléans pour accueillir une grande gare de triage qui prend le nom de Capdenac-Gare en 1859, du fait de sa proximité avec la Ville de Capdenac dite Capdenac-le-Haut, située, elle, dans le département voisin du Lot.
Du fait des exploitations houillères voisines d'Aubin-Decazeville, le trafic ferroviaire prend une ampleur considérable, et la gare suit cette expansion, occupant treize hectares. La Cie Paris Orléans, afin de loger le personnel nombreux qu'elle emploie, fait construire quatre grandes maisons ouvrières qui seront appelées casernes. Tant et si bien qu'au vu du développement de Capdenac-Gare, il est décrété en date du 16 mai 1891 que la commune de Saint-Julien-d'Empare portera, à l'avenir, le nom de Capdenac-Gare qui devient une commune à part entière.
Au départ de Capdenac, cinq lignes vont être créées : Capdenac-Rodez (1860) ; Capdenac-Brive (1862) ; Capdenac-Toulouse (1864) ; Capdenac-Aurillac (1866) ; Capdenac-Cahors (1886).

Dès 1876, sur la Place du 14 juillet se tiennent les marchés, le Foirail ; en 1899, l'Eglise Notre-Dame des Voyageurs y est bâtie, pour une partie grâce au bénévolat.
En 1897-1898, un investisseur parisien fait bâtir en pierre, un bel immeuble de rapport sur la place du 14 juillet (bâtiment à gauche sur notre carte). Appelée la Maison Castagné, elle est vendue aux enchères en 1912, puis cédée à la commune en 1923.
La Compagnie Paris Orléans va continuer à aider au financement communal : ainsi, elle fait édifier un Kiosque à musique octogonal vers 1900, sur la Place du 14 Juillet ; les rails de chemin de fer ne lui revenant pas trop cher, elle charge l'entrepreneur d'en utiliser en guise de colonnes. L'Harmonie de Capdenac-Gare, créée en 1895, peut enfin exercer son talent dans des conditions favorables.
Si la Compagnie des Chemins de Fer Paris-Orléans dirige de main de maître sa gare ferroviaire Capdenacoise, il en va tout autrement de la Gare Voyageurs de Capdenac-Gare, dont les administrés vont avoir à se plaindre durant plus de 30 ans.
(voir ici, PETIT PLUS sur la Gare de Capdenac)
Le 16 avril 1922 a lieu l'inauguration d'un monument aux morts au centre de la Place du 14 Juillet. Les sculptures de bronze sont dûes à Eugène Bénet (1863-1942) pour le "Poilu victorieux" et à Jules Déchin (1869-1947) pour le "Soldat blessé".
Le Kiosque à musique est toujours actif, de nombreuses fêtes s'y déroulent à toute époque de l'année.
Monument aux morts et Kiosque toujours en place.


voir ici, Kiosque de la place du 14 juillet de Capdenac-Gare, aujourd'hui (juillet 2013).

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publié par JeanMarc Lun 8 Juin 2015 10:03

Inauguration du monument aux morts
Dimanche 16 avril 1922. — Capdenac (Aveyron). L'inauguration du monument aux morts de la guerre a eu lieu dimanche, après une messe en musique, où M. l'abbé Boyer, curé de la paroisse, prononça une patriotique allocution. Etaient venus à la cérémonie le sénateur M. Vidal, les quatre députés et le sous-préfet. Ce fut une journée d'union sacrée. (Journal Eglise d'Albi : la semaine religieuse du 20 avril 1922)

voir ici, Monument au morts de Capdenac-Gare, aujourd'hui.
et Ici, Concert 19 juin 2010.

Capdenac-Gare - Clocher de l'Eglise et Monument aux Morts
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publié par Cyril Dim 5 Jan 2014 13:17

Les Foires de Capdenac-Gare
Dès 1876, le conseil municipal de St-Julien-d'Empare demande auprès du Conseil Général, la création de 10 foires, qui se tiendraient à la gare de Capdenac le 1er lundi de chaque mois, à l'exception des mois de février et septembre. Demande à laquelle, Villefranche sa voisine s'oppose, voulant tout de même bien lui accorder une foire tous les deux mois, soit 6 dans l'année.
Aussi, le conseil municipal se réunit le 12 novembre 1876, et pour se conformer au désirs de Villefranche, propose que ses six foires, au lieu de dix, se tiennent les 6 janvier, 6 mars, 6 avril, 6 août, 6 octobre et 6 décembre de chaque année. En 1879, on en discute encore au Conseil général, mais finalement, peu après les opposants vont baisser la garde et les six foires sont accordées à Saint-Julien-Capdenac

Foires modestes à leurs débuts, elles vont prendre de l'importance dans le même temps que l'expansion ferroviaire et l'embauche du personnel de la Cie Paris-Orléans. Le Journal "Le Cultivateur Aveyronnais" relate régulièrement les évènements liés aux foires :

— 18/12/1892. La municipalité de Capdenac-gare a l'honneur de rappeler au public, qu'à partir du 6 janvier prochain inclus, les foires de la localité se tiendront sur un vaste foirail qu'elle vient d'acquérir, et où les propriétaires et éleveurs de la région doivent amener en grand nombre leurs animaux (boeufs gras, boeufs de travail, vaches, veaux, chevaux, mulets, moutons, porcs, etc). Elle invite les propriétaires et les marchands à lui prêter leur bienveillant concours pour que l'inauguration de son foirail soit le point de départ et assure à ces foires pour l'avenir, l'importance que comporte leur situation exceptionnelle.
— 5/2/1893. La municipalité de Capdenac remercie les propriétaires de la région d'avoir répondu à son appel en amenant en grand nombre leurs animaux de toute espèce et les engage à persévérer dans ces dispositions, surtout en ce qui concerne le gros bétail, représenté à la dernière foire par plus de cinq cents têtes, magnifique début qui consacre sûrement le succès de nos foires aux boeufs, dont l'inauguration a eu lieu simultanément avec celle de notre vaste foirail.
— 12/3/1893. Capdenac-Gare. — Foire du 6 mars. Nos foires qui se tiennent à la date fixe du 6 de chaque mois, prennent une grande extension. Malgré la saison printanière où les paysans sont occupés aux travaux des champs, notre foire était largement approvisionnée en bestiaux de toute espèce. Beaucoup de marchands de bestiaux étaient arrivés à cause des facilités d'embarquement et de la promptitude des transports. Vendeurs et acheteurs ont un intérêt commun à se donner rendez-vous sur la place de Capdenac-Gare.
Les moutons en énorme quantité, se sont presque tous vendus. Les porcs gras, malgré la saison un peu avancée, se sont rapidement enlevés, à des prix variant entre 30 et 42 centimes le 1/2 kilo. Les boeufs gras se sont tous vendus. De grandes transactions se sont opérées sur les boeufs et vaches de travail. Succès complet.

Donc tout va pour le mieux, les foires se portent bien. Jusqu'au 28 septembre 1916, où Villefranche, l'ennemi juré de Capdenac-Gare, obtient du Conseil de l'Aveyron, par un tour de passe-passe, de faire passer ses propres foires, les mêmes jours que Capdenac ! Le tour consistait à demander la suppression de six marchés foires de Villefranche qui se tenaient les 1er jeudi d'octobre à mars, et dans le même temps la création de douze nouvelles foires qui se tiendraient le 6 de chaque mois.
Cette décision eut pour effet de doter la ville de Villefranche de vingt-quatre foires qui se tiendraient le 6 et le 22 de chacun des mois de l'année.
L'affaire ne passa pas inaperçue des administrés de Capdenac-Gare. Le 12 novembre 1916, le Conseil municipal délibère, appuyé par une pétition des commerçants capdenacois en date du 9 décembre 1916, pour protester contre la fixation au 6 de chaque mois de ces foires, coïncidant exactement avec les leurs, et demander à ce que les foires de Villefranche soient fixées au 8 de chaque mois. Le conflit 1914-1918 va enterrer l'affaire jusqu'en 1923 où celle-ci va reparaître devant le Conseil Général de l'Aveyron, Villefranche demandant l'application de la décision du 28 septembre 1916...


Capdenac-Gare - Foire Place 14 juillet — Le Foirail
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La Lyre de Capdenac-Gare fait le Tour de France !
16 juillet 1939. Royan. — Aujourd'hui, première journée de repos pour les coureurs du Tour. La ville de Royan a prévu tout un programme de fêtes en cet honneur. Le voici :
Concours de pèche au carrelet réservé aux journalistes du Tour.
Plage de Foncillon : Jeux nautiques réservés aux conducteurs de voitures publicitaires.
A 15 heures, au Parc et à l'Oasis : Pelote basque.
A 16 heures : Concert au kiosque à musique, place des Galeries-Botton par la Lyre de Capdenac-Gare.


Concours international de musique de Capdenac-Gare de 1937.
Le Comité d'organisation du Concours international de musique de Capdenac-Gare sollicite une subvention du Conseil Général de l'Aveyron. Ce concours doit avoir lieu à Capdenac le 5 septembre 1937.
Votre Commission des Finances vous propose de voter une subvention de 1.500 francs.
M. Fourgous demande que la subvention accordée soit portée au moins à 2.000 francs.
La proposition de M. Fourgous est adoptée. La subvention de 2.000 francs est accordée.


L'Harmonie Municipale de Carmaux à Capdenac.
6 octobre 1935. — Le dimanche 6 octobre, répondant à l'invitation de la Municipalité de Capdenac, notre sympathique société de musique se rendit dans cette ville. A 4 h. 30, heure fixée pour le rassemblement, tout le monde était présent, tous sauf un, des plus indispensables et des plus importants, qui, pour ne pas s'oublier, n'avait pu dormir de la nuit... pour être terrassé par le sommeil quelques minutes avant le départ. On parvint néanmoins à le sortir de son sommeil de plomb et les 2 autobus s'enfoncèrent dans l'épais brouillard qui couvrait la terre ce matin-là et qui ne nous permit pas d'apprécier, comme elles le méritaient, les belles régions traversées.
Après un court arrêt à Villefranche-de-Rouergue qui nous permit de calmer l'appétit aiguisé par cette promenade matinale, nous arrivâmes à destination à l'heure prévue. Avant les manifestations nous pûmes visiter et admirer les belles réalisations de cette municipalité socialiste et nous eûmes le plaisir de constater une fois de plus que les villes administrées par le parti socialiste réalisent en peu de temps ce que les autres n'ont pu faire durant des décades.
Les clairons, tambours et musiciens de Carmaux eurent une journée bien remplie. Ils furent de tous les cortèges, de toutes les manifestations, et elles furent nombreuses ! Les vétérans, comme les jeunes, furent pleins de dévouement et d'enthousiasme, ils accomplirent, avec le sourire, tout ce qui leur fut demandé.
En revanche, ils méritèrent de nombreux et chaleureux applaudissements.
Au cours du banquet qui réunissait près de 600 convives (ce qui est merveilleux pour une ville de 4 à 5.000 habitants), nous eûmes le plaisir d'entendre les discours, combien émouvants et pathétiques, d'une brochette d'orateurs de choix : Suzanne Buisson, Maurice Paz, Vardelle, Germaine Picard-Moch, Jules Moch, Paul Faure, après avoir clairement exposé la situation actuelle pleine de menaces, à l'intérieur comme à l'extérieur, tirèrent les leçons de cette belle manifestation.

(L'Eveil ouvrier 19 octobre 1935)

La Banda d'Auvergne fondée en 1973 à Capdenac, fusionne en 2010 avec L'Harmonie de la Gare de Capdenac, pour former la Lyre Capdenacoise. (il existait déjà jusqu'en 1939, la Lyre de Capdenac-Gare). Ici, la Banda d'Auvergne.
Groupe Peira de Fuoc sur le Kiosque de Capdenac en août 2011.
La Lyre Capdenacoise en 2009 lors de la Fête de la musique..

En 1903, l'Harmonie de Capdenac-Gare, créée en 1895, est dirigée par le chef Conte, le sous-chef Estival et compte 25 exécutants.

Une description de Capdenac-Gare pas très alléchante, surnommée pour la circonstance Capdenac-le-Bas !
Le village de Capdenac-le-Bas offre peu d'intérêt au touriste, au point de vue pittoresque.
C'est un petit bourg aux maisons alignées sur la grand'route et sur lesquelles la fumée des machines a plaqué un noir crépi de suie. De chaque côté de cette route s'ouvrent des épiceries qui soufflent des salures de morue, des ateliers de forgerons où retentit bruyamment l'enclume et des « cafés » où les « hommes d'équipe « se délassent en faisant une partie de « manille », dans un étourdissant vacarme.
Dans les rues, toute une fourmilière d'enfants. Les uns jouent aux boutons et les arrachent parfois à leurs culottes criblées d'ajoutages ; d'autres, plus philosophes, dévorent paisiblement une tartine de confiture. D'autres, enfin — les plus espiègles — se suspendent à la queue du pauvre âne qui passe, tandis que la marchande vocifère contre eux des imprécations d'enfer.
L'incomparable crayon de Léonnec pourrait seul nous rendre un si humoristique croquis.
Le village est baigné par le Lot qui descend des montagnes de la Lozère où il a sa source (Bleymard) et forme la limite des départements de l'Aveyron et du Lot.
Cette rivière d'une longueur de cinq cents kilomètres, en parcourt cent soixante-cinq dans le département du Lot. Son cours est fort capricieux. Nous la voyons, tantôt paisible, arrosant des vallées fertiles et sinueuses, côtoyant des coteaux couverts de vignes et de bois ; et tantôt furieuse, mugissant sous l'écume de ses ondes, heurtant à d'immenses rochers qui semblent vouloir lui barrer passage.
Des rochers à fleur d'eau qui forment, çà et là, des brisants, ont nécessité la construction de nombreuses écluses pour assurer la navigation des bateaux.
Non loin de la gare — en aval — le Lot forme une presqu'île sur laquelle se dresse fièrement Capdenac-le-Haut, antique oppidum que plusieurs savants affiment être Uxellodunum, le dernier rempart des Gaules.
(15 juin 1887 Journal Le Feu Follet)
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 10 juin 2015 09:11

CARCASSONNE - Kiosque Sainte-Cécile
(AUDE)
voir ici, les renseignements déjà publiés sur le kiosque du Square Gambetta de Carcassonne.

Dû à l'architecte Léopold Petit (1837-1911), le Kiosque du Square Gambetta est parfois appelé Sainte-Cécile, nom probablement lié à l'Harmonie éponyme, fondée en 1867, qui y donnait des concerts hebdomadaires à la belle saison. L'Harmonie n'était toutefois pas seul locataire du kiosque. Les musiques militaires y ont, depuis 1871, attiré bon nombre d'amateurs comme partout en France jusqu'en 1914.
Les casernes ne manquent pas à Carcassonne : caserne Laperrine, Caserne Iéna sans compter le château comtal de la cité qui loge également une compagnie. De 1871 à 1914 le 17ème régiment de dragons réside à Laperrine.
En 1879 le 3ème bataillon du 15ème R.I. est affecté à Carcassonne, caserne Iéna, le reste du Régiment étant cantonné à Castelnaudary. En 1907, l'ensemble du Régiment part pour Albi où, en 1914, il est toujours présent. En 1914, c'est une compagnie du 143ème R.I. qui vient s'installer à Iéna, son unité principale restant cependant à Albi. Le 3ème régiment d'Artillerie est également présent à Carcassonne. La plupart de ces régiments possédant une musique, le Kiosque est, comme il se doit, très sollicité.
Comme nous l'avons vu, le Square et son Kiosque sont détruits en 1944. Un nouveau Kiosque à musique, dodécagonal, est édifié dans les années 1950, sur le boulevard du Commandant Roumens, non loin du Cinéma l'Eden. Trente ans après, faute d'entretien, il est supprimé.
Kiosques supprimés et détruits.

