Kiosques à Musique

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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 15 juil. 2015 13:03

Retour au Sommaire :
Kiosques à musique de A à E
Kiosques à musique de F à L
Kiosques classés par Départements
Kiosques à Musique — Petits Plus

CETTE (SÈTE) - L'Esplanade
(HÉRAULT)
Jusqu'en 1927, le nom de la commune s'orthographie Cette. Des deux activités festives sétoises, ce sont les Joutes Nautiques qui l'emportent sur la musique ; cette dernière a cependant l'avantage d'accompagner les premières à toutes les occasions, ce qui n'est pas réciproque.
Ainsi, la Lyre Sainte Cécile fondée en 1890 par Henri Euzet joue le 2 mars 1891, sur l'Esplanade, vaste place ombragée sous des platanes, et le lendemain, 3 mars, le Journal de Cette, tout en complimentant la Musique et son chef pour sa
"délicieuse composition intitulée Le Salut au Drapeau", "regrette aussi l'absence d'un kiosque sur l'Esplanade pour que les spectateurs puissent mieux entendre".
Les réactions ne se font pas attendre longtemps puisque, le 21 octobre 1891, un certain Johan Franke décide d'offrir un Kiosque à musique à la ville de Cette, à édifier face à sa demeure. Johan Franke (1809 - † après 1892), né à Brême, négociant en vins installé à Cette depuis 1840, est un mélomane et même musicien à ses heures. Il est fait appel à Léon-Etienne Rosiès, architecte municipal, actif à Cette depuis 1883, qui dresse les plans du Kiosque octogonal inauguré le 19 juin 1892.
Toutes les sociétés musicales cettoises sont évidemment présentes lors de cette inauguration : la Lyre Sainte-Cécile, la Fanfare scolaire, la société des Trompes de Chasse, l'Harmonie de Cette ; le Journal de Cette, le lendemain, y va de son commentaire :
"on a particulièrement apprécié deux morceaux d'actualité, dédiés à M. Franke, Les Noces d'or, impromptu pour clarinette de M. François Jouveau et Frankiosque, polka de M. Henri Euzet". Cette dernière "est faite sur de très jolis motifs. Malheureusement le chant qui était la partie la plus intéressante, n'a pas été entendu..." De son côté, l’Harmonie de Cette interpréte l’Ouverture de Guillaume Tell de Rossini.
Et naturellement, le Kiosque à musique a été baptisé, dès ce moment-là, le
Kiosque Franke.
Depuis, l'Esplanade est devenue la place Arisitide Briand ; elle s'est entourée de noms pas très originaux : rues du 8 mai 1945, du 11 novembre 1918, Gabriel-Péri et général De Gaulle...
En 2007, le Kiosque à musique a bénéficié d'une grosse restauration lui permettant en principe de vivre un siècle de plus.
Kiosque toujours en place.


voir ici, Place Aristide Briand de Sète et son Kiosque à musique, aujourd'hui.
et Ici.

Image
publié par JeanMarc Mer 15 Juil 2015 12:43

En pleine crue dramatique et historique de la Seine, était-ce bien le moment d'organiser une grande semaine des Joutes Cettoises à Paris ?
La fanfare cettoise des fifres, tambours et hautbois est omniprésente pendant ces deux jours de fêtes.
27 juillet 1910 — La grande semaine nautique. Grand Prix de Paris des Joutes cettoises.
Après avoir été remises deux fois en raison de la crue anormale de la Seine, les grandes fêtes nautiques annoncées depuis un mois ont enfin été fixées au dimanche 31 juillet et lundi 1er août, et se dérouleront, comme d'habitude, en Seine, à l'île Saint-Louis, dans le bassin de l'Hôtel-de-Ville.
Pour la première fois à Paris, nous assisterons aux joutes cettoises.
Le Comité des fêtes de Paris a fait venir à grands frais, de la ville de Cette, des bateaux spéciaux et tout le matériel, ainsi que trente des meilleurs champions de la région cettoise.
Ces tournois, vraiment beaux et impressionnants, constitueront donc le clou de ces deux journées ; nous aurons encore de grandes épreuves de natation, et, entre autres, le Championnat de Paris militaire sur 200 mètres, qui a réuni les engagements d'un grand nombre d'officiers, sous-officiers et soldats de toutes armes — le Championnat de France sur 100 mètres (professionnels) — un match de water-polo entre le Swiming Club de Paris et le Club des nageurs de Paris — le Championnat de Paris de plongeons — des pantomimes nautiques — le Tourbillon humain, par Peyrusson, champion du monde et une importante démonstration de la simplicité de la nage.
Um grand nombre d'autres attractions sportives viendront corser cet intéressant programme et l'Harmonie des fètes de Paris, une musique militaire, les tambours et clairons de l'Algérienne, et la fanfare cettoise des fifres, tambours et hautbois exécuteront un brillant concert pendant les deux journées.
M. Bellan, président du Conseil municipal, et M. Galli, président du Conseil général, ont accepté de présider en personne ces importantes réunions sportives, et procéderont à la remise des récompenses offertes, dont une par chaque assemblée, et une médaille de vermeil par le ministre de l'intérieur.
Le roi des speakers, Max Sergi, annoncera les résultats au public, et la reine des reines, assistée de toutes les reines de Paris, quêtera au bénéfice des victimes de l'inondation.
Des places de tribune peuvent être retenues à l'avance au siège du comité, 23, avenue Victoria.
**
Le dimanche 20 juillet 1913, les Joutes Cettoises vont se dérouler sur le Bassin de la Villette de Paris.
Demain dimanche, à deux heures, les champions de la lance que sont les célèbres jouteurs cettois se feront acclamer dans leurs tournois au bassin de la Villette.
**
Le 12 juillet 1913, les Jouteurs Cettois accompagnés de leur Musique font une "virée" au Bal du Moulin Rouge :
Championnat du monde des joutes cettoises. — La direction du Bal du Moulin-Rouge recevra, le samedi 12, les célèbres jouteurs cettois qui, en costume de l'époque, viendront avec leur fanfare de fifres, de tambourins et leur chorale se faire applaudir dans leurs aubades méridionales.

voir ici, Inauguration du Kiosque rénové le 21 juin 2007 - Harmonie Sétoise et descendants du donateur Franke et de l'architecte Rosiès.

Les société musicales cettoises sont de sorties.
4 décembre 1898. — La manifestation de la remise du drapeau à notre Section de Cette, qui a eu lieu le dimanche 4 décembre, a pris le caractère d'une véritable solennité patriotique.
Au cortège avaient pris part l'Harmonie de Cette, la Lyre Sainte-Cécile, la fanfare scolaire et la Cettoise, cette dernière sortant pour la première fois le drapeau de la Fédération des sociétés de gymnastique du Rhône et du Sud-Est, drapeau dont elle a la garde, comme on sait, depuis la fête de gymnastique du mois d'août dernier. M. le commandant d'armes s'était fait représenter par M. Estève, capitaine adjudant-major.
L'allocution des plus heureuses prononcée par M. Honoré Euzet, maire, en remettant le drapeau à M. le commandant Buffel, président de la Section, a été couverte d'applaudissements. (...) (discours)
Sous les balcons de la mairie, les musiques exécutent la Marseillaise et le Salut au drapeau devant une affluence énorme de personnes. Le cortège se reforme et parcourt les rues centrales de la ville, soulevant sur son passage les mêmes acclamations patriotiques.
Un banquet a eu lieu dans le grand hall du Grand Café, artistiquement décoré de trophées et cartouches et de superbes fleurs, offertes par M. Carrière.
La série des toasts a été ouverte par M. Buffel, président de la Section de Cette, qui a eu un mot aimable pour tout le monde, invités vétérans, sociétaires et particulièrement la presse. M. Euzet a répondu avec non moins de succès. (...)

(Journal Le Vétéran janvier 1899)

Sociétés musiciales actives à Sète en 1909 :
Harmonie de Cette, direction Valette, 70 exécutants ;
Lyre Sainte-Cécile (harmonie), fondée en 1890, direction Henri Euzet, 50 exécutants ;
Estudiantina Cettoise, direction Ch. Nicoulet, 30 exécutants ;
Fanfare scolaire, direction Reynes, 40 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 17 juil. 2015 09:42

CETTE (SÈTE) - Muséum et École Pratique
(HÉRAULT)
Un Kiosque à musique n'étant apparemment pas suffisant, dès la construction du Kiosque Franke sur l'Esplanade de Cette (Ici), un second est mis en construction. De forme octogonale, il est inauguré en 1894 sur la Place Victor Hugo.
Sur la même place, en 1880, l'architecte Léopold Carlier (1839-1922) a dessiné les plans de l'Ecole pratique de commerce et d'industrie, avec un beau pavillon ouvragé en son centre. En 1891, la partie centrale du bâtiment est transformée en Musée municipal.
Le Kiosque à musique a été supprimé en 1954 pour laisser la place à des emplacements de parkings et à un Boulodrome municipal.
En 1970, le Musée municipal a transféré ses collections dans un nouveau bâtiment édifié sur le mont Saint Clair, le musée Paul Valéry.
L'Ecole du Commerce a fait place au Collège Victor Hugo qui a fermé ses portes en 2005. La Place Victor Hugo a été rebaptisée Place Stalingrad.
Depuis 2006, l'ensemble de ces locaux, dont la ville de Sète est propriétaire, est mis gracieusement à disposition d’associations théâtrales et d'ateliers d'artistes plasticiens sétois, de la maison de l'image documentaire...
Kiosque détruit.


voir ici, Place Stalingrad de Sète, sans son Kiosque, aujourd'hui.
voir ici, Ancien Collège Victor Hugo, aujourd'hui maison de l'image documentaire...

Image
publié par JeanMarc Ven 17 Juil 2015 09:34

Georges Brassens, né cettois en 1921, devenu sétois en 1927, a grandi parmi les Kiosques à musique ; il était naturel qu'il en immortalise quelques strophes et qu'on les reproduise ici.
(Chanson interprétée par Georges Brassens, texte et musique de Charlys, Vandair & Lanjean.)

Sous le kiosque à musique

Ce qu'on peut rigoler
Par les beaux soirs d'été
Sous le kiosque à musique
On entend l'orphéon
Les tambours les clairons
La fanfare et la clique

Pas besoin de billet
Pour entendre aboyer
Tous les chiens du quartier
Et dans tous les concerts
On joue Mozart ou Wagner
Où sous le kiosque en plein air

Avec un air timide
Le fils du percepteur
Joue de l'ophicléide
Il en est tout en sueur
Le notaire en personne
Ajustant son lorgnon
Prend son bigophone et son vieux trombone
Et joue l'air des lampions

Ce qu'on peut rigoler
Par les beaux soirs d'été
Sous le kiosque à musique
On entend l'orphéon
Les tambours les clairons
La fanfare et la clique

Pas besoin de billet
Pour entendre aboyer
Tous les chiens du quartier
Et dans tous les concerts
On joue Mozart ou Wagner
Où sous le kiosque en plein air

Où sous le kiosque en plein air
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mar. 21 juil. 2015 20:04

CHÂLONS-SUR-MARNE - Le Kiosque
(MARNE)
voir ici, les renseignements déjà publiés sur le kiosque du Jard de Châlons-sur-Marne.
Tous les documents relatifs au Jard de Châlons-sur-Marne font remonter son existence à l'an 1147 : le roi Louis VII le Jeune (1120-1180) partant pour la seconde croisade, serait passé à Châlons où saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) aurait prêché ladite croisade, au Jard, devant le roi, des chevaliers etc. Mais d'autres affirment que ledit Bernard aurait fait son prêche le 31 mars 1146, à Vézelay devant le roi et une foule de seigneurs et chevaliers. Cependant ne sont attestés aucun de ces sermons, ni aucune présence de Bernard dans un de ces lieux...
Contentons-nous donc de la vision plus rapprochée et réaliste, et cette fois-ci attestée, des premiers arbres plantés sur un Jard bien réel. Si le Jardin du Jard a été aménagé en véritable parc en 1861, à l'occasion d'un concours agricole, le lieu était déjà agencé en promenade depuis 1768, date à laquelle les premières plantations d'ormes et de tilleuls ont été réalisées.
M. Buirette de Verrières,
bâchelier en droit, dans son livre intitulé Ode sur les embellissements de Châlons-sur-Marne daté de 1783 décrit le Jard comme suit :
La promenade du Jard est une des plus belles par sa situation & sa régularité. C'est une grande prairie baignée par la Marne, & décorée de plusieurs allées d'ormes nouvellement plantés.
Châlons peut passer pour l'une des Villes du Royaume les plus agréables, tant par sa situation avantageuse au centre de la Champagne, & au milieu de deux belles prairies arrosées par la Marne, qui vient baigner ses murailles, que par ses belles promenades, surtout celle du Jard qui vient d'être distribuée dans un goût nouveau, & par les superbes routes qu'on y voit aboutir de tous côtés.
Atteints par la limite d'âge et dépérissant, les ormes de 1768 ont été abattus en 1870 et remplacés dès 1872 par des marronniers blancs.
Notre Kiosque à musique décagonal, comme nous l'avons dit lors de notre première publication, a été inauguré le 14 juillet 1885, précédant de deux ans l'édification de six statues au Jard.
Ville de garnison depuis le XIXè siècle, Châlons-sur-Marne hébergeait pas moins de 4 régiments à la veille du conflit de 1914 : le 25ème Régiment d'artillerie, cantonné dans le quartier Forgeot depuis 1872, le 106e Régiment d'Infanterie caserné au Quartier Chanzy depuis 1880, et les 5ème et 15ème régiment de chasseurs à cheval arrivés à Châlons en 1907.
En 1909, la musique du 106ème R.I. est dirigée par le Chef Collard. Et bien entendu, la musique du 106ème n'était pas la dernière à fréquenter le Kiosque du Jard.

Si le Kiosque à musique est toujours en place au Jardin du Jard, que sont donc les Statues devenues ?...
Il paraîtrait que lors de la tempête de 1999, ayant toutes été détériorées, elles ont été remplacées par une série des Saisons réalisées par le sculpteur châlonnais d'origine péruvienne Juan-Carlos Carillo. Peut-on croire que l'ensemble des statues de 1887 aient subi le même sort, le même jour ? Qu'a-t-on fait des dépouilles de Mercure, du Joueur de flûte, du Bacchus à la grappe, de Diane chasseresse, de Prométhée et du Bacchus à la coupe ?

voir ici, le Kiosque à musique du Jard de Châlons-sur-Marne, aujourd'hui.
Ici.
et ici.

Image
publié par JeanMarc Mar 21 Juil 2015 19:49

28 septembre 1930 — La Lyre Clermontoise est allée donner un concert au Jard, à Châlons-sur-Marne, le 28 Septembre dernier. Voici ce qu'en disent les journaux châlonnais :
« Hier après-midi, nombreuse fut la foule qui, mettant à profit cette belle journée, se rendit au jard où la « Lyre Clermontoise » donnait un concert.
« Parmi les auditeurs, on remarquait : MM. Charles Magny, préfet de la Marne ; Onfroy, son chef de cabinet ; Marc Millet, maire de Châlons : Caby, adjoint, etc.,..
« Le programme fut rendu avec un sens très artistique par les excellents musiciens qui recueillirent une moisson de bravos si justement mérités.
« Remercions-les d'avoir ainsi gâté la population chàlonnaise si friande de bonne musique.
« Ajoutons que MM. Magny, préfet, Onfroy, Marc Millet, maire, Caby, etc., montèrent sur le kiosque pour remercier les exécutants et leur excellent directeur, M. Vivenot. »

(Bulletin Meusien du 11 octobre 1930)

27 mai 1933 — La musique militaire de Verdun à Châlons.

La musique, avec tambours et clairons, du 150e embarquera samedi 27 mai au train de 14 h. 30, se rendant à Châlons-sur-Marne, pour rendre les honneurs au Président de la République qui vient à Châlons le 28 mai, accompagné des ministres Daladier et Paul Boncour, pour inaugurer le monument élevé à la mémoire du sénateur Léon Bourgeois.
Notre musique participera samedi soir à une retraite aux flambeaux et donnera un concert au jardin du Jard le dimanche, de 17 à 18 heures.
(Bulletin Meusien du 27 mai 1933)

Chalons-sur-marne - Musique militaire au Kiosque du Jard — Musique le dimanche au Jard.
Image

4 septembre 1938 — Le concert de la grande fanfare champenoise, si réputée dans la région, qui a eu lieu au kiosque du Jard, à Châlons-sur-Marne, dimanche dernier, a remporté un énorme succès, malgré les diverses manifestations et fêtes des environs.

Juillet 1928 — Congrès de l'association des mutilés de guerre au Jard de Châlons.
Les réjouissances. Chacune des journées du Congrès a été marquée de réjouissances multiples que le manque de place ne nous permet que d'énumérer sèchement, mais dont la simple nomenclature suffira à montrer quel accueil Châlons fit à nos camarades et quelle fête ce fut pour toute la population de les recevoir.
Le vendredi soir, à 20 h. 30, il y eut au Casino une brillante représentation de ce chef-d'œuvre de l'opérette française qu'est Les Cloches de Corneville.
Le samedi soir, à la même heure, dans le superbe parc public du Jard, il y eut un concert vocal et instrumental suivi d'un bal, avec couronnement de la reine de Châlons et de ses demoiselles d'honneur.
Enfin, la journée du dimanche fût marquée d'une très pittoresque cavalcade dans les rues de la ville avec des chars des mieux réussis et dont le mérite de l'organisation est dû à nos camarades des chemins de fer de l'Est ; puis des concerts symphoniques eurent lieu à 15 heures et à 21 heures, au Jard.
Les congressistes avaient une carte de réduction de 50 pour 100, qui leur permit de profiter largement de ces fêtes de tout point remarquables.
A 15 h. 30, le Congrès était terminé.


Demande de subvention pour le Festival-Concours de Musique de Châlons-sur-Marne du 12 juin 1932.
29 octobre 1931 — M. Jacob, rapporteur au Conseil général de la Marne :
M. le Préfet a déposé sur votre bureau une délibération du Conseil municipal de la ville de Châlons-sur-Marne votant une subvention de 20.000 francs pour le Festival-Concours de Musique qui aura lieu en cette ville en juin 1932, et une lettre de M. le Maire qui sollicite de votre Assemblée une subvention aussi large que possible pour l'organisation de cette importante manifestation.
Il est inutile d'insister, Messieurs, sur l'intérêt qui s'attache pour le Département à voir réussir le plus brillamment possible cette fête qui aura pour théâtre le chef-lieu du Département, et le devoir du Conseil général est d'apporter à son éclat une contribution importante.
Votre 1ère Commission vous propose en conséquence d'allouer une subvention de vingt-cinq mille francs. Adopté.


Concours-Festival de musique de Châlons-sur-Marne du 12 juin 1932.
4 juin 1932 — De grandes fêtes auront lieu à Châlons-sur-Marne, le 12 Juin 1932, à l'occasion du Congrès de la Fédération des Sociétés Musicales de la Marne, de l'Aisne et de la Meuse.
Quarante-deux Sociétés prendront part à ce concours. La Musique des équipages de la Flotte de Brest viendra donner deux concerts de gala : le samedi au Cirque et le dimanche, dans les magnifiques promenades du Jard. Un feu d'artifice sera tiré dans l'Ile du Canal.
Ces fêtes, subventionnées par le Conseil Général de la Marne et le Conseil Municipal de Châlons, sont organisées par la Société du Commerce local et le Syndicat d'Initiative de Châlons.


Demande de subvention au Conseil général pour le Concours musical international de Châlons.
16 septembre 1912 — M. Lesourd au nom de la première Commission, donne lecture du rapport suivant :
Un comité s'est formé récemment à Châlons en vue d'organiser en cette ville au mois d'août 1913 un grand concours international de musique.
MM. les Présidents du Comité d'organisation sollicitent du Conseil général une subvention de 1.000 fr. en faveur du concours projeté en raison des dépenses considérables qu'une semblable organisation nécessite et aussi de l'intérêt général qu'elle présente. M. le Préfet appuie d'un avis favorable la présente demande.
Votre première Commission, prenant en considération l'intérêt réel de cette manifestation musicale, vous propose de voter un crédit de cinq cents francs. Ces conclusions sont adoptées.


8 juillet 1895 — Concert du 106e Régiment d'infanterie.
— Le 106e régiment d'infanterie a célébré hier, à Châlons-sur-Marne, l'anniversaire de la bataille de Wagram. Une retraite aux flambeaux et un concert ont eu lieu. Il y a eu revue du régiment et présentation du drapeau par le colonel Moinot-Werly. Dans la cour de la caserne Chanzy, brillamment pavoisée, une fête foraine a été organisée ; elle était réservée aux militaires et à leurs familles.

Statues du Jard de Châlons-sur-Marne de 1885, détruites et/ou supprimées en 1999 :
Bacchus à la grappe — Bacchus à la coupe
Image
Mercure — Diane chasseresse — Bacchus à la coupe (détail)
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Statues contemporaines des Quatre Saisons de Juan Carlos Carrillo au Jard de Châlons-sur-Marne :
L'Hiver.
Le Printemps.
L'Automne.
L'Eté.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » jeu. 23 juil. 2015 18:47

CHALON-SUR-SAÔNE - Le Kiosque de la musique
(SAÔNE ET LOIRE)
Avant de devenir au début du XIXè siècle Place de Beaune, elle s'est appelée Place Royale et Place de la Révolution.
C'est sur cette place de Beaune qu'est édifiée la Fontaine Neptune depuis la fin du XVIIIe siècle, construite sur un puits artésien. Initialement érigée rue Saint-Georges, l'oeuvre datant de 1744, est dûe au sculpteur Nicolas Sordoillet (1703 - † 17..), maître sculpteur à Dijon le 10 décembre 1740, le piédestal est réalisé par un certain Spingola. (1)
En vue de devenir une ville de garnison, la municipalité, qui dispose déjà de la caserne d'Uxelles, quartier de l’île Saint-Laurent, rachète le pensionnat des prêtres de Saint Bertin qui avait été édifié en 1872, et procède, en 1888, à sa transformation en caserne, baptisée Caserne Carnot.
Ces deux casernes accueillent le 5 octobre 1889 le 56ème Régiment d'Infanterie qui y reste cantonné jusqu'en 1914. Le Journal des Débats du 9 octobre nous informe que
"la municipalité de Chalon-sur-Saône a offert un punch aux officiers du 56e de ligne, qui vient prendre garnison dans cette ville. Divers toasts ont été portés par le maire, par le le colonel, par le sous-préfet et par M. Siméon Carnot. Celui-ci, se faisant l'interprète du Président de la république, a remercié la municipalité d'avoir donné le nom de Carnot, « l'organisateur de la victoire », aux nouvelles casernes. La population a fait au 56e une réception des plus chaleureuses."
Le reporter ne précise pas quel cru bourguignon a été servi aux officiers, et surtout si les tourlourous ont eu l'honneur de se rincer l'arrière-gorge. Il est vraisemblable que ces derniers n'ont de toute façon pas eu droit à la meilleure des côtes chalonnaises...
Devant cette arrivée massive de troupes, accompagnées de leur musique, il était donc nécessaire de construire un kiosque à musique. La municipalité fait appel à l'architecte Albert Jeannet, conseiller municipal de Chalon, très actif sur sa ville, pour en dessiner les plans.
Le Kiosque à musique, octogonal, est édifié place de Beaune ; à l'exception du soubassement qui est en pierre, l'ensemble du kiosque est en bois ; garde-corps, colonnes, frises décoratives de la toiture. Il est inauguré le 18 mai 1890 par la musique du 56ème R.I. entraînée par son chef Lambert.
En 1909, pendant un an, le Kiosque est réduit à sa plus simple expression : les rambardes, colonnes et toitures sont supprimées, seul le soubassement subsiste. On peut supposer que la structure en bois commençait à présenter des signes de faiblesse.
En 1909-1910, le Kiosque à musique, est refait à neuf, cette fois-ci en fonte et ferronnerie, le soubassement de pierre étant conservé.
La Caserne d'Uxelles détruite en 1912 — objet de notre prochaine étude, relative au second kiosque de Chalon —, la municipalité fait construire en 1912-1913, deux grands bâtiments de deux étages dans l’enceinte de la caserne Carnot, afin d'accueillir la compagnie qui occupait la caserne disparue.
Petite description des éléments de notre carte : derrière le kiosque, à droite, Café de Paris et, à gauche, Café Neptune situé juste en face de la Fontaine éponyme ; sur le côté gauche du Café Neptune, une petite Cordonnerie.
Kiosque toujours en place.

voir ici, le Kiosque à musique de la Place de Beaune de Chalon-sur-Saône, aujourd'hui.

Image
publié par JeanMarc Jeu 23 Juil 2015 18:21

Qu'elles soient froides, franches ou chaudes, les Foires de Chalon étaient parfois brûlantes.
Les foires de Chalon sont, dès le XIIIe siècle, de première importance dans cette région. Seules, celles de Mâcon soutenaient la comparaison. Véritable institution, un Bailli et Maître des foires est chargé de veiller à leur bon fonctionnement. Le premier bailli et maître des foires de Chalon connu est Hugues de Vercelx, nommé par lettres patentes du duc de Bourgogne le 1er mai 1353, fonction qu'il occupe jusqu'en 1360. Il est à la tête de cinq hommes d'armes — payés un demi florin par jour — chargés de garder et conduire les marchands qui viennent à la foire. Le Bailli, de son côté, perçoit une rétribution annuelle de 120 livres tournois. Les foires de Chalon, comme bien d'autres dans le royaume, sont loin d'être sures. Ainsi, en 1355, lors de la foire chaude de Chalon — la foire d'été est appelée chaude, celle d'hiver, foire froide —, 53 sergents de Cuisery sont mandés pour garder la foire ; de même en 1365, les marchands, lors de la foire froide de Chalon, vont être protégés jusqu'à Dijon, par le Bailli et une escorte de gendarmes.
Mais les auteurs de pillages et brigandages ne sont pas forcément les malandrins qu'on pourrait supposer : parfois ce sont les gens d'armes qui s'emparent des marchandises ; en 1415, Jean le Courcier, marchand de Damjan, près de Torigny, en Normandie, qui amène aux foires de Chalon de grandes quantités de draps est dépouillé par des gens d'armes du château de Milly, situés en dehors de la juridiction bourguignonne. Il déclare que le prix d'acquisition des marchandises volées s'éleve à 691 francs 3 gros, et, fait exceptionnel, le duc de Bourgogne, par lettres patentes du 11 juillet 1415, s'engage à lui rembourser 120 francs par an jusqu'à dûe concurrence des 691 francs 3 gros.
Du XIIIe siècle jusqu'en 1476, Chalon a droit à deux foires par an, chacune d'une durée d'un mois :
la foire froide, qui commence le jour de Brandons, premier dimanche de Karesme, et la foire chaude qui commence le lendemain de Saint-Barthelemy, 25e jour d'Aoust.
Par lettres patentes du 16 juillet 1476 de Charles le Téméraire, les deux foires froide et chaude de Chalon sont remplacées par quatre nouvelles foires : la première commence le lundi avant le dimanche de my Karesme, la seconde le lundi après la translacion Saint-Martin d'estey, la tierce le lundi après la feste de Seint-Michiel archange, et la quarte le lundi après la Saint-Andrieu.
Ces foires se déroulent dans de grandes Halles construites à cet effet à Chalon, situées vers la place de l'Etape, délimitées, par la rue Gloriette, la rue de l'Obélisque et la place Saint Pierre.
En 1569, on est revenu au rythme de deux foires par an, la foire chaude est fixée au 24 juin au lieu du 24 août, en raison de l'abaissement des eaux de la Saône en août, empêchant les marchands d'amener leurs denrées et marchandises.
Une ordonnance municipale du 27 juin 1772 fixe la date d'ouverture de la foire froide au 24 février et confirme celle de la foire chaude au 24 juin, toujours pour une durée d'un mois chacune.
Un siècle plus tard, en 1864, les foires de Chalon n'ont plus droit qu'à la portion congrue : le 11 février (2 jours), le 27 février, le 25 juin, le 9 août, le 12 septembre et le 30 octobre. Les foires des Sauvagines, foire aux Cuirs, foire aux Fourrures, foire aux Chevaux et foire aux Bestiaux se déroulent Place Mathias, Place de l'Hôtel de Ville, Place du Collège ; la place de Beaune est, quant à elle, consacrée au marchés hebdomadaires.