Image
publié par JeanMarc Mer 10 Juin 2015 08:58

Statues et monuments du Square Gambetta
La Statue figurant à droite du Kiosque sur notre carte représente La Poésie. Les monuments qui trônaient dans le square Gambetta ont subis des sorts différents :

— La Poésie
Statue de marbre de 1883 de Théophile Barrau (1848-1913), version plâtre présentée au Salon de 1880.
Détruit pendant la Seconde Guerre mondiale en même temps que le Kiosque et le Square.


— Mercure
Statue de marbre de Ludovic-Eugène Durand (1832-1905), certainement installé en 1883, en même temps que son pendant La Poésie ci-dessus, à gauche du Kiosque à musique. Exposé au Salon de 1874. Réhabilité dans le le jardin du Musée des beaux arts en 2013, mais mutilé d'un pied et de deux mains. voir Ici.

— Achille Mir (1822-1901), poète de langue occitane.
Statue de bronze et fonte du sculpteur Paul Ducuing (1867-1949).
Inaugurée en 1908, elle terminera fondue pour l'armement en 1941.

Square Gambetta - La Poésie — Mercure — Achille Mir.
Image

— Allégorie de la France blessée.
Statue en marbre blanc de Jacques Villeneuve (1865-1933).
Installée sur l'îlot des cygnes du square, elle a été transférée, lors de la destruction du jardin, au Carrefour rue Antoine Marty à Carcassonne, puis au cimetière Saint Michel, aujourd'hui.
voir Ici.

— Hommage à Paul Lacombe (1837-1927), compositeur.
Monument dû au sculpteur Henry Parayre (de son vrai nom Henry Anaclet) (1879-1970).
Payée à l'aide de souscriptions publiques, puis de subventions municipale et ministérielle, la sculpture aura coûté au total la somme de 29783,55 francs.
Inaugurée le 21 juillet 1929 et installée contre le Kiosque à musique. Transférée après 1945 dans le jardin de l'Auditorium, à Carcassonne, mutilée au visage.
voir Ici.
et Ici.

Carcassonne - Square Gambetta - France Blessée et Paul Lacombe
Image

5 mai 1867 — Un grand concours de musiques militaires aura lieu à Carcassonne, le 5 mai prochain, M. A. Elwart présidera ce concours auquel prendront part un grand nombre de fanfares et de musiques orphéoniques.

24 juillet 1904 — M. Combes, président du Conseil, assistera au concours de sociétés musicales de Carcassonne et participera à un banquet de 2.500 couverts.
M. Combes a parlé pendant une heure un quart. Il est rentré ensuite à la préfecture où, du haut de la terrasse, il a assisté avec le ministre de la guerre et les autres personnages officiels au défilé des Sociétés musicales ayant pris part au concours qui fut le prétexte des fêtes et de la manifestation oratoire de Carcassonne.


CARCASSONNE - Kiosque du boulevard Commandant Roumens
(CPM Lapie détails)
Image

Harmonie Saint Cécile devant le Kiosque éponyme — Harmonie place Carnot en mai 2014
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Sociétés musicales actives à Carcassonne en 1909 :
Société Ste-Cécile (harmonie), fondée en 1867, direction Mir, 55 exécutants ;
Musique municipale (harmonie), président Sauzède, maire de Carcassonne, direction Argaing, ex-chef de musique, 80 exécutants ;
Union orphéonique (chorale), fondée en 1851, direction Michel, section hommes seuls, 45 exécutants ;
La Micheline (orchestre et harmonie), président Michel Sabatier, direction Jacques Sabatier, 60 exécutants ;
Orphéon de la Ville, direction Patau, 45 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 12 juin 2015 07:35

CARMAUX - Parc du Pré-Grand - Vue générale de l'entrée
(TARN)
Jusqu'au 14 janvier 1744, l'exploitation des mines de charbon en France se faisait anarchiquement. A cette date, un décret royal va la réglementer et nul ne peut extraire de charbon sans y être autorisé au préalable, et sous certaines conditions tenant essentiellement à la sécurité.
Aussitôt, Paulin de Solages (1706-1778), seigneur puis marquis de Carmaux, s'empresse de se conformer à la nouvelle législation et va même jusqu'à étendre sa demande de concession sur toutes les mines de sa seigneurie, même celles qu'il n'exploite pas, ce qui lui occasionne nombre de procès...
Le 12 septembre 1752, le Chevalier Gabriel de Solages, frère de Paulin, obtient la concession des mines situées dans un rayon d'une lieue à l'entour de son château de Blaye. Puis, il se lance dans l'ouverture d'une verrerie. En 1767, le Chevalier de Solages obtient le renouvellement de sa concession pour 50 ans.
C'est ainsi que la famille de Solages va régner en maître sur Carmaux pendant deux siècles, jusqu'à la nationalisation des mines en 1946. (1)
La famille de Solages, grande propriétaire foncière à Carmaux, cède à la commune en 1920 sa ferme de Fontgrande, bientôt transformée en cité ouvrière. Dans le même temps, Ludovic de Solages vend en 1923, un terrain de plusieurs hectares à la Société des Mines de Carmaux afin d'y créer le parc du Pré-Grand.
Ce parc, dessiné par René-Edouard André (1867-1942), aménagé à la française, est agrémenté d'un bassin avec jet d'eau, de sculptures et d'un Kiosque à musique décagonal, construit en 1925.
En 1980, histoire de procéder à la reconversion du bassin minier de Carmaux, on subventionne à tour de bras pour la création d'entreprises nouvelles. Parmi celles-ci, Air-Océan pour qui on fait place nette en détruisant le Parc du Pré-Grand et son Kiosque à musique, juste le temps d'absorber les aides publiques, avant une cessation d'activité consommée le 19 juin 1998.
Kiosque supprimé.


Image
publié par JeanMarc Jeu 11 Juin 2015 13:03

Parc du Pré-Grand détruit en 1980, Chemin de la Vente à Carmaux, aujourd'hui.
Image

Si Carmaux est nationalement connu pour ses grèves de 1892 à 1895, il aurait été très mal considéré qu'on puisse y faire la fête ! Quitte à être précurseur en la matière, il fallait s'en tenir à l'image donnée ; au point que l'Harmonie et la Fanfare de Carmaux étaient obligées de s'expatrier afin de démontrer leur talent. Et donc, il nous a été impossible de trouver la moindre liesse carmausine, en dehors de la sainte célébration du 1er mai et du 14 juillet. Mais rien n'empêchait nos carmausines et carmausins revanchards d'aller guincher et festoyer dans les villes voisines. Blayes-les-Mines, Monestiés et Saint-Benoît, toutes trois situées à quelques kilomètres de Carmaux, ne se privaient effectivement pas de faire la fête !

Fêtes à Blaye-les-Mines : Musique, Grand-bal, Farandole, Labirou et Rumba !
1er juin 1935 Grandes fêtes de juin. Quelques jours seulement nous séparent de notre fête dite « Louaïro », qui sera célébrée cette année les 1er et 2 juin. Rien n'a été négligé afin que les innombrables étrangers, qui nous rendront visite ces jours-là, gardent un bon souvenir de chez nous.
Programme. Samedi 1er juin. — A 18 heures aura lieu la réception de la musique de la fête, phalange de virtuoses qui émerveilleront les plus difficiles. Annonce de la fête par des salves d'artillerie. A 21 heures, Grande illumination électrique, grand bal jusqu'à minuit, farandole.
Dimanche 2 juin. — 9 heures, Tour de ville par la musique de la fête, aubade aux commerçants ; 11 heures apéritif-concert, bal ; 14 heures, Grand bal place Victor-Hugo, jeux forains ; 21 heures, Grande illumination à la giorno, grand bal, grande fête foraine ; 24 heures, Grande farandole finale monstre, suivie de « Labirou » traditionnel et d'une exhibition de « Rumba ». Que les amateurs prennent note.
Ces fêtes s'annoncent d'ores et déjà, comme devant être très belles. Un grand nombre de forains ont déjà réservé leur emplacement, parmi eux figure un petit manège qui fera la joie des tout petits. Notre dernier souhait est que le beau temps nous favorise et permette à nos fêtes de se dérouler avec tout leur éclat habituel.


Fêtes à Monestiés : Labirou avec le concours de M. Balai ; le Père Noël en Septembre !
4 septembre 1935Fêtes de la Belle-Croix. Programme :
Samedi 14 septembre. — A 18 h., Réception de la musique ; 20 h. 30, Grand Bal jusqu'à 24 heures.
Dimanche 15 septembre. — A 7 h., Réveil salves d'artillerie ; 9 h. Tour de ville avec la musique ; 10 h. H0,
Pose d'une gerbe au Monument aux Morts ; 11 h., Apéritif-concert jusqu'à 12 heures; 14 h. 30., Grand bal jusqu'à 18 heures ; 20 h. 30, Danse jusqu'à 24 heures ; 24 h , Traditionnel Labirou avec le concours de Monsieur Balai.
Lundi 16 septembre. — A 14 h., Bal jusqu'à 10 heures ; 16 h., Concours de manille (café Négrier), Jeux enfantins ; 20 h. 30, Tirage de la Tombola par le Père Noël ; Bal jusqu'à minuit.


L'Harmonie Municipale de Carmaux à Capdenac.
6 octobre 1935. — Le dimanche 6 octobre, répondant à l'invitation de la Municipalité de Capdenac, notre sympathique société de musique se rendit dans cette ville. voir ici, suite de cette virée à Capdenac.

Une des rares manifestations de liesse à Carmaux : 14 juillet 1937
19 juin 1937 — Nous avons annoncé il y a quelques temps la création d'une nouvelle société orphéonique : La Lyre Populaire de Carmaux.
Nous sommes heureux aujourd'hui de faire connaître à la population de Carmaux que cette phalange de 45 membres exécutants paraîtra en public à l'occasion de la fête nationale du 14 Juillet.
Ce concert aura lieu sur le kiosque municipal avec le concours de l'Harmonie Municipale de Carmaux, sous la haute direction de Monsieur Routard. Ces deux sociétés réunies comptent au total 110 membres et travaillent actuellement à élaborer un programme qui, nous en sommes sûrs, recueillera l'approbation de tous.
Une collaboration étroite, de la camaraderie, de la discipline, de la modestie, telles sont les devises que se sont imposées ces deux sociétés réunies pour distraire et charmer la cité ouvrière de Carmaux.
Répétition générale vendredi 17 juin avec l'Harmonie à la salle de cette dernière rue du Rajol à 20 h. 30 très précises
.

Carmaux - Fanfare Sainte Barbe, dissoute en 1956.
Image

Fêtes à Saint-Benoît : Où l'on retrouve le Labirou, la farandole des belles-mères, la bataille des Caméléons, l'apéritif des boit-sans-soif...
17 juillet 1937 — Nos fêtes. Programme :
Samedi 17 juillet. — A 19 heures, salves d'artillerie ; à 20 h. 30, tour de ville par la musique de la fête (départ de Fontgrande) ; à 21 heures, grande illumination électrique modèle Exposition des Arts décoratifs ; à 21 h. 30, grand bal pour la jeunesse ; minuit, grande farandole.
Dimanche 18 juillet : à 7 heures, réveil en fanfare ; à 9 h. 30, réception de la musique à Fontgrande avec bal champêtre sur la place du marché ; 11 heures, réception à la Mairie par la Municipalité, apéritif d'honneur ;
11 h. 30, dépôt d'une gerbe, offerte par le Comité, au Monument aux Morts ; à 14 h. 30, tour de ville, grand bal sur la place du Centre ; à 15 heures, départ de la grande course cycliste , à 15 h. 30. bataille des caméléons, deux grands as connus de tout le monde: Milou et Justin ; à 17 h. 30, apéritif-concert pour tous les « boit sans soif » ; à 18 h., tour de ville en fanfare ; à 20 h. 30, défilé dans Fontgande ; à 21 h., bal sur la place du Centre ; minuit, grande farandole endiablée avec le concours des belles-mères et des jeunes filles à marier.
Lundi 19 juillet: à 10 h., tour de ville à Fontgrande ; à 11 h., apéritif-concert ; à 14 h. 30, tour de ville ; à 15 h. jeux enfantins ; à 17 h., tirage de la tombola ; à 18 h., apéritif-concert ; à 18 h. 30, tour de ville ; à 19 h., bal champêtre place du Centre ; à 22 h., brillant feu d'artifice d'actualité.
Minuit, l'heure des grandes émotions, farandole finale avec le concours de tout le monde. Labirou traditionnel clôturera cette charmante et belle fête, où l'entrain, la joie et la gaîté auront été de rigueur.


Les Enfants de Carmaux organisent un concours dans leur ville.
4 juin 1938 — Demande de L'Orphéon « Les Enfants de Carmaux ». — Le citoyen Maire donne lecture à l'Assemblée d'une lettre par laquelle L'Orphéon «Les Enfants de Carmaux» fait part de son intention d'organiser, dans notre Ville, un festival orphéonique qui aurait lieu le 24 juillet prochain.
Pour en assurer le succès, il sollicite l'aide morale et matérielle de la Municipalité.
A l'unanimité, l'Assemblée accueille favorablement cette demande et les services municipaux se mettront en rapport avec les promoteurs pour l'organisation matérielle de la fête, autant sur les places publiques qu'au Stade municipal de Solages.


Statues qui agrémentaient le parc du Pré-Grand de Carmaux : A la terre, par Boucher — Maternité, par Paul Dubois — Mineur, par Graf.
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Fêtes générales à Monestiés : L'Harmonie Sainte-Barbe de Carmaux et le Char de la Blague et du Rire en vedettes, bal endiablé, farandole et Labirou. Course à l'oeuf, grande nouba des belles mères !
2 juillet 1938 — Fêtes Générales des 2, 3 et 4 juillet
Samedi 2 juillet. — A 21 heures, retraite aux flambeaux et démonstration gymnique par l'Union Municipale de Carmaux ; embrasement général du bourg ; attractions et bal.
Dimanche 3 juillet. — A 7 heures, aubade aux habitants; à 11 h., dépôt d'une gerbe au Monument aux Morts; à 11 h. 30, tour de ville des fantaisistes locaux sur le char de la Blague et du Rire ; vente des pochettes-surprise ; à 15 heures, Théâtre de plein air, représentation du « Barbier de Séville » ; concert par l'Harmonie Ste-Barbe de Carmaux ; à 18 h., apéritif-concert ; à 21 h., grandes illuminations et bal endiablé ; à 24 h., farandole et Labirou.
Lundi 4 juillet (Foire). — A 10 heures, jeux divers, à 1 heure, concours de coinché, course au sac, course à pied, Course à l'oeuf, jeux de la poèle, jeux de la farine, jeux du tonneau etc. ; à 21 heures, concours de travestis doté de nombreux prix. Défilé à travers la ville. Bataille de confetis. Bal. Grande Nouba finale des belles-mères.
Mardi 5 juillet. — A 17 heures, apéritif des Vaseux et tirage de la tombola gratuite.
L'excellente musique l'Harmonie Sainte-Barbe de Carmaux (cinquante exécutants) jouera l'ouverture du Barbier de Séville et nous fera entendre aux entr'actes ses plus beaux morceaux.