Place de Beaune à Chalon-sur-Saône - Marché et Kiosque au fond — Carnaval 1908 Char de la Société Nautique et Kiosque à musique à structure en bois avant sa reconstruction en fer.
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Même sous l'occupation autrichienne de 1814-1815, Chalon sur Saône fait le Carnaval !
— A Chalon, le Carnaval a traversé toutes les révolutions ; il s'est adapté aussi à toutes les circonstances et ne pouvait s'évanouir devant les manteaux blancs des Kaiserlicks. En 1814, le dimanche gras tombe le 20 février et le mardi gras le 22. On danse, mais sans masques — les masques de Chalon sont appelés gônios —, en vertu de l'autorisation suivante donnée par le commandant de place autrichien :
« Chalon-sur-Saône, 19 février 1814.
« Le Capitaine commandant la place de Chalon pour Sa Majesté Impériale et Royale apostolique, à Monsieur le Maire de la ville de Chalon.
« Monsieur le Maire,
« J'ai l'honneur de vous prévenir que, d'accord avec Mr le Major j'ai donné à la veuve Plénard la permission de faire danser au Salon d'Idalie dimanche et mardi prochain.
« Vous voudrez bien donner les ordres nécessaires pour le bon ordre et la police de ces bals qui seront non masqués.
« J'ai l'honneur de vous saluer avec une parfaite considération.
« Mercklein, Capitaine. »
Le salon d'Idalie était une salle de bal située 42, Grande-Rue, au premier étage. Il perdit son caractère d'établissement public vers 1900, après avoir été transformé un moment en casino.

Le Carnaval se poursuit encore joyeusement à Chalon le mardi 1er mars 1814, et les chiffres suivants suffisent à évaluer l'importance de cette manifestation : il est recueilli, le 2 mars, sur le Boulevard de la République 16.400 kilos de confettis provenant du corso de la veille.

Cependant si le Carnaval de Chalon est une tradition immémoriale, il se faisait sans défilé. Ce n'est qu'en 1907 que ceux-ci ont été instaurés et se perpétuent jusqu'à ce jour. L'Election des Reines a commencé l'année suivante, en 1908.

Carnaval 1909 Place de Beaune à Chalon-sur-Saône - Cavaliers de l'Empire — Char des Reines
(voir Kiosque à musique amputé de sa balustrade et de sa toiture : 1er cliché, au fond central ; 2ème cliché, à l'extrême gauche)
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4 septembre 1856 — On nous mande, de Bourgogne, qu'un magnifique festival lyrique a été organisé, dernièrement à Chalon-sur-Saône, par les soins et sous la direction de M. Pageault. La recette de ce concert était destinée à la caisse des secours aux inondés ; elle a été considérable.
Ce résultat ne surprendra personne, quand on saura qu'au but pieux de cette belle cérémonie se joignait l'attrait d'entendre notre excellent artiste Roger, qui a fait plus de cent lieues pour venir chanter à ce concert ; il a ravi, transporté tous les auditeurs ; mademoiselle Wertheimber l'accompagnait, sa belle voix a fait merveille. On avait improvisé une vaste salle de concert, dans les nouvelles halles de la ville ; la salle était pleine d'enthousiastes ; les orphéons de Dôle et de Chalon, quelques artistes de l'Opéra, quelques amateurs du crû bourguignon se sont fait entendre, à la satisfaction générale.


12 décembre 1908 — Le concours musical qui est organisé à Chalon-sur Saône, à l'occasion du congrès de la Fédération du Rhône et du sud-est, est fixé au 15 août 1909.

13 août 1913 — M. Joseph Thierry à Chalon-sur-Saône.
M. Joseph Thierry, ministre des travaux publics est allé ouvrir hier, à Chalon-sur-Saône, un Congrès-concours de 2.000 pompiers, un festival de musique, une fête de gymnastique, des régates nationales, un meeting d'aviation, bref toute une série de fêtes qui doivent se prolonger jusqu'au 17 août et qui ont été organisées à l'occasion de la double inauguration d'un pont de 185 mètres sur la Saône et de la nouvelle Chambre de commerce de la ville.

20 février 1939
— Les fêtes du Carnaval ont commencé à Chalon-sur-Saône. La première journée est celle des « goniots », où sont évoqués, sur le mode satirique, les grands événements mondiaux de l'année.

voir ici, la Fontaine de Neptune, Place de Beaune à Chalon-sur-Saône, aujourd'hui.

Chalon-sur-Saône - Fontaine Neptune et nouveau Kiosque à structure en fer et fonte
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(1) Déjà en 1924, on ne respecte rien !
M. Humbert attire l'attention de la Société sur la fontaine de la place de Beaune. Ce petit édifice du XVIIIe siècle, surmonté d'une statue de Neptune, qui n'est point sans caractère, a, malheureusement, beaucoup souffert des injures du temps et encore plus de celles des hommes. Les jours de foire, les vendeurs appuient leurs échelles ou les mâts servant à établir leurs boutiques provisoires contre les délicates sculptures du socle, et c'est ainsi que les dauphins placés au-dessus de la vasque ont été brisés au grand dommage de l'harmonie de l'ensemble. Notre Compagnie resterait fidèle à la tâche qu'elle s'est imposée en demandant aux autorités compétentes de protéger et de restaurer discrètement ce vieux souvenir chalonnais.
La Société, consultée, déclare faire sienne la requête présentée par M. Humbert. M. le Président la transmettra au Conseil municipal où elle trouvera l'appui de MM. Florimond et Collin.
Plusieurs des membres présents font, en outre, remarquer qu'il serait bon de transférer si possible la fontaine dans le square voisin. Grâce à ce déplacement de quelques mètres seulement, elle serait moins exposée au heurt des véhicules et au contact de la foule. Du même coup serait réalisé le dégagement de la partie inférieure de la vasque, aujourd'hui masquée par l'exhaussement progressif du sol.
(Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône 1924)
Deux ans après, le 15 novembre 1926, la Fontaine Neptune est classée monument historique...

Groupes musicaux actifs à Chalon-sur-Saône en 1909 :
Le Rallye-Chalon (société de trompes de chasse), président Poilnot-Lesne, direction Musard, 17 exécutants ;
Harmonie municipale de Chalon-sur-Saône, président Protheaux, direction Boudier,73exécutants ;
La Chorale chalonnaine, fondée en 1901, président E. Achaintre, direction Ocquidam, 63 exécutants ;
Fanfare de l'Ecole Paillard, président Paillard, direction Boudin.
La Vaillante (société de trompettes), président de Maizières, direction Ocquidam, 40 exécutants ;
Chalon-Estudiantina, président Chaussier, direction Muzard, 25 exécutants.
Le 56ème Régiment d'infanterie est quant à lui dirigé en 1909, par le chef Gaillard.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 24 juil. 2015 17:15

CHALON-SUR-SAÔNE - Quai Gambetta
(SAÔNE ET LOIRE)
Comme nous l'avons relaté ci-dessus, à propos du Kiosque de la Place Beaune à Chalon, les diverses Compagnies du 56ème Régiment d'Infanterie sont réparties, lors de leur arrivée en 1889, entre les deux casernes de Chalon.
La Caserne d'Uxelles, située sur l'Ile Saint-Laurent, à quelques foulées du Quai de la Navigation, se trouve donc relativement éloignée de la Place de Beaune et de son Kiosque à musique. Aussi, il est vraisemblable que la musique des Compagnies cantonnées à Uxelles ait influencé la municipalité pour qu'elle construise un second Kiosque à musique sur le Quai de la Navigation ; et donc un Kiosque y est effectivement édifié entre 1890 et 1895. Contrairement à celui de la place de Beaune tout en bois, ce Kiosque octogonal possède dès l'origine une structure en fonte, fer et zinc, sur un soubassement de pierre.
Quelques années auparavant à l'extrémité du Quai de la Navigation, sur la place du Port-Villers, le 21 juin 1885, on inaugure une statue de bronze en hommage à l'inventeur de la photographie Nicéphore Niepce (1765-1833), chalonnais d'origine. L'oeuvre est dûe au sculpteur Jean-Baptiste Guillaume (1822-1905).
Le Quai de la Navigation prend le nom de quai Gambetta en 1903-1905, au grand dam d'un éditeur de cartes postales qui fait fort justement remarquer que l'ancienne dénomination était
très rationnelle en liaison avec l'activité caractéristique de Chalon autrefois, sous-entendant que la nouvelle dénomination Gambetta n'a vraiment plus aucun rapport avec l'emplacement. Tant de places, rues, avenues ont subi le même sort en France !...
Le 23 janvier 1910, le Kiosque à musique baigne dans l'eau de la Saône, les crues ne l'ont pas épargné. La Caserne d'Uxelles est transformée en piscine, le commandant est contraint de se convertir en maître nageur.
En 1912, le sort s'acharne sur la Caserne : le 13 septembre un violent incendie la détruit en totalité. L'ensemble de ses occupants rejoint la Caserne Carnot qui est dans l'obligation de s'agrandir par l'adjonction de nouveaux bâtiments.
Le Kiosque à musique du quai Gambetta a disparu avant 1950.
Kiosque supprimé.


voir ici, Quai Gambetta à Chalon-sur-Saône, sans son kiosque, aujourd'hui.

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publié par JeanMarc Ven 24 Juil 2015 16:59

voir ici, Statue Nicéphore Niepce, place du Port-Villers, aujourd'hui.

8 juin 1885 — Chalon-sur-Saône. Notre ville se prépare à fêter avec éclat l'inauguration de la statue de Joseph Nicéphore Niepce, le véritable inventeur de la photographie, « une des plus admirables conquêtes du génie humain, » disait Arago.
Due au ciseau classique de M. Guillaume, membre de l'Institut, la statue de Niepce sera érigée au milieu du petit port Villiers, devant l'hôtel de l'Europe que Charles Dickens et Méry ont rendu légendaire. Sur le socle qui la supportera est gravée l'inscription suivante :
« A Nicéphore Niepce, inventeur de la photographie, né à Chalon-sur-Saône le 17 mars 1765. Monument inauguré le 21 juin 1885. »

Chalon-sur-Saône - Quai de la navigation (1er cliché) devenu Quai Gambetta (2ème cliché) et Kiosque à musique.
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En juin 1900, éclate une grève des ouvriers de la construction mécanique de Chalon-sur-Saône. Le calendrier des tragiques événements qui s'en sont suivis :
1er juin 1900. — Dans l'après-midi d'hier, les ouvriers du Petit-Creusot à Chalon sur Saône ont quitté le travail pour se joindre aux grévistes de l'usine de construction mécanique de M. Galand, et tous se sont rendus aux ateliers de M. Gustave Pinette, où les grilles ont été enfoncées. Les ouvriers de ces ateliers ont été invité à cesser le travail et un quart d'heure après la grande machine motrice s'arrêtait.
Dans la soirée. à la porte de l'usine Galand, les gendarmes ont été refoulés par les manifestants ; le 56e de ligne a été consigné ; des gendarmes arrivent de tous les points de l'arrondissement. Une dernière délégation sera envoyée demain l'usine Galand.

3 juin 1900. — La grève des ouvriers de l'usine Galland, à Chalon-sur-Saône, a servi d'occasion, dans la journée et dans la nuit d'hier, à une vive agitation sur laquelle voici de nouveaux détails.
Des meneurs, dont un grand nombre sont étrangers à la ville, ont formé des rassemblements bruyants, malgré l'arrêté du maire interdisant les attroupements. Dans l'après-midi, des pierres ont été lancées aux gendarmes, et quelques-uns d'entre eux ont été atteints, ainsi que le commandant, mais peu sérieusement. Neuf arrestations ont été opérées.
Dans la soirée, l'ordre a été plus gravement troublé. Les émeutiers, car il ne s'agissait plus là d'un mouvement gréviste, ont éteint le gaz dans le quartier Saint-Come, et assailli de projectiles les patrouilles de gendarmerie et de cavalerie. Des coups de revolver ont été tirés, dont on ne connait pas la provenance. Ils ont atteint, dans un groupe au milieu duquel se trouvait le préfet, quatre personnes.
L'une d'elles, un jeune homme de seize ans, nommé Brouillard, apprenti tourneur, a été si grièvement atteint qu'il est mort dans la nuit.
Les trois autres blessés sont les nommés Auguste Geoffray, plâtrier, qui a reçu une balle dans le ventre ; Claude Bernard, âgé de vingt-quatre ans, ajusteur, et Jules Pergaud, âgé de trente ans. Leur état est inquiétant.
Le procureur de la République a ouvert une instruction contre inconnu pour homicide.
Les vitres de la prison ont été brisées hier soir, et quelques dégâts ont été commis dans l'appartement du gardien-chef, qui a montré beaucoup de sang-froid.
Quinze gendarmes et deux chasseurs ont reçu des contusions diverses.
Les ouvriers font des démarches, en vue de la conciliation, auprès du préfet, qui s'y emploie très activement.
M Gillot, sénateur, est arrivé hier. M. Simyan, député, arrivera aujourd'hui, à midi.
En prévision de nouveaux troubles, soixante gendarmes et deux escadrons de chasseurs ont été appelés à Chalon.
Les individus arrêtés et ceux qui se sont signalés par leur attitude violente sont étrangers à la ville.
La population ouvrière a marqué sa réprobation à leur égard.
La matinée d'aujourd'hui est calme.

Finalement, Auguste Geoffray décède de ses blessures, de même que Claude Bernard.
Le 7 juin, les ouvriers de l'usine Galland reprennent tous le travail. Quant aux ouvriers de l'usine Pinette, ils démentent énergiquement le bruit qui a couru de leur intention de se mettre en grève.


7 juin 1900 — Le Kiosque à musique du Quai de la Navigation, interdit aux hommes politiques. Broutchoux, arrêté.
Chalon-sur-Saône. Les députés MM. Pastre et Renou, envoyés par le comité général socialiste pour faire une enquête sur les incidents de samedi, ont, dès leur arrivée, voulu tenir une réunion.
Le maire, à qui ils se sont adressés, n'ayant pu leur fournir que la salle des adjudications, qu'ils trouvèrent trop petite, c'est sur la voie publique qu'ils ont décidé de se rendre, à neuf heures, accompagnés de deux cent cinquante à trois cents personnes.
MM. Pastre et Renou sont arrivés sur le Quai de la Navigation où se trouve, au milieu d'une large allée plantée de tilleuls, un kiosque pour la musique. Mais des factionnaires, l'arme au pied, en interdisent l'accès suivant la consigne. Puisque, a dit M. Renou, on nous empêche de pénétrer dans ce kiosque, nous allons vous parler du haut de ces marches.
Successivement les deux députés, du haut de leur tribune improvisée et dans des discours empreints d'une certaine violence, ont engagé leurs auditeurs à former un comité pour l'érection d'un monument commémoratif des trois victimes du 2 juin. Cinq membres de ce comité ont immédiatement été désignés par les persounes présentes qui les ont nommés d'acclamation.
L'un des membres de ce comité a remercié les députés de l'initiative qu'ils venaient de prendre et M. Pastre lui répondait déjà quand le préfet, M. de Joly, qu'accompagnaient le sous-préfet, M. Trépont, le colonel du 56e et les lieutenauts-colonels, interrrompant l'orateur, lui signifia au milieu d'uu silence relatif que la réunion dès maintenant était dissoute.
Formée en cortège, l'assistance s'est rendue alors, en chantant, à l'hôtel de ville, distant du kiosque de quelques mètres à peine.
Ce matin, la rentrée dans les ateliers a été générale elle s'est effectuée dans le plus grand calme.
M. Pastre, député du Gard est reparti pour Paris cette nuit, et M.Gillot, sénateur de Saône-et-Loire, a quitté Chalon ce matin.
Dans la soirée, l'anarchiste Broutchoux qui prononça un violent discours lundi dernier, aux obsèques du jeune Brouillard, a été arrêté sous l'inculpation d'injures à l'armée et d'excitation au pillage
Dix des inculpés dans les récentes manifestations comparaîtront samedi matin en police correctionnelle. Ces dix inculpés sont arrêtés. Trois autres ont été mis en liberté provisoire et comparaîtront à une audience ultérieure.

29 juin 1900 — Le nommé Broutchoux, arrêté pour son discours prononcé aux obsèques du jeune Brouillard, lors des troubles de Châlon, a bénéficié aujourd'hui d'une ordonnance de non-lieu.

Benoît Broutchoux (1879-1944) fera parler de lui à maintes reprises, lors des meetings anarchisants qu'il tenait, perché sur des becs de gaz...
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 27 juil. 2015 13:07

CHAMBARAN (Camp de) - Le Kiosque
(ISÈRE)
voir ici, les renseignements déjà publiés sur le kiosque du Camp de Chambaran.
Le Camp de Chambaran dépend des départements de l'Isère et de la Drôme.
De par sa fonction d'instruction et d'entraînement, le Kiosque, la Caserne et le Champ de tir ont vu passer un nombre impressionnant de Régiments, Bataillons ou Brigades, depuis sa création en 1881.
En 1889, le 2ème Régiment d'Artillerie, venu pour l'instruction en profite pour organiser une fête grandiose. (1)
Lui succèdent, entre bien d'autres, le 14ème corps d'armée et le 36ème Régiment d'Artillerie en 1899, le 5ème Régiment d'Artillerie en 1896 puis en 1904, le 17ème Régiment d'Infanterie en 1916, le 11ème Régiment d'Artillerie en 1918.
Et bien entendu le 93ème Régiment d'Artillerie, basé près de Grenoble, dont le 4è régiment de Chasseurs Alpins et les 6è, 7è, 13è et 27è Bataillons de Chasseurs Alpins qui le composent, font de fréquents séjours à Chambaran.
Actuellement, le 7è bataillon de chasseurs alpins, qui dépend du 93è régiment d'artillerie de montagne, a la charge de gérer le Camp de Chambaran.


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publié par JeanMarc Lun 27 Juil 2015 12:49

(1) Musique, fête et bal à Chambaran, champagne à gogo...
3 juillet 1889 — Nous parlions, l'autre jour, du rallye donné à Fontainebleau. Les environs de Paris n'ont pas le monopole de ces fêtes brillantes. Le 2ème régiment d'artillerie vient de le prouver au camp de Chambaran, en Dauphiné, où il fait ses écoles à feu. Le colonel Keim et les officiers du 2e y avaient réuni toute la société choisie et les officiers de toutes armes de la région, ainsi que plusieurs officiers de l'Ecole supérieure de guerre, en mission au camp.
La fête, dont le général Saillard, en villégiature avec sa famille au château de Viriville, avait accepté la présidence, a débuté par un rallye mené à fond de train. Outre les flots de rubans traditionnels, les heureux vainqueurs ont reçu des mains des aimables présidentes, Mmes Saillard et Keim, un stick des plus élégants.
La fête a continué par un déjeuner rustique ; comme le portait le programme, finement dessiné, des citernes de Champagne avaient été creusées dans le camp.
L'après-midi l'on a admiré, dans un concert varié, les talents des sous-officiers et canonniers du régiment. Puis la salle de verdure où s'étaient réunis les 350 convives s'est changée en une salle de bal, où la musique endiablée de l'Ecole d'artillerie remplaçait le violon du ménétrier de village. On a visité, au retour, la partie du camp occupée par les canonniers ; elle s'était transformée en kermesse, où toutes les batteries avaient rivalisé d'idées ingénieuses. C'était la partie la plus originale de cette fête, où tous, depuis le colonel jusqu'au dernier canonnier de deuxième classe, avaient lutté d'entrain.
On s'est séparé à minuit, après un dîner encore arrosé de Champagne, et aussi d'un peu de pluie. C'a été d'ailleurs, le seul nuage de la journée.

(Journal Le Gaulois)
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 29 juil. 2015 14:09

CHAMBÉRY - Le Jardin public
(SAVOIE)
Le Jardin Public du Verney (en patois, signifie le lieu où croissent des aulnes, ou vernes) à Chambéry n'est pas de toute première jeunesse. De 1360 à 1381, le Comte de Savoie Amédée VI (1334-1383) aurait acheté des terrains à divers particuliers ; en 1381, à la suite d'une crue de la Leysse, il cède ceux-ci à la ville sous condition que cet emplacement soit transformé en promenade publique. La Leysse occupant une partie du sol, des digues et chaussées sont nécessaires pour mener à bien ce projet. Des arbres, six rangées de tilleuls, vont y être plantés et une première promenade du Verney devient très fréquentée dès le XVè siècle. En 1477, afin d'endiguer l'afflux de filles publiques sur la promenade, la régente de Savoie, Yolande de France (1434-1478), ordonne que lesdites filles qui seraient trouvées se promenant au Verney seraient attachées au pilori, situé place du Château, et fouettées publiquement.
A l'extrémité nord de la promenade du Verney, se dresse le gibet, près de la chapelle des Pénitents Noirs, lieu de séjour de la dernière nuit du condamné à mort avant son exécution.
Des sociétés de tir à l'arbalète, à l'arc et à l'arquebuse occupent une partie du jardin de même que des foires et marchés. De 1792 à 1815, la garnison de Chambéry accrue considérablement, plus de 3.000 hommes, le jardin du Verney se transforme en vaste campement. En 1810 la Caserne Curial, suivie en 1822 de la Caserne Saint-Ruth vont accueillir tous ces militaires qui tous les jours, traversent la ville pour rejoindre le Champ-de-Mars, contigü au jardin du Verney. Le soir la fanfare joue place Saint-Léger, et l'été au Verney.
Jusqu'en 1850, le foirail à bestiaux se tient sur l'emplacement du futur Palais de Justice, donc sur le jardin du Verney à ce moment-là. Deux fois par semaine, le bétail souille de ses déjections la malheureuse promenade, les jeunes frênes et mûriers que la Ville fait planter à grands frais sont dévorés par ces animaux.
Ce n'est qu'après 1860 que le jardin du Verney est transformé en jardin à l'anglaise, par le paysagiste Laval.
En 1867, le Cercle musical, l'Orphéon et le Cercle choral, pétitionnent auprès de la municipalité aux fins d'obtenir un Kiosque à musique dans le Jardin du Verney. La demande est rejetée par la Mairie qui, on le verra, est très parcimonieuse en la matière (1).
Il faudra attendre l'appui décisif du 97ème Régiment d'Infanterie venu s'installer, venant de Quimper, dans la Caserne Curial le 10 mars 1872, pour que le Conseil municipal, à condition que les sociétés musicales participent financièrement au projet, charge l'Architecte communal Vincenty de dresser les plans d'un Kiosque.
Le Kiosque, de forme octogonale, est érigé dans le Jardin du Verney en 1877.
Le 97ème R.I. est rejoint à Chambéry en 1882 par le 13e Bataillon de Chasseurs Alpins qui s'installe, en 1888, au Quartier de Joppet.
Les musiques et fanfares de ces régiments vont ainsi égrener la vie chambérienne jusqu'en 1914. Aucune fête ou manifestation ne se fait sans leur présence. En 1913, le célèbre 4e Régiment de Dragons occupe la Caserne Saint-Ruth, remplacé en 1914 par le 9e Régiment de Hussards.
Le Kiosque à musique, que Chambéry a eu tant de mal à obtenir, est détruit le 26 mai 1944, lors du bombardement allié larguant 164 tonnes de bombes sur la gare mais, dans la foulée, également sur les civils, les immeubles... 200 civils tués, 300 blessés, un tiers du centre ville anéanti.
Depuis, occasionnellement, un kiosque démontable inesthétique est installé dans le Parc du Verney.
Kiosque détruit.

voir ici, Parc du Verney de Chambéry, sans son Kiosque, aujourd'hui.
et Ici.

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publié par JeanMarc Mer 29 Juil 2015 13:47

(1) A Chambéry, enfin un Conseil Général et un Conseil municipal qui ne gaspillent pas l'argent du contribuable. Un deuxième Kiosque à musique, à l'économie, au Grand-Jardin de la Préfecture.
L'Architecte départemental présente un rapport au Conseil général de Savoie aux fins d'acquérir un Kiosque à musique à Chambéry.
— A l'occasion de la kermesse qui a eu lieu à Chambéry le 2 août 1891, pour venir en aide aux victimes des incendies de Châtillon, Voglans et Barby, le comité organisateur de cette fête a élevé au centre du Grand-Jardin de la Préfecture un kiosque de musique. Ce kiosque a été construit assez solidement pour être conservé au moyen de quelques travaux préservatifs et être utilisé pour les fêtes du Centenaire en septembre 1892.
Le comité de la kermesse, par l'organe de son vice-président M. Henry, demande que le département veuille bien, à cet effet, faire l'acquisition de ce kiosque, ce qui permettrait d'allouer une somme plus forte aux sinistrés.
Tenant compte de ce qu'il sera nécessaire de donner à ce kiosque des compléments de couverture et de soubassement, dépenses évaluées à 200 francs ; tenant compte également des avaries qu'il pourrait subir jusqu'aux fêtes du Centenaire, M. l'Architecte départemental estime que le prix d'acquisition doit être fixé à 500 francs.
De mon côté, je pense que le département aurait intérêt à faire cette acquisition, et je prie le Conseil général de vouloir bien accueillir la demande du comité, et de voter au budget rectificatif un crédit de 700 francs, dont 500 francs pour l'acquisition et 200 francs pour les travaux préservatifs.


Lors de sa séance du 21 août 1891, le Conseil Général de Savoie du 21 août 1891 autorise l'acquisition de ce Kiosque.
— Le 2 août courant, une kermesse de bienfaisance a eu lieu dans le Grand-Jardin de la Préfecture.
Au nombre des installations faites pour cette fête se trouve un pavillon central qui a servi pour les auditions musicales données par les sociétés de Chambéry et les musiques militaires.
Le comité de la kermesse propose au département de lui céder ce kiosque au prix de 1.000 francs.
L'architecte départemental, consulté sur l'opportunité de cette acquisition, conseille de la faire, mais au prix de 500 francs seulement, eu égard aux travaux complémentaires à exécuter pour assurer la conservation de cet édicule et dont l'importance serait de 200 francs.
Dans son rapport spécial, M. le Préfet adopte les conclusions de l'architecte départemental.
Votre 2e Commission, considérant que le département sera certainement appelé à prendre part aux fêtes qui seront célébrées en septembre prochain à l'occasion du centenaire, surtout si M. le Président de la République, acceptant l'invitation qui lui sera faite par la représentation de la Savoie, vient à Chambéry ;
Que le Grand-Jardin, par sa position et sa configuration, est un local tout indiqué pour servir de cadre à de belles fêtes ; qu'il faudrait alors forcément construire pour les musiques un pavillon dont le prix serait très élevé ; qu'en acquérant celui de la kermesse au prix de 500 francs, le département fera une bonne affaire et une bonne oeuvre ;
A la majorité de ses membres, propose au Conseil général d'acheter au comité de la kermesse le kiosque proposé pour la somme de 500 francs, de porter cette somme au budget rectificatif de 1891 ainsi que celle de 200 francs jugée nécessaire pour le couvrir avec du carton bitumé et lui faire quelques autres travaux de préservation.
M. le Préfet fait remarquer que le Grand-Jardin de la Préfecture, par sa situation et sa disposition, est nécessairement appelé à servir de cadre à quelque fête musicale ou autre à l'occasion de la célébration du prochain centenaire de la réunion de la Savoie à la France, et que le kiosque sera d'une grande utilité dans cette circonstance. Il ajoute que ce kiosque servira en outre, pour la fête annuelle du 14 juillet et pour les concerts hebdomadaires des musiques militaires.
M. Rebaudet appuie la proposition de la Commission surtout parce qu'elle aura pour résultat d'augmenter la somme des secours alloués aux incendiés par le comité de la kermesse.
La proposition de la Commission, mise aux voix, est adoptée.