Jaurès, incontournable à Carmaux !
30 juillet 1938 — 24e Anniversaire de la mort de Jaurès.
Toute la population de Carmaux et de la région est invitée à participera l'inauguration du buste de Jaurès qui aura lieu à Carmaux le dimanche 31 Juillet. La belle figure de l'illustre Apôtre de la Paix se dressera sereine et calme dans le magnifique parc qui porte son nom. Le rassemblement aura lieu dimanche matin à 9 heures 30 au Syndicat des mineurs où se formera le cortège. Les grilles du parc ne seront ouvertes qu'à l'arrivée du cortège. L'Harmonie Municipale et les sociétés de gymnastique prendront part au cortège. Festival Orphéonique du 24 Juillet
Nous rappelons à nos Membres Honoraires que, pour la Fête de Nuit, ils ont droit à deux places gratuites pour pelouses. Pour cela il est indispensable qu'ils se présentent munis de leur carte d'adhésion 1938.


CARMAUX - Kiosque du Parc du Cérou
Le Jardin public, installé sur les berges de la rivière du Cérou, est créé en 1932. Il est situé près de l'ancienne cité ouvrière de Carmaux.
En 1935, un Kiosque à musique, tout de béton, de forme octogonale, est érigé. Il est l'exacte réplique du Kiosque construit à Toulouse en 1933, place Marius Pinel, par l'architecte Jean Montariol (1892-1966). Seules quelques points de détails les différencient : notamment, le Kiosque de Carmaux porte les noms de plusieurs compositeurs, contrairement à celui de Toulouse.
Kiosque toujours en place.


Kiosque du Jardin public de Carmaux, hier et aujourd'hui.
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voir Ici, Kiosque du Jardin Public, aujourd'hui.
Kiosque du jardin public, transformé en lieu de revendications en 2011.

Société musicales actives en 1909 à Carmaux :
Lyre Sainte-Barbe (fanfare), président Valatz, direction Edmond Samson (photographe), 44 exécutants ;
L'Indépendante de Carmaux (harmonie municipale), président Lacroux, direction Routtard, 50 exécutants.


(1) En 1754, les mines du marquis de Solages emploient :
— Douze mineurs Flamands faisant chacun trente-deux entrées par mois et payés 27 sous par entrée, y compris le vin.
— Vingt ouvriers du pays, employés à divers travaux, payés 17 sous par jour, y compris le vin.
— Un charpentier Flamand, chargé de l'entretien des machines, dont le salaire est de 60 livres par mois.
— Un inspecteur des travaux souterrains à 6 livres par jour et une barrique de charbon.
— Quatre valets, à 15 sous par jour chacun, pour panser les chevaux.
— Douze chevaux, chacun coûtant par jour 1 livre 5 sous pour nourriture, harnais, entretien, etc.
En 1900, les Mines de Carmaux emploient 3.500 personnes.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mar. 16 juin 2015 17:52

CASSEL - Vue générale
(NORD)
Tout comme Bourbourg (Ici) et de nombreuses villes du Nord, Cassel possède ses traditionnels Géants. Apparemment les plus anciens en France puisque créés en 1827 et 1860, Reuze Papa et Reuze Maman défilent, sur la Grand'Place et toutes les rues de la ville, précédés d'un cortège de chars. C'est l'occasion de grandes festivités qui se déroulent sur 5 jours du vendredi au mardi Gras ; à partir de 1901, les Géants vont sortir une seconde fois dans l'année pour le Carnaval du Lundi de Pâques (1).
En juillet 1900, le Tramway fait son apparition à Cassel : il relie la gare du Chemin de fer située à 3 kilomètres et termine sa course au pied du Kiosque à musique de la Grand'Place (2).
Cassel possède, bien avant 1900, son Kiosque à musique. De forme octogonale, en bois, il est remplacé en 1904 par un Kiosque de même forme, en fonte et fer forgé, muni d'une toiture de zinc ornée d'un lanterneau, sur un soubassement de pierre. C'est l'architecte de Bergues, Georges Van den Broeck, qui en signe les plans.
La Grand'Place, tous les jeudis, est réservée au marché. Les foires aux bestiaux se déroulent, quant à elles, sur la place du marché aux chevaux, future place du général Plumer : elles ont lieu le jeudi, tous les 15 jours jusqu'en juin, puis de juillet à décembre, seulement le 1er jeudi de chaque mois.
On aperçoit, au fond à droite sur la carte ci-après, un large bâtiment de deux étages : il s'agit du Casino de Cassel. Edifié en 1902, ce Casino-Hôtel n'aura pratiquement jamais ouvert ses portes au public (3).
Le 24 octobre 1914, Ferdinand Foch (1851-1929), général à cette époque, installe son quartier général au premier étage de l'ancien Hôtel de ville dit "Hôtel de la Noble-Cour" déjà transformé en musée (monument surmonté d'un clocheton, situé sur la partie droite de la place, sur notre carte). Il loge dans l'hôtel particulier dit "Schoebeque" appartenant à Me Deschodt, notaire de Cassel. Foch quitte Cassel le 9 mai 1915. Un quartier général britannique lui fait suite à Cassel, commandé par le général Herbert-Charles Plumer (1857-1932). Lui, va s'installer dans le Casino-Hôtel.
En 1929, pour de mystérieuses raisons, Cassel se défait de son Kiosque à musique et le vend à la ville de Wormhout. Il est vrai que la municipalité casselloise n'encourageait pas vraiment les musiciens puisque depuis le 1er décembre 1905, elle a fait instituer une taxe sur les pianos, orgues et harmoniums, à raison de dix francs (10 frs) pour chacun de ces instruments.
Mais on peut dire qu'en ce qui concerne la cession de son Kiosque, la municipalité avait eu le nez creux, puisqu'en mai 1940, Cassel est bombardée par l'aviation allemande, la majeure partie de la Grand'Place est détruite. A partir de 1949, la place a été reconstruite.
Kiosque vendu.


voir Ici Grand'Place à Cassel, aujourd'hui.

Image
publié par JeanMarc Lun 15 Juin 2015 09:55

(1) Carnaval et Lundi de Pâques à Cassel
— 11 avril 1928. Hier, s'est déroulé à Cassel, parmi une foule enthousiaste, le traditionnel carnaval d'été. La matinée a débuté par la promenade d'une bande d'arlequins, puis par la réception de la musique Municipale de Saint-Omer. Un concours de masques a précédé la formation du cortège des concurrents comportant 37 groupes de chars.
A 17 heures, a eu lieu la sortie des chars de la Société des Amis de Reuze Papa et la promenade des "Grandissimes Seigneurs Reuze Papa et Reuze Maman" et de leur escorte. Une grande foule a assisté à la rentrée triomphale des géants à la lumière des torches et des lanternes vénitiennes.
La foule des promeneurs a visité également, sur la terrasse du château, le socle de marbre où se dressera bientôt la statue équestre du maréchal Foch, sauveur des Flandres.

— 3 avril 1929. Les fêtes du carnaval d'été au mont Cassel se sont ouvertes par un concours de chars et de groupes isolés. Le jury était présidé par M. Daniel Tack.
Le cortège s'est formé à 16 heures. Il comprenait trente-cinq chars venus de tous les points de la région et de Belgique. Parmi les chars qui ont retenu l'attention du jury, citons le Carillon de Bergues, le groupe des Flocons de neige de Poperinghe, les Ecossais d'Ypres et les Tambours de Janssens.
La statue équestre du maréchal Foch, qui se dresse sur la terrasse du château, a été l'objet d'un pèlerinage de la foule.
La musique municipale de Saint-Omer a exécuté, au pied du monument, la sonnerie du Garde à vous ! puis la Marseillaise et a déposé des palmes et des couronnes.
Des gerbes de fleurs ont été également déposées par les anciens combattants d'Arques, le Souvenir français de Saint-Omer, des groupes belges de Poperinghe et d'Ypres au maréchal Foch, sauveur de la civilisation.

voir Ici Carnaval de Cassel aujourd'hui (2013).
Ici.
et Ici.

Alexis Bafcop (1804-1895) - Carnaval de Cassel sur la Grand'Place (1876) (huile sur toile, Cassel-Musée de Flandre) — Carnaval sur la Grand'Place en 1945.
Image

— 23 février 1936. Au pittoresque Mont Cassel, la bande des arlequins a organisé ce matin, à 10 heures, sa promenade traditionnelle.
Demain lundi, les tambours et les clairons exécuteront un réveil en fanfare, tandis que les sociétés costumées danseront, et mardi, après la promenade des arlequins, le géant Reuze Papa défilera dans les rues de la cité.

— 24 février 1936. Télégramme. Au pittoresque mont Cassel, la Bande des arlequins, qui avait fait hier sa promenade traditionnelle en compagnie des tambours et des clairons, a exécuté un réveil en fanfare. On les a retrouvés l'après-midi à la promenade triomphale du géant Reuze-Papa. qui vient de faire le projet de visiter Paris à l'occasion de l'Exposition de 1937.
— 25 février 1936. Au Mont-Cassel, le géant Reuze-Papa, escorté comme de coutume de centaines de ses sujets, fit sa tournée traditionnelle dans les rues animées de la petite cité. A la tombée du jour, après une ronde effrénée, Pierrots et Arlequins témoignèrent de leur désolation, à la rentrée du géant entre les murs de l'hôtel de ville, par des pleurs et des lamentations, tandis que la place s'embrasait de mille feux. (Journal Le Matin)

Cassel - Carnaval et Lundi de Pâques sur la Grand'Place
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(2) Le Tramway de Cassel.
Un Décret du 2 juin 1899 autorise la Ville de Cassel à établir un tramway ; la S.A. du Tramway de Cassel emporte la concession pour la construction et l'exploitation de cette ligne. Le coût du tramway de Cassel fixé initialement à 250.000 frs est arrêté définitivement à 425.185,20 frs le 16 juin 1914.
La ligne de Tramway de Cassel, en activité à partir de juillet 1900, est constituée d'une voie unique de trois kilomètres, sans évitements, partant de la gare de Chemin de fer de Cassel à destination du terminus situé sur la Grand'Place. Le trajet est parcouru en 18 minutes.
La rame, à traction électrique, était constituée d'une voiture motrice —16 places assises et 24 places debout — et, soit d'une voiture à marchandises d'attelage, soit d'une voiture à voyageurs type Buffalo — 24 places assises et 8 places debout. Une autre voiture de voyageurs était également utilisée, à compartiments, contenant seulement 12 places assises et 8 places debout.
L'exploitation du tramway a été supprimée le 30 novembre 1934.


Cassel - Premier Kiosque en bois, Tramway et Marché sur la Grand'Place
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voir Ici Grand'Place à Cassel, sans Kiosque, aujourd'hui.
et Ici.

CASSEL (Mont-Cassel) - La Grande Place

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publié par JeanMarc Mar 16 Juin 2015 16:57

En fond de carte, la Collégiale Notre-Dame de la Crypte, classée monument historique, date du Xème siècle, mais a été reconstruite plusieurs fois suite à des incendies et dégradations volontaires. voir Ici Collégiale, aujourd'hui.

Joffre et Foch devant l'ancien Hôtel de Ville en 1915 (cliché Alain Beck) — Ancien Hôtel de Ville détruit en 1940 (cliché Reinhard Selzle)
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(3) Le Grand-Hôtel Casino de Cassel.
Un projet d'exploitation des eaux du Mont-Cassel va déclencher l'appât du gain d'investisseurs lillois. Avant que la commune n'ait adhéré à une quelconque autorisation de futurs thermes, un spéculateur fait édifier un Grand-Hôtel Casino à Cassel en 1902. Bien entendu, sans l'afflux de baigneurs hypothétiques et chimériques, l'affaire va péricliter, et, le 28 mai 1914, le bâtiment est vendu à l'association de la Maison du Voyageur pour y établir sa maison de retraite. Le Général Plumer s'y installe en 1915, avec son quartier général britannique. Dans les années vingt, s'y exercent des activités louches et douteuses. En 1930, un cinéma occupe les lieux.
Le 5 décembre 1935, le propriétaire, Desmytter, est arrêté : pour payer ses factures, il avait monté une petite distillerie clandestine ! (*)
Le 27 mai 1940, l'état-major de l'armée britannique vient à nouveau s'installer au "Grand-Hôtel—Casino—Maison de retraite—Cinéma—Distillerie Clandestine".
A la sortie de la guerre, Guy Desmytter réussit à rouvrir son affaire et organise des fêtes, réceptions et bals.
Revendu vers 1990, à l'abandon, le bâtiment va s'effondrer en mai 2010.

(*) 5 décembre 1935 — Pourquoi le casino du Mont-Cassel se mit-il à payer ses factures ? C'était si contraire à ses habitudes qu'une enquête fut ordonnée.
Sur le mont Cassel, au nord d'Hazebrouck, s'élève un casino bâti il y a trente ans, mais dont l'entretien ruina successivement plusieurs propriétaires. Le propriétaire actuel, M. Desmytter, âgé de 40 ans, né à Armentières, se faisait souvent tirer l'oreille pour régler ses traites.
Cependant, ces derniers temps, les créanciers furent désintéressés normalement. Depuis plusieurs mois, M. Bléhaut, capitaine de douane à Lille, avait constaté que des livraisons importantes d'alcool étaient faites dans la région. Les soupçons se précisèrent bientôt et les recherches aboutirent cette nuit, au casino de Cassel, chez M. Desmytter.
Policiers et douaniers pénétrèrent dans la cave et découvrirent un énorme outillage : du combustible en quantité considérable et de l'alcool fabriqué récemment.
Ce matin, Desmytter fut arrêté à son domicile, boulevard de la République, à La Madeleine, et amené au casino de Cassel où il avoua avoir fabriqué de l'alcool. La distillerie clandestine sera démontée et expédiée à Lille.
Desmytère a été laissé en liberté provisoire.