Acheté pour être utilisé, entre autres, aux Fêtes du Centenaire de Septembre 1892, le Kiosque à musique verra malheureusement les festivités tourner court, les trombes d'eau ayant chassé les Ediles, le Président Sadi Carnot, la Musique, les militaires et les spectateurs. (voir ci-dessous Fêtes du Centenaire du 3 septembre 1892)
Finalement, trois ans après, le Kiosque à musique bon marché, commence à présenter des signes de fatigue, d'autant que des garnements s'acharnent sur lui.
Le 5 avril 1894, l'architecte départemental J.S Revel adresse une lettre au Préfet afin qu'une décision soit prise concernant l'avenir de ce kiosque :
"successivement, la toiture en carton goudronné de ce kiosque fut entièrement refaite. Dès lors, les gamins ont abîmé cette couverture et enlevé tous les liteaux qui formaient une ceinture à son pourtour. Et ce qui est plus grave, les pieds des poteaux qui supportent ce kiosque ont pourri, et j'estime qu'il y aurait prudence à le démolir pour éviter un accident. Enfin, ce kiosque, qui n'a été installé que pour une fête, n'a pas la solidité voulue et sa mise en état et la continuation de son entretien coûteraient vraiment trop cher et entraîneraient une dépense que sa valeur réelle est loin de comporter. J'ai en conséquence l'honneur de vous prier, Monsieur le Préfet, de demander au Conseil général de vouloir bien autoriser la démolition de ce kiosque."

Avant de procéder à sa démolition, le Maire, Antoine Perrier propose tout de même de consulter la municipalité et les sociétés musicales de Chambéry, à l'effet de savoir si elles jugent utile le maintien du kiosque, à condition toutefois que lesdites sociétés musicales prennent en charge les frais des réparations.
La réponse des sociétés musicales ne se fait pas attendre ; elles font savoir au Maire de Chambéry
"que l'état de leurs ressources ne leur permet pas de concourir aux frais de reconstruction du kiosque et que d'ailleurs les concerts musicaux se donnent de préférence sur la place Saint-Léger et au Verney, lieux que la population de Chambéry semble le plus fréquenter."

Lors de sa séance du 20 août 1894, le Conseil général de Savoie autorise la démolition du Kiosque du Grand-Jardin de la Préfecture, et le Maire de Chambéry trouve le subtil moyen de ne payer aucun frais de démolition.
Séance Conseil Savoie 20 août 1894 — M. Forest signale l'urgence d'autoriser la démolition du kiosque du Grand-Jardin dont l'état de délabrement produit un effet disgracieux.
Les sociétés musicales de Chambéry, consultées, ont fait connaître qu'elles ne pouvaient concourir aux frais de reconstruction de ce kiosque. Il importe de ne pas laisser plus longtemps cette construction exposée aux regards des nombreux étrangers qui visitent le château et M. Forest propose d'autoriser sa démolition immédiate et le paiement des frais de ce travail sur le crédit d'entretien.
M. Antoine Perrier s'associe à cette proposition, mais sous la réserve que les frais de démolition seront compensés par la valeur des bois à enlever et qui seront abandonnés à l'entrepreneur chargé du travail.
La proposition de M. Forest est adoptée, avec la réserve indiquée par M. Perrier.

Chambéry - Kiosque à musique Jardin du Verney — Grand-Jardin de la Préfecture, où était installé le second Kiosque de 1891 à 1894.
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Fêtes trempées du Centenaire de l'Annexion de la Savoie à la France du 4 septembre 1792.
Chambéry, 3 septembre 1892. — A 5 heures 1/2, le canon tonne, les cloches et les clairons sonnent, les fanfares jouent la Marseillaise, M. Sadi Carnot fait son entrée à Chambéry. Il est reçu sur le quai de la gare par le maire, M. Perrier, M. Jules Roche, ministre du commerce, M. Pierre Blanc, le doyen des députés, toujours droit et superbe malgré son grand âge, et les diverses autorités. (...)(discours de bienvenue)
M. Antoine Perrier a présenté ensuite au président sept jeunes filles qui portaient les gracieux costumes en usage dans les sept anciennes provinces de la Savoie. L'une d'elles, Mlle Pollet, en remettant à M. Carnot des bouquets de fleurs des Alpes, lui a adressé une petite allocution suivante (...)
Le président monte ensuite dans un landau attelé de quatre chevaux. Avec lui prennent place le maire, le général baron Berge et le général Borius. Dans les autres voitures montent les ministres des affaires étrangères, du commerce, les députés et sénateurs et les personnages officiels.
Sur le parcours de la gare à la préfecture, la haie est faite par l'infanterie de ligne et les chasseurs alpins.
Au moment ou le cortège se met en marche une chaleureuse acclamation retentit et sur tout le parcours les cris de : Vive la République ! alternent avec les cris de : Vive Carnot ! La ville est admirablement décorée et pavoisée, à chaque coin de rue des arcs de triomphe avec des inscriptions patriotiques.
Malheureusement, le coup d'œil change tout à coup et les acclamations cessent : un nuage crève, la pluie se met à tomber, mais avec une telle violence que dans une minute les rues sont transformées en torrents et l'on patauge dans la boue et les flaques d'eau. C'est un sauve qui peut général, une vraie débandade.
M. Carnot arrive à la préfecture, juste à temps, pour éviter d'être trempé jusqu'aux os.
La population a fait des merveilles pour décorer les rues traversées par le cortège. Les sapins qui ont été amenés des montagnes voisines et qui bordent les rues sont en nombre incalculable. Des guirlandes de buis font le tour des portes et des fenêtres de toutes les maisons. Toute cette verdure est piquetée de fleurs en papier multicolore.
M. Carnot a réuni à sa table dans la soirée en un dîner intime les deux ministres qui l'accompagnaient, le général Borius et les officiers de sa maison militaire ainsi que les généraux Berge et Bérenger et quelques autorités civiles du département.
— La Soirée. Vu le mauvais temps, la retraite aux flambeaux n'a pas eu lieu. La pluie qui s'est mise à tomber en abondance à sept heures, n'a pas discontinué. Les musiques, qui s'étaient rangées aux places désignées, regagnent leur casernement.
A 9 h. 20, le président de la République sort de la préfecture accompagné du maire de Chambéry, des généraux Berge et Bérenger, des ministres, etc. Il entre à l'Hôtel de Ville. Une foule enthousiaste crie: « Vive Carnot ! Vive la République ! » Les fanfares l'Harmonie et la Fédérale jouent la Marseillaise.
Un vin d'honneur lui a été offert pendant la réception. Le Cercle choral et l'orphéon chambérien se sont fait entendre. M. Carnot a écouté avec beaucoup d'attention le champ des Allobroges, qui a été joué par l'Harmonie de Chambéry et il l'a applaudi.
La chambre syndicale des mécaniciens et chauffeurs de la Savoie s'est présentée à la mairie précédée de sa bannière et de deux petites filles qui ont offert à M. Carnot un magnifique bouquet.
A dix heures et demie le président de la République est rentré dans les appartements qu'il occupe au château. Quelques feux de bengale ont été brûlés, mais il n'y a pas eu d'illuminations.

voir ici, Chambéry, côté militaire, cartes publiées par Marco sur CPArama.

Chambéry - Caserne Curial (carte publiée par Marco) — Musique du 97e de Ligne.

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11 septembre 1886 — Manoeuvres militaires sur la frontière italienne ; un infirmier se coupe la langue !
A l'issue de grandes manoeuvres, les divers régiments et brigades, une fois disloqués, se retrouvent à Chambéry qui regorge de troupes de toutes armes, qui campent un peu partout et logent dans les établissements disponibles, à la halle aux grains, au séminaire, etc.
Les habitants profitent de cette situation en ce que, chaque jour, les diverses musiques militaires se font entendre, soit au jardin du Verney, soit sur la place Saint-Léger.
Jamais ces braves musiciens n'ont recueilli autant de chaleureux applaudissements. La fanfare des chasseurs et la musique du 97e de ligne sont particulièrement acclamées.
Dans cette agglomération de troupes, il ne s'est produit qu'un accident : un infirmier s'est coupé la langue avec les dents en descendant un malade placé sur une voiture d'ambulance.
Les troupes repartent successivement pour rejoindre leurs villes de garnison.


Samedi 3 août 1918 — La musique américaine d'Aix-les-Bains se déplace, ce jour, à Chambéry. Elle offre un concert, de 17h à 18h, devant le Cercle Militaire, Place Saint-Léger, une aubade devant la Préfecture puis un concert nocturne au kiosque du Verney.

Chambéry - Caserne de Joppet (carte publiée par Marco) — Musique du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins.
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27 et 28 septembre 1884 — Banquet des sociétés musicales
La capitale savoyarde, pavoisée d'abondance, inaugurait avec faste la nouvelle ligne de chemin de fer Chambéry-Saint-André le Gaz, par le tunnel de l'Epine.
Après les festivités du samedi 27, marquées par le départ du train officiel, l'envol d'un ballon monté place du Palais de Justice, une course hippique dans le grand jardin du château, etc., le dimanche 28 vit le rassemblement de vingt-cinq sociétés chorales et instrumentales. A l'issue d'une matinée ponctuée de concerts, d'une réception à l'hôtel de ville et d'un défilé en musique dans les principales rues de la cité, les formations participantes se retrouvèrent au Manège où avaient été dressées les tables d'un grand banquet populaire.
Le correspondant du Républicain de Savoie rapporte : « Le banquet a été joyeux et animé au-delà de tout ce que l'on peut imaginer. Chose incroyable, car ces sortes de banquets ne sont pas d'ordinaire des régals, étant donné la difficulté de les organiser et de servir les mets à point, le menu était excellent. Les commissaires de chaque musique présidaient au service de leur société respective. ».


Samedi 26 juin 1915 — Au cours d'une prise d'armes, au Verney, à laquelle participent la fanfare des Chasseurs et les trompettes des Hussards, le Général Brieu épingle la Croix de Guerre sur la poitrine de 23 officiers, sous-officiers et soldats.

voir ici, Fanfare du 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins, aujourd'hui.

Société musicales actives à Chambéry en 1909 :
Cercle choral, fondé en 1859, direction Bonnel, président Tiollier, 60 exécutants ;
Orphéon chambérien, fondé en 1869, président Fabre, directeur Pizzi, 50 exécutants ;
Cercle musical, président J. Tardy, direction Bonnel, 50 exécutants ;
Gaîté chambérienne (fanfare), fondée en 1900, président Carie, direction H.Donnet.
Harmonie municipale, fondée en 1873, président Lansard, direction Tournier, 55 exécutants ;
Les Amis de la Trompe (société de trompes de chasse), fondée en 1888, président Bouvier, direction Vidal, 25 exécutants ;
Les Trompettes chambériennes, fondées en 1901, président Vermale, direction Collomb.
Les Fils d'Orphée (orchestre), fondé en 1900, président Sacreste, direction Commandeur.
Estudiantina chambérienne, président Marjollet, direction Pizzi, 31 exécutants.

La musique du 97e Régiment d'Infanterie a pour chef Louis Dame en 1909.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 3 août 2015 14:13

CHAMPAGNOLE - Bellefrise - Le Kiosque
(JURA)
Une souscription publique de 1898, va permettre à la La Lyre des Forges et à la Musique Municipale de Champagnole d'avoir leur Kiosque à musique. C'est l'architecte Alfred Schacre (1858-1931) qui est chargé d'en dresser les plans. Erigé dans le Parc Bellefrise, situé à l'angle des rue Progin et Pasteur, de forme octogonale, il ne comporte qu'un soubassement de pierre et une rambarde. Construit au bord d'un bassin circulaire, le Kiosque fait face à une petite statue d'Enfant à l'Urne (visible au fond sur notre carte), datant des années 1860, dûe au Sculpteur Mathurin Moreau (1822-1912). Disparue aujourd'hui, elle est remplacée par une statue d'enfant, semblant sortie tout droit des usines de jouet moby... Ici.
Alfred Schacre qui sera maire de Champagnole de 1919 à 1925, est également l'auteur des plans de l'Hôtel des Postes de la ville, plans qu'il a établis en 1913 ; compte tenu des événements, le Bâtiment ne sera achevé qu'en 1926.
A la fin de son mandat de maire, Alfred Schacre, sous les demandes incessantes des Sociétés musicales qui jouent en alternance sur le Kiosque, mais non protégées des intempéries, décide d'achever enfin son oeuvre, à savoir ajouter une toiture à celui-ci. Sur un budget de 16.000 frs, la commune prend en charge 10.000 frs, l'Harmonie municipale est obligée de payer le solde. Le Kiosque à musique enfin complet est inauguré le 9 août 1925, après la fin du mandat de Schacre le 17 mai.
Kiosque toujours en place.


voir ici, Kiosque à musique du Parc Bellefrise à Champagnole, aujourd'hui.
Ici.
et ici.

Image
publié par JeanMarc Lun 3 Aoû 2015 13:59

Le Bassin-poubelle de Champagnole, situé au bord du Kiosque.
23 septembre 1923. — La petite ville de Champagnole, dans le Jura, possède une jolie petite place qu'orne un joli petit Bassin. Les natifs de Champagnole avaient sans doute pris l'habitude de transformer le joli petit bassin en poubelle. Soucieuse de sa dignité, la municipalité a fait apposer auprès du petit bassin un écriteau avec cette sévère inscription :
DÉFENSE DE NE RIEN JETER DANS LE BASSIN
Et les touristes se demandent, non sans quelque anxiété, ce dont ils pourraient se débarrasser afin de ne point enfreindre le règlement municipal. (Journal Comoedia)

Champagnole - Parc Bellefrise, Kiosque à musique et sa toiture — L'Enfant à l'Urne
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Des femmes invitées à un banquet politique : une première dans le Jura !

26 octobre 1893. — Hier, à Champagnole, la démocratie jurassienne offrait un banquet de quatre cents couverts aux députés des quatre arrondissements. MM. Poupin, Bourgeois et Trouillot s'étaient rendus à l'appel.
Dès l'aube, la jolie ville de Champagnole, coquettement assise sur les bords de la rivière d'Ain, présentait un aspect inaccoutumé. Les drapeaux français, entremêlés de drapeaux russes (1), flottaient aux fenêtres, et, sous l'influence d'un beau soleil d'automne, la gaieté et l'enthousiasme étaient dans l'air.
A onze heures, la foule se pressait devant les portes de l'hôtel de ville, et à midi la députation du Jura, escortée des nombreux invités, prenait place dans les grandes salles de la mairie, somptueusement décorées et enguirlandées de fleurs aux couleurs nationales.
Innovation qui fait honneur aux organisateurs du banquet : une vingtaine de dames étaient assises à la table du président. C'est la première fois, en effet, que dans le Jura on convie les femmes à un banquet politique. Disons que la plupart de ces femmes vaillantes avaient pris une part active à la dernière lutte électorale.
Au dessert, M. Casimir Blondeau, le doyen des républicains du canton, souhaite la bienvenue aux députés et aux assistants et donne la parole au président du comité central démocratique, M. Henri Cler. (...) (nombreux discours) (Bravos répétés.)
Une des dames présentes, Mme Griess-Traut, membre du conseil d'administration de la Société d'arbitrage entre nations, se lève et remercie en termes émus, au nom des dames présentes, les organisateurs du banquet qui leur ont permis d'assister à cette fête républicaine.
La société de musique de Champagnole joue l'Hymne russe et la Marseillaise qui soulèvent un tonnerre d'applaudissements. « Vive la Russie ! vive la France ! » L'enthousiasme est à son comble.

(1) L'enthousiasme envers la Russie est dû aux fêtes de l'alliance franco-russe qui ont lieu en 1893.

Sociétés musicales actives à Champagnole en 1909 :
Musique Municipale (harmonie), 50 exécutants ;
La Pédale champagnolaise, président Pichegru, directeur Rodet, 12 exécutants ;
La Lyre des Forges (fanfare), président Thomas, directeur Gury, 25 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » jeu. 6 août 2015 19:47

CHARBONNIÈRES-LES-BAINS - Casino de l'établissement thermal - Le Kiosque à musique et l'orchestre
(RHÔNE)
Louis Rougeat de Marsonnat (1715-1797), curé de Charbonnières depuis 1740, découvre de façon fortuite une source minérale sur sa commune entre 1774 et 1778 (selon les sources, c'est l'cas d'le dire !). Située dans le parc du Château du Comte Jean de Lacroix-Laval (1772-1860), celui-ci fait construire le premier établissement de Bains de Charbonnières en 1845. Le bâtiment de 2 étages abrite, au rez de chaussée, huit cabinets pour 24 bains, des douches de plusieurs sortes, des bains à vapeur et bien entendu une fontaine et de grands réservoirs. Au premier étage, un grand salon de lecture et de musique avec un piano pour les amateurs. La source est placée au bas d'un beau parc très ombragé, très accidenté.
En 1848, une seconde source est découverte, appelée source Cholat : elle ne sera utilisée que pour les bains ; la première, la source Laval, sert indifféremment aux baigneurs ou aux buveurs d'eau.
La propriété du Comte de Lacroix-Laval est en fait située sur trois communes : Marcy l’Etoile, Charbonnières (rebaptisée par décret du 31 décembre 1897 Charbonnières-les-Bains) et La Tour-de-Salvagny. La source d'eau ferrugineuse qui jaillit dans cette dernière commune est ensuite drainée par des conduites jusqu'aux Thermes de Charbonnières. Le Domaine du Comte de Lacroix-Laval étant immense, celui va céder des terrains supplémentaires à la commune, aux fins de créer une station thermale digne de ce nom. Les Etablissements Thermaux et le parc avec cascade sont réaménagés et, en 1881-1882, un Casino est construit à côté des Thermes par un certain Grenier ; un Kiosque à musique, octogonal, accessible depuis le casino, est édifié devant celui-ci, accolé au centre de sa façade.
Tous les jours, l'Orchestre du Casino donne un concert dans le Kiosque. remplacé de temps à autre par les "meilleures musiques de la région".
Le 25 mai 1882, le Bail de l'Etablissement des Bains et du Casino de Charbonnières est mis en adjudication par la Commune, en l'étude de Maître Bernigaud, notaire à Lentilly. Et la Société fermière des Eaux de Charbonnières, créée à cet effet par les sieurs Bernigaud (bizarre, le même patronyme que le notaire chargé de l'adjudication !), Godillot, Grenier et Cie, emporte l'affaire.
Les 26 avril et 31 mai 1884, les Etablissements Thermaux et le Casino sont vendus 510.000 francs et 610.500 francs à la société fermière des Eaux. La même année, le Casino est géré par un certain Renard.
Du fait de la disparité communale des terrains acquis, le Casino se trouve construit sur la commune de La Tour-de-Salvagny, alors que l'Etablissement Thermal dépend de la commune de Charbonnières qui en assure la voirie, la viabilité, l'accès, etc... Ce sera pendant un siècle la pomme de discorde des deux communes, compte tenu de la manne financière dont bénéficie La Tour-de-Salvagny grâce au Casino, sans avoir la moindre dépense en contrepartie. (1)
Avant 1900, un Hôtel, indispensable à la station thermale, est construit au pied de l'établissement des Bains ; l'Hôtel des Bains, appelé, après 1907, Hôtel de l'Europe, se compose d'un bâtiment de deux étages, avec restaurant, le long du ruisseau de la Grande Rivière parcourant le parc.
Le 11 mai 1895, Pesquiès devient, pour une durée de 6 ans, le fermier du Casino avec un bail annuel de 40.000 francs. En 1901, le 5 juillet, il est toujours le directeur des jeux de Charbonnières, puisque perquisitionné par le juge d'instruction Deschamps, qui va même poursuivre sa perquisition à Vichy où Pesquiès réside à ce moment-là.
Après un tour de passe-passe financier très douteux en 1896, le Casino passe, en 1899, entre les mains du maire de Charbonnières, le docteur Antoine Girard — maire de 1886 à 1919 —, président d'une société au capital de un millions de francs, créée pour en gérer l'exploitation. (2)
En 1907, le Kiosque à musique est doté d'un dôme ; auparavant son toit classique était de forme pointue octogonale.
Jusqu'en 1914, la station thermale bénéficie d'une période faste. Un deuxième établissement de spectacles, "casino" et réceptions est ouvert, à la sortie de la gare, donc plus proche encore de la clientèle lyonnaise, voisine de quelques neuf kilomètres : le Grand Cercle moderne (notre prochain développement).
Après 1919, le Casino et l'Etablissement thermal sont regroupés au sein de la même société fermière d'exploitation. Repris par Georges et André Bassinet en 1928, rénovés à plusieurs reprises, les établissements seront cédés par ce dernier en 1974. Après cette date, une période louche et douteuse a alimenté la presse jusqu'en 1991, date à laquelle Isidore Partouche a repris les choses en mains : les Thermes ont été remplacés par un hôtel de luxe, le Casino a été entièrement restructuré et reconstruit.
Kiosque supprimé.

Image
publié par JeanMarc Mer 5 Aoû 2015 09:32

Fréquentation des Thermes en 1852
En 1852, il est venu à Charbonnières environ 2.000 malades payants et 130 indigents ; on a administré 9.272 bains et 260 douches. La durée moyenne du séjour aux eaux est de 20 à 25 jours. Le produit de la ferme des eaux a été de 12.600 francs ; la dépense qu'ont faite dans le pays les malades et les visiteurs est évaluée de 70 à 80.000 francs.
1873 : Paris-Lyon en 17 heures
Itinéraire de Paris à Charbonnières.— Départ : Gare de Lyon.
— I. Chemin de fer de Paris à Lyon. — Distance : 507 kilomètres. — Durée du trajet : 11 h. par l'express ; 17 h. par l'omnibus. — Prix : 1e classe, 62 fr. 45 ; 2e classe, 46 fr. 85 ; 3e classe, 54 fr. 55.
— II. Voitures de Lyon à Charbonnières. — Distance : 7 kilomètres.
L'établissement thermal, qui est assez bien installé, est très-fréquenté par les Lyonnais. On y rencontre des malades atteints de dyspepsies, de chlorose, d'anémie, et d'affections de nature strumeuse.

8 juin 1893 — Le Kursaal de Charbonnières, si bien nommé le Spa Français, par son site merveilleux et ses eaux ferrugineuses, vient d'inaugurer la saison d'été. L'administration nouvelle a joint à sa belle installation hydrothérapique un service complet d'électrothérapie, sous la surveillance du docteur Girard.
C'est M. Cabanes qui est chargé de la partie théâtrale ; c'est prédire un succès certain à la charmante station balnéaire.


1er Août 1921. — Le Journal La Corse Républicaine outré ! On ne rigole pas avec les morts.
— Dans son numéro du samedi 18 juin, le Progrès de Lyon a publié la stupéfiante annonce que voici :
Charbonnières-les-Bains. L'inauguration du monument aux morts attirera beaucoup de monde dans notre station thermale, à 20 minutes de Lyon. A cette occasion, la fanfare de Charbonnières et la chorale de la Demi-Lune prêteront leur concours au Casino, un concert vocal sera donné dans le Parc, à 20 heures. Dancing, jazz-band. Nombreux trains gare Saint-Paul. Voitures automobiles à 14 h. 30, 18 heures et 20 heures, place des Terreaux, place Le-Visle. Retour assuré.
Vous avez bien lu : à l'occasion de l'inauguration du monument aux morts... concert, dancing, jazz-band !
Quelle meilleure occasion, en effet, pour rigoler !
Mais, comme dit l'excellent « Canard Enchaîné », ne croyez-vous pas qu'il y a bougrement des coups de pied au cul qui se perdent ?
(La Corse Républicaine)

Charbonnières-les-Bains - Publicité 25 février 1911 — Agenda PLM 1914
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2 juin 1906 — Descriptif des attractions et joyeusetés au Casino de Charbonnières-les-Bains
— Inauguration des fontaines lumineuses, élévation des eaux à 15 mètres de hauteur ; tous les jours skating, de 10 heures à 11 heures du soir, sous la direction de MM. Armanet et Arnaud, professeurs du Palais de glace ; stand concours de tir permanent ; à 3 heures, grand orchestre du Casino, sous la direction de M. Raoul Sonnier ; théâtre Guiguol, direction Alfred Ballandrin ; Cinématographe Rota, séances publiques et en plein air ; promenades à ânes et dromadaires ; à 7 heures dîner-concert du Casino dans la nouvelle salle de restauration ; fête de nuit ; illumination, embrasement des pelouses ; tous les jours concert par l'orchestre du Casino.
Prochainement, débuts de la troupe théâtrale ; ouverture de l'établissement thermal le 3 Juin.


22 juin 1908 — Théâtre au Grand Cercle de Charbonnières-les-Bains
En attendant les débuts de la troupe de comédie, la direction a inauguré cette semaine les représentations du Théâtre de Verdure. A côté des attractions ordinaires du Music-Hall, fort agréablement encadrées du reste dans un décor naturel coquettement arrangé, il convient de signaler la jolie voix, la diction correcte et le répertoire vraiment artistique de Mlle M. Moreau, des Concerts Colonne. Aux Salons du Cercle, public de Lyonnais et d'étrangers, déjà nombreux et fort élégant.

17 juillet 1908 — Le Théâtre de verdure du Casino de Charbonnières-les-Bains.
— Au théâtre de verdure, les représentations de Music-hall ont fait place aux soirées de comédie et d'opéra-comique. Le répertoire des pièces en un acte (Les Deux Sourds, Une Tasse de Thé, La Rose de Saint-Flour, Le Maître de Chapelle, etc.) est interprété par une vaillante petite troupe dont tous les artistes ont, avec des mérites
divers un égal entrain et une égale bonne volonté. On a particulièrement applaudi, pour leur jolie voix et leur aisance scénique, M. Clergue, le baryton et Mme Felfas, première chanteuse, qui ont gentiment enlevé Les Noces de Jeannette et Le Violoneux.


27 août 1908 — Théâtre du Casino de Charbonnières-les-Bains
— Pendant la dernière semaine, nous avons eu, outre les pièces du répertoire habituel, toujours consciencieusement interprétées, la première représentation d'un opéra-bouffe, Coco Bel Oeil qui, pour être peu connu, n'en est pas moins réjouissant. L'ouvrage a été fort bien rendu par M. Moret, d'un comique impayable dans son rôle de mari peu clairvoyant ; M. Clergue, brillant chanteur; Mme Méha et M. Picot, comédiens adroits.
Dimanche 23, tournée Frédéric Achard, avec Vingt jours à l'ombre, de M. Hennequin et P. Veber.
Parmi les rôles féminins, citons celui de Colette, tenu par Mme Dalbert, jolie et bien disante. Les interprètes masculins se sont montrés généralement supérieurs à leurs camarades du sexe faible : MM. Champagne (De Merville) et Jolly (Pantruche) ont beaucoup d'aisance et d'entrain. Quant à M. F. Achard, il ne pouvait, malgré son talent et son autorité, mettre au premier plan un rôle d'apache assez banal et qui comporte une trentaine de répliques. Pour une vedette, c'est vraiment trop de modestie !