Cassel - Kiosque et ancien Hôtel de ville — Grand-Hotel Casino
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17 mai 1903 — L'Automobile Club du Nord accueilli par la Musique de Cassel sur le Kiosque, puis banquet au Casino-Hôtel.
L'excursion à Cassel du Comité de l'Automobile Club du Nord du 17 mai 1903, accompagné des membres de la presse régionale, a non seulement permis à ceux-ci d'entendre la Musique Municipale casselloise sur le premier Kiosque en bois de la Grand'Place, remplacé l'année suivante, mais de surcroît, a pu banqueter dans le Casino-Hôtel, édifié depuis un an, et définitivement fermé 3 ans après. Quelques extraits de ce rare privilège :
— Nous voici au pied du Mont-Cassel, tous les véhicules s'arrêtent et viennent se ranger devant le café du «Grand-Bruxelles», comme s'ils devaient unir leurs forces pour monter à l'assaut ! Mais nos intentions sont des plus pacifiques ; il s'agit tout simplement de se grouper pour arriver au but... Et à midi et demie, après avoir grimpé gaillardement la côte nous faisons une entrée vraiment triomphale dans la cité casselloise. Sur la Grand'Place où nous nous arrêtons, la Musique Municipale, montée sur le kiosque, salue notre arrivée par une vibrante Marseillaise... et le soleil lui-même a daigné reparaître un instant pour sourire à ce spectacle. Parmi les nombreux curieux qui nous entourent, l'honorable M. Moeneclae, maire de Cassel, conseiller général, et M. Malot, son adjoint, se sont avancés, et après les présentations, nous invitent très aimablement à nous rendre à la Mairie pavoisée pour la circonstance.
Il est près d'une heure, les appétits aiguisés par le grand air réclament satisfaction.... on se dirige vers le Grand-Hôtel-Casino où le banquet doit avoir lieu. Nos véhicules escaladent allègrement la rampe plutôt raide qui conduit au haut de la butte et viennent se ranger dans la cour de l'Hôtel.
La direction du Casino-Hôtel a bien fait les choses : la façade est pavoisée et la salle du banquet — un immense hall vitré formant terrasse — garnie de plantes et de fleurs offre un séduisant coup d'oeil. Le temps de mettre un peu d'ordre aux toilettes et l'on prend place autour de la vaste table.
Le service est bien dirigé et le menu parfaitement servi se compose de mets succulents et de vins généreux auxquels chacun fait honneur. (...)
(suit un grand banquet bien arrosé, terminé par café, liqueurs et champagne...)
(...) il faut songer au retour. Pendant qu'on remet les moteurs en marche, nous passons une rapide inspection du Casino-Hôtel et, sous la conduite de MM. Samyn et Dufour, administrateurs, nous apprécions la remarquable installation de cet établissement de premier ordre dont le besoin se faisait réellement sentir dans ce site enchanteur qu'est le Mont-Cassel, le plus beau, le plus sain du Nord de la France. (...)
(Bulletin officiel du Nord Touriste et de l'Automobile Club du Nord. Mai 1903)
A notre avis, après toutes ces libations, il n'y avait plus qu'à attendre toute cette assemblée en bas de Cassel pour faire souffler tout ce joli monde dans le ballon ! L'affaire était entendue d'avance...

— Le 18 septembre 1904, c'est au tour de la Fanfare Cycliste de Roubaix de partir en excursion à Cassel. Accompagnée d'un cortège de deux cent cyclistes partis d'Hazebrouck, ils font une entrée triomphale sur la Grand'Place de Cassel.
Après les salamalecs d'usage, une Marseillaise exécutée par les musiciens-pédaleurs, à midi et demi, les touristes se réunissent pour le dîner au Grand-Hôtel Casino et aux hôtels du Lion Blanc et Au Sauvage. La fin du repas est suivie de discours ; à la suite de quoi, tout le monde se rend sur la Grand'Place pour assister au lancement de ballons comiques et à diverses réjouissances.
A quatre heures, la Fanfare communale de Cassel ouvre le concert, par deux superbes morceaux de son répertoire, puis la Fanfare Cycliste exécute diverses ouvertures et fantaisies pour terminer par la Marseillaise. La foule massée sur la Grand'Place applaudit à plusieurs reprises.

"A l'issue du concert tous les excursionnistes, groupés sur le kiosque, pour témoigner leur reconnaissance à la population casselloise, entonnent un vivat retentissant qui se termine par les cris de : « Vive Cassel ! » auxquels le public répond par les cris de : « Vive le Nord-Touriste!... » Puis c'est un « cake-walk » général savamment réglé par l'ami Desruelles... "

— Le 17 septembre 1905 les mêmes reviennent à Cassel où l'on "écoute et applaudit le magnifique concert exécuté sur le kiosque de la Grand'Place par l'Harmonie municipale de Cassel et la Fanfare municipale de Rosendaël."

— Le 16 Septembre 1906, la Fanfare Cycliste Nord-Touriste qui ne se lasse pas de Cassel, a organisé le même périple d'Hazebrouck à Cassel. Mais les écluses célestes vont contrarier leurs projets, et c'est en train qu'ils font le voyage jusqu'à la gare de Cassel, et de là, ils empruntent le tramway pour grimper la côte. S'arrêtant avant le terminus, ils arrivent à pied à travers la ville pour atteindre la Grand'Place aux sons d'un entraînant pas redoublé joué par la « Fanfare Cycliste ». Reçus à l'Hôtel de Ville, les vins d'honneur sont fin prêts. Le banquet traditionnel est tenu à l'Hôtel du Lion Blanc, pendant que dehors la pluie faisait rage.
Profitant d'une éclaircie, l'excellente phalange musicale du Nord-Touriste, sous la direction autorisée de son chef, M. Pierre De Ruyck, a pu néanmoins donner, de trois heures à quatre heures, sur le kiosque de la Grand'Place, un concert très applaudi. La polka pour deux pistons, avec MM. De Ruyck frères comme solistes, a eu notamment sa part de succès.
La Musique municipale de Cassel, dont l'éloge n'est plus à faire, a succédé sur le kiosque à la Fanfare du Nord-Touriste, mais, l'impitoyable pluie ayant fait sa réapparition, le concert prit fin... faute d'auditeurs !
Musiciens cassellois et roubaisiens n'eurent plus qu'une ressource : ce fut de fraterniser ensemble, dans divers cafés de la ville. Un concert... vocal, cette fois, fut même improvisé et l'on y a particulièrement applaudi M. Liem, le brave doyen des musiciens de France... que toute l'Europe envie à Cassel et dont les 90 ans si gaillardement portés ont fait l'admiration des excursionnistes.


Tous les ans, en juin, pendant 3 jours, depuis quelques années, le Festival Cassel Cornemuses perpétue la tradition de cet instrument :
voir Ici en 2010.
Ici.
et Ici.

En 1909, seule est active à Cassel, la Musique municipale (harmonie), créée en 1809, présidée par Clovis de Vrière, dirigée par C. Neermann, avec 40 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 22 juin 2015 14:10

CASTELNAUDARY - Place de la République - Kiosque de la musique
(AUDE)
La Place de la République Chaurienne est devenue auujourd'hui comme une majorité de villes, un lieu consacré au parcage des voitures. Avant celà, les foires et marchés, les fêtes et manifestations occupaient le terrain. Dès 1823, le conseil municipal décide de faire bâtir une Halle aux Grains sur le Cours Maillé, ancienne dénomination du Cours de la République. Elle est édifiée de 1826 à 1831 pour un coût de 19.525 frs. Cette Halle aux grains est le point de ralliement de tous les marchés et foires de Castelnaudary. En 1864, les Foires aux blés, vins, laines, bestiaux et instruments aratoires y sont renommées ; celles-ci ont lieu les 7 et 8 janvier, 22 juillet, 10 et 11 septembre, 2 et 3 novembre, le 1er lundi de mars, lundi des Rogations et le lundi avant la St-Jean-Baptiste.(1)
En 1879, l'état major et les deux premiers bataillons du 15è Régiment d'Infanterie sont affectés à Castelnaudary, dans la caserne Lapasset (du nom du général Ferdinand Lapasset). Elle reste jusqu'en 1907, date de son départ pour Albi. Le 143è régiment d'infanterie prend le relais et s'installe dans la même caserne jusqu'en 1914.
La musique du 15ème Régiment a certainement influencé le Conseil municipal afin qu'il vote les crédits nécessaires à la construction d'un Kiosque à musique. Celui-ci, de forme classique octogonale, constitué des matériaux traditionnels zinc, fonte et fer forgé, au soubassement de pierre, est donc érigé sur la Place de la République vers 1900, face à la Halle au Grains.
Le 13 juin 1942, Jean Mistler (1897-1988), maire de Castelnaudary, accueille en grande pompe le Maréchal Philippe Pétain (1856-1951) ; tous deux vont rejoindre le Kiosque à musique pour y prononcer quelques discours.(2)
Le Kiosque va être supprimé dans les années 1960 : est-ce la création de places de parkings qui en est la raison, ou bien est-ce le passage de Pétain ?...
Kiosque supprimé.

voir ici, place de la République de Castelnaudary sans son kiosque, aujourd'hui.

Image
publié par JeanMarc Lun 22 Juin 2015 13:44

Quelques précisions sur notre carte : au fond à droite, le clocher appartient à la Collégiale Saint-Michel, édifiée au XIIIe siècle, mais restaurée à plusieurs reprises et classée Monument historique depuis 1910. Le Kiosque à musique est certainement occupé par la musique du 15ème régiment d'infanterie, puisqu'on se situe en 1906, un an avant son départ pour Albi. Sur la gauche du Kiosque à musique, derrière le kiosque publicitaire, c'est Raynaud l'aubergiste.

Castelnaudary - Place de la république, Halle aux Grains et Kiosque à musique — Raynaud, aubergiste et Collégiale Saint-Michel.
Image

(1) Les Foires et marchés sont essentiellement tenus sur la place de la République, mais deux autres places sont également consacrées aux marchés : la place du Panal qui va porter de multiples noms — place aux Herbes, place du Jardinage, place Gambetta — avant d'adopter celui de place de Verdun et le Marché au Bois situé rue Nationale. Comme un peu partout, les demandes de changement de dates et d'attributions de nouvelles foires sont légion ; Castelnaudary ne fait pas exception.
16 avril 1874 — Conseil général Haute-Garonne. Castelnaudary (Aude). — Le Conseil municipal de cette ville demande que les foires du 7 janvier, du lundi de Quasimodo, du 22 juillet, du 10 septembre et du 2 novembre aient désormais une durée de trois jours et que les foires du premier lundi de mars, du lundi des Rogations et du lundi avant la Saint-Jean-Baptiste, aient une durée de deux jours.Sur 15 communes de la Haute-Garonne consultées, une a donné un avis favorable, une (Renneville), un avis contraire, les autres se sont abstenues.
Le rapporteur fait échouer la demande :
Votre Commission pense, Messieurs, qu'il n'y a pas lieu d'accorder la demande qui vous est faite par la commune de Castelnaudary ; elle fonde son opinion sur ce que non seulement cette ville à de très belles foires tous les mois, mais qu'en outre il existe dans un grand nombre de lieux voisins appartenant aux départements de l'Aude, de l'Ariége et de la Haute-Garonne, de nombreuses foires qui finiraient par se confondre avec l'augmentation des jours demandés ; que du reste une seule journée suffit aux habitants des campagnes pour faire leurs affaires.
25/7/1897 — Par une délibération du 25 juillet 1897, le Conseil municipal de Castelnaudary a demandé la création de douze foires qui se tiendraient dans cette ville le premier lundi de chaque mois.
Deux communes du département, celles de Vaudreuilhe et de Revel, intéressées à la création projetée, ont été consultées. La commune de Revel a émis un avis favorable ; quant à celle de Vaudreuilhe, qui n'a pas fait parvenir son avis, son silence doit être considéré comme un acquiescement.


Castelnaudary - Place de la république, la Halle aux Grains et le Marché — Marché au Bois, rue Nationale.
Image

(2) Pétain sur le Kiosque à musique de Castelnaudary.
Jean Mistler, maire de Castelnaudary de 1935 à 1942, par ailleurs écrivain puis Académicien en 1966, est l'instigateur des pleins pouvoirs donnés à Pétain le 10 juillet 1940 par la chambre des députés. C'est donc dans la logique des choses que celui-ci lui fasse une petite visite dans l'Aude. (Mistler, fervent admirateur de Pétain, mais farouchement opposé à Laval, abandonne son poste de maire le 18 juillet 1942, peu après que Laval ait pris les rênes du gouvernement.)
— 13 juin 1942. Dans l'après-midi, c'est à Castelnaudary que le Maréchal arrivait. La petite capitale du riche Lauragais avait tendu devant le kiosque à musique, qui servait pour cette occasion de tribune, une immense tapisserie vivante dont chaque point était un homme. La Légion en formait le canevas sombre avec ses plusieurs milliers de Combattants. Apparemment noyées au milieu d'eux, des fillettes, vêtues de bleu, de blanc et de rouge, piquaient leur vaste drapeau au centre. Puis, au delà, sept étoiles vivantes, faites également de fillettes habilement disposées, tachaient la foule.
Le chef de l'Etat gagne le kiosque à musique, transformé en tribune. De là, M. Jean Mistler lui souhaite la bienvenue et rappelle avec émotion qu'aux journées de 1940 où tout s'effondrait, le Maréchal est apparu et a eu le courage civique de mettre fin à la lutte avant que toute l'armée française ne fut détruite. « S'il y a encore une France aujourd'hui. dit-il. c'est parce que vous avez été, c'est parce que vous êtes là, Monsieur le Maréchal. »

— Et Mistler de citer un passage de l'Enfer de Dante :
« Et nous sortîmes de là pour revoir les étoiles. » (...)
Le Maréchal prend à son tour la parole :
« Le sentiment qui doit dominer maintenant en vous, dit-il, c'est l'amour de la France. Il faut toujours, en outre, regarder votre point de direction ; il est facile de le trouver : c'est votre gouvernement et son chef ».
Le Maréchal a remercié ensuite la population de son accueil si sincère et s'est félicité que la municipalité ait à sa tête M. Jean Mistler. Acclamé par toute l'assistance, dont l'enthousiasme a plusieurs fois interrompu son allocution, le Maréchal a conversé avec les mutilés et les anciens combattants : puis il s'est attardé auprès des fillettes et des garçonnets et a serré affectueusement les petites mains qui, par dizaines, se tendaient vers lui, tandis que son visage s'éclairait d'un large et bon sourire. Il est revenu devant le micro, pour dire avec émotion : « Mes amis, je suis obligé de partir, mon train m'attend et je me trouve déjà en retard. Merci de votre accueil. Je ne l'oublierai pas. Au revoir ».

Castelnaudary - Musique du 15e R.I. square Victor Hugo — Musique du 143e R.I.
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Divers Concours musicaux castelnaudariens, castelnaudaryens et chauriens, c'est selon !...
29 septembre 1907 — Un grand Concours musical, organisé par l'Orphéon Castelnaudaryen et le commerce local, aura lieu à Castelnaudary le dimanche 29 septembre prochain. (reporté au dimanche 13 octobre 1907)
Ce concours est ouvert aux orphéons, harmonies, fanfares, trompes de chasse, trompettes de cavalerie, tambours et clairons et estudiantines, et placé sous la présidence de M. Paul Vidal, grand prix de Rome, chef d'orchestre de l'Opéra.
Le règlement, qui est paru, comporte les dispositions suivantes : 1° lecture à vue facultative pour toutes les Sociétés ; 2° concours d'exécution avec deux morceaux au choix, couronnés ou non ; 3° concours d'honneur avec un morceau au choix.
Les récompenses consisteront en palmes et médailles et primes en espèces tirées au sort entre toutes les Sociétés.

9 août 1908 — Un concours d'orphéons, harmonies, fanfares chorales mixtes, estudiantinas, trompettes trompe de chasse, tambours et clairons aura lieu à Castelnaudary, les 19, 20 septembre à l'occasion du concours agricole et du congrès de la fête fédérale des sociétés de l'Aude et de l'Hérault. Le règlement prévoit également des concours de son vocal, instrumental et quatuor.

Août 1936 — Un Concours International de Musique, organisé sous le Patronage de la Municipalité et de la Fédération Musicale du Midi, aura lieu à Castelnaudary, les 15 et 16 Août prochain.
Le Concours est ouvert à toutes sociétés françaises et étrangères, de toutes catégories et de tous classements, qui sont assurées de recevoir le meilleur accueil, l'affabilité des Castelnaudariens étant réputée.


24 juillet 1937 — A l'occasion du congrès que la fédération des sociétés musicales du Midi doit tenir le 1er août a Castelnaudary, l'Union musicale des Sans-Souci et l'Union orphéonique ont été chargées d'élaborer un programme artistique dont les congressistes pussent agrémenter leur séjour. La participation de la musique du 14e régiment d'infanterie, à Toulouse, et celle d'une cobla catalane de premier ordre constitueront les éléments principaux de ce programme.

L'Harmonie des Sans-Souci de Castelnaudary, fondée en 1923, est toujours active à ce jour.
Ici, lors de la Fête du Cassoulet 2010.
Les Sans-Soucis à la Halle au Grains, Place de la République en 2013.

Formations musicales actives à Castelnaudary en 1909 :
Orphéon, président Bringuier, direction Cantié, 50 exécutants (le 25 août 1932, par arrêté du sous-secrétaire d'Etat des beaux-arts, la médaille d'honneur des sociétés musicales et chorales est attribuée à Léon Moulis et Eugène Peylavy, membres de l'orphéon castelnaudarien.) ;
Union musicale (fanfare) ;
La Castelnaudarienne (chorale), direction Cuguillère, 40 exécutants.

La musique du 15e Régiment d'infanterie était dirigée par Lacoste, depuis le 29 novembre 1889.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 26 juin 2015 07:25

CASTELSARRASIN - Promenade du Château
(TARN ET GARONNE)
Castel-Sarrasin, orthographe usitée concurremment avec Castelsarrasin, laisse la place à cette dernier forme après 1883.
Le nom de la Promenade pourrait laisser supposer qu'une Forteresse, un Castel, voire un Château est à voir ou à visiter : eh bien non, rien de tout celà. Il faut remonter au XVIIè siècle pour en retrouver quelques vestiges, puisque c'est en cette période que le Donjon de l'ancien Château, résidence des Gouverneurs, construit au XIIè siècle, est démoli. L'enceinte fortifiée et les fossés avaient été supprimés, préalablement, à la fin du XVè siècle.
Le Château de Castelsarrasin occupait exactement l'emplacement de la Promenade actuelle, soit un rectangle de cent mètres sur quatre-vingts. Son enceinte était séparée de la ville par des fossés larges et profonds et par des ouvrages extérieurs : ravelins, bastions, pont-levis. Le Château comportait six tours particulières et une Tour principale qui passait pour la plus belle et la plus haute de la sénéchaussée de Toulouse,
avec barbacane pratiquée dans le mur et solide pont-levis. Il était occupé par un représentant du roi chargé, entre autre, de faire tomber dans son escarcelle une multitude de taxes royales.(1)
Cette promenade séculaire, plantée d'arbres, dont un traditionnel arbre de la Liberté à son entrée, est le point central festif de Castelsarrasin, la place de la Liberté et sa grande Halle étant réservée au marchés.
En 1875, Castelsarrasin fait construire, pour 437.000 francs, la caserne Pierre Banel (1766-1795). Le 8 juillet 1877, le 29ème bataillon des Chasseurs s’y installe, mais quitte les lieux en 1881. Restée vide pendant plusieurs années, c'est finalement une unité du 11ème régiment d'infanterie basé à Montauban, qui vient y loger. Et qui dit Régiment d'infanterie, dit Musique militaire, celle-ci a besoin d'un Kiosque, appuyée en cela par la Fanfare de la Lyre de Castelsarrasin qui s'est fondée en 1892.
La municipalité fait donc édifier un Kiosque à musique, avant 1905, constitué d'un soubassement de pierre, sans balustrade, sans toiture, des lampadaires en guise de colonnes, des bancs en guise de rambarde.
Quelques commerces visibles sur notre carte, sur la gauche : la Teinturerie Vincent — l'Epicerie ; en face, derrière le kiosque : Restaurant — Grand café de Bordeaux — Café Delluc — autre Café.
Le Kiosque est finalement supprimé dans les années 1930, pour être remplacé par un autre sur la même place, mais du côté opposé. (objet de notre prochaine publication, ce kiosque se situant sur un emplacement différent)
Kiosque détruit.

voir ici, Promenade du Château de Castelsarrasin, aujourd"hui ; emplacement exact du Kiosque supprimé.
Promenade du Château transformée en parking.

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publié par JeanMarc Ven 26 Juin 2015 07:05

2 juin 1909. La Fanfare de Castelsarrasin à l'Elysée.
— Les sociétés musicales la Lyre agenaise et la fanfare de Castelsarrasin, venues à Paris pour prendre part au concours de musique du 17e arrondissement, ont été reçues hier soir, à cinq heures, par le président de la République, M. Fallières, dans les jardins de l'Elysée.
Ce fut une petite réunion charmante, plus municipale que présidentielle. Le Tout-Agen des premières était là. On parla de Loupillon, des amis de là-bas, de la pluie et du beau temps, car c'est d'eux que dépend la récolte. Les deux fanfares se firent entendre et M. Fallières, cordial, épanoui, savoura ces airs « dont la musique a l'air d'être en patois ». Jamais sérénade ne fut plus touchante, plus sympathique. Il est si doux de se souvenir du petit pays de là-bas dans les jardins de l'Elysée, et de goûter chez le chef de l'Etat ce que nous appellerions volontiers, si nous n'avions la crainte de le faire soupçonner de cléricalisme, « le sentiment du clocher ».


La Lyre municipale de Castelsarrasin en 1909.
Image

(1) A quelle sauce le Roi mangeait-il les Castelsarrasinois au XIVème siècle ? Il y en a pour tout le monde : bouchers, cordonniers, laboureurs, éleveurs, chalands, meuniers, personne n'est épargné. Seule l'épargne ne l'est pas.
Le roi ou son juge (le Juge de Villelongue à ce moment là) perçoivent dans les boucheries du lieu et dans les tavernes divers droits. Dans les boucheries ils ont droit aux filets des porcs, et pour chaque porc en vente à une maille de Tours par livre. De chaque boeuf ou vache vendus et tués dans lesdites boucheries pour la fête de la Nativité de Notre Seigneur, le juge, au nom du roi, prend la tête et les pieds. Il prend de chaque boucher pour un boeuf ou une vache vendus à la même occasion de ladite fête mais non tués dans lesdites boucheries, de chaque boucher, disons-nous, 4 deniers de Toulouse.
Le juge perçoit aussi 4 deniers de Toulouse pour chaque nouveau cuir pendant à la boutique d'un cordonnier ou bien à une taverne.
Il y a dans ledit lieu de Castelsarrasin deux forges, dont une se trouve dans la moitié extrême de la ville regardant vers Toulouse. Les laboureurs labourant et occupant cette moitié de ville doivent payer là l'aiguisage suivant l'ancienne coutume, et comme ils ont l'habitude de le faire, c'est-à-dire en acquittant au juge, au nom du roi, la moitié de la redevance.
Pour la dépaissance des porcs dudit lieu et de ses appartenances, dans les pâtis à ce consacrés, et qui sont à notre seigneur le roi, les consuls de Castelsarrasin doivent payer, soit à notre seigneur le roi, soit au juge en son nom, 10 livres de Tours, des petites, chaque année pour la fête de l'Ascension du Seigneur Dieu.
Notre seigneur le roi possède aussi dans ce lieu un péage sur les eaux, que tous les marchands et autres passants par le fleuve de Garonne, soit en montant, soit en descendant, acquittent pour chaque marchandise, tant en ballots que portée à la main, comme il est perçu par les fermiers, d'après les anciennes coutumes. Notre seigneur le roi ou ses dits fermiers reçoivent et ont l'habitude de recevoir quatre portions de ce péage (sur cinq). Sur les navires chargés de blé, de sel et de vin, notre seigneur roi reçoit par balle de blé 1 denier de Tours, et par balle de sel 4 deniers toulousains.
Le roi a dans chaque moulin établi sur la Garonne, dans la juridiction de Castelsarrasin, la 32e portion du rendement de tous les blés, donnant profits dans lesdits moulins et devant être moulus.
De plus, notre seigneur roi ou son juge reçoivent chaque année, pour un moulin ordinaire, une carterée de blé à titre de cautionnement et de garantie.
Le juge, au nom du roi, perçoit aussi chaque année, pour un moulin bourgeois, une éminée de blé pour gage.
(extraits Bulletin archéologique de Montauban 1885)

Seule la Lyre (fanfare), fondée en 1892, présidée par Catala, dirigée par Bege, comptant 36 exécutants, est active en 1909. Elle est toujours en activité aujourd'hui.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 29 juin 2015 12:42

CASTELSARRASIN - Le Kiosque et les Promenades
(TARN ET GARONNE)
Le premier Kiosque à musique sommaire de Castelsarrasin une fois supprimé (voir kiosque précédent), un second Kiosque est édifié, avant 1939, sur la Promenade du Château, mais à l'autre extrémité de la place. Totalement constitué de béton, en forme de demi cercle, architecture très en vogue à cette époque.
La ville de Castelsarrasin ayant perdu son Château, il n'y avait pas de raison pour qu'elle garde la Promenade du Château : l'affaire est consommée à partir des années 1970-1980, la majorité des arbres vont être abattus, le nouveau Kiosque passe à la pelleteuse, on fait place nette pour pouvoir garer un maximum de véhicules.
Kiosque supprimé.


voir ici, Promenade du Château de Castelsarrasin sans Kiosque, aujourd"hui.
Arbres de la promenade du Château en cours de destruction.

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publié par JeanMarc Lun 29 Juin 2015 12:35

Castelsarrasin - Vue aérienne de la Promenade du Château. CPM Lapie
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Harmonie municipale de Castelsarrasin le 21 juin 2008.
La Lyre municipale de Castelsarrasin en mars 2012.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mar. 30 juin 2015 13:01

CASTRES - Le Kiosque de la musique au Jardin de l'Evêché
(TARN)
Quelques mots sur le Palais Episcopal auquel le Jardin de l'Evêché doit son existence. Michel de Tubeuf (1602-1682) est évêque de Castres à partir de 1664. Sur des terrains appartenant autrefois à l'abbaye de St-Benoît, il fait bâtir le palais épiscopal de Castres à partir du 20 mars 1666, date à laquelle des lettres patentes du roi autorisent cette dépense par une imposition de 24.000 livres, pendant quatre ans, sur les contribuables du diocèse. L'architecte du Château de Versailles, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), est appelé pour la conception de ce Palais, inauguré en 1670 (1673 selon autre source). Et comme on ne fait venir que du beau monde à Castres, André Le Nôtre (1613-1700), jardinier de Louis XIV, est convié pour dessiner le Jardin attenant à l'Evêché.

Au moment de la Révolution, c'est Jean-Marc de Royère (1727-1802) qui réside en tant qu'évêque dans le palais depuis 1773. Dès le 18 avril 1790, une supplique à l'attention de l'Assemblée et du Roy est faite par les fervents catholiques de Lautrec, défenseur du futur statut de l'Evêché de Castres, qui protestent et manifestent pour
"que le siège épiscopal du diocèse, le Chapitre cathédrale de Castres et le Chapitre collégial de cette ville soient conservés dans l'intégrité de leurs fonctions et de leurs revenus, sauf une juste contribution aux charges publiques". De même, à Castres, plus de mille défenseurs de l'Eglise se réunissent, ce 18 avril 1790, dans l'église des Jacobins, pour protester, suite aux inventaires des biens d'église, à la suppression du siège épiscopal.
Le 24 août 1790, Mgr de Royère quitte le Palais épiscopal qui, mis en adjudication, est acquis le 21 janvier 1791 par la ville de Castres pour la somme de 54.440 livres, somme qu'elle emprunte pour payer le premier cinquième. Castres va y installer son Hôtel de Ville, mais la charge du bâtiment étant trop lourde, la Ville est contrainte de donner à bail, pour 2.500 livres annuelles, la majeure partie de l'édifice, auprès des services départementaux, afin d'y installer le tribunal civil et la caserne de gendarmerie.
En 1840, un musée consacré à Francisco Goya est installé au premier étage du palais épiscopal qui, le 18 juin 1927, est inscrit à l'inventaire des Monuments historiques.

Pour revenir au Jardin de l'Evêché, construit sur les anciens remparts de Castres, au bord de l'Agout, il est installé sous les auspices de l'Evêque Michel de Tubeuf puis de son successeur à partir de 1682, Augustin de Maupeou (1647-1712) qui ont fait appel, comme on l'a vu ci-dessus à l'illustre jardinier Le Nôtre. Le Jardin est achevé entre 1696 et 1700, véritable oeuvre artistique, orné d'arabesques et broderies de buis.
Une orangerie et un grand potager sont installés par Mgr Jean-Sébastien de Barral (1710-1773), puis une vigne est plantée par Mgr de Royère, sur des terrains achetés par lui, et qui arrivaient jusqu'à la fontaine de St-Roch.
En 1868, le Kiosque à musique octogonal est érigé sous le mail des Marronniers. Y donnait des concerts, le 143ème régiment d'infanterie, dirigé par M. Raynaud, chef de musique dudit Régiment (nommé officier d'Académie au cours d'une des grandes fêtes de Castres le 17 avril 1904). Mais bien d'autres musiques tant militaires que civiles, fanfares, trompes de chasse et harmonies ont fait frissonner les bosquets...

Deux statues en bronze entourent le bassin presque central : La Cigale et Le Fauconnier. Elles sont installées en 1894, la première est l'oeuvre de Jules Cambos (1828-1917), la seconde est dûe au peintre et sculpteur Marcel Briguiboul (1837-1892). En 1943, les deux sculptures sont venues se fondre avec les milliers d'autres, transformées en obus et autres armements allemands.

Ce superbe jardin a rejoint les Monuments Historiques en 1995. Le Kiosque à musique, situé au fond à gauche du jardin a été supprimé, non pas en 1910 comme il est confusément reproduit partout, mais peu avant 1960, presque devenu centenaire, comme l'atteste une précieuse carte semi-moderne de Lapie en vue aérienne ou encore le rassemblement populaire avec concert au Kiosque du 20 juin 1936 (1). On a même conservé, reconstruit, une sorte de socle-kiosque à musique sur le même emplacement...
Kiosque supprimé.


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publié par JeanMarc Mar 30 Juin 2015 12:44

Castres - Jardin de l'Evêché aujourdhui, reste un socle en guise de kiosque (?)
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CASTRES - Jardin et Kiosque de l'Evêché
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publié par Cyril Jeu 5 Déc 2013 09:38

Castres - Jardin de l'Evêché, vue aérienne (CPM Lapie).
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voir ici, le Palais épiscopal, aujourd'hui.