CHARBONNIÈRES-LES-BAINS - Le Casino
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publié par ombellule Mar 28 Jan 2014 16:32

Charbonnières-les-Bains - Kiosque à musique sans son dôme, premier état — Jeux d'enfants devant le Kiosque
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Charbonnières-les-Bains - Nouveau casino, sans kiosque en 1952 — Vue en 2015 : Casino en haut, Hôtel et Spa en bas
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5 et 6 juin 1898. — Grand Concert au Kiosque du Casino de Charbonnières-les-Bains
— A l'occasion des fêtes de la Pentecôte, dimanche et lundi prochain, après avoir parcouru en se promenant les pittoresques environs de la station thermale, on aura le plaisir d'assister au grand concert vocal et instrumental qui sera donné de 3 h. 1/4 à 5 h. 1/2, au kiosque de la musique, dans le parc du Casino, avec le concours de Mmes Deschamps-Nixauw. professeur de chant ; de Rébé, forte chanteuse et de M. Pellat, baryton d'opéra.
Voici le programme des morceaux qui seront chantés et exécutés au cours de ce brillant concert, véritable festival musical, auquel l'orchestre de M. Jouberti prêtera son concours pour la partie instrumentale :
1. Ouverture de Guillaume Tell (Rossini), exécutée sur le xylophone, par Mme Deschamps-Nixauw — 2. Chanson des Gars d'Irlande (Holmès), par M. Pellat — 3. Air de Sigur (Reyer), chanté par Mme de Rebé — 4. L'Hôte, valse des houblons (E. Missa), chanté par Mme Deschamps-Nixauw.
Le lundi 30 : deux, grands concerts, à 3 heures et à 7 heures, par l'orchestre du Casino, sous la direction de M. Jouberti. Le soir, à 8 heures, grand feu d'artifice tiré sur la pelouse.

15 mai 1939 — Concours d'élégance automobile au Casino de Charbonnières-les-Bains
— Mercredi, au Casino de Charbonnières, le comité des fêtes donnera une grande soirée, à laquelle participera Mauricet.
Le lendemain jeudi, jour de l'Ascension, au même Casino, se dérouleront, dans l'après-midi, les épreuves du Concours d'élégance automobile, organisé sous le patronage de l'Automobile-Club du Rhône. Le soir, peut-être pour bien souligner qu'à Lyon le souci de la vie morale et religieuse ne perd jamais ses droits, les voûtes vénérables de la primatiale Saint-Jean répercuteront le Requiem de Fauré qu'interpréteront les Chanteurs de Lyon; avec le concours du Trigintuor instrumental lyonnais, et de M. Commette, organiste de la cathédrale.


18 mai 1939 — Fêtes et réception au Casino de Charbonnières-les-Bains
— Au Casino de Charbonnières a été donné, hier, un des plus beaux dîners de la saison, dans le cadre de la Grande Semaine de Lyon, et dans une atmosphère d'élégance.
Dans l'atrium, tout tendu de crêpe de Chine blanc, les membres du Comité des Fêtes, en habits noirs, MM. Jubin, Simon, Botton, Sastre, Gerbod, Tonelli, Renard, Palais, accueillaient les invités.
Parmi ceux-ci, on notait la présence (...) (suit une liste impressonnante de personnalités)
Au cours du repas, devant les tables ornées de fleurs blanches et rouges, le spirituel Mauricet présenta des modèles de haute couture.
Aujourd'hui, les fêtes continuent. Le cheval retrouve la vedette à l'occasion du Grand-Steeple, pour lequel sont engagés quelques-uns des meilleurs représentants des écuries parisiennes. Cela promet une lutte passionnante, et du vrai sport.


Courses d'ânes à Charbonnières
14 juin 1894 — Quelques semaines à peine nous séparent de la 9e réunion des courses d'ànes de Charbonnières.
C'est, en effet, le 8 juillet que le charmant hippodrome de Sainte-Luce reprendra son air de fête. Le Comité vient d'apporter plusieurs améliorations pour permettre au public qui, cette année, plus encore que les années précédentes se rendra à Charbonnières, de trouver, au champ de courses, toutes les satisfactions qu'il pourrait désirer. Nous reviendrons d'ailleurs sur l'organisation de cette fête.

5 juillet 1894 — Le comité des courses de Charbonnières a décidé de renvoyer les courses qui devaient avoir lieu le 8 juillet au dimanche 22 juillet. Il a décidé, en outre de participer, pour une somme de cent francs, à la souscription faite pour élever un monument à la mémoire du président Carnot : cette somme a été versée à la mairie de Charbonnières, qui vient d'ouvrir une souscription dans ce but.
19 juillet 1894 — Pour donner satisfaction à de nombreux propriétaires d'ânes qui désirent faire courir sur l'hippodrome de Sainte-Luce le 22 juillet, le comité vient de décider que les engagements seraient reçus jusqu'au jeudi soir 10 courant, chez M. Girard, à Charbonnières et à l'agence Fournier, 14, rue Confort, Lyon.
Les sports d'à côté. Un asinodrome. (1905)
Ni la plume ni la photographie ne peuvent donner une idée exacte de ce que les courses d'ânes de Charbonnières-les-Bains ont tout à la fois de charme, de coquetterie, d'attrait, de gaieté, voire même parfois de comique.Celles qui viennent de s'y disputer ont eu leur succès habituel.Par un temps idéalement beau, des milliers de personnes ont envahi l'asinodrome si coquet de Sainte- Luce.

10 juillet 1898 — Tir aux pigeons, courses d'ânes et théâtre à Charbonnières
— Dimanche 10 juillet à 2 heures 1/2, tir aux pigeons, et courses d'ânes sur l'hippodrome de Sainte-Luce.
— Théâtre du Casino, dimanche soir à huit heures, ouverture de la saison théâtrale l'Abbé Constantin ; mardi, la Cagnotte.


Charbonnières-les-Bains - Courses d'ânes, pesage et tribune — Le Départ
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Carte publiée par Jean-Pierre Rigouard sur CPArama voir Ici.

Le Baron de Saint-Trivier pigeonné par la Société des Eaux de Charbonnières ?!
La station thermale pour attirer plus de monde, organise des concours de tir aux pigeons sur un terrain situé derrière le Casino. A cette fin, la Société des Eaux de Charbonnières passe un contrat avec le Baron Bellet de Saint-Trivier le 1er octobre 1899, par lequel, elle lui donne à bail un terrain pour une durée de 10 ans, et d'autre part, elle lui attribue une subvention annuelle de 10.000 frs, Saint-Trivier étant chargé d'organiser, chaque année, un concours international et de distribuer des prix pour une somme déterminée.
La première année, 1900, tout se passe bien : Saint-Trivier fait insérer des publicités dans les journaux ; tous les dimanche, jeudis et jours fériés de la belle saison, des tirs au pigeons sont organisés ; des concours avec primes sont lancés ; la Société des Eaux paie la subvention prévue à Saint-Trivier.
A partir de la seconde année, tout se gâte : alors que le Baron de Saint Trivier continue à organiser ses concours, la Société des Eaux de Charbonnières refuse de lui régler la subvention, sous prétexte qu'elle a traité avec lui pour le compte d'une société à créer, et que celle-ci est sans existence légale.
Un procès s'ensuit, à l'issue duquel, le 25 janvier 1902, la Société des Eaux de Charbonnières-les-Bains est condamnée à payer au baron Bellet de Saint-Trivier la subvention de 1901 pour 10.000 frs. augmentée de la subvention de 10.000 frs pour 1902.
Le jugement est confirmé en Appel le 23 juillet 1902, à la suite de quoi le Baron de Saint Trivier décède le 13 août 1902.
La société des eaux ne se laisse pas démonter, et se pourvoit en cassation, avec des arguments on ne peut plus fallacieux. Finalement le 7 mars 1903, puis le 27 juillet 1903, la cour de cassation confirme la condamnation de la Société des Eaux.

22 juin 1901. Charbonnières-les-Bains. — 11e concours de tir ouvert du 5 mai au 22 septembre, les dimanches, jeudis et jours fériés. — 500 francs en espèces, deux coupes argent, nombreux prix nature, médailles, diplômes. Envoi du programme aux personnes qui en feront la demande à. M. le Maire. (Journal Le Tir National)

24 août 1902 — Nécrologie. Nous avons le regret d'apprendre la mort du baron de Saint-Trivier, de la Société de Charbonnières-les-Bains, survenu le 13 août. C'était un fervent et un bon tireur.

8 septembre 1931 — La Course de côte de Charbonnières sera organisée, dimanche, par l'U.M. Le parcours débutera derrière le Casino de Charbonnière (chemin privé du Tir aux pigeons) jusqu'au champ de course de la Tour de Salvagny.

Charbonnières-les-Bains - Entrée Parc Casino et Thermes, Kiosque-buvette — Tir aux pigeons
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(1) Charbonnières demande l'annexion pure et simple des terrains qui l'intéressent à La Tour-de-Salvagny.
Le 15 décembre 1907, puis le 23 février 1908, la commune de Charbonnières-les-Bains demande auprès du Conseil Général du Rhône, l'annexion pure et simple de fractions de territoire appartenant aux communes de la Tour-de-Salvagny et de Marcy-l'Étoile. De cette manière, elle entend s'approprier en totalité les retombées financières du Casino qui est, malheureusement pour elle, édifié sur la commune de La Tour-de-Salvagny. Cette dernière n'est cependant pas naïve à ce point, et bien entendu va se défendre corps et âme pour conserver ce pactole.
Il faut cependant noter que l'existence de ce casino, compte tenu des obligations légales en la matière, n'est pas totalement conforme : au moment des faits, une commune n'a le droit d'ouvrir un Casino qu'à la condition de posséder également des établissements thermaux. En l'occurrence, La Tour-de-Salvagny possède un casino sur son territoire, mais pas de Thermes. De son côté, Charbonnières possède bien des Thermes, mais le Casino qu'elle dit lui appartenir est sur le territoire qu'elle ambitionne d'annexer, dépendant La Tour-de-Salvagny. Il est probable que les demandes d'autorisation d'ouverture du Casino en 1882, ont été faits de manière à tromper les autorités de tutelle...
Donc, le 4 septembre 1908, le Conseil général du Rhône siège pour statuer sur cette demande d'annexion et décide de créer une Commission spéciale pour ce cas épineux, commission qui donne son rapport le 23 avril 1909.
La commune de Charbonnières fait valoir, relayée et aidée par le rapporteur M. Moutet et un second membre de la Commission M. Perret :
1° que le Casino est une dépendance étroite, directe, en quelque sorte naturelle, de l'établissement thermal, que celui-ci est la raison d'être de celui là, et, qu'il est logique, par conséquent, que l'un et l'autre soient rattachés à la même circonscription administrative ;
2° que le casino fait partie, comme l'établissement, de l'agglomération du village de Charbonnières, tandis qu'il est situé à près de deux kilomètres du bourg de la Tour-de-Salvagny ;
3° que les travaux d'aménagement des terrains et des voies qui se rattachent au casino ont été entièrement exécutés par la commune de Charbonnières, tandis que celle de la Tour-de-Salvagny n'y a nullement participé.
Qu'enfin, elle est spoliée des résultats qu'elle est en droit d'attendre, de tous les efforts qu'elle a faits jusqu'ici, que la partie la plus lucrative de la station thermale ne lui rapporte rien.
C'est sans compter sur l'âpreté de M. Chambaud de la Bruyère, adversaire de Moutet au sein de la Commission :
Les arguments qui nous ont été donnés sont très bien présentés, ils sont admirablement développés et, tout en ayant l'air d'être en faveur de la commune de la Tour-de-Salvagny, ils concluent nettement à la spoliation d'une partie de son territoire.
Chambaud de la Bruyère rappelle :
— que la limite cadastrale des deux communes est établie, depuis 1827, par le mur de soutènement qui se trouve au-dessus de la source, et qu'à aucun moment la commune de Charbonnières n'en a contesté cette délimitation jusqu'à ce jour ;
— qu'en 1881, les sieurs Bernigaud, Godillot, Grenier et Cie après avoir acquis, auprès de M. de Laval, un bois magnifique, propriété close de murs, dans une situation très belle à côté d'une cascade y ont installé un casino à côté des bains, et que la vraie raison du choix de cet emplacement est que les impôts sont bien plus faibles à la Tour qu'à Charbonnières.
— qu'en outre la source sortant à Charbonnières, provient en fait de La Tour-de-Salvagny, grâce à une canalisation et que d'autre part, entre le casino et l'établissement de bains, il existe une barrière, et pour accéder dans le parc du casino il faut payer 50 centimes ou 1 franc, par conséquent cela prouve bien que c'est une propriété particulière et non un terrain communal.
Au final, la demande d'annexion est rejetée, et il faudra attendre un siècle pour qu'en 1983, une entente soit enfin concrétisée par la création de la Station hydrominérale intercommunale Charbonnières-Les-Bains - La Tour de Salvagny.

(2) Un tour de passe-passe digne d'Houdini, même le Tribunal n'y voit que du feu !
Le 21 novembre 1896, Me Guillermain-Perrin, avoué à Lyon, 19, rue Dubois, et Me Dalin, avoué à Lyon, 1, rue Gentil procèdent à la vente par expropriation forcée de l'Etablissement Thermal et Casino de Charbonnières-les-Bains, au Tribunal civil de Lyon. La mise à prix est de 450.000 frs.
Comment en est-on arrivé là dans un casino qui brille de tous ses feux, qui, tous les dimanches, vide les poches des lyonnais, en mal de dépaysement et de distraction et en quête d'enrichissement ?
L'entreprise Triomphe, chargée du blanchissage du linge de la S.A. du Casino et des Thermes de Charbonnières ne pouvant se faire régler ses factures pour un montant de 524 francs, engage en mai 1895 l'étude de Me Guillermain-Perrin au fins de récupérer sa créance. Essuyant un refus de son débiteur, Triomphe emmène celui-ci au Tribunal qui le condamne par jugement du 26 décembre 1895. Le Casino, toujours récalcitrant, il est procédé à la saisie immobilière le 1er avril 1895, puis à la vente par expropriation le 21 novembre 1896.
Godillot et Balouzet emportent l'enchère des adjudications au prix de 515.000 francs. Or les sieurs Godillot et Balouzet sont propriétaires de la société du Casino et des Thermes qui a été saisie.

Le 6 mai 1897, Cyprien Martel, autre créancier du Casino, ayant éventé la mèche, assigne toute une pléïade de complices au Tribunal, pour le motif de délit d'entrave à la liberté des enchères :
— Godillot et Balouzet, bien sûr, qui viennent de racheter à vil prix leur propre affaire, alors que nombre de créances pesaient dessus et que d'autre part, ils devaient une somme de 600.000 frs à leur banquiers, Jacquier et Falcouz. L'affaire avait été tout de même achetée près d'un million deux cent mille, 12 ans auparavant, sans compter les travaux et embellissements effectués depuis.
— Jacquier et Falcouz, les banquiers de l'affaire qui se sont entendus avec Godillot et Balouzet, avant l'adjudication ; ceux-ci ont pris l'engagement préalable de payer la totalité de la dette de 600.000 frs quelle que soit l'issue des enchères, et ont remis, en garantie, une somme de 150.000 frs.
— Triomphe, le blanchisseur, est lui-même assigné, car il semblerait qu'il se soit entendu avec Jacquier et Falcouz : Triomphe a choisi Guillermain-Perrin comme avoué, alors que celui-ci est le beau-frère de Dalin, homme d'affaires de Jacquier et Falcouz.
— Georges Dalin, avoué, est donc assigné, pour les raisons ci-dessus.
— Causse, président, et Bachelet, membre du Conseil d'administration de la S.A du Casino et des Thermes.
— Pesquiès, le fermier du Casino de Charbonnières.

Curieusement, le Tribunal fait intervenir comme témoin le docteur Antoine Girard, maire de Charbonnières, pour lui faire dire que le prix des enchères arrêté à 515.000 francs n'est pas sous évalué, que "tel est le sentiment d'un homme digne au plus haut degré de la confiance de la justice, le docteur Girard, maire de Charbonnières, et, plus que personne, en mesure de fournir une évaluation autorisée".
Quand on sait, a posteriori, que le même docteur et maire Antoine Girard, deux ans plus tard en 1899, crée une société au capital de un millions de francs, et reprend en mains le casino, on reste perplexe.

Mais le tribunal de Lyon, en appel correctionnel du 1er février 1898, va rejeter les demandes Cyprien Martel et l'affaire va en rester là ; on ne saura jamais exactement les raisons de ces sous-estimations volontaires, probablement liées à la fiscalité de l'époque.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 10 août 2015 15:12

CHARBONNIÈRES-LES-BAINS - Le Grand Cercle Moderne - Pavillon de musique
(RHÔNE)
Le Grand Cercle Moderne est situé à la sortie de la gare de Charbonnières, dans le quartier dit des Brosses, et de ce fait, nettement plus près du chemin de fer que le Casino qui, lui, est à l'autre bout de la ville, en limite de La-Tour-de-Salvagny, comme nous l'avons vu ci-dessus. Les joueurs et autre touristes venant par le chemin de fer ont certainement du se fourvoyer à maintes reprises, surtout compte tenu des immenses pancartes publicitaires disposées en face de la gare, à l'entrée de Charbonnières.
Vraisemblablement, le Grand Cercle Moderne est construit peu après l'édification du Casino en 1882, et tient lieu d'annexe à celui-ci : il dispose d'un Hôtel, d'un Restaurant, de salles de réunions, d'une salle de jeux, et d'une salle de concert et de théâtre.
Un Kiosque à musique octogonal, rustique en bois est érigé dans le jardin du grand cercle agencé sur son terrain en pente. Il doit dater des années 1890.
Est-ce en raison de la bisbille, dont nous avons fait état ci-dessus, qui règne entre Charbonnières et La-Tour-de-Salvagny, que le Grand Cercle a été créé ? C'est fort probable : de cette manière, Charbonnières coupe l'herbe sous le pied à son antagoniste et possède ainsi son propre Casino, sur lequel Salvagny n'encaisse aucune pourcentage. La commune prélevait tout de même 15% des recettes du Casino, ce qui n'était pas négligeable.
Quoi qu'il en soit, le Grand Cercle Moderne a fermé ses portes après la seconde guerre mondiale et a été transformé en résidence.
Kiosque supprimé.


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publié par JeanMarc Lun 10 Aoû 2015 14:49

Charbonnières-les-Bains - Sortie de la gare (Grand cercle au fond, au centre) — Vue générale : Grand Cercle moderne à droite, Pensionnat Lamartine au centre en haut.
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Le Grand Cercle Moderne, annexe du Casino, a maille à partir avec un employé.

En 1903, le Grand Cercle Moderne embauche un salarié en contrat à durée déterminée pour la saison estivale ; son travail consiste à exercer la surveillance des Jeux de Petits-Chevaux, fort à la mode en cette période. L'employé ne faisant probablement pas l'affaire aux yeux de la direction, celle-ci le jette comme un malpropre en début de saison. Le Conseil des Prudhommes saisi par l'employé va accorder à celui-ci des dommages-intérêts, estimant que son renvoi n'ayant pas été motivé, il devait être considéré comme engagé jusqu'à la fin de la saison toute entière. Le Directeur du Casino avait fait valoir, pour éluder l'affaire, l'article 1965C et l'exception de jeu, mais le tribunal confirme que cet article s'applique aux joueurs et aux tiers, à la condition que ceux-ci aient un intérêt personnel dans l'exploitation des passions des joueurs, ce qui n'est pas le cas d'un salarié payé au fixe.
(Conseil Prudhommes Seine 20 octobre 1903. Tribunal commerce Lyon 10 novembre 1903)

Charbonnières-les-Bains - Hôtel et Grand cercle — Salle du Grand Cercle
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Fête des Jardiniers vers 1900 - Cortège entre le Grand Cercle et le Casino - Banquet final au Grand Cercle.
La fête des Jardiniers célébrée dimanche dernier, à Charbonnières-les-Bains, a été favorisée par un temps splendide. Après une messe en musique à laquelle la fanfare de Marcy-l'Etoile. prêtait son concours, le cortège s'est formé et s'est rendu au Méridien, où un vin d'honneur était offert par M. Girard, maire de Charbonnières, puis il s'est dirigé vers le village dans l'ordre suivant : la fanfare de Marcy-l'Etoile ; les membres du bureau de l'Union agricole et horticole de Charbonnières ; la Bannière fleurie présentée par MM. Salignat et Pillard ; un Ecusson représentant les armoiries de Charbonnières, de M. Pierre Berthier ; le Brancard de l'Horticulture très artistiquement fait par MM. Richard, Vial et Pierre Perrin ; le Brancard de la Culture maraîchère, par MM. Marin-Bonnet et Pierre Perrin ; le Brancard de l'Agriculture, par MM. Billaud, Bouchet et Brazier; un Coussin fleuri de M. Genthon ; le Char de l'Agriculture et de l'Horticulture décoré avec beaucoup de goût par MM. Brevet, Vindry, Ferrière et Fleury Pupier.
Le banquet a eu lieu au restaurant Neptune et des vins d'honneur ont été offerts aux sociétaires par les administrateurs du Casino-Kursaal et du Cercle Moderne.
Le banquet, fort bien servi, fut empreint — cela va sans dire — de la plus franche cordialité : aucun des convives n'ayant un seul instant songé à jeter des pierres dans le jardin des autres.
Divers toasts furent successivement portés par M. Brevet qui félicita les deux nouveaux promus du Mérite agricole : M. le docteur Girard et M.Salignat, jardinier chez M. Victor Fournier ; par M. Beurrier qui adressa, au nom de tous, des remerciements aux organisateurs de cette fête si bien réussie ; par M. Schmitt, vice-président de l'Association agricole lyonnaise, qui but à la prospérité de l'Union horticole et agricole, de Charbonnières ; par M. le docteur Girard et M. le sénateur Millaud qui répondirent en excellents termes aux aimables attentions dont ils étaient l'objet.
Après le café — pris à l'hôtel Escoffier — le cortège se rend, musique en tête, au Casino-Kursaal où du Champagne est généreusement offert.
Un nouveau défilé dans Charbonnières et une réception au Cercle Moderne terminèrent cette agréable journée.
Ce qu'il faut admirer surtout dans cette fête des Jardiniers, c'est son caractère essentiellement familial qui lui permet d'échapper à la banalité habituelle des distractions populaires.

Charbonnières - Vue Aérienne 1964 — Grand Cercle moderne transformé en résidence, aujourd'hui (avenue Lamartine - chemin du Barthélémy)
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Charbonnières-les-Bains - Pensionnat Lamartine et Kiosque à musique
A chacun son Kiosque à musique à Charbonnières-les-Bains.
Le Casino a son kiosque, le Grand Cercle a son kiosque, pourquoi le Pensionnat Lamartine n'en aurait-il pas ? Ainsi la musique peut-elle se faire entendre aux 4 coins, ou plutôt trois, de Charbonnières !...

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Re: Kiosques à Musique

Message par RIGOUARD » mer. 26 août 2015 14:44

CHATELAILLON (Charente-Maritime) - Le kiosque à musique - Editeur : Galeries Parisiennes à Rochefort.

Dès le début 1900, le premier kiosque se trouvait dans le parc du Casino, à l'arrière droit de celui-ci, des
concerts publics y étaient donnés. L'élégance, même décontractée, reste importante à cette époque.
Il était entièrement en bois avec un toit très pentu, bordé de lambrequins. Ce kiosque a eu une durée très
courte, il a disparu quelques années plus tard.
Il y eu un second kiosque dans le bois de pins du Casino, qui servait pour les animations extérieures dont
le dancing

Sources : Châtel-Mag Août 2015.

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Re: Kiosques à Musique

Message par RIGOUARD » jeu. 27 août 2015 10:31

32 - CHATELAILLON (Charente-Maritime) - Le Parc du Casino et son kiosque.

Monsieur Francis PETIT, alors maire de Châtelaillon-Plage décide de construire un kiosque dans le parc.
Le 9 mars 1928, l'entreprise E. DOUCET-BOUAS de Surgères débute les travaux, pour un prix forfaitaire
de 8000 francs. Travaux en béton armé effectués avec du ciment "Portland" artificiel 'Le Tigre" livré
par la Société des Chaux et Ciments de l'Ouest de SAINT-VINCENT - STERLANGES (Vendée).
Il était sur un socle imitant la pierre, les poteaux, les balustrades et les décors imitaient du bois, ce genre
était très à la mode à cette époque. L'entreprise ne sera payée qu'en Août 1936, avec une déduction d'un
quart du prix : le kiosque n'ayant pas été totalement achevé.
Après plus de 30 ans de bons et loyaux services, à cause de sa vétusté, il fut détruit en deux fois, tout
d'abord en 1961, ce fut sa partie supérieure, seule resta sa base qui elle sera détruite vers 1965/1968.
L'Harmonie municipale y donnait de nombreux concerts en plein air, notamment pendant la période
estivale et certains bals du 14 Juillet.

Sources : Châtel-Mag Août 2015.

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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 28 août 2015 13:42

AIX-EN-PROVENCE - Kiosque du Parc Rambot
(BOUCHES-DU-RHÔNE)
Bernard ("Vaugirard" sur Cparama), que je remercie vivement, ayant trouvé sur la Bnf l'affiche d'inauguration d'un second kiosque à musique Aixois, j'ai donc fait quelques recherches — fructueuses — sur ce Kiosque, ou tout au moins sur son emplacement.
Voir ici, le Premier Kiosque à musique d'Aix, place Jeanne d'Arc.

L'enceinte fortifiée d'Aix-en-Provence qui date du milieu du XIVe siècle se trouve fortement agrandie de 1580 à 1650, afin d'intégrer les nouveaux quartiers créés par la commune. Et de nouvelles portes sont par conséquent ouvertes et construites dans la nouvelle muraille. La Porte Saint-Louis, qui nous intéresse est ainsi édifiée, entre janvier et août 1613, au bout du chemin de Rians (qui deviendra ensuite rue des Arts et Métiers, puis rue Portalis, partant de la place des Prêcheurs jusqu'au futur boulevard Saint-Louis), sous la direction d'Esprit Boyer, contrôleur des Bâtiments du Roi, sur Ordonnance du duc de Guise, gouverneur de Provence, rendue le 24 novembre 1612.
Et, hors de la muraille et de cette nouvelle porte, dans le prolongement du chemin de Rians, le Cours Saint-Louis (actuel Cours des Arts et Métiers) est implanté en 1660-1661, perpendiculaire au futur Boulevard Saint-Louis. L'emplacement du Cours Saint-Louis a été pris sur un vaste terrain occupé par des prairies et jardins, appartenant au sieur Beaufort, greffier des Etats.

En 1661, seuls deux bâtiments étaient existants sur cette parcelle, uniquement sur la partie droite du nouveau Cours Saint-Louis : le Couvent des Récollets, dont l'église, commandée et commencée en 1622 ne sera achevée qu'en 1645 ; l'église et son couvent sont totalement détruits en 1789 et remplacés en 1822 par le Couvent du Noviciat des Dames Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve.
La seconde construction existante en 1661, constituée de deux vastes bâtiments, correspond à l'hôpital de la Charité, fondé en 1641 pour les enfants et vieillards indigents. Après la Révolution, ces bâtiments sont transformés successivement en dépôt de mendicité, en petit séminaire puis en caserne. Enfin en 1843, après transformation, l'ensemble est affecté à la nouvelle Ecole Nationale d'arts et métiers.

Face à cette partie droite du Cours Saint-Louis, l'Enclos du Sieur Philippe Beaufort reste vierge de toute construction, malgré les efforts forcenés de son propriétaire pour y installer un nouveau quartier résidentiel.
Beaufort, pour arriver à ses fins, vend en date du 20 septembre 1677, une partie de ses terrains à bâtir à plusieurs spéculateurs, dont le Général Blanc, afin d'avoir des alliés au projet qu'il nourrit. Ainsi épaulé par ceux-ci, il fait assigner, le 16 avril 1678, les consuls d'Aix, afin d'obtenir l'alignement des futures constructions. Le projet prévoit de construire sur toute la partie gauche du Cours Saint-Louis, avec douze pas de recul pour l'agrandissement dudit Cours, le long de la lice extérieure des murailles depuis la Porte Saint-Louis jusqu'à la porte Bellegarde (porte suivante, au bout du futur Boulevard Saint-Louis). Le Conseil de Ville ne se laisse pas impressionner et consulte quatre avocats qui vont conseiller à la Ville de former opposition au projet de Beaufort et consorts, ce qui est acté par un vote du conseil en 1679. Beaufort va encore essayer d'obtenir des lettres-patentes auprès de l'Intendant du Roi, M. Morant, en 1680, mais cette seconde entreprise échoue également, et le 18 février 1682, le Conseil municipal classe le dossier de Beaufort et consorts sans suite.
C'est la raison pour laquelle, le Jardin Public Rambot a pu être créé.