Castres - Le Théâtre, le Palais Episcopal, l'Hôtel de Ville, le Jardin de l'Evêché (observer les Statues "La Cigale" et "Le Fauconnier", de part et d'autre du Bassin, fondues en 1943)
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publié par Cyril Mar 15 Avr 2014 11:47

Castres - Jardin de l'Evêché, Statue "La Cigale" — Statue "Le Fauconnier"
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(1) 20 juin 1936. Rassemblement Populaire de Castres, occasion d'un Concert au Kiosque du Jardin de l'Evêché.
— Dès 14 h. 30, le jardin de l'Evêché connaît un nombre inusité de promeneurs dans ses belles allées bordées de plates-bandes agréablement fleuries.
Peu après les sociétés musicales castraises font leur apparition sur le kiosque. Tour à tour, le Réveil Castrais, le Rallye St-Hubert, la Cigale et les Enfants Castrais exécutent différents morceaux très applaudis. Pour terminer, une énergique Marseillaise et une vibrante Internationale longuement bissée.
Seize heures. Le cortège s'organise. En tête, les drapeaux des divers groupements de la région. Beaucoup de drapeaux rouges, un drapeau tricolore. Derrière, les citoyens Grumbach, député, Sizaire, maire de la Ville, Vaysse, Rieupeyroux, Couzinier. La foule suit, joyeuse, en rangs serrés. Par les boulevards, la rue de la Poste, le cortège arrive sur la place Jean-Jaurès et s'immobilise face à la statue du cher Tribun disparu. Une estrade est dressée avec micro et hauts-parleurs. Sizaire, président de la Manifestation, remercie les 3 ou 4 milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont répondu à l'appel du Comité du Front Populaire el occupent la grande place.
Vaysse, au nom du Parti Communiste, et notre député, Grumbach, au nom du Parti Socialiste rappellent les luttes passées (...) (discours)
Les deux orateurs sont unanimement applaudis. Sizaire vient remercier et donner rendez-vous au bal populaire qui doit clôturer cette fête.

voir ici : Jardin de l'Evêché de Castres sans son kiosque aujourd'hui.

CASTRES - Le Jardin de l’Évêché
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publié par Carpostale Ven 14 Oct 2011 16:38

Formations musicales abonnées aux kiosques castrais en 1909 :
— Les Veneurs Castrais (trompes de chasse), dirigées par M. Recard, 20 exécutants.
— L'Harmonie des Enfants Castrais, dirigées également par M. Recard 33 exécutants.
— L'Estudiantina Castraise, présidée par M. Rigat, dirigée par M. Pradelles, 20 exécutants
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 1 juil. 2015 13:28

CASTRES - Kiosque de la musique au Jardin du Mail
(TARN)
La Ville de Castres, en 1614, achète un grand champ près la porte de Villegoudou appartenant à M. de Roquecaude. Le Duc de Rohan y fait installer un jeu de Mail, ancêtre du jeu de Croquet qui se pratique depuis le XVe siècle. Mgr de Barral (voir Jardin de l'Evêché, ci-dessus) fait planter de 1763 à 1771, des ormeaux sur les promenades et sur les routes qu'il vient d'ouvrir dans son diocèse. En 1779, la Ville fait également planter 500 ormeaux sur les promenades publiques.
Louis Alquier-Bouffard (1822-1911), maire de Castres de 1860 à 1870, fait installer un Jardin Public en lieu et place du Jeu de Mail, en 1863-1866 : bassin, petit lac, rivière, cascade, pont, îlot, plantations arbustives, c'est le jardin typique à l'anglaise.
Les foires qui se déroulent, pour une bonne partie d'entre elles, sur l'esplanade du Mail ont lieu, en 1864, les 28 avril, 10 juin (sur 8 jours), 28 août, 3 novembre, 6 décembre, 1er jeudi de carême, 1er samedi de chaque mois.
En 1872, une école d'artillerie est créée à Castres. Fin 1873, le 3e Régiment d'Artillerie vient s'installer à Castres ; il y restera jusqu'en 1914, cantonné dans la Caserne du Quartier de Villegoudou. Le 9ème R.A. vient également loger à Castres, Caserne du Quartier de l'Ardaillé.
En 1891, un Kiosque à musique octogonal est édifié sur le jardin du Mail près du Châlet-Buvette : muni d'une balustrade en bois, chacun des côtés de sa toiture comporte les noms de huit compositeurs. La Musique des régiments et de l'Ecole d'Artillerie s'y produit toutes les semaines.
Un Calvaire est installé sur la place de l'Obélisque à l'entrée du Jardin du Mail, depuis 1830.
La statue de marbre "Le retour du Printemps", oeuvre de 1883 du sculpteur Jules Cambos (1828-1917), est acquise pour 3.000 frs par la ville de Castres et installée dans le jardin du Mail.
En 1912, Castres a le privilège de disposer d'une des cinq musiques militaires métropolitaines d'Artillerie, les quatre autres étant à Douai, La Fère, Valence et Vincennes.
Le Kiosque à musique tout comme le Chalet-Buvette ont été supprimés avant 1920, pour de mystérieuses raisons.
Kiosque supprimé.


voir ici, Jardin du Mail de Castres, sans son kiosque, aujourd'hui.

Image
publié par JeanMarc Mer 1 Juil 2015 13:09

voir ici, Chapelle du Saint Sacrement et Cascade du Jardin du Mail, aujourd'hui.

Castres - Jardin du mail, Kiosque, Chalet-Buvette et Chapelle du Saint-Sacrement
Image

— 13 mars 1883. Un grand concours d'orphéons et musiques aura lieu à Castres le 19 août 1883. A cette occasion, la ville de Castres donnera des fêtes et des réjouissances publiques.
Les sociétés musicales qui voudront prendre part au concours devront se faire inscrire avant le 15 juin, terme de rigueur, en adressant les demandes à M. E. Amiel, conseiller municipal; président de la commission du concours à la mairie de Castres.

5 août 1883. Contrairement aux bruits qui avaient circulé dans le public la date du concours d'orphéons et musiques de Castres, demeure fixée au dimanche 19 août prochain Un nombre considérable de sociétés doivent assister à ce concours qui sera suivi le lendemain lundi de fêtes brillantes.

voir ici, Calvaire du Jardin du Mail de Castres, aujourd'hui.

Castres - Jardin du mail - Statue "Le Retour du Printemps" publié par Cyril (ici)— Calvaire
Image

— 18 avril 1904. Les Fêtes de Castres.
La ville de Castres a inauguré, aujourd'hui, la Bourse du Travail et le théâtre municipal.
Les fêtes devaient être présidées par MM. Trouillot, ministre du commerce, et le général André, ministre de la guerre. Au dernier moment, le ministre de la guerre, empêché par son état de santé, a délégué spécialement le général Blanc, commandant le 6e corps, pour le représenter.
Une retraite en musique a eu lieu, jouée par la musique de l'école d'artillerie, les musiques du 15e et du 143e régiments d'infanterie, venues à Castres à cette occasion, et la musique de la Société des Enfants castrais.
On a assisté ce matin à un concours de gymnastique. Le beau temps a favorisé la fête.


Tous les ans, depuis plusieurs décennies, le Jardin du Mail se transforme pendant les deux premières semaines de juin, en une grande fête foraine. Ici.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » jeu. 2 juil. 2015 13:39

CAUDÉRAN - L'Église - Kiosque à musique
(GIRONDE)
Une partie de la commune de Caudéran — anciennement Caudeyran — a commencé à être rattachée à Bordeaux dès 1865, pour finalement être absorbée totalement le 22 février 1965 par sa géante voisine. voir ici, Jardin Bordelais et son Kiosque, anciennement sur le territoire communal de Caudéran.
La pose de la première pierre de l'Eglise Saint-Amand à Caudéran fait l'objet d'un bel article dans le journal le Mémorial Bordelais, article lui-même retranscrit au Journal des Débats du 13 août 1845. En bref, en présence d'une foule immense accourue de Bordeaux et des campagnes voisines, le Duc et la Duchesse de Nemours procèdent à la pose de cette première pierre. Le maire de Caudéran, M. Mabit y va de son discours se terminant inévitablement par Vive le Roi, vive la Famille Royale ! Le Duc de Nemours en réponse, fait son laïus, suivi d'une allocution de M. le Curé. Deux procès-verbaux de cet événement sont enfin dressés par M. Castets, membre du conseil municipal, signé par le Duc et la Duchesse, M. Sers le Préfet, l'Archevêque et la municipalité ; rédigés, l'un en français, l'autre en latin, ils sont déposés sous la première pierre.
Tout ce cérémonial ne va cependant pas aboutir à l'édification du monument. Les travaux arrêtés rapidement, faute de financement, ne seront repris qu'en 1852, après que l'architecte Henri Duphot (1810-1889), ait été chargé d'en reprendre les plans en 1850. L'Eglise est enfin achevée en 1855, le clocher reçoit la bénédiction de ses cloches de Mgr Ferdinand Donnet (1795-1882) en 1866.
Le Kiosque à musique octogonal, de facture classique, en pierre pour le soubassement, rambardes en fer, colonnes en fonte et toiture de zinc, est érigé sur le parvis de l'Eglise Saint-Amand avant 1905.
Il sera supprimé dans les années 1960.
Kiosque supprimé.

voir ici, Eglise de Caudéran sans son kiosque, aujourd'hui.

Image
publié par JeanMarc Jeu 2 Juil 2015 13:26

Un viticulteur avisé !
25 mars 1885. Journal La Croix
— En s'adressant à M. Cluzan, fournisseur du haut clergé, à son domaine de Bon-Air, à Caudéran (Gironde), tout abonné de la Croix aura une barrique de 225 litres (soit 300 bouteilles bordelaises), véritable vin de Bordeaux, à partir de 150 fr., rendue franco, fùt perdu, en gare de l'acheteur et 145 fr. au comptant.
Le même propriétaire récoltant accorde les mêmes promotions au journal Le Pélerin !
Pendant plus de 20 ans, Cluzan va ainsi vendre du vin de messe à tire-larigot !
Il donne même les références de ses meilleurs clients : une maison de confiance pour la vente des vins du Midi, fournissant les Augustins de l'Assomption et plusieurs communautés.

Caudéran - Kiosque à musique — Eglise Saint-Amand
Image

Fête de l'Escargot sur la Place de Caudéran en 2013, fête traditionnelle perpétuée depuis plus de deux siècles ; le kiosque étant supprimé, une estrade très précaire est montée tous les ans. voir Ici.

1824. Mercredi des Cendres, grande mascarade des Bordelais à Caudéran.
— Caudéran, visité habituellement par le peuple de Bordeaux dont il est si voisin, devient deux fois par an le rendez-vous d'une grande partie de la population de cette ville. C'est là que, le mercredi des cendres, les Bordelais vont terminer gaiement leur carnaval, et manger des escargots, comme pour prendre un avant-goût du carême. La foule commence à s'y porter vers deux heures après-midi, et ne cesse d'y affluer qu'à l'approche de la nuit. Pendant quatre heures la route est couverte, à droite et à gauche, de piétons et de masques grotesques ; au milieu circulent les cavaliers et défilent les voitures, les unes allant au rendez-vous, les autres regagnant la ville. Les guinguettes se peuplent de joyeux buveurs ; les maisons de campagne ont aussi leurs troupes de convives, mieux choisis sans doute, mais peut-être un peu moins gais. Ce jour là, Caudéran présente une image des antiques Saturnales : la folie y réunit tous les extrêmes, le riche et le pauvre, le luxe et la misère ; la grisette à l'œil agaçant y coudoie la modeste marchande ; un robuste artisan aux mains calleuses, s'y trouve près d'un élégant pâle encore des fatigues de la nuit ; les âges et les rangs, tout ici se trouve confondu. (...)
La gaîté, voilà le seul mobile de la fête. On vient pour rire, et tout le monde rit, le peuple, les écuyers et les grandes dames à équipage ; c'est l'hilarité gasconne dans toute sa vivacité. Le mauvais temps la trouble quelquefois, mais ne l'étouffe jamais entièrement, seulement il la fait changer de place, et alors, contre l'ordinaire, on rit plus franchement dans les voitures que sur les trottoirs.
Le lundi de Pâques est encore, pour Caudéran, un jour de fête et d'affiuence. Une grande partie des habitans de la ville, la classe ouvrière surtout, vont y manger l'agneau pascal.
(Musée d'Aquitaine, recueil 1824)

Deux sociétés musicales sont actives en 1909 à Caudéran :
Harmonie de Caudéran, direction F. Lautier ;
Union Chorale, président Haillot, direction L. Monis, 40 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 3 juil. 2015 14:35

CAUTERETS - Pendant la Musique
(HAUTES PYRÉNÉES)
voir ici, les renseignements déjà publiés sur le kiosque de Cauterets, Esplanade des Oeufs.
Le photographe a fait accorder une pause à nos deux loufiats pour qu'ils prennent la pose ; apparemment, ils n'attendaient que ça !
Le Kiosque à musique, octogonal, est édifié en juin 1898 sur le côté droit de l'établissement des thermes-casino-théâtre-restaurant, devant la Terrasse couverte du restaurant, fraîchement construit la même année, l'ensemble longeant l'Esplanade des Oeufs. Le Casino lui-même a été entièrement rénové, cette même année 1898. L'année suivante, le 22 juin, l'arrivée du Tramway va considérablement accroître le potentiel touristique de Cauterets.
Pour écouter la musique il faut, en saison de juillet à août, débourser 0.10 fr. pour les chaises du kiosque et 3 frs pour un abonnement de deux mois. Un concert estival a lieu deux fois par jour, l'un à 2 heures de l'après-midi, l'autre à 8 heures du soir.
Notre kiosque à musique n'est pas le premier à Cauterets : en 1888, un Kiosque à musique est attesté dans le
Guide Joanne, situé dans le Parc longeant la route à l'entrée du bourg. Nous n'avons malheureusement pu trouver aucun cliché de ce kiosque, qui présentait des concerts tous les jours à 2 heures de l'après-midi. Un Chalet se trouvait en face de ce parc, où chaque matin arrivait le lait de la Fruitière de Lutour.
Le Casino-Théâtre des Oeufs, inauguré en 1869, est pris en main dès 1870 par Dalis, du Théâtre national de l'Odéon, qui va le diriger pendant plus de 10 ans. Dalis étant acteur, chanteur, musicien, rien ne lui est impossible pour gérer ce théâtre qu'on va appeler le Casino-Dalis. En 1880, Delporte succède à Dalis à la direction du Casino dont il entreprend la rénovation complète. Le 25 juin 1881, un concurrent solide vient cependant s'installer à Cauterets, boulevard Latapie-Flurin : le Théâtre-Casino-Club.
Le Théâtre Casino-Club s'il n'a pas d'Etablissement thermal, ni de Kiosque à musique, a cependant l'avantage de disposer de son Hôtel de standing sur le trottoir, presque face à lui, sur le même boulevard : le Grand Hôtel Continental de 250 chambres, ouvert en 1881. Celui-ci est présenté par son directeur Ch. Duconte dans les annonces publicitaires en 1883 :
Le plus confortable des Pyrénées. — Ascenseur. — Jardins anglais. — Splendides appartements. — Magnifiques salons de conversation. — Salle de billard. — Vaste salle de Table d'hôte de 400 couverts. — Omnibus, Voitures à la gare de Pierrefitte.— On parle toutes les langues. — Arrangements pour familles. (1)
C'est dans ce Casino-Club que les deux frères Charles et Henri Bertrand font leur première apparition en 1884 en tant qu'exploitants-fermiers ; profitant des graves difficultés financières de la propriétaire des lieux, Catherine Bellay-Job (1), et du fait que l'affaire est entre les mains d'un Syndic de faillite, ils ne règlent pas leur loyer à hauteur de 35.000 francs, et sont expulsés cette même année. L'affaire ne sera résolue qu'en 1913, 29 ans plus tard. voir ici Petit plus sur les Frères Bertrand.