La famille Beaufort disparaît à la fin du XVIIè siècle, ses prairies non encore cédées, sont vendues au cardinal Grimaldi, archevêque d'Aix qui les affecte en dotation du Grand-Séminaire.(1)
Le Boulevard Saint-Louis est enfin ouvert en 1789, s'étendant du Cours Saint-Louis au Cours de la Trinité, de la Porte Saint-Louis à la Porte Bellegarde.
A l'extrémité du Cours Saint-Louis, en 1831, le Couvent des religieuses Capucines vient s'installer, face au Couvent du Noviciat des Dames Hospitalières.
En 1848, Aix fait démolir son enceinte fortifiée ainsi que ses neuf portes, dont la Porte Saint-Louis.
C'est à cette époque que l'abbé Peilin fonde un orphelinat qui deviendra le collège catholique Saint-Joseph, dont l'entrée se situe au 16 cours Saint-Louis, sur une partie des terrains, vignes et potager, situés le long du Bld Saint-Louis. Paul Cézanne a fréquenté cet établissement de 1850 à 1852.

Aix-en-Provence - Plans de 1753, 1848 et 1889
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En 1856, Gustave Bruno Rambot (1796-1859) fait l'acquisition aux enchères publiques de la propriété toujours nommée "enclos de Beaufort", assortie de la "villa Beaufort" ; jouxtant sur sa gauche le collège Saint-Joseph et sur sa droite le Couvent des religieuses Capucines ; l'entrée de l'Enclos est située sur le Cours Saint-Louis, face à l'Ecole des Arts et métiers ; la partie arrière débouche sur la Route départementale n°13 (future avenue Vauvenargues, puis avenue Sainte-Victoire aujourd'hui).
Par testament olographe du 1er août 1859, y annexés des codicilles, Gustave Rambot (2) lègue à la ville d'Aix sa propriété du Cours Saint-Louis, à charge par la commune de la transformer en Jardin Public.
Gustave Rambot, décédé le 15 septembre 1859, le Conseil municipal d'Aix accepte le legs et vote une somme de six mille francs pour les premiers frais d'établissement de ce jardin. De style anglais, il est inauguré en 1864.
Le Cours Saint Louis, en 1905, est renommé Cours des Arts et Métiers.
Le Jardin de la Ville, d'une superficie d'un hectare, appelé Jardin Rambot (parfois fautivement orthographié Rambaud !) ou Jardin Public indifféremment, va bénéficier de plusieurs aménagements : création de deux groupes statuaires de danseurs avant 1910, pose de grilles, projet d'un théâtre de marionnettes.

Aix-en-Provence - Plan de 1914
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Enfin le jeudi 19 juin 1947, à l'issue d'un défilé emmené par la Fanfare ouvrière d'Aix, un Kiosque à musique, de forme octogonale, à peu près identique à celui de la place Jeanne d'Arc d'Aix, est inauguré au Parc Rambot. A 21 heures 15, un premier concert y est donné par la Musique municipale dirigée par les Chefs Poussel et Gazel.
Le même jour, des Jeux d'enfants sont inaugurés également dans le Parc Rambot.
Le parc, mal entretenu et surveillé, a subi des dégradations importantes, et, en 1975, le parc a été réaménagé ; le kiosque à musique a été supprimé. En 1981, le parc Rambot a été agrandi de 3000 m² supplémentaires.
Les cèdres qu'on pouvait voir en 1900, sont toujours en place.
Kiosque supprimé.

voir ici, Jardin Rambot d'Aix-en-Provence, sans son kiosque, aujourd'hui.
et ici.

Image
publié par JeanMarc Ven 28 Aoû 2015 13:28

Aix-en-Provence - Jardin de la Ville dit Jardin Rambot vers 1880 - Jardin Public Rambot
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19 au 26 juin 1947 — Inauguration du Kiosque à musique du Jardin Rambot.
— La population est invitée à assister au diverses manifestations organisées à partir du 19 Juin, à l'occasion de l'Inauguration du Kiosque à musique du Jardin Rambot et des Jeu d'enfants du Parc Jourdan et du Jardin Rambot.
— Jeudi 19 juin. A 20 h 40 : défilé par la Fanfare ouvrière (président, M. Jourdan ; chef, M. Raynaud). Itinéraire : place Jeanne d'Arc (ancien kiosque), place de la Libération, Cours Mirabeau, place Forbin, rue Thiers, place des Prêcheurs, rue Portalis, cours des Arts et Métiers, Jardin Rambot (nouveau kiosque).
A 21 h, remise du Kiosque du Jardin Rambot aux autorités et à la population.
A 21 h 15, Concert par la Musique municipale (président, M. Mauriat ; chefs, MM. Poussel et Gazel).
— Vendredi 20 juin. A 21 h, au Jardin Rambot, Concert exécuté par la Musique de la IVe région aérienne (chef, capitaine Diederich).
— Dimanche 22 juin. A 16 h, au Parc Jourdan, inauguration des Jeux avec la Musique de l'école préparatoire militaire (commandant de l'école, chef de bataillon Appolinaire-Esteux ; chef, M. Duc).
A 16 h 30, défilé par la Musique de l'école préparatoire militaire, itinéraire : boulevard du roi René, avenue Victor Hugo, Cours Mirabeau, rue Thiers, rue Portalis, cours des Arts et Métiers.
A 17 h, au Jardin Rambot, inauguration des Jeux, Concert et sauterie enfantine, Musique de l'école préparatoire militaire.
— Mardi 24 juin. A 21 h, au Jardin Rambot, Concert exécuté par la Symphonie Aixoise (président, M. Barraut ; chef, M. Isoard) et par la Chorale des Enfants de Provence (président, M. Andrieux ; chef, M. Cilia).
— Jeudi 26 juin. A 21 h, au Jardin Rambot, Concert exécuté par l'Orchestre Symphonique des anciens élèves du Conservatoire d'Aix (président, M. Mauriat ; chef, M. Grimaud).
Chaises, bancs, buvette.
Le Maire, Henri Mouret, médaillé de la Résistance Française.

Aix-en-Provence - Affiche inauguration du kiosque du jardin Rambot 1947 — Pavillon jardin Rambot
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(1) Grimaldi et le Grand-Séminaire d'Aix-en-Provence
Girolamo "Jérôme" Grimaldi-Cavalleroni (1597-1685), archevêque d'Aix depuis 1648, achète en 1657 un terrain près de l'archevêché, où il fonde un séminaire et fait édifier une église entre 1658 à 1668 (aujourd'hui Collège Campra et Chapelle du collège, 16 rue Pierre et Marie Curie).
Le Grand-Séminaire d'Aix, outre les terrains achetés aux héritiers Beaufort, sera propriétaire de nombreux biens : le domaine de Lignane ; des chapellenies à Saint-Sauveur d'Aix et dans les églises de Gardanne et Mallemort ; des prieurés à Pélissanne, Mirabeau, Jouques, Comps, Ansouis, Reillane. Enfin, le séminaire d'Aix percevait une partie de la dîme de Vinon et de celle de Camps.


(2) Gustave Bruno Rambot (24 janvier 1796 Aix - 15 septembre 1859 Aix)
Son grand-père, Gaspard-Gabriel Rambot (1712-1793) est notaire royal à Aix-en-Provence, son père, Jacques Rambot (1747-1801) est avocat au Parlement de Provence, puis procureur à Aix. Sa mère, Jeanne-Thérèse-Elisabeth Grange, originaire d'Aix, veuve depuis 1784 de Jean-Baptiste Gravier — dont la famille était propriétaire des eaux de Gréoulx —, se remarie en 1795 avec Jacques Rambot à Gréoulx (Gréoux-les-Bains).
Gustave Rambot s'engage à 20 ans dans la carrière militaire ; en 1816 il est lieutenant dans les chasseurs à cheval du Gard et en 1817 capitaine d'état-major, poste qu'il occupe jusqu'au 3 mai 1829, date à laquelle il se trouve réformé en raison de son état de santé.
Il va consacrer sa "retraite anticipée" à l'écriture, notamment des livres d'économie politique, et même de poésie.
De 1840 à 1847, on le retrouve à Paris, caissier général de l'amortissement et des consignations, à la Chambre et à l'amortissement à Paris.
En 1847, malade, il abandonne son emploi et se retire à Aix. A partir de cette date, et pendant, 4 ans, il va collaborer chaque semaine au journal Le Mémorial d'Aix, puis il entre à l'Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix le 21 mars 1848.
Retiré dans sa propriété du cours Saint-Louis en 1856, il y décède en 1859 et, comme on l'a vu, lègue celle-ci à la ville d'Aix afin qu'elle y crée un Jardin Public. Outre ce legs, Gustave Rambot, qui n'a pas d'héritier direct, a testé aux pauvres d'Aix et de Gréoulx une dizaine de mille francs et, à l'Académie d'Aix, un capital de douze mille francs dont le revenu devra être employé, chaque année, à récompenser un acte de vertu signalé dans l'arrondissement.

30 juin 1860 — Legs de Gustave Rambot à l'Académie des sciences d'Aix.
— L'Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix (Bouches-du-Rhône), reconnue par ordonnance royale du 5 avril 1829, est autorisée à accepter, aux clauses et conditions imposées, le legs fait à son profit par le sieur Gustave Bruno Rambot, suivant son testament olographe du 1er août 1859 et les codicilles qui y sont annexés, d'une somme de 12.000 francs pour la fondation d'un prix destiné à honorer les actes les plus méritoires.

5 janvier 1864 — Attribution annuelle du Prix Rambot de vertu.
— La Société académique des sciences, agriculture, arts et belles-lettres de la ville d'Aix, dans sa séance du 5 janvier, a décerné le prix annuel de vertu fondé par feu M. Rambot, et consistant en une somme de 545 fr.
Neuf candidats avaient été présentés. L'Académie a examiné leurs titres avec soin et, après un premier tour de scrutin, aucun d'eux n'a obtenu la majorité.
A un second tour, mademoiselle Rose Beauvois l'a emporté d'une voix sur sa concurrente.
Mademoiselle Rose Beauvois, âgée de quarante-cinq ans, est journalière à Aix, et demeure rue d'Arpille. Elle s'est distinguée par une vie exemplaire et trente années d'abnégation et de dévouement.


1911-1912 — Des difficultés de trouver encore quelqu'un de vertueux !
— 1911. Enfin M. Vallier-Collombier a présenté sur le prix de vertu Rambot, un rapport bien étudié où il a eu le regret de constater que les actes dignes de récompense deviennent de plus en plus rares.
— 1912. Prix Rambot annuel, de 545 francs, indivisible, fondé en 1859, pour récompenser les actes de dévouement, de courage, de désintéressement, les soins donnés à la vieillesse et à l'enfance pauvre et abandonnée. Le prix (545 fr.) a été attribué à Mme veuve Jourdan, née Audibert, et à Mme Franque François.


Aix-en-Provence - Ecole des Arts et Métiers — Cours Saint-Louis, Fontaine Saint-Louis
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JeanMarc
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 31 août 2015 14:21

CHARENTON-LE-PONT - Place des Écoles et Avenue de Paris
(VAL DE MARNE)
Ce n'est qu'en l'an IX , soit 1801, qu'apparaît le nom de Charenton-le-Pont ; jusqu'en 1790, la commune est appelée Conflans, puis à compter de cette date, pendant 10 ans, Conflans-Charenton.
L'architecte Claude Naissant (1801-1879), après avoir dressé les plans de l'Église Saint-Pierre, inaugurée le 31 juillet 1859 sur la place dite de l'Église, est chargé, dès 1859, d'un projet de construction d'Écoles Communales.
Les terrains inoccupés, contigüs à la Place de l'Église, appartiennent à la Commune. Achille Domergue, maire de Charenton-le-Pont de 1860 à 1865, dépose une requête auprès du Préfet de la Seine, Haussmann, le 12 novembre 1861, afin de transférer le marché aux comestibles sur cet emplacement situé entre la place de l'Église, l'avenue de Reuilly (actuelle avenue Jean-Jaurès) et la route impériale n° 15 (rue de Paris). Le marché se tenait préalablement place Henri IV, depuis le 26 novembre 1855. Après une nouvelle lettre explicative du Maire du 7 juillet 1862, le préfet accorde cette autorisation le 10 septembre 1862, précisant que les droits de place continueront à être perçus comme auparavant et que le marché se tiendra, comme par le passé, les mercredi et samedi de chaque semaine.
Mais le projet d'École de 1859 n'est pas enterré : l'architecte Claude Naissant arrive à ses fins, et l'emplacement du nouveau marché, qui était en fait très vaste, va être amputé en 1865 par la construction d'une école de filles, une de garçons et une maternelle, dans un unique bâtiment. Le coût de la construction s'élève à 229.947 frs, les fondations à 49.996 frs. La Place des Écoles est née...
En 1895, l'École a bénéficié de quelques aménagements dont l'ajout d'une balustrade sur la corniche et d'un clocheton avec une horloge élevé au centre du toit, le tout pour 114.174 frs.
Le 26 septembre 1892, la Compagnie Générale des Omnibus inaugure la ligne 24 du Tramway entre la place de la République à Paris et la place des Écoles à Charenton, et la station du Tramway est donc aménagée en face des Écoles. Le 22 décembre 1924, la ligne est prolongée jusqu'à la place Galliéni à Maisons-Alfort par la rue Gabrielle, empruntant ensuite l'itinéraire de la ligne 81. Le 8 juillet 1935, la ligne de tramways 24 Maisons-Alfort - Porte de Charenton est supprimée.
Le 6 novembre 1921, face à la place des Écoles, mais sur la place de l'Église, est inauguré par Théodore Tissier, sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, un monument au morts du au statuaire Émile Peynot (1850-1932).
Et donc, en regard de ce monument, comme dans tant d'autres villes en France, on va édifier un Kiosque à musique ; cependant il faudra attendre 1935 pour que ce Kiosque soit érigé, grâce au legs de la violoniste Juliette Dantin qui résidait à Charenton (1).
Le 10 juillet 1934, à la mairie, a lieu l'adjudication pour la construction, sur la place des Écoles, du kiosque à musique, d'un kiosque à journaux, fleurs, water-closets et urinoirs, et d'un kiosque-abri. Le tout pour 190.000 frs correspondant au lot de terrasse, maçonnerie, ciment armé, dallage, carrelage, revêtements, canalisation. Ce sont les architectes Ponsin et Nollet qui dressent les plans du Kiosque ; il était effectivement nécessaire qu'il y ait deux architectes pour dessiner cet édicule !...
Si le legs de Juliette Dantin était précisément destiné à la construction d'un kiosque à musique, il n'est pas certain que la virtuose classique ait apprécié le bloc de béton qui a été payé grâce à sa donation !...
Le Kiosque à musique hexagonal, inauguré donc en 1935, prend la place de la station de Tramway désaffectée. Et il paraissait certain qu'au vu des goûts architecturaux du conseil municipal, les jours de l'École, située face au kiosque, ne soient comptés. Effectivement l'architecte Henri Guyon va commettre l'irréparable en 1937-1939 : détruire l'École et faire bâtir un bloc de béton, certes peut-être plus confortable que l'ancien établissement, mais au visuel tellement affligeant et impersonnel.
Dès 1934, on parle de prolonger la ligne de métro n°8 de la porte de Charenton jusqu'à la place des Écoles, qui va être rebaptisée peu après, place Aristide Briand. La Station Charenton-Écoles sera ouverte au public le 5 octobre 1942, constituant le terminus de cette ligne jusqu'au 19 septembre 1970, date de son prolongement jusqu'à Maisons-Alfort - Stade.
Kiosque toujours en place.

voir ici, Place Aristide Briand à Charenton et son Kiosque, aujourd'hui.

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publié par JeanMarc Lun 31 Aoû 2015 13:51

voir ici, Écoles Place Aristide Briand à Charenton, aujourd'hui.
et Ici.

Charenton - École avant 1895, clocheton non construit — Nouvelle École et Kiosque, après1939.
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4 juin 1937 — Concert public au Kiosque de Charenton.
— Dimanche 6 juin, à 18 h. 15, au kiosque de la Place Aristide-Briand (ex-place des Ecoles) concert public donné avec le concours de l'Harmonie Municipale (direction M. Jisseau). En cas de mauvais temps le concert aurait lieu dans les écoles, rue du Commandant-Delmas.

26 juillet 1931 — Championnat fédéral de boules de la région parisienne sur la Place des Écoles.
— Le championnat fédéral réservé aux quadrettes sélectionnées des 74 sociétés de la région parisienne se dispute aujourd'hui et demain, à Charenton, place des Ecoles.
Les éliminatoires commencent aujourd'hui, à 15 heures, et les finales auront lieu dans l'après-midi du dimanche.
Les équipes qui prendront part à la finale de ce tournoi représenteront la Fédération parisienne au championnat de France qui aura lieu, à Chambéry, les 6 et 7 septembre prochain.
En raison de la proximité de l'Exposition coloniale, nombreux seront les spectateurs qui pourront assister à cette belle manifestation qui doit réunir près de 400 concurrents et qui est placée sous le patronage des municipalités de Charenton et de Saint-Maurice


Charenton - Rue de Paris et Écoles — École et Monument aux morts, à droite.
L'immeuble au coin de la rue de Paris ici en construction sur la carte de gauche vers 1903-1904, a résisté au temps et aux détériorations architecturales ambiantes. Il est toujours en place à ce jour.
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10 juillet 1879 — L'Orphéon de Charenton aux fêtes de bienfaisance.
Ville de Charenton. — Grande fête de bienfaisance (aux Carrières), sous le patronage de l'autorité municipale, au profit des indigents de la commune. Jeudi, 10 juillet 1879, à 8 heures du soir, sous la tente du bal Voisin, brillamment décorée et illuminée pour cette fête, avec le bienveillant concours de la fanfare de Saint-Mandé, de l'orphéon de Charenton, de M. Joseph Kelm, M. Casabon, 1er ténor du grand théâtre de Lyon, Mme Armide Maréchal, forte 1ere chanteuse, Mme Marie Lacroix, chanteuse de genre (opérettes), M. Georges, baryton du théâtre de Bruxelles, M. Dumoulin, pianiste, élève du Conservatoire, M. Forter, des fêtes de Paris.

12 novembre 1881 — Grand concert de la Fanfare de Charenton.
— Samedi 12 novembre, à 8 heures du soir, la fanfare de Charenton, sous la direction de M. Hardi, lauréat du Conservatoire, donnera un grand concert au théâtre de Charenton-Saint-Maurice, avec le concours bienveillant de la société lyrique les Enfants du Soleil, de l'orphéon de Charenton, de Mme Renaud Caussinus et Mlles Marie, Louise et Constance Caussinus, lauréats du Conservatoire.

31 août 1897 — Concert de l'Harmonie et de l'Orphéon de Charenton
— Le maire de Charenton vient d'adresser l'appel suivant à la population : la population entière de notre commune a appris avec une véritable émotion patriotique la proclamation qui vient d'être faite de l'alliance franco-russe.
La municipalité de Charenton a l'honneur d'informer ses concitoyens qu'en raison de la réception si belle qui vient d'être faite par la grande nation amie au Président de la République française et pour fêter dignement l'alliance de ces deux nations, elle a décidé que les édifices communaux seraient pavoisés et illuminés le 31 août, jour de la rentrée en France du premier magistrat de la République.
L'Harmonie el l'orphéon de Charenton offriront, à huit heures et demie du soir, un grand concert dans la salle des fêtes de la mairie.


Charenton - Station Tramway — Rame de Tramway de la ligne 24, rue de Paris
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voir ici carte JP Rigouard, Tramway ligne 24

(1) Juliette Dantin (1875-1930) se fait connaître dès l'âge de huit ans en tant que violoniste précoce et virtuose.
Le 25 mars 1883, le journal Le Ménestrel ne tarit pas d'éloges à son égard :
Le Concert annuel de la Société philharmonique de Dieppe a été fort brillant cette année, grâce au concours que lui prêtaient Mlle Simonnet (élève de M. Saint-Yves-Bax), M. Escalaïs (élève de M. Crosti) et Mlle Juliette Dantin, jeune violoniste, âgée de huit ans (élève de M. Ch. Dancla), qui font le plus grand honneur à notre école nationale de musique. Mlle Simonnet a chanté avec goût et grâce l'air de la Fée aux Roses et celui de l'ombre du Pardon de Ploermel. M. Escalaïs a dit avec beaucoup d'ampleur l'air de l'Africaine et le Vallon de Gounod. Ces deux artistes se sont ensuite réunis pour les duos de Faust et de Mireille, le public leur a témoigné sa satisfaction par des applaudissements et des rappels. Mlle J. Dantin, par sa gentillesse et la sûreté de son exécution, a de suite conquis les faveurs de l'auditoire. Elle est heureusement douée, et avec du travail elle ne manquera pas de devenir une artiste distinguée.
Le 6 mai 1888 au Conservatoire National de Paris, une toute mignonne fillette, Mlle Dantin, a tenu la partie de violon avec une crânerie, une fermeté, une sûreté vraiment rares à son âge; cette enfant est vraiment charmante, et douée d'une façon toute particulière.
Enfin le 4 août 1888, Juliette Dantin remporte le premier prix de violon au Conservatoire national.
Elle ira de succès en succès à travers la France et même hors frontières : le 19 juin 1892, elle est à Londres où elle se fait surtout applaudir dans le beau concerto romantique de M. Benjamin Godard ; le 27 mai 1900, Juliette Dantin est de retour à Paris après une tournée de concerts en Belgique et en Hollande.
Non contente de triompher avec son violon, elle pousse également la "chansonnette" : le 12 mars 1905, en Belgique, Juliette Dantin chante la Chanson de Chérubin et l'Aubade de l'Ensoleillad.
Le succès fut grand et les deux morceaux bissés. Sur une autre scène, elle chante l'opéra Mignon.
Le 15 juin 1907,
Juliette Dantin vient de donner ici une série de concerts où elle s'est fait très vivement applaudir et comme violoniste et comme cantatrice.
Le 8 juin 1912, chez Mme Demagnez, Mlle Juliette Dantin se fait applaudir et comme chanteuse dans Elégie, Pitchounette et les larmes de Werther, de Massenet, et comme violoniste dans la méditation de Thaïs de Massenet et dans la canzonnetta du Concerto romantique de Benjamin Godard.
De 1922 à 1927, Juliette Dantin devient soliste des Concerts-Colonne.
Le 2 novembre 1930, elle décède d'une crise cardiaque. Elle était la soeur du peintre Paul Dantin.
Ayant sa résidence à Charenton-le-Pont, elle a fait un legs à cette ville.


Formations musicales de Charenton en 1909 :
Orphéon de Charenton, créé en 1873, président Riouallec, direction Gaudry, 40 exécutants ;
Union philharmonique, président Dufour, direction Jolly, 32 exécutants ;
Harmonie de Charenton, fondée en 1875, président Clémenti, direction Epicaste, 45 exécutants ;
Union symphonique, créée en 1891, direction Vaugeois.
L'Espérance (tambours et clairons), direction Jactin, 15 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » jeu. 3 sept. 2015 13:35

CHARLEVILLE - Kiosque du Square
(ARDENNES)
Créée en 1852, la Place de la Musique devient le square de la Gare en 1858, lors de la construction de celle-ci et de l'arrivée du premier train le 15 septembre.
En 1866, on procède aux premiers aménagements du square, et, après une autorisation du Préfet des Ardennes de mars 1879, un premier Kiosque à musique y est édifié, sur des plans de l'architecte Canaux, pour un coût de 9.000 frs. Le serrurier carolopolitain Godard construit la partie métallique.

C'est à Charleville qu'Arthur Rimbaud (1854-1891) passe son enfance et qu'en 1870, il écrit ses premiers poèmes, dont le très célèbre "A la Musique", poème mordant, tournant en dérision les "bobos" et autres notabilités carolopolitaines venant précisément écouter la musique au Square de la Gare. (1)
(Rimbaud est né en 1854 au 12 rue Napoléon devenue Thiers puis Bérégovoy ; en 1860, il déménage avec sa famille au 73 rue Bourbon avant de s'installer de 1860 à 1869 au 13 Cours d'Orléans, avant que de
s’encrapuler...) (voir ici le 8 Cours d'Orléans, face à cet appartement).

En 1896, un nouveau Kiosque vient remplacer l'ancien, édifié par l'entreprise L. Troin. Octogonal, son soubassement de pierre et de briques abrite un sous-sol accessible.
En 1890, une centaine de chaises sont achetées par la municipalité. Ce sont les sociétés musicales qui louent celles-ci à la commune au prix de 20 centimes l'une.
Des concerts y sont donnés toutes les semaines à la belle saison, et le 91ème Régiment d'Infanterie, cantonné à Mézières de l'autre côté de la Meuse, très apprécié, vient y jouer, lors des grandes manifestations et à toutes les occasions solennelles.
Le dimanche 21 juillet 1901, on inaugure dans le square de la Gare, un buste de Bronze en hommage à Arthur Rimbaud, dû au sculpteur Paterne Berrichon (1855-1922), pseudonyme de Pierre Dufour. Et le 6 octobre 1901, les carolopolitains aiment le bronze, on inaugure, toujours au square de la gare, cette fois-ci, face au Kiosque à musique un monument appelé
Combat de Coqs, oeuvre du sculpteur Alphonse Colle (1857-1935).
Le 25 août 1914, le maire de Charleville demande à la population d'évacuer la ville devant l'arrivée imminente des Allemands qui prennent possession de la ville le 29 août. Le 28 septembre 1914, le square de la gare est barricadé pour la venue du Kaiser. Pratiquement tous les jours, pendant l'occupation qui va durer 4 longues années, le Kiosque du Square de la Gare est sollicité par la musique militaire allemande qui, également vient parader sur la place Ducale. Le 2 mars 1917, le Kronprinz installe son quartier général à l'Hôtel du Petit Ardennais, en face de la gare de Charleville. Il fait réquisitionner les maisons qui entourent le Petit Ardennais afin que les 350 officiers puissent travailler avec lui. Deux mille hommes étaient cantonnés dans les casernes.
Bien entendu les statues de Rimbaud et du Combat de Coqs du Square de la gare, toutes deux en bronze, partent à la fonte et à la fabrique d'obus.
Le samedi 9 novembre 1918, avant-veille de l'armistice, contraints de quitter Charleville la veille, les Allemands vont bombarder Mézières et Charleville pendant deux jours d'affilée. Il y aura de nombreuses victimes et Mézières sera détruite aux deux tiers. Le Kiosque à musique du square de la gare voit sa toiture éclatée.
Le Kiosque sera restauré après guerre ; un deuxième buste de Rimbaud sera réalisé par Alphonse Colle en 1926 et inauguré le 23 octobre 1927. Fondu à nouveau par les allemands en 1942, un troisième, cette fois-ci en pierre est installé le 17 octobre 1954, sculpté par Dumont.
Depuis 1926, un panonceau est suspendu dans le kiosque indiquant
"observons le silence pendant les auditions".
Charleville fusionne en 1966 avec Mézières qui a également ses kiosques à musique dont nous reparlerons prochainement. Les deux communes sont naturellement séparées par la Meuse.
Kiosque toujours en place.


voir ici Kiosque à musique du Square de la Gare à Charleville, aujourd'hui.
Ici.
Ici
et Ici.

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publié par JeanMarc Jeu 3 Sep 2015 13:10

30 juin 1878. — La musique du 91ème R.I. indispensable à la fête.
— A Charleville, la fête a été très curieuse : retraite aux flambeaux sans le secours de militaires, dès le samedi soir ; le lendemain, la musique du 91e a parcouru les rues en jouant la Retraite de Crimée concert dans la journée, bal et illuminations dans la soirée.

9 septembre 1888. — Le Festival de Gymnastique éclipse le Concours d'Orphéons et Fanfares.
— Le Festival de gymnastique qui faisait partie du programme général des fêtes de Charleville a obtenu un immense succès ; il a facilement mis au second plan le concours d'orphéons et de fanfares qui avait lieu le même jour. On évalue à 10.000 personnes le nombre des spectateurs.
Dans la tribune d'honneur on remarquait l'élite de la société des deux villes et notamment le général Varaigne, commandant la 23e brigade d'infanterie, président de la fête, le préfet des Ardennes, la majorité des Conseillers municipaux et un grand nombre d'officiers du 91e de ligne.
Dix-huit sociétés ont pris part à la fête...


16 août 1891. — Les Russes à l'Honneur
— Charleville, 14 août. Hier soir, au kiosque de la gare, la musique du 91e de ligne a joué l'hymne national russe qui a obtenu un grand succès.
Une foule énorme l'a salué, aux cris de : Vive la Russie ! d'une triple salve d'applaudissements.

31 mai 1936 — Le 91ème R.I. toujours fidèle au Kiosque.
— Le deuxième concert le la musique du 91e R.I. sera donné, le 7 juin (20 h. 45), au square de la gare de Charleville. La musique interprétera des airs du XVIe siècle.

11 juin 1936 — L'Harmonie de Mohon au Square de la Gare
— A l'occasion de l'ouverture de la Foire de Charleville, qui se poursuit avec succès, l'Harmonie des ateliers de Mohon a donné un joli concert au square de la gare de Charleville.

Charleville - Musique du 91ème de ligne au Kiosque de la Gare — Fanfare la Jeanne d'Arc.
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16 mai 1894. — Au concours de Vincennes, la Fanfare de Charleville ne s'en laisse pas conter !
— La deuxième journée du grand concours musical de Vincennes a été beaucoup plus brillante et beaucoup plus animée que la première, tant à cause de l'extraordinaire affluence des visiteurs que des musiques d'élite qui ont pris part aux concours d'honneur qui ont rempli cette seconde journée.
Un seul incident regrettable, survenu dans la division supérieure du concours d'honneur des fanfares, a été le nuage de cette belle fête. Les Fanfares de Charleville et de l'usine Esnault luttaient l'une contre l'autre ; la Fanfare de Charleville a adressé une plainte au jury de ce concours, présidé par M. Blin, directeur de la musique de l'école d'artillerie de Vincennes. Sur cette plainte, les musiciens de Charleville ont accusé leurs concurrents de l'usine Esnault de déloyauté, leur reprochant de ne pas lutter avec leurs seules forces et d'avoir introduit dans leurs rangs des musiciens de sociétés étrangères, et même des membres de l'orchestre de l'Opéra-Comique.
En face de cette plainte, le jury, qui allait décerner le prix de mille francs à la Fanfare de l'usine Esnauit, a renvoyé à plus tard le prononcé de son jugement, afin d'instruire cette plainte.
La distribution des prix, qui a eu lieu sur la place de la Mairie, à sept heures du soir, avait attiré une foule considérable. Dans toute l'étendue de la place se mêlaient les uniformes variés des six mille concurrents. (...)


22 janvier 1915 — Les Allemands à Charleville. Le Kiosque de la gare très prisé par l'occupant.
Guillaume II vient quelquefois à Charleville ; le quartier de la gare lui est réservé, mais nous n'avons pas encore pu l'apercevoir. (...)
A la préfecture de Mézières, il y a des généraux installés. Presque tous les jours on donne des fêtes dans le jardin, et la musique joue dans le kiosque de la gare.
(Ouest Eclair)

Charleville - Kiosque à musique en partie détruit le 9 novembre 1918, bronze "Combat de Coqs" parti à la fonte — Combat de Coqs, bronze avant qu'il ne soit escamoté et fondu par les allemands en 1916-1917.
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21 juillet 1901 — Inauguration du Monument d'Arthur Rimbaud
— Le dimanche 21 juillet dernier fut inauguré à Charleville le monument élevé à la gloire d'Arthur Rimbaud grâce à l'initiative d'un Comité parisien et ardennais.
Ce monument s'érige dans un massif du Square de la Gare. Il se compose d'un socle qui supporte une stèle en forme de lyre, oeuvre de M. Petitfils, architecte ; au sommet de la stèle se dresse le buste en bronze du poète, dû au ciseau de M. Paterne Berrichon. Le sculpteur a fixé les traits de Rimbaud vers l'âge de dix-sept ans, c'est-à-dire au moment où le précoce génie de notre compatriote épanouissait ses plus étranges floraisons poétiques.
La cérémonie d'inauguration se passa par une belle et chaude après-midi d'été. Ce fut une fête très simple, intime et presque familiale, sans pompe officielle, sans délégué gouvernemental. Ce fut surtout une fête littéraire, hautement significative par la qualité des discours qu'on y prononça et par l'importance de l'homme qu'on y magnifia. Pareil spectacle fut rarement donné à la province, et Charleville peut justement s'enorgueillir d'avoir su rendre hommage au précurseur du mouvement poétique contemporain. Il y a là un fait d'une portée générale, dont la signification n'a pas échappé au monde littéraire.
A deux heures, la Municipalité de Charleville recevait à la mairie les membres du Comité à qui fut offert un vin d'honneur. A deux heures et demie, devant une foule compacte répandue dans le Square de la Gare, eut lieu la cérémonie d'inauguration.
Le voile qui recouvrait le buste tomba, et M. Gustave Kahn, dans un discours éloquent et ému, fit la remise du monument à la ville de Charleville. Le maire, M. Bouchez-Leheutre, le remercia avec beaucoup d'à-propos et raconta l'histoire du monument.
Puis on prit place autour du kiosque qui occupe le centre du square et où se tenait la musique du 91e de ligne. M. Alfred Bardey monta sur le kiosque et y prononça, au nom de la Société de Géographie de France et des explorateurs de l'Afrique, un intéressant discours où il montra en Rimbaud le pionnier et l'homme d'action. M. Jean Bourguignon lui succéda et, en un langage élevé, esquissa dans ses grandes lignes la vie du poète
carolopolitain.
Après les discours, M. Rameau, de l'Odéon, vint réciter de sa voix puissante le fameux Bateau Ivre. M. Ed. Laudner, du Théâtre Libre, dit ensuite avec talent deux poèmes écrits spécialement pour l'inauguration et dus aux poètes Francis Jammes et Ernest Raynaud.
On trouvera dans le numéro d'août 1901, de la revue le Sagittaire, la reproduction complète des quatre discours, le texte des deux pièces de vers et le récit détaillé de l'inauguration.
Pour clore cette fête, la musique du 91e exécuta en première audition l'oeuvre de M. Ratez, directeur du Conservatoire de Lille, inspirée du Bateau Ivre et transcrite pour harmonie par le chef de musique du 91e, M. Maignier. Cette oeuvre, d'une grande allure et d'une exécution magistrale, souleva les applaudissements de la foule.
Enfin le cortège se rendit devant le n° 12 de la rue Thiers où naquit Rimbaud, pour découvrir la plaque commémorative de la naissance du poète. C'est là, devant l'ancienne demeure d'Arthur Rimbaud, que se termina cette fête, qui honore à la fois Charleville et les lettres françaises.

Charleville - Square de la Gare, Kiosque et buste de Rimbaud — Kiosque à musique et Gare.
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Arthur Rimbaud, À la musique (Place de la Gare, tous les jeudis soirs, à Charleville)
poème de juin-juillet 1870 (très souvent cité mais fautivement reproduit dans la majorité des cas !)
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CHARLEVILLE - Square de la Gare
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publié par JeanMarc Mer 2 Sep 2015 09:22

Jazz au Kiosque de la Gare : David Patrois Trio 8 juillet 2007
voir ici, Jazz au Kiosque de la Gare de Charleville : David Patrois Trio 8 juillet 2007.
Ici.
et Ici.

Sociétés musicales de Charleville en 1909 :
Choral municipale, fondée en 1894, vice-président Eugène Collard, directeur V. Rousseaux, 60 exécutants ;
Société Philharmonique (symphonie), président Georges Gailly, directeur A. Tridemy, 50 exécutants ;
Club mandoliniste l'Etoile, directeur J. Jadot.
Société de Trompes de chasse des Sapeurs-Pompiers, président E. Petifils, direction Charpentier, 8 exécutants ;
Harmonie municipale, direction Albert Thillois, 60 exécutants ;
Société de Trompettes des Sauveteurs, directon J. Baudoin, 14 exécutants ;
Fanfare ouvrière, direction Maheu, 42 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 7 sept. 2015 13:44

CHARMES - Le Kiosque et un coin de la Cité Maguin - Au fond, l'Église
(AISNE)
Bienfaiteurs pour les uns, potentats pour les autres, nombre de villes se sont développées considérablement, grâce à l'ingéniosité, l'intelligence ou l'audace d'un de leurs ressortissants. La petite commune de Charmes possède ainsi son héros en la personne de l'ingénieur Alfred Maguin (1851-1935). (voir ici, Petit plus sur Alfred Maguin)
En 1878, celui-ci rachète l'Entreprise charmoise Brugnon Fils, créée en 1849 par P.-J.-F. Brugnon, ayant pour activité principale la fabrication de limes et de rapes. Brugnon n'est pas un inconnu : lors de l'Exposition universelle de 1855 — première Exposition universelle française — qui a lieu sur les Champs-Elysées à Paris du 15 mai au 15 novembre, exposant, il obtient une médaille de bronze au titre de l'Industrie des Aciers Bruts et trempés. En 1857, il est référencé comme fournisseur des arsenaux et de la marine, outils de graveurs et de ciseleurs avec son usine à Charmes.(1)
Maguin ne va pas rester les deux pieds dans le même sabot. Grâce à de multiples inventions ou adaptations de matériaux et machines, son entreprise connaît un essor impressionnant ; il dépose de nombreux brevets, se fait connaître par les multiples revues scientifiques et participe activement aux Expositions industrielles, dont bien entendu l'Exposition universelle de 1889 à Paris. Les usines Maguin ne tournent pas au ralenti, tant et si bien que le 25 mars 1891, il devient châtelain en achetant, pour 175.000 francs, à Jules Decroix, le Château d'Andelain, commune limitrophe de Charmes, son parc, son étang et ses 17 hectares de terres ; dès son acquisition, il fait restaurer entièrement le château.
Ami de Paul Doumer (1857-1932) — futur président de la République, mort assassiné un an après son élection —, Maguin se lance même dans la politique, se fait élire, en mars 1896, Conseiller général du Canton de La Fère, puis maire de Charmes en 1898, fonction qu'il occupe jusqu'après 1921.
De par sa position de Maire, il fait construire la Cité dite Maguin, destinée aux familles de ses ouvriers ; en 1914, ses usines de Charmes comptent 400 ouvriers. La Chapelle de Charmes devenant insuffisante pour le nombre de fidèles, l'Eglise Saint-Rémi est construite en 1911-1912.
Le 3 février 1907, à la suite d'un incendie survenu dans la nuit, plusieurs ateliers de son établissement sont détruits.
Les pertes sont estimées à un million. Le travail n'est cependant pas interrompu, et les ateliers sont reconstruits.
Dès le 1er septembre 1914, située à la frontière belge, Charmes est envahie par les Allemands qui vont y rester quasiment toute la durée du conflit.
Tout le matériel et les machines de production des usines Maguin sont saisis et envoyés en Allemagne.
Alfred Maguin va installer provisoirement ses usines hors de la portée des Allemands, au 52 quai de la Marne à Paris XIXe, le long du canal de l'Ourcq (aujourd'hui en limite du parc de La Villette) et à Aubervilliers, passage des Roses. Et compte tenu de l'hécatombe du conflit, la main d'oeuvre est rare : une petite annonce, passée le 29 juillet 1916 dans le
Bulletin des réfugiés du Nord, nous apprend que les établissements Maguin recherchent, pour ces deux usines, un raboteur, un menuisier et des manœuvres susceptibles de conduire des machines.
De nombreuses maisons, le clocher de l'Eglise Saint-Rémi qui venait d'être édifiée, la Mairie et les Ecoles, et bien entendu les usines Maguin sont détruites, 30 victimes, tel est le bilan de l'occupation allemande de ces 4 ans. Le Château d'Andelain d'Alfred Maguin est dynamité en octobre 1918.
A partir de 1920, on procède à la reconstruction de Charmes, grâce aux indemnités pour dommages de guerre. Et c'est à cette occasion qu'au centre de la Cité Maguin, place Edmond-Roger, un Kiosque à musique octogonal, aux colonnes et garde-corps en bois, est édifié, entre 1921 et 1926.
Le Château d'Andelain est également reconstruit et Alfred Maguin passe les rênes de l'entreprise à son fils, également ingénieur, Abel-Adrien-Henri Maguin.
Aujourd'hui, la place qui ne porte apparemment plus de nom correspond au rond-Point rue Victor Hugo - rue Jean de la Fontaine. Le Kiosque en a été supprimé dans les années 1970. La société Maguin existe toujours.
Kiosque supprimé.

voir ici, Rond-Point Victor-Hugo - La Fontaine à Charmes, sans son Kiosque, aujourd'hui.
voir ici, Eglise Saint-Rémi de Charmes, aujourd'hui.

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publié par JeanMarc Lun 7 Sep 2015 13:21

Charmes - Kiosque de la Cité vers 1960
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(1) Exposition Universelle des Champs-Elysées à Paris en 1855
Brugnon expose au Palais de l'Industrie universelle à Paris en 1855 et a même le privilège d'être cité dans l'ouvrage descriptif de ladite exposition :
Brugnon — fabricant de limes à Charmes, près de Laon (Aisne). Limes d'acier fondu.
Les limes anglaises jouissent en France d'une réputation qui, certes, n'est pas imméritée ; mais, nous devons le dire, nos limes de fabrication nationale ne leur cède en quoique ce soit. Nous sommes singulièrement portés à déprécier nos produits au profit de l'industrie étrangère. Nous paierons à Londres vingt francs ce que nous pourrions trouver pour dix à Paris. Cet engouement pour les productions du dehors commence à disparaître. Nous nous rendons au raisonnement et à l'évidence.
Nous avons proclamé, et nous proclamons encore, pour notre part, l'excellence des limes anglaises, mais nous prétendons que les limes d'un grand nombre de nos fabricants, et, parmi ceux-là, de M. Brugnon, des premiers, acceptent la comparaison, et jettent l'indécision dans l'esprit du juge qui doit décider de quel côté penche la balance.


16 novembre 1870 — Charmes subit déjà l'occupation prussienne.
Mercredi 16. — Le matin, d'assez bonne heure, on entend, à Laon, une canonnade assez forte du côté de La Fère.
Le bruit dure jusqu'assez avant dans l'après-midi. C'est la place qui tire sur Charmes occupé, dit-on, par l'état-major prussien et sur Andelain où l'ennemi se montre en force et semble annoncer l'intention d'établir des batteries. L'ennemi ne répond pas. Son artillerie n'est pas encore arrivée. La place est investie complètement.
Outre Charmes et Andelain, les Allemands sont maintenant à Danizy, Fressancourt, Monceau-Iès-Leups. 7 à 8.000 soldats occupent les villages de Tergnier, Fargniers et Quessy. Première sortie par les francs-tireurs, soutenus par la garnison.
Près de cent voitures de réquisition chargées de provisions et de munitions pour le siège de La Fère, arrivent de Soissons à Laon.

(Ephémérides de la guerre de 1870-71 dans le département de l'Aisne. 1871)

29 novembre 1898 — Une des nombreuses réceptions d'Alfred Maguin en son château d'Andelain
— La fête donnée avant-hier au château d'Andelain par M.Alfred Maguin a été pour Mme Emile Bourgeois, femme du distingué chef du chant à l'Opéra-Comique, l'objet d'un grand succès. Elle a tour à tour chanté l'air de Samson et Dalila, Par le Sentier de Théodore Dubois, plusieurs œuvres de son mari, etc. Mlle Barbant et M. Depas, qui a récité plusieurs monologues dont Chez le Dentiste, de M. Miguel Zamacoïs, ont, eux aussi, obtenu leur part d'applaudissements.

21 mars 1908 — Le Journal L'Egalité de Saint-Quentin et de l'Aisne, très remonté contre Maguin !
— Maguin Commandeur. Est promu dans l'ordre national de la Légion d'honneur, à l'occasion des expositions internationales de Milan, de Tourcoing et d'Amiens, au grade de commandeur, M. Maguin Alfred-Louis-Auguste, industriel à Charmes (Aisne). Constructions mécaniques. Membre de la Chambre de commerce de Saint-Quentin. Fondateur de plusieurs sociétés philanthropiques pour ses ouvriers. Vice-président de la délégation cantonale pour l'instruction publique. Vice-président du comité français des expositions à l'étranger. Président du comité d'organisation de la section française à l'exposition internationale de Milan.
Au sujet de M. Maguin il nous revient un fait qui figure sans doute au rang de ses œuvres philanthropiques.
C'était peu après l'incendie de l'usine Maguin ; les travailleurs, las d'être exploités par leur potentat, tentèrent de former un syndicat et nommèrent une délégation chargée d'exposer leurs revendications.
M. Maguin, dans toute sa superbe, leur répondit que s'ils n'étaient pas contents, ils n'avaient qu'à f..iche le camp, qu'il en serait quitte tout simplement pour ne pas reconstruire son usine ! Et les ouvriers le crûrent ! (...)


Charmes - La manufacture Maguin vers 1906 — Ruines de l'Établissement Maguin 1918
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17 octobre 1918 — Alfred Maguin et Léon Accambray, député de l'Aisne, visitent Charmes enfin libérée.
— Quelques élus du département de l'Aisne parmi lesquels M. Accambray, député, M. Maguin, conseiller général de la Fère, et M. Bugnicourt, rédacteur en chef du journal l'Aisne viennent d'effectuer une randonnée en automobile jusqu'à la Fère.
D'après le récit fait par M. Maguin, les routes sont toutes défoncées et presque toutes les localités traversées sont complètement détruites. A Andelain et à Charmes, toutefois, quelques maisons sont restées debout. Un petit château que M. Maguin possédait Andelain a été dynamité avant le départ de l'ennemi et le parc qui l'entoure est dans un désordre inexprimable. A Charmes, l'importante usine de M. Maguin, où l'on fabriquait des appareils de sucrerie et de la grosse chaudronnerie, a été entièrement rasée, toutes les machines avaient été expédiées en Allemagne. Des traquenards avaient été installés suivant l'habitude des Boches. M. Maguin a pu voir une chaise reliée par une ficelle à deux obus jumelés de 155. Le moindre mouvement imprimé à la chaise aurait fait exploser les obus.
(Journal Le Matin)

Charmes - Église Saint-Rémi ruinée 1918 — Église reconstruite vers 1925
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7 et 8 juin 1931 — Fête patronale de Charmes, concert au Kiosque de la Cité
— Charmes. La fête communale aura lieu les 7 et 8 juin.
Samedi, à 21 h., concert par l'harmonie ; à 22 heures, bal.
Dimanche, à 11 heures, dépôt d'une gerbe au monument aux morts ; à 15 h. 30, place de la Mairie, concours de ballonnets ; à 16 h. 30, au Kiosque de la Cité, concert ; à 21 heures, bal.
Lundi après-midi, jeux divers ; le soir, bal public.


27 juillet 1931 — Paul Doumer à Andelain ; le repos dominical des ouvriers charmois interrompu...
— Avant de repartir pour Paris, M. Paul Doumer rendit visite à des amis intimes M. Ermant, ancien sénateur de l'Aisne, et M. Maguin, au château d'Andelain, près de La Fère.
Le chef de l'Etat est resté une heure environ à Andelain où il a été salué par les nombreux ouvriers de l'usine de Charmes, qui, malgré leur repos dominical, avaient quitté leur demeure pour venir se grouper autour de l'habitation de M. Maguin.


En 1907, est répertoriée à Charmes, la Fanfare des Sapeurs-Pompiers de la Manufacture, dont le président est bien entendu Maguin, dirigée par Ponsard, comptant 52 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » jeu. 10 sept. 2015 14:41

CHAROLLES - Promenade Saint-Nicolas
(SAÔNE ET LOIRE)
Le Pré Saint-Nicolas, multi-séculaire, est situé le long du cours d'eau l'Arconce. Au XVIème siècle, on y pratique le tir, le jeu de quilles etc... Le célèbre Mercure Galant de novembre 1681, relate une fort belle histoire de chevaliers et belles Dames, avec défilé de musiciens, concert, bal, réjouissances et concours de tir, qui se déroule précisément sur le Pré Saint-Nicolas de Charolles. Le récit commence ainsi : je ne sçay si la Ville de Charolles en Bourgogne vous est conue. Quoy qu'elle soit fort petite, on ne laisse pas de s'y divertir aussi agréablement que dans les plus grandes du Royaume. Les Dames y sont spirituelles & fort sociables, & se déclarant ennemies de la contrainte, elles ont en toutes choses une liberté honneste, qui leur attire l'estime de tous leurs voisins... (1)
Promenade et aire de jeux, le Pré Saint-Nicolas est dévolu à nombre de foires, le Champ de foire n'y suffisant pas ; nul besoin de rappeler la notoriété légendaire de la race bovine Charollaise, et les éleveurs le 2ème et le 4ème mercredi de chaque mois, occupent donc toute la ville de Charolles. Sans compter les concours et congrès annuels, ponctuels, qui, eux, durent plusieurs jours d'affilée.
Le Conseil municipal charge l'architecte Claude Giroux de dresser les plans d'un Kiosque à musique, qui sera édifié sur l'esplanade de la Promenade Saint-Nicolas. De forme octogonale, muni d'un soubassement de briques et de pierre, il est édifié en 1897, construit par les frères Milinaire, métalliers-serruriers-fondeurs, installés depuis 1874 dans le 18ème arrt de Paris, à l'angle du boulevard Ney et de l'avenue de Saint-Ouen, au bout de la rue Vauvenargues.
La promenade Saint-Nicolas servira également de terrain de foot-ball, après 1910, et même de piste pour les essais de chevaux de selle.
L'emplacement du Kiosque à musique prend, après la seconde guerre mondiale, le nom de Square Bouissoud, en hommage à l'ancien maire de Charolles de 1925 à 1942, Charles Bouissoud (1880-1942).
Kiosque toujours en place.


voir ici, Kiosque de la Promenade Saint-Nicolas de Charolles, aujourd'hui.
et Ici.

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publié par JeanMarc Jeu 10 Sep 2015 14:24

21 juillet 1902 — Concert de la Fanfare du collège sur le Kiosque à musique Saint-Nicolas
— La fanfare du collège de Charolles, sous l'habile direction de M. Fournot, s'est fait entendre au kiosque de la promenade Saint-Nicolas.
Grand succès pour cette excellente Société qui a interprété un programme de morceaux choisis fort bien exécutés.


4 octobre 1912 — Concours chevaux d'armes sur la promenade Saint-Nicolas.
— Communication du commandant du dépôt de remonte de Mâcon :
Un concours de primes de majoration aux chevaux d'armes aura lieu le vendredi 4 octobre 1912, à Charolles, à sept heures du matin, dans l'enceinte de la promenade Saint-Nicolas. Une somme de 11.250 fr. est allouée pour ce concours.
1° Sont admis à prendre part au concours les chevaux hongres et les juments de trois ans et demi à six ans, présentés montés, en selle et en bride, et faisant partie d'un élevage situé dans la circonscription du dépôt de remonte de Mâcon.
Il sera accordé une prime de majoration à tout cheval présenté s'il est jugé digne par le comité de recevoir cet encouragement et s'il est vendu à la remonte.
2° Cette prime ne sera payée que lorsque l'achat sera devenu définitif, c'est-à-dire après l'expiration des délais légaux de garantie.
3° Le tiers de toute prime de majoration reviendra de droit au naisseur.


29 mai 1923 — Concours Chevaux de Selle du Charollais sur la Promenade Saint-Nicolas.
— C'est par son Concours du Charollais que, dans la dernière semaine du mois dernier, la Société du Cheval de Guerre terminait la série de ses encouragements régionaux ; à Charolles, le 29 Mai, pour le Concours de modèle et d'allures ; à Paray-le-Monial, le 30 Mai, pour les Épreuves d'extérieur.
Ce seizième Concours de Charolles de la Société du Cheval de Guerre a été, de l'avis général, un des plus réussis, un des plus complets qu'on y ait vus depuis longtemps ; le lot des 87 concurrents qui ont été présentés aux jurys comprenait non seulement des sujets de tête très remarquables, mais aussi, ce qui est plus caractéristique et plus important, un ensemble homogène des plus significatifs, et la tâche des jurys ne fut pas toujours aisée pour départager judicieusement des concurrents d'un mérite presque égal.
La pittoresque promenade Saint-Nicolas servait de cadre à cette intéressante manifestation qui, tous les ans, réunit les mêmes fidèles habitués, spectateurs compétents et éleveurs avisés, qui ne se lassent jamais de cet instructif spectacle.
Les chevaux de 3 et 4 ans ont défilé de 8 heures du matin à 5 heures du soir devant les différents jurys dont M. Jousset, inspecteur général des Haras; M. Radas, Directeur du Dépôt d'étalons de Cluny.

(Le Sport Universel illustré)

Charolles - Grand Concours de chevaux de selle du 29 mai 1923 et Kiosque à musique promenade Saint-Nicolas.
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14 juillet 1928 — Concert de l'Harmonie sur le Kiosque de la promenade Saint-Nicolas
— Samedi 14 juillet, à 16 heures 30, au Kiosque de la promenade Saint-Nicolas, l'Harmonie municipale dirigée par M. Félix Badin, donnera un concert avec le programme suivant : La Marseillaise. — Le départ de Malxe. F. Badin. — La petite mariée, fantaisie. Lecocq. — Espana, valse. Chabrier. — Chu-Chiu-Chou, fantaisie. Irwin. — Le 37e régiment, défilé.

17 août 1933. — Festival de musique à Charolles.
— Un grand festival de musique a réuni à Charolles, depuis dimanche matin 13 août, de nombreuses sociétés instrumentales de valeur et amené une affluence considérable d'amateurs.
La musique des équipages de la flotte de Toulon, spécialement autorisée par le ministre de la marine à participer à ce festival, a donné deux concerts très applaudis sous la direction de son chef, M. Goguillot. Un violent orage a malheureusement contrarié la fête de nuit qui devait avoir lieu sur la promenade Saint-Nicolas et qui a dû être donnée au théâtre municipal.


Charolles - Jour de foire de mai sur la Promenade Saint-Nicolas — Festival des 16 et 17 août 1913, Concert au Kiosque
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Août 1892. — Concours de la race charollaise pure, baraquements d'accueil promenade Saint Nicolas.
— Dans sa session d'août 1891, le Conseil général a décidé que le concours de la race charollaise pure se tiendrait dorénavant à Charolles avec une foire le lendemain. De son côté, la Commission départementale a fixé au deuxième dimanche de mars la date de ce concours.
Le budget de l'oeuvre pour l'amélioration de notre belle race charollaise se résume ainsi :
Subvention de l'Etat 2.500 frs ; subvention du département 3.500 frs ; subvention de la ville de Charolles 1.000 frs.
Il faut déduire de cette somme environ 400 francs représentant le prix des médailles et des plaques, de sorte que les primes à distribuer s'élèvent à 6.600 francs.
193 animaux, dont 104 taureaux, 44 génisses et 45 vaches, ont été reçus dans les baraquements installés pour la première fois sur la belle promenade de Saint-Nicolas, à Charolles.
Les fonctions du jury ont été longues et laborieuses et ne se sont terminées qu'à 4 heures du soir le dimanche.
Les primes, au nombre de 42, se répartissent ainsi qu'il suit :
Taureaux, 24 primes : 4.380 frs ; Génisses, 14 primes : 1.420 frs ; Vaches, 4 primes : 760 frs
La foire du lendemain a été l'occasion de transactions nombreuses et importantes. On a constaté que 33 taureaux ont été vendus à des prix élevés (l'un d'eux a atteint 1.025 francs, plus la prime de 400 francs au bénéfice du propriétaire), 3 génisses au prix maximum de 805 francs, et 2 vaches à celui de 865 francs.
L'installation des baraquements a répondu pour partie au confortable exige pour des animaux élevés à l'éourie et subissant un changement de température aussi marqué. La ville de Charolles, qui a pris l'installation matérielle à sa charge, est disposée à la modifier et à l'améliorer suivant les besoins reconnus.