Un 3ème théâtre, cette fois-ci peu coûteux, voit le jour à Cauterets : le Théâtre de plein air dit Théâtre de la Nature. Inauguré le 15 août 1903, il rencontrera un grand succès pendant plusieurs décennies.
Le Kiosque à musique, encore actif après 1945, a été supprimé dans les années 1950-1960.
Le Casino-Club et l'Hôtel Continental sont aujourd'hui transformés en résidences, l'ensemble de l'établissement des Thermes de l'esplanade des Oeufs est consacré au Casino, à deux salles de cinéma, un restaurant, bar et discothèque.
Kiosque supprimé.


voir ici, Casino des Oeufs de Cauterets, sans Kiosque, aujourd'hui.
Casino de l'Esplanade des Oeufs, aujourd'hui.

Image
publié par JeanMarc Ven 3 Juil 2015 14:14

11 août 1873 — Les fêtes sont rares à Cauterets, dont les excursions sont le charme principal. Citons pourtant celle de dimanche, qui dépasse de cent coudées toutes les autres, et dont on parlera longtemps dans la vallée.
Organisée par M. Marcassus, secrétaire général de la préfecture de Tarbes, au bénéfice des orphelins de la guerre, elle a atteint le chiffre respectable de 5.600 fr. Une commission nombreuse, dont M. Bals était le bras droit — quel homme précieux que M. Bals de Villefranche (Aveyron) ! — a mené militairement la chose.
Concert par la musique de Tarbes, dans les jardins de la Concession ; représentation au Casino, avec le concours de Mmes Jane Essler, Berthe Thibault et des artistes de l'excellent directeur Dalis ; retraite aux flambeaux avec feu de Bengale, punch, allégresse générale, tel a été le bilan de la journée.


Ouverture du Casino-Club et de l'Hôtel Continental de Cauterets
10 août 1881 — Nous recevons d'un de nos correspondants qui habite Biarritz et qui se trouve en ce moment à Cauterets, les détails suivants sur les fêtes qui ont lieu actuellement dans cette station thermale.
Les représentations données depuis un mois par le théâtre du Casino-Club de Cauterets ont obtenu un immense succès ; le directeur de ce magnifique établissement, M. Ballay, n'a d'ailleurs rien épargné pour attirer dans ses salons la fine fleur du monde artistique et élégant: on pourra en juger par le programme des représentations.
Faure a chanté Faust et la Favorite ; Mme Théo s'est fait entendre dans les deux plus charmantes pièces de son répertoire, Madame l'Archiduc et la Jolie Parfumeuse ; Mme Judic a obtenu dans la Roussotte un succès énorme, enfin MM. Delanoy, Dieudonné, Michel, Berthelier et Saint-Germain se sont fait couvrir d'applaudissements dans différentes pièces. N'oublions pas de citer également Mme Pouel du théâtre de Marseille, et MM. Salomon, Bacquie et Guillot qui ont admirablement interprété plusieurs chefs-d'œuvre de notre théâtre lyrique.
En dehors du spectacle, les personnes actuellement à Cauterets trouvent mille autres distractions. Un orchestre superbe dirigé par l'habile M. Mangin ; des salles de jeu admirablement tenues par M. Blandin qui a pu, grâce à son tact et à son intelligence, arriver à ce que l'ordre et la plus parfaite régularité régnent dans les salons.
Enfin citons comme un des principaux attraits de la ville de Cauterets le magnifique Hôtel Continental, dont M. Ballay est également propriétaire. Dans ce bel établissement on rencontre le luxe et le confort le plus complet, et, ce qui n'est pas à dédaigner, les prix y sont très modérés. On peut donc dire sans crainte que d'emblée M. Ballay a atteint le nec plus ultra.
(Gil Blas 10 août 1881)

voir ici, Entrée Hôtel Continental aujourd'hui (monument historique depuis 1984).

Cauterets - Bld Latapie-Flurin : Bataille de fleurs — Entrée Hôtel Continental — Façade Hôtel Continental (publié par Cyril)
Image

(1) La Dame Ballay, née Job, n'était pas aussi pauvre que ça !
Victor Ballay (1842-1903), colleur d'affiches puis libraire à Lyon, 34 rue Tupin, devient rentier multi-millionnaire à 36 ans.
En 1871, il fonde le quotidien
Le Petit Lyonnais qui, jusqu'en 1901, surpasse tous les journaux de Lyon. Sa première parution date du 10 août 1871, son directeur en chef est Adrien Duvand. Le journal, exonéré de taxes en raison de son apolitisme, est vendu un sou. Son tirage ordinaire se monte à plus de 100.000 exemplaires.
Le 22 avril 1877, Victor Ballay fait paraître le premier numéro du journal
La Lanterne, toujours secondé par son rédacteur en chef Adrien Duvand. Dès sa parution, il obtient le succès grâce à des condamnations (15 jours de prison et 800 francs d'amende pour un article). Mais, par crainte de perdre son quotidien Lyonnais, il revend La Lanterne pour 25.000 francs le 26 août 1877 à Eugène Mayer.
En 1878, Victor Ballay se retire des affaires de presse et revend Le Petit Lyonnais au baron Edouard de Portalis, pour 1.350.000 francs.
C'est là qu'intervient son épouse Catherine Ballay, née Job. Elle achète plusieurs terrains à Cauterets situés promenade du Mamelon-vert et boulevard Latapie-Flurin. Elle charge l'architecte Lucien Cottet (1842 - †après 1904), de construire sur ce boulevard un hôtel, un casino et un théâtre. C'est ainsi que les deux superbes bâtiments du Boulevard Latapie-Flurin sont édifiés entre 1879 et 1881, ornés de cariatides de pierre à leur entrée, situés tous deux presque face à face : le Théâtre-Casino-Club d'un côté, le Grand Hôtel Continental de l'autre, inaugurés le 25 juin 1881.
Mais Catherine Job a vu trop grand : elle va exploiter ces affaires jusqu'au 10 novembre 1882, date à laquelle elle est contrainte de se déclarer en faillite. Elle ne peut faire face à un crédit hypothécaire de 450.000 francs, à quatre traites de chacune 30.000 francs à l'ordre de Cottet, son propre architecte, au paiement d'une traite de 10.000 francs à l'ordre de M. Etchebanne, pour fourniture de meubles de l'Hôtel Continental, ainsi qu'à quelques créanciers de Lyon, tels que modistes, fabricants de chaussures pour environ 20.000 francs. Ayant un domicile à Lyon, 1 place des Jacobins, avec son mari de qui elle est séparée de biens, et un domicile à Cauterets pour gérer ses affaires, l'affaire va traîner quelques temps devant les tribunaux de Lourdes.
Le 11 avril 1885, les biens de Catherine Job-Bellay sont mis en vente à l'audience des criées du Tribunal civil de Lourdes : Immeubles situés à Cauterets :

1° Le Grand Hôtel Continental, boulevard Latapie-Flurin, revenu annuel : 60.000 frs
2° Le Théâtre Casino-Club, même boulevard, revenu par bail : 44.000 frs.
3° Un emplacement vacant, même boulevard, valant de 15.000 à 20.000 frs.
4° Une Prairie, promenade du Mamelon-vert, d'environ 30 ares, pouvant servir à des villas et autres constructions, valant de 25.000 à 30.000 frs.
La vente du mobilier a lieu à la même audience.

Le 19 mai 1885, la Société civile immobilière de Cauterets de M. Sandoval remporte l'adjudication des immeubles saisis à Cauterets pour 632.193 frs. 01 centime.
Le Théâtre Casino-Club appartiendra ensuite à la dame Auray, puis en 1898 aux époux Cabaud, toujours propriétaires en 1913.

Cauterets - Bld Latapie-Flurin Théâtre Casino-Club et en face Hôtel Continental (entrée de chacun d'eux encadrée de cariatides) — Casino des Oeufs et son Kiosque à musique le long de l'Esplanade des Oeufs.
Image

26 juin 1882 — Cauterets. La municipalité vient d'arrêter qu'un grand concours musical aura lieu les 2 et 3 juillet, sous la présidence de MM. Laurent de Rillé et Arban, dans les locaux du Grand Casino Delporte, du Casino-Club et des arènes. Plusieurs sociétés ont annoncé leur participation à ce concours. Un vaste projet pour l'érection d'un casino est en ce moment à l'étude. Il reste pas mal de difficultés à aplanir entre la ville et certains propriétaires parce que ce projet entre en voie d'exécution, mais nous espérons qu'on finira par tomber d'accord de part et d'autre.

18 juillet 1884 — Beaucoup de monde à Cauterets cette année. Parmi les baigneurs de distinction qui se trouvent dans cette station, citons : le prince Galitzine, le comte de la Rochefoucauld, le comte de Villiers, le baron de Cambières, le comte de Janzé, le prince de La Tour-d'Auvergne, etc.
Le Casino-Club, dont la direction ne laisse rien à désirer et qui est fréquenté par la crème, organise une série de fêtes qui auront certainement beaucoup de succès. Poitevin, administrateur du théâtre, a engagé 20 choristes (hommes et dames) et un orchestre de 85 musiciens.

L'Ambassadeur de Russie accueilli en prince !
31 août 1891 — Une manifestation des plus éclatantes vient d'avoir lieu à Cauterets.
Toutes les fenêtres sont pavoisées aux couleurs nationales russes et françaises.
Les corps constitués, réunis devant la mairie, se dirigent vers le domicile de l'ambassadeur de Russie dans l'ordre suivant :
Le maire, le conseil municipal, le préfet, le sous-préfet, le marquis de Breteuil, député, le comité des fêtes, le corps médical, la société de tir, une escorte de gendarmerie, des guides à pied et à cheval, la musique de l'Ecole d'artillerie de Tarbes, les orphéons des Montagnards.
Arrivé devant l'hôtel de M. de Mohrenheim, le préfet, M. Colomb, salue l'ambassadeur et lui présente les corps constitués et la population.
M. Bordenave, maire, prononce un discours qui est souvent interrompu par des applaudissements et des cris répetés par des milliers de poitrines de : Vive la Russie ! Vive le Tsar ! Vive l'ambassadeur ! Vive l'ambassadrice ! Vive mademoiselle de Mohrenheim !
La musique joue et les orphéons chantent l'hymne russe que la foule applaudit avec frénésie.
L'ambassadeur se tient, tête découverte, sur le perron de la villa, au-dessus de laquelle flottent les drapeaux des deux nations.
Trois fillettes en costume du pays viennent réciter un poème. L'ambassadeur et sa famille les embrassent avec effusion. Des baladins exécutent des danses du pays.
Puis le défilé commence. L'ambassadeur et sa famille partent en landau avec les antorités pour assister à la fête, à la montagne.
A l'arrivée du cortège sur l'Esplanade, l'orchestre du casino Delporte a exécuté l'hymne russe et la Marseillaise.
Plus de 12.000 personnes ont assisté aux fêtes des montagnes. Des sociétés jouent et chantent les airs nationaux russe et français.
A huit heures du soir, la ville est illuminée a giorno au gaz et à l'électricité. Un formidable feu d'artifice est tiré. L'ambassadeur et sa famille y assistent sur une estrade d'honneur.
Il est impossible de décrire les démonstrations qui ont lieu à Cauterets. Un punch d'honneur va avoir lieu.

(Gil Blas 2 septembre 1891)

5 août 1908 — De Cauterets : au Casino-Club, les représentations se poursuivent avec leur éclat habituel.
Tous les soirs, une foule toujours plus nombreuse, toujours plus chaude, vient assister aux spectacles si variés et si artistiques qui .nous sont offerts et vient applaudir Mlle Lucy Vauthrin, touchante et délicieuse Mimi, Mlles Berige de Poumayrac, MM. Ibos, Billot, Simart et Rougon.
Le Casino-Club est l'endroit où se donne rendez-vous l'élite de Cauterets, ou elle a plaisir à se rendre et à revenir.

6 août 1909 — Les fêtes se succèdent, à Cauterets. Reconnu à la bataille de fleurs :
Comte et comtesse de Saint-Saud, colonel et comtesse de Pontac, comte et comtesse de Marlière, comte et comtesse de Montbel, Mme Paul Lebaudy, duc et duchesse de T'Serclaes, comte et comtesse do Laborderie, comtesse de Welsersheim, baron et baronne Denys Cochin, baronne de Vassal-Cadillac, M. et Mlle de Muret,
comtesse H. de Reinach, marquise de Donadio, marquise de San Juan, sir Constantin et lady Phipps, vicomte François de Salignac-Fénelon, M. Carolus-Duran, baron du Puymaurin, baron du Ferrier du Chalet, marquis de Martinez, M. de Villette, etc., etc,


Deux formations musicales sont actives à Cauterets en 1905 :
Orphéon municipal, direction N. Berot, 30 exécutants ;
Les Enfants de Cauterets (fanfare), direction Bié, 35 exécutants.


Un journaliste, probablement décavé, enragé contre les tripots, croupiers et autres grecs !
18 septembre 1881 — Il faut réellement en finir avec tous ces tripots et casinos qui fonctionnent au nez et à la barbe des autorités avec une tranquillité parfaite. Il y a quelques jours nous racontions une scène qui s'était passée au casino de Cabourg, et nous nous étonnions que le préfet de ce département n'ait pas pris immédiatement des mesures à l'égard de cet établissement où les femmes de mauvaise vie viennent, tout en pontant, faire leur commerce habituel.
Aujourd'hui nous apprenons qu'à Cauterets, il existe, en dehors du casino-club et du cercle Delporte, cinq autres cercles qui ouvrent leurs portes toutes grandes pendant les entractes des deux théâtres qui se trouvent dans cette station balnéaire. Tout spectateur pouvant y entrer librement, je ne sais pourquoi l'administration s'oppose au rétablissement des jeux. C'est une véritable maison de jeux, et comment se fait-il que cette chose soit tolérée ?
Les nombreuses lettres que nous recevons au sujet des scandales qui ont lieu chaque jour dans ces établissements nous prouvent que nous sommes avec l'opinion publique, aussi continuerons-nous sans trêve ni merci la guerre que nous faisons aux tripots, aux grecs et aux croupiers.
Du reste, que sont ces derniers ? Généralement ce sont d'anciens garçons de café ou d'hôtel renvoyés qui manient les cartes avec une très grande habileté, — habileté qui étonne même Verbeck, le fameux prestidigitateur — et ont des relations avec le monde des joueurs. La place est bonne, car, au bout de cinq ou six ans, ces gens-là se retirent millionnaires. J'en connais plusieurs qui vivent aujourd'hui de leurs rentes. Comment ont-il gagné cet argent en si peu de temps ? Je laisse aux malheureux décavés le soin de répondre.
Et dire que l'administration tolère ces choses-là, favorise pour ainsi dire ce monde-là, c'est à n'y pas croire, car c'est honteux.
(Journal Gil Blas)
Cet article fait référence à un autre article du 16 octobre 1880 que nous reproduisons ci-dessous :
On nous assure que le caissier-croupier d'un cercle de Paris vient de se rendre acquéreur d'une grande partie des actions de cette entreprise, où la cagnotte au baccara procure de grands bénéfices.
Nous avions toujours pensé que les femmes, interlopes surtout, étaient exclues des salles de jeux dans les cercles ou les casinos.
Il paraît qu'il n'en est rien, puisque au casino de Cabourg et dans un cercle de Luchon ces hétaïres ne se contentaient pas d'attirer les joueurs par des regards provocants, mais trônaient en taillant des banques au baccara.
Il est vrai qu'à Cabourg l'entrée de la salle des jeux était libre, ce qui a permis aux grecs de leur faire une terrible concurrence.
On nous dit que le croupier chargé de la direction des jeux n'était autre que le nouvel acquéreur d'une partie du cercle dont nous parlons plus haut.
A quand des mesures pour expulser ces dangereux entrepreneurs ?
On peut affirmer qu'environ une trentaine de cercles sont tenus par des entrepreneurs ou par des actionnaires.
Le chiffre des recettes est, paraît-il, fabuleux, puisque la cagnotte de l'un d'eux a donné plus d'un million dans l'année, sans compter les bénéfices des caissiers et des croupiers, qui sont énormes.
Avec de tels revenus, l'on peut bien donner des fêtes et organiser des expositions. Si les décavés y sont invités, il y aura grande foule.