1er février 1902. —Concours de la race charollaise pure.
— Le concours annuel de la race charollaise pure aura lieu à Charolles les 1er, 2 et 3 février 1902. Les demandes d'inscription seront reçues à la mairie de Charolles, jusqu'au 22 janvier.
Des primes avec médailles d'or, médailles d'argent ou médailles de bronze seront décernées, savoir :
Taureaux. — 1ere section : 12 primes de 80 à 200 fr. ; 2e section : 28 primes de 80 à 200 fr. Prix d'honneur: une prime de 100 fr. ; lots d'ensemble : 2 primes de 100 fr.
Vaches. — 7 primes de 100 à 150 fr.
Génisses. — 14 primes de 100 à 180 fr.
Prix d'ensemble aux plus beaux lots de 4 vaches : 2 primes de 200 à 300 fr.


Charolles - Promenade Saint Nicolas — Partie de Foot-ball sur la promenade Saint-Nicolas et Kiosque à musique.
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(1) Concours de Tirs à l'Arbalète, au fusil et pistolet sur le Pré Saint-Nicolas. Défi des Dames Charollaises.
En résumé. Comme tous les ans, en été, les personnes les plus considérables des villes avoisinantes telles que Paroy-le-Moinel, le Mont-Ceny, Châlons et Mafcon viennent à Charolles, ville de plaisirs et de joye, pour tirer le Prix. C'est le 25 août qui est fixé pour le défy de cette année (vers 1570-1580).
Deux Prix seront décernés : l'un du Panton, & l'autre de l'Arbaleste ; les récompenses sont, pour le premier, d'un petit Service de Vaisselle d'argent de huit cens Ecus & le second, de cent cinquante Loüis, que l'on payeroit en especes.
Festin et grande fête précèdent le concours où, au grand dam des Charollais qui passent pour les meilleurs Fuseliers de la Province, ce sont les Etrangers (les chevaliers invités des villes voisines) qui l'emportent. Aussi, au lieu de leur laisser savourer leur victoire, les Dames de Charolles vont condamner les portes de la ville et défier les chevaliers étrangers, les convaincant que pour être véritablement vainqueur, il faut se mesurer à elles.
Le 21 Septembre, jour de S. Mathieu, chacune s'estant habillée à son avantage, elles montèrent à cheval sur les dix heures, & allèrent en très-bon ordre dans le Pré S. Nicolas, joignant les Ecluses de la Ville, qui est le Lieu ordinaire de la Promenade. A la teste de leur compagnie estoient deux Trompetes & quatre hautbois ; dans le milieu, leur Enseigne, quatre Violons, & six Flustes douces ; & à la queuë, quatre Hautbois, avec deux Trompetes. Elles firent l'Exercice dans ce Pré, & il n'y eut aucun des Spéctateurs qui n'admirat leur adresse.
Comme de bien entendu, les Dames vont l'emporter dans tous les exercices de tirs à l'arbaleste et autres Fusil & Piftolet...
(Le Mercure Galant de Novembre 1681.)
(voir ici, page 56 à 114)


Sociétés musicales charollaises actives en 1909 :
Harmonie Charollaise, président Gerbe, direction Fournot, 52 exécutants ;
Fanfare du Collège, président Foulon, direction Fournot, 22 exécutants.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » lun. 14 sept. 2015 10:31

CHARTRES - La Promenade et le Kiosque
(EURE ET LOIR)
Le 6 mai 1610, la Promenade des Charbonniers est attestée : ce jour-là, il est tombé de la neige et "on a remarqué qu'il s'en était conservé dans les fossés de la ville, le long de la Promenade des Charbonniers, jusqu'au mois de Juillet." La Butte des Charbonniers où se situe cette promenade tire son nom du chemin des Charbonniers de Bailleau ; tout comme la Butte des Barricades ou des Épars, elle a été formée principalement par les décombres, remblais et immondices de la ville. En 1775, le chemin devient une route longeant les anciens remparts de Chartres, près de la Porte Châtelet. Dès avant 1750, la Promenade des Charbonniers est plantée d'ormes, de même que le haut de la Butte. Entre 1830-1840, les fossés de la ville vont être comblés, une partie des remparts supprimée et les buttes chartraines partiellement arasées. A partir de 1860, les ormes de la Promenade sont remplacés par des tilleuls.
En contrebas de la promenade des Charbonniers, de l'autre côté de la route la longeant, se trouve un vaste terrain avec des bâtiments appelé le clos Saint-Jean ou Clos Pichot, que la commune de Chartres acquiert le 20 février 1866 dans le but d'y créer un jardin à l'anglaise avec Kiosque à musique. Si le domaine du Clos Pichot a bien été transformé en promenade, le kiosque à musique prévu initialement n'a jamais vu le jour... (1)
A la fin de janvier 1887, le Conseil municipal chartrain reçoit une requête d'Alexandre Cochon, ancien marchand de fers, qui propose de construire à ses frais, sur la Butte des Charbonniers, un kiosque à l'usage des sociétés musicales. Il demande que l'on mette l'inscription suivante sur le kiosque :
« Offert par M. A. Cochon, ancien marchand de fers, forgeur à Chartres ». La municipalité accepte sa demande et, pour 10.000 francs, Alexandre Cochon fait édifier ce Kiosque octogonal sur la Promenade des Charbonniers, Place Châtelet, à l'entrée de la rue du Rempart Châtelet. C'est l'architecte voyer de la ville de Chartres, Alfred Piébourg (1848-1902) qui dresse les plans de ce kiosque.(2)
Le 27 avril 1887, une première audition publique, par l'Harmonie Chartraine, a lieu sur le Kiosque des Charbonniers. Et le 15 mai 1887, on inaugure officiellement celui-ci, toujours avec l'Harmonie municipale de Chartres.
En 1898 la promenade des Charbonniers est rétrécie d'un mètre sur une bonne partie de sa longueur. Depuis 1893, le projet de Tramway à vapeur de Lèves à Bonneval, passant par Chartres, est dans les cartons. Et pour la traverse de Chartres, on est obligé de rogner par-ci par-là : de 7 m 50 à 6 m 50 le long de la promenade des Charbonniers, et de 10 m à 8m 70 le long du Marché-aux-Chevaux. La Ligne Lèves-Chartres-Bonneval, déclarée d'utilité publique le 27 février 1897, d'une longueur de 29 km, est inaugurée le 9 avril 1899.

(Gares de la ligne de Tramway : Lèves (ici) — Chartres (ici) — Bonneval (ici))
Les foires, marchés et comices sont, bien entendu, monnaies courantes pour ne pas dire légion, tant sur la promenade des Charbonniers et la Place Châtelet que sur la Place du Marché aux Chevaux le clos Pichot ou la Place Marceau... Ovins, bovins, chevaux, volailles, machines agricoles, fleurs, légumes, chaque place chartraine a sa spécialité, la Place Châtelet et la promenade des Charbonniers étant dévolues principalement aux vaches et veaux. Ce qui n'empêche pas les fêtes de gymnastiques, concours musicaux et autre concours hippiques d'y avoir lieu.(voir ici, Marché aux Chevaux)
Le 27 octobre 1901, en présence de 15.000 personnes, a lieu l'inauguration d'un monumental édifice en l'honneur des Mobiles d’Eure-et-Loir morts en 1870. Dû aux sculpteur Henri Allouard (1844-1929), Georges Loiseau-Bailly (1858-1913) et Eugène Boverie (1869-1910), le monument est érigé à l'entrée de la promenade des Charbonniers, face au Kiosque de la musique, sur la place Châtelet. (voir ici, Promenade des Charbonniers)
Kiosque toujours en place.

voir ici, Kiosque de la Promenade des Charbonniers de Chartres, aujourd'hui.
Ici
et Ici

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par JeanMarc » Lun 14 Sep 2015 10:04

Juillet 1863 — Concours annuel de la région du nord-ouest, promenade des Charbonniers.
— Le Concours annuel de la région du nord-ouest a eu lieu cette année, pour la seconde fois, au chef-lieu du département d'Eure-et-Loir, où il avait attiré un très-grand nombre d'agriculteurs de la Beauce et des départements voisins. Ce Concours avait pour complément une exposition chevaline très intéressante à divers points de vue.
Les bêtes bovines et ovines, les produits et les instruments et machines occupaient toute la promenade la Butte des Charbonniers.
L'exhibition hippique avait été organisée sur le champ de foire. Ces deux concours avaient été très heureusement disposés. La municipalité de Chartres a reçu aussi les félicitations des agriculteurs. Grâce à ses libéralités et au dévouement de M. Sedillot, maire de Chartres, cette fête, par son éclat, a répondu à la réputation de la culture beauceronne.

24 avril 1870 — Concert sur la Promenade des Charbonniers
— La Société chorale et fanfare de Chartres se faisait entendre dimanche dernier sur la promenade des Charbonniers, pour le plus grand bonheur des chartrains, en général, et des gracieuses chartraines en particulier.
L'accueil que rencontrent ces auditions décidera, sans aucun doute, la Société chorale et fanfare à les multiplier.
Ces jours derniers, il a été fait envoi d'une somme de cinquante francs à la souscription ouverte à Dreux, pour l'acquisition de deux bannières à l'Orphéon et à la Musique instrumentale de cette ville. Cette souscription provenait de cotisations versées par tous les membres de la Société chorale et Fanfare de Chartres, heureux de donner ainsi à leurs frères de Dreux un gage de leur bonne confraternité.
Dimanche prochain, 1er mai, à l'occasion des fêtes du Comice agricole qui auront lieu à Voves, la Société chorale et fanfare de Chartres se rendra en cette localité pour réhausser, de l'éclat de sa présence, la solennité du Comice.

23 août 1874 — Festival musical de Chartres
— Chartres (gare Montparnasse). Festival, concours d'orphéons, de sociétés chorales, musiques d'harmonie et fanfares du département d'Eur-et-Loir, sous la présidence de M. le maire de Chartres.
Cette fête sera une des plus brillantes des environs e Paris.


5 mai 1889 — Centenaire de 1789, musique et gymnastique au Charbonniers.
— Au centenaire du 5 mai 1789, fêtes à Chartres. Le conseil municipal accorde un crédit de 4.200 frs.
A 6 heures du matin, les cloches sonnent ; le canon devrait tonner, mais il n'y a pas de poudre, par oubli du ministère de la guerre.
A 7 heures, distribution de vivres aux indigents ; de 8 à 11 heures, tir public et gratuit.
De 3 à 5 heures, exercices de gymnastique, par l'Avenir de la Beauce et l'Alliance Chartraine, sur la promenade des Charbonniers, avec intermèdes musicaux.
A 5 heures, audition par l'Harmonie Chartraine ; illuminations ; feu d'artifice au Clos Saint-Jean.


14 juillet 1900 — La Lyre et l'Alliance Chartraine au Kiosque de la Butte des Charbonniers.
— Sur le rapport du conseiller Delaunay, le crédit pour la fête du 14 juillet 1900, est fixé à 3.380 fr. et le programme accepté :
La veille, 13 juillet, à 8 h 1/2 du soir, retraite aux flambeaux.
Le 14 juillet, distribution de vivres aux indigents, 1.000 fr.
A 9 h. 1/2, revue des troupes et des pompiers ; 2 h. 1/2, place Saint-André, audition par l'harmonie Saint-Ferdinand et exercices par l'Avenir de la Beauce.
4 h. 1/2, au kiosque de la butte des Charbonniers, auditions par l'Harmonie Chartraine, par la Lyre Chartraine ; exercices par l'Alliance Chartraine.
9 heures, grand feu d'artifice au clos Saint-Jean.
Illuminations, places des Epars, Billard, Morard et édifices communaux.


21 juillet 1901 — Concours musical à Chartres.
— Un concours musical de sociétés chorales, harmonies et fanfares, par l'Harmonie chartraine, aura lieu à Chartres le dimanche 21 juillet 1901.
Cette solennité comprendra :
1° lecture à vue obligatoire à huis clos ;
2° concours d'exécution auquel les sociétés feront entendre un morceau au choix ;
3° concours d'honneur réservé aux sociétés qui auront obtenu un 1er prix de lecture ou d'exécution.
Les prix consisteront en couronnes, palmes, médailles de vermeil et d'argent.


Chartres - Fête de la gymnastique sur la Promenade des Charbonniers — Monument aux enfants d'Eure-et-Loir 1870-1871, Promenade des Charbonniers et Kiosque à musique
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Les foires et fêtes en 1910 : un nombre impressionnant !
Marchés. — Mardi, jeudi, samedi. ; Marché franc. — Le dernier jeudi de chaque mois.
Foires. — Dernier jeudi de février (moutons), 10,11 & 12 mai (chevaux, vaches et moutons), dernier jeudi de mai, samedi après la Saint-Jean, 5eme samedi de juillet, 21 juillet (laines), tous les jeudis de juillet, moutons, 24 août, 8 septembre, 30 novembre (Saint-André), 1er décembre (chevaux et bestiaux).
Fêtes foraines. — De Pâques du samedi saint au lundi de la Quasimodo, Foire des barricades du 11 au 20 mai, Fêtes de septembre du 8 au 15.

(La traversée de la place Châtelet, entre la promenade des Charbonniers et la gare — pourra être interdite les jours de foires et marchés aux bestiaux, lorsque, par suite du nombre des animaux amenés, la place du Marché aux Chevaux étant insuffisante pour les contenir, il devra être fait usage de la place Châtelet, comme annexé du marché, condition qui ne paraît devoir se réaliser qu'une fois par an, le 30 novembre, jour de Saint-André. Communiqué du Maire de Chartres)

14 et 15 mai 1856 — Concours-foire aux bestiaux sur la butte des Charbonniers.
— Le concours régional général doit avoir lieu, les 14 et 15 mai 1856, sur la butte des Charbonniers. On prévoit l'aménage de : taureaux et vaches, 100 têtes ; béliers et brebis, 150 ; porcs et porcines, 60. Le devis de l'installation est prévu à 4.000 fr. La nourriture des animaux pendant trois jours à 320 frs. L'aménage de l'eau 200 frs. Le salaire des serviteurs, frais accessoires 100 frs. Réserve pour les imprévus 380 frs. Dépense totale 5.000 fr.

Juillet 1885 — Concours hippique sur la butte des Charbonniers. Kervella, un drôle d'entrepreneur...
— M. Kervella, qui a déjà été chargé des concours de 1869 et de 1877, fait les offres les plus avantageuses ; un traité est passé avec lui pour l'installation des Concours régional et hippique, le feu d'artifice, les illuminations, au prix de 25.000 fr.. Le prix à forfait, en 1877, était de 20.000 fr.
La butte des Charbonniers est choisie pour le Concours hippique ; elle peut contenir 500 chevaux ; le clos Saint-Jean servira pour le Concours régional ; le Marché-aux-Chevaux sera utilisé pour les fêtes, jeux, enlèvement d'un ballon.
Sur interpellation du conseiller Salmon, le maire Boutet dit que l'Etat donne une subvention de 17.000 fr., et le Département une de 14.000 fr. Le cahier des charges est approuvé par le Conseil.
Au mois de mai 1885, le Maire propose d'ajouter un bal aux fêtes. Le Préfet y renonce, ses salons étant trop petits. Le Conseil décide qu'un bal aura lieu au théâtre. Vote d'un crédit de 3.500 fr.
Désiré Kervella, entrepreneur de fêtes publiques, artificier, qu'on retrouve à Nantes (1876), Nancy (1879), au Mans (1896), à Chartres (1869, 1877, 1885), à Evreux (1879), à Enghien (1883), organisait banquets, illuminations, décorations, feux d'artifices, courses hippiques...
Déclaré en faillite à Nantes le 7 décembre 1878 ; déclaré en faillite à Tours le 21 septembre 1889 ; clôture de faillite pour insuffisance d'actif au Mans le 19 octobre 1897

5 juillet 1849 — Inauguration du Chemin de fer par Bonaparte et Grand Banquet Butte des Charbonniers.
— Le premier convoi du chemin de fer de Paris, arrive à Chartres le 10 avril 1849 ; l'inauguration officielle a lieu le 5 juillet 1849 en présence du président Louis-Napoléon Bonaparte.
Le Président de la République arrive vers midi et quart. Après une bénédiction religieuse, de nombreux discours et une revue des troupes de la garde nationale, on passe aux choses sérieuses.
A 3 heures et demie, le banquet officiel a lieu sur la butte des Charbonniers ; à 5 h., le Président repart pour Paris ; à 7 heures, banquet de garde nationale, où se trouvent réunis plus de 1400 convives. Le soir, illuminations et bal.
Le conseil municipal nous donne le détail de l'opération : il a été délivré 1316 billets à 1 fr. 50 : 1.974 fr. Le pain a coûté 177 fr. 35 ; le vin 308 fr. ; les viandes 698 fr. 75 ; le saucisson, le fromage 164 fr. 80 ; l'eau, le sel et menues dépenses 10 fr. 60, etc., — en totalité 1.910 fr. 80. Il est resté une somme de 63 fr. 20, pour le bureau de bienfaisance.


7 mars 1909 — Fêtes chartraines en hommage au général François Séverin Marceau (1769-1796)
— Aujourd'hui a été célébré à Chartres le 140e anniversaire de la naissance du général Marceau.
Cette cérémonie, organisée par la municipalité et favorisée par le beau temps avait groupé toute la population chartraine. La statue du général, érigée sur la place des Epars, et la colonne élevée à sa mémoire place Marceau étaient pavoisées de trophées de drapeaux.
A 2 h. 30. le conseil municipal ayant à sa tête M. Fessard, sénateur-maire, les invités pamni lesquels MM. Lhopiteau et de Saint-Pol, députés ; M. Huet, conseiller de préfecture représentant le préfet, et les sociétés de la ville se sont groupés sur la promenade dite des Charbonniers et ont défilé devant le monument des Enfants d'Eure- et-Loir et la statue du héros chartrain.
On remarquait dans le cortège les anciens combattants de 1870, les vétérans des armées de terre et de mer, les sociétés de gymnastique, etc.
Une palme et une couronne ont été déposées au pied de chacun des monuments.
Une foule nombreuse se pressait sur tout le parcours.
La dislocation a eu lieu boulevard Chasses.


Chartres - Place Châtelet et Tramway à vapeur (*) — Marché aux bestiaux Place Chatelet, Monument 1870 et Kiosque
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(*) publié par J.P. Rigouard, ici)

voir ici, Monument en l'honneur des Mobiles de 1870, aujourd'hui.

27 octobre 1901 — Inauguration du monument en l'honneur des Mobiles de 1870, place Châtelet, promenade Charbonniers.
— Aujourd'hui a lieu à Chartres, sous la présidence de M. Caillaux, ministre des finances, en présence d'un concours immense de population, l'inauguration du monument élevé à la mémoire des Enfants d'Eure-et-Loir. La ville a pris son aspect des jours de fête. Le temps est superbe.
Une souscription publique produisit 40.000 francs. L'Etat vint participer à I'oeuvre par une large souscription.
Le monument s'élève à l'entrée de la belle promenade des Charbonniers.
Le train ministériel arrive à deux heures précises. M. Caillaux, ministre des finances, accompagné de son chef de cabinet, de son secrétaire, particulier, descend du train. L'harmonie chartraine exécute la Marseillaise.
Viennent ensuite MM. Paul Deschanel, Isambert, Dubois, Bordier, députés; Labiche, sénateur, président du comité du monument, et Vinet, sénateur ; un capitaine d'artillerie d'état-major, délégué du ministre de la guerre ; Bonneau du Martray, lieutenant-colonel, chef d'état-major du général Sonnois, commandant le 4e corps d'armée ; Roujon, délégué du ministre de l'instruction publique, etc.
Les invités sont reçus sur le quai de la gare par M. Georges Fessard, maire de Chartres, le préfet, la municipalité, les députés, etc. Après les compliments de bienvenue, les voitures sont avancées.
On se rend au monument. La foule, massée, acclame le ministre qui, après une allocution de M. Labiche, prononce un remarquable discours, tout empreint de vibrant patriotisme républicain.
Au cours de la cérémonie, des distinctions ont été décernées.(...)
Le soir, un banquet de 520 couverts a été servi à la salle Loëns. M. Caillaux l'a présidé et des toast ont été portés par M. Deschanel et par le ministre des finances.

(1) Le Clos Saint-Jean ou Clos Pichot.
Les biens de l'abbaye de Saint Jehan-en-Vallée, nommés Clos du Vieux Saint-Jean ayant saisis en 1790, ils sont mis en adjudication aux enchères publiques le 13 janvier 1791. La propriété, constituée d'un grand corps de logis, pressoir à arbre, jardins clos et autres dépendances, est ainsi vendue pour 13.300 livres à Jean-François Pichot, marchand de chevaux à Chartres. Le 13 mars 1791, Pichot va donner à bail cette propriété à un jardinier, Louis Gastineau, moyennant 700 francs annuels, pour y exploiter les arbres fruitiers qui étaient implantés, et pour y faire de la culture maraîchère.
La propriété va être amputée en 1846 de 50 ares pour permettre le passage de la route de Paris à Chartres.
Sur décision du conseil municipal du 24 novembre 1865, la ville de Chartres représentée par le maire Alexandre Billard de Saint-Laumer, acquiert donc cette propriété d'une contenance de 3 hectares 82 centiares, auprès de Mlle Justine Pichot en date du 20 février 1866, pour la somme de 80.000 francs. Cette acquisition est motivée ainsi : Considérant que l'acquisition du Clos Saint-Jean a pour but de procurer à la ville de Chartres, un emplacement convenable, pour les fêtes publiques et pour les expositions agricoles ou autres, que la propriété est assez rapprochée de la ville et d'une étendue suffisante pour cette destination, le projet est adopté.
Alexandre Billard de Saint-Laumer, maire, ce clos et ses dépendances bâties, pour la somme de 80.000 francs.
Ouvert au public en promenade la première année, le terrain sera, dès 1868, délesté de presque tous ses arbres fruitiers et servira pendant des décennies de lieu d'Expositions d'horticulture, Comice agricole et Foires.
En 1894, l'avant projet de Tramway prévoyait d'installer la station, le dépôt du matériel, les magasins et les ateliers au clos Pichot ; 4.071 m² devaient ainsi être absorbés. Finalement un deuxième projet va sauver le clos Pichot, la rue Sainte Foy accueillera la station et la carrière de Bourgneuf sera consacrée au dépôt.
En 1946, le clos Pichot va être transformé en parc à l'anglaise et en 1986, rebaptisé Parc André Gagnon, du nom de l'ancien maire de Chartres.

Chartres - Clos Pichot et Promenade de la Butte des Charbonniers — Butte des Charbonniers et Kiosque à musique
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(2) Alfred Etienne Piébourg mort chloroformé ! (1848-1902)
Architecte du Kiosque à musique des Charbonniers, il est également le concepteur du Lycée Marceau (des Cordeliers) de Chartres en 1887.
Architecte voyer chartrain, jusqu'en 1879, la ville le rémunère 1.400 frs par an pour deux demi-journées de travail par semaine. A partir de cette date, il touche 3.000 frs pour trois journées complètes hebdomadaires.
En outre, il continue à percevoir 3 % sur les travaux neufs dépassant 20.000 fr.
Le 30 mai 1902, souffrant d'un abcès, il devait être opéré par le docteur Mannoury. Le chirurgien pour lui cacher l'opération, ayant endormi le malade avec du chloroforme, M. Piebourg succomba aussitôt à la chloroformisation.
Son père, également architecte, Alfred Isidore Piébourg (1815-1902) a oeuvré aussi à Chartres : le Théâtre municipal, l'Hôtel de ville...
voir ici, animation sur le Kiosque des Charbonniers en avril 2015.

Chartres - Amicale Bigophonique Chartraine (cliché vers 1913) Image

Sociétés musicales actives à Chartres en 1909 :
Chartres. Harmonie de l'école St-Ferdinand, directeur A. Sevenery, 90 exécutants ;
Harmonie Chartraine, fondée en 1882, directeur Durrieu, 75 exécutants ;
L'Alliance chartraine (société de trompettes), président Dezarnaud, directeur Bedon, 15 exécutants ;
Estudiantina Chartraine (avec section symphonique Dames), Direction Emile Chartier, 70 exécutants.
Classement : 16.67%
 

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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » mer. 16 sept. 2015 13:29

CHÂTEAUBRIANT - Le Monument des morts pour la patrie sur l'Esplanade du Château
(LOIRE ATLANTIQUE)
Sur les ruines d'un ancien château féodal du XIe siècle, Jean de Laval (1486-1543) fait édifier un nouveau Château entre 1530 et 1538. Il y reçoit François 1er en 1532.
Louis VI Henri de Bourbon-Condé (1756-1830), "malheureux" propriétaire du Château lors de la Révolution de 1789, abandonne les lieux à la Garde Nationale, puis à la gendarmerie en 1797. Il reprend possession des lieux vers 1817 et échange, à cette date, quelques missives avec la municipalité qui s'est permis d'aplanir la promenade des Terrasses située devant le château et d'y faire des plantations depuis 5 ans.
En juillet 1822, Martin Connesson (1772 - † après 1835), maire de Châteaubriant, achète en son nom propre le domaine du Prince de Condé — château, jardins, terrains, douves, promenade des terrasses — et démissionne de son poste municipal le 31 août 1822. Il revend ensuite le Château et les Terrasses à la Mairie pour 13.900 francs, le Pavillon des Champs au département pour pour le prix de 7.550 francs, et garde un terrain où il fait édifier un hôtel particulier. En 1825, le tribunal s'installe au Château, suivi par la gendarmerie, le Pavillon des Champs étant dévolu à la prison. En mars 1845, la commune revend, pour 70.000 francs, le Château à Henri d'Orléans, duc d'Aumale (1822-1897), petit-neveu et héritier de la fortune colossale du Prince de Condé ci-dessus, et en outre fils de Louis-Philippe d'Orléans. Bien entendu, le tribunal et la gendarmerie vident les lieux.
Huit ans plus tard, le duc d'Aumale se défait du domaine par deux actes distincts :
— le 23 janvier 1853 , le département prend possession du Château et de ses dépendances, moyennant le prix de 85.000 fr. Les lieux, après de nombreux travaux, seront dévolus à l'Hôtel de la Sous-Préfecture, au Tribunal, à la maison d'arrêt, à la gendarmerie, en 1856 à la recette principale des contributions indirectes et à l'entrepôt des tabacs et, après 1890, à un Musée.
— le 14 janvier 1853, la commune de Châteaubriant acquiert pour 10.000 francs la Promenade des Terrasses, l’ancienne douve et des terrains.

En 1853, à la sortie d'une visite du château, la promenade des Terrasses est ainsi décrite :
Quittons ces sombres ruines ; allons chercher, sous les ombrages du parc, des impressions plus riantes. Ici, nous devons le dire, l'art est pour bien peu de chose : point de statues de marbre, point de plantes exotiques et précieuses ; la nature a presque tout fait. Ce sont des sentiers charmants et accidentés, les uns se cachent au pied des vieux remparts, au fond de larges douves; les autres côtoient les bords fleuris de la rivière. Le parc, y compris la promenade publique, peut contenir environ quatre-vingt-trois hectares.
L'Esplanade-Promenade du Château de la Place des Terrasses est très fréquentée de par son marché hebdomadaire, par les nombreuses foires de Châteaubriant qu'elle partage avec la place de la Motte, les concerts très appréciés de la Fanfare des Sapeurs Pompiers et de l'Harmonie castelbriantaise et les démonstrations de gymnastiques alors très prisées.
En 1906, et peut-être avant, un premier Kiosque à musique est édifié sur la Promenade des Terrasses. Mis à part le détail des concerts annoncés dans ce kiosque, et quelques allusions du Conseil municipal à l'existence de ce kiosque, nous n'avons pas trouvé trace de la description de celui-ci, mais il est fort probable qu'il s'agissait d'un kiosque en bois, démontable ou tout au moins assez précaire. Au vu du succès remporté par cette expérience pendant près de deux ans, le conseil municipal décide, en date du 4 décembre 1907, de faire édifier un kiosque définitif.
Les étapes de la conception du Kiosque à musique des Terrasses (1) :
— 4 décembre 1907 et 25 janvier 1908 : tirée au sort, la Veuve Capron emporte le marché de la construction du Kiosque à musique, pour la partie métallerie, au prix de 4.500 frs.
— 9 février 1908 : Le soubassement de pierre sur un sous-sol aménagé est confié à Antoine Graziana, pour 1600 francs.
— 12 février 1908 : M. Chauvet, conducteur voyer, qui orchestre les bons choix des matériaux à utiliser pour le kiosque, fait opter le Conseil municipal pour un Plancher en ciment au prix de 1.448 francs.
— 7 mai 1908 : un retard sera apporté au montage du kiosque, le charpentier Jean Joumeau étant mis à l'ombre pour quelques jours. (1)
— 28 mai 1908 : M. Bourdais emporte le marché de la peinture du Kiosque pour 300 francs.
Et donc, le nouveau Kiosque à musique octogonal avec colonnes en fontes, garde corps en fer forgé et toiture recouverte d'ardoises, est fin prêt pour les fêtes du 14 juillet 1908.
Le 7 mai 1922, face au Kiosque à musique, à l'entrée de la promenade des Terrasses, on inaugure un Monument en hommage aux 235 morts castelbriantais de la guerre 1914-1918, oeuvre de l'architecte Chauveau.
Le 4 septembre 1932, le Conseil municipal accepte de faire procéder au remplacement du plancher en bois délabré du Kiosque à musique par un sol en ciment.
La place des Terrasses a été renommée aujourd'hui Place Charles de Gaulle, la promenade des Terrasses se confond avec l'Esplanade du Château.
Kiosque toujours en place.

voir ici, Esplanade du Château et son Kiosque, aujourd'hui.
Ici, avec monument aux morts.
Ici, Kiosque, aujourd'hui.

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publié par JeanMarc Mer 16 Sep 2015 12:59

Concerts sur le premier Kiosque à musique des Terrasses.
13 mai 1906. — Concert à Châteaubriant. La musique municipale des sapeurs pompiers se fera entendre aujourd'hui dimanche, de 4 à 5 heures, sur le kiosque de la promenade des Terrasses.
17 juin 1907. — Châteaubriant. La musique municipale se fera entendre jeudi soir, de 8 h. à 9 h. sous 1e kiosque de la promenade des Terrasses.
Le comité de la Cavalcade de Châteaubriant invite le public à assister à la réunion qui aura lien ce soir dans la salle des fêtes de la Mairie à 8 heures, pour le compte-rendu financier de la cavalcade du 12 mai.

29 août 1907. — Le Conseil municipal de Châteaubriaut se réunira mercredi prochain, 28 août, à 8 heures du soir. — La musique municipale jouera jeudi soir, 29 août, à 8 heures et demie, sur le kiosque des Terrasses.

4 décembre 1907 — Allusion au premier Kiosque à musique et abattage des vieux arbres sur la promenade.
Monsieur le Maire, sur la demande qui lui en est faite par Messieurs Lecoummier Frédéric et Houillet, préposés au bon entretien des promenades, invite le Conseil à décider l'abattage des cinq ou six vieux arbres situés sur les promenades, près du Kiosque, arbres dont la vitalité est telle, qu'ils ne donnent plus l'été aux promeneurs l'ombrage nécessaire pour les garantir contre les rayons ardents du soleil.
Le Conseil donne un avis favorable.


Châteaubriant - Promenade des Terrasses, Château et Kiosque — Le Kiosque à musique
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(1) Le Conseil municipal très impliqué dans la conception de son Kiosque à musique.
4 décembre 1907. — Le soumissionnaire du Kiosque tiré à la courte paille.
Construction d'un kiosque sur la promenade des Terrasses.
— Le Conseil est ensuite invité à examiner les plans et soumission de Madame Veuve Capron et M. Menuet, ainsi que la soumission de M. Angot, les trois ouvriers demeurant ville de Châteaubriant. Cette dernière est écartée comme présentant un devis de 5.000 francs, supérieur aux deux autres s'élevant à 4.500 et 4.600 francs. Les plans produits par Monsieur Menuet et Madame Veuve Chapron sont attentivement étudiés par le Conseil qui remarque que l'écart de prix des deux projets de Kiosque provient de certains détails dans l'ornementation, mais qu'en somme les prix ne différencient pas sensiblement.
Le Conseil délibère :
Monsieur Menuet et Madame Veuve Chapron restant seuls concurrents, il y a lieu dans ces conditions de les prier de faire le travail en commun, et que, faute par eux d'y consentir, il serait de bonne justice de les faire tirer au sort la construction du Kiosque, immédiatement.
Les plans et soumissions sont accepté au prix de 4.500 francs.
Après le tirage au sort effectué, le conseil prie l'administration supérieure de vouloir bien approuver le traité de gré à gré à passer avec Madame Veuve Chapron que le sort a favorisée, afin de centraliser le travail à Châteaubriant et d'empêcher la concurrence étrangère.


9 février 1908 — Attribution du Marché pour le soubassement et le sous-sol du kiosque.
— Monsieur le Maire dépose sur le bureau pour être soumis à l'examen du Conseil les plans et devis destinés à la construction du soubassement du Kiosque à musique qui doit être édifié sur la promenade des Terrasses.
Le Conseil, après avoir délibéré, approuve tel qu'il lui est présenté le projet en question, et décide que la dépense qui, d'après le devis, devra être d'environ seize cent francs, sera inscrite au budget additionnel de 1908.
Prie Monsieur le Préfet de bien vouloir l'approuver le plus promptement possible afin de ne pas retarder la construction de ce kiosque dont la partie métallique a fait antérieurement l'objet d'un marché de gré à gré passé avec Madame Veuve Chapron et approuvé le 25 janvier dernier.


10 février 1908 — Le plancher du Kiosque sera réalisé en ciment.
— Le Conseil Municipal s'est réuni dimanche dernier, 10 février, à neuf heures un quart du matin.
Kiosque de musique. M. Huard, Maire, donne lecture d'un projet pour l'installation du nouveau kiosque sur la Place des Terrasses. Le projet fait par M. Chauvet, conducteur voyer, est accepté, seulement il est décidé qu'il sera révisé, car le fond au lieu d'être en planches sera en ciment : un crédit de 1.448 francs a été voté, qui sera pris sur l'aménagement de la salle des Fêtes de la Mairie. Le Conseil adopte en principe l'adjudication, et dit que l'entrepreneur devra faire exécuter les travaux en ciment par un spécialiste agréé par la commission des travaux publics.


7 mai 1908 — La construction du nouveau Kiosque à musique de Chateaubriant retardée pour ébriété du poseur !
— Jean Joumeau, 55 ans, charpentier, demeurant à Châteaubriant, est souvent poursuivi pour ivresse : en janvier dernier, il a été condamné par le tribunal de simple police à 3 jours de prison pour ce délit. Le 7 mai dernier, il était place des Terrasses à Châteaubriant à monter le nouveau kiosque de musique et était complètement ivre, titubant fortement, lorsqu'il fit la rencontre des gendarmes, qui le gratifièrent d'un procès-verbal. Le tribunal se montre sévére pour cet alcoolique et le condamne à 6 jours de prison. (20 mai 1908 Ouest Eclair)
Les gendarmes n'ont pas eu à transporter Jean Joumeau bien loin ! Du Kiosque à musique à la prison, juste quelques mètres, puisque la maison d'arrêt se situe dans le Pavillon des Champs du Château...


28 mai 1908 — La peinture du kiosque décidée en dernière minute.
— Choix de peinture. Le Conseil municipal avait à statuer sur le choix de la peinture à employer pour le kiosque de musique ; le devis de la peinture qui n'avait pas été compris dans l'adjudication du kiosque s'élève, d'après M. Bourdais, peintre, à 300 francs. Les fonds sont votés et on décide de faire venir l'entrepreneur devant la commission des travaux publics pour le choix de la peinture.
La séance est ensuite levée.


Délibération du Conseil Municipal de Châteaubriand du 4 décembre 1907 - Kiosque à musique
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7 mai 1922 — Inauguration du Monument aux morts sur la Promenade des Terrasses.
— En ce jour du 7 mai 1922, la cité industrielle castelbriantaise est en fête, non fête de joie et d'allégresse, mais fête du souvenir et du recueillement envers 235 de ses héros tombés glorieusement au champ d'honneur, pour la défense de la patrie, de la civilisation et de nos libertés démocratiques qui vont devenir, nous l'espérons, à l'unisson des coeurs, de plus en plus belles.
La cérémonie commence à 8 h. 15 par une messe chantée à l'église Saint-Nicolas, dite par M. l'abbé Clavier, curé, et où la nouvelle maîtrise s'est fait entendre dans divers chants de circonstance, exécutés sous la direction de M. l'abbé Blinot, d'une façon impeccable.
A 9 heures, le cortège se forme sur la place de l'Eglise pour aller assister la bénédiction du monument.
En tête marchent, avec leurs tambours et clairons, les Voltigeurs Castelbriantais, une délégation des enfants des écoles, l'Avant-Garde de Chateaubriant, avec tambours et clairons, le drapeau et les membres de l'Union des combattants, la Société de secours mutuels avec sa bannière, les sapeurs-pompiers avec leur nouveau drapeau, les membres des Mutilés avec leur drapeau, les Anciens prisonniers de guerre avec leur drapeau, les membres du Conseil municipal, M. le Sous-Préfet de Chàteaubriant et les députés, le clergé fermant la marche.
Le monument est érigé sur la place des Terrasses, à l'entrée de l'allée centrale qui conduit au kiosque de musique.
M. le Curé bénit ensuite le monument et l'on entend à nouveau l'excellente maîtrise de l'église Saint-Nicolas. Le cortège se disloque ensuite ; il est 10 heures.
A 11 heures, 150 invités environ se réunissent à l'Hôtel de Ville, où a lieu le vin d'honneur.
A 2 h. 30, au milieu d'une foule immense le cortège part de l'Hôtel de Ville et monte la rue municipale.
En tête, la société de gymnastique l'Avant-Garde, avec tambours et clairons, les Voltigeurs Castelbriantais, avec tambours et clairons, Musique municipale, Union des Combattants de Châteaubriant. (...)
Sur la place des terrasses, tout le monde se groupe autour du monument, où sont déposées de nombreuses couronnes et gerbes de fleurs. M. Billand. président de l'Union des Combattants de Châteaubriant. procède à l'appel des morts, au nombre de 235. (...)

16 mai 1933 — Fête de Jeanne d'Arc, Concert au Kiosque des Terrasses
— La Fête Nationale de Jeanne d'Arc s'est déroulée cette année, à Châteaubriant. suivant le cérémonial traditionnel. Les monuments publics et de nombreuses maisons particulières étaient pavoisés aux couleurs nationales et à celles de l'héroine.
Dans les églises, les fidèles sont venus nombreux. A Saint-Nicolas, M. l'abbé Gauthier, professeur de première au collège d'Ancenis, a donné un éloquent panégyrique de la Sainte.
L'après-midi, à 15 h. 45, les sociétés locales, accompagnées de leurs drapeaux, les autorités civiles et militaires, les fonctionnaires, les Anciens combattants, les sapeurs-pompiers se formèrent en cortège place de la Mairie. Précédés de la clique des « Voltigeurs » et de la Musique Municipale, il se rendirent sur les Terrasses. Devant le monument aux morts de la grande guerre, les drapeaux s'inclinèrent pendant que la sonnerie Au Drapeau et la Marseillaise retentissaient.
La musique exécuta ensuite sur le kiosque qui lui est réservé plusieurs morceaux de choix, puis ce fut le retour à la mairie et la dislocation.
Le soir, à 20 h. 15, un salut solennel groupait à Saint-Nicolas au pied de l'autel magnifiquement éclairé, les drapeaux des Anciens Combattants, des Médaillés Militaires et des diverses sociétés.
Dans le choeur avaient pris place, M, le Sous-Préfet. M. le Premier Adjoint au maire. M. Dauffy, conseiller d'arrondissement et municipal. Le lieutenant de gendarmerie, les présidents des diverses sociétés et dans l'église, un grand nombre de patriotes.
La maîtrise exécuta à quatre voix mixtes de jolis chants, dont une cantate à Jeanne d'Arc.
Enfin, pour terminer cette journée, la Musique Municipale donna à 20 h. 45, promenade des Terrasses, un brillant concert au cours duquel chef et musiciens furent fortement applaudis.

Châteaubriant - Place des Terrasses, un jour de marché — Promenade des Terrasses à l'heure de la musique.
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Quelques concerts sur le nouveau Kiosque des Terrasses
22 septembre 1928 — Harmonie municipale. Ce soir samedi, concert au Kiosque des Terrasses, à 20 h. 30. Au programme : 1. En route pour Dieppe, allegro de concert (E. Gaudefroy) — 2. Mireille, fantaisie sur l'opéra (Ch. Gounod-F. Ligner) — 3. Phrynette, mazurka de concert, (F. Popy) — 4. Fantaisie-Marche, fantaisie (L. Blémant) — 5. Eternelle Ivresse, valse de genre (L. Ganne-A. Fouquet) — 6. Fort-Mahon-Plage, allegro de concert (A. Dècle).

1er août 1931 — Le feu d'artifice qui n'a pu être tiré par suite du mauvais temps le 14 juillet le sera dimanche soir 2 août après un concert donné au kiosque des terrasses par l'harmonie municipale dont nous donnons ci-dessous le programme.
1. Carnaval Parisien (marche) H. Staz — 2. Le voyage en Chine (fantaisie) F. Bazin — 3. Bohémiana (valse) F. Popy — 4. Martha (fantaisie) F. Flotow — 5. Excelsior (galop) H. Staz.


26 septembre 1931 — Harmonie municipale. Voici le programme du concert qui sera donné aujourd'hui au kiosque des Terrasses, à 20 h. 30 : 1. Figaro, marche, L. Wettge — 2. L'Arlésienne (menuet), G. Bizet — 3. Le Coeur d'Yvette, valse, J. Klein — 4. Martha, fantaisie, F. Flotow — 5. Le Régiment qui passe, morceau caractéristique, R. Eilenberg.
Le chef : J. Nédélec.


16 juin 1935 — Notre active société musicale, la Symphonie Castelbriantaise, a dû cette année, retarder la série de ses concerts dont le début était fixé primitivement à la fin de mai. La disparition de son dévoué président, M. Pottier, l'a cruellement éprouvée, et elle s'est imposée en cette circonstance, un deuil qui ne lui a pas permis de donner jusqu'ici de concert gratuit d'été. Le 29 juin courant, elle donnera au Kiosque des Terrasses, en soirée, un grand concert varié, au programme très étudié en vue de doser agréablement musique classique et musique légère.
Ce concert sera suivi d'un second en juillet.
Le 23 courant, cette Société se rendra à La Guerche-de-Bretagne, où elle organise un concert au théâtre de cette ville. C'est dire que notre jeune société, prépare un copieux ensemble de production.


13 août 1936 — Aujourd'hui à 20 h. 45. Kiosque des Terrasses, concert par l'Harmonie Municipale qui exécutera les morceaux suivants : 1. Marche Andalouse (Krier) — 2, Wilhelmine. ouverture (L. Boyer) — 3. Sifflez Pierrettes, polka originale (F. Popy) — 4. Les Cloches de Corneville. fantaisie (Planquette) — 5. Miralda, valse de concert (A. Bosc).

voir Ici, Cyclotouristes sur l'Esplanade du Château devant le Kiosque, le 9 août 2013.

Sociétés musicales actives à Châteaubriant en 1909 :
Musique des Sapeurs-Pompiers (fanfare), créée en 1897, président Bernou, chef Parmentier, 34 exécutants.
Harmonie municipale, fondée en 1863.
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Re: Kiosques à Musique

Message par JeanMarc » ven. 18 sept. 2015 13:04

CHÂTEAU-DU-LOIR - Place de l'Hôtel de Ville - Le Kiosque
(SARTHE)
La Place de l'Hôtel-de-Ville de Château-du-Loir est animée deux fois par semaine par ses marchés du mercredi (marché aux veaux et aux porcs gras) et samedi. Les foires s'y déroulent, en 1910, les samedis : 2ème samedi de mars, 3ème d'avril (bestiaux), 3ème de juin, 3ème d'août (bestiaux). 3ème de novembre, 1er de décembre.
En 1903, on décide d'ériger, devant l'Hôtel-de-Ville, un petit buste en hommage à l'ancien député, sénateur et maire de Château-du-Loir, le docteur Henri Le Monnier (1814-1895). Ce projet va engendrer une belle polémique, digne de nos politiques actuels, les partis en présence s'affirmant tous plus républicains les uns que les autres. Deux comités ennemis vont ainsi se créer pour lancer une souscription ; le comité du monument ("républicain"), emmené par un certain Bignon, va ainsi oeuvrer auprès du maire de la ville pour que le monument Le Monnier n'ait droit qu'à un bord de trottoir face à la mairie ; le jour de l'inauguration, le 20 décembre 1903, la musique municipale sera interdite de circuler et donc d'accueillir, à la gare, les membres du comité adverse ("nationaliste"), comité officiel du député sarthois Godefroy Cavaignac ; mieux encore, à l'issue de la cérémonie, deux grands banquets distincts vont se dérouler, chacun organisé par son comité. Le banquet de Cavaignac, aux dires des bonnes feuilles sarthoises, réunit tout de même plus de 800 convives !... Le malheureux buste, vu sa position, a dû essuyer pas mal de déjections canines ou autres, et, après un déménagement en 1920 sur la place Le Monnier, finira sa vie, comme tant d'autres bronzes, en 1942, à la fonte pour l'armement allemand.
La Place de l'Hôtel de ville, occasionnellement, offre des fêtes aérostatiques avec envols de ballons, manifestations très appréciés en cette période. De même, de grandes fêtes de gymnastique, alternant avec la fanfare municipale, y sont organisées.
Enfin en 1927, la Musique municipale obtient un Kiosque à musique, octogonal, construit sur un soubassement de pierre abritant un sous-sol aménagé. Il est érigé sur la place de l'Hôtel-de-Ville, parfois appelé Place des Promenades.
Kiosque toujours en place.

voir Ici, Kiosque place de l'Hôtel de Ville à Château-du-Loir, aujourd'hui.
voir Ici, Kiosque et Mairie, aujourd'hui.

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publié par JeanMarc Ven 18 Sep 2015 12:50

Grandes fêtes de Château-du-Loir : Concerts, Kermesse, Courses cyclistes...
21 avril 1912 — De grandes fêtes sont organisées par le comité des Fêtes et le Véloce-Club Castélorien, sous les auspices de la municipalité et de ses habitants, avec le concours de la musique municipale, la société de trompettes le Réveil Castélorien, la société de la Castélorienne, le dimanche 21 avril. Voici le programme :
La veille au soir, retraite aux flambeaux par les sociétés de la ville, char lumineux.
Le jour de la fête : fête de la fédération des Sociétés Cyclistes de l'Eure et Loir.
A 10 heures, cour de la Gare, réception des cyclistes, fédérés et invités, défilé avenue de la Gare ; à 11 heures, place de l'Hôtel de Ville, vin d'honneur offert aux sociétés et invités ; à 11 heures et demie, banquet par souscription, servi sous les Halles ; prix, 3 francs ; 1 heure et demie, place de I'Hôtel-de-Ville, fête sportive.
Les lauréats du challenge n'ayant pu se classer dans les courses de vitesse pourront y participer.
Kermesse de bienfaisance organisée par le comité des Fêtes, ouverture à 1 heure, nombreuses attractions, éclairage électrique, décoration florale ; à 3 heures et demie, place des Halles, cavalcade d'enfants ; à 4 heures, entrée de la cavalcade à la Kermesse ; à 8 heures, grande fête de nuit, retraite par la société de trompettes le Réveil Castélorien. Réouverture de la kermesse, illuminations, fête vénitienne, embrasement de la place. Concert par la musique municipale.


Comice agricole, couronnement de la Rosière, Concert du Réveil Castélorien, Bal...
9 et 10 septembre 1922 — Le Comice agricole du canton de Château-du-Loir est fixé au dimanche 10 septembre. Il coïncidera avec la fête communale. Voici le programme- complet :
Samedi 9 septembre, 9 h. 30. retraite aux flambeaux par la musique municipale et le Réveil Castélorien (Départ place de l'Hôtel de Ville, dislocation à la gare).
Le jour de la fête, de 8 heures du matin à midi, place de l'Hôtel-de-Ville Comice agricole. Les opérations des divers jurys commenceront vers 8 h. 30 pour se terminer vers midi.
9 heures du matin, à la Maine distribution de secours aux indigents.
14 h. 30, place de l'Hôtel-de-Ville, massacre des innocents, courses en sac, courses à trois pieds, jeu des gourmands.
16 heures, à la Mairie couronnement de la rosière. A l'issue du couronnement, place du Bas-de-Ville. jeux divers.
17 heures, sous la Halle distribution des prix du Comice.
20 heures, place de l'Hôtel de Ville Grand concert par la Musique municipale et le Réveil Castélorien. Poses plastiques et mouvements d'ensemble par la Société de gymnastique La Castélorienne. Illumination générale. Feux de bengale. Bals publics. Les habitants sont invités à pavoiser et à illuminer leurs maisons.
Les marchands et autres forains seront exemptés des droits de place.
Les jeux seront réservés aux jeunes gens du pays, qui devront se faire inscrire, le jour de la fête, chez le concierge de la Mairie, de 10 h. 30 à midi.
Les bals publics et autres attractions devront garder le silence pendant le couronnement de la Rosière et pendant le Concert.

Château-du Loir - Hôtel de Ville et buste d'Henri Le Monnier — Le Réveil Castelorien
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Les Fêtes de gymnastique et Concert à Château du-Loir
9 juin 1926 — Nous rappelons que la XXVIIe fête-concours de gymnastique aura lieu à Château-du-Loir, les 12, 13 et 14 juin l!fc!S, sous la présidence de M. Paul Benazet, sous-secrétaire d'Etat à l'éducation physique.
Son succcès est dès maintenant assuré ; 1000 gymnastes, venant de plusieurs départements y participeront.
La veille au soir, la fête sera annoncée par une brillante retraite par la musique du 117ème R. I., et la subdivision des sapeurs-pompiers de Château-du-Loir.
Le jour de la fête, une section de moniteurs de l'Ecole de Joinville exécutera avec sa maîtrise habituelle, le programme d'une magnifique leçon d'exercices physiques.
Le soir, fête de nuit avec le concours de plusieurs sections féminines. Et le lendemain le concert organise, au profit de la contribution volontaire, un superbe gala de Music-Hall, avec des artistes parisiens. Des trains spéciaux vont être mis en circulation dans toutes les directions.


Grand concours de ballonnets cartes postales place de l'Hôtel de Ville.
9 septembre 1928 — Au comice agricole de Château-du-Loir, le rallye-ballonnets. C'est donc aujourd'hui dimanche 9 septembre que se disputera en notre ville, à l'occasion de la fête patronale et du Comice agricole, le grand concours de ballonnets cartes postales, organisé par la Ligue Aéronautique de France, sous le patronage de la municipalité, et dont une partie des bénéfices sera affecté à l'oeuvre si intéressante des Garderies scolaires.
Le concours fonctionnera à compter de 8 heures du matin jusqu'à la fin des réjouissances de la journée.
Le stand de vente des ballonnets sera installé place de l'Hôtel de Ville, en plein centre de la fête.
Rappelons que le vainqueur de la journée recevra une superbe voiture automobile miniature, laquelle sera d'ailleurs exposée dimanche.
Enfants réjouissez-vous, et n'oubliez pas de rendre visite dimanche au stand de la Ligue Aéronautique de France.
Tous renseignements concernant le règlement du concours seront fournis sur demande.


Foire aux Poulains et Fête Foraine place de l'Hôtel de Ville ; Fête de la Sainte Cécile.
20 et 25 novembre 1928 — Château-du-Loir. Malgré une suite d'averses interrompues seulement de quelques rares rayons de soleil, la foire aux poulains de samedi dernier connut encore cette année le succès qu'elle obtient tous les ans.
Les chevaux et les bêtes à cornes furent en nombre légèrement croissant sur celui de l'an dernier à pareille époque. Des attractions multiples couvraient la plus grande partie de la place de l'Hôtel-de-Ville. Quant aux marchands, ils furent, semble-t-il, en nombre aux moins égal à celui des années précédentes.
La foule fut, à cause du mauvais temps, moins dense qu'on eût pu l'espérer ; cependant bestiaux et denrées se sont vendus à des prix très élevés. Quand la nuit vint à tomber, la fête foraine battait son plein ; malheureusement, plusieurs pannes successives d'électricité, Château-du-Loir en est d'ailleurs amplement gratifié depuis plusieurs jours, l'obligèrent à se ralentir et même à cesser complètement.
Le soir, quelques attractions pour lesquelles la lumière des étoiles et quelques lampes primitives furent suffisantes, purent continuer d'amuser le public.
Le 25 novembre aura lieu la fête de Sainte Cécile. A 11 heures, réunion place de l'Hôtel de Ville, défilé et banquet servi chez M. Ruaux, hôtel des Voyageurs à 20 h. 45, bal à grand orchestre, salle des fêtes du Théâtre municipal.


Concert de la Musique municipale place de l'Hôtel de Ville.
23 août 1931 — La Musique municipale donnera aujourd'hui, à 21 heures, sur la place de l'Hôtel-de-Ville, un concert au cours duquel seront exécutés les morceaux joués au concours national de musique de Beaumont-sur-Sarthe.

Château-du Loir - Kiosque et Hôtel de ville — Ballon sur la Place de l'Hôtel de ville en 1908
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Arrachage des arbres autour du Kiosque à Musique, plantation de tilleuls.
19 novembre 1932 — Le Conseil municipal de Château-du-Loir s'est réuni à 20 h. 30 pour sa session de novembre. Etaient présents M. Perrin, maire (...) Après appel nominal, M. Porcher Edmond est désigné secrétaire et donne lecture du procès-verbal qui est adopté.
Rues et places. M. Raymond Porcher, au nom de la Commission des rues et places, demande l'arrachage des arbres situés autour du kiosque à musique et leur remplacement par des tilleuls, et l'émondage des platanes du square Lemonnier, dont quelques branches peuvent être cause d'accident. M. Perrin propose de faire tailler à hauteur les sycomores autour du kiosque à musique et l'émondage des deux platanes du square Lemonnier.
Après avis de M. Reffé, le Conseil se rallie à M. le Maire pour faire procéder à la taille et à l'émondage par un spécialiste assuré.


Foire de printemps à Château-du-Loir, sur la place de l'Hôtel de Ville.
12 avril 1933 — La grande foire de printemps aura lieu à Château-du-Loir le samedi 15 avril. A cette occasion et à celle des fêtes de Pâques, il y aura trois jours de fête foraine, place de l'Hôtel-de-Ville.

En 1912, seuls l'Harmonie municipale et le Réveil Castélorien, société de trompettes, sont actifs à Château-du-Loir.
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