(Journal Gil Blas 16 octobre 1880)
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 8 juil. 2015 06:57

CAYENNE - Place des Amandiers
(GUYANE)
La Place des Amandiers doit son nom aux arbres qui y sont plantés depuis deux siècles, qui ne sont, en fait, pas des amandiers, mais des Badamiers (Terminalia catappa), arbres fruitiers de la famille des Combretaceae, produisant des fruits comestibles ; cet arbre est surnommé amandier dans certains pays.
La place est actuellement rebaptisée place Auguste Horth (1883-1957) en hommage à l'instituteur et grammairien cayennais.
Le Kiosque octogonal, à structure en bois, garde-corps en bois découpé ajouré, soubassement de maçonnerie, édifié entre 1890-1900 sur la Place des Amandiers, possédait à l'origine une toiture en tuiles, remplacée aujourd'hui par de la tôle. La rue des Amandiers prolonge la rue François Arago jusqu'à la Pointe et la Place des Amandiers et son Kiosque à Musique. A l'extrémité de la rue Arago, donc très proche de la mer, est édifiée en 1821, la prison pour les "hommes blancs" de Cayenne. Aujourd'hui cette prison est désaffectée et abandonnée. Le "bagne de Cayenne", quant à lui, était situé sur les îles du Salut et les îlets face à Rémire-Montjoly. A Cayenne même, seul un petit pénitencier est construit entre 1867 et 1872 près de la pointe Buzaret, situé à l'est de la pointe des Amandiers.
Concerts et pièces de théâtre ont toujours lieu sur ce kiosque. Un second Kiosque à musique a été édifié à Cayenne, le Kiosque Léon Gontran Damas (1912-1978), rue Schoelcher.
Kiosque toujours en place.

voir ici, Place des Amandiers à Cayenne et son Kiosque, aujourd'hui.
et Ici.

Image
publié par JeanMarc Mer 8 Juil 2015 06:45

L'Harmonie cayennaise (fanfare municipale) est très active depuis la fin du XIXè siècle. Elle bénéficie à ce titre, de subventions annuelles de la Guyane Française :
1896 : Subvention à l'Harmonie cayennaise 2.100 frs
1899 : Subvention à l'Harmonie cayennaise 2.400 frs
1923 : Budget Guyane Française en diminution : la subvention l'Harmonie Cayennaise (musique municipale) est ramenée à 1.800 francs.


voir ici, représentation théâtrale au Kiosque Auguste Horth (anciennement Amandiers) en octobre 2014.

14/7/1935 — La fête du 14 juillet.
Elle se déroula suivant le même rythme que les années précédentes :
Revue, boys, soldats, bal public, baraques, patrac, chevaux de bois, bancs, palmistes, gazon...
Le programme rituel comportait cependant une variante ; le dépôt de fleurs au monument de la République. C'est très bien.
Mais dans quel esprit fleurit-on la Marianne?
Si c'est en souvenir de la Prise de la Bastille, le geste procède d'une louable inspiration. Mais si c'est pour honorer la mémoire de Collot d'Herbois ou pour commémorer la victoire du Front commun... alors, alors, nous avons été dupes.
De samedi à Lundi, nous eûmes beaucoup de musique. On nous avait déjà prévenus. (...)
La course d'embarcations attira beaucoup de monde. Il y aura prochainement des courses de bicyclettes. Mais ça ne compte pas, puisque le 14 juillet sera déjà passé.


voir ici, second Kiosque à musique de Cayenne, rue Schoelcher.

Avant de quitter l'équateur, voici un autre kiosque (de repos) à Cayenne, sur la Pointe Buzaret (ou Buzaré), à l'est de la point des Amandiers. (voir Ici)
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » sam. 11 juil. 2015 13:37

CAYEUX-SUR-MER - Place de l´Amiral Courbet
(SOMME)
La Place du Calvaire de Cayeux-sur-Mer prend le nom, en 1885, d'Amédée Courbet (1827-1885), originaire d'Abbeville, amiral connu pour avoir guerroyé en Indochine en 1883-1884.
A partir des années 1880, Cayeux commence le développement de son activité touristique par l'implantation d'un Casino
(voir ici), suivi en 1896 par l'installation du fameux chemin de planches, le long du rivage de galets ; tout d'abord long de 500 mètres, ce chemin-promenade sera progressivement agrandi en fonction des cabines de bain qui vont être construites au bord de ces planches. En 1908, Cayeux possède déjà 370 cabines, et quelques publicités (mensongères !) des années 1920 laissent entendre que 800 y sont installées. Aujourd'hui, 460 cabines bordent le chemin de planches de 2 kilomètres.
Avant 1903, un premier kiosque à musique, de forme octogonale, constitué d'une estrade sur pieds avec balustrades en bois, est installé sur la place de l'Amiral Courbet, à l'entrée de la rue du Phare. De longue date, la Fanfare de Cayeux-sur-Mer, fondée depuis 1862, prenait son mal en patience en vue d'obtenir enfin un emplacement pour exercer son talent. Mais il lui faudra encore attendre plusieurs années, pour que ce kiosque, on ne peut plus sommaire et précaire, soit remplacé par un édifice digne de ce nom.
En 1910, il est fait appel à Léon Käppler — architecte très actif dans la Somme, à Ault, Cayeux et Saint-Valéry de 1879 à 1913 — pour dresser les plans du nouveau Kiosque à musique : édifié sur le même emplacement que le précédent, son soubassement, octogonal, est en pierre, construit au dessus d'un sous-sol muni de soupiraux, son garde-corps est en bois, huit lanternes sont accrochées sur chacun de ses poteaux d'angle, une plate-bande fleurie est disposée tout autour. Aucune toiture n'est installée... dans la Somme il n'y a jamais d'intempéries...
Ce n'est que vers 1950 qu'une couverture et des colonnes sont disposées sur ce soubassement ; curieusement, des vitres sont installées entre certaines des colonnes du kiosque, probablement pour parer aux bourrasques pouvant emporter casquettes et partitions de la Musique...
Kiosque toujours en place.

A gauche, les lettres "TÉS" correspond au magasin "Nouveautés" situé à l'entrée de la plage. A droite, Calvaire en bois toujours en place aujourd'hui.
Image
publié par JeanMarc Jeu 9 Juil 2015 08:48

CAYEUX-SUR-MER - La Place Courbet
Par rapport à la carte précédente, le Kiosque à musique mérite enfin son nom ; le Grand Hôtel du Kursaal et l'immeuble attenant sont venus s'insérer sur la place, le long de la rue du Phare, future rue du général Leclerc ; au fond, toujours sur la même rue, un immeuble de trois étages a poussé ; à droite, une Chapellerie, indispensable à cette époque, s'est installée. Noter le bel assortiment des motifs des gardes-corps de l'Hôtel et du Kiosque. L'Hôtel du Kursaal visible sur la place Courbet n'est en fait que l'entrée arrière du Grand-Hôtel dont la façade et l'entrée principale donnent directement sur la plage.
Le Grand Hôtel du Kursaal, qui possède l'électricité et des salles de bains, propose dans son Café Restaurant, des déjeuners et dîners à prix fixes ou à la carte, servis soit dans la salle à manger donnant sur la mer, soit par petites tables ; il est précisé que les consommations sont de premier choix... Commandité par la veuve Robineau-Sallard de Paris qui l'a fait édifier de 1909 à 1912, il est inauguré le 1er juillet 1912.
Une innommable bâtisse à l'architecture cauchemardesque est venue supplanter le Grand Hôtel du Kursaal dans les années 1950.


Image
publié par JeanMarc Ven 10 Juil 2015 10:19

Cayeux - Place du Calvaire et Kiosque à musique — Grand-Hôtel du Kursaal vu de la Plage
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Cayeux - Vue aérienne, Kiosque à musique, Grand-Hôtel du Kursaal avant sa destruction.
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De nombreux festivals et concours musicaux ont lieu à Cayeux sur-Mer depuis les années 1890 jusqu'à la veille du conflit 1940.
11 mars 1896 — Un grand concours musical aura lieu à Cayeux-sur-Mer, le 19 juillet prochain. Cette fête est organisée par l'Union syndicale des commerçants de la ville, sous le patronage de la municipalité et avec l'appui des deux Sociétés musicales de la localité. Le règlement sera prochainement publié. Les adhésions et demandes de renseignements doivent être adressées au secrétariat de la mairie de Cayeux-sur-Mer.

24 décembre 1901 — Un concours international aura lieu l'an prochain à Cayeux-sur-Mer, sur les auspices de l'Institut populaire de France. Le règlement sera adressé sur toute demande faite à M. Sinocquet, Chalet des Poètes, à Cayeux. De nombreuses sociétés belges prendront part à ce tournoi artistique.

7 janvier 1902 — Un grand concours international de musique, ouvert aux harmonies et fanfares, aura lieu à Cayeux le dimanche 3 août 1902. Afin d'éviter une confusion possible, les Sociétés musicales sont priées de s'adresser, directement au président du concours de musique, et non à la mairie qui ne peut leur donner les renseignements qu'elle ne possède pas elle-même.

15 août 1903 — Le festival musical de Cayeux-sur-Mer est fixé au dimanche 30 août. Le comité organisateur fonctionne sous les auspices de la municipalité et avec le concours de la fanfare municipale les Enfants de Cayeux et de M. Belin, conseiller d'arrondissement et maire de Cayeux, président d'honneur.

15 septembre 1905
— On annonce l'organisation d'un concours musical à Cayeux-sur-Mer, pour les fêtes de la Pentecôte. M. Herbet, directeur de la fanfare les Enfants de Cayeux, est chargé de l'organisation de cette fête.

21 mars 1925 — Le-Syndicat d'initiative et de tourisme de Cayeux-sur-Mer organise, pour le 5 juillet prochain, un concours de musique (chorales, harmonies, fanfares). Le nombre des admissions est limité. S'adresser à M. Figeac, secrétaire général du Syndicat d'initiative, et au Monde orphéonique, 7 bis, cour des Petites-Ecuries, Paris.

CAYEUX-SUR-MER - Place Courbet
La Fanfare Cayolaise au grand complet.
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publié par JeanMarc Sam 11 Juil 2015 13:08

Cayeux - Affiches publicitaires
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15 août 1901 — La saison est, cette année, exceptionnellement brillante. Cayeux est en pleine vogue. De tous les trains qui arrivent, sort une foule compacte, grouillante, exhubérante, inimaginable, à croire que non seulement Cayeux, mais encore les villages environnants vont être trop petits pour la contenir. On se demande où peut loger tant de monde ! Le nombre des étrangers actuellement à Cayeux est d'environ 7.000. Il faut dire aussi qu'il est impossible de rêver, à proximité de Paris, une plage plus belle, plus agréable, plus saine, plus étendue, et réunissant autant d'avantages pour les familles qui viennent, à la mer pour la mer elle-même.
Le Casino, entièrement transformé et remis à neuf, fait, avec son nouveau et sympathique directeur M. Gorré, salle comble tous les jours. Un orchestre de tout premier ordre et de très brillantes soirées théâtrales contribuent pour beaucoup à la vogue extraordinaire de l'établissement.
A signaler aussi le succès d'un organe local gratuit, Cayeux-Plage (5ème année), dirigé par notre collaborateur Paul Maison, et qui est, en dehors de son côté pratique (renseignements locaux, commerciaux et maritimes), une feuille d'une réelle valeur littéraire.


13 juillet 1912 — Casino municipal de Cayeux-sur-Mer. (Cayeux, la plus jolie plage du Nord). Le Casino le plus gai de la région, trois orchestres, théâtre, music-hall. Descendre Grand Hôtel du Kursaal, inauguration le 1er juillet.

26 juin 1920 — L'ouverture du Casino de Cayeux-sur-Mer aura lieu la 3 juillet, sous la direction de M. Oscar Dufrenne, 3 orchestres ont été engagés, ainsi que les meilleurs artistes de comédie et music-hall. Le dancing sera dirigé par M. Herman Po avec l'orchestre jazz-band Smet.

10 septembre 1920 — Le concours de beautés picardes aura lieu au Casino municipal de Cayeux-sur-Mer le dimanche 12 septembre. Le Jury sera présidé par M. le maire de Cayeux-sur-Mer. Des fêtes magnifiques sont organisées par la municipalité et M. Oscar Dufrenne, directeur du Casino municipal. Les inscriptions sont reçues à la mairie de Cayeux-sur-Mer.

voir ici, Place de l'Amiral Courbet de Cayeux et son Kiosque à musique, aujourd'hui.

CAYEUX-SUR-MER - L'Entrée de la Plage
Le Kiosque à musique possède enfin sa toiture. Quelques unes des 460 fameuses cabines de plage au fond.
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publié par JeanMarc Sam 11 Juil 2015 13:09

Non contente de plastronner sur la place de l'Amiral Courbet, la Fanfare de Cayeux faisait diffuser son talent sur les ondes hertziennes :
9 mai 1932. Fécamp-Normandie 222 mghertz. Retransmission d'un concert depuis le Tréport. avec le concours de la fanfare de Cayeux. Programme :
Salut à Milan pas redoublé ; Au Pays lorrain, ouverture Patrie, cantabile de Rysoor, chanté par M. Lefebvre ; A nous les as de Sali, divertissement pour bugles ; Coucou, chant, par Mlle Thérèse Bon ; Nattiez, des Rosatis Picard dans son répertoire ; 1e solo de concert pour saxophone (Combelle) ; Causerie, A l'automne, fantaisie pastorale Poésie par Mlle Denoes ; Follette-Polka pour cornet ; Pensée d'automne, chant, par M. Lefebvre ; Andante-Allegro pour quatuor de saxophone ; Poésies picardes, par M. Nattiez, des Rosatis Picards, Marche de Fête. 23 h. à 1 h. du matin. Musique de danse.


voir ici, préparation du Kiosque à musique pour la Fête des Fleurs à Cayeux, 15 août 2014.
voir ici, Fête des Fleurs à Cayeux le 15 août 2010 ; Kiosque à musique.
et Ici.

Formations musicales actives à Cayeux-sur-Mer en 1909 :
Les Enfants de Cayeux-sur-Mer (fanfare), président Belin, directeur Herbet, 27 exécutants
Fanfare de Cayeux-sur-mer (1862), président A. Mopin, directeur Ferté, 37 exécutants
Classement : 22.22%
 

